Category: edito

  • Entre voile d’élite et mer pour tous

    Entre voile d’élite et mer pour tous

    Chaque printemps, la Semaine nautique internationale de la Méditerranée (Snim) rappelle combien Marseille demeure l’une des grandes scènes mondiales de la voile. Pour sa 60e édition, la régate s’annonce plus vibrante que jamais : jeunes talents et figures confirmées y croiseront leurs étraves dans une rade qui n’a rien perdu de sa magie.

    Depuis les JO 2024, qui ont projeté la baie phocéenne sous les projecteurs planétaires, la ville confirme son statut de capitale nautique. Cet événement, qui attire le meilleur de la course au large comme à proximité du rivage, célèbre une tradition profondément ancrée dans son identité maritime.

    émanciper

    Mais derrière les voiles, un autre enjeu se joue : celui de la démocratisation des pratiques liées à la mer dans une ville populaire. Le stade nautique Florence-Arthaud incarne cette ambition. Repensé et réaménagé, héritage des Jeux, cet équipement public de proximité se veut aujourd’hui ouvert à un large public.

    En accueillant par exemple le dispositif Sport Handi Nautique Marseille, il prouve qu’un accès large et inclusif à la mer n’est pas un slogan, mais une réalité. Ici, enfants en situation de handicap, scolaires des quartiers, rameurs débutants ou confirmés partagent le même plan d’eau. On y découvre que kayak, aviron ou voile sont « adaptés et adaptables à tout le monde », comme le rappellent les bénévoles.

    En rendant la mer accessible, le stade nautique perpétue un héritage : celui d’une ville où l’on apprend tôt que l’horizon appartient à chacun. Marseille ne se contente pas d’accueillir les grands noms de la régate : elle forme et émancipe.

  • Dignité

    Dignité

    Environ 1 à 2% de la population serait atteint d’un « trouble du spectre de l’autisme ». Soit 700 000 personnes, dont 100 000 jeunes. Le spectre est très large, les indices permettant de suspecter un trouble aussi, et
    « l’errance diagnostique » est un premier parcours du combattant pour trouver une réponse à cette différence.

    Le « pourquoi », met des mots sur des troubles encore trop souvent ignorés ou minorés.

    Ce diagnostic intervient dans un environnement qui n’est pas neutre, il pose aussitôt une question centrale : comment faire société ? Soit vivre dignement et en autonomie, un droit fondamental à toute personne. Et à défaut comment cette même société peut aider à « aller vers ».

    D’immenses besoins

    Là encore, les chiffres sont implacables. D’après une étude de 2024 publiée par Autisme France, 11,6% des personnes autistes vivent en « totale autonomie ». Plus de 40% d’entre elles ont besoin d’un soutien, au logement, pour l’accès aux soins, à l’autonomie ou pour les démarches administratives, tandis que près de la moitié exige des interventions ponctuelles voire un accompagnement 24h/24 dans leur vie quotidienne. Les besoins sont donc immenses, tant pour eux que pour leurs proches. Ils balayent tous les domaines : premiers apprentissages, scolarisation, insertion professionnelle jusqu’à la vie d’adulte.

    Faut-il encore des politiques publiques à la hauteur des grandes déclarations « inclusives ». Nous en sommes, hélas, très loin et, pire, nous nous en éloignons encore un peu plus, au gré des politiques d’austérité et des coupes budgétaires en cascade. Indignes.

  • Dessiner ensemble l’avenir du Port

    Dessiner ensemble l’avenir du Port

    60 ans, c’est beaucoup et peu à la fois, à l’échelle des 26 siècles d’histoire du port de Marseille.
    La création du port autonome devenue depuis le Grand port maritime de Marseille, correspond néanmoins à un tournant dans la gestion du port et la prise en compte de son rôle stratégique pour le développement de la France.

    À l’occasion de cet anniversaire, La Marseillaise publie des extraits des tables rondes qu’elle a organisé à propos de l’avenir du port.

    La première s’intitulait « Un port inclusif, au cœur de la ville : comment mieux intégrer le port dans la dynamique métropolitaine et régionale ? » Et la seconde : « Un port propre, moteur de la transition énergétique : comment accélérer la décarbonation des activités portuaires ? »

    Controverses

    L’occasion de réunir des représentants du Port, des collectivités, des acteurs économiques et les syndicalistes pour croiser leurs points de vue – et parfois – confronter leurs approches.

    Le développement du Port, son inscription dans celui du territoire est, on le sait, sujet à controverses.

    L’impact de ses activités sur les riverains et l’environnement, la séparation ville-Port ou encore les perspectives de formations et d’emplois liées au maritime font régulièrement la une de l’actualité, mais trop souvent à travers des approches tronquées.

    En réunissant à la fois les représentants du Port, de ses salariés, du monde économique et les élus du territoire, l’objectif était de dépasser les clivages et de proposer une vision globale.

  • Ceux qui subissent, ceux qui encaissent

    Ceux qui subissent, ceux qui encaissent

    Plus de deux euros le litre ! C’est 25% de plus que le niveau constaté au début du mouvement des Gilets jaunes en 2018.

    En cause : la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Bilan : le régime théocratique des Mollah n’a pas desserré son emprise sur sa population mais attaqué ses voisins arabes et bloqué le détroit d’Ormuz, stratégique pour l’approvisionnement du monde en pétrole.

    En Europe le prix des carburants flambe, menaçant tous les secteurs de l’économie tant notre dépendance aux énergies fossiles est encore profonde.

    Il y a ceux qui subissent, sont étranglés par le coût d’un plein, abattus par cette nouvelle crise ou légitimement révoltés à l’idée d’être prisonniers de tarifs qui vampirisent le fruit de leur travail.

    Et il y a ceux qui encaissent. Pas le choc. Les profits.

    Solutions

    En premier lieu, les spéculateurs qui font fluctuer les cours à la moindre déclaration de Donald Trump, les grandes compagnies pétrolières et leurs actionnaires.

    En second lieu… L’État qui ne cesse de justifier sa lenteur à réagir par ses finances dégradées. Pourtant, près de 60% du prix payé à la pompe correspond à des taxes. Mais le gouvernement préfère débloquer un « chèque énergie » pour une partie des foyers qui sera donc in fine encaissé par les grands groupes.

    D’autres solutions existent : blocage des prix du carburant, taxes flottantes, prélèvements exceptionnels sur les compagnies pétrolières, déblocage des réserves stratégiques…

    À moyen et long termes cette nouvelle crise nous invite à accélérer la transition écologique et garantir notre souveraineté énergétique.

    L’énergie est un bien commun, un droit, elle doit être placée sous maîtrise publique.

  • Combat de classe

    Combat de classe

    Au total dans notre pays, 4 000 suppressions de postes d’enseignants, public et privé confondus, sont attendues pour la rentrée 2026, dont 1 891 dans le premier degré public et 1 365 dans le second degré. C’est une véritable hécatombe qui aura des répercussions très fortes sur les enfants et les jeunes de notre région avec notamment des fermetures de classe en cascade.

    Pour la justifier, le ministre de l’Éducation nationale invoque une « chute démographique vertigineuse ».

    Un contresens historique alors même que cette baisse du nombre d’élèves devrait être vue comme une opportunité pour améliorer les conditions d’apprentissage pour les jeunes et de travail pour les enseignants. C’est l’occasion de faire baisser les effectifs par classe, de renforcer le nombre de professeurs remplaçants pour faire disparaître les situations de classes sans maître, mais aussi de miser sur un accompagnement personnalisé des élèves confrontés à des difficultés ou au handicap.

    Dogmatisme libéral

    Ce gâchis, dénoncé par l’intersyndicale de l’éducation qui appelle à la grève aujourd’hui, témoigne du dogmatisme libéral dans lequel le gouvernement est engoncé.

    Bien que minoritaire dans le pays comme à l’Assemblée nationale, il continue de concevoir les dépenses publiques dédiées au bien commun comme un coût à réduire.

    Le service public est le patrimoine de ceux qui n’en ont pas. C’est particulièrement vrai s’agissant de l’Éducation nationale, dont la mission n’est autre que d’assurer la réussite scolaire du maximum de jeunes, quel que soit leur milieu d’origine. Il faut la défendre. C’est un combat de classe.

  • Le Printemps marseillais Acte II

    Le Printemps marseillais Acte II

    Au-delà de l’importance de la victoire sans appel du Printemps marseillais face à l’extrême droite RN, le 22 mars, la deuxième mandature de la gauche unie, écologiste et citoyenne devra être à la hauteur des attentes des habitants de la deuxième ville de France. Après un premier mandat essentiellement dédié
    à « réparer » les conséquences des politiques de droite menées de 1995 à 2020, le Printemps marseillais du maire Benoît Payan et de son équipe, va pouvoir approfondir ses choix dans les sept ans à venir notamment pour développer les services publics. Les écoles bien sûr, le logement, le développement économique et la nécessaire transition écologique.

    La gouvernance de la Métropole

    La future gouvernance
    de la Métropole Aix-Marseille-Provence sera à ce titre décisive tant les compétences de l’intercommunalité XXL concernent les priorités des Marseillais : se déplacer, se loger, s’éduquer, travailler. Les habitants des communes concernées n’ont que faire des règlements de comptes politiciens. Ils attendent d’être entendus.

    La bataille de la Métropole s’apparente au troisième tour des élections municipales. imposée à l’époque
    alors que l’essentiel
    des maires et présidents d’intercommunalités était contre ce mastodonte, la Métropole doit être un outil au service de politiques publiques décidées dans le respect du suffrage universel qui s’est exprimé lors des élections municipales. La deuxième ville de France, Marseille, doit
    y prendre enfin toute
    sa place car de son développement harmonieux dépend celui de tout le territoire concerné.

  • Top départ

    Top départ

    Alors que l’essentiel des conseils municipaux élus dimanche dernier aura choisi leur maire au terme de ce week-end, l’heure des premières mesures a sonné.

    L’impulsion politique d’un nouveau mandat est un message envoyé aux électeurs dès les premiers jours par les nouveaux maires. Certains ont été réélus et donneront ainsi une coloration nouvelle à ce mandat, d’autres arrivent en responsabilité et souhaitent montrer aux habitants un changement significatif.

    Tous ont à relever un défi d’une grande importance : redonner crédit à l’action publique après un scrutin marqué par l’abstention et la progression de l’extrême droite qui prospère sur le « tous pareils, tous pourris ».

    Capacité d’action abîmée

    Pendant longtemps, les maires ont représenté pour les Français, des points de repère, des élus « à portée d’engueulade », des gens de confiance. Force est de constater que la crise politique en cours dans une Ve République à bout de souffle contamine l’échelon local et abîme la relation des habitants avec leurs représentants. La baisse des dotations de l’État et la généralisation d’intercommunalités souvent imposées, a entamé la capacité d’action des maires et donc leur crédibilité dans la population.

    Ils sont pourtant les acteurs indispensables de la démocratie de proximité.

    Les attaques que l’État leur inflige pour masquer ses propres turpitudes budgétaires doivent cesser. L’échelon communal doit redevenir le lieu prioritaire de réponse aux besoins de la population. Beaucoup d’idées et d’envies s’expriment en ce lendemain d’élection. Tant mieux.

    Top départ !

  • Des femmes oui, mais progressistes !

    Des femmes oui, mais progressistes !

    La loi qui a étendu le scrutin de liste paritaire aux communes de moins de 1 000 habitants a mécaniquement provoqué une progression notable du nombre de conseillères municipales. Mais il est toujours très difficile pour une femme d’accéder au fauteuil de maire. Le plafond de verre est loin d’avoir disparu et les femmes sont encore barrées pour les têtes de liste et restent cantonnées à certaines délégations que les vieilles idées reçues persistent à voir comme « féminines ».

    Si la parité est un vrai combat, il ne saurait être déconnecté de la bataille politique, ni coupé des autres faits marquants de cette élection. La grande tendance est celle de la progression à droite et de l’implantation de l’extrême droite. Tendance qui se retrouve dans les résultats de notre région.

    Double combat

    Les trop rares femmes élues sont souvent de droite ou d’extrême droite. Difficile de ne pas se réjouir qu’une Laure Lavalette n’ait pas accédé à la tête de la mairie de Toulon, fut-elle une femme. Comment ne pas avouer qu’à Aix-en-Provence, on aurait préféré voir la liste progressiste prendre les clés de la mairie, fut-ce par un homme, Marc Pena, et à une femme, Sophie Joissains ? Et personne ici n’oublie Mme Thatcher ou ne votera Marine Le Pen parce qu’elle est une femme.

    Si la gauche met davantage que les autres partis politiques des femmes tête de liste, c’est manifestement encore insuffisant. Les femmes progressistes sont donc confrontées à un double combat : faire progresser des idées de progrès social et prendre leur juste place dans cette bataille.

  • Faire face aux mairies d’extrême droite

    Faire face aux mairies d’extrême droite

    Souvenons-nous. En mars 2024, un conseiller municipal d’extrême droite RN de Toulon justifiait le refus de son parti de voter pour la construction de logements sociaux, en ces termes : « Nous voterons contre cette délibération, non pas que nous soyons contre la construction de logements sociaux, mais contre les gens qu’on y met dedans. » Fort heureusement, deux ans plus tard, la candidate d’extrême droite à la mairie a été sèchement battue, dimanche, par la maire de Toulon Josée Massi. Mais le RN s’est emparé de nombreuses communes, petites ou moyennes, notamment dans les Bouches-du-Rhône, le Var et le Vaucluse. Le parti à la flamme entend y mettre en œuvre sa politique de « préférence nationale », cette euphémisation de la ségrégation et du racisme. Comment y faire face ? En premier lieu en ne laissant pas tomber les habitants et en mettant à jour l’impasse que représentent les politiques d’extrême droite. Cette résistance doit aussi prendre le contre-pied du discours de division propre au RN.

    Ne pas banaliser

    Il est en effet essentiel de ne pas banaliser l’arrivée de l’extrême droite à la tête de mairies, au prétexte que le suffrage universel a parlé. Les taux d’abstention, hélas désormais structurels, démontrent que c’est l’électorat le plus motivé qui se mobilise et que la démocratie et l’exercice de la citoyenneté doivent être approfondis.

    Le dégagisme est un poison qui entretient le ressentiment. Ainsi, la seule ambition du nouveau maire RN de Carpentras, dans le Vaucluse, était de dégager la gauche (dont la faute a été de se diviser). La veille citoyenne est nécessaire face aux mairies RN.

  • Nouveau souffle

    Nouveau souffle

    Ces élections municipales auront été l’occasion, dans de nombreuses communes, de faire entrer dans les assemblées communales de nouveaux élus progressistes.

    Qu’ils siègent dans la majorité ou dans l’opposition, ces femmes et ces hommes promettent de mettre toute leur énergie pour changer le quotidien des habitants et défendre les idées de justice sociale, de préservation de l’environnement,
    de lutte contre les discriminations…

    Ils sont les visages du renouveau progressiste dans une région qui a déjoué le scénario du raz-de-marée brun mais où le RN progresse et où la droite reste influente.

    Changer de société

    Aux côtés d’élus plus expérimentés, ils mèneront des politiques progressistes dans les villes gérées par la gauche et feront entendre leurs exigences et leurs contre-propositions partout ailleurs.

    Ils auront la lourde tâche d’être des points d’appui pour le monde
    du travail et des oreilles attentives aux préoccupations de la population.

    Dans la crise politique que nous connaissons, où le dégoût de la politique s’accroît et où le sens de l’engagement altruiste s’estompe, ces élus apportent de l’oxygène à la démocratie de proximité.

    Parmi eux, les communistes, en reversant leurs indemnités d’élus à leur parti, démontrent qu’il est possible de faire de la politique « autrement » : de manière désintéressée et sincère.

    Pour les gauches dans leur ensemble, ce réseau d’élus est précieux : il doit donner un nouveau souffle à la perspective de changement de société.