Category: environnement

  • Lumexplore, le grand rendez-vous des explorateurs

    Lumexplore, le grand rendez-vous des explorateurs

    « Le monde est encore un vaste champ de recherche : sous terre, dans les océans, dans l’espace. Nous voulons faire découvrir au grand public les innovations scientifiques et technologiques par le biais des expéditions archéologiques, océanographiques, spatiales… dans le respect des différentes cultures » expliquent les organisateurs de la manifestation, la Société des explorateurs français (SEF).

    Depuis 11 ans, le festival est soutenu par la fondation Iris, la Ville de La Ciotat et l’association Les Lumières de l’Eden. Outre les projections cinéma au sein de l’Eden, Lumexplore est aussi un festival pour tous en plein air et gratuit. À noter, la très belle exposition « Austral, les engagés pour l’Océan » dans la cour de l’Eden. Elle entraîne le public dans les entrailles de la recherche océanographique au large des Terres australes et antarctiques françaises.

    Réalisé à bord du Marion-Dufresne, navire français ravitailleur des Terres australes et antarctiques françaises du sud de l’océan Indien, cet essai photographique, réalisé par Franck Desplanques et Stéphanie Jacquet propose une autre manière de raconter l’océan.

    Une aventure sensible, poétique et profondément humaine dans les coulisses de la recherche en mer. Des expositions sont aussi visibles dans la chapelle des Pénitents, sur la place du 8-Mai et l’esplanade du berceau du cinéma.

    Des projections

    Enfin, à ne pas rater, la visite du bateau 7e continent amarré au port, en présence du chef d’expédition Patrick Deixonne et de son équipage. Animations, stands et visite des bateaux sont totalement gratuits.

    Une compétition est aussi prévue pour des livres, et des Bandes dessinées avec un jury de collégiens. Pas moins de 13 films seront projetés en compétition et 3 hors compétition lors de cette 11e édition. Un jury prestigieux les départagera lors de la soirée de clôture le samedi 12 septembre à 20h30. À noter, la catégorie nommée Lumexplore junior qui ouvre ses portes aux plus jeunes depuis la création de l’événement et c’est sans doute la grande originalité de ce festival. Il leur permet de participer en tant que réalisateurs avec des prix à gagner au même titre que les adultes.

    « Une façon de les sensibiliser et de mettre en avant leurs idées sur les thèmes de la science et de l’environnement. Nous souhaitons leur donner les outils pour mieux se protéger dans l’avenir en les informant des dernières techniques et de l’état de la planète, mais aussi écouter ce qu’ils ont à nous dire », détaille la SEF. Et d’alerter : « En inspirant les jeunes générations, nous plantons les graines de la curiosité et de l’innovation qui façonnent notre avenir. L’exploration n’est pas seulement l’apanage des grands explorateurs du passé. »

    La mémoire des figures emblématiques est entretenue, mais les moyens sont aussi donnés aux plus jeunes pour poursuivre des recherches et découvrir de nouveaux horizons. La fondation Iris, finance une expédition chaque année. Le résultat est présenté durant le festival, avec les intervenants.

    Projections à l’Eden du 9 au 13 septembre. Expositions, animations sur les stands et visites des bateaux : gratuites.

  • Dans le Var, Jean-Louis Masson défend l’idée d’un entretien accru de la forêt pour prévenir les incendies

    Dans le Var, Jean-Louis Masson défend l’idée d’un entretien accru de la forêt pour prévenir les incendies

    « La forêt n’est pas un musée. Elle doit être gérée pour être durablement protégée », a-t-il notamment indiqué au préfet Simon Babre. « Le Var doit prendre les devants. Je continuerai donc à porter cette exigence auprès de l’État dont le représentant dans le Département est à l’écoute, moins de dogmatisme, moins de normes européennes ou nationales qui empêchent d’agir, davantage de responsabilité et de pragmatisme », a-t-il notamment indiqué, dénonçant la vision d’une « “forêt sous cloche”, où l’entretien serait toujours suspect, souvent empêché au nom d’une conception dogmatique de la biodiversité ».

  • [Maj] Fibre Excellence : après des incidents à Tarascon, le préfet exige le redémarrage de la station d’épuration

    [Maj] Fibre Excellence : après des incidents à Tarascon, le préfet exige le redémarrage de la station d’épuration

    Un arrêté pris en urgence ce jeudi 3 septembre par le préfet de région, Jacques Witkowski, exige le redémarrage de la pomperie au Rhône et de la station d’épuration sur le site de l’usine à papier SAS Fibre Excellence Provence de Tarascon. Liquidée en juillet par le tribunal de commerce de Toulouse, elle a été placée sous la responsabilité de liquidateurs judiciaires.

    Ces derniers ont obligation de veille à la mise en sécurité des installations sur le site. La CGT Fibre Excellence et l’UD CGT dénonçaient depuis plusieurs jours des risques importants pour l’environnement et d’incendie si toutes les mesures n’étaient pas respectées dans le process de mise à l’arrêt. Un document interne au site stipule que la présence de 34 personnes sur six mois serait requise pour une mise en sécurité du site. Leur proposition a été refusée par le mandataire judiciaire qui a préféré mettre une équipe mixte de neuf personnes en place.

    Ce mercredi 2 septembre, trois incidents se sont produits sur le site suite aux coupures opérées dans le réseau électrique par mesure d’économie et également imputables à des erreurs de manipulation. Une inspection menée sur le site le 2 septembre a fait le constat que « l’ensemble des substances, produits et déchets constatés lors de l’inspection du 31 août est encore présent ». Le site dispose d’une pomperie qui alimente grâce à l’eau du Rhône un système de défense incendie. Or, « il a été constaté que la SAS Egide, a procédé à l’arrêt de la pomperie et a été en incapacité de répondre sur les délais nécessaires à un redémarrage ».

    CQFD

    L’arrêt de la station d’épuration a également fait l’objet d’un constat par les inspecteurs. Or cette station intervient en traitement ultime avant rejet au Rhône. Le 1er septembre, un incident dont l’information n’a été communiquée à l’inspection des installations classées que le 2 septembre, souligne l’arrêté, était consécutif à la manœuvre d’une vanne de vidange et a conduit à l’écoulement de 50 m3 de liqueur noire dans une zone de rétention. « Cet incident montre qu’un incident de type déversement est susceptible de se produire sur le site » conviennent les inspecteurs.

    Dans son arrêté pris ce 3 septembre, le préfet confirme donc que les alertes des salariés meilleurs experts dans leur domaine étaient justifiées et considère après inspection que « cette situation constitue un manquement aux obligations réglementaires ». Il met en conséquence en demeure le liquidateur de « procéder immédiatement au redémarrage de la pomperie alimentant les hydratants du site (poteaux incendie, sprinkler, couronne d’arrosage) », ainsi que de la station d’épuration qui ne pourront « être arrêtés que sur demande justifiée et motivée et après accord explicite de l’inspection des installations classées ». Une information quotidienne des opérations réalisées le jour même et celles prévues le lendemain est aussi exigée. Le liquidateur n’a pas non plus « apporté de garanties sur sa capacité financière à évacuer les produits présents ».

  • La préfecture des Hautes-Alpes lève les restrictions d’irrigation

    La préfecture des Hautes-Alpes lève les restrictions d’irrigation

    Les restrictions d’irrigation qui touchaient les Hautes-Alpes depuis plus d’un mois ont été levées suite à la publication d’un arrêté préfectoral, mercredi. Les bassins-versants du Drac-Gapençais hors Avance et du Buëch, depuis plus d’un mois en niveau d’alerte, ont été placés en vigilance. Aucune restriction obligatoire ne s’applique. Les bassins-versants de la Souloise-Séveraisse, de la Haute-Romanche, de la Méouge et de l’Avance sont maintenus en situation de vigilance.

    « Les débits […] sont dans l’ensemble remontés », justifie l’arrêté, précisant que « plusieurs épisodes pluvio-orageux ont eu lieu au cours de la deuxième quinzaine du mois d’août sur le département, engendrant un cumul des précipitations dans les normales, voire excédentaire ». Il note également « la baisse significative des besoins pour l’agriculture dont la campagne d’irrigation touche à sa fin ».

    Une décision attendue

    C’est une « victoire syndicale », a réagi la Confédération paysanne des Hautes-Alpes. Très critique envers la gestion de la sécheresse par la préfecture, le syndicat agricole avait boycotté la réunion du comité sécheresse, mercredi matin. Elle demandait depuis plus de dix jours la levée des restrictions « suite aux pluies abondantes et généralisées depuis la mi-août », et considère par ailleurs les seuils de l’arrêté-cadre sécheresse « totalement infondés et malhonnêtes » et « faits pour impacter durement les irrigants, sans aucune efficacité sur la préservation du milieu naturel ». Le syndicat s’appuie sur les données de Météo France pour affirmer que « l’année climatique n’est pas spécialement sèche dans les Hautes-Alpes ».

    Agathe Di Lenardo

  • À Nîmes, le premier train à batteries de France prend les rails

    À Nîmes, le premier train à batteries de France prend les rails

    Lundi 31 août, 12h52, voie E de la gare de Nîmes-Centre. Extérieurement, la rame rouge et grise qui s’apprête à partir vers Vauvert a tout d’un train liO ordinaire. Sous ses planchers, pourtant, une petite révolution ferroviaire est en marche. Pour la première fois en France, un TER dont les moteurs diesel ont été entièrement remplacés par des batteries prend son service commercial. « Nous écrivons aujourd’hui à Nîmes une nouvelle page du transport ferroviaire », résume Gaël Barbier, directeur régional de SNCF Voyageurs Occitanie.

    Une première française, donc, mais pas un train flambant neuf. C’est même tout l’intérêt du projet : cet Autorail grande capacité, âgé d’une vingtaine d’années, a été transformé plutôt que remplacé. Ses moteurs diesel ont laissé place à seize batteries lithium-ion, représentant environ huit tonnes. Rechargée en environ une heure sous les caténaires, notamment lors de ses passages en gare, la rame peut ensuite poursuivre sa route sur les portions non électrifiées. L’énergie produite au freinage est elle aussi récupérée et stockée.

    « C’est à l’État de suivre l’exemple »

    Résultat annoncé : plus de 80 kilomètres d’autonomie, jusqu’à 20% d’économies d’énergie et, sur les tronçons parcourus grâce aux batteries, ni émission directe de CO₂ ni particules fines liées à la combustion du diesel. Avec, en prime, moins de bruit pour les voyageurs et les riverains. « C’est une solution qui permet de nous affranchir petit à petit des énergies fossiles », souligne Olivier Delecroix, vice-président d’Alstom France.

    Entre Nîmes et Vauvert, le laboratoire grandeur nature durera au minimum deux ans. Sur cette ligne de 21 kilomètres, la rame effectuera trois allers-retours chaque jour en semaine. Son arrivée accompagne surtout deux allers-retours supplémentaires par rapport à septembre 2025, portant l’offre à onze trains liO quotidiens. Une manière, pour la Région, de lier transition écologique et renforcement du service public plutôt que d’opposer les deux.

    Avec cette rame, l’Occitanie pousse un peu plus loin sa stratégie de sortie du diesel. Après un Régiolis hybride expérimenté autour de Toulouse, elle doit également accueillir des trains à hydrogène sur la ligne Montréjeau-Luchon. Elle devient ainsi la seule Région française à tester simultanément hybride, batteries et hydrogène.

    Mais derrière la vitrine technologique se pose déjà la question du passage à l’échelle. Le programme national, associant cinq Régions, représente plus de 41 millions d’euros : 30 millions apportés par les collectivités régionales, 6 millions par SNCF Voyageurs et 5,5 millions par Alstom. Pour Jean-Luc Gibelin, vice-président régional chargé des mobilités, l’expérimentation ne peut cependant rester à la seule charge des territoires. « Nous faisons la démonstration que c’est possible. Désormais, c’est à l’État de suivre l’exemple et de prendre le relais pour lancer un grand plan de transformation du ferroviaire », interpelle l’élu communiste, estimant que le ministère de l’Industrie n’a jusqu’ici « pas été au rendez-vous ». « L’État doit aider concrètement ce genre de projet », insiste-t-il.

    Une revendication qui dépasse la seule rame inaugurée lundi. Car si la technologie fait ses preuves, l’élu imagine déjà son déploiement ailleurs en Occitanie. « Le Gardois que je suis pense à la ligne Nîmes-Alès », glisse-t-il.

    D’autres lignes non électrifiées pourraient suivre. Reste désormais à éprouver les batteries dans la durée : autonomie réelle, vieillissement, maintenance, contraintes d’exploitation. « Il s’agit d’une première génération et d’un fonctionnement nouveau pour tout le monde », rappelle Bogdan Vulturescu, chef de projet à la SNCF. Les deux prochaines années doivent fournir ce retour d’expérience.

  • La voix des jeunes vers la COP31

    La voix des jeunes vers la COP31

    Faire sortir la COP de ses murs. C’est l’objectif de la LCOY (Local Conference of Youth), déclinaison de la conférence climatique organisée dans de nombreux pays à destination de la jeunesse. Cette année, ce n’est pas à Paris mais à Marseille que se tiendra la rencontre française, du 4 au 6 septembre. Soutenu par un organisme des Nations unies et accompagné par l’Agence française de développement (AFD), l’événement se tiendra au centre social de l’Estaque. Au menu : conférences, ateliers et formations pour les jeunes de 18 à 35 ans.

    « L’objectif est de donner la parole aux jeunes », explique Charlotte Fleur, formatrice à l’AFD et pour la COP ce week-end. À l’issue de l’événement, un plaidoyer rassemblant les revendications des participants sera remis à la délégation interministérielle qui représentera la France lors de la COP 31 à Antalya. Une façon d’associer la jeunesse à ces rendez-vous où se joue son avenir.

    Inscription : Insta @lcoy.france

  • Des vélos et des trottinettes sont en libre-service à Gap

    Des vélos et des trottinettes sont en libre-service à Gap

    Reconnaissables de loin à leur couleur bleu ciel et leur panier accroché au guidon, les nouveaux vélos à assistance électrique promis par la municipalité sont arrivés fin août dans les rues gapençaises. L’objectif : offrir aux habitants « une alternative à la voiture pour les déplacements en ville ».

    Les trottinettes électriques font quant à elles leur grand retour. Déployées dans un premier temps il y a quatre ans au centre-ville par l’entreprise Bird, elles avaient ensuite disparu de la circulation en 2025, suite à la fin du contrat. Bird revendiquait 943 utilisateurs réguliers et 178 trajets par jour, en moyenne, en 2024.

    Sécurité avant tout

    Souhaitant poursuivre sur cette lancée, la Ville avait lancé, en mai dernier, un appel à manifestation d’intérêt, remporté par la société ZYP. 120 trottinettes (150 en été) et 50 vélos sont disponibles sur cinquante emplacements, situés aussi bien au centre-ville qu’en périphérie. Les trottinettes sont utilisables uniquement de mi-mars à mi-novembre et les vélos toute l’année.

    « Nous tenons à ce que ces modes de transport de micro-mobilité s’intègrent au mieux aux autres moyens de déplacement, tout en veillant particulièrement à la sécurité des piétons », a communiqué la Ville de Gap. Elle rappelle que des limitations de vitesse sont imposées par l’application en fonction des lieux où circule le véhicule : 25 km/h maximum de manière générale, 6 km/h maximum en centre-ville, et arrêt du véhicule s’il se trouve hors de la ville. Géolocalisé, il adaptera automatiquement sa vitesse. Certaines zones de Gap sont même interdites d’accès.

    Pour limiter les inquiétudes liées à la sécurité, plusieurs consignes ont été données : « Interdiction de circuler sur les trottoirs, de tenir un téléphone en main, de porter des écouteurs et d’être à plusieurs sur la trottinette ou le vélo ». Les mineurs n’ont par ailleurs pas le droit d’utiliser le service. Le port du casque n’est pas obligatoire, mais vivement recommandé.

    Ces nouveaux moyens de transport viennent compléter l’offre de bus gérée par la Communauté d’agglomération Gap Tallard Durance. Ces cars sont gratuits, mais les vélos et trottinettes ne le sont pas. Sans l’abonnement, il faut débourser 25 centimes pour une minute de trajet à vélo et 20 centimes en trottinette. Sans compter les frais de réservation et de déverrouillage qui s’élèvent à 1,90 euro pour un vélo et 1,60 euro pour une trottinette. Il est également nécessaire de disposer d’un smartphone, car le paiement et la réservation se font uniquement via l’application ZYP.

    Si les vélos se développent à Gap, encore faut-il que la ville soit adaptée. En 2025, le baromètre vélo, une étude nationale de la Fédération française des usagers de la bicyclette, pilotée à Gap en partie par l’association locale Mobil’idées, attribuait à la commune la note globale de 2,86 sur 6. L’étude qualifie Gap de ville « plutôt défavorable » à la pratique du vélo, sur des critères de confort, de sécurité ou encore de facilité de stationnement. Reste à voir si la mise en place de ces vélos fera augmenter la note pour la prochaine édition du baromètre.

    Agathe Di Lenardo

  • Les coûts écologiques et financiers de nos poubelles

    Les coûts écologiques et financiers de nos poubelles

    Pendant longtemps, la question des ordures ménagères s’est résumée à la mise en équation de leur production avec la collecte, le transport et l’« élimination ». Sauf que derrière chaque poubelle se cache une chaîne de coûts considérable pour la collectivité et, in fine, pour les contribuables. Sans parler du coût environnemental. Avec, en parallèle, beaucoup de profits pour les acteurs privés qui gèrent le secteur.

    Une réalité qui vient se rappeler depuis quelques jours aux habitants de la Dracénie Provence Verdon agglomération (DPVa), qui découvrent la hausse de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères. La section du PCF monte au créneau en pointant les responsabilités politiques de cette augmentation de 30% qui vient grever encore un peu plus le budget des ménages, les amputant en moyenne de 150 euros supplémentaires.

    « Cette pression fiscale qui s’exerce indistinctement sur toute la population s’explique par une gestion des déchets catastrophique par l’agglomération », dénonce la secrétaire de section Hélène Blanc, en mettant en avant le manque d’anticipation de la fin du traitement des déchets au Vallon des Pins à Bagnols-en-Forêt. « Le fiasco du projet de Pôle de transition environnementale (PTE) a également coûté du temps et de l’argent », ajoute-t-elle.

    Profits colossaux

    Une double peine pour les administrés qui ont vu, dans le même temps, « le service d’enlèvement des ordures ménagères se dégrader considérablement ». Avec, entre autres, la mise en place des points d’apport volontaire, qui oblige certains usagers à parcourir jusqu’à 1 km pour déposer leurs déchets. Une contrainte lourde pour les personnes âgées et à mobilité réduite. « Ce qui a pour conséquence une augmentation des dépôts sauvages portant atteinte à l’environnement », insiste le PCF. Tout cela étant le résultat « des politiques libérales des gouvernements macronistes », qui ont drastiquement diminué les dotations aux collectivités.

    Et pendant ce temps, le groupe Pizzorno Environnement a vu, lui, ses bénéfices passer entre 2015 et 2025 de 5,2 millions à 23,5 millions. « Cela signifie que les usagers du service public financent le capital », s’indignent les communistes.

    Ils demandent la mise en place d’une réelle stratégie de réduction des déchets, l’implantation sur le territoire d’un site industriel pour leur traitement, ainsi que la création d’un service de collecte en régie intercommunale, dès l’échéance du marché public de services en 2032.

  • Fibre Excellence : à Tarascon, l’expertise des salariés sacrifiée

    Fibre Excellence : à Tarascon, l’expertise des salariés sacrifiée

    Tout se précipite autour de l’avenir de l’industrie de la pâte à papier en France. Alors que l’entreprise de Haute-Garonne du dernier fabricant français doit trouver 90 millions d’euros d’ici le 8 septembre, la présidente de Région Occitanie, Carole Delga (PS), demande à l’état d’entrer temporairement au capital (lire ci-contre) et de ne pas démanteler. Sur le site de Tarascon, liquidé fin juillet, la question de la mise en sécurité du site inquiète de plus en plus.

    À peine l’usine prise en main par le mandataire désigné par le liquidateur, que de mauvaises manipulations font craindre le pire pour l’environnement. Du côté des riziculteurs et des ostréiculteurs, on s’alarme également et justement des rejets toxiques dans le Rhône, alors que, jusque-là, l’usine rejetait de l’eau plus propre que celle qu’elle puisait. Le PCF 13 fustige : « L’état a refusé de soutenir et d’aider financièrement l’offre de reprise qui aurait pu sauver l’usine. Quant au Conseil régional Paca à majorité de droite, il n’est pas intervenu sur ce dossier, contrairement au Conseil régional d’Occitanie à majorité de gauche ». Dénonçant « une catastrophe économique, sociale et écologique », il « soutient les exigences de la CGT ». La France insoumise (FI) 13 condamne également « l’inaction de l’État » et demande « la nationalisation des deux sites ». Le maire RN de Tarascon, Alexandre Ducouret, a quant à lui vu dans ces incidents l’occasion d’un coup d’agitation en arrivant sur le site avec des pompiers.

    Mais à Tarascon, ce sont ces salariés qu’on laisse sur le carreau qui sont les mieux placés pour prévenir les dégâts. Depuis des mois qu’on leur souffle le chaud et le froid, soutenus par la CGT et FO, ils n’ont eu de cesse d’alerter sur les risques d’une fermeture bâclée et de continuer à surveiller les installations. Depuis le 28 août, on leur demande de rendre leur tablier et de transmettre en quinze jours leur expertise et leur savoir-faire sur ce site complexe pour laisser la main à une équipe de Realtec, missionnée par le liquidateur. « Même moi qui suis sur cette usine depuis 10 ans, je n’ai pas la prétention de tout connaître sur le réseau électrique », indique Jean-Michel Bulinge, délégué CGT et technicien de maintenance.

    Dernière veillée

    Il en tient pour évidence les premiers jours de délais pour cette « passation » accordés par un arrêté préfectoral d’urgence pris le 28 août au soir, suite à la situation de blocage et de crise sur le site de Fibre Excellence. Un nouveau rendez-vous en urgence le 31 août, tenu sous l’égide de la sous-préfète d’Arles, actait d’une mise en sécurité « avec une équipe hybride composée d’anciens salariés de Fibre Excellence Provence ainsi que du personnel de la société Realtec mandatée par le liquidateur. Cette organisation pourra ainsi bénéficier de la connaissance, du savoir-faire et de la compétence des anciens salariés afin d’évacuer les principaux produits et déchets sur site tout en prenant soin de l’outil industriel pour le laisser dans le meilleur état de conservation possible et favoriser la reprise d’une activité sur site ».

    Une présence de neuf personnes était requise. « Pas de quoi permettre de garantir la sécurisation lors des opérations de vidange et de nettoyage », regrettait amèrement Jean-Michel Bulinge à la sortie de la réunion. La CGT estimant également, en se reportant à une note interne de l’usine, que la présence de 24 salariés était nécessaire sur une durée de six mois.

    Dès le 1er septembre, des opérations ont été réalisées avec cette équipe mixte et devaient se poursuivre durant un mois. « En quelques heures, trois événements inquiétants se sont produits, pollution alcaline, liqueurs noires déversées dans un bac de rétention, équipements de sécurité privés d’alimentation, liste le syndicaliste. Une situation potentiellement beaucoup plus grave a été évitée grâce à la surveillance des ex-salariés. » Alors que leurs contrats prennent fin, ces derniers restent, ce 2 septembre, « en attente des résultats des courbes de déversement des produits ».

    Pour sa part, Fibre Excellence dénie toute gravité : « Un écoulement imprévu d’un effluent industriel a été intégralement contenu dans le dispositif de rétention prévu à cet effet. Environ 6 m³ ont été dirigés vers la station de traitement des effluents. Aucun rejet dans le milieu naturel ni aucune pollution n’ont été constatés ».

  • Cinq associations réclament un moratoire sur la chasse

    Cinq associations réclament un moratoire sur la chasse

    Depuis plusieurs jours, les pétitions en ligne se multiplient en Gironde, à Fontainebleau ou dans le Var pour réclamer l’arrêt de la chasse après l’été apocalyptique qui a touché l’Hexagone. L’une d’elles, « Pas de fusils sur les cendres »*, portée par un particulier, cumule déjà près de 470 000 signatures. Si elle demande que des mesures soient prises dans les zones concernées par les 116 085 hectares partis en fumée en 2026 (record absolu en France), cinq associations souhaitent aller plus loin et réclament un moratoire sur l’ensemble du territoire.

    « On peut imaginer que les populations d’animaux sauvages ont un petit peu dégringolé, voire beaucoup, puisqu’avec la canicule, les incendies et la sécheresse, elles n’ont pas augmenté pendant l’été », avance Christian Perrenot, délégué régional de l’Aspas, l’Association pour la protection des animaux sauvages. Face à cette inquiétude, l’Aspas s’est associée avec l’Aves (Agir pour le vivant et les espèces sauvages), Focale pour le sauvage, One Voice et le Pôle Grands Prédateurs pour réclamer la suspension de la chasse le temps qu’une étude sur l’état des populations sauvages soit réalisée.

    « Aujourd’hui, nous n’avons aucune information précise sur l’état de la faune, même si nous pensons qu’il y a eu de gros dégâts », prévient Christian Perrenot. « Cette étude pourrait être réalisée par les services de l’État. La DDTM [Direction départementale des territoires et de la mer] et l’OFB [Office français de la biodiversité] ont des experts qui pourraient rapidement réaliser ce travail. Selon les conclusions, il faudrait adapter la chasse. S’il y a eu zéro dégâts, il n’y a pas de raison que la chasse soit modifiée mais nous avons de gros doutes. »

    Dialogue difficile

    L’Apsas a également envoyé un courrier pour renouveler sa demande de moratoire à 45 préfectures dont celles du Gard et de l’Hérault. Pour l’heure, elle n’a reçu aucune réponse. Contactées, la préfecture du Gard indique avoir « sollicité l’Office Français de la Biodiversité pour avis » et « qu’une fois le retour de l’OFB reçu, les services de l’État analyseront les éléments et une décision sera prise ». « Un article du Code de l’environnement précise qu’à l’occasion d’événements exceptionnels, par exemple un tsunami, un tremblement de terre, des gros gels ou des canicules, la chasse peut être suspendue par les préfets pendant des périodes de 10 jours renouvelables. Les préfets pourraient donc y recourir le temps qu’une étude scientifique sérieuse soit réalisée », précise Christian Perrenot.

    Car si la chasse sera ouverte dans le Gard et l’Hérault le 13 septembre, plusieurs espèces peuvent déjà être chassées comme le sanglier, le chevreuil ou encore le renard, considéré comme une Espèce susceptible d’occasionner des dégâts (Esod). Depuis, le 21 août, la chasse est également autorisée pour le gibier d’eau comme les canards. « Avec la sécheresse, les surfaces d’eau se réduisent et les gibiers d’eau ont beaucoup moins d’espace. La chasse va donc être un massacre, car ces espèces n’ont plus que le tiers, la moitié ou le quart des étangs pour se réfugier. C’est pour cela que la LPO [Ligue pour la protection des oiseaux, Ndlr] demande que la chasse soit décalée d’un mois », s’inquiète le délégué de l’Aspas dans l’Hérault.

    Si ces organisations environnementales souhaitent ouvrir le débat au vu de la situation exceptionnelle de l’été, elles regrettent le manque d’écoute de la part de l’État. « On n’a pas eu de réponse de la part des préfectures et on ne sait pas si on en aura une. Chaque fois, on reste scotchés par la mauvaise foi des chasseurs et par une forme de quasi-soumission des pouvoirs publics à ce monde de la chasse », fustige Christian Perrenot qui invite tous les amoureux des animaux « à venir les aider à l’Aspas » et espère surtout que la pétition fasse bouger les lignes.