Category: environnement

  • Les Jeunes agriculteurs réclament le tracé GPS de la louve abattue

    Les Jeunes agriculteurs réclament le tracé GPS de la louve abattue

    « Avions-nous vraiment besoin d’une louve normande pour décimer nos troupeaux ? » : après l’abattage d’une louve capturée par erreur en Normandie au mois de mai, puis relâchée dans les Alpes, les Jeunes Agriculteurs montent au créneau, exigent son tracé GPS et demandent à l’État de « rendre des comptes ».

    La louve a été légalement abattue dans la nuit de jeudi à vendredi par un lieutenant de louveterie, dans le cadre d’un tir de défense autorisé, après s’en être pris à un troupeau à la Bréole, commune déléguée d’Ubaye-Serre-Ponçon.

    Les Jeunes Agriculteurs avaient déposé plainte le 8 juin, lorsque cette louve avait été relâchée dans la Drôme, après avoir été capturée par erreur dans un piège à renards en Normandie. Au moment de sa mort, le syndicat demande aux « procureurs des départements de l’arc alpin de donner suite aux plaintes déposées », disant n’avoir « reçu aucune information quant à l’avancement de nos démarches ».

    Des actions à venir

    L’association One Voice, qui s’était mobilisée pour que la louve soit protégée et libérée dans les Alpes, a dénoncé un « scandale » et des « syndicats extrémistes d’éleveurs » qui « exigeaient son abattage ». Selon l’association, « les données précises de son collier GPS confirment qu’elle n’a été impliquée dans aucun dommage sur les animaux d’élevage depuis sa remise en liberté ». Elle annonce qu’elle organisera des actions pour la louve, nommée Pomme, dans les Alpes-de-Haute-Provence.

  • Des associations défavorables au projet industriel NéoCarb

    Des associations défavorables au projet industriel NéoCarb

    C’est l’une des locomotives de la décarbonation du golfe de Fos-sur-Mer. Pourtant, le projet est loin d’être neutre en termes d’impact sur la biodiversité d’après France nature environnement (FNE13), Vigueirat Nature et le Collectif Cistude, qui rendent un avis défavorable à son encontre suite à la clôture de l’enquête publique, le 30 juin dernier.

    Porté par Elyse énergie et RTE, NeoCarb prévoit d’installer trois briques de production sur le môle central des bassins Ouest du Grand port maritime de Marseille-Fos : l’une d’hydrogène bas carbone par électrolyse, l’autre d’e-methanol, la dernière de e-kérosène. Le stockage et la distribution de ces e-carburants se feraient par le biais d’une plateforme logistique dans la zone du Caban. Un site industriel à proximité d’un site Natura 2000, sur une zone naturelle dite d’intérêt faunistique et floristique, où se trouve une zone humide.

    Sur 51 ha d’emprise foncière au total, 31 ha artificialiseraient des espaces naturels sensibles, selon les associations, « dont 16 hectares de prairies psammophiles, écosystèmes à très forte valeur écologique ». « Ces habitats abritent une flore et une faune rares, parmi lesquelles le Myosotis nain et la Scammonée de Montpellier, dont près de 2 600 et 2 000 individus respectivement sont voués à disparaître sous les fondations du dépôt », affirment-elles. Pour bénéficier des autorisations nécessaires à la construction et l’exploitation de cette usine, Elyse Energy et RTE ont dû déposer des demandes de dérogation pour la destruction d’espèces protégées. Le 15 juin dernier, le Conseil national de la protection de la nature a rendu un avis défavorable à cette demande de dérogation, considérant que la séquence « éviter-réduire-compenser » n’était pas respectée et que les garanties pour éviter une perte nette de biodiversité restaient insuffisantes.

    En mai dernier, lors d’un conseil municipal, l’avis sur la demande d’autorisation environnementale concernant le projet n’avait obtenu aucun vote favorable des élus fosséens, ni dans la majorité, ni dans l’opposition.

  • Faire de l’Étoile et du Garlaban une « réserve de biodiversité »

    Faire de l’Étoile et du Garlaban une « réserve de biodiversité »

    S’appuyant sur son Atlas de la biodiversité lancé en 2022, Aix-Marseille Provence veut créer une « réserve métropolitaine de biodiversité » sur la chaîne de l’Étoile et le massif du Garlaban. Elle va lancer des études de faisabilité en vue d’un classement en zone de protection forte.

    S’inscrivant dans la dynamique de la convention de Rio de 1992 et de la stratégie nationale biodiversité 2030 qui en découle, la Métropole veut doubler la part de ses espaces naturels remarquables protégés d’ici 2035. Aujourd’hui 54% des 314 900 hectares de son territoire ont un statut de protection mais seulement 5% en protection forte.

    Ce ne serait pas pour la collectivité, sa première aire naturelle protégée. Trois sites démonstrateurs ont déjà été inaugurés qui attendent leur classement par arrêté préfectoral de protection de la biodiversité : la Crau du Piboulon entre Alleins et Mallemort porté par une forte mobilisation citoyenne et associative, le Puits de Madame à La Barben et les Versants Nord du Massif de l’Étoile. La création d’une « réserve métropolitaine de biodiversité » sur la chaîne de l’Étoile et le massif du Garlaban se veut le 4e projet structurant.

    Au cœur d’un espace urbain de plus d’1,8 million d’habitants qui comprend 13 communes, la chaîne de l’Étoile et le massif du Garlaban, ce sont 12 254 hectares de territoires naturels à haute valeur écologique, paysagère et patrimoniale. Ils jouissent déjà de deux protections nationales : 10 044 hectares sont inscrits depuis 2007 en zone spéciale de conservation Natura 2000 et depuis 1982 en Zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF type I et I).

    Mais ces protections ne suffisent plus face à la pression d’urbanisation, la fréquentation excessive, les feux de forêt, les pollutions diverses, mais aussi le changement climatique et ses conséquences qui accroissent les menaces qui pèsent sur la conservation des habitats naturels. Preuve de cette richesse souvent insoupçonnée, l’Atlas métropolitain de la Biodiversité qui révèle que sur les 6 000 espèces animales et végétales connues, 509 espèces présentent un enjeu de conservation maximal.

    Quid du « Grand parc municipal » ?

    La Métropole a donc lancé, en juin, un appel d’offres afin de désigner une société de conseil et d’ingénierie écologique pour mener des études préalables et des expertises robustes destinées à constituer un dossier de classement de cette future « réserve de biodiversité ». « Le marché sera soutenu financièrement par le Fonds Vert, jusqu’en septembre 2027 », note l’appel d’offres ouvert jusqu’au 31 juillet. Une mission d’animation foncière est également attendue pour approcher les propriétaires dans les zones identifiées à enjeux. Il s’agit de recueillir leur avis, les sensibiliser, les associer à la démarche pour in fine recueillir leur accord de principe.

    Parmi les 1 400 propriétaires fonciers à courtiser, la Ville de Marseille, dont le maire, Benoît Payan (DVG), a fait de la création d’un « Grand parc municipal du pic de l’Étoile » une de ses promesses de campagne. Son projet en lisière ambitionne de renforcer la desserte en bus et le stationnement aux entrées du parc, d’aménager des bancs, des tables, des aires de jeu, des cafés, installer des poubelles, des caméras ou encore de recruter des gardes. Sa compatibilité avec cette future réserve pourrait mettre à l’épreuve son accord de gouvernance passé avec Nicolas Isnard (LR), le président de la Métropole.

  • Les pesticides polluent la loi agricole

    Les pesticides polluent la loi agricole

    L’équilibre est fragile. Après plusieurs mois de débats, la commission mixte paritaire (CMP) est parvenue, le 16 juillet, à un accord sur le projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles. Présenté par le gouvernement Lecornu comme une réponse au malaise agricole et aux enjeux de souveraineté alimentaire, il vise à donner davantage de moyens de production aux exploitants tout en simplifiant certaines règles. Après son passage lundi devant l’Assemblée, le vote définitif est prévu ce mardi au Sénat.

    Éviter la fracture

    Au cœur de la loi figure la création de labels « projets d’avenir agricole ». Ils visent à soutenir les filières stratégiques pour la souveraineté alimentaire du pays en imposant par exemple aux cantines publiques de se fournir au sein de l’Union européenne. Mais, soutenu du Rassemblement national aux sénateurs centristes en passant par la droite, le texte suscite de vives critiques des organisations environnementales et de l’opposition de gauche. Il fracture même jusqu’au socle gouvernemental sur le sujet de la réintroduction de deux pesticides.

    Car après une première tentative avec la loi Duplomb, retoquée par le Conseil constitutionnel en août 2025, le député (LR), Laurent Duplomb, est revenu à la charge en faisant ajouter un article que la CMP a conservé. Il donne la possibilité d’accorder, pendant trois ans, des dérogations pour l’utilisation du flupyradifurone en enrobage de semences pour les betteraves sucrières et en pulvérisation pour les pommes et les cerises. L’acétamipride, un néonicotinoïde lui aussi dangereux pour les abeilles, interdit en France, mais autorisé en Europe, serait lui autorisé pour les cultures de noisettes…

    Leur réintroduction reste « le principal sujet qui crispe », jugeait samedi la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, à La Tribune Dimanche, personnellement opposée au retour de l’acétamipride. « Faire échouer ce texte par idéologie, calcul ou peur, achèverait de désespérer les agriculteurs », répondait de son côté la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, dans le JDD, hebdomadaire du milliardaire d’extrême droite, Vincent Bolloré.

    Matignon a même convoqué une réunion, lundi après-midi, des présidents des groupes de la coalition gouvernementale (LR, Horizons, Renaissance, MoDem) et du groupe centriste Liot. Gabriel Attal, président d’Ensemble pour la République, poussait le gouvernement à déposer un amendement de suppression. Mais il n’a pas été entendu. À l’issue de la réunion, le gouvernement a indiqué ne pas avoir l’intention de supprimer lui-même l’article portant la mesure. « L’interdiction [de l’acétamipride] demeure le principe », a déclaré l’entourage du Premier ministre, qui laisse « au Parlement » le soin de « trancher » ou « faire évoluer » le compromis issu de la CMP.

    Ses opposants dénoncent un recul environnemental et sanitaire avec cette disposition sur l’acétamipride qui intéresse directement certains bassins fruitiers du Vaucluse ou des Alpes-de-Haute-Provence, où les cultures de pommes et de cerises occupent une place importante.

    Doubler le stockage

    des eaux agricoles

    Autre point de crispation, la gestion de l’eau. Face aux épisodes de sécheresse de plus en plus fréquents, le gouvernement souhaite accélérer la réalisation d’ouvrages de stockage et fixe l’objectif de doubler les capacités de stockage d’eau à usage agricole d’ici à 2035. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, une des régions les plus exposées aux tensions sur la ressource en eau, les filières maraîchères, arboricoles et viticoles pourraient bénéficier des futurs investissements.

    Une mesure saluée par une grande partie des organisations professionnelles agricoles, qui y voient un outil indispensable pour sécuriser les productions quand les associations environnementales dénoncent l’encouragement à des projets jugés trop consommateurs de ressources hydriques. Pour elles, la priorité doit être donnée à l’évolution des pratiques agricoles.

    Le texte comporte aussi plusieurs mesures en faveur de l’élevage, dont une gestion plus souple de la prédation par le loup. Là encore, le sujet oppose éleveurs et défenseurs de la biodiversité. Ceux des Alpes du Sud, confrontés à une forte pression de prédation, suivent de près les mesures relatives au loup.

    Au-delà de ses dispositions techniques, ce projet de loi révèle surtout une fracture profonde dans le débat agricole français : comment produire davantage pour assurer la souveraineté alimentaire du pays tout en préservant la ressource en eau, la biodiversité et les équilibres environnementaux ? Une question qui continuera d’alimenter les débats.

    30,8 millions

    En 2026, la production française de blé est estimée à 30,8 millions de tonnes (-7,6% sur un an), selon le groupe spécialiste des matières premières Argus Media.

    Malgré l’augmentation (+3%) de la surface cultivée, « les difficultés se sont enchaînées », avec une moitié ouest du pays « durement touchée par les excès de précipitations de l’hiver », « un printemps excessivement sec », et un déficit hydrique et des épisodes caniculaires qui ont touché le pays « à des stades critiques du développement des cultures, lors de la floraison puis du remplissage des grains ». Si le temps sec et chaud a favorisé « la qualité » des cultures, le rendement moyen national est évalué à 6,67 tonnes par hectare, en baisse de 6,5% par rapport à la moyenne des dix dernières années.

  • [C’est l’été] La nature fait son show à La Celle

    [C’est l’été] La nature fait son show à La Celle

    Ce lundi, zoom sur les insectes pollinisateurs, leur rôle essentiel et leur diversité. Une sortie qui s’inscrit dans une démarche de sciences participatives, en lien avec le programme national SPIPOLL.

    De 9h à 11h.

    10 euros.

  • Dans les Bouches-du-Rhône, un exosquelette pour aider les forestiers

    Dans les Bouches-du-Rhône, un exosquelette pour aider les forestiers

    Directement inspiré du mouvement des crabes, cet engin en projet est issu d’une collaboration entre le Département et Aix-Marseille Université.

  • [C’est l’été] Jean-Louis Lautard, apiculteur : « Je suis au service des abeilles »

    [C’est l’été] Jean-Louis Lautard, apiculteur : « Je suis au service des abeilles »

    « La qualité des miels et l’idée qu’en suivant les fleurs, en allant au bon moment au bon endroit des différentes floraisons, je pouvais ramener sur la table le goût de l’endroit m’ont passionné », avoue Jean-Louis Lautard apiculteur. Il précise : « J’ai 69 ans, l’âge de la retraite, mais je suis toujours en activité ». Et pourtant, rien n’était écrit. « Adolescent, j’ai été aidé par hasard un voisin apiculteur. J’ai fait une transhumance avec lui, et ça m’a marqué. L’odeur du miel propagé par les ailes des abeilles qui ventilent, les aiguilles de pin qui brûlent dans l’enfumoir. C’était sensuel, j’en ai gardé un souvenir olfactif inoubliable. »

    « Adulte, très tôt, alors que je n’avais absolument pas l’argent, je me suis dit que ce serait intéressant d’en faire un métier. » C’était il y a 45 ans. « J’ai alors emprunté et j’ai consacré toute mon énergie à ça », poursuit-il tout naturellement.

    Apiculteurs à temps complet, c’est rare. La récolte familiale est souvent l’usage. La majorité n’en fait pas un métier. Jean-Louis, oui, et ses yeux bleus pétillent quand il évoque l’arrivée sur le plateau de Valensole de nuit, l’odeur des champs de lavande au lever du jour.

    Plusieurs cordes à son arc

    « Je suis producteur mais j’ai aussi accepté le mandat de président du syndicat des miels de Provence et des Alpes du Sud (Simpas) » précise ce passionné. Poursuivant : « Je suis aussi chargé de parler très officiellement de la filière car c’est un métier. L’apiculteur a souvent peu d’interlocuteurs. C’est un travail d’équipe où je me suis investi passionnément. Je suis au service des abeilles ». Ce syndicat gère l’indication géographique protégée (IGP) miel de Provence est enregistré au niveau européen depuis 2003, et de fait possède un cahier de charges bien précis. Le label rouge est aussi associé à l’IGP, il est l’unique signe officiel qui garantit une qualité supérieure résultant d’un terroir. Il respecte les bonnes pratiques apicoles comme l’interdiction des mélanges de miels, un signe de qualité. Il est aussi référent au pôle compétence qualité de l’institut de l’abeille (ITSAP).

    Inquiétudes à venir

    Jean-Louis s’assombrit et rappelle que « le miel qui a fait vivre l’apiculture provençale jusqu’ici, c’est le miel de lavande, il représente 60 % de notre économie ». à Valensole, Sault, Albion, dans la Drome provençale, ou le nord du Mont Ventoux… C’est le seul miel issu d’une culture. Les autres proviennent de la nature sauvage. « Il est important de comprendre que le changement climatique majeur est très inquiétant. L’an dernier, avec 40 degrés sur le plateau de Valensole, au mois de juin, au début de la floraison, les lavandes ont fané avant de s’ouvrir, c’est inbutinable. C’est très grave. »

    S’ajoute à ça, la question de la rentabilité de la culture de lavande. Sur le plateau de Valensole, on est à 5 000 hectares arrachés en une année, des arbres sont plantés en remplacement. « Alors on ne peut que se poser des questions sur le devenir des champs de lavande et de fait sur le devenir de la profession », poursuit l’apiculteur.

    Il y a aussi, un autre danger. C’est le développement du frelon asiatique qui est exponentiel, les ruches sont décimées. Il est classé danger sanitaire de 2e catégorie pour l’abeille domestique sur tout le territoire français. « Je suis monté jusqu’à 1 200 ruches, mais c’est très variable. Aujourd’hui, on a des gros problèmes de maintien de cheptel avec cette espèce exotique envahissante », témoigne Jean-Louis.

    Transmission du goût

    Partant du constat que lorsque le climat est complètement déréglé, certaines plantes n’y résistent pas. Comment trouver le nectar et le pollen nécessaires pour avoir de belles ruches ? C’est un cercle vicieux. Quid des grands classiques romarin, bruyère blanche, lavande, sarriette… « Mais on continue, on est des coriaces. La vie, c’est l’adaptation. Mais soyons honnêtes, c’est difficile », soupire l’apiculteur soudain envahi de tristesse. Et de poursuivre « Je me dis qu’on risque de perdre un patrimoine, celui du goût. Si on n’est plus capable de produire, comment va-t-on transmettre le goût du miel authentique ? » Pour ce passionné, le miel est un produit local populaire et répandu. L’apiculteur le martèle : « Le miel de Provence est un patrimoine vivant, pas un produit de luxe réservé à quelques-uns. Je veux que les enfants et petits enfants de demain le connaissent. »

    Filière IGP et Label Rouge

    L’IGP (Indication géographique protégée) est un signe Européen, il garantit un savoir-faire traditionnel. La zone de production du miel d’appellation IGP Miel de Provence englobe une zone spécifique en Paca située à la frontière de la Drôme Provençale et de la partie Est du Gard. Le label Rouge est un signe français attestant d’un goût et d’une qualité reconnue.

  • Le pastoralisme, rempart contre les incendies

    Le pastoralisme, rempart contre les incendies

    « En cinq ans seulement, j’ai vu l’herbe et la forêt gagner en altitude », constate Boris Emeriau, le regard inquiet. Berger depuis quinze ans, installé depuis cinq à Chamousse. Il garde depuis le début de l’été son cheptel de 200 brebis en estives sur la crête du Lauzet, à 2 300 m d’altitude sur la commune de Crots. Les milieux de montagne se réchauffent plus vite, le changement climatique s’y fait plus visible et Boris est aux premières loges. « Avant il y avait des sécheresses tous les quarante ans, maintenant c’est tous les deux ou trois ans et elles sont beaucoup plus longues et plus violentes », explique-t-il.

    En résulte une augmentation des feux de forêts, plus nombreux et plus intenses, mais ils ne sont pas dus qu’au seul réchauffement climatique selon Boris. « Oui, les incendies sont là parce qu’on a des canicules plus précoces, plus longues… Mais ça brûle aussi pour d’autres raisons, avance-t-il. Avant, les villages étaient regroupés et autour il y avait des praires et cultures agricoles, ça faisait un espace dégagé autour des villages, ensuite l’autre couronne autour c’étaient les zones pastorales, entretenues par les troupeaux, qui faisaient que tout n’était pas embroussaillé comme maintenant. Et, encore plus loin, il y avait la forêt. Les incendies étaient donc plus loin des habitations. »

    Refaire une place

    aux troupeaux

    La capacité des troupeaux à « nettoyer » les espaces forestiers a déjà été reconnue par les pouvoirs publics. En décembre 2024, le Cerpam (Centre d’Études et de Réalisations Pastorales Alpes-Méditerranée) recensait 160 éleveurs qui faisaient pâturer leurs troupeaux sur des ouvrages DFCI (Défense de la Forêt contre les Incendies). Mais, pour généraliser cette solution, restent à faire de la place au pastoralisme, étouffé par la raréfaction des parcelles disponibles. « Plus que jamais, mettre des élevages dans les campagnes ça permettrait de gérer les incendies en réduisant le combustible, même si ce n’est pas la seule manière bien sûr, affirme-t-il. Mais, pour ça, il faut installer des gens dans les campagnes, il faut savoir ce qu’on veut pour nos campagnes, des maisons secondaires ou des gens qui vivent vraiment sur place ? » Le manque de foncier, pour les petits agriculteurs comme les bergers est le nerf de la guerre.

    « On voit qu’on a quand même un foncier qui est accaparé par quelques très grosses fermes et un foncier pastoral donc des landes, des sous-bois, qui est extrêmement morcelé avec beaucoup de propriétaires privés différents dont, soit on arrive pas à retrouver la trace, soit qui veulent pas nous faire de papiers pour être légalement chez eux, regrette Boris. Beaucoup de jeunes aimeraient s’installer mais sont découragés par ce manque de foncier et le prix de la terre, avec le pullulement des maisons secondaires, le prix du foncier est complètement décorrélé de la valeur de la production qu’on peut en tirer. » Il existe des outils légaux comme les associations foncières pastorales qui permettent à plusieurs propriétaires de parcelles de gérer collectivement un périmètre agropastoral et/ou forestier. Pour les éleveurs, cela ouvre des espaces de pâturage sans devoir obtenir l’accord de chaque propriétaire. « C’est une opération complexe, qui demande la venue d’un commissaire public et l’aval du préfet mais si l’on généralise ça, lorsque des jeunes voudront s’installer, on pourra les orienter vers telle association foncière, avec tel espace de pâturage, pour telle période… projette Boris. Là, actuellement, tu t’installes avec un petit bout de terre, tu n’es pas accompagné, c’est un peu la guéguerre. »

  • Les opposants au data center durcissent le ton

    Les opposants au data center durcissent le ton

    « Les riverains n’ont plus confiance », résume Philippe Chabeaudy, membre du CIQ des Pallières. Depuis la signature du permis de construire par l’ancien maire Michel Amiel, le 18 février dernier, les CIQ des Pallières, des Sibylles et d’Amphoux ont multiplié les recours, avec l’aide du MNLE. Après une visite du terrain, son président, Christian Pellicani, est catégorique : « Le site n’est pas adapté, ils ont simplement contourné les difficultés de procédure. Pour l’heure, ni la justice ni la préfecture n’ont répondu au recours. » Philippe Chabeaudy veut toujours croire que le Data center, projet porté par la société Telehouse, ne verra pas le jour : « Nous pensons que nos recours ont de très bonnes chances d’aboutir ».

    À l’issue de la réunion de jeudi avec les membres des CIQ, le MNLE annonce « de nouveaux moyens pour aller plus loin », avec l’aide de son avocate. Une réunion publique est annoncée pour septembre.

    « Il y a une accumulation de raisons inadmissibles, aussi bien du point de vue humain que technique ou environnemental », juge Philippe Chabeaudy. Les opposants dénoncent la présence de produits chimiques, de fluides réfrigérants et d’une quantité importante de carburant pour faire fonctionner la structure. Ils évoquent un « contournement du PPRIF », Plan de prévention des risques d’incendie de forêt, qui interdit « en principe ce type d’installation classée sur ce terrain ». La chaleur produite par le data center, dite chaleur fatale, marque un autre point de crispation. Le site évacuerait 70 mégawatts, « l’équivalent de 70 000 radiateurs de 1 000 watts, selon Philippe Chabeaudy. À proximité immédiate de la pinède, produire une chaleur aussi importante est criminel ».

    « Redistribuer la chaleur »

    Lors du dernier conseil municipal, le 6 juillet, le maire des Pennes-Mirabeau, Romain Amaro, promettait de « redistribuer la chaleur fatale de l’infrastructure » aux habitants, évoquant une étude lancée en ce sens. Initiative « utopique » selon Philippe Chabeaudy. Dans un communiqué, le 10 avril, Romain Amaro se disait par ailleurs « victime de la signature précipitée » de l’ancienne majorité, ajoutant avoir « signifié à Telehouse une intransigeance totale. Si le projet devait avancer, il devra impérativement se plier aux attentes légitimes de la population. »

    Le président du MNLE dénonce aussi le « mythe des data centers créateurs d’emplois ». Selon lui, ces infrastructures serviraient avant tout « aux géants des GAFAM à nourrir leurs actionnaires de bénéfices ». Une manifestation est prévue à la rentrée. Contactée, la société Telehouse n’a pas donné suite.

  • Aménager les rivières pour sauver les anguilles à Marignane

    Aménager les rivières pour sauver les anguilles à Marignane

    Sauver l’anguille : des seuils aménagés pour des rivières vivantes », c’est le nom du projet financé par la Métropole, l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse et la Région Sud pour préserver la biodiversité aquatique.

    Il s’agit de rétablir progressivement le passage de l’anguille européenne dans les cours d’eau du territoire en agissant sur les seuils hydrauliques : les effaçant si possible ou en les aménageant lorsque le contexte le nécessite. Ces structures, qui régulent le niveau des rivières et des canaux constituent un obstacle aux déplacements naturels des espèces aquatiques migratrices, en l’occurrence l’anguille européenne.

    Dans le cadre de ce projet, la métropole Aix-Marseille-Provence a confié à l’établissement public Ménélik une intervention sur le seuil Saint-Pierre, situé sur le cours d’eau de la Cadière à Marignane.

    Une espèce en danger critique d’extinction

    Dans le cas du seuil Saint-Pierre, c’est la protection des anguilles européennes qui est visée par les aménagements. L’espèce est gravement menacée par de multiples facteurs comme la disparition des zones humides, les pollutions de l’eau, le parasitisme, le turbinage, la prédation, le braconnage, la pêche professionnelle et de loisir. Par-dessus tout, c’est la fragmentation des rivières par l’intervention de l’homme qui réduit drastiquement son taux de survie, la rendant incapable de se déplacer dans les rivières selon son propre cycle de vie. En effet, l’anguille doit remonter les cours d’eau pour grandir, un seuil peut devenir un véritable obstacle.

    Les aménagements consistent notamment en la création d’une rampe spécialement conçue pour les anguilles dont la surface rugueuse permettra à ces dernières de se déplacer au-dessus du seuil Saint-Pierre.

    Les travaux préparatoires ont débuté en mai 2026, et le seuil va être partiellement repris, accompagné par la création d’une rampe adaptée entre juillet et mi-août 2026. Dès novembre, les berges seront revégétalisées de manière durable et en cohérence avec l’écosystème local.