Category: edito

  • Rideau !

    Rideau !

    Sous le signe de l’instabilité. L’année 2025 n’aura pas permis
    de solder les effets
    de la dissolution décidée
    par le président de la République à la demande de l’extrême droite l’année précédente. Bien au contraire, le pays s’est enfoncé dans la crise politique et dit au revoir
    à 2025 sans avoir pu être doté d’un budget. Sans légitimité ni majorité, Sébastien Lecornu est pourtant toujours Premier ministre. La condamnation de Marine Le Pen ne semble pas briser la montée de l’extrême droite dans les sondages. Et si les forces de gauche se regroupent en vue des municipales, c’est sans LFI qui préfère regarder vers 2027 que vers 2026.

    Au plan international, l’instabilité aussi est de mise. Le cessez-le-feu à Gaza, décrété depuis le 10 octobre, n’a pas donné l’occasion à la population civile de sortir de sa détresse absolue. Pire, 400 Palestiniens ont été tués depuis son instauration. La reconnaissance de la Palestine par la France n’aura pas stoppé les velléités de colonisation de la Cisjordanie par les extrémistes israéliens.

    Nouvelle dimension

    En Ukraine, les négociations initiées par les États-Unis de Trump ont marginalisé les Européens sans aboutir pour l’instant à une interruption du conflit.

    En Turquie, l’appel à la paix du leader kurde Abdullah Öcalan n’a pour l’instant pas trouvé l’écho historique qu’il mérite.

    Au niveau local, le narcotrafic, qui n’avait plus à prouver sa nocivité pour notre territoire, a fait basculer Marseille dans une nouvelle dimension
    avec l’assassinat
    de Mehdi Kessaci.

    Bref, difficile de regretter 2025. Rideau !

  • Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent

    Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent

    Ils détonnent dans une société dominée par l’individualisme, le narcissisme et le chacun pour soi. Ils ne sont pas des self made men fabriqués pour nous vendre le mirage de réussites à l’américaine. Ils ne sont pas des influenceurs décérébrés, prêts à tuer père et mère pour faire du clic. Pas plus que des vedettes de téléréalité qui étalent leur vacuité à longueur d’antenne.

    Ce sont des femmes et des hommes, des travailleuses et des travailleurs ordinaires. Ils pourraient être votre voisin, votre collègue, votre cousine. Mais ce qu’ils ont accompli en 2025 est extraordinaire. Qu’ils se soient battus pour leurs emplois, leurs salaires, leurs pensions, l’intérêt des usagers, la paix, la culture émancipatrice… Ils ont marqué l’actualité de notre région par leur détermination, leur sincérité, leur combativité, leur humanité. Et surtout leur goût de l’action collective.

    Force collective

    Car si La Marseillaise choisit de mettre en lumière celles et ceux qui ont incarné les combats du monde du travail dans l’année qui vient de s’écouler, rien n’aurait été possible sans le collectif qui les a entourés.

    À leur échelle, ces working class heroes de notre temps ont mis le renoncement en déroute et ouvert des brèches dans la chape du fatalisme qui pèse lourdement sur le monde du travail. Ils ont rappelé que la richesse ne provient que du travail et qu’à ce titre, les producteurs disposent d’une force incommensurable.

    Ils ont démontré qu’ils sont vivants, pleinement vivants.

    Comme l’écrivait si bien Victor Hugo, « ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent ».

  • Du cœur à l’ouvrage

    Du cœur à l’ouvrage

    Un jeune homme de 35 ans est mort de froid, à Reims, la nuit de Noël, « dans son coin où il avait l’habitude d’aller », précise l’équipe de maraude qui le connaissait bien à notre confrère de l’Union. Il s’appelait Morgan. Deux autres sans-abri sont morts en l’espace de quelques jours à Nantes, durant les fêtes, un autre encore a trouvé la mort dans l’incendie d’un box de parking ce samedi à Paris… L’an passé, plus de 900 sans domicile fixe sont décédés en 2024, selon le collectif Les morts de la rue. La mort rôde, la nuit, le jour dans les rues de nos villes, avec pour alliés le froid, la malnutrition, les pathologies diverses et variées dont souffrent les SDF, les addictions « pour tenir le coup », et cette indifférence quotidienne aussi.

    Bienveillance anonyme

    Pourtant, de petites mains, par centaines, par milliers, ont décidé de se regrouper et de se battre, pour redonner courage, offrir des repas, des couvertures, de la chaleur humaine, une oreille attentionnée, dépourvue de jugement. Pour considérer l’autre pour ce qu’il est, un être humain en difficulté. Cette grande bienveillance, discrète, anonyme, sans couronne de lauriers, mérite tout notre respect. Et un soutien inconditionnel. Mais la volonté ne peut pas tout. Les coupes budgétaires qui se succèdent et encore annoncées pour l’année à venir toucheront immanquablement les services de l’État dédiés les collectivités et l’ensemble des trop frêles dispositifs d’aide mis en place par ou avec les associations et les bénévoles œuvrant chaque jour sur le terrain. Dire « stop » à ce macabre décompte est aussi un choix politique à l’échelle nationale.

  • Histoires de phénix

    Histoires de phénix

    Le « café de Flore » provençal, la brasserie des Deux garçons, située cours Mirabeau à Aix-en-Provence renaît de ses cendres. Lieu emblématique de la cité du Roi René, l’établissement multiséculaire a vu se succéder dans ses murs, artistes, écrivains, musiciens et hommes de pouvoir.

    Paul Cezanne, Raimu, Pablo Picasso, Francis Poulenc, Jean Cocteau, Alain Delon, Darius Milhaud, Jean-Paul Belmondo se sont succédés dans cette institution également fréquentée par tous les acteurs de premier plan du monde politique.

    Les stigmates de l’incendie qui l’a ravagé en 2019 et dont l’origine est toujours l’objet d’une enquête, disparaissent peu à peu grâce à la rénovation complète qui est en cours. Les échafaudages ont été démontés et l’avenir du lieu se devine au milieu du chantier.

    Le château La Coste, autre institution du pays d’Aix, s’apprête à reprendre la gestion du lieu. Gage de solidité dans le projet qui s’y dessine.

    Du pire peut parfois surgir le meilleur

    Dans notre région, les précédents ne manquent pas. Et parfois, comme pour l’incendie des Nouvelles galeries, ces feux qui ont dévoré des institutions du territoire, ne sont pas resté sans conséquence.

    C’est de cette catastrophe de 1938 qu’est née le bataillon des marins pompiers de Marseille. Le signe que du pire, peut parfois surgir le meilleur.

    Des histoires de phénix qui montrent que la fatalité n’est pas un horizon indépassable et qui donne espoir dans notre capacité commune de résilience.

  • Trait d’union

    Trait d’union

    Quelle joie et quelle fierté de contempler l’œuvre monumentale de Pierre Ambrogiani dans les locaux historiques de La Marseillaise entièrement rénovés !

    Son transfert et sa restauration auront été une véritable épopée. Ce trésor de notre journal a, lui aussi, retrouvé une nouvelle jeunesse grâce au savoir-faire de deux restauratrices de tableaux et au soutien financier des Amis de La Marseillaise.

    La toile a pris place dans le lieu même qui a inspiré l’artiste. Un lieu chargé d’histoire, pris par les armes à un journal collaborationniste pour tirer La Marseillaise à grande échelle pendant l’insurrection de Marseille.

    C’est un trait d’union entre le passé de notre journal et son avenir. Un symbole à la fois de continuité et de renouveau.

    Une culture émancipatrice

    C’est aussi un manifeste réaffirmé pour une conception émancipatrice de la culture. Un trait d’union entre le monde de la création et celui du travail, qui permet à ceux qui en sont issus comme Pierre Ambrogiani, d’exprimer pleinement leur art.

    C’est enfin un trait d’union entre la culture et le journalisme. Au cours de son histoire, La Marseillaise a accordé une grande place aux enjeux culturels. C’est dans cet esprit qu’avec le Campus art Méditerranée, nous souhaitons permettre l’expression d’artistes d’aujourd’hui en écho à cette œuvre.

    Un témoignage de Marcel Guizard, ancien directeur de La Marseillaise, publié en 1985 à l’occasion du décès de Pierre Ambrogiani, indiquait que la volonté initiale de l’artiste était de peindre un triptyque. Il revient aux créateurs de notre temps d’imaginer son prolongement et à La Marseillaise d’écrire la suite !

  • Révélateur d’inégalités

    Révélateur d’inégalités

    Noël, fête de partage, est aussi un révélateur d’inégalités. Dans une France touchée par la pauvreté, les courses des fêtes virent souvent au casse-tête. Il y a les produits alimentaires qui grimpent en flèche et les marges de la grande distribution qui pèsent lourd dans le porte-monnaie. Il y a aussi les faux bons plans pour trouver des jouets accessibles avec ces plateformes à prix cassé qui distribuent sans vergogne des articles fabriqués dans des conditions sociales choquantes et qui, selon la répression des fraudes, sont majoritairement non conformes aux normes en vigueur.

    Et pourtant, pour de nombreuses familles les prix pratiqués dans les magasins traditionnels sont prohibitifs.

    Rappelons qu’en 2025, selon l’Insee, 15,4% de la population, soit près de 10 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté. Un triste record depuis 30 ans.

    Les 500 plus riches ont doublé leur fortune

    Dans le même temps, les 500 personnes les plus riches de France ont vu leurs fortunes doubler depuis la première élection d’Emmanuel Macron.

    Cette situation, choquante, en dit long sur l’état de notre pays et les fractures qui le traversent. À l’occasion des fêtes, elles apparaissent sous un jour particulièrement cru.

    Alors que l’Assemblée nationale et le gouvernement n’ont pas su trouver un budget à la France, une idée devrait s’imposer dans le débat public : mener une politique volontariste au service du pouvoir d’achat des travailleurs, des jeunes et des retraités.

    Quitte à tenter « ce qu’on n’a jamais essayé », autant tester la justice sociale.

  • Notre système de santé toujours grippé

    Notre système de santé toujours grippé

    La grippe jouera-t-elle les trouble-fêtes ? La réponse est oui. Dans notre région, la vague épidémique est forte et plus précoce que la normale. Elle met déjà notre système de santé sous tension avec une explosion des appels au Samu, une saturation des consultations en médecine de ville mais aussi des services hospitaliers.

    Tout se passe comme si les leçons de l’épidémie de Covid-19 n’avaient pas été tirées. La fragilité de notre système de soin est telle qu’un virus saisonnier récurrent comme celui de la grippe le met à mal.

    Pire, la défiance qui s’est installée vis-à-vis de la vaccination à l’occasion de la pandémie de 2019-2020 pèse désormais sur la prévention de la grippe. Les personnes fragiles et âgées de plus de 65 ans sont vivement invitées à se faire vacciner mais elles sont encore trop peu à franchir le pas. De même, une vaccination plus large permettrait de freiner les conséquences de l’épidémie et de protéger les actifs, durement frappés cette année.

    Un enjeu d’intérêt général

    C’est un véritable choix de santé publique à faire car seules les personnes à risque bénéficient d’une prise en charge à 100% du vaccin, les autres doivent le payer.

    Et pourtant, la grippe n’est pas une maladie anodine. Selon Santé publique France, elle a été responsable l’an dernier de 17 600 décès, d’environ 30 000 hospitalisations et de près de 3 millions de consultations chez un médecin.

    C’est dire si l’objectif de prévenir l’épidémie et celui de prendre au mieux en charge les malades sont un enjeu d’intérêt général.

  • De l’emploi local et un rayonnement mondial

    De l’emploi local et un rayonnement mondial

    Paris, Londres, New York et bien sûr Apt, en passant par Marseille, Nice, Toulouse… L’entreprise vauclusienne Blachère Illumination s’est taillé une réputation et des parts de marché lumineux dans le domaine des éclairages festifs sur toute la planète. Selon l’organisation Business Research Insights, spécialiste dans le conseil aux entreprises, le marché des illuminations de Noël devrait atteindre 10 milliards d’euros contre 7,3 milliards prévus en 2026.

    Magie de Noël

    De quoi conforter Blachère dans sa quête de toujours mieux se développer.

    La magie de Noël dans nos villes doit beaucoup à son savoir-faire et sa créativité renouvelée. Ses ateliers sont installés dans la capitale des fruits confits depuis plus d’un demi-siècle et sa croissance place Blachère parmi les leaders mondiaux de ce secteur en pleine expansion.

    Fait remarquable, cette industrie cultive la haute technologie au cœur du Luberon grâce à des investissements dans des outils uniques au monde comme des imprimantes 3D colossales. Une dimension technique au service du plaisir des yeux et de l’enchantement des espaces urbains et ruraux. Blachère a su s’implanter durablement, via ses 28 filiales dans le monde et possède aujourd’hui 5 ateliers de production. Le cœur de l’entreprise est ancré en Vaucluse et permet de développer l’emploi local et maintenir cette industrie dans un département qui ne peut pas uniquement miser son avenir sur le tourisme estival et fortement besoin d’emplois. Blachère démontre que l’on peut rayonner mondialement sans renier ses origines.

  • Enfin un QG pour rêver ensemble

    Enfin un QG pour rêver ensemble

    Parmi les grands carnavals provençaux, celui de Martigues se distingue par sa notoriété et son inventivité. Sa fabrication est en cours et a désormais son lieu de ralliement, un QG installé au cœur de l’espace Simone-Veil de la Venise provençale. En ce mois de décembre, habitants et artistes travaillent ensemble pour réussir le carnaval 2026. Ici point de barrières et encore moins de compétition entre Martégaux. Le carnaval est une affaire citoyenne et collective. Il mobilise les quartiers et les services publics. On y cultive l’esprit transgressif et émancipateur de la culture carnavalesque.

    Faire vivre la cité

    Cela peut sembler d’une folle légèreté mais réussir à fédérer, à embarquer les habitants dans cette aventure est un acte politique au sens premier du terme : faire vivre la cité, promouvoir la concorde, l’amitié, la fraternité. Avec sa dimension théâtrale, mythique et délurée, le carnaval devient, dans ses temps sombres où les semeurs de divisions pullulent, un acte de résistance. Une résistance de joie que l’on se fabrique, de bonheur que l’on se tricote ensemble, dans le partage et les savoir-faire. Non pour oublier les duretés du quotidien mais pour puiser l’énergie indispensable pour faire face aux désordres du monde, à l’égoïsme triomphant. C’est à cela que l’on reconnaît, outre sa qualité, la visée d’une politique culturelle ouverte sur le monde et tournée vers l’autre à commencer par son voisin. Cultiver l’altérité et offrir des outils pour grandir, c’est aussi le sens du carnaval martégal qui sait fédérer au-delà de la commune. En cette fin d’année, c’est un sacré message d’espoir.

  • En dépit du bon sens

    En dépit du bon sens

    Les éleveurs et exportateurs de viande bovine ne veulent pas entendre parler de vaccination contre la dermatose nodulaire, car celle-ci ferait perdre à la France son statut de pays « indemne », rendant lesdites exportations plus difficiles voire impossibles. L’abattage de la centaine de têtes de la ferme ariégeoise tient pour eux d’un dommage collatéral. Les professionnels du monde agricole sont sur une ligne diamétralement opposée. De la Confédération paysanne à la Coordination rurale en passant par les militants de la FNSEA – à contre-courant de leur direction – ces syndicalistes mettent la pression sur le gouvernement pour étendre et accélérer la vaccination et sauver les petites exploitations qui peuvent l’être. Ils s’inscrivent dans la réalité quotidienne du travail.

    Les citoyens méritent mieux

    À la menace de l’épizootie s’en ajoute une autre à plus ou moins long terme : la signature de l’accord de libre-échange avec les pays d’Amérique du Sud du Mercosur. Une concurrence jugée déloyale. Une grande porte ouverte à des produits à bas coût qui plongeraient un peu plus dans le marasme des centaines de petits élevages, incapables de rivaliser. Les grandes firmes agro-industrielles, en revanche seraient toujours en capacité de tirer leur épingle de ce jeu aussi libéral que mortifère. Où seuls les bénéfices à grande échelle ont droit de cité. Notre agriculture, nos élevages et les citoyens français et européens méritent mieux que d’être bradé sur l’autel du capitalisme soutenu, encore aujourd’hui, à bout de bras par l’Union européenne. Envers et contre tous et en dépit du bon sens.