Category: economie

  • 80 ans après les nationalisations, l’avenir de l’énergie en débat au Mondial

    80 ans après les nationalisations, l’avenir de l’énergie en débat au Mondial

    Quatre-vingts ans après la nationalisation du secteur de l’énergie, portée par le résistant et ancien ministre Marcel Paul (PCF), La Marseillaise a invité, vendredi, en marge du rendez-vous populaire du Mondial La Marseillaise à Pétanque, son président directeur général, Bernard Fontana, à débattre des défis qui s’imposent aujourd’hui au secteur français de l’énergie. Pour échanger avec lui : Fabrice Coudour, secrétaire général de la Fédération nationale des mines et de l’énergie (FNME) CGT et Anthony Juan, président de la Caisse centrale d’activités sociales, organisme dédié aux œuvres sociales pour les salariés des industries électriques et gazières en France, elle aussi fondée par Marcel Paul.

    Au cœur des préoccupations : l’influence du marché sur la gestion et l’efficacité d’EDF. « Si les 55 premières années d’EDF permettent de dresser un bilan de service public, un tournant a été pris au début des années 2000, avec une libéralisation du secteur, le choix d’une logique de marché qui a fait exploser les prix, a souligné Fabrice Coudour. On se retrouve avec un système qui sert davantage la rentabilité économique que l’intérêt général. » Une analyse partagée, au moins en partie, par le PDG d’EDF. « On ne peut pas juste appliquer la loi du marché comme ça, il faut une dynamique de pilotage », admet-il. Et d’ajouter : « Je me dis qu’une infrastructure où celui qui fait le boulot paye, et celui qui spécule s’enrichit, c’est quand même un dysfonctionnement. Peut-être faut-il moins subventionner ceux qui déstabilisent le système et reconnaître la valeur de ceux qui assurent sa continuité ».

    Pour changer la dynamique, le secrétaire général de la FNME a listé quelques-unes des solutions envisagées par la CGT : faire des nationalisations nouvelles, sortir de la logique de marché mais aussi imaginer une démocratisation de la gouvernance qui impliquerait l’État, les travailleurs et les usagers, mais aussi baisser la TVA, car « le gaz et l’électricité sont des biens de première nécessité ».

    En finir avec les attaques budgétaires

    Anthony Juan, lui aussi très critique vis-à-vis de la libéralisation de l’entreprise, qu’il impute notamment au changement de statut d’EDF, passée d’un Établissement public industriel et commercial à une société anonyme de production, n’a pas manqué d’aborder les attaques budgétaires subies par le secteur des activités sociales, qu’il dirige. « On peut se regarder tous et dire que les activités sociales sont chouettes, mais il faudrait aussi peut-être commencer par arrêter de nous taper dessus assez régulièrement », s’est-il agacé tout en invitant le PDG d’EDF à venir découvrir un village vacances de la CCAS.

    Et Bernard Fontana de lui répondre : « Effectivement, je pense notre responsabilité à tous est de préserver ce qui fait la singularité, la force de notre modèle social ».

  • Sauramps liquidée, la dernière page d’une institution

    Sauramps liquidée, la dernière page d’une institution

    Le silence a remplacé le bruissement des pages. Ce vendredi 3 juillet, le tribunal de commerce de Montpellier a prononcé la liquidation judiciaire du groupe Sauramps, refermant une histoire commencée en 1946 et transmise de génération en génération de lecteurs. Dans les couloirs du tribunal, comme devant les vitrines désormais figées, la stupeur avait pourtant quelque chose d’attendu : depuis des mois, la grande librairie du Triangle se vidait, ses rayons se clairsemaient, ses salariés travaillaient dans l’incertitude et les clients cherchaient en vain les nouveautés qui ne pouvaient plus être commandées.

    Placée en redressement judiciaire à la mi-juin, l’enseigne n’aura bénéficié que d’un court sursis. Aucun repreneur crédible ne s’est manifesté. Les pertes, évaluées autour de 4 millions d’euros, ont emporté les derniers espoirs d’un plan de continuation. À Montpellier, 48 salariés sont concernés. À Alès, six autres voient disparaître une librairie ouverte depuis vingt-quatre ans. Derrière le mot froid de « liquidation », il y a des métiers, des visages, des conseils donnés entre deux étagères, des paquets cadeaux de fin d’année, des livres glissés entre deux générations.

    Dans un message d’adieu publié par les équipes, l’émotion affleure à chaque ligne. « Après 80 ans d’existence au cœur de Montpellier et 24 ans au cœur d’Alès, les librairies Sauramps tournent une page avec beaucoup d’émotions », écrivent les salariés, remerciant « lectrices, lecteurs de tous âges, de tous horizons » pour leur fidélité, et saluant « le travail formidable des libraires » qui ont partagé leurs coups de cœur « avec passion ».

    Un gâchis social et culturel

    Sauramps n’était pas seulement un commerce. C’était une adresse populaire du livre, un lieu où l’on venait flâner, choisir un roman, chercher un manuel, discuter d’un auteur, croiser la ville. Sa disparition dit quelque chose de la fragilité d’une culture de proximité quand les charges explosent, quand les locaux vieillissent, quand les grandes plateformes imposent leur rythme et quand les pouvoirs économiques laissent les salariés porter seuls l’angoisse de l’effondrement.

    Après la décision du tribunal, la Région Occitanie et Montpellier Méditerranée Métropole ont assuré rester « plus que jamais mobilisées pour l’avenir de Sauramps ». Carole Delga, Michaël Delafosse et Christian Assaf disent apporter leur « soutien renouvelé » à la direction comme aux salariés « durement touchés ». Surtout, les collectivités veulent maintenir une perspective : « l’histoire de Sauramps n’est pas terminée », affirment-elles, en indiquant travailler depuis plusieurs semaines à un nouveau projet porté par David Lafarge, directeur général du groupe, en lien avec l’actionnaire principal François Fontès.

    L’enjeu est désormais de construire, « dans les prochaines semaines », une offre de reprise autour d’un projet « largement repensé et économiquement viable ». Plusieurs scénarios seraient en cours. La Région et la Métropole promettent d’accompagner cette reprise si elle se concrétise, au nom d’une marque jugée « emblématique » de la politique du livre à Montpellier et du rayonnement culturel régional. Une lueur, donc, mais qui ne doit pas masquer la violence du jour : 54 salariés se retrouvent au bord du vide.

    Le commerce fragile des idées

    La chute n’est pas née d’hier. Déjà sauvée en 2017 après un précédent redressement judiciaire, la librairie avait été reprise par l’architecte montpelliérain François Fontès, via Amétis. Depuis, plusieurs tentatives de relance n’ont pas suffi. Ces derniers mois, l’absence de trésorerie, les difficultés d’approvisionnement, le poids du magasin du Triangle et la perte progressive de confiance ont transformé l’institution en navire à quai. Même la Comédie du livre, rendez-vous historique du paysage littéraire montpelliérain, s’est déroulée sans elle cette année : un symbole de trop.

    Cette liquidation s’inscrit dans un secteur déjà secoué : Gibert, Furet du Nord, Decitre… les grandes enseignes du livre physique traversent une zone de tempête. Mais à Montpellier comme à Alès, la blessure est singulière. Sauramps faisait partie du décor mental des villes, de ces lieux où la culture se feuillette sans rendez-vous. Une librairie n’est jamais seulement une caisse enregistreuse : c’est un service public sans statut, tenu par des salariés passionnés, souvent peu payés, mais essentiels à la circulation des idées.

    Ce vendredi de juillet, l’année des 80 ans de Sauramps s’achève donc sur une liquidation. Peut-être pas sur une disparition totale, si le projet de reprise annoncé par les collectivités aboutit. Mais la page qui se tourne aujourd’hui, elle, est bien réelle : écrite non par les lecteurs, mais par les comptes, les loyers, les choix de gestion et l’impuissance collective à préserver, à temps, un bien commun. À Sauramps, les livres n’ont jamais manqué d’histoires. En espérant que la sienne puisse encore trouver une fin heureuse.

  • Le ministre des PME et du Commerce à la découverte de Blachère Illumination

    Le ministre des PME et du Commerce à la découverte de Blachère Illumination

    Ministre des Petites et moyennes entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat, Serge Papin était en visite à l’entreprise Blachère illumination, ce jeudi. Un événement pour l’entreprise mondialement connue et labellisée entreprise du Patrimoine vivant, dont le fondateur, Jean-Paul Blachère, est décédé en décembre 2025 .

    À son arrivée, le ministre a été accueilli par Christine Blachère et son mari Romain. Ils ont d’abord visité les ateliers de ferronnerie, de câblage et celui dédié aux guirlandes françaises. L’occasion de souligner que ces dernières rencontrent un joli succès avec 5 000 vendues cette année, le double de l’année précédente.

    La visite s’est poursuivie dans le « show room », lieu où chaque année le public peut voir les créations de l’entreprise, notamment à l’occasion des fêtes de fin d’année.

    Christine Blachère et son mari ont fait un historique de la création de l’entreprise et ont évoqué Jean-Paul Blachère, le fondateur. Ils ont aussi présenté la fondation Blachère sur l’Afrique, sujet qui a suscité l’intérêt du ministre, à qui un ouvrage consacré à la fondation a été remis.. Le ministre a ensuite rappelé son action pour l’industrialisation des entreprises, en présence du préfet, du maire d’Apt Jean Aillaud (DVD) et de Jacqueline Bouyac, vice-présidente de la Région.

    Plus tôt dans la matinée, le ministre avait également visité l’usine Charles et Alice, spécialisée dans la conception de desserts aux fruits, à Monteux, et rencontré des chefs d’entreprise et des élus locaux pour discuter des enjeux de pouvoir d’achat et de compétitivité.

  • Un gros risque de clap de fin pour la librairie Sauramps

    Un gros risque de clap de fin pour la librairie Sauramps

    Après avoir été sauvée, en 2017, d’un premier placement en redressement judiciaire, la librairie historique de Montpellier, en proie depuis plusieurs mois à une lente agonie, pourrait bien, cette fois, ne pas en réchapper.

    Placée en redressement judiciaire le 15 juin à la demande de son propriétaire, l’architecte François Fontès, Sauramps, qui emploie 54 salariés (47 à Montpellier et 7 à Alès), a rendez-vous avec son avenir ce 3 juillet au tribunal de commerce de Montpellier, au terme d’une période d’observation de 3 semaines.

    « L’administrateur n’a pas communiqué grand-chose, mais il confirme que la situation financière est catastrophique. Vu que nous n’avons plus d’actifs, plus de stocks, geler la dette ne suffira pas à relancer l’entreprise s’il n’y a pas de réinvestissement. Comme M.Fontès ne réinjecte pas et que personne, à ma connaissance, ne s’est manifesté de l’extérieur pour investir dans la boîte, on court tout droit à la liquidation », assure un salarié qui a souhaité rester anonyme. « Il y a 95% de chances qu’elle soit demandée à l’audience ce 3 juillet au matin. Si elle est prononcée, ça va être violent dans le timing : le magasin n’ouvrira pas, les salariés seront priés de rentrer chez eux et c’est fini », confie-t-il.

    La Métropole

    et la Région en soutien

    « Dans le projet présenté au tribunal de commerce, François Fontès avait fait une demande de redressement judiciaire en parlant d’un projet de relance avec uniquement 15 employés [sur 54 Ndlr], sur la partie basse du magasin. Mais je crois qu’il est revenu dessus, qu’il ne demandera pas la prolongation de la période de redressement et qu’il prendra acte de la situation », livre le salarié.

    Sauramps disparaîtrait alors bel et bien du paysage du livre à Montpellier comme à Alès. Implantée depuis 1946, cette librairie indépendante, qui fête cette année ses 80 ans, était pourtant devenue un repère, une institution à Montpellier. Elle n’échappe hélas pas à une crise plus large qui frappe le secteur, à l’instar des enseignes les plus illustres de la librairie en France, comme Gibert, Decitre ou Le Furet du Nord, elles aussi placées en redressement judiciaire.

    Il n’est toutefois pas interdit d’espérer encore. D’autant que dès l’annonce du placement en redressement judiciaire, la Métropole de Montpellier comme la Région Occitanie ont fait savoir qu’elles étaient « pleinement engagées » pour la sauvegarde de Sauramps. « Plus que jamais, face aux assauts des populismes et des dogmatismes aveugles, nous avons besoin dans nos villes de ces véritables “commerces des pensées” que sont les librairies indépendantes », déclarent dans un communiqué commun les deux collectivités, qui « travaillent de concert avec l’actionnaire et la direction pour sauvegarder cette librairie et faire émerger un projet viable ». Si seulement…

    Amélie Goursaud

  • À Montpellier, Sauramps joue son avenir

    À Montpellier, Sauramps joue son avenir

    Gros coup de massue pour le monde du livre à Montpellier. Sauramps, librairie historique de la capitale héraultaise fondée en 1946, a été placée, le 15 juin, en redressement judiciaire à la demande de son propriétaire et actionnaire principal, l’architecte François Fontès. Une issue qui semblait hélas inexorable au regard des grosses difficultés financières – les pertes cumulées s’élèveraient à plus de 3,5 millions d’euros -rencontrées par l’entreprise, qui possède également un magasin à Alès et emploie une cinquantaine de salariés. Sauramps n’échappe pas à la crise d’un secteur où les placements en redressement judiciaire se succèdent parmi les grands noms de la librairie : Gibert*, Decitre ou encore, dernièrement, Furet du Nord.

    Pour la première fois en 40 ans d’existence de la manifestation, la librairie indépendante montpelliéraine n’a pas été en mesure de participer à la Comédie du livre. Ces derniers mois, les rayons du magasin situé à deux pas de la place de la Comédie se sont peu à peu vidés faute de trésorerie pour les réapprovisionner, sous l’œil désolé des clients fidèles et des salariés impuissants. Début juin, ces derniers, rongés par l’incertitude sur le sort de leur entreprise, avaient alerté publiquement sur la situation de Sauramps lors d’une opération de tractage, dénonçant l’absence d’information dans laquelle ils étaient tenus et réclamant « des réponses claires ». Le placement en redressement judiciaire ouvre une nouvelle étape, sans que l’avenir de l’entreprise ne soit forcément condamné : Sauramps a déjà eu une seconde vie en 2017, au terme d’un redressement judiciaire qui avait abouti au rachat de l’entreprise par le groupe Ametis, de François Fontès.

    Dans le cadre de la procédure engagée, une période d’observation de trois semaines a été accordée à l’entreprise par le tribunal de commerce de Montpellier, qui a fixé une audience le 3 juillet. « François Fontès souhaite aboutir à un plan de continuité pour ne pas abandonner Sauramps », assure, dans Midi Libre, David Lafarge, directeur des librairies de Montpellier et Alès. De leur côté, la présidente de Région Carole Delga et le maire et président de la Métropole de Montpellier Michaël Delafosse ont immédiatement réagi dans un communiqué commun, se disant « pleinement engagés » pour sauver ce « patrimoine commun ». « La Région Occitanie et Montpellier Méditerranée Métropole travaillent de concert avec l’actionnaire et la direction pour sauvegarder cette librairie et faire émerger un projet viable », assurent les deux collectivités. « La procédure de redressement judiciaire, avec le travail des administrateurs et des mandataires judiciaires, sera une phase nécessaire pour qu’un rebond soit possible. »

    * La librairie Gibert de Montpellier
    n’est pas concernée.

  • L’économie sociale et solidaire demeure dans l’incertitude dans les Hautes-Alpes

    L’économie sociale et solidaire demeure dans l’incertitude dans les Hautes-Alpes

    Ce mercredi 1er juillet, la loi de 1901 sur la liberté d’association fêtait ses 125 ans. Pourtant, l’heure n’est pas à la célébration pour les structures de l’économie sociale et solidaire (ESS), même si elles peuvent être soulagées de garder la tête hors de l’eau. Le 9 juin dernier, le ministre chargé de l’Économie sociale et solidaire, Serge Papin, annonçait une réduction de 30% des crédits alloués à l’ESS. Il est finalement revenu sur cette décision le 22 juin.

    « Une excellente nouvelle », pour la députée des Hautes-Alpes Marie-José Allemand (PS), qui avait interpellé le gouvernement par une question écrite. « Le gel des crédits destinés à l’économie sociale et solidaire aurait fragilisé des milliers d’associations, de coopératives et d’entreprises qui jouent un rôle indispensable dans nos territoires, notamment en milieu rural », affirme-t-elle. L’Association des maires de France (AMF) s’était également positionnée dans un courrier adressé le 16 juin au Premier ministre, dans lequel elle faisait part de sa vive inquiétude face à ces baisses de crédits touchant des acteurs qui rendent des services essentiels dans de nombreuses communes et intercommunalités.

    « Il y a eu une forte mobilisation, explique Jean-Claude Eyraud, président de l’union départementale de l’ESS dans les Hautes-Alpes. La lettre ouverte d’ESS-France au premier ministre a été cosignée par 4 000 dirigeants de l’économie sociale et solidaire. Le résultat, c’est que le ministre Papin est revenu sur la baisse de 30% des crédits. » Mais, selon lui, cette victoire n’est qu’un sursis. « Nos associations ont très peu de fonds propres, quand on les prive de subventions, elles sont obligées de licencier ou de disparaître. On est quand même très inquiets. D’autant qu’on fait aussi face à un vieillissement de nos militants, qui ne sont pas remplacés, regrette-t-il. Pour l’instant, on respire un peu, mais jusqu’à quand ? Ce n’est qu’un répit, à l’automne, le projet de loi de finances va revenir, on va être à nouveau sur la sellette. »

    Moins d’aides que le privé

    Ce recul ne suffit pas à dissiper les inquiétudes d’un secteur confronté à une situation structurellement préoccupante. Pour ses représentants, l’économie sociale et solidaire est engagée dans un lent déclin. « On nous reproche d’être trop dépendants des subventions, pourtant, la Cour des comptes indique clairement que les associations sont moins bien subventionnées que le secteur privé », rappelle Jean-Claude Eyraud. D’après l’Observatoire national de l’économie sociale et solidaire (Oness), le secteur associatif a perdu 12 305 emplois en un an, entre la fin 2024 et la fin 2025. Un recul aux conséquences importantes dans un département comme les Hautes-Alpes, où l’ESS représente près de 20% des emplois privés.

    Ange Fabre

  • Un guide pour accompagner les projets agritouristiques dans le Var

    Un guide pour accompagner les projets agritouristiques dans le Var

    Dans un territoire marqué par l’agriculture, sur le littoral comme dans l’arrière-pays, l’agritourisme représente un levier de diversification essentiel pour les exploitations agricoles confrontées à des défis économiques et climatiques croissants. Un enjeu d’autant plus important dans le premier département touristique de France. Déjà doté d’une proportion d’exploitations engagées dans cette activité deux fois supérieure à la moyenne nationale, le Var entend structurer et renforcer cette dynamique.

    Une filière qui incarne « une alternative au tout plage et tout soleil », appuie le président (LR) du Département, Jean-Louis Masson, et qui permet de « faire découvrir le département dans son authenticité et ses spécificités, et représente un complément de revenu intéressant pour les agriculteurs ».

    C’est à cet égard que le Comité de pilotage « Agritourisme dans le Var », créé en 2025 et réunissant l’État, le conseil départemental du Var, la chambre d’agriculture du Var, l’Agence de développement Touristique (ADT) Var tourisme et les représentants des filières, lance un guide d’accompagnement des projets agritouristiques. « Le diagnostic de la chambre d’agriculture montre une volonté de développer l’activité agritouristique. 180 agriculteurs ont émis ce désir », affirme Guillaume Décard, président de Var Tourisme.

    Une simplification des lois attendue

    Ce guide, voué à être réactualisé avec les retours d’expérience, affiche une triple vocation : faciliter l’accès aux règles d’urbanisme pour les exploitants, qui ne sont pas forcément spécialistes en la matière ; ériger des règles communes entre élus, chambre d’agriculture et services de l’État pour que les projets soient lus avec les mêmes critères, et enfin, permettre aux exploitants d’identifier l’ensemble des volets à prendre en compte, sur le plan pratique (risques naturels…) comme légal.

    Sur ce dernier aspect, « nous attendons une loi de simplification », milite Sylvain Audemard, président de la chambre d’agriculture du Var, qui joue un rôle de « guichet unique » pour « orienter les exploitants dans leur projet ». Un texte voué à apporter plus de souplesse en matière d’urbanisme et de fiscalité, deux freins à l’expansion de l’activité agritouristique. « Dès lors qu’on est raisonnable sur les objectifs et qu’on ne transforme pas les exploitations agricoles en lieux touristiques, tout est conciliable à travers l’adaptation des textes nationaux », a répondu le préfet Simon Babre, laissant entendre que les services de l’État étaient ouverts à l’idée, mais pas à n’importe quel prix.

  • Vers une meilleure desserte routière des bassins Ouest

    Vers une meilleure desserte routière des bassins Ouest

    Au centre des étals fournis du marché de Port-Saint-Louis-du-Rhône, les représentants du Grand Port maritime de Marseille (GPMM) tiennent leur propre stand. Alors que le vent charrie les kakémonos, ils discutent avec les passants des projets 3XL et Distriport, le premier étant une extension des terminaux de conteneurs, le second une plateforme logistique.

    Pour Géraldine Planque, cheffe de mission concertation et dialogue territorial, « la mission d’information est presque mieux remplie en rencontre de proximité qu’en réunion publique ». « Aller vers les gens nous permet de toucher beaucoup plus de personnes. Et ce ne sont pas du tout les mêmes que celles qu’on voit lors des rendez-vous, qui représentent des associations et qui ont des connaissances pointues et un angle d’approche puisqu’elles portent un sujet précis, souvent autour du cadre de vie ou de la pollution. »

    Sur la trentaine d’habitants rencontrés ce matin, « les préoccupations qui reviennent le plus sont la desserte routière, l’accessibilité et le report modal qui va avec ».

    Schéma directeur routier

    La RN268, qui relie Fos-sur-Mer à la commune de l’embouchure du Rhône en passant par le GPMM, accueille chaque jour 4 000 poids lourds, qui représentent un tiers du trafic total. Avec l’extension du quai et de la zone d’entrepôts, le trafic de conteneurs devrait bondir de 15%, soit 200 000 équivalents vingt pieds supplémentaires. « S’il y a plus de navires, toute la chaîne de transport suit », admet Axel Raybaut, chef du projet 3XL.

    Conscient que c’est un « vrai problème pour la population et les travailleurs du secteur », le GPMM a élaboré un Schéma directeur routier. Plusieurs aménagements sont prévus pour rendre le réseau routier portuaire plus résilient : « On va faire un accès à 3XL raccordé à la RD268, pour que le trafic lié aux conteneurs ne sature plus le seul accès qui existe actuellement, précise Axel Raybaut. De son côté, le Département étudie le doublement de la voie qui lui appartient. » Le port a récupéré la maîtrise d’ouvrage du giratoire du relais, qui dessert le môle central, auprès du Département pour faire une dénivellation et permettre aux flux de marchandises de l’éviter. Du côté de Distriport, « on va construire un accès périphérique qui permettra aux habitants de Port-Saint-Louis d’être sur une route dédiée aux véhicules légers pour sortir du flux portuaire », précise le chef de projet Philippe Marin. Tous ces travaux devraient être réalisés d’ici 2030.

    Le GPMM mise aussi sur le report modal, avec une cour ferroviaire dans la zone entrepôts et un quai dédié aux barges fluviales du côté des terminaux.

  • Journée cruciale au tribunal pour Fibre Excellence

    Journée cruciale au tribunal pour Fibre Excellence

    « En quelques jours, chacun a accepté de faire évoluer sa position. Des investisseurs se sont engagés, d’autres sont en train de le faire. Les Régions se sont mobilisées. Les organisations syndicales ont contribué activement à la construction du projet », écrivent dans une lettre commune, adressée dimanche au ministre de l’Industrie, Sébastien Martin, Matthieu Pigasse, les deux présidents des Régions Sud et Occitanie, et les responsables des syndicats CGT, CFDT et FO. Et de presser le gouvernement à prendre ses « responsabilités » avec « la mobilisation effective de tous les leviers dont dispose l’État afin de donner toutes les chances à ce projet désormais profondément consolidé ». Gouvernement qui reste pour l’heure dans l’attente d’un « projet crédible », répond-il.

    L’offre de reprise de l’entreprise Fibre Excellence et de ses deux usines, situées à Saint-Gaudens (Haute-Garonne) et à Tarascon, par l’homme d’affaires doit être déposée ce jeudi, au tribunal de commerce de Toulouse. L’audience pour l’examen de l’offre a été reportée au 6 juillet.

    Cette offre pourrait donner un second souffle au fabricant de pâte à papier et sauver les quelque 10 000 emplois directs et indirects que génère l’activité. L’entreprise a été placée en redressement judiciaire, fin avril, tandis que son actionnaire indonésien, Jackson Wijaya, a refusé tout net de remettre de l’argent dans la société, qui souffre d’un déséquilibre structurel. Pour y remédier, outre l’apurement du passif, les salariés ont rappelé la nécessité d’un relèvement du tarif de rachat de l’électricité produite par l’usine. Une promesse du gouvernement.

  • [Entretien] Clément Beaune : « Je propose qu’on revienne à une forme de planification globale »

    [Entretien] Clément Beaune : « Je propose qu’on revienne à une forme de planification globale »

    La Marseillaise : Vous intervenez lors des rencontres économiques sur la question de la planification économique. Quelle est sa place dans le modèle français actuel ?

    Clément Beaune : On vit un paradoxe français : nous avons beaucoup de plans, de stratégies, dans beaucoup de domaines, pour les collectivités locales, comme pour l’État. On entend tous les jours parler de plan sur la santé et l’environnement, de plan bas carbone, de plan d’adaptation aux changements climatiques, de plan agricole… Ce mot revient souvent, mais on ne fait plus la planification comme ça a été le cas notamment pendant les trente glorieuses, c’est-à-dire avec un plan quinquennal, qui était certes indicatif, mais qui était débattu au Parlement, voté, discuté avec le patronat et les syndicats notamment et qui fixait, c’était son principal mérite, quelques priorités ainsi que leur financements. Ces priorités, une fois qu’elles étaient dans le plan quinquennal, étaient celles du gouvernement, pour 5 ans. Je ne dis pas que c’était idéal, mais il y avait une forme de stabilité et d’anticipation. Aujourd’hui, à part dans le domaine de la défense, où l’on a de nouvelles programmations militaires, on a beaucoup de mal à avoir un cap clair, débattu dans la société, au Parlement, et partagé, pour plusieurs années.

    Que proposez-vous ?

    C.B. : Il faut l’adapter, mais je propose qu’on revienne à une forme de planification globale. Qu’on se demande quelles sont les grandes priorités de l’État, pour les cinq ans qui viennent, qu’on en débatte au Parlement. Ça permettrait de parler démographie, immigration, gestion de l’eau… Tous ces sujets-là méritent du temps long, un débat large et des priorités stables. On le voit sur la question climatique, on a besoin d’avoir des investissements qui ne bougent pas d’une année sur l’autre, de choisir les priorités. Est-ce que la priorité est l’investissement dans les transports, plutôt dans l’énergie, plutôt dans l’agriculture ? Ce sont des choix politiques. Après, il y a des gens qui auront des préférences, mais au moins, c’est débattu, c’est connu de tous et c’est stable.

    Ce qu’apporte surtout la planification, c’est de la visibilité et de la stabilité. Pas des coups de stop and go, comme on dit, ou d’essuie-glaces, où on va un coup dans un sens, un coup dans un autre.

    Je pense aussi que parfois, sur le climat, la défense et d’autres enjeux du temps long, il faudrait avoir des budgets pluriannuels, qui s’imposerait au budget annuel.Ce n’est pas le cas aujourd’hui.

    Un mot sur l’échéance de la présidentielle, au regard du bilan des deux quinquennats d’Emmanuel Macron et de l’influence qu’a depuis gagnée l’extrême droite ?

    C.B. : J’ai deux combats, qui sont identitaires pour moi : la lutte contre l’extrême droite et l’engagement pour l’Europe. Je me prononcerai à l’automne sur les candidatures, mais pour l’instant, je veux rester focalisé sur le Plan. Et proposer un certain nombre d’options qui peuvent être utiles dans le débat. Ce qui est sûr, c’est qu’il faudra une stratégie de rassemblement et de responsabilité, peut-être au-delà des familles politiques traditionnelles, pour battre l’extrême droite.

    Entretien réalisé par Margot Milhaud.