Category: environnement

  • 12 444 observations lors du « City Nature Challenge »

    12 444 observations lors du « City Nature Challenge »

    « Pour la troisième année consécutive, les Marseillaises et les Marseillais ont relevé le défi en dépassant cette fois les objectifs fixés et en faisant de Marseille la première ville de France métropolitaine du City Nature Challenge », se félicite la mairie dans un communiqué. Avec 12 444 observations recensées, Marseille se classe deuxième après la Guyane et dépasse largement son objectif initial de 10 000 observations.

    Deux nouvelles espèces de Gobies

    « Cette performance permet à la Ville d’intégrer pour la première fois le Top 100 mondial sur 754 territoires participants, en se hissant à la 52e place, mais également de devenir la 1ère ville de France métropolitaine de ce défi pour la deuxième année », souligne la Ville. Parmi les surprises de cette édition, deux espèces de gobies ont été observées pour la première fois dans les eaux marseillaises : le Gobie de Lesueur (Lesueurigobius suerii) et le Gobie de Massutí (Buenia massutii).

    Les observations ont couvert une grande diversité de milieux, des rues urbaines jusqu’aux espaces naturels protégés, en passant par le littoral. « Cette approche globale permet une meilleure connaissance de notre biodiversité ordinaire et remarquable, au service de la recherche et de la préservation », souligne la mairie.

  • [Exclusif] Pollution aux Riaux : l’État savait depuis un an

    [Exclusif] Pollution aux Riaux : l’État savait depuis un an

    Pour la mairie de secteur, l’alerte est tombée inopinément à la fin du mois d’avril, lorsque l’Agence régionale de santé (ARS) a demandé à publier sur son site internet un message pour informer les habitants des risques de pollution. « Dans le cadre de la mise en sécurité du site de la société Recylex, en liquidation judiciaire, une pollution aux dioxines et furanes a récemment été découverte sur le terrain », expliquent l’ARS et la préfecture dans une communication conjointe à destination des riverains. Et d’annoncer la réalisation de prélèvements dans le voisinage de ces 80 hectares de friches situées sur les hauteurs des Riaux, dans le 16e arrondissement de Marseille.

    « Cela a créé un petit affolement pour l’école de l’Estaque », reconnaît le maire (PCF) du secteur, Jean-Marc Coppola, même si finalement l’établissement n’est pas dans le périmètre des prélèvements préconisés. Certes, la pollution n’est pas un sujet nouveau pour les riverains de ces sites industriels exploités en continu de 1883 à 2001 pour produire sulfate de soude puis plomb avant de traiter les minerais de cobalt et aurifères. L’alerte avait ainsi été déjà donnée aux habitants sur la présence de plomb et d’arsenic. « Ceux qui ont connu l’exploitation des usines ont déjà eu des analyses il y a quinze ans, explique Jean-Marc Donjon, le président du comité d’intérêt de quartier (CIQ) des Riaux. Mais les nouveaux Estaquéens découvrent le sujet. Ils ont été surpris de cette communication abrupte de l’ARS. »

    Un chantier jusqu’en 2027

    Les analyses qui ont décelé la présence de ces nouveaux polluants avaient pourtant été réalisées en novembre 2024, et leurs résultats transmis à la Direction régionale de l’environnement (Dreal) début 2025. C’est une expertise rendue en novembre 2023 suite à la liquidation en 2021 de l’entreprise propriétaire du site Recylex (ex-Metaleurop) qui a sonné l’alerte. Au moment de recenser les travaux de dépollution restant à réaliser, elle relevait qu’il n’existait aucune donnée concernant les concentrations en dioxines et furanes dans les sols. Classés parmi la « sale douzaine » des polluants organiques persistants, ces composés chimiques peuvent endommager le système immunitaire et provoquer des cancers, explique l’Organisation mondiale de la santé. Et les services de l’État, dès 2008, avaient exigé de Recylex que ces analyses soient effectuées. « Les investigations, réalisées en novembre 2024, ont permis de mettre en évidence des concentrations significatives de dioxines et furanes sur l’ensemble de l’emprise investiguée, relate le rapport d’une inspection réalisée le 20 juin. Au vu de l’historique de la zone et de la présence d’une zone résidentielle à proximité du site, il est fort probable que de tels polluants soient présents aux abords. » Un an et demi après, l’ARS recommande aux habitants de se laver soigneusement les mains après avoir joué ou travaillé en extérieur, de passer la serpillière plutôt que le balai, d’éviter de consommer œufs, fruits et légumes du jardin.

    « Il faut qu’on dissipe le caractère anxiogène du message pour ceux qui le découvrent », rassure Jean-Marc Coppola, qui a réuni ARS et préfecture après avoir été informé. Une rencontre qui a débouché sur l’organisation d’une réunion publique d’information ce jeudi au centre municipal d’animation Estaque-Riaux afin de faciliter le travail de prélèvements auprès des habitants. Et connaître, enfin, les conséquences de cette pollution, alors que la mise en sécurité du site, initialement prévue pour 2002 avec une enveloppe de 40 millions d’euros, reste encore inachevée. Poussant la préfecture le 9 septembre dernier à mettre en demeure le liquidateur judiciaire, en lui ordonnant de finir les travaux d’ici au 30 octobre 2027.

  • Une décision de justice cruciale pour la posidonie

    Une décision de justice cruciale pour la posidonie

    France nature environnement (FNE), partie civile dans l’affaire, s’était félicité de la décision du tribunal maritime de Marseille, le 22 novembre 2024 qui avait créé une jurisprudence, reconnaissant le préjudice écologique porté aux herbiers de posidonie causé par les ancrages illégaux. Deux capitaines de yachts, hongrois et turc, le Take Off et My Falcon, avaient mouillé dans des zones interdites par arrêtés du préfet maritime de la Méditerranée et avaient été condamnés à verser respectivement 86 537 euros et 22 423 euros.

    « Une dizaine d’affaires de ce type ont été audiencées » en première instance devant ce même tribunal mais cinq capitaines ont fait appel explique Judith Sébert, juriste à FNE. Deux premières affaires arrivent ce mardi 26 mai en cour d’appel d’Aix-en-Provence. L’une concerne le capitaine du Belongers, un grand yacht d’environ 50 mètres qui avait écopé de 15 000 euros d’amende à Villefranche-sur-Mer pour avoir fait fi de la réglementation. L’autre, le capitaine du Saharet of Tyre, un voilier de 33 mètres, qui s’est fait prendre dans une zone interdite au nord de l’île de Porquerolles mais aussi près de la Corse, a été condamné en septembre 2025 à régler une amende de 100 000 euros.

    Un calcul pour évaluer

    le coût de la destruction

    « Tout va être redébattu avec le concours de biologistes ou de l’Office français de la biodiversité », précise Judith Sébert, car FNE ne compte pas lâcher l’affaire. « C’est une jurisprudence vraiment ambitieuse, impulsée par notre association », insiste la jeune femme.

    FNE présentera de nouveau son calcul pour étayer sa démonstration avec l’évaluation du coût écologique de la destruction. « Un calcul fondé sur les valeurs écosystémiques de la posidonie » qui apporte beaucoup à l’humain, rappelle la juriste. Cette plante à fleurs « endémique de la Méditerranée qui peuple les petits fonds côtiers, produit énormément de services » poursuit-elle. La posidonie constitue à la fois une zone d’habitat pour tous les invertébrés, tous les poissons des côtes, puits de carbone et assure aussi une production d’oxygène. « C’est vraiment [un garant de] la bonne santé de notre mer Méditerranée », martèle Judith Sébert.

    Concrètement, après une synthèse de nombreuses recherches scientifiques sur le sujet, FNE en arrive à 86 676 euros par hectare. Sachant qu’il faut, selon l’association, 25 ans minimum pour qu’un herbier se régénère tel qu’il était avant l’impact, que le tribunal maritime a lui retenu 13 ans, considérant qu’à partir de la première année la repousse est déjà effective, « on multiplie, donc, 86 676 euros par 13, par la surface abrasée par le mouillage », conclut Judith Sébert.

    S’il reste possible de renaturer l’espace détruit, « la transplantation de boutures de ces herbiers [doit être effectuée] par des personnes expertes » détaille FNE, car la manœuvre reste « très technique. » Raison de plus pour éviter de les anéantir au départ…

  • Martigues : les plages de Sainte-Croix et de la Saulce fermées

    Martigues : les plages de Sainte-Croix et de la Saulce fermées

    La décision est rare mais nécessaire. Ce dimanche 24 mai, suite au constat d’une pollution maritime, la Ville de Martigues a pris la décision de fermer les plages de Sainte-Croix et de la Saulce jusqu’à nouvel ordre, pour la sécurité des usagers en ce week-end prolongé de Pentecôte.

  • La municipalité marseillaise veut mettre la nature en vedette

    La municipalité marseillaise veut mettre la nature en vedette

    Dans les allées du parc du XXVIe-Centenaire, les deux anciens colistiers du secteur, Hervé Menchon (EELV) et Pierre Huguet (G.s) se prêtent volontiers aux activités de rempotage. Ce samedi, les deux adjoints ont inauguré le village nature installé dans le grand parc du 10e arrondissement à l’initiative de la municipalité pour la Fête de la nature.

    « Cette Fête de la nature rend visible l’invisible, permet de sensibiliser à la fragilité de notre territoire », met en avant l’adjoint écologiste à la biodiversité. Après l’adaptation de la lumière du parc pour protéger les espèces nocturnes, il promet d’étendre ces trames sombres sur d’autres espaces de la ville, en particulier le littoral. Pendant que les enfants découvrent animaux et plantes de la ville, cette fête est l’occasion pour la municipalité de défendre son action, en particulier dans ce secteur qui a basculé à l’extrême droite. «Si on compte ce qu’on a investi dans ce parc dans le précédent mandat et ce qu’on prévoit d’investir dans ce mandat, c’est 3,5 millions d’euros», glisse Pierre Huguet, face à la renaturation engagée d’un parc trop longtemps laissé à l’abandon. Désormais doit y être engagé le chantier de l’étanchéité des bassins.

    Pour le grand public, la Fête de la nature se poursuit ce dimanche avec une journée festive au parc de la Ravelle (13e arr.), autour du Jarret. «Symboliquement, il y a une fête en amont et en aval du Jarret», sourit Hervé Menchon : la rivière coule aussi sous le parc du XXVIe-Centenaire.

  • [Les espèces qui peuplent nos parcs] Dans le parc des Calanques, l’agave d’Amérique

    [Les espèces qui peuplent nos parcs] Dans le parc des Calanques, l’agave d’Amérique

    Originaire d’Amérique du sud, l’agave (Agave americana) a été introduit par l’homme comme plante d’ornement. Très compétitive, elle s’est échappée des jardins pour coloniser les espaces naturels où elle entre en concurrence avec les espèces locales. L’agave d’Amérique est une succulente de couleur vert bleuté. La sève de l’agave est irritante et peut provoquer des rougeurs et des cloques. Irritation, en partie, causée par l’oxalate de calcium qui provoque des dégâts vasculaires sur la peau, et peut resurgir après un an.

  • Le Domaine du Rayol doublement récompensé

    Le Domaine du Rayol doublement récompensé

    Il est l’un des diamants les mieux protégés du littoral méditerranéen, que la France entière envie au Var. Propriété du Conservatoire du Littoral, le Domaine du Rayol est un espace naturel protégé de 20 hectares de jardins paysagers composés de la flore de régions du monde biologiquement semblables à la sienne, et de 14 hectares maritimes, ouvert tous les jours de l’année. Jonché sur la corniche des Maures, au Rayol-Canadel-sur-Mer, entre le Lavandou et Saint-Tropez, en face des Îles d’Hyères, il est une nouvelle fois primé pour son engagement en faveur de la nature et du territoire, à travers ses actions de sensibilisation, de recherche et de conservation autour de la biodiversité méditerranéenne

    Le 9 avril dernier, il s’est vu remettre le Trophée « Esprit du Golfe » par l’Union patronale du Var (UPV) lors des 8e rencontres de l’économie du Golfe de Saint-Tropez. Un prix qui vient consacrer le Domaine en tant que « joyau touristique dans un espace naturel protégé, terrestre et maritime inscrit dans son territoire depuis 35 ans », et qui vient saluer l’engagement de ses équipes, sous la coupe de sa directrice Sybille Bernard, dans la préservation et le partage de ce site d’exception, qui revendique quelque 100 000 visiteurs chaque année.

    Un appel à financement pour le projet Bastidon

    La seconde distinction a été remise le 5 mai par le conseil départemental du Var à l’occasion de la 2e édition des Prix de l’innovation du département. Le Domaine du Rayol s’est vu remettre le Prix thématique « Valoriser notre terroir », pour sa pépinière d’acclimatation. Celle-ci a été conçue pour anticiper les effets du réchauffement climatique sur les paysages méditerranéens et viser une gestion durable de l’eau, en développant des essences végétales en provenance du monde entier, et reconnues pour leur résistance au stress hydrique. Ce projet permet de réduire l’irrigation des aménagements paysagers, avec pour ambition d’offrir aux professionnels, aux collectivités et aux particuliers des solutions scientifiquement éprouvées afin d’adapter leurs espaces verts. Ces deux prix viennent renforcer le développement du projet phare du domaine : la transformation du Bastidon, demeure construire au début du XXe siècle, dans laquelle résidait le chef jardinier, en galerie botanique immersive. Son ouverture est prévue pour 2028. Conçue autour de scénographies innovantes et de dispositifs sensoriels pédagogiques, elle visera à offrir aux visiteurs une plongée immersive au cœur de la biodiversité méditerranéenne.

    Une réalisation unique en Europe, qui bénéficie déjà du soutien de plusieurs partenaires nationaux et locaux : la Région Sud, le Département du Var, la Fondation du patrimoine, la Mission Stéphane Bern et Loto du patrimoine (130 000 € attribués en décembre 2025)… Et pour réaliser son ambition, elle lance désormais un appel aux entreprises et acteurs économiques du Var et de la région Sud, qui pourront, en tant que mécènes locaux, bénéficier du rayonnement d’un acteur économique et environnemental majeur. Mais surtout, œuvrer à la protection et à la mise en valeur de notre bien commun.

  • Cécile Albert, chercheuse au CNRS : « Avec BioValidR, nous aiderons à choisir où restaurer les habitats naturels »

    Cécile Albert, chercheuse au CNRS : « Avec BioValidR, nous aiderons à choisir où restaurer les habitats naturels »

    La Marseillaise : Début 2026, vous avez décroché une bourse du Conseil européen de la recherche pour mener le projet BioValidR. De quoi s’agit-il ?

    Cécile Albert : C’est une suite du projet Scaled qui s’achève cette année. Nous avons montré à quel point le nombre d’habitats et leur accessibilité étaient importants pour la biodiversité à différentes échelles, mais dans des conditions assez simples. Nous testerons la même chose dans des conditions plus proches du réel pour aboutir à des résultats plus concrets permettant d’aider à bien choisir où restaurer les habitats naturels. Pour cela, nous adopterons une approche inédite : tester des aménagements avec des modèles vivants sur une maquette inspirée d’un vrai territoire.

    Lequel ?

    C.A. : Celui de Plaine Commune Grand Paris (Seine-Saint-Denis). Le paysage sera construit en se calquant sur la carte du territoire, en mettant les zones favorables là où eux ont des parcs ou des zones boisées et les zones défavorables là où eux ont des autoroutes, des lignes ferroviaires… Nous pourrons tester différentes stratégies d’aménagement et évaluer comment cela modifie la dynamique des populations de collemboles qui évolueront dans ces maquettes.

    Il y a une demande de la part de ce territoire ?

    C.A. : Oui et cela ne vient pas de nulle part. C’est aussi la suite d’un autre projet (FAR) qui est en cours et qui vise à créer des scénarios de renaturation du territoire avec les habitants dans une démarche à la fois scientifique et artistique. Nous utiliserons ces scénarios pour les tester dans BioValidR.

  • Plus d’habitats ou de connectivité ? Vers la fin d’une controverse en écologie

    Plus d’habitats ou de connectivité ? Vers la fin d’une controverse en écologie

    Folsomia candida aime vivre au milieu des feuilles d’arbres en décomposition. Et pour cause, ce petit arthropode se nourrit des champignons qui y poussent. À l’Institut méditerranéen de biodiversité et d’écologie marine et continentale (Marseille), Cécile Albert en a placés dans des petits récipients avec tout ce qu’il leur faut. Avec sa doctorante, la chercheuse CNRS voulait observer s’ils parvenaient à atteindre d’autres petites poches d’habitat favorable à quelques centimètres. Mais pour cela, il leur fallait arpenter un milieu plus ou moins hostile : du tissu bien lisse où il est facile de se déplacer, de la toile de cerf-volant avec de l’électricité statique ou encore de la feutrine avec des fibres dans tous les sens. « L’accessibilité des habitats favorables -qui dépend de la distance à parcourir et de la perméabilité du milieu- est un facteur clé de la survie des populations », résume la chercheuse, dernière autrice d’un article paru dans Ecography.

    L’étude s’inscrit dans le projet européen Scaled qui vise à clore une controverse en écologie sur l’impact de la fragmentation des habitats sur la biodiversité. « Deux camps s’affrontent », assure Cécile Albert. Pour favoriser la biodiversité, certains pensent que seule la quantité d’habitats naturels compte, qu’il faut en restaurer et ne pas en perdre. D’autres pensent que les pertes en quantité peuvent être compensées en connectant mieux les habitats fragmentés qui subsistent.

    Visions différentes

    « Nos résultats indiquent que les deux importent », souligne Cécile Albert. Car si l’expérience en laboratoire montre que l’accessibilité des habitats favorise la survie des populations, une autre expérience à plus grande échelle a montré autre chose. Il s’agissait d’observer des araignées et autres scarabées dans la plaine de la Crau (Bouches-du-Rhône). L’arrangement spatial de l’habitat n’a eu aucun effet. « Mais la quantité jouait un rôle important », pointe la chercheuse. Une dernière partie du projet sur l’écureuil roux tend à montrer qu’il existe probablement une interaction entre quantité d’habitats et fragmentation. Les résultats sont en cours d’analyse.

    « La vraie question ne serait donc pas de savoir ce qui est le plus important mais dans quelles conditions favoriser l’un ou l’autre », résume la chercheuse pour qui la controverse viendrait du point de départ et de la vision de chacun des camps. « Ceux qui donnent de l’importance à la connectivité ont une approche théorique qui se focalise sur les flux d’individus entre habitats, pointe-t-elle. Ceux qui pensent avant tout à la quantité d’habitats viennent de l’écologie des paysages et ont une approche plus empirique. La notion d’accessibilité des habitats pourrait faire le pont entre les deux points de vue. » Le projet Scaled prend fin cette année. Et peut-être avec lui une controverse qui dure depuis les années 1970.

  • Anne Claudius-Petit : « On a des richesses de biodiversité qu’il faut absolument conserver »

    Anne Claudius-Petit : « On a des richesses de biodiversité qu’il faut absolument conserver »

    La Marseillaise : Pouvez-vous nous expliquer en détail la synthèse
    de Regard sur la Nature
     ?

    Anne Claudius-Petit : Cette synthèse, on la constitue grâce à des observations qui ont lieu toute l’année et qui sont collectées dans un observatoire régional de la biodiversité qui est mené par la Région Sud, la DREAL et l’Office français de la biodiversité au sein de notre agence. Pour avoir une idée de l’efficacité des politiques publiques, on a certains indicateurs présents depuis longtemps et qui nous permettent d’avoir un bilan, sur tout ce qui a été mis en place pour protéger certaines espèces, pour en revenir ou pour poursuivre ces actions.

    Publier votre bilan à l’occasion de la journée mondiale de la biodiversité vous permet-il de toucher beaucoup de personnes ?

    A.C-P : Évidemment, on calcule pour que ça tombe à cette date du 22 mai. C’est le moment parfait où l’on peut capter l’attention des médias. On a tout autour de nous un réseau de structures, de collectivités locales engagées et qui sont sensibles à la question. Mais là l’idée c’est d’aller un peu plus loin qu’une journée mondiale de la biodiversité, on veut essayer de parler à un maximum de personnes de la biodiversité de notre région, de notre territoire qui est touché par le réchauffement climatique. Donc on veut à tout prix sensibiliser les habitants de la région à travers cette journée et ce bilan et leur faire comprendre que la biodiversité fait partie de notre quotidien.

    En quoi cette initiative vous permet d’aller au-delà de la simple interpellation des habitants ?

    A.C-P : On veut également toucher les collectivités locales, les institutions, et les entreprises qui s’engagent. On veut faire découvrir que, lorsque l’on a une stratégie qu’on partage, on peut commencer à avoir des résultats. Le maire peut être un vrai atout pour nous, on veut lui donner des éléments et faire comprendre que quand on a les moyens de mettre en place des stratégies, des actions ciblées sur les problématiques qui sont à l’échelle d’un village ou d’une ville, de voir des résultats au cours du mandat, c’est un message politique intéressant pour lui et pour nous. C’est assez rare de pouvoir avoir des leviers d’action qui sont visibles par la population au cours d’un mandat.

    Une stratégie régionale 2025-2035 a été mise en place, mais comment voyez-vous la biodiversité dans notre région dans 9 ans ?

    A.C-P : On se doute et on sait que le réchauffement climatique va continuer à faire ses effets, donc nécessairement, on se doute que la biodiversité va évoluer. Je pense que la biodiversité dépend de l’altitude. Donc effectivement la biodiversité va changer, il faudra surtout veiller à accompagner ces changements. Par contre sur toutes les autres pressions, on peut agir et tout ce qu’on a déjà commencé fait déjà effet, ça réduit au moins une partie des pressions sur la biodiversité. Ça serait un bel exploit d’arriver à préserver la biodiversité qui est endémique, c’est-à-dire vraiment spécifique de notre biodiversité méditerranéenne. On a des richesses de biodiversité qu’il faut absolument conserver.

    Entretien réalisé par Noa Armony