Category: environnement

  • Une tortue caouanne a pondu sur une plage du Mourillon à Toulon

    Une tortue caouanne a pondu sur une plage du Mourillon à Toulon

    La tortue caouanne aime le Var. Alors qu’un spécimen a déjà pondu sur la plage d’Agay, à Saint-Raphaël, le 20 juin, et que cinq autres pontes ont été recensées sur le littoral méditerranéen depuis début 2026, un nouvel individu en a fait de même dans l’Anse Tabarly, au Mourillon, à Toulon, dans la nuit du 14 au 15 juillet. Inédit pour la commune, qui n’avait jamais connu tel événement auparavant. Le reptile s’est niché sous un catamaran stationné à une dizaine de mètres du rivage, afin de se constituer un abri discret pour cette étape cruciale de son cycle de reproduction.

    Une espèce protégée

    Les équipes de l’association Émergence, qui coordonne le Réseau Tortues Marines de Méditerranée Française (RTMMF), sont rapidement intervenues pour sécuriser le périmètre, en collaboration avec les services de la Ville de Toulon. Des prélèvements scientifiques ont été réalisés, en vertu d’un protocole national, permettant de collecter d’importantes données. Un dispositif de suivi a également été mis en place pour surveiller la couvée, la nature du site (sable fin combiné de nombreux galets et cailloux) pouvant potentiellement perturber les conditions d’incubation des œufs et l’émergence des tortillons. La tortue caouanne est une espèce menacée et strictement protégée par la loi française. Toute perturbation intentionnelle, lumineuse, sonore, ou physique est formellement interdite et passible de sanctions. Il est ainsi recommandé de garder une distance de 10 mètres, d’éteindre toute source de lumière artificielle, de limiter le bruit et de ne pas toucher les œufs ni la tortue.

    Plus d’infos :
    association-emergence.fr

  • Dans le Var, la ministre de la Mer Catherine Chabaud appelle à cohabiter avec la faune marine

    Dans le Var, la ministre de la Mer Catherine Chabaud appelle à cohabiter avec la faune marine

    Si elle confesse volontiers avoir apprécié ces trois jours « dans (son) élément », Catherine Chabaud n’était pas en vacances dans le Var. La ministre déléguée en charge de la Mer et de la Pêche, ancienne navigatrice – elle fut la première femme à terminer un tour du monde à la voile, en 1996-1997, sur le Vendée Globe – est arrivée mercredi dans le département, pour l’inauguration de la plateforme scientifique de l’institut océanographique Paul Ricard, sur l’île des Embiez. Cet outil, dédié à la recherche dans différents domaines (aquaculture innovante, sécurité alimentaire, conservation d’espèces menacées…) avec l’objectif de sensibiliser les décideurs politiques, a particulièrement plu à la ministre : « On a besoin de vision, et Patricia Ricard [présidente de l’institut, ndlr] fait partie des visionnaires. Cette plateforme permet de faire de la recherche et d’identifier les sujets d’urgence comme le fait de développer une aquaculture plus durable, et de les expérimenter », dans un esprit de « mobilisation collective des entreprises, des scientifiques et des ONG » qui lui est cher.

    Jeudi, elle a embarqué à bord du catamaran We Explore de son confrère navigateur Roland Jourdain, double vainqueur de la Route du Rhum, fabriqué à 50 % en fibre de lin. Ils y ont repéré un cachalot blessé par une hélice de bateau aux abords du Parc national de Port-Cros. Un sujet qu’a abordé le navigateur vendredi, lors d’une série d’échanges consacrés à la protection de la mégafaune marine vendredi au Fort du Pradeau, à Hyères.

    « Nous sommes colocataires de la planète »

    « On raconte les histoires des courses, des quarts de seconde décisifs, mais la victoire peut se faire à vitesse réduite. Il faut inventer le modèle de demain », milite-t-il. Car la vitesse demeure un véritable sujet, sur lequel une forme de législation existe par endroits, notamment dans le cadre de la Zone maritime particulièrement vulnérable (ZMPV) établie entre la France et l’Espagne en 2023, avec une réduction entre 10 et 13 nœuds dans certains espaces sensibles. « Il faut trouver le bon curseur, la mer ce n’est pas la route », temporise Catherine Chabaud, qui reconnaît toutefois « d’autres enjeux comme la réduction des émissions de CO2 et une opportunité à mieux connaître le milieu marin ».

    Et à « cohabiter ». « Il faut se rendre compte que nous sommes colocataires de cette planète », clame, avec véhémence, l’océanologue François Sarano en conclusion des échanges de vendredi, au cours desquels la cohabitation a pris une large place. D’abord, à travers des discussions sur les conséquences des bruits anthropiques sur la megafaune, qui peuvent entraver, entre autres, la chasse pour les animaux marins. Ensuite, sur les effets des sports nautiques, même ceux qui ne polluent pas ou peu directement (wingfoil, voile). Enfin, sur le rôle des collectivités, engagées dans des démarches collectives comme le sanctuaire Pelagos, espace maritime de 87 500 km² établi entre l’Italie, Monaco et la France pour la protection de la biodiversité marine, et le programme Caret, mené par le Parc National de Port-Cros, visant à protéger et restaurer les écosystèmes littoraux sableux, pour favoriser la reproduction de la tortue caouanne.

    Une approche qui doit, selon la ministre, permettre de sensibiliser les individus : « La problématique, c’est la capacité des citoyens à changer de comportement. On est en train de rentrer dans la partie exponentielle des courbes du GIEC ». Et pour cela « il faut aussi des décisions politiques fermes ». À l’opposé de la loi Duplomb ou de la loi d’urgence agricole dont le texte, assoupli en commission mixte paritaire jeudi sur le volet de la réintroduction de pesticides interdits et du stockage d’eau, doit être présenté au Sénat et à l’Assemblée nationale lundi et mardi.

  • [C’est l’été] Les petits explorateurs à Crots

    [C’est l’été] Les petits explorateurs à Crots

    Une balade sensorielle qui aura de quoi éveiller la curiosité des enfants dès 5 ans dans l’une des plus anciennes forêts des Hautes-Alpes. Une ambiance idéale pour voyager vers des temps anciens, empreints de légendes locales.

    De 10h à 11h45. 6 euros. Infos et réservations : 04.92.43.77.43.

  • Agriculture : les impacts en cascade des canicules dans les Hautes-Alpes

    Agriculture : les impacts en cascade des canicules dans les Hautes-Alpes

    Quand je suis arrivé et que j’ai vu ça, j’ai pleuré. » Fin juin, Mattéo Delabre, arboriculteur et éleveur de poules à Barcillonnette, a vu huit lignes de pommiers partir en fumée suite à des étincelles provoquées par un dysfonctionnement d’une moissonneuse-batteuse. « Les pompiers sont arrivés pile à ce moment-là, ils ont sauvé en priorité les habitations, c’est normal, mais pendant ce temps les vergers ont cramé », raconte-t-il. Pour lui, il est évident que la sécheresse actuelle a permis aux flammes de rapidement s’étendre. « La même chose est arrivée la semaine d’après à Lardiers. Il n’y a pas eu de gros dégâts mais on a jamais vu la végétation aussi sèche à ce moment de l’année », affirme-t-il. Le dommage n’est pas seulement matériel. « Le problème, c’est déjà la perte affective, ces vergers ont été plantés quand mes parents se sont installés, et ces haies, ça me fait mal au cœur, elles ont mis des décennies à se former, déplore-t-il. Ensuite c’est tout le travail, il faut qu’on coupe, qu’on dé-souche, on pourra pas replanter du pommier à cet endroit. C’est un gros chantier dont on n’avait pas forcément besoin. »

    Si la sécheresse apparaît comme la conséquence évidente des épisodes de chaleur, les impacts sont multiples. Le 21 juin, Chantal Bonetti, maraîchère à Embrun, a, elle, perdu une quinzaine d’animaux noyés et des dizaines de m² de cultures endommagées par des inondations soudaines. Pour elle, le problème n’est pas la sécheresse, mais l’apparition d’orages, favorisés par les canicules, qui entraînent des intempéries intenses. « On ne peut pas imaginer le stress que c’est, il y a des orages tous les huit ou dix jours et chaque fois on se demande si ça va déborder, rapporte Chantal. Quand tout déborde, alors il faut vite nettoyer, laver toute la gadoue. Pendant ce temps, je n’ai pas fait le désherbage de mes cultures. On prend du retard, ça nous rajoute un travail de fou. »

    Des infrastructures inadaptées

    Pour elle, ces inondations viennent aussi d’une buse d’évacuation des eaux, trop étroite, qui déborde systématiquement lorsque les pluies font gonfler le torrent de Charance, à quelques centaines de mètres de sa ferme. Ces épisodes, au-delà des dégâts immédiats, posent la question de l’adaptation des pratiques et des infrastructures.

    « La gestion collective de l’eau, c’estun énorme sujet, questionne Mattéo Delabre. Les dernières sécheresses qu’on a vécues ne sont pas dues qu’au réchauffement climatique en lui-même mais à l’assèchement systématique de toutes les zones humides, de toutes les terres agricoles. Pendant des siècles, on a drainé tous les sols, asséchées toutes les mares pour que l’eau coule le plus vite et le plus directement possible vers la mer. Aujourd’hui, on se rend compte des répercussions, l’eau s’infiltre et elle file, elle ne reste pas. » En dépit d’actions politiques qu’il juge insuffisantes, à son échelle, il a installé des mares autour de son exploitation et reforesté les berges de la rivière voisine. « J’aime dire qu’on améliore la “robustesse”de nos cultures, souligne-t-il. Aujourd’hui on parle beaucoup de résilience, c’est le mot à mettre pour avoir des subventions, mais la résilience ça veut dire revenir au même stade après avoir encaissé un choc. La robustesse ça veut dire évoluer pour rester solide. »

    Orages et intempéries, l’autre conséquence de la canicule

    La succession d’orages depuis plusieurs jours est aussi liée aux fortes chaleurs, explique Nicolas Roux, responsable du Centre météorologique des Alpes du Sud : « Lorsqu’on a une masse d’air très chaud en basse couche, qui se réchauffe à mesure que la canicule se poursuit, des changements de masse d’air conduisent généralement à des situations orageuses, qui requièrent de l’air chaud et humide. En fin de canicule, les orages font aussi diminuer les températures. Quelque part, ils annoncent la fin de la canicule tout en y mettant fin. »

  • Des chevreuils dans le viseur de l’état

    Des chevreuils dans le viseur de l’état

    Un arrêté visant à permettre la « destruction administrative » des chevreuils. C’est ce qu’a publié la préfecture des Bouches-du-Rhône, le 7 juillet, afin de « réguler [la] présence » des bêtes et de « prévenir les atteintes aux cultures ». Concrètement, Didier Vigo, lieutenant de louveterie des Bouches-du-Rhône, est autorisé, « à toute heure du jour et de la nuit », à abattre un chevreuil, dans les parcelles agricoles de Clément Klein, où des nuisances ont été constatées, mais aussi « sur tous les secteurs d’où proviennent les chevreuils, ainsi que sur tous les secteurs sur lesquels ils se réfugient ». Didier Vigo pourra être accompagné de chasseurs qu’il aura désignés et qui resteront sous sa supervision.

    L’article 5 de l’arrêté précise par ailleurs que « tout acte d’outrage ou de violence à l’encontre du lieutenant de louveterie ou des participants à l’opération de destruction administrative, notamment s’il constitue une entrave à son exécution, fera systématiquement l’objet de poursuites pénales ». Cette mention s’explique sans doute par l’opposition de certaines associations de protection animale, fermement opposées à ce type de pratiques.

    Régulation naturelle

    « C’est vraiment désolant de vouloir régler tous les problèmes à coups de fusil », s’indigne Muriel Arnal, présidente de One Voice, association qui milite pour une « éthique animale et planétaire ». « Il y a une volonté, de la part de certains syndicats agricoles et des fédérations de chasse, de faire de la nature ce qu’ils veulent », ajoute-t-elle. L’activiste pointe du doigt « l’incohérence des politiques publiques », qui choisissent de « supprimer certains prédateurs naturels, pourtant indispensables à la régulation de l’environnement ». La militante se réfère en fait au cas du loup. Depuis septembre 2024, une dérogation permet en effet d’effectuer des tirs sur cette espèce pourtant protégée depuis 1993, dans certaines conditions. Ces tirs doivent s’effectuer de « manière proportionnée aux atteintes subies par un élevage ». « Quand les loups sont dans une zone, il n’y a pas de problème de chevreuils, car ce sont leurs prédateurs naturels. Il y a un équilibre », insiste-t-elle.

    Poursuite juridique ?

    En 2022 déjà, une autorisation similaire, sur la commune du Puy-Sainte-Réparade (Bouches-du-Rhône), avait été attaquée par l’association en référé, révoltée par ce qu’elle qualifiait de « massacres autorisés par les préfets ». « Des recours pour sauver les animaux, nous en faisons peut-être 100 par an, détaille Muriel Arnal. On attaque dès qu’on peut. Donc, si c’est possible, nous attaquerons cette décision ».

    L’arrêté s’applique jusqu’au 12 septembre 2026.

  • Les approches se diversifient dans la contestation de la Très haute tension

    Les approches se diversifient dans la contestation de la Très haute tension

    Sur la route d’Arles aux Saintes-Maries-de-la-Mer, les champs bordent le bitume, parfois séparés de petits canaux iconiques de la Camargue. Mais passé le croisement de la D570 et de la route du Mas d’Agon, impossible de rater ce container rouge érigé sur une parcelle agricole, visible à plus d’un kilomètre.

    « Voici un cinquième de pylône THT » arbore en blanc le monolithe depuis vendredi dernier. Une allusion directe à la hauteur moyenne des 145 pylônes du projet de RTE de ligne à Très haute tension (THT) devant relier Jonquières-Saint-Vincent (Gard) et Fos-sur-Mer, pour 2029. Ce projet est depuis le départ fortement contesté sur les territoires concernés. Surtout par les agriculteurs à l’instar de Carole Guintoli, propriétaire du terrain sur lequel se trouve le container. « J’ai pris mon pinceau et j’ai écrit, on s’imagine mieux l’impact sur la Camargue », retrace-t-elle au petit-déjeuner des opposants mardi matin.

    Un acte militant, pour cette ancienne élue avec le maire d’Arles Patrick de Carolis (Hor), présent. « La Camargue est belle car justement il n’y a rien. Avant de mettre la THT, mettez l’eau au robinet partout ! » lance-t-elle. « Comment on va travailler avec des pylônes au milieu des rizières ? On a des solutions alternatives. C’est comme si je prenais mon âne pour livrer mon riz au supermarché, qu’on ne dise pas qu’on n’est pas capable de faire autrement avec les ingénieurs qu’on a quand de mon côté je sème mon riz par drone. »

    « On se bat pour notre environnement »

    Dans cette mobilisation « ce n’est pas une question de bord politique » assure Julien Besançon, 1er adjoint de Saint-Martin-de-Crau et secrétaire national des Centristes. « L’État avance sans les élus du territoire qui eux se battront jusqu’au bout par tous les moyens pour une autre solution » que la ligne aérienne, selon l’élu. Le coût et le délai sont inaudibles. « Le coût est déjà plus élevé qu’à la base et les délais s’entendent s’il n’y a aucun recours ou action en justice. Sauf qu’il y en aura ! » promet-il.

    En filigrane, l’articulation de l’environnemental et du social. « On nous dépeint comme des grands empêcheurs, mais ce n’est que pour faire peur aux travailleurs pour leurs emplois et aux petits patrons s’imaginant qu’une partie des 20 milliards d’investissement est pour eux. Pour mieux les monter contre les opposants » analyse Jean-Laurent Lucchesi du collectif THT13/30, ornithologue et ancien directeur des Marais du Vigueirat. Car outre la protection des oiseaux et du vivant, le militant rappelle que « décarboner n’est pas dépolluer » et estime que les promesses de 60 000 emplois sont « des mirages », alors que le projet Carbon, 3 000 emplois et le plus dépendant de l’apport électrique, est abandonné.

    La rencontre des intérêts progressistes, environnementaux voire de classe se trouve peut-être dans cette approche, au-delà des discours sectorisés ou identitaires.

  • [C’est l’été] En balade au jardin à papillons de La Celle

    [C’est l’été] En balade au jardin à papillons de La Celle

    Plus de 110 espèces différentes de papillons peuplent le jardin qui leur est destiné au sein du domaine viticole de l’Escarelle et créé en 2016 en collaboration avec la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO). « Le propriétaire souhaitait faire un inventaire de la biodiversité sur son domaine pour pouvoir la préserver c’est comme ça que le lieu a vu le jour », explique Line Conforti, animatrice nature au sein de la LPO Paca. C’est elle qui sera votre guide pour cette balade à la découverte de ces insectes présents sur plus de 2 500 m². « Sur le jardin nous avons planté uniquement des espèces locales pour attirer des papillons locaux. Ici ils trouvent tout ce dont ils ont besoin selon les différents cycles de leur vie », poursuit-elle. « Pendant la visite on découvre les cycles de vie, on apprend à faire la différence entre les papillons de jour et de nuit mais aussi on rappelle l’importance de leurs ailes qui sont très fragiles. »

  • Le sentier du littoral de Niel est à nouveau praticable

    Le sentier du littoral de Niel est à nouveau praticable

    Après 25 ans de fermeture pour des raisons de sécurité, les randonneurs vont enfin retrouver le sourire. Le sentier du littoral du Niel à Giens, commune d’Hyères est à nouveau praticable depuis le 7 juillet. Des désordres géotechniques sur les falaises ont nécessité plus de dix ans d’études et de travaux menés par la Métropole Toulon Provence Méditerranée (TPM) et ses partenaires.

    Les travaux ont porté sur environ 800 mètres, incluant la réalisation d’ouvrages de soutènement, d’ancrages de fondations, la requalification du cheminement piéton, et la création d’un déport du sentier à l’intérieur de l’hôtel Le Provençal pour garantir la sécurité et la pérennité de la restauration. Pour une meilleure intégration paysagère, l’entrée du sentier du Niel a été déplacée de 4 à 5 mètres à l’intérieur de l’hôtel. Le montant de la restauration et de la sécurisation s’élève à 998 813 euros soit 405 113 euros pour la sécurisation des falaises et 593 700 euros de travaux de réhabilitation. À cela viennent s’ajouter le montant de la maîtrise d’œuvre de 83 900 euros et le suivi environnemental de 19 800 euros.

    Site classé Natura 2000

    C’est donc 1 102 513 euros au total de déboursés pour rendre l’accès du sentier aux promeneurs. Un projet piloté par la Métropole TPM en lien étroit avec les services de l’État, la commune d’Hyères, et les propriétaires concernés.

    Le chantier s’est déroulé dans un site classé Natura 2000 et dans le périmètre du Parc national de Port-Cros, nécessitant des procédures réglementaires spécifiques et une attention particulière aux enjeux écologiques et paysagers. Géré par TMP, le sentier du littoral, long de 52 km s’étale de Six-Fours à la presqu’île de Giens à Hyères. Un guide du sentier est édité pour informer les promeneurs sur les balades, la faune, la flore et les aspects pratiques. Des écogardes en assurent la surveillance, l’entretien et l’information des promeneurs 6 jours sur 7. Une signalétique adaptée et une lettre d’information sont également mises à disposition pour faciliter l’usage du sentier. Depuis 2003, 20 km de sentier ont été réhabilités, notamment avec la voie douce des Salins.

    L’accès en voiture au port du Niel est limité en cette saison. Des parkings gratuits sont situés au village de Giens

  • Lutte pour la gestion du Couvent de la Belle de Mai

    Lutte pour la gestion du Couvent de la Belle de Mai

    Un havre de paix, poumon vert du quartier de la Belle de Mai (3e), sur lequel habitants et collectifs socioculturels locaux espèrent bien garder le contrôle. Le Couvent Levat, couvrant presque deux hectares de terres entretenues pendant plus de 150 ans par les Sœurs Victimes du Sacré-Cœur de Jésus, est depuis 2017 la propriété de la Ville de Marseille. Sa gestion, d’abord confiée exclusivement à l’association Juxtapoz, est aujourd’hui également assurée par l’association l’Hydre, responsable des jardins. Or, la convention liant la municipalité aux structures qui occupent les lieux doit prendre fin en décembre 2026. Inquiets face aux « incertitudes quant au devenir de ce lieu exceptionnel et essentiel pour le quartier », 18 organisations socioculturelles et collectifs ainsi qu’une centaine d’habitants de la Belle de Mai se sont organisés, dès janvier 2025, pour imaginer collectivement le futur des lieux. Ils créent, en décembre 2025, l’association Levat, porteuse du projet d’exploitation. Mais voilà qu’après plusieurs mois de concertations, diagnostics et discussions, la Ville annonce lancer prochainement un appel à manifestation d’intérêt (AMI) pour renouveler les modalités d’occupation. De quoi mettre en rogne les militants surmobilisés depuis plusieurs semaines. « Nous avons invité toutes les parties prenantes à se joindre à nos réunions : l’association Juxtapoz, les artistes résidents [dans le couvent, devenu une résidence d’artistes sous l’impulsion de Juxtapoz, Ndlr] mais aussi la mairie. Nous avons ensemble travaillé à l’écriture d’une proposition et ce travail a été encouragé par la municipalité, retrace Cécile Kohen, bénévole de Levat, présente lors d’un rassemblement festif organisé dans le jardin du site samedi. Et nous apprenons maintenant que, suivant une logique néolibérale, elle veut nous mettre en concurrence avec d’autres organisations pour confier la gestion de ce site. Ce n’est pas acceptable. »

    Impasse juridique ?

    De son côté, la Ville de Marseille, qui reconnaît avoir régulièrement échangé avec Levat, assure avoir fait expertiser la demande d’occupation de l’association de gré à gré, autrement dit sans mise en concurrence. Elle indique que ladite demande « n’a pas été retenue sur le plan juridique, la dominialité [caractère de ce qui appartient au domaine public, Ndlr] du jardin impliquant un AMI ». La municipalité annonce par ailleurs vouloir créer un jardin public sur le site du Levat, qui jouissait jusqu’alors du statut de propriété privée de la personne publique. Dans une lettre communiquée aux élus et en s’appuyant sur le Code général de la propriété des personnes publiques, l’association, qui compte dans ses rangs plusieurs juristes, défend que des dérogations pourraient s’appliquer à la mise en concurrence.

    « Nous avons une légitimité, en tant qu’habitants et acteurs associatifs locaux qui avons la connaissance et l’expérience du lieu, et qui avons travaillé à l’élaboration d’un projet adapté aux usagers, à hériter de cette gestion », clame Pamela Pantoja, militante de Levat.

  • [Entretien] « À l’échelle des Alpes, nous ignorons les effectifs de lièvres variables »

    [Entretien] « À l’échelle des Alpes, nous ignorons les effectifs de lièvres variables »

    La Marseillaise : Y a-t-il beaucoup de lièvres variables dans les Alpes françaises ?

    Jérôme Letty : Nous n’avons pas une vision claire des effectifs à l’échelle des Alpes, ni de données permettant de dire s’il y a une baisse. Nous avons une idée à des échelles plus petites, sur certains massifs ou dans certaines vallées. Mais les données manquent à d’autres endroits, notamment dans les massifs plus à l’écart. Or, c’est probablement dans ces massifs où les sommets sont moins hauts qu’il est le plus exposé à l’évolution de l’environnement. Pour la gestion de l’espèce, ces données seraient précieuses et intéresseraient nos partenaires – parcs naturels nationaux, régionaux et fédérations de chasse.

    Y a-t-il d’autres espèces exposées aux « sky islands », c’est-à-dire qui voient leur aire de répartition se restreindre à des zones isolées en altitude avec le réchauffement climatique ?

    J.L. : Oui, le lagopède alpin est encore plus contraint car il est spécifiquement adapté à la vie en milieu arctique. Le lièvre variable peut vivre à des altitudes où il y a encore de la forêt, mais pas le lagopède. Il vit au-dessus, entre 1 800 et 3 000 mètres, dans les pelouses rases, les éboulis et les combes à neige. Par contre, il vole, ce qui peut être un avantage pour passer d’un massif à l’autre. Mais cela fonctionne jusqu’à un certain point…

    Lequel ?

    J.L. : C’est toute la question que nous voudrions explorer. Il ne peut pas voler sur de très longues distances, donc il n’arrive pas à traverser les vallées trop larges, au-delà de quelques kilomètres.