Category: environnement

  • L’Ardear conteste la suppression d’une aide de 100 000 euros de la Région Sud

    L’Ardear conteste la suppression d’une aide de 100 000 euros de la Région Sud

    « On a trois salariés sur la sellette, dont deux sûrement mis au chômage en septembre. Des dossiers en cours ne pourront potentiellement pas aboutir. C’est compliqué », se désole Charles-Henri Tavernier, président de l’Ardear, un réseau associatif qui œuvre dans l’installation en agriculture paysanne et agroécologique depuis plus de vingt ans.

    En cause, la suppression d’une subvention de 100 000 euros versée à l’association par la Région Sud depuis 2008. « On n’a pas eu de discussion avec la Région. Béatrice Martin [vice-présidente en charge de l’agriculture, Ndlr] nous a simplement envoyé une lettre en disant qu’elle avait décidé de son propre chef de mettre l’installation et la transmission uniquement dans les mains des chambres d’agriculture. On est un peu surpris du manque de concertation », exprime ce vigneron des Hautes-Alpes. Dans cette lettre, adressée au président de l’Ardear, le 27 avril, l’élue explique les raisons de cette décision : « Cette politique volontariste s’inscrit dans un cadre budgétaire extrêmement contraint. »

    Depuis sa création, le réseau associatif indique avoir accompagné plus de 1 000 installations, soit un tiers des porteurs de projet de la région. « On nous parle toujours du renouvellement des générations d’agriculture, ils font le contraire de ce qu’il faudrait faire », estime Charles-Henri Tavernier. Dans un communiqué, daté du 24 juillet, l’Ardear demande à la Région Sud de « revenir sur cette décision et de maintenir son soutien financier ». La Région n’a pas encore répondu à nos sollicitations à ce sujet.

  • Un nouvel espace pour sensibiliser le public à la protection des tortues marines

    Un nouvel espace pour sensibiliser le public à la protection des tortues marines

    « Depuis environ 8 ans, des tortues marines pondent sur les plages de Méditerranée » explique Stéphane Gagno, vice-directeur du parc. Il poursuit : « Ce phénomène a attiré la curiosité du public, mais aussi celle du Village des tortues de Carnoules, qui a décidé d’évoluer. Initialement, le lieu a été conçu pour accueillir les spécimens d’eau douce abandonnés par leurs propriétaires, ou saisis par la justice. »

    Avec aujourd’hui plus de 1 600 individus représentant une soixantaine d’espèces différentes, l’établissement ouvre un nouvel espace, avec l’ambition de « sensibiliser les visiteurs à la protection des tortues marines ». Il sera inauguré vendredi 31 juillet à 16h30, en présence du maire de Carnoules, Christophe Cortes. « Des ateliers pour petits et grands seront proposés, du vendredi matin jusqu’au samedi soir, avec par exemple une présentation des espèces marines, des bons gestes à adopter, mais aussi des quiz sur les tortues », annonce le vice-directeur. Le Village souhaitant favoriser le dialogue avec les visiteurs, des membres de la WWF, Fond mondial pour la nature, auront un stand sur place.

    « Pas là pour exhiber »

    Contrairement au reste du parc, aucune tortue vivante ne sera présente dans cet espace. « Nous ne sommes pas là pour exhiber des animaux, nous sommes là pour les protéger. Dans le cas des tortues marines, celles-ci se portent bien mieux dans la mer ou l’océan », note Stéphane Gagno.

    Laëtitia Milot, actrice vue dans Plus belle la vie et très sensible à la cause animale, se rendra à Carnoules pour l’inauguration. L’occasion d’annoncer « une belle surprise quant à sa collaboration avec le village des tortues », dévoile Stéphane Gagno, sans en dire plus.

    Louis Golliot

  • Ces fumées polluantes qui touchent la région Sud Paca

    Ces fumées polluantes qui touchent la région Sud Paca

    « Bien que les concentrations polluantes dans l’air aient diminué ce lundi 27 juillet, cette situation devrait perdurer jusqu’à mercredi, où une modification de l’orientation des vents et une reprise de la canicule sont annoncées ». Dans un communiqué, l’association de surveillance de qualité de l’air dans la région, AtmoSud, alerte sur l’impact des fumées de l’incendie de Gironde dans notre atmosphère, car si les effets « ne devraient plus être directs, la présence de polluants “dilués” devrait persister », prévient-elle.

    Alors que dans le Sud Ouest, 2,5 millions de masques FFP2 vont être distribués et que l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) recommande de se mettre à l’abri, AtmoSud fait le point sur ce que nous respirons depuis le 19 juillet, date à laquelle les feux varois se sont déclenchés, sans oublier les feux des Hautes-Alpes, entre Freissinières et L’Argentière-la-Bessée, où les flammes restent activent dans la montagne (lire en page 5).

    AtmoSud a mesuré les impacts locaux de ces incendies via des capteurs éloignés de ces zones. Le 25 juillet à Manosque, des pointes horaires jusqu’à 109 microgrammes par mètre cube de particules fines PM10 (air dégradé), et 94% de particules « black carbon » (carbone suie) – liées à la combustion du bois – ont été relevées. Les champs de vent ayant rabattu les panaches du Var sur la vallée de la Durance. Sur Briançon, le 22 juillet, les microcapteurs ont également mesuré d’importantes pointes de particules PM10 (plus de 200 microgrammes par m3).

    Les feux de forêt sans précédent qui ravagent la Gironde depuis le 22 juillet s’ajoutent au facteur de dégradation de la qualité de l’air. Après une première incursion le 24 juillet, l’entrée sur le territoire de ce panache de fumée, annoncée par la plateforme nationale Prev’Air, a été confirmée dimanche en fin d’après-midi par les stations de mesure AtmoSud. Des niveaux élevés de particules fines (PM10) ont été relevés sur la trajectoire du panache.

    Des remontées

    venues d’Espagne

    Des remontées issues des incendies en Espagne ont également concerné les Alpes-Maritimes. AtmoPaca concluant que « la région Sud est actuellement le réceptacle de polluants atmosphériques qui proviennent de feux de forêts plus ou moins lointains – illustrant que ces polluants de l’air circulent sur plusieurs centaines, voir des milliers de kilomètres », appelant à la « plus grande vigilance » qui reste « de mise ».

    Au-delà de la population, il y a aussi le cas des premiers concernés, les pompiers. « L’appareil respiratoire isolant (ARI) reste le seul équipement protégeant contre l’intégralité des polluants gazeux », explique la CFDT des Sdis, mais « avec ses 14 à 16 kg, il est impraticable sur plusieurs heures en milieu naturel : il reste au camion. Les masques de fuite et demi-masques de cabine ne servent qu’au repli. La cagoule devient donc, par défaut, l’unique barrière ». Une cagoule qui a subi des modifications, mais qui ont un coût : 70 euros en moyenne contre 20 euros, ne permettant pas à tous les Sdis de s’équiper. Et là encore, plus chaudes et plus lourdes à porter, elles seraient moins respirables.

  • La France brûle, les moyens manquent

    La France brûle, les moyens manquent

    Posté devant les flammes de l’incendie hors-norme de Gironde, qui a brûlé 50 000 hectares et coûté la vie à deux pompiers depuis le 22 juillet, un sapeur témoigne sur France 3 Aquitaine : « On essaie de dormir 3 ou 4 heures par nuit, mais les organismes commencent à être touchés. Pour moi, comme pour les collègues, ça commence à tirer ». Le même jour sur franceinfo, un autre s’indigne : « Non, on n’est pas assez nombreux. Mais on fait comme on peut, parce que c’est la guerre. »

    Pourtant, les cris d’alerte ne datent pas d’hier. En 2021 déjà, dans le cadre d’un conflit social porté par les sapeurs-pompiers pour obtenir une meilleure rémunération, la CGT des Services départementaux d’incendie et de secours (Sdis) pointait la perte de 1 000 camions dédiés à la lutte contre les incendies entre 2000 et 2020. « Le problème en France c’est que, schématiquement, nous n’avançons que lorsqu’on affronte une catastrophe. Un an plus tard, après les mégafeux de 2022 [60 000 hectares de forêt ont brûlé cette année-là dans le pays, ndlr], le Président a fait de grandes annonces et a promis de 1 080 nouveaux véhicules », note Sébastien Delavoux, sapeur-pompier et représentant syndical de la CGT Sdis. Des annonces positives, mais tardives et insuffisantes selon le syndicaliste : « D’abord parce qu’il faut attendre 2027 et 2028 pour que tout soit livré, ensuite parce que cette nouvelle flotte ne comblera pas le vide, car elle remplacera une partie des engins aujourd’hui devenus trop vétustes ».

    Penser une réponse durable

    Les déficits d’effectifs humains ont eux aussi été signalés par la CGT Sdis, dans un communiqué d’octobre 2025. Le document indique, notamment, que le nombre d’hommes de rang volontaires, regroupant les grades de sapeur et de caporal, est passé de 161 230 en 2002 à 123 453 en 2023. Une évolution préoccupante alors même que le risque incendie s’est étendu dans l’espace comme dans le temps depuis les années 2000, sous l’effet du changement climatique, selon le ministère de la Transition écologique. « Il faut interroger la centralité des pompiers volontaires et embaucher davantage de professionnels qui puissent garantir une disponibilité sur tout le territoire », souligne Sébastien Delavoux.

    Mais ces perspectives d’embauche restent limitées par les moyens des Départements, en charge d’une large partie du financement des Sdis. De quoi pousser l’association des Départements de France à réclamer, lundi, dans un communiqué, « l’ouverture immédiate d’une réforme du financement des Sdis, assortie de ressources nouvelles, pérennes et à la hauteur des risques auxquels notre pays est désormais confronté ».

    Au-delà des manques de moyens constatés directement chez les pompiers, Sébastien Delavoux dénonce des coupes budgétaires chez d’autres acteurs de la prévention : « Le nombre d’agents de l’Office national des forêts (ONF) est passé de 12 500 à 8 000 en vingt ans. Évidemment que ça dégrade l’entretien de la forêt. Leur travail ne se voit pas, mais est essentiel ».

    Dans un communiqué, mardi, la CGT nationale, qui souhaite « rendre obligatoire et automatique la libération effective des pompiers volontaires par leurs employeurs pendant les interventions », plaide elle aussi pour « renforcer les effectifs de pompiers professionnels et les moyens matériels ». Le syndicat réclame par ailleurs la sortie d’une logique de gestion de crise et l’engagement de véritables politiques de prévention, d’adaptation et de renforcement des moyens publics face à une crise climatique devenue durable.

    D’après les projections de Météo France, au sujet des feux de forêts, le nombre de jours à risque élevé devrait être multiplié par deux d’ici 2050, du fait du réchauffement climatique.

  • À l’abri du soleil, le filon touristique des grottes

    À l’abri du soleil, le filon touristique des grottes

    À mesure que le thermomètre grimpe, les touristes descendent. Sous les causses, les Cévennes ou les gorges de l’Hérault, les grottes d’Occitanie offrent une échappée spectaculaire à la fournaise : 12 °C aux grottes de Presque, dans le Lot, 13 °C au gouffre de Padirac, 14 °C à Trabuc et à la Cocalière, dans le Gard, ou encore 15 °C à Clamouse, dans l’Hérault. Une climatisation naturelle, façonnée goutte après goutte depuis des millénaires.

    Dans le Lot, la fréquentation des grottes de Presque a bondi de 25 à 30 % avec les fortes chaleurs. Les visites se concentrent désormais l’après-midi, lorsque le mercure atteint son sommet. Même mouvement à Bédeilhac, en Ariège, où la fréquentation estivale aurait triplé en cinq ans. « Le public répond présent quand il pleut ou qu’il fait chaud, nous restons un bon plan B », constate Anne Imbert, directrice de la grotte de Trabuc.

    Un refuge qui se réinvente

    Mais les cavités ne veulent plus être seulement des salles de repli climatiques. À Trabuc, des visites nocturnes à la bougie métamorphosent cascades, lacs et cristaux. La Cocalière mise sur des ateliers consacrés à la biodiversité cévenole et sur un parcours de spéléologie accessible dès 12 ans, qui emprunte en sens inverse l’itinéraire suivi par les découvreurs de la grotte dans les années 1950. À Clamouse, tyroliennes, ponts de singe et escape game prolongent l’immersion souterraine. Des formules plus ludiques et sportives qui permettent aux sites de renouveler leur public, notamment familial, tout en transmettant des connaissances sur la géologie, l’eau et les écosystèmes souterrains.

    Cette fraîcheur n’est pourtant pas hors du monde. Enfoncée à une centaine de mètres sous la montagne, Trabuc ressent les dérèglements de la surface avec retard, mais ne peut « d’aucune manière » s’en isoler, prévient Anne Imbert. « Nous allons subir les effets du changement climatique, mais en décalage », résume-t-elle. Les réserves d’eau y tiennent encore, tandis que l’humidité et la roche préservent un air plus respirable. Une stabilité précieuse, mais pas éternelle : les variations de température et de pluviométrie pourraient, à terme, modifier l’équilibre hydrologique de ces écosystèmes fragiles et ralentir la formation des concrétions. Refuges temporaires face aux canicules, les grottes en racontent donc aussi la progression. Sous terre, les visiteurs retrouvent leur souffle ; à la remontée, la chaleur rappelle combien cette parenthèse demeure fragile.

  • À La Ciotat, des détritus échangés contre des « créations uniques »

    À La Ciotat, des détritus échangés contre des « créations uniques »

    « Chaque sac de déchets ramassé sur la plage donne droit à une pièce de monnaie sauvage ». L’association Sauvage Méditerranée, engagée dans la revalorisation de déchets sauvages, a officialisé le lancement de leur nouveau dispositif à La Ciotat, ce 23 juillet. L’occasion de présenter les différentes boutiques partenaires du projet.

    Un engagement à l’année

    Depuis 2018, Sauvage Méditerranée recycle plastique, filets de pêche ou même voiles de bateau, en bijoux, sacs ou tableaux. Des « créations uniques et écoconçues », précise la structure dans un communiqué. Ces créations sont proposées sur une boutique en ligne. Les bénéfices sont en partie reversés à des associations de protection de l’environnement. Jusqu’au 9 août, les déchets ramassés sur la plage deviennent donc monnaie d’échange : chaque pièce de monnaie équivaut à un bon d’achat de 5 euros dans la boutique éphémère de l’association, baptisée Quel Pot !, à La Ciotat.

    Chez Sauvage, la « consommation responsable et éthique » ne s’estompe pas après l’été. Confectionnée à Aix-en-Provence à partir de déchets préalablement ramassés dans la nature, cette « monnaie sauvage » continuera d’être distribuée toute l’année aux bénévoles des associations Les Dynamos, Alternatiba et l’Atelier Bleu, afin de « découvrir d’autres associations qui œuvrent pour la transition écologique et sociale à La Ciotat ». À ce jour, plus de 50 commerces acceptent cette monnaie entre Marseille, La Ciotat et Toulon. « Une manière de revenir vers nos commerces de proximité », juge l’association.

    Andréa Goyard-de Castro

  • [Kallisté] La posidonie sur nos plages : pas de quoi bisquer !

    [Kallisté] La posidonie sur nos plages : pas de quoi bisquer !

    Chaque été, les feuilles brunes accumulées sur certaines plages corses provoquent les mêmes réactions. Elles sont parfois accusées de gâcher le paysage, de dégager une odeur désagréable ou de salir le sable. Pourtant, la posidonie n’est ni une algue ni un déchet, mais une véritable plante à fleurs qui pousse uniquement en Méditerranée.

    Sous la mer, elle forme de vastes herbiers, comparables à des forêts sous-marines. Ils oxygènent l’eau, stockent du carbone et offrent nourriture, abri et lieu de reproduction à de nombreuses espèces. Ils contribuent également à stabiliser les fonds marins.

    Comme les arbres perdent leurs feuilles, la posidonie renouvelle naturellement les siennes. Les feuilles mortes sont alors ramenées vers le rivage par les vagues et forment ce que l’on appelle des « banquettes ». En amortissant la houle et en retenant le sable, celles-ci constituent une protection naturelle contre l’érosion.

    Une espèce protégée qui protège les plages

    Leur présence est donc parfaitement normale et témoigne généralement de l’existence d’herbiers à proximité. Un rivage entièrement débarrassé de ses éléments naturels n’est pas forcément plus propre ni en meilleure santé.

    À Santa Giulia, près de Porto-Vecchio, deux opérations mécanisées ont récemment suscité des interrogations. Comme l’a indiqué Corse-Matin, elles avaient bien été autorisées. Cet épisode rappelle néanmoins que la posidonie est une espèce protégée, y compris lorsqu’elle est échouée, et que sa gestion doit rester strictement encadrée et adaptée à chaque site.

    Alors, si quelques feuilles brunes s’invitent au bord de votre serviette, inutile de bisquer : elles ne salissent pas le littoral. Elles racontent la vie de la Méditerranée et contribuent surtout à protéger nos plages.

  • [Entretien] Serge Perottino : « La gestion des déchets est notre combat permanent »

    [Entretien] Serge Perottino : « La gestion des déchets est notre combat permanent »

    La Marseillaise : En pleine campagne de sensibilisation, quel constat faites-vous concernant les déchets dans la Métropole ?

    Serge Perottino : On produit près de 600 kg de déchets par habitant et par an, bien au-dessus de la moyenne nationale. On est aussi le pire élève en matière de tri, où on accumule un énorme retard sur les autres régions. D’où tout ce travail de sensibilisation pour forcer et inciter les gens à trier. Pourtant, moins on trie, plus le coût de la gestion des déchets augmente. Chacun doit comprendre une chose : celui qui pollue fait payer tout le monde. C’est un travail de pédagogie de longue haleine, mais il n’y a pas de raison que nous n’arrivions pas à faire aussi bien que d’autres régions.

    Quel volume de travail représente la collecte des déchets au quotidien ?

    S.P. : 4 200 agents sont mobilisés sur tout le territoire de la Métropole. C’est le plus gros service collecte de France. Ils font un travail remarquable, malgré tout ce qui peut être dit sur eux. Ils ramassent le matin, le soir et même la nuit. Le travail est fait, mais il y a toujours plus de déchets. On a les moyens, le matériel et la stratégie, mais on s’aperçoit que les gens ne jouent pas le jeu.

    Cette campagne de sensibilisation n’est pas la première menée par
    la Métropole. Observez-vous une évolution au fil des années
     ?

    S.P. : On commence à voir des résultats. Les slogans des campagnes sont volontairement choisis pour attirer l’attention et marquer les esprits. Il faut avoir en tête que, quand on jette un mégot dans un caniveau à Cadolive, tôt ou tard, il arrive sur la plage du Prado à Marseille. Quand on dit « l’été passe, les déchets restent », les gens comprennent que le meilleur déchet, c’est celui qu’on ne crée pas. On a aussi simplifié le système de tri : systématiquement, des poubelles jaunes sont mises à côté des poubelles d’ordures ménagères. On a également fait un travail sur la collecte du carton en mettant à disposition des sites spécialement dédiés. Il n’y a pas de solution phare qui va tout révolutionner. La gestion des déchets est notre combat permanent, car il faut toujours faire une piqûre de rappel. Il n’y a pas si longtemps qu’on fait tout ce travail de communication en termes de gestion des déchets, donc ce n’est pas encore tout à fait rentré dans les mœurs.

    Les touristes sont-ils aussi un public à sensibiliser ?

    S.P. : Pas forcément. Ceux qui viennent des autres régions de France sont plus disciplinés en termes de collecte et de tri. Même chose pour ceux venant de l’étranger. Les pays anglo-saxons sont à 100 kg par an de gestion de déchets, contre 200 kg sur les meilleures régions françaises.

    Comment convaincre que jeter un simple mégot ou un sac plastique n’est pas un geste anodin ?

    S.P. : En rappelant les faits : un mégot met trois ans à se décomposer et pollue 500 litres d’eau. Pour un sac plastique, il faut attendre 450 ans. C’est sans compter tous les sinistres que causent les déchets une fois dans l’eau. La nature absorbe, mais pendant qu’elle absorbe du plastique, elle ne fait pas pousser d’arbre.

  • Des missions éco-gestes menées sur tous les fronts

    Des missions éco-gestes menées sur tous les fronts

    Joue à trier tes déchets », indique une bannière. Ce mardi, une quarantaine d’enfants âgés de 7 à 12 ans ont troqué la baignade contre le tri sélectif, sur la plage de Corbières. Le mot d’ordre, « apprendre à protéger l’environnement de façon ludique », souligne Hedi Ramdane, adjoint au maire de Marseille, délégué à la propreté. Le dispositif est mis en place par la Ville, en collaboration avec les centres d’animation municipaux des 2e-3e et 15e-16e arrondissements.

    « Je viens souvent à la plage, c’est la deuxième fois que je fais un atelier sur le tri des déchets », explique Malik, 10 ans, habitué aux animations proposées à Corbières. Une familiarité qui n’est pas un hasard. « L’idée, c’est de sensibiliser les Marseillaises et les Marseillais dès le plus jeune âge », insiste l’adjoint au maire, convaincu que le message se propage dans l’entourage de la jeunesse. L’élu précise : « Moi, j’ai commencé à trier quand mes enfants me l’ont dit. Lorsqu’ils sont sensibilisés, ils sensibilisent leurs parents, leurs grands frères, leurs grandes sœurs, peut-être même leurs grands-parents ! »

    Sensibiliser

    tout en s’amusant

    Au programme de cet après-midi, un escape game en plein air, dédié au tri et à la lutte contre l’abandon des déchets. Une mystérieuse poubelle est verrouillée, accompagnée d’un « guide du tri » qui liste les différents déchets du quotidien. « Emballage de yaourt, sac-poubelle, mégot… », lisent les enfants à la recherche d’indices pour résoudre les énigmes et ainsi ouvrir la poubelle. « Avez-vous vu des déchets quelque part sur la poubelle ? », demande l’animatrice Claudia, qui tente de les mettre sur la bonne piste. Les sept jeunes participants réfléchissent ensemble dans le but de retrouver le trajet des déchets jetés en mer, en reliant les continents par les océans. « On a appris plein de choses ! Trier, c’est bon pour la santé, parce que quand on pollue l’océan, le plastique se retrouve dans ce qu’on mange », racontent Mehdi et Adam, 11 et 10 ans.

    À l’ombre sous la tonnelle, un autre atelier consiste à placer des magnets à l’effigie des déchets du quotidien sur les poubelles correspondantes. « Les enfants vont avoir un moyen mnémotechnique de retenir dans quelle poubelle mettre leurs déchets », explique l’adjoint délégué à la propreté. « Dans la poubelle jaune, il y a les emballages et le carton, dans la verte, il y a le verre, et dans la noire, il y a le reste », se rappelle Saïda, 12 ans, après l’activité.

    En fin d’après-midi, une boîte à goûter à l’effigie de la Ville de Marseille est distribuée aux enfants pour encourager « les pratiques de goûter zéro déchets ». « Quand je vais revenir à la plage, je vais l’utiliser », s’enthousiasme Mehdi.

    « Il n’y a rien de mieux que de miser sur la jeunesse »

    Lancé le 2 mai, le dispositif s’appuie sur les services propreté de la Ville et sur l’entreprise Citeo, engagée dans le tri et le recyclage des déchets. Hedi Ramdane annonce « 95 opérations au cours de l’été, sur 17 sites ». « On souhaite s’adresser à toute la population marseillaise, dans toutes les plages et tous les parcs. Les 5 000 Marseillais sensibilisés, aujourd’hui, parleront peut-être à 5 000 autres », projette l’élu.

    Une fois les jeux terminés, les enfants se dépêchent de retourner dans l’eau. L’opération est réussie aux yeux de Malik, 10 ans, qui affirme vouloir « faire passer le message » à sa famille et ses amis. À ses côtés, Maïssa, 12 ans, résume avec sagesse : « Si tu aimes la nature, tu auras besoin de la nature ; trier, c’est quelque chose à faire pour tout le monde. »

    Andréa Goyard-de Castro

    TEMPS DE DÉCOMPOSITION

    De 3 mois à 1 an

    En ce qui concerne les déchets organiques, les mouchoirs, le papier toilette et les tickets de métro, s’ils ne sont pas recouverts de plastique.

    De 3 à 5 ans

    Pour les chewing-gums et les mégots. Un seul mégot pollue 500 litres d’eau, même décomposé : ses substances persistent dans l’océan.

    Plus de 100 ans

    Au sujet des canettes en aluminium, sacs en plastique, pneus en caoutchouc, serviettes hygiéniques, filets de pêche, piles au mercure…

    4 000 ans

    Pour une seule bouteille en verre, en raison de sa composition en polymères résistants à la décomposition sous-marine.

  • Le feu des Hautes-Alpes gagne du terrain

    Le feu des Hautes-Alpes gagne du terrain

    Alors que le préfet des Hautes-Alpes disait le feu « contenu » jeudi, l’incendie du secteur du Bois Noir a très rapidement progressé et pratiquement doublé de volume, vendredi, « poussé par des vents forts ». « C’était une journée charnière, il fallait absolument tenir aujourd’hui », a déclaré le préfet vendredi soir, alors que Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, s’est rendue sur place. « Les conditions étaient particulièrement défavorables : hier, alors que le vent se tassait en fin de journée habituellement, il a continué de souffler toute la nuit, attisant les flammes. » 260 personnels étaient mobilisés vendredi soir, dont 90 sapeurs-pompiers des Hautes-Alpes, renforcés par des moyens extra-départementaux, 77 militaires et 70 engins.

    « Une vraie fourmilière s’active autour de l’incendie depuis plusieurs jours. Le détachement d’intervention spécialisé (DIS) poursuit la progression à pied, avec plusieurs dizaines de kilos de matériel sur le dos », ont indiqué les sapeurs-pompiers des Hautes-Alpes. « Leur mission : atteindre les zones difficiles d’accès, ouvrir des cheminements, déployer des centaines de mètres de tuyaux… Pendant des heures, ils évoluent dans la fumée, la chaleur et un relief particulièrement exigeant. » Le SDIS 05 compte 92 sapeurs-pompiers dans ce détachement d’intervention spécialisé.

    « La situation aurait dû être anticipée »

    Dans un communiqué diffusé vendredi, c’est au tour des communistes de déplorer la gestion de cet incendie et les délais d’intervention. « La situation aurait dû être anticipée, regrette Sophie Delfino, secrétaire départementale du PCF. On trouve des moyens quasi illimités pour la guerre, mais pas pour l’Office national des forêts, pas pour les pompiers qui subissent une situation catastrophique et sont empêchés de remplir leur mission, pas pour les collectivités locales et les maires se trouvent démunis face à cette situation. »