Category: edito

  • Déjà essayé

    Déjà essayé

    L’enquête collective réalisée par La Marseillaise, le collectif de journalistes indépendants Presse-Papiers, Le Poing et l’Arlésienne avec le soutien financier du Fonds pour une presse libre est d’utilité publique.

    Elle permet d’objectiver le bilan de 10 municipalités dirigées par l’extrême droite dans le sud de la France en matière de relations avec le mouvement associatif.

    Ses résultats sont éclairants : derrière le ripolinage de l’extrême droite, les choix politiques restent constants. Parmi les situations constatées : des coupes qui visent la culture, la solidarité, les centres sociaux, la lutte contre le racisme et les discriminations, mais aussi une forme de clientélisme voire de prise de contrôle des structures associatives.

    Derrière les vidéos TikTok

    Un état de fait qui ne surprendra pas les opposants de l’extrême droite mais qui mérite d’être connu par tous les citoyens. D’autant qu’au-delà de cette attitude vis-à-vis du mouvement associatif, plusieurs maires d’extrême droite du sud de la France ont été, dans la dernière période, aux prises avec la justice, comme Marine Le Pen l’est au plan national.

    Voilà la réalité de l’extrême droite dans notre région. Derrière les députés encravatés et les vidéos TikTok de Jordan Bardella, il y a des pratiques et un projet politique clair.

    À celles et ceux qui pensent qu’« on ne les a jamais essayés », La Marseillaise, journal fondé dans la Résistance témoigne du contraire.

    L’extrême droite a déjà été essayée dans l’histoire. Dans le présent aussi, et ce n’est pas reluisant.

  • Les vies avant les profits

    Les vies avant les profits

    C’est une bataille qui a fait beaucoup trop de morts. La lutte pour la reconnaissance des maladies professionnelles causées par l’exposition à l’amiante et à d’autres substances toxiques progresse. D’importantes victoires ont été remportées dans notre région sur ce sujet, grâce à la mobilisation collective et à l’opiniâtreté de travailleurs qui ont été confrontés à ces fléaux et qui ont fait admettre le « préjudice d’anxiété ».

    Cette notion, reconnue par la justice depuis une quinzaine d’années, permet de dédommager des travailleurs qui ont été exposés à des matières nocives et qui vivent dans l’angoisse de développer une maladie grave comme nombre de leurs collègues disparus.

    Démarche collective

    C’est le sens de la démarche collective menée par 180 travailleurs de la pétrochimie. Dans une France où les Comités d’hygiène, de sécurité et conditions de travail (CHSCT) ont été supprimés pour complaire au patronat, cette action a le mérite de remettre au cœur de l’actualité la santé au travail.

    Alors que l’industrie doit profondément changer pour répondre à l’exigence de décarbonation, elle pose aussi une série de questions de fond : produire pour quoi, pour qui, dans quelles conditions ?

    La protection des travailleurs ne peut s’entendre qu’à l’échelle globale. Elle percute le dogme libéral du moins-disant social et environnemental.

    Oui, les vies doivent être placées avant les profits. C’est une bataille qui ne peut se mener que sur le terrain judiciaire.

    C’est une prise de conscience profonde de la nécessité de changer de mode de production.

  • Génération écartelée

    Génération écartelée

    L’étude réalisée à l’initiative d’Aix- Marseille Université est passionnante, elle est éclairante sur l’état d’esprit des étudiants et leur conception de l’engagement.

    67% d’entre eux se déclarent engagés, mais seulement 44% ont l’intention d’aller voter les 15 et les 22 mars. Comme si le désintérêt pour la chose publique qui s’étend dans toute la société avait un poids encore plus important parmi les étudiants, mais que pour eux, le fait d’être engagés était déconnecté de la politique.

    Une génération écartelée entre d’une part des « causes » qui la mobilisent : lutte contre les discriminations, écologie, féminisme,
    et d’autre part une abstention massive, une défiance envers les organisations traditionnelles qui traduisent l’engagement : partis et syndicats.

    Démocratie en jeu

    C’est sans doute le produit d’un individualisme croissant, d’une société anxiogène, mais aussi de décennies de déceptions provoquées par une Ve République à bout de souffle.

    Pour autant, les opinions exprimées dans cette enquête ne recouvrent pas toute la nouvelle génération. D’abord parce que les étudiants ne sont qu’une part de la jeunesse. Et, ensuite, parce que des jeunes continuent de s’engager sur des listes aux municipales par goût de l’intérêt général et du débat démocratique.

    Les organisations politiques, singulièrement celles qui entendent changer la société, ont un rôle fondamental à jouer en créant les conditions d’un engagement renouvelé des jeunes en leur sein. Ce n’est pas une mince question. C’est la démocratie qui est en jeu.

  • Chacun son rôle

    Chacun son rôle

    À quelques semaines seulement des élections municipales, un texte de loi est soumis au vote aujourd’hui pour faire évoluer les missions des polices municipales.

    Alors que de nombreux candidats souhaitent renforcer les effectifs pour répondre à la demande des habitants de renouer avec une police de proximité, cette réforme semble être conçue pour accélérer le désengagement de l’État de l’une de ses missions régaliennes : assurer la sécurité et la tranquillité publique.

    C’est un choix de société qui mérite un débat approfondi et non pas d’être expédié en catimini par un gouvernement minoritaire.

    La sécurité est un droit, la police nationale et la gendarmerie doivent la garantir pour tous, partout, en faisant appliquer la loi républicaine. Cela suppose des moyens et une formation renforcée.

    La police municipale, est quant à elle chargé de faire respecter les arrêtés municipaux et de contribuer à la tranquillité publique par sa présence au plus près des habitants. Cela suppose des moyens et un autre type de formation.

    Rupture d’égalité

    Introduire progressivement une confusion des rôles, dans les textes et dans la pratique, est lourd de danger pour les agents eux-mêmes et pour l’objectif d’égalité républicaine.

    Les Français ne veulent pas de scenario à l’américaine avec des maires se prenant pour des shérifs et un traitement des questions de sécurité à la carte selon sa commune de résidence.

    Alors que le narcotrafic gangrène nos villes et pourrit la vie des habitants des quartiers populaires, l’État doit prendre ses responsabilités et ne pas chercher à se décharger sur les communes. Chacun son rôle.

  • La parité c’est faire vivre l’égalité

    La parité c’est faire vivre l’égalité

    C’était une anomalie indigne d’une démocratie digne de ce nom : l’absence de parité entre les femmes et les hommes sur les listes dans les communes de moins de mille habitants. Le scrutin municipal de mars prochain verra donc cette injustice enfin réparée. Les conseils municipaux, partout sur le territoire, seront bien plus représentatifs de la population. Dommage qu’en la matière, seule la contrainte de la loi a permis aux femmes d’accéder à des mandats. Le chemin demeure semé d’embûches, la politique étant toujours dominée par le poids du patriarcat et une misogynie ambiante si néfaste à la démocratie.

    Le prix de la démocratie

    Cette parité femmes-hommes pour les fonctions électives dans les petites communes permettra un renouvellement nécessaire et participe aussi d’un combat fondamental : ramener aux urnes les abstentionnistes.

    La loi met également fin au « panachage », plus crûment dit à la possibilité de rayer des noms sur les listes. Là encore c’est une pratique d’un autre âge qui revenait, en fait, à régler des comptes.

    On ne peut pas revivifier la démocratie, surtout quand elle est affaiblie par les discours démagogiques et populistes, en continuant à flatter les bas instincts : exclure les femmes et raturer des noms.

    Alors, oui, c’est difficile, c’est plus long et fastidieux de bâtir des listes. Mais n’est-ce pas le prix de la démocratie ? Dans un pays où près de 70% des communes comptent moins de mille habitants, instaurer la parité femmes-hommes, c’est faire vivre la liberté, l’égalité, la fraternité… et la sororité.

  • L’effet boule de neige

    L’effet boule de neige

    C’est le grand jour pour l’arrivée de La Marseillaise dans les Alpes-de-Haute-Provence et les Hautes-Alpes.

    Un peu plus de cinq ans après la reprise de notre journal à la barre du tribunal de commerce, cet événement marque une nouvelle étape offensive dans le développement de notre journal.

    Depuis l’automne 2020, nous avons fait progresser notre chiffre d’affaires de 48%, nous avons progressé de 10% en ventes en kiosques dans la période récente, créé un supplément week-end et des magazines thématiques, lancé une application mobile, rénové nos locaux historiques, ouvert une nouvelle agence à Montpellier, décidé de revenir en Vaucluse, permis au journal culturel Zébuline d’exister par un partenariat gagnant-gagnant, inventé un événement autour du break dance, battu des records de participation avec le Mondial La Marseillaise à pétanque…

    On compte sur vous

    Tout cela a pu être rendu possible grâce aux efforts conjugués des salariés, des bénévoles, des partenaires et de l’ensemble de nos lecteurs.

    En investissant les Alpes, territoire qui accueillera les Jeux olympiques, notre journal répond à l’appel de lecteurs mobilisés depuis presque un an pour créer les conditions de l’extension de notre zone de diffusion. Une situation sans doute unique dans l’histoire de la presse. Elle nous honore.

    Pour autant, aucune de nos difficultés financières ne sont résolues. Cette fragilité est aussi notre liberté.

    La Marseillaise, portée par sa progression et son dynamisme fait le pari du développement et compte sur vous pour réussir. Achetez La Marseillaise, téléchargez son appli, abonnez-vous, participez à la campagne de dons.

    Ensemble nous y parviendrons. C’est l’effet boule de neige !

  • Quatre années pour se projeter

    Quatre années pour se projeter

    Alors que l’Italie inaugure les Jeux de Milan-Cortina, l’Hexagone se tourne déjà vers une échéance majeure : les Jeux olympiques d’hiver 2030, confiés aux Alpes françaises par le Comité international olympique (CIO) en juillet 2024. Cette échéance, la quatrième organisation française après Chamonix (1924), Grenoble (1968) et Albertville (1992), dépasse la seule ambition sportive : elle interroge le devenir de nos montagnes à l’heure du changement climatique et de la redéfinition des modèles touristiques.

    Vision d’avenir

    Les défis sont nombreux. D’abord, tenir le cap de la préparation. La loi olympique a été adoptée, ce jeudi. Une « boîte à outils » présentée comme essentielle, accordant des dérogations en matière d’urbanisme, de sécurité ou de logement. Reste que les débats sur l’environnement, l’artificialisation des sols ou la gouvernance demeurent vifs.

    Le projet Alpes 2030 pâtit d’une crise ouverte au sein de son comité d’organisation (Cojop), après les démissions, en deux mois, de sa directrice des opérations, de son directeur de la communication et du président du comité des rémunérations.

    Avec un budget de 3,4 milliards d’euros, la France espère démontrer que des Jeux d’hiver peuvent être maîtrisés et adaptés aux enjeux d’aménagement contemporains. En misant sur des infrastructures existantes et une organisation répartie sur divers sites. Un nouvel esprit olympique doit s’inventer dans les Alpes françaises : celui d’un événement qui conjugue spectacle, responsabilité et vision d’avenir. Il reste quatre ans pour se projeter. D’ici-là, laissons les athlètes briller.

  • Quatre années pour se projeter

    Quatre années pour se projeter

    Alors que l’Italie inaugure les Jeux de Milan-Cortina, l’Hexagone se tourne déjà vers une échéance majeure : les Jeux olympiques d’hiver 2030, confiés aux Alpes françaises par le Comité international olympique (CIO) en juillet 2024. Cette échéance, la quatrième organisation française après Chamonix (1924), Grenoble (1968) et Albertville (1992), dépasse la seule ambition sportive : elle interroge le devenir de nos montagnes à l’heure du changement climatique et de la redéfinition des modèles touristiques.

    Vision d’avenir

    Les défis sont nombreux. D’abord, tenir le cap de la préparation. La loi olympique a été adoptée, ce jeudi. Une « boîte à outils » présentée comme essentielle, accordant des dérogations en matière d’urbanisme, de sécurité ou de logement. Reste que les débats sur l’environnement, l’artificialisation des sols ou la gouvernance demeurent vifs.

    Le projet Alpes 2030 pâtit d’une crise ouverte au sein de son comité d’organisation (Cojop), après les démissions, en deux mois, de sa directrice des opérations, de son directeur de la communication et du président du comité des rémunérations.

    Avec un budget de 3,4 milliards d’euros, la France espère démontrer que des Jeux d’hiver peuvent être maîtrisés et adaptés aux enjeux d’aménagement contemporains. En misant sur des infrastructures existantes et une organisation répartie sur divers sites. Un nouvel esprit olympique doit s’inventer dans les Alpes françaises : celui d’un événement qui conjugue spectacle, responsabilité et vision d’avenir. Il reste quatre ans pour se projeter. D’ici-là, laissons les athlètes briller.

  • La mer, enjeu vital pour l’emploi

    La mer, enjeu vital pour l’emploi

    Des débats stratégiques sur l’avenir des industries maritimes se tiennent depuis mardi dans la capitale française de la Méditerranée, Marseille. Le salon Euromaritime, au Parc Chanot, se déroule dans un contexte très particulier : la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer s’apprête à écrire une nouvelle page historique en prenant le virage de la décarbonation tandis que les marins des compagnies La Méridionale et Corsica Linea, en grève reconductible depuis le 2 février, exigent des décisions au plus haut niveau contre le dumping qui transforme la Méditerranée en nouveau Far West avec des compagnies sans scrupule.

    Les marins veulent être entendus

    D’un côté, des milliers d’emplois à la clé, de 60 000 a minima jusqu’à 115 000 selon les estimations du préfet de région. De l’autre, le risque de destructions d’emplois de marins et la perte de liaisons maritimes au profit de rapaces.

    La France est, dit-on, une « puissance maritime » mais sa stratégie mérite grandement d’être précisée et tenir compte, justement, des enjeux d’emplois de qualité, aux normes sociales de haut niveau. La tenue ce jeudi d’un « comité stratégique de filière des industriels de la mer » en présence des ministres de la mer et de l’industrie en marge de la dernière journée du salon Euromaritime, apportera-t-elle des réponses concrètes ? L’État ne peut se contenter de mots et de déclarations sans lendemain. Il doit s’engager et soutenir ces industries stratégiques, les travailleurs.

    Les marins de la CGT veulent aussi être entendus.

    La mer est un enjeu vital pour l’emploi.

  • En campagne contre le narcotrafic

    En campagne contre le narcotrafic

    Le narcotrafic rapporte des centaines de milliards d’euros aux mafias chaque année dans le monde. Plusieurs milliards en France où pas un territoire n’échappe aux points de deal, 3 000 recensés officiellement en 2024. Huit communes sur dix sont touchées selon les chiffres du gouvernement et parmi les départements en première ligne de ce marché de la mort, on trouve le Vaucluse et les Bouches-du-Rhône. Marseille, Lyon et Paris sont les métropoles les plus impactées car elles concentrent des millions d’habitants. Mais la pieuvre a étendu ses tentacules, jamais rassasiée, à tout l’hexagone. Comment combattre ce fléau ? La question irrigue la campagne des municipales. Mais si la résolution ne peut passer uniquement par les communes, elles ont un rôle à tenir.

    Justice, services publics et prévention

    La fermeture des lessiveuses d’argent sale (petits commerces de nuit notamment mais pas que) est décidée au niveau municipal. La main des maires de gauche, à Marseille et Montpellier notamment, ne tremble pas pour fermer ces lieux qui participent au trafic. Mais le volet sécuritaire qui relève de l’État doit absolument s’accompagner, à parité, par un plan massif de redressement des services publics, par des moyens décuplés pour la justice, par la prévention et l’ouverture de vraies perspectives à une partie de la jeunesse laissée-pour-compte et donc proies faciles des marchands de drogue. Éducation, emploi, droit à la culture, aux vacances, au logement digne : autant de marqueurs de la gauche qui doit prendre à bras-le-corps cette lutte contre la pieuvre.