Category: environnement

  • La nappe phréatique de La Crau atteint des niveaux records

    La nappe phréatique de La Crau atteint des niveaux records

    En Crau, la nappe phréatique n’a rien de classique. Son alimentation est majoritairement d’origine artificielle : c’est l’irrigation traditionnelle des prairies de foin de Crau qui assure 70% de la recharge. La pluie complète cet apport principal. Ses fluctuations sont donc à rebours de celles des autres nappes méditerranéennes : les hautes eaux s’étendent sur la saison estivale, les agriculteurs submergeant les prés de mars à septembre, et les basses eaux marquent l’hiver. Mais, cette année, la météo exceptionnelle change la donne.

    Début mai, l’état quantitatif de la nappe est très satisfaisant, de nouvelles précipitations étant venues en mars s’ajouter aux pluies importantes de l’hiver. Les niveaux se situent partout au-dessus de la moyenne avec des records relevés dans le sillon d’Arles. « Ce qui est exceptionnel, c’est de passer d’une année extrêmement basse à une année haute à très haute, souligne Charlotte Alcazar, directrice générale du Symcrau, le syndicat qui assure la gestion de la nappe. Ces derniers mois, la pluie a été telle que le niveau a monté en hiver, alors que c’est habituellement une période où il descend. »

    Réduire la dépendance

    à la Durance

    Désormais, les irrigants doivent prendre le relais. « On a eu des tours d’eau qui ont été sautés au début du printemps, mais la nappe, qui devait être dans des niveaux de basses eaux, est plus haute, donc quelque part, ça se compense largement, poursuit Charlotte Alcazar. Après, en Crau, il faut toujours avoir un œil en Durance et pour le coup, elle a un enneigement plutôt moyen voire déficitaire. Donc ce n’est quand même pas une saison d’irrigation assurée à 100%, même si on n’est pas dans une crainte majeure. »

    La nappe vit sous perfusion de la Durance depuis quatre siècles. Une réflexion est donc engagée pour réduire cette dépendance. « C’est un objectif de long terme qui est nécessaire dans un contexte de changement climatique, il faut travailler au long cours pour avoir une meilleure efficience du transfert d’eau avec des canaux mieux entretenus, régulés, avec de meilleurs rendements, détaille Charlotte Alcazar. Et puis, c’est aussi adopter une politique de sobriété sur nos usages en Crau. »

    La directrice du Symcrau note : « Le schéma départemental d’hydraulique agricole montre qu’à l’échelle des Bouches-du-Rhône, l’effort à consentir sur les travaux représenterait dix fois l’investissement que la puissance publique et les canaux mettent en œuvre, à l’heure actuelle. Dans un contexte de tension budgétaire des collectivités au sens large, même s’il y a une mobilisation politique, les choses devront être échelonnées dans le temps, parce que ce sont des investissements colossaux. »

  • Une première réserve naturelle en Vaucluse

    Une première réserve naturelle en Vaucluse

    D’une superficie de 235 hectares, la Réserve naturelle régionale Ermitage-Escampeaux comprend 16 falaises recensées ainsi qu’un ensemble de milieux à très forte valeur écologique. Située à Villes-sur-Auzon, dans le Vaucluse, elle devient la première réserve naturelle régionale du département et marque une étape majeure pour la préservation des milieux naturels remarquables du piémont sud du Ventoux. Elle vient renforcer la protection d’un patrimoine naturel d’exception.

    Installée entre le mont Ventoux et les gorges de la Nesque, en plein cœur du Parc naturel régional du Mont-Ventoux, la Réserve s’appuie sur un ancrage foncier majoritairement communal : 98% du périmètre appartient à la commune, soit 51 parcelles. Seul 1% du foncier relève du Département, représentant 4 parcelles. Le pourcentage restant est constitué de propriétés privées, soit 12 parcelles réparties entre dix propriétaires.

    Des objectifs multiples pour la Réserve

    Le dispositif de protection, porté par la commune de Villes-sur-Auzon et par le Parc naturel régional – qui a joué un rôle déterminant dans l’émergence du projet, en cohérence avec sa charte visant à contribuer à la mise en œuvre de la Stratégie nationale de création d’aires protégées (Scap) – présente des objectifs variés pour la Réserve naturelle régionale Ermitage-Escampeaux.

    Il s’agit d’abord de préserver les espèces et leurs habitats, d’en assurer la fonctionnalité ainsi que leur capacité d’adaptation, notamment en conservant la mosaïque de milieux ouverts et rupestres. La Réserve ambitionne également de trouver un équilibre entre la protection du patrimoine naturel et le maintien des activités humaines traditionnelles.

    Elle vise aussi à améliorer la connaissance scientifique des milieux et des espèces présentes, en particulier des habitats et espèces emblématiques telles que la nivéole de Fabre, une plante herbacée que l’on retrouve dans le Parc naturel régional du Mont-Ventoux.

    Enfin, la Réserve participera à la valorisation du patrimoine naturel et à la sensibilisation du public en associant citoyens, usagers et propriétaires à la compréhension et à la mise en valeur du site, dans une démarche à la fois pédagogique et collective.

    Tout au long de l’année, le Parc naturel régional du Mont-Ventoux, fort de son expertise en matière de biodiversité et de gestion des espaces remarquables, s’attachera à élaborer un plan de gestion de la Réserve. Celui-ci précisera les moyens, les priorités et les actions à mettre en œuvre afin d’atteindre les objectifs fixés.

  • De nombreux nids inquiètent dans les Alpes

    De nombreux nids inquiètent dans les Alpes

    « Rien que chez moi, aux Mées, j’ai recensé 17 nids actifs », alerte Alexandre Voutat, gérant de l’entreprise Alpes Guêpes Frelons, qui s’occupe notamment de détruire les nids de frelons asiatiques dans les Alpes-de-Haute-Provence et les Hautes-Alpes. Ces insectes « commencent à se répandre dangereusement » dans les Alpes du Sud, constate-t-il. Son entreprise intervient par exemple pour détruire des nids à Annot, à Savines-le-Lac (Hautes-Alpes), à Sisteron ou encore à Malijai. « Ici, les gens ne sont pas très sensibles parce qu’il n’y a pas eu de gros problèmes, d’accidents, comme dans d’autres régions. C’est dommage », explique-t-il.

    « Je viens, je traite le nid, et je repasse 24, 48 ou 72 heures après pour enlever la coque. Après, c’est détruit dans un centre de déchets », détaille Alexandre Voutat. « Les frelons peuvent se nicher de partout : dans des niches de chien, dans des barbecues qui ne sont pas utilisés, dans des toitures… », explique-t-il. « Pour le moment, je pense que ce n’est pas pris au sérieux comme ça devrait l’être. C’est vraiment un fléau. Il y a un danger. Je vois des frelons partout, cachés dans le sol, dans des endroits très surprenants. J’ai traité des nids de 60 cm de diamètre à hauteur des genoux », alerte-t-il. À l’automne, il avait recensé « une quinzaine de nids visibles », sur l’autoroute entre les Mées et Aix-en-Provence.

    Le Vaucluse en vigilance

    Les pièges à frelons sont en train d’être retirés dans les communes vauclusiennes. Les reines des colonies pondent actuellement et ces dispositifs risquent désormais de piéger d’autres insectes, attirés par le sucre utilisé dans les installations. Pour l’heure, contrairement aux départements du Var, des Bouches-du-Rhône et des Alpes-Maritimes, aucun frelon oriental, reconnaissable à sa couleur rouge brun, n’a été détecté en Vaucluse, d’après le syndicat local des apiculteurs. La vigilance reste de mise.

    Mack Salman

  • [Entretien] Jean-Sébastien Gros, président du GDSA 83 : « Le Plan Frelon, ce n’est que de la communication »

    [Entretien] Jean-Sébastien Gros, président du GDSA 83 : « Le Plan Frelon, ce n’est que de la communication »

    La Marseillaise : En quoi le frelon asiatique nuit-il à votre activité ?

    Jean-Sébastien Gros : Je veux d’abord dire que c’est un problème général, pas celui des apiculteurs. C’est comme le Covid : au départ, on nous disait de ne pas nous inquiéter, qu’il allait se réguler seul. Aujourd’hui, ce frelon décime la moitié des insectes du pays. Les apiculteurs sont les seuls à avoir porté l’alerte, alors qu’il se nourrit à 30% d’abeilles domestiques contre 70% de faune sauvage. Un seul individu peut manger 13 kg d’insectes en un an. Il y a des zones où ne peut plus travailler. J’ai installé des ruches dans l’Ain et l’Isère car, dans le sud, ça devient compliqué, mais le problème arrive aussi là-bas. On est capable de reconstituer nos cheptels, on multiplie les ruches. Mais on va en avoir 600 ou 700 pour produire la quantité de miel qu’on faisait avec 400. Pour nous, c’est comme le loup. Sauf que les éleveurs ont des aides, nous non.

    Observez-vous une recrudescence ?

    J.-S.G. : On parle de progression de sa zone géographique d’implantation. Je n’en ai pas plus que les autres années, mais c’est devenu invivable. On a eu un hiver très doux, donc la pression arrive plus tôt. Il y a cinq ans, on n’en avait que sur la côte. J’ai des ruchers à Canjuers, à 1 200m d’altitude, où il est désormais en permanence. Il est également très bien implanté à Gap et Sisteron. Ça commence dans l’Isère et l’Ain. Petit à petit, il va coloniser toute la France. Il est capable de monter à 2 500m d’altitude dans sa région d’origine.

    Les abeilles sont-elles capables
    de se défendre par elles-mêmes
     ?

    J.-S.G. : S’il y a un seul frelon, ça ne fait pas trop de dégâts. Elles peuvent le tuer, mais c’est anecdotique, et dès qu’il y en a plusieurs, ce n’est plus possible. Le problème, ce n’est pas que le frelon mange des abeilles, c’est qu’il empêche les abeilles de rentrer et sortir de la ruche. Ça les confine, elles ne peuvent plus aller chercher à manger, la reine arrête de pondre et la ruche s’effondre.

    Comment luttez-vous ?

    J.-S.G. : Le seul moyen efficace et légal, c’est de déplacer sa ruche ailleurs. Les moyens techniques ne donnent rien de flagrant. Le piégeage ne marche pas. La destruction de nids si, la pression baisse pendant un temps, mais d’autres frelons reprennent le territoire. Les harpes électriques, qu’on teste depuis deux ans, fonctionnent s’il y en a beaucoup. Mais on n’a aucune info sur le déplacement du frelon et on ne sait pas s’il ne va pas revenir quand les harpes ne seront plus là. Le frelon est très malin et s’adapte vite au problème.

    Êtes-vous en relation avec les pouvoirs publics à ce sujet ?

    J.-S.G. : Oui, mais le Plan Frelon [lancé par le ministère de la Transition écologique début 2026, Ndlr.], sur lequel on a travaillé depuis trois ou quatre ans, n’est doté d’aucun moyen. C’est de la com’ [sic]. On plaide pour un fonds de recherche, afin de trouver des solutions. Le problème, c’est que chacun bosse dans son coin. Par exemple, l’Inra [Institut national de la recherche agronomique], qui travaille sur de la détection de nids par drone, refuse d’échanger avec des sociétés liées à la défense avec qui on est en contact et qui ont des solutions plus performantes. Ce qui importe, c’est leur brevet. On a besoin de concertation et de moyens. On fait 25 fois les mêmes choses et rien n’avance.

  • Une riposte à consolider face au frelon asiatique

    Une riposte à consolider face au frelon asiatique

    Du jardin de Léandre et Annie Perini à la colline, il n’y a qu’un pas. Le couple de retraités vit dans une maison nichée dans les hauteurs de Velaux, non-loin d’Aix-en-Provence, en bordure d’un quartier résidentiel. Derrière leur piscine, le terrain de jeu des abeilles est immense : les bosquets d’herbes sèches s’étendent à perte de vue.

    Amoureuse des butineuses, Annie Perini a sauté sur l’occasion quand elle a appris qu’elle pouvait obtenir gratuitement auprès de sa mairie un piège sélectif contre les frelons asiatiques (ou frelons à pattes jaunes). « C’est d’abord mon apiculteur qui m’a sensibilisée, puis j’ai regardé un reportage et ça a été une découverte horrifiante : ils mangent les abeilles vivantes, ce qui peut entraîner la destruction totale des ruches, témoigne-t-elle. Ces bêtes sont des aliens pour moi. »

    Ces insectes invasifs sont en effet un véritable fléau. Une seule reine peut, en une année, produire environ 13 000 ouvrières et 500 futures reines. « Elles se servent de l’abdomen des abeilles comme source de protéines pour leurs larves », explique Thierry Desbiolles, agent de la Ville de Velaux en charge des solutions fondées sur la nature.

    Au-delà de la pression sur l’apiculture, ce prédateur des pollinisateurs sauvages représente une menace pour la préservation de la biodiversité, mais aussi pour la santé des habitants.

    Le Département s’est donc saisi de la question et a lancé un grand plan de lutte contre le frelon asiatique et oriental, en partenariat avec Fredon Paca et le Groupement de défense sanitaire apicole des Bouches-du-Rhône (GDSA 13), en 2025. Depuis, 69 villes de moins de 200 000 habitants, ainsi qu’un groupement de 13 communes (Terre de Provence Agglomération) ont signé la charte pour se mobiliser à leur tour et bénéficier de pièges sélectifs financés à 70%. Parmi elles, Velaux. « J’en ai d’abord commandé 30, et devant l’engouement, je viens d’en prendre 20 de plus », annonce Thierry Desbiolles.

    Du vin pour éloigner

    les abeilles

    Impliquée dans la vie locale, membre de son conseil de quartier, Annie Perini participe au succès de ce dispositif. Elle et son mari ont installé le leur en février dernier et ont déjà capturé 54 frelons asiatiques. À l’échelle de la commune, ce sont 725 spécimens qui ont été attrapés en l’espace de trois mois. « Entre le 20 et le 30 avril, les chiffres ont bondi de 200 », précise l’agent territorial en charge de la question.

    Le système est simple : il suffit de mettre un cocktail composé de bière, de sirop et de vin dans le réceptacle central pour attirer les nuisibles qui, une fois engouffrés, tentent de ressortir du côté de la lumière, dans les compartiments adjacents. Là, des trous laissent passer tous les insectes, à l’exception des frelons. Léandre assure : « On n’a pas les petites bestioles qu’on attrapait avec les bouteilles en plastique coupées en deux. Le vin repousse les abeilles ! »

    Chaque piège a son propre QR code. « Les habitants qui participent à l’initiative sont invités à noter chaque spécimen sur une plateforme nationale publique pour suivre l’évolution du phénomène, souligne Thierry Desbiolles. Le but n’est pas d’éradiquer le frelon, mais de baisser l’intensité de sa présence sur la commune. »

    À l’échelle du département, « les résultats sont probants », se félicite Didier Réault, vice-président délégué aux solutions fondées sur la nature et aux risques majeurs. « Les Bouches-du-Rhône sont aujourd’hui le territoire le plus actif, au plan national, en termes de piégeage. » En 2025, ce dispositif a permis la capture de 15 000 frelons sur les près de 36 000 à l’échelle de la France.

    Pour encourager les particuliers à intervenir sur leur terrain, le Département accorde également une aide de 50% plafonnée à 100 euros par intervention de neutralisation de nid de frelons. « On a des entreprises partenaires recensées pour leurs bonnes pratiques », détaille Didier Réault. L’an dernier, le conseil départemental a débloqué un peu moins de 20 000 euros pour ce plan anti-frelon.

    Le frelon est-il mortel pour l’homme ?

    Le venin du frelon asiatique (Vespa velutina) n’est pas davantage toxique que celui du frelon européen ou d’une abeille. Les piqûres mortelles sont donc très rares, sauf lorsqu’elles sont multiples, à proximité d’une muqueuse, ou qu’elles concernent une personne allergique aux hyménoptères.

    Selon les données publiées par Santé publique France, quatre décès ont été recensés, entre 2009 et 2013, tous liés à un choc anaphylactique.

  • Les calanques marseillaises lentement dépolluées

    Les calanques marseillaises lentement dépolluées

    Titanesque, le chantier de dépollution des calanques, entre le Mont Rose et Callelongue, a connu sa première phase, du 1er septembre au 31 mars dernier. Pour mémoire, l’État avait été contraint par une décision de justice, en décembre 2024, de le mener à bien d’ici juin 2038, suite au recours de trois associations, celle de Santé littoral sud (ASLS), Union calanques littoral et la Fédération d’action régionale pour l’environnement Sud. Avant que ne démarre la seconde phase, les principaux acteurs de l’opération ont tiré un premier bilan sur les sites de l’Escalette et de Samena, ce mercredi 6 mai.

    Le but : traiter les rejets industriels déposés par l’industrie au fil des XIXe et XXe siècles. Des scories contenant des taux élevés de cadmium, de mercure, d’arsenic ou de plomb, comme le relevait en 2005 une étude de l’Institut de veille sanitaire. « Sept dépôts sur vingt devaient être traités, trois n’ont pas été terminés », indique Louise Walther, directrice de l’environnement à la préfecture. En cause : la mauvaise météo, des contraintes réglementaires avec la nécessité d’employer des corps de métiers très spécialisés pour des finitions « léchées » en plein site classé, explique-t-elle. Se sont ajoutés d’autres paramètres : respecter des espèces protégées, prendre en compte les habitants et la fréquentation touristique. Bref, « un chantier très atypique dans un site très contraint », résume-t-elle.

    Des surprises au menu

    Les maîtres d’ouvrage ont également eu quelques surprises, notamment sur les tonnages, « 44% de plus » que prévu, précise Louise Walther. Soit 3 500 tonnes au lieu des 2 500 prévues initialement.

    Concrètement, à Samena, des restanques ont été créées, « il a fallu creuser le calcaire », explique Mélody Gros, cheffe de projet sites pollués à l’Ademe. Seuls deux des trois dépôts ont été traités. L’année prochaine, il faudra « retirer la membrane qui ne supporte pas les UV » pour faire du définitif avec l’habillage paysager, ajoute-t-elle.

    Le port de l’Escalette n’est pas achevé non plus. Reste, là encore, la végétalisation, des parements de pierre à réaliser, mais les scories sont confinées, assure Melody Gros. À la calanque des Trous, un mur et un enrochement ont vu le jour, mais « on s’est arrêté là, car l’insertion paysagère demande de prendre beaucoup de temps », complète-t-elle.

    Financièrement, ces couacs n’ont rien ajouté aux 14,9 millions d’euros de budget. « On avait prévu des marges », assure la responsable de l’Ademe.

    Pour la seconde phase, prévue du 1er septembre au 31 mars, il reste à traiter seize dépôts. Soit 6 000 tonnes de scories à enlever sur neuf zones géographiques distinctes. Le gros morceau sera le belvédère de Callelongue, qui « va demander du temps, 7 mois de travaux à lui seul », prévient Mélody Gros, avec à la clé, pour les riverains, de « grosses perturbations de circulation et de stationnement ».

    Un mal pour un bien. « On s’est bagarrés pendant plusieurs années pour ces travaux, on ne va pas se priver du plaisir de voir que ça se fait », commente Rolland Dadena, président d’ASLS, qui souligne aussi « le dialogue » instauré avec la mise en place d’un comité de suivi en 2024. Mais, pour lui, il faudrait aller plus loin en dépolluant aussi le site de Legré-Mante.

    En termes de santé, s’il n’y a « pas eu d’alerte particulière », les services de l’État restent vigilants. Il y a deux voies d’exposition rappelle Cécile Morciano, responsable du service santé environnement à la délégation des Bouches-du-Rhône de l’ARS : « L’ingestion de la terre et de sable contaminés par les enfants et la consommation d’oursins et de moules. » Après un historique mené sur 10 ans, « aucun signal sanitaire sur ce secteur ne nous a été remonté », insiste-t-elle. Si le confinement des scories supprime le risque, la qualité de l’air restera sous surveillance durant le chantier et 7 mois après. Mais la pêche aux moules n’est pas pour demain, « les sédiments côtiers restent », reconnaît Cécile Morciano.

  • Un catamaran écologique en escale au Vieux-Port

    Un catamaran écologique en escale au Vieux-Port

    Ce mardi 5 mai était le premier jour d’une longue escale pour la fondation Race For Water. Depuis 2015, le groupe réalise des expéditions avec notamment deux odyssées à son actif, dans le but de sensibiliser à l’importance des océans avec des bateaux uniques et révolutionnaires, qui dégagent zéro émission de CO2 et aucun bruit. Le projet Posidonia Connect se déroulera du 5 au 28 mai avec une escale à Naples en Italie, le catamaran MODX70, terminera son voyage à Toulon. Une expédition et des missions réalisées augmentées d’études scientifiques sur l’impact du changement climatique dans les océans et une promotion des solutions technologiques pour contribuer à la décarbonation du monde maritime. « Autour de cette course de voile, on voulait sensibiliser à l’importance des océans tout en harmonisant les méthodes d’étude scientifique », explique Camille Rollin, coordinatrice de l’odyssée.

    S’imposer pour 2030

    La fondation rêve grand et espère s’imposer dans les années 2026-2030. La première innovation se trouve dans le bateau, le navire utilise 100% d’énergies renouvelables, 126 tonnes d’émissions de CO2 évitées par an, soit l’équivalent de 60 voitures parcourant 15 000 km. « On a cette ambition pour les années à venir d’avoir cette vision à l’échelle du bassin méditerranéen de l’état de l’écosystème de l’air », déclare Patrick Astruch, ingénieur de recherche. Dans la continuité d’une édition 2025 réussie avec plus de 13 sites explorés. La fondation vise aujourd’hui l’Italie : « L’enjeu de la campagne va être de rejoindre deux secteurs d’intérêt, notamment dans le nord de la Sardaigne, en collaboration avec des équipes de recherche sur place », complète le docteur qui espère sensibiliser aux enjeux de la posidonie. Ce navire « nous a épatés à la Ville de Marseille, commente Hervé Menchon, adjoint à l’écologie, il nous était impossible de ne pas soutenir ce projet ».

  • Des drones pour contrôler la végétation

    Des drones pour contrôler la végétation

    Des drones pour contrôler la végétation à proximité des lignes électriques est une pratique qui se démocratise. « Ces appareils sont aujourd’hui utilisés pour la moitié des contrôles, le reste étant réalisé par hélicoptère », explique l’entreprise Enedis.

    Moins coûteux, plus respectueux des écosystèmes, mais plus longs, les survols organisés à La Ciotat se déroulent sur près de trois semaines. Ces contrôles sont généralement effectués au printemps, pour définir les zones à élaguer. Sur son site internet, la municipalité invite les habitants à ne pas se positionner sous les appareils. Elle précise que les pilotes des drones sont identifiables et disposés à « répondre à d’éventuelles questions » sur cette opération. Enedis assure ne pas disposer de droits de diffusion sur les images, notamment d’éventuels passants.

    Mona Lobert

  • Trois mois de travaux pour réhabiliter l’anse de Méjean

    Trois mois de travaux pour réhabiliter l’anse de Méjean

    L’anse de Méjean devrait être à nouveau accessible au public le 15 juillet. C’est ce qu’annoncent la Ville de Toulon et la Métropole Toulon Provence Méditerranée (TPM), qui chapotent ensemble l’opération de sécurisation de la zone, débutée le 27 avril.

    Fermé depuis le 18 février par arrêté municipal, le site a depuis cet automne fait face à plusieurs épisodes météorologiques intenses rendant dangereuse sa fréquentation. Les cumuls de précipitations, inédits depuis 10 ans, couplés aux passages des tempêtes Nils et Pedro, ont saturé les sols, les gorgeant d’eau, et ont fragilisé les falaises de bord de mer. L’anse de Méjean a été particulièrement touchée par ces assauts climatiques, qui ont entraîné sur place des glissements de terrains avec des dégradations importantes sur son à-pic – versant de la falaise – et au niveau de l’extrémité du quai de l’abri côtier. Menés dans le cadre d’une « procédure d’urgence impérieuse » afin de protéger les usagers, les travaux doivent permettre de purger et évacuer les matériaux, de retirer les ouvrages endommagés et de mettre en place des dispositifs permettant de renforcer et de soutenir la falaise. Le montant du chantier s’élève à 715 000 euros. Si, sauf intempéries majeures, le public devrait pouvoir accéder à la majorité de l’anse le 15 juillet, le secteur le plus touché, situé à proximité du petit port, devrait demeurer clôt encore un temps. En cause, d’après le site de la Ville : la nécessité de mener « des études complémentaires spécifiques » afin de « mettre en œuvre des solutions techniques adaptées permettant une sécurisation durable ». Une langue de sable longeant la mer permettra cependant au public de traverser la zone en travaux. Au total, ce sont près de 1 500m ³ de roche et de terre qui se sont décrochées de la falaise lors des différentes intempéries. La Ville invite les usages à « respecter la signalisation et les restrictions en vigueur » afin de « préserver ce lieu emblématique du littoral toulonnais ».

  • Les traqueurs de fuites de gaz plaident pour leur résorption

    Les traqueurs de fuites de gaz plaident pour leur résorption

    Tout semble normal dans la zone de Lavéra, vendredi 24 avril dernier. À côté de la station d’épuration d’Ineos, une voiture s’arrête devant une plus petite installation du transporteur de gaz NaTran. Trois personnes en sortent, dont l’une caméra au poing. Mais ce n’est pas de tourisme industriel dont il s’agit au regard des images produites. Braquée sur les tuyaux de gaz, cette caméra infrarouge révèle une sorte de panache de fumée invisible à l’œil nu, s’échappant d’un caisson rouillé.

    « Cette boîte rouillée est un indicateur de fuite de méthane » montre Théophile Humann-Guilleminot, de l’ONG Clean air task force, ou force opérationnelle pour l’air pur. Autant scientifique que politique, le militant affiche un objectif clair : « Montrer le côté systémique des fuites » sur le réseau de distribution, à la fois pour le signaler aux entreprises, mais aussi pour inciter à légiférer. Cette fuite, selon le militant, « n’est pas impressionnante. Mais sur 20 sites visités dans le cadre de la campagne, on a trouvé des fuites sur 14 d’entre eux. C’est un échec technique de la part de l’exploitant, mais ce n’est pas un scandale, c’est systémique, et il faut souligner que NaTran fait des efforts » nuance-t-il.

    « Réparer est rentable »

    La campagne de détection fut menée avec l’ONG Les amis de la Terre du 20 au 30 avril entre la Nouvelle-Aquitaine et les Bouches-du-Rhône, en passant par l’Occitanie. Anna-Lena Rebaud, chargée de campagne gaz fossile et transition juste pour Les amis de la Terre, explique que « ces fuites ont un impact puissant sur la hausse des températures, à court terme : le méthane est 80 fois plus réchauffant que le CO2 sur 20 ans ».

    Régler le problème serait pourtant vertueux. « Réparer les fuites est rentable : 70% d’entre elles auraient un coût négatif » selon la militante. L’agence internationale de l’énergie affirme que « presque toutes les mesures de réduction des émissions de méthane du secteur de l’énergie seraient rentables à mettre en œuvre ». C’est aussi une question de gaspillage. « Si l’on avait des mesures prescriptives des fuites et des mises à l’évent [ou torchage, Ndlr] à l’échelle mondiale, la moitié de la consommation européenne de gaz, soit 200 milliards de mètres cubes, serait économisée » insiste Théophile Humann-Guilleminot. La logique est connue : « Produire vite sans résoudre les fuites permet un plus rapide retour sur investissement », complète-t-il. La commission européenne a entériné l’obligation de rapporter ces émissions aux autorités administratives depuis 2025, notamment pour compenser la sous-estimation chronique du problème. « Le régime de sanctions est en attente de vote depuis août 2025 » depuis le droit européen, rapporte Anna-Lena Rebaud. Un sujet éminemment politique dans ce territoire, à l’heure des inquiétudes pour l’emploi et la décarbonation.