Category: environnement

  • Un musée pour sensibiliser à la biodiversité du Frioul

    Un musée pour sensibiliser à la biodiversité du Frioul

    À l’intérieur, la sobriété domine, laissant la mer et l’île aride comme seuls éléments de décor. L’architecte Thierry Gueza a voulu y recréer l’atmosphère d’un cabanon marseillais. Le long de son balcon, des panneaux d’illustrations expliquent la faune et la flore maritime et terrestre de l’archipel. Les promeneurs des environs sont les bienvenus et même invités à visiter la Villa Marine, dédiée à la découverte et au respect de ce patrimoine protégé.

    Préserver l’archipel,

    un engagement collectif

    Les divers acteurs à l’initiative de ce projet étaient présents, pour l’inauguration, ce jeudi, fiers de cette convergence de savoirs scientifiques et de cette collaboration entre acteurs publics, associatifs et citoyens. « Ce qui est beau, c’est qu’on arrive à se retrouver hors des étiquettes politiques et construire des ponts entre nous pour protéger la mer », estime Christophe Madrolle (UDE), conseiller régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur et président de la commission biodiversité, mer et littoral, parcs naturels régionaux, risques.

    L’objectif affiché est de préserver une « biodiversité exceptionnelle, qui lui a valu le bénéfice d’être incluse dans le périmètre du Parc national des Calanques en 2012 », rappelle Didier Réault, président du Parc des Calanques, par ailleurs vice-président du conseil départemental des Bouches-du-Rhône. Un titre qui a notamment gelé tout nouveau projet immobilier sur les îles. « Le Département que je représente, celui présidé par Martine Vassal, a à cœur d’être présent sur l’ensemble de ces espaces naturels et d’y adopter une bonne gestion », ajoute-t-il.

    L’archipel du Frioul accueille chaque année entre 400 000 et 500 000 visiteurs, tout en demeurant un quartier résidentiel de Marseille. Dans ce contexte, la gestion des eaux usées, de l’énergie et des usages humains constitue un enjeu primordial. La Ville de Marseille s’engage et agit aussi par la restauration des milieux naturels, la régulation des usages et le développement de mouillages écologiques. Pour Hervé Menchon, adjoint au maire en charge de l’environnement et de la biodiversité, cette inauguration marque un moment particulier : « En ces temps compliqués de mise à mal des engagements environnementaux et de défiances croissantes partout dans le monde face aux vérités scientifiques, il es t précieux de pouvoir ouvrir au grand public un nouveau lieu d’éducation à l’environnement », exprime-t-il.

    Un besoin de préservation qui se transmet puisque ce site s’inscrit dans la volonté affirmée par le maire (DVG) Benoît Payan, à l’occasion des Jeux olympiques d’été de 2024, d’offrir à tous les élèves de CM1 et CM2 une expérience au contact de la mer, avant leur entrée au collège. Les travaux de la Villa Marine auront nécessité l’intervention de 13 corps d’état et auront coûté 1,7 million d’euros aux partenaires financiers.

  • Cinq tonnes de déchets récoltés sur le site de Corbière

    Cinq tonnes de déchets récoltés sur le site de Corbière

    Sur la plage de Corbière, ce mercredi matin, des dizaines de petites mains s’activent entre les rochers. « J’ai trouvé une bouteille ! » « Moi, j’ai un mégot ! ». Une centaine d’enfants venus de centres aérés voisins, mais aussi des particuliers, se sont réunis dès 9h30 pour un grand nettoyage de la côte. Munis de gants, sacs en plastique et pinces, ils sont tous vêtus de t-shirts floqués « le Grand bleu », l’association organisatrice de l’événement.

    Brahim Timricht est son fondateur. Depuis 22 ans, grâce à cette manifestation, il sensibilise les plus jeunes à la protection de l’environnement. « C’est une goutte dans le sable, mais des milliers de gouttes font des rivières. Sensibiliser les tout-petits, dès 3 ans, c’est créer des réflexes pour plus tard. » Brahim Timricht, qui a été nommé cette année Chevalier de l’ordre du mérite, est un homme engagé socialement. Notamment au travers d’activités nautiques et de l’apprentissage de la nage, qu’il organise toute l’année. « On transmet aux jeunes marseillais le goût et le respect de la mer. »

    Cette journée s’inscrit donc dans la continuité de son action. À la base nautique de Corbière, kayak, paddle géant, voilier et même une double pirogue polynésienne, « la première de Marseille », sont mis à disposition des enfants pour récupérer des déchets en mer et pour beaucoup, découvrir ces sports nautiques souvent inaccessibles.

    La valeur du collectif

    La joie se lit sur le visage des enfants, qui sont 400 à participer aux activités de l’après-midi. Un moment de jeu et de découverte autour de l’écologie qui demande de la cohésion d’équipe et qui valorise les enfants. « Je suis fière, on a rendu notre plage plus propre », explique Mélissa, 8 ans, qui vit à l’Estaque.

    Les soutiens institutionnels et privés, notamment Suez et la Seramm, étaient présents pour assister à l’événement. Isabelle Epaillard, préfète déléguée à l’égalité des chances, espère que le projet s’élargisse au-delà de Corbière. « Nous soutenons désormais le développement des activités du Grand bleu à l’ancien village olympique. » Durant la journée, environ 5 tonnes de déchets ont été récoltées par les enfants.

  • La Camargue lève les yeux vers l’Unesco

    La Camargue lève les yeux vers l’Unesco

    La Camargue ne veut plus seulement être regardée comme une carte postale. Marais, taureaux, chevaux, flamants roses, salins, rizières, roselières : derrière les images connues, c’est tout un territoire vivant, fragile et menacé qui cherche aujourd’hui une reconnaissance internationale. Portée par l’association « La Camargue à l’Unesco », créée fin 2023, la candidature du delta du Rhône au patrimoine mondial naturel se structure pas à pas. Avec une conviction martelée par ses promoteurs : il ne s’agit pas de mettre la Camargue « sous cloche », mais de mieux organiser sa protection.

    Réunis en avril à Vauvert, au siège du Syndicat mixte de la Camargue gardoise, les membres de l’association ont présenté l’avancée du dossier devant élus, associations et habitants. À leur tête, Stanislas Blohorn, président, et Véronique Jullian, vice-présidente, portent une ambition de long terme. « On avance », résume cette dernière. Une première étape a déjà été franchie avec un courrier adressé au ministère de la Transition écologique pour formaliser la démarche. Le territoire figure d’ailleurs depuis 2002 sur la liste indicative française de l’Unesco, passage obligé avant toute candidature officielle.

    Un delta, cinq arguments

    Pour convaincre, l’association a défini cinq grands axes. Le premier tient au delta du Rhône lui-même, l’un des plus vastes d’Europe, né d’un fleuve prenant sa source dans les Alpes suisses avant de rejoindre la Méditerranée. Un espace façonné par l’eau, les sédiments, les crues et les vents. Un « laboratoire à ciel ouvert » face au changement climatique.

    Le deuxième axe met en avant les processus naturels rares : lagunes, cordons littoraux, dynamique sédimentaire, interaction permanente entre le fleuve et la mer. Le troisième insiste sur la biodiversité exceptionnelle du territoire, tandis que le quatrième valorise son rôle de carrefour migratoire majeur. Quelque 350 espèces d’oiseaux y trouvent refuge ou passage, entre Afrique et Europe du Nord. Enfin, le dernier pilier du dossier concerne la relation ancienne entre l’homme et la nature : riziculture, salins, élevage de taureaux et de chevaux, récolte de la sagne. Ici, les activités humaines font partie du paysage.

    C’est un point sur lequel les porteurs du projet insistent. Une inscription à l’Unesco ne signifierait pas l’arrêt de la vie locale. « L’Unesco n’interdit pas, elle organise », rappellent-ils. L’enjeu est au contraire de concilier protection de la nature, agriculture, tourisme et activités économiques. Dans une Camargue déjà confrontée à la salinisation des eaux, à l’érosion du littoral, à la pression touristique, aux projets industriels ou d’infrastructures, la reconnaissance mondiale pourrait permettre de mieux coordonner les réponses.

    Une gouvernance

    à inventer

    Car le territoire souffre aussi d’un morcellement institutionnel. Grande et Petite Camargue, Gard, Bouches-du-Rhône, Occitanie, Paca, communes, syndicats mixtes, parcs, propriétaires privés, acteurs économiques : chacun gère une partie du puzzle. Pour l’association, la candidature doit permettre de dépasser ce millefeuille. Elle se présente comme un facilitateur et plaide pour une gouvernance partagée, autour d’un organe juridique nouveau et d’un plan de gestion sur dix ans. « On doit montrer qu’on est capable de fédérer tous les acteurs », insiste Véronique Jullian.

    Le chemin reste long. L’État devra actualiser l’inscription sur la liste indicative, puis décider de porter officiellement le dossier devant l’Unesco. Études, concertation, financements : plusieurs années seront nécessaires, avec un horizon de
    « 5-6 ans ». Mais pour ses défenseurs, l’enjeu dépasse le prestige. Il s’agit de faire de l’Unesco non pas une médaille, mais un outil : pour mieux protéger la Camargue, renforcer sa visibilité internationale et construire un développement durable à la hauteur de ses fragilités.

  • Faire vivre un territoire en alliant nature et culture

    Faire vivre un territoire en alliant nature et culture

    Observer, comprendre, s’adapter plutôt que de façonner. Telle est la philosophie du paysagiste et écrivain de renommée internationale, Gilles Clément. Allié au chorégraphe Christian Ubl, il a mis en œuvre une balade chorégraphiée dans le domaine de Montgolfier, un espace préservé de 12 hectares en plein cœur du 14e. Cet événement alliant culture et nature s’inscrit dans le festival « Nature et Biens communs », organisé par le théâtre du Zef.

    Ce lieu relais-nature, l’un des quatre que compte Marseille, a accueilli, ce mercredi, une quarantaine de personnes. Les étudiants du lycée Diderot et des femmes du centre social senior des Flamants se retrouvent pour se mouvoir et découvrir la faune et la flore du domaine, du cyprès chauve de Louisiane aux tulipiers de Virginie, pour arriver jusqu’au parc urbain des papillons (PUP), un site expérimental dédié à la biodiversité urbaine. La plupart, habitants compris, ne s’étaient jamais rendus en ces lieux. Francesca Poloniato, directrice du Zef, plaide pour un « regard artistique sur le vivant ». « C’est important de ressentir les choses plutôt que de performer », surenchérit Christian Ubl, convaincu que cela permet de « sensibiliser au vivant autrement, dans un autre espace et de façon plus lente ».

    Faire découvrir les « lieux fantastiques de Marseille »

    « Avec cette balade, il y a la volonté de montrer les lieux fantastiques de Marseille. Il est important de faire la promotion de ces espaces en alliant tous les acteurs territoriaux et de montrer que tout est accessible », souligne Chahidati Soilihi, adjointe à l’Agriculture urbaine, présente ce mercredi.

    La balade commence avec quelques mouvements proposés par Christian Ubl, avant d’entamer les explications de Gilles Clément, à l’ombre des arbres. « Ce lieu pourrait devenir une source vivrière », clame le paysagiste, qui défend un modèle économique et politique en vue de « rendre les habitants autonomes face aux crises ». Le lieu a pour vocation de développer une zone maraîchère sur 3 des 12 hectares du domaine, afin de cultiver des fruits et légumes à destination des habitants. Lors des arrêts, Christian Ubl lit des extraits de L’Éloge de la marche, écrit par le philosophe David Le Breton, celui qui érige la marche comme acte de résistance et comme un retour à soi. Le temps de la balade, les visiteurs oublient presque qu’ils se trouvent en ville.

    Les femmes du centre social senior des Flamants découvrent le lieu pour la première fois : « En 50 ans, je n’étais jamais venue. C’est bien pour les échanges et pour sortir de chez soi, sentir la brise », partage l’une d’entre elles.

    La 6e édition de « Nature et biens communs », pilotée par la Zef, se déroule jusqu’au 7 juin.
    Détails sur le site lezef.org.

  • Des turbinages d’eau douce très réglementés sur l’étang de Berre

    Des turbinages d’eau douce très réglementés sur l’étang de Berre

    C’est une question de survie pour l’écosystème de l’étang de Berre. La crise de malaïgue de 2018, une période d’absence d’oxygène qui avait décimé la quasi-totalité de l’écosystème de l’étang de Berre, a été le déclencheur d’une médiation pénale entre EDF et le syndicat mixte gestionnaire de l’étang, le Gipreb.

    Cette médiation a débouché sur un protocole-accord de 4 ans à partir de l’automne 2024, limitant les turbinages d’eau douce de la centrale hydroélectrique de Saint-Chamas en volume, voire interdits dans l’étang, en fonction de la salinité de l’eau et d’un calendrier étudié pour éviter de troubler la période estivale, la plus à risque.

    L’heure de l’évaluation

    À mi-chemin du protocole, les effets positifs se sont fait remarquer dès août 2025, où l’on notait une salinité uniforme, gage d’équilibre écologique. La question reste de savoir quelle sera la suite donnée à ce fonctionnement. Le tribunal administratif de Marseille, en mars dernier, enjoignait EDF et l’État à « évaluer les conséquences » du protocole sur l’état écologique de l’étang de Berre au terme de la période d’expérimentation, « soit en la prolongeant, soit en pérennisant les nouvelles modalités de rejet ».

    Une décision historique qui a d’ailleurs inscrit dans le marbre la responsabilité de l’État et d’EDF face au « préjudice écologique » de l’étang « par sa désoxygénation et la prolifération de matières organiques ». Soixante ans après la construction de la centrale.

  • Trois plages labellisées Pavillon bleu sur l’étang

    Trois plages labellisées Pavillon bleu sur l’étang

    Le Pavillon bleu se présente comme « un label international de tourisme durable » remis aux plages et ports de plaisance qui « mettent en œuvre une politique touristique respectueuse de l’environnement et de l’humain de manière permanente ». C’est un programme faisant partie du pôle tourisme durable de l’association Teragir, soumis à candidature des collectivités.

    Une candidature payante

    Les conditions requises pour l’obtention du label sont nombreuses, détaillées dans deux référentiels pour les plages et les ports. Neuf thématiques sont inspectées, avec des prescriptions parmi lesquelles « interdire les animaux sur la plage », « faire l’inventaire de la biodiversité locale », « interdire les véhicules à moteur », « agir contre la pollution des mégots », « former les référents Pavillon bleu », « proposer au moins une plage accessible aux personnes en situation de handicap », « proposer des solutions de mobilités douces » et « afficher un code environnemental de bonne conduite ».

    Le droit d’entrée à la labellisation se chiffre à 2 220 euros pour une ville de moins de 60 000 habitants comme Marignane, par exemple, plus 140 euros de frais de dossier par plage.

  • [Entretien] Raphaël Grisel : « On a renouvelé à peu près un tiers de l’eau de l’étang de Bolmon »

    [Entretien] Raphaël Grisel : « On a renouvelé à peu près un tiers de l’eau de l’étang de Bolmon »

    La Marseillaise : L’eau ne circulait plus du tout entre l’étang de Bolmon, hyper eutrophié, et l’étang de Berre avant une opération que vous avez menée en février.
    En quoi consistait-elle ?

    Raphaël Grisel : L’opération consistait à remettre en circulation l’eau de l’étang de Bolmon pour améliorer sa qualité. On avait trois bourdigues. L’une fonctionnait toujours, mais était très encombrée de blocs, de cailloux qui avaient été jetés dedans ou qui étaient tombés des rives. Les deux autres, côté Marignane, étaient complètement envasées avec des terres consolidées et des plantes au-dessus… Donc, il n’y avait plus du tout de circulation d’eau. Ça avait été identifié de longue date comme un projet qui pouvait être intéressant pour cet étang au mauvais état écologique. Dans le cadre de la feuille de route parlementaire qui date de 2021 et du comité stratégique de l’étang de Berre, il avait été décidé que le Gipreb prendrait en charge cette action, qu’on a donc conduite cette année. On a aussi nettoyé et recalibré les ouvertures entre l’étang de Bolmon et le canal du Rove, qu’on appelle des fenêtres, pour que l’eau puisse sortir.

    On a eu des résultats impressionnants sur les premiers gros coups de mistral, avec l’eau qui passe de manière vraiment très forte de l’étang de Berre vers l’étang de Bolmon. Sur les sept jours de vent qu’il y a eu début avril, on a renouvelé à peu près un tiers de l’eau de l’étang de Bolmon.

    Avez-vous de premiers résultats sur les bienfaits du retour de la courantologie pour la biodiversité de l’étang de Bolmon ?

    R.G. : Dans le cadre des travaux, il y a des sondes qui vont être installées de manière plus dense que celles qu’on a actuellement pour les suivis saisonniers. Aujourd’hui, on n’a pas toutes les données. Simplement, ce qu’on a observé, c’est une transparence de l’eau qui s’est nettement améliorée par rapport aux années précédentes. C’est la première fois que je vois une clarté qui atteint 80/90 cm. Souvent, sur Bolmon, on était sur 20 cm. Donc il est possible que cette remise en circulation joue son rôle, avec l’espoir qu’il y ait de nouveau de la biodiversité et des plantes aquatiques grâce au retour de la lumière. À titre indicatif, dans l’étang de Berre, à partir du printemps, on arrive souvent à 4 m de transparence, ce qui est déjà une nouveauté. Avant, on était plutôt sur 2,50 m. On va vers une amélioration.

    La pérennité de ces ouvertures n’était pas une certitude. Avez-vous du recul sur cet aspect ?

    R.G. : Une bourdigue est déjà en partie rebouchée à cause du vent, qui a dégradé cet ouvrage qui n’était pas encore stabilisé et consolidé. Heureusement, ça ne l’a pas détérioré sur toute sa longueur, juste sur une dizaine de mètres, parce que ces petits canaux font à peu près 200 m de long. On est en train de travailler pour le rouvrir.

    Il faudra certainement de l’entretien, on est sur des zones où ça marche quand il y a du vent, mais le vent apporte aussi du sable. Après, s’il faut les curer toutes les trois semaines, il faudra se rendre à l’évidence et se dire que ces bourdigues ne sont pas faites pour fonctionner toutes seules. Tout ceci a tout de même un coût.

    Ces travaux sur l’étang de Bolmon n’étaient qu’une première étape.

    R.G. : La remise en circulation de l’eau de mer dans le tunnel du Rove vient d’entrer en phase opérationnelle. On va bientôt sélectionner les entreprises qui vont s’occuper de concevoir le projet et de monter tout le dossier d’autorisations réglementaires.

    Actuellement, il y a un bouchon d’environ 150 m de long. L’idée serait de glisser un tube d’environ 2,50 m de diamètre pour refaire passer l’eau.

    Quand on réouvre les bourdigues, on permet la circulation de l’eau de Bolmon vers l’étang de Berre, mais on est en circuit fermé. On n’a pas d’apport d’eau nouveau, ce n’est qu’un équilibrage. Avec le tunnel du Rove, on a un apport d’eau de très bonne qualité, très oxygénée, très peu riche en nutriments, donc en azote et en phosphore, ce qui va permettre de bien diluer et de bien améliorer la qualité globale du
    système. Les travaux devraient débuter en 2029.

  • À Avignon, Faites écho évolue pour mieux accueillir le public familial

    À Avignon, Faites écho évolue pour mieux accueillir le public familial

    Depuis 2023, le Grand Avignon a mis en place, Faites écho, un rendez-vous annuel de sensibilisation autour de l’environnement. Depuis, chaque année, si le lieu reste le même (centre de loisirs de la Barthelasse), l’événement est ajusté dans sa durée ou programmation. Pour la 4e édition, qui se déroule de ce jeudi à samedi, la dernière journée évolue grandement. Là où avant, chacun était libre d’aller et venir en déambulant au gré des animations ou conférences, le Grand Avignon souhaite cette année mieux encadrer et accueillir le public. « Les gens étaient parfois un peu perdus, avec une visite peu structurée, là ils seront pris en main et guidés sur six ou trois ateliers », précise la collectivité.

    L’entrée, toujours gratuite, se fera uniquement sur inscriptions * avec présence à la journée ou demi-journée (10h-17h ou 10h-13h et 14h-17h). Destinée aux 8-25 ans et à leurs accompagnateurs, la journée, par groupes de huit, permettra de découvrir le Rhône en kayak, participer à un escape game sur la biodiversité, explorer l’île de la Barthelasse à vélo, grimper dans les arbres, rencontrer des spécialistes de la faune locale ou encore s’initier aux risques naturels. Mais le Grand Avignon mise aussi sur des ateliers/animations communs pour que les groupes se rencontrent, débattent et trouvent des solutions autour de l’écologie.

    Les jeudis et vendredis restent consacrés aux scolaires. Plus de 120 classes de 12 communes, soit 2 867 élèves sont inscrites. Elles participeront à des ateliers thématiques de 45 minutes avant de déambuler dans la ville reconstituée. Les élèves aborderont des sujets tels que la qualité de l’air, la gestion des déchets, la biodiversité, l’eau, l’énergie, la mobilité ou encore le climat.

  • Les zostères repeuplent l’étang de Berre

    Les zostères repeuplent l’étang de Berre

    Dans les années 1960, les zostères tapissaient 6 000 hectares du fond de l’étang de Berre. Quarante ans plus tard, il ne restait plus qu’un hectare de ces herbiers. La faute à de multiples dégradations, entre les pollutions industrielles des usines, les rejets des stations d’épuration et l’eau douce apportée par les bassins-versants et la centrale EDF de Saint-Chamas, qui eutrophisent les milieux. « Et puis il y a une petite inversion, raconte Raphaël Grisel, directeur du Gipreb, le syndicat mixte en charge de la réhabilitation de la lagune salée. C’était très lent au début, à tel point qu’on ne s’en est pas immédiatement rendu compte. »

    Depuis 2024, à la suite de la crise écologique d’anoxie de 2018 qui a fait reculer cette progression de moitié, la structure accompagne ce processus de recolonisation en menant des opérations de transplantation d’herbiers de zostères, chaque année.

    Cette espèce protégée, surnommée « ingénieure d’écosystème », est le véritable poumon de la lagune : refuge, lieu de reproduction et zone d’alimentation pour les poissons, elle produit également de l’oxygène, constitue des puits de carbone et est un bouclier contre l’érosion des côtes.

    3 600 plants

    Parmi les six sites retenus autour de la lagune pour recevoir les 3 600 plants figure celui de la pointe de Berre. Localisé juste derrière des installations de stockage de LyondellBasell, classées Seveso, il est quasiment inaccessible au public. Seuls les réacteurs des avions qui décollent de l’aéroport Marseille-Provence rompent le silence. Cette tranquillité était l’un des critères de sélection, mais il n’était pas le seul.

    « Notre volonté est d’accélérer un processus naturel, explique Raphaël Grisel. Les cartographies montrent qu’il y a des secteurs où les zostères ne poussent pas par générations spontanées. C’est dans ces endroits qu’on les met de manière préférentielle pour qu’elles puissent essaimer. Avec l’aide de chercheurs qui ont fait des modélisations, on a trouvé des endroits où les boutures vont pouvoir reprendre. »

    D’un côté de la pointe, les équipes prélèvent des mottes. De l’autre, ils les transplantent en adoptant des formes particulières. « Le triangle fonctionne bien », confie le directeur du Gipreb. Nicolas Mayot, docteur en biologie marine et chargé de mission scientifique au sein du syndicat mixte, développe : « On a une technique qui marche, mais on essaye encore d’optimiser le nombre de mottes que l’on peut mettre pour avoir le meilleur ratio. On va suivre ça avec des survols en drone pour affiner notre méthode. »

    La méthode est d’ores et déjà efficace, puisque les résultats observés « sont les meilleurs d’Europe ». « On en est fiers », assure Nicolas Mayot. En moyenne, la surface transplantée est multipliée par 100. Depuis 2024, 8 m² ont repeuplé plus de 750 m2 (selon les mesures de 2025). « Entre le naturel et ce que l’on a repeuplé, on gagne environ 15 ha par an », précise Raphaël Grisel. La dynamique est bonne, mais l’objectif de 1 500 ha fixé par la directive-cadre sur l’eau est loin d’être atteint.

    Sur cette anse de la pointe de Berre, les équipes du Gipreb ont « quasiment restauré 5 000 m² de zostères » en l’espace de deux ans. Le biologiste pense pouvoir prélever dans les transplantés dès l’an prochain. « C’est un cercle vertueux. »

    Il prévient tout de même : « Il y a une grosse mode sur la transplantation, mais il ne faut pas sauter les étapes. D’abord, on identifie la source de dégradation, puis on la corrige et ensuite on restaure, sinonn c’est vain. »

    « Un des paramètres majeurs pour la pousse des zostères est la transparence de l’eau », souligne le directeur du Gipreb. « Jusque-là, les matières en suspension des apports d’eau douce d’EDF créaient une gêne, mais aussi l’azote et le phosphore apporté par tout le bassin-versant, la centrale Saint-Chamas, mais aussi les stations d’épuration, les rivières etc. qui favorisent le phytoplancton qui empêche la lumière de pénétrer au fond. »

    Le protocole signé en 2023 entre le Gipreb et l’énergéticien pour interdire les rejets durant l’été et l’amélioration du réseau d’assainissement ont « eu un rôle évident » dans la restauration des herbiers, au moins dans les zones de faible profondeur. Désormais, le syndicat mixte aimerait atteindre les 3 mètres. « À cette profondeur, si tout est colonisé, on aurait 1 000 ha de zostères », révèle Raphaël Grisel.

  • [Cadmium] Des tests remboursés mais pas pour tous

    [Cadmium] Des tests remboursés mais pas pour tous

    La bombe sanitaire liée au cadmium est-elle en passe d’exploser ? La pollution de ce métal lourd et sa dangerosité pour la santé (défini comme un cancérogène par l’Organisation mondiale de la santé depuis 1993) font désormais régulièrement la une des médias. Une récente étude de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) montrait ainsi qu’un Français sur deux avait accumulé trop de cadmium dans son organisme.

    Face à ces résultats, l’Assurance-maladie et les syndicats de biologie médicale ont conclu un accord début avril pour rembourser les tests à partir de cet été. Ce dépistage, qui coûte 27,50 euros, sera pris en charge à 60% par l’Assurance-maladie et à 40% par les complémentaires santé. Mais seuls ceux vivant dans une zone jugée contaminée et les salariés de l’industrie au contact du cadmium seront remboursés.

    Une stratégie critiquée

    Ce choix d’un dépistage géographique, préconisé par la Haute autorité de santé en 2024, a rapidement été fustigé par les médecins. « Dépister selon le lieu de résidence ne tient pas la route », affirme ainsi François Simon, médecin retraité membre de l’association pour la dépollution des anciennes mines de la Vieille Montagne (AdamVM), basée dans les Cévennes gardoises, qui alerte depuis longtemps sur la dangerosité du cadmium. « Selon l’Anses 48% des Français ont des valeurs toxicologiques de référence au-dessus des normes admises, donc ça ne dépend pas uniquement de la zone géographique. On risque d’être contaminé avant tout par son alimentation. Ce n’est donc pas le lieu de résidence qui est important. » En effet l’Anses précise que la première source de contamination vient de l’alimentation, le cadmium étant très présent dans les pommes de terre, le chocolat, les céréales, le riz ou les biscuits…

    Autre problème : pour définir les zones où la pollution serait la plus importante, l’État s’appuie sur une carte réalisée en 2011 par le Groupement d’intérêt scientifique (GIS). « Cette carte n’est pas actualisée. Il y a donc beaucoup de réticence autour de cette carte très ancienne. En plus, la France a une dérogation pour l’épandage des engrais phosphatés avec 90 mg/kg alors que l’Union européenne réclame un maximum de 60 mg/kg et l’Anses, depuis 2019, réclame que ce soit à 20 mg/kg. La pollution des sols français n’a pas cessé ces dernières années donc cette carte est caduque », ajoute François Simon.

    La question se pose aussi de la démarche à suivre si le test est positif, car aucun protocole n’a été arrêté. « Les médecins n’ont pas de formation sur le sujet et ne connaissent pas les pathologies que ça engendre », explique François Simon qui demande avant tout de changer de modèle agricole : « Pendant longtemps, on a regardé ailleurs et maintenant ça nous explose au visage. C’est un problème politique et il faut maintenant de la volonté. Il faut diminuer les engrais phosphatés tout de suite, pas en 2038 comme c’est prévu aujourd’hui. Combien faut-il de cancers pour qu’on prenne des mesures immédiates ? »