Category: edito

  • La région frappée de plein fouet

    La région frappée de plein fouet

    La journée du refus de la misère éclaire de manière crue la prégnance de ce fléau qui ne doit rien à la fatalité. Les inégalités dans le partage des richesses dans l’une des économies les plus riches au monde s’aggravent. Si le projet de budget de l’État n’est pas radicalement amendé, la machine à appauvrir va s’accélérer. C’est une question de choix de société : l’individualisme ou la solidarité. Le libéralisme ou des services publics renouvelés et musclés.

    Accès au logement, à l’éducation, aux soins, à la formation, à l’emploi : les personnes dans la misère ne veulent pas l’aumône mais la dignité. La région Provence-Alpes-Côte d’Azur est très concernée et l’Insee fournit des données précises. Nul ne peut dire qu’il ne sait pas. Nul ne peut ignorer l’urgence.

    17% de la population

    « En 2020, près de 850 000 personnes, soit 17% de la population, vivent dans un ménage dont le niveau de vie se situe sous le seuil de pauvreté. La région est particulièrement touchée par la pauvreté : le taux de pauvreté est le 3e le plus élevé des régions de France métropolitaine. » Première salve.

    « 260 000 enfants sont pauvres en 2018, soit un quart des habitants de moins de 18 ans. C’est la deuxième région de province la plus touchée après les Hauts-de-France. » Deuxième salve.

    « 9% des travailleurs sont pauvres soit 172 000 personnes (..) Ils vivent plus fréquemment seuls ou au sein d’une famille monoparentale », comprendre que ce sont essentiellement des femmes. Troisième salve.

    Derrière les chiffres, des vies qui ne sont pas marginales mais marginalisées par des politiques antisociales. Il est grand temps de tout faire pour en changer.

  • Ne pas avaler la couleuvre macroniste

    Ne pas avaler la couleuvre macroniste

    « Le gouvernement proposera, nous débattrons, vous voterez. » La phrase de Sébastien Lecornu doit être prise au pied de la lettre car le premier acte proposé par ce très fragile exécutif est le projet de budget 2026 et le projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Leur contenu est à l’avenant de la copie de l’ex Premier ministre François Bayrou : des coupes budgétaires dans les services publics pourtant déjà à l’os et des reculs sociaux majeurs à l’instar du gel des pensions de retraite et de toutes les allocations. Débattre sur cette base-là, c’est déjà pour les oppositions, et singulièrement les gauches, partir avec un sérieux handicap à moins de tenir la tranchée sans aucun répit. Il faudra que le mouvement social au sens large se fasse entendre très fort, se mobilise encore plus fortement pour mettre une pression terrible sur ce gouvernement qui fait mine de lâcher sur la réforme honnie des retraites.

    Amplifier la pression

    Rien ne pourra advenir sans ces piliers de la démocratie que sont les syndicats, les associations, l’ensemble des acteurs de la vie sociale, culturelle, et sportive tant piétinés par le président Macron. L’abrogation de la retraite à 64 ans doit être arrachée. La macronie agonisante a plié mais n’est pas prête à rompre. Il faut l’aider en amplifiant la pression.

    Car en précisant que la suspension de la réforme des retraites ferait l’objet d’un simple amendement au budget de la Sécurité sociale, le Premier ministre fausse le grand débat qu’il appelle pourtant de ses vœux et faire avaler une couleuvre grosse comme un boa. Les citoyens sont déjà en pleine indigestion !

  • Ne pas avaler la couleuvre macroniste

    « Le gouvernement proposera, nous débattrons, vous voterez. » La phrase de Sébastien Lecornu doit être prise au pied de la lettre car le premier acte proposé par ce très fragile exécutif est le projet de budget 2026 et le projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Leur contenu est à l’avenant de la copie de l’ex Premier ministre François Bayrou : des coupes budgétaires dans les services publics pourtant déjà à l’os et des reculs sociaux majeurs à l’instar du gel des pensions de retraite et de toutes les allocations. Débattre sur cette base-là, c’est déjà pour les oppositions, et singulièrement les gauches, partir avec un sérieux handicap à moins de tenir la tranchée sans aucun répit. Il faudra que le mouvement social au sens large se fasse entendre très fort, se mobilise encore plus fortement pour mettre une pression terrible sur ce gouvernement qui fait mine de lâcher sur la réforme honnie des retraites.

    Amplifier la pression

    Rien ne pourra advenir sans ces piliers de la démocratie que sont les syndicats, les associations, l’ensemble des acteurs de la vie sociale, culturelle, et sportive tant piétinés par le président Macron. L’abrogation de la retraite à 64 ans doit être arrachée. La macronie agonisante a plié mais n’est pas prête à rompre. Il faut l’aider en amplifiant la pression.

    Car en précisant que la suspension de la réforme des retraites ferait l’objet d’un simple amendement au budget de la Sécurité sociale, le Premier ministre fausse le grand débat qu’il appelle pourtant de ses vœux et faire avaler une couleuvre grosse comme un boa. Les citoyens sont déjà en pleine indigestion !

  • Sursis

    Sursis

    Après une semaine rocambolesque faite de démission, de reconduite, de tractations, Sébastien Lecornu a opéré un repli stratégique en annonçant la suspension de la réforme des retraites tout en réaffirmant qu’il renonce à faire usage du 49.3. Deux exigences posées par le PS pour ne pas censurer son gouvernement a priori.

    Il n’en fallut pas plus pour que Bruno Retailleau, juge le gouvernement « otage des socialistes » bien qu’il contienne six ministres membres des LR fraîchement exclus et que le groupe de son parti à l’Assemblée nationale refuse de le censurer.

    Indéniablement, Sébastien Lecornu a réussi à gagner un sursis alors même que l’attitude du chef de l’État qui l’a nommé à Matignon, l’a privé de toute légitimité.

    Une brèche dans le mur de mépris macroniste

    À gauche, en dehors du PS, même si la suspension de la réforme des retraites est vue comme une première victoire et une brèche dans le mur du mépris démocratique macroniste, le compte n’y est pas.

    Communistes, écologistes et insoumis s’accordent à juger une censure incontournable. D’abord pour sanctionner le refus du président de la République de nommer un Premier ministre issu de la coalition arrivée en tête : le Nouveau front populaire. Ensuite pour stopper l’examen d’un budget qui cache derrière l’arbre de la suspension de la réforme des retraites, une forêt de reculs sociaux. Doublement des franchises médicales, gel des prestations sociales, « l’année blanche » promise par le gouvernement sera plutôt une année noire pour la justice sociale.

    Sébastien Lecornu sait bien qu’il ne tient que par un fil. La preuve ? Il a préféré ne pas poser la question de confiance.

    Son budget, inacceptable pour le monde du travail et les progressistes ne doit pas être adopté.

  • Sursis

    Après une semaine rocambolesque faite de démission, de reconduite, de tractations, Sébastien Lecornu a opéré un repli stratégique en annonçant la suspension de la réforme des retraites tout en réaffirmant qu’il renonce à faire usage du 49.3. Deux exigences posées par le PS pour ne pas censurer son gouvernement a priori.

    Il n’en fallut pas plus pour que Bruno Retailleau, juge le gouvernement « otage des socialistes » bien qu’il contienne six ministres membres des LR fraîchement exclus et que le groupe de son parti à l’Assemblée nationale refuse de le censurer.

    Indéniablement, Sébastien Lecornu a réussi à gagner un sursis alors même que l’attitude du chef de l’État qui l’a nommé à Matignon, l’a privé de toute légitimité.

    Une brèche dans le mur de mépris macroniste

    À gauche, en dehors du PS, même si la suspension de la réforme des retraites est vue comme une première victoire et une brèche dans le mur du mépris démocratique macroniste, le compte n’y est pas.

    Communistes, écologistes et insoumis s’accordent à juger une censure incontournable. D’abord pour sanctionner le refus du président de la République de nommer un Premier ministre issu de la coalition arrivée en tête : le Nouveau front populaire. Ensuite pour stopper l’examen d’un budget qui cache derrière l’arbre de la suspension de la réforme des retraites, une forêt de reculs sociaux. Doublement des franchises médicales, gel des prestations sociales, « l’année blanche » promise par le gouvernement sera plutôt une année noire pour la justice sociale.

    Sébastien Lecornu sait bien qu’il ne tient que par un fil. La preuve ? Il a préféré ne pas poser la question de confiance.

    Son budget, inacceptable pour le monde du travail et les progressistes ne doit pas être adopté.

  • Le grand déni

    Le grand déni

    Emmanuel Macron ne supporte pas d’avoir tort et choisit donc de faire porter la responsabilité de la crise politique aux autres qui ont eu l’audace, selon lui, de bousculer son alter ego, l’autoproclamé moine-soldat, le Premier ministre Sébastien Lecornu, aussi illégitime que fragile. Tout cela est dérisoire au regard des défis du XXIe siècle. Au regard de la soif d’égalité qui irrigue la société.

    L’Histoire jugera la trace que le méprisant de la République laissera. Les Français l’ont déjà fait. Son impopularité est stratosphérique.

    Les citoyens sont épuisés par ces dirigeants politiques hors-sol, hautains et incapables de répondre à leurs aspirations et aux urgences sociales, écologiques, éducatives etc. Ce dégoût rejaillit sur les élus locaux et alimente le « tous pareils ». On sait qui en fait son fiel : le fascisme d’aujourd’hui.

    Macron est aussi l’incarnation d’un présidentialisme hypertrophié, usant de façon irresponsable des outils de la Ve République.

    L’extrême droite prospère

    La dissolution de juin 2024 et le refus d’en respecter les résultats en s’obstinant à ne pas nommer la gauche a aggravé le climat politique et social.

    Pendant ce temps, l’extrême droite prospère en désignant les mêmes boucs émissaires, les étrangers. Un thème repris en chœur par une large partie de la droite qui va se faire avaler par l’hydre.

    La démocratie est en souffrance et donc en danger. Qu’attendent les formations progressistes de gauche pour réagir et présenter un front commun, une alternative au service des gens ? Pour l’heure, c’est le grand déni. À tous les étages.

  • La « carte blanche », une impasse

    La « carte blanche », une impasse

    C’est une nouvelle fois dans la précipitation et dans une vaste pagaille politique que le gouvernement a été nommé, dimanche soir. Un exécutif sans relief, bancal et toujours libéral, piloté par un Premier ministre en sursis.

    En reconduisant Sébastien Lecornu à Matignon, Emmanuel Macron ne cherche pas à résoudre la crise politique, il l’aggrave. Ce choix illustre un refus obstiné d’écouter le peuple.

    Car cette crise est l’héritage direct de la dissolution de 2024. Une manœuvre présidentielle qui a tourné au désastre. Le Nouveau Front populaire (NFP), rassemblant les partis de gauche, est sorti vainqueur de ces législatives, porté par une dynamique forte. Mais, au lieu de respecter ce verdict, Emmanuel Macron a préféré ignorer les urnes, contourner les équilibres parlementaires et imposer un Premier ministre sans majorité. Depuis, règne une instabilité sans précédent.

    Paysage fracturé

    Sébastien Lecornu se retrouve avec une « carte blanche » qui ressemble surtout à une impasse. Il a composé un gouvernement dans un paysage politique fracturé, où les soutiens traditionnels se dérobent et où les oppositions se préparent à censurer. À gauche, la colère est légitime, avec des exigences concrètes : retrait de la réforme des retraites, justice fiscale ou encore un meilleur pouvoir d’achat.

    La semaine qui s’ouvre s’annonce tumultueuse, avec un gouvernement équilibriste déjà proche de chuter, juste en place pour déposer un projet de budget dans les temps.

    Il est temps que la gauche prenne le gouvernail du pays, avec une alternative crédible, sociale, écologique et démocratique. Le peuple a parlé en 2024. Il est urgent que le pouvoir l’écoute, enfin.

  • La « carte blanche », une impasse

    C’est une nouvelle fois dans la précipitation et dans une vaste pagaille politique que le gouvernement a été nommé, dimanche soir. Un exécutif sans relief, bancal et toujours libéral, piloté par un Premier ministre en sursis.

    En reconduisant Sébastien Lecornu à Matignon, Emmanuel Macron ne cherche pas à résoudre la crise politique, il l’aggrave. Ce choix illustre un refus obstiné d’écouter le peuple.

    Car cette crise est l’héritage direct de la dissolution de 2024. Une manœuvre présidentielle qui a tourné au désastre. Le Nouveau Front populaire (NFP), rassemblant les partis de gauche, est sorti vainqueur de ces législatives, porté par une dynamique forte. Mais, au lieu de respecter ce verdict, Emmanuel Macron a préféré ignorer les urnes, contourner les équilibres parlementaires et imposer un Premier ministre sans majorité. Depuis, règne une instabilité sans précédent.

    Paysage fracturé

    Sébastien Lecornu se retrouve avec une « carte blanche » qui ressemble surtout à une impasse. Il a composé un gouvernement dans un paysage politique fracturé, où les soutiens traditionnels se dérobent et où les oppositions se préparent à censurer. À gauche, la colère est légitime, avec des exigences concrètes : retrait de la réforme des retraites, justice fiscale ou encore un meilleur pouvoir d’achat.

    La semaine qui s’ouvre s’annonce tumultueuse, avec un gouvernement équilibriste déjà proche de chuter, juste en place pour déposer un projet de budget dans les temps.

    Il est temps que la gauche prenne le gouvernail du pays, avec une alternative crédible, sociale, écologique et démocratique. Le peuple a parlé en 2024. Il est urgent que le pouvoir l’écoute, enfin.

  • Le forcené de l’Élysée

    Le forcené de l’Élysée

    Emmanuel Macron avait promis, mercredi, de nommer un Premier ministre « d’ici 48 heures ».

    En reconduisant son Premier ministre démissionnaire, il balaye l’hypothèse la plus évidente depuis la dissolution désastreuse décidée à la demande de l’extrême droite : désigner une personnalité issue de la coalition arrivée en tête aux élections législatives, le Nouveau front populaire.

    Alors que son ancienne Première ministre, Élisabeth Borne, qui a imposé au pays une réforme des retraites injuste, illégitime et anti-démocratique, s’est dite ouverte à la suspension du texte, il a refusé la moindre garantie aux partis de gauche venus le rencontrer vendredi en début d’après-midi.

    Démission, défiance ou censure

    Le chef de l’État semble incapable de comprendre qu’il a perdu les élections législatives et que son action est désavouée par une majorité de Français.

    « La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent ! », écrivait Albert Einstein.

    Si le chef de l’État, imagine pouvoir imposer au « socle commun » de se rabibocher pour maintenir son Premier ministre de continuité, il déraisonne.

    Son destin sera le même que celui des trois hôtes de Matignon qui s’y sont cassés les dents : la démission, la défiance ou la censure.

    Par son entêtement, le président de la République, dégrade sa fonction et fragilise les institutions.

    En démocratie, l’absence de solution n’existe pas : le retour aux urnes est indispensable.

  • Le forcené de l’Élysée

    Emmanuel Macron avait promis, mercredi, de nommer un Premier ministre « d’ici 48 heures ».

    En reconduisant son Premier ministre démissionnaire, il balaye l’hypothèse la plus évidente depuis la dissolution désastreuse décidée à la demande de l’extrême droite : désigner une personnalité issue de la coalition arrivée en tête aux élections législatives, le Nouveau front populaire.

    Alors que son ancienne Première ministre, Élisabeth Borne, qui a imposé au pays une réforme des retraites injuste, illégitime et anti-démocratique, s’est dite ouverte à la suspension du texte, il a refusé la moindre garantie aux partis de gauche venus le rencontrer vendredi en début d’après-midi.

    Démission, défiance ou censure

    Le chef de l’État semble incapable de comprendre qu’il a perdu les élections législatives et que son action est désavouée par une majorité de Français.

    « La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent ! », écrivait Albert Einstein.

    Si le chef de l’État, imagine pouvoir imposer au « socle commun » de se rabibocher pour maintenir son Premier ministre de continuité, il déraisonne.

    Son destin sera le même que celui des trois hôtes de Matignon qui s’y sont cassés les dents : la démission, la défiance ou la censure.

    Par son entêtement, le président de la République, dégrade sa fonction et fragilise les institutions.

    En démocratie, l’absence de solution n’existe pas : le retour aux urnes est indispensable.