Category: economie

  • Réorganisation à Tecelys et au Grand Avignon

    Réorganisation à Tecelys et au Grand Avignon

    Le Grand Avignon a lancé un marché public pour restructurer ses sociétés d’aménagement. Et envisager une fusion entre la SPL Tecelys et la SPL Grand Avignon Aménagement.

    Est concernée la partie aménagement urbain de la SPL Tecelys, qui concerne 10 emplois à temps plein. Et donc non pas Orizo, l’exploitant du réseau de transport en commun du Grand Avignon. Dans le cahier des clauses techniques particulières dont l’objet est « une mission d’assistance à maîtrise d’ouvrage accompagnement pour la restructuration des SPL Tecelys et Grand Avignon Aménagement », que La Marseillaise a pu consulter, la communauté de communes souhaite « renforcer le contrôle analogue, la gouvernance et la performance des outils publics locaux, de la recherche d’une meilleure cohérence entre les politiques publiques de mobilité, d’aménagement, de gestion de l’espace public et de transition énergétique, ainsi que de la rationalisation des moyens humains, financiers et organisationnels ». Soit de mieux piloter les projets, plus directement, avec plus d’efficacité, notamment avec diverses missions qui se « chevauchent ». Une mission qui fait notamment suite à des observations de la Chambre régionale des comptes.

    Fusion ou non

    Plusieurs scénarios sont envisagés. La fusion-absorption de l’une des SPL par l’autre donc. Mais aussi le maintien des deux structures « avec renforcement de la gouvernance, du contrôle analogue et du reporting ». Ou encore des variantes, qui peuvent inclure un « rapprochement fonctionnel », un « groupement de moyens », ou encore une « mutualisation progressive ou spécialisation des périmètres ».

    Le titulaire de la mission aura entre 9 et 11 mois pour rendre son rapport qui aidera donc les élus à prendre une décision sur le futur de ces structures.

  • Certaines chèvres ne produisent plus de lait plusieurs mois avant la période

    Certaines chèvres ne produisent plus de lait plusieurs mois avant la période

    Ici, le dérèglement climatique se voit dans les prés vides et les stocks de foin qui fondent avant l’heure, transformant en profondeur le quotidien des exploitations agricoles. Depuis plusieurs semaines, la chaleur dessèche les pâturages, l’herbe se raréfie et perd en qualité nutritive.

    Au GAEC La Fontaine de Lacan, à Saint-Pargoire, Odile Boutieres constate chaque jour les conséquences des canicules à répétition. « Aujourd’hui, il n’y a plus rien à manger dehors. Nous sommes obligés de nourrir les chèvres à l’intérieur avec le foin que nous venons juste de récolter. Nous avons déjà commencé à utiliser les stocks de cette année alors que l’été n’est pas terminé. »

    La sécheresse s’ajoute à des températures qui ne redescendent plus suffisamment la nuit. Les épisodes de canicule, où le mercure reste proche des 25 °C, empêchent les animaux de récupérer. Avec ce stress thermique continu les animaux récupèrent de moins en moins. Certains meurent, d’autres produisent beaucoup moins de lait.

    Le quotidien d’une éleveuse à bout de souffle

    Face à ces épisodes de chaleur qui s’installent, le métier d’éleveur change lui aussi. Les journées s’organisent désormais autour de la surveillance des troupeaux, de l’approvisionnement en eau et de l’alimentation des animaux. « Habituellement, nos chèvres sortent tous les jours. Aujourd’hui, elles restent à l’intérieur parce qu’il n’y a plus rien dehors », raconte l’éleveuse. Une situation qui bouleverse toute l’organisation de l’exploitation. À cette vigilance permanente s’ajoutent des journées particulièrement longues. « Je suis à la traite dès sept heures du matin. Toute la matinée, avec mon fils, nous faisons les fromages. Le soir, je fais les marchés et je rentre vers minuit et demi. Cette année est très, très dure », résume-t-elle. Derrière cette phrase se cachent des semaines d’incertitude, de fatigue physique et d’inquiétude. « On vit au jour le jour », souffle-t-elle, avant d’ajouter : « On se sent seuls. » Comme l’explique Odile Boutieres, la baisse de la production se répercute directement sur la transformation fromagère et sur les ventes. « Nous produisons 50% de lait en moins avec les mêmes chèvres », explique-t-elle. Pour cette exploitation familiale, récemment agrandie avec l’installation du fils, le choc est brutal.

    Les investissements réalisés pour gagner en autonomie alimentaire deviennent aujourd’hui difficiles à rentabiliser, tandis que les remboursements d’emprunts continuent de courir. Le mois dernier, les deux associés n’ont perçu que 320 euros chacun. Pourtant, malgré les difficultés, il n’est pas question de renoncer. Comme beaucoup d’éleveurs, elle cherche désormais d’autres sources de revenus, en relançant notamment la ferme-auberge familiale ou en développant de nouvelles activités. « On cherche toutes les solutions possibles pour continuer », affirme-t-elle. Une phrase qui résume, à elle seule, le défi auquel sont confrontés de nombreux éleveurs.

    Face à la multiplication des épisodes de chaleur, les pouvoirs publics ont lancé le Plan Agriculture Méditerranée, destiné à accompagner l’adaptation des exploitations de l’arc méditerranéen. En Occitanie, 28 territoires ont été labellisés « aires agricoles de résilience climatique » en 2024 et 2025. Dix-huit projets ont également été retenus, représentant 23,7 millions d’euros d’investissements, dont 9,5 millions d’euros d’aides de l’État. Reste à savoir si ces dispositifs bénéficient directement aux petites exploitations comme celle d’Odile Boutieres.

    Amélia Siapo

  • En Provence, les agriculteurs étouffent

    En Provence, les agriculteurs étouffent

    « On souffre physiquement et mentalement, on se demande combien de temps ça va durer… » souffle Emilie Loison, épuisée. Installé depuis 2016 dans les Bouches-du-Rhône, à la ferme Saint Joseph à Peyrolles, le couple, Emilie et son compagnon Roger, qui l’a rejointe en 2022, produit des tomates, des haricots, du fromage de chèvre ou encore de la viande de chèvre dont le cheptel s’élève à une centaine d’individus.

    Les deux producteurs exercent déjà un métier d’ordinaire difficile. Mais ils voient les difficultés s’accumuler au quotidien depuis le début de la canicule et de la sécheresse. « Pour les animaux, c’est très compliqué. En temps normal, je fonctionne quasi exclusivement au pâturage, je ne leur donne presque pas de foin. En ce moment, tout est grillé dans les prairies, il n’y a rien à manger, alors je n’ai pas le choix, je dois acheter du foin. Mais comme nous sommes nombreux dans ce cas, fatalement, les prix grimpent. Ajoutez à cela qu’avec la chaleur, les chèvres produisent aussi moins de lait, au bout du compte, cela me coûte plus cher et me rapporte moins. »

    Pour les cultures, c’est aussi pénible, explique Roger, son compagnon : « Normalement en cette période, je suis envahi de tomates, là c’est sec, il n’y en a pas ou alors très peu » explique-t-il en montrant ses serres dans lesquelles on ne distingue pas ou très peu de fruits. Il poursuit : « Les pertes sont conséquentes, environ 40%, et pourtant, nous ne sommes pas les plus mal lotis. Nous avons la possibilité d’irriguer grâce à notre proximité avec le canal de la Durance, mais ce n’est pas suffisant. Toutes les cultures subissent cette sécheresse : mes haricots verts, eux, sont petits, courbés, secs ».

    Au-delà des difficultés de production, le facteur humain, lui aussi est mis à rude épreuve. Les deux producteurs expliquent se lever le plus tôt possible le matin pour travailler au frais, et terminer tard pour tenter de retrouver de la fraîcheur. « On est tous très fatigués. Cette année, les fortes chaleurs ont commencé très tôt. Début juillet j’étais déjà à bout comme si j’étais fin août. Et tous les producteurs autour de nous le disent. Si on ajoute à ça le stress de ne pas savoir si nos plantes vont survivre et quelles solutions on va trouver pour notre élevage, c’est vraiment éreintant ».

    Pour s’adapter au réchauffement du climat, Emilie et Roger, adhérents à la Confédération paysanne, ont adopté une agriculture durable. « Ce sont des fermes à taille humaine, pas forcement petites en termes de surface mais loin du modèle intensif. C’est aussi et surtout un modèle qui respecte la nature, la terre, l’air, l’environnement et l’humain qui y travaille. Le tout idéalement en bio. C’est un modèle qui, aujourd’hui, résiste un peu mieux à la sécheresse, aux canicules. »

    Pourtant, la confédération paysanne s’est vue retirer 42% de ses subventions par la Région suite au changement de la clé de répartition au profit des syndicats agricoles productivistes FNSEA et Coordination Rurale. Mais le maraîcher insiste : « On va devoir s’adapter à des températures de plus en plus chaudes et sèches. Selon moi c’est une question que la future génération d’agriculteurs doit absolument se poser si elle veut perdurer ».

    Autre point d’inquiétude des agriculteurs, le risque croissant d’incendie. Chaque année dans toute la France, des centaines d’hectares de cultures partent en fumée. Mais l’agriculture paysanne répond aussi à la problématique, notamment avec des solutions d’entretien des forêts : « Nous, on milite pour une installation de bergers dans les forêts pour entretenir ce qui ne l’est plus depuis des décennies. Malheureusement on est très freinés là-dessus… »

    Pour l’heure Émilie et Roger continuent de travailler toujours plus, pour limiter les conséquences de la sécheresse.

    Louis Golliot

    EN BREF

    50%

    Une commune sur deux de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca) a connu au moins un arrêté sécheresse lors de l’épisode historique de 2022, d’après une étude réalisée par l’Insee. La même année, deux habitants sur trois de la région ont été touchés par des restrictions d’eau au pic du mois d’août.

    130 jours

    Selon les projections de Météo-France pour la région Paca, le nombre de jours où les sols seraient en situation de sécheresse atteindrait 130 jours par an en 2050, contre 101 jours sur la période de référence 1976-2005.

    Soit près d’un mois supplémentaire de sécheresse chaque année.

    + 2,2°C

    D’après les mêmes projections, la température moyenne annuelle augmenterait en Paca de 2,2 °C à l’horizon 2050. À l’échelle nationale, la hausse serait de 2,1 °C pour la même échéance. L’augmentation serait de 3,7 °C à l’horizon 2100, contre 3,4 °C pour la France hexagonale.

    – 10%

    Du côté des précipitations, à l’horizon 2050, en Paca, les pluies estivales (juin-juillet-août) diminueraient de 10 % selon Météo-France. La baisse serait de 18 % à l’horizon 2100.

    En revanche, le cumul de précipitation en hiver (décembre-janvier-février) augmenterait de 19 %.

  • [C’est l’été] Mélanie Costanzo, arboricultrice : « Les femmes peuvent y arriver »

    [C’est l’été] Mélanie Costanzo, arboricultrice : « Les femmes peuvent y arriver »

    Au Poët, dans les Hautes-Alpes, Mélanie Costanzo, 39 ans, cultive 15 hectares de pommiers. Ici, il fait toujours beau. Ses pommes labellisées IGP (Indication géographique protégée) et Label Rouge, profitent de « 300 jours d’ensoleillement à l’année », selon l’arboricultrice. Issue d’une famille de producteurs sur trois générations, présidente de sa coopérative, elle gère l’exploitation familiale depuis 6 ans. Une trajectoire bien différente de ce qu’elle avait imaginé au départ.

    « À la base, j’étais à fond dans l’Art, j’ai un BTS dans le design. Je suis partie à Marseille, j’ai fait les Beaux-Arts et une école d’architecte », raconte la pomicultrice. Puis, en 2012, elle perd son grand-père. Un décès qui chamboule l’organisation de l’exploitation familiale. Son père ne se sentant plus de continuer tout seul, Mélanie Costanzo ne voulait pas voir disparaître l’héritage familial. Quand elle était petite, elle se souvient d’avoir souvent accompagné sa grand-mère sur les marchés. « Mes grands-parents ont travaillé dur pour avoir ce qu’il avait. Il était hors de question que la ferme parte de la famille », revendique-t-elle. À ce moment, elle avait 25 ans. L’étudiante en art quitte la ville et ses études pour revenir dans son village et ses montagnes : « Et c’est clairement devenu une passion », raconte-t-elle le regard pétillant.

    Transmettre son amour pour la nature

    Aujourd’hui, Mélanie Costanzo est aussi mère de trois enfants. « Ça fait du boulot ! », sourit-elle. Dans une profession où on ne compte pas les heures, l’équilibre se construit différemment. Dans son entourage, tous connaissent ces contraintes, comme son mari qui est aussi agriculteur. « L’avantage, c’est qu’on se comprend », glisse-t-elle. Mais elle ne regrette rien. « Non jamais. Ma campagne me manquait. Il était hors de question de rester en ville. On est dans des paysages magnifiques », atteste-t-elle, l’air satisfait.

    Ce qu’elle aime, c’est d’abord transmettre, expliquer comment elle produit ses pommes, savoir qu’elles se retrouvent dans les assiettes des gens. À la récolte, elle accueille des classes de primaires pour les sensibiliser à la nature et son fonctionnement. « On explique de la floraison à la production. On est contents de les voir avec le sourire quand ils croquent dans la pomme. Le bonheur c’est juste ça pour moi. »

    Prouver sa place

    dans un monde d’hommes

    Dans ses vergers d’altitude, la golden est reine. Avec le Limousin, les Hautes-Alpes sont la région principale de cette variété. « Avec les nuits très fraîches, elle prend un peu de “blush”, des reflets un peu rosés très caractéristiques. » Un savoir-faire qu’elle défend, notamment à travers les labels : « C’est important pour faire valoir notre terroir. » Mais ce lien à la nature est aussi une source d’inquiétude. Le changement climatique est une source d’angoisse. « Il y a dix jours, on a fait une nuit d’anti-gel à -1, et une semaine plus tard on a 33 degrés. Les arbres ne comprennent pas. » Les conséquences sont visibles : chutes de feuilles, arrivée des ravageurs… Malgré tout, elle insiste : « Nous, on est dans la production mais aussi dans la protection de l’environnement. » Elle est la première de la famille à avoir développé des cultures biologiques.

    Dans la coopérative, Mélanie Costanzo est quasiment la seule fille et elle en est présidente. Son objectif : faire monter le féminin dans le secteur. Elle rappelle que les femmes restent minoritaires : « Elles représentent moins d’un tiers des gérances d’exploitation agricole. » Dans la famille, il n’y avait pas de fils pour reprendre la ferme, comme il est encore souvent admis. Mélanie Costanzo a une petite sœur. « Mon père s’est dit : j’ai deux filles… jamais de la vie elles reprendront. » Elle apprend le métier au côté de son père. Aujourd’hui, elle mesure sa persévérance : « Je suis fière d’avoir réussi à montrer à mon père que les femmes aussi peuvent y arriver. » En attendant, elle essaie de préparer la relève et de cultiver cette passion pour ses enfants : « On verra si ça suit ou pas… »

    Marie Moreau

    fruiticimes.fr

    Une golden aux trois labels

    Mélanie Costanzo cultive une golden reconnue pour sa qualité. Ses pommes portent trois labels. L’Indication Géographique Protégée (IGP) garantit leur lien avec le terroir des Hautes-Alpes. Le Label Rouge distingue une qualité gustative, contrôlée par des tests réguliers. Et le label Vergers écoresponsables certifie une production respectueuse de la biodiversité et des ressources. À maturité, les fruits sont récoltés à la main.

  • Quand les chauffeurs VTC se ruent sur les stations balnéaires

    Quand les chauffeurs VTC se ruent sur les stations balnéaires

    Violences verbales et physiques entre conducteurs, délits routiers, escroquerie envers la clientèle… » C’est le constat établi par la préfecture du Var après les remontées de terrain des communes de Saint-Tropez et de Ramatuelle et des professionnels locaux aux prises avec une très « importante présence de VTC extérieurs à la région », précise-t-elle.

    Aussi, « ces deux communes en lien avec les services de l’État ont mis en place des mesures de police administrative pour réguler le transport payant de personnes et limiter l’augmentation du trafic automobile dans le centre-ville et sur la route des plages », indique le représentant de l’État. L’afflux de VTC extérieurs, est considéré par les locaux comme « une concurrence déloyale » d’autant qu’un certain nombre ne respectent pas la réglementation. De récentes opérations de contrôle ont donné lieu à des dizaines de constats d’infraction dans le golfe de Saint-Tropez depuis le premier juin : maraude irrégulière, absence de signalétique ou de vignette, non-apparition de la carte professionnelle ou du macaron ou, carrément, exercice illégal de la profession, sans omettre les infractions au code de la route… Face à cette situation, la sous-préfète de Draguignan recevra ce lundi les représentants de l’union des VTC 06-83 pour réfléchir à des pistes d’actions.

  • Nouvelle mobilisation pour sauver Fibre Excellence

    Nouvelle mobilisation pour sauver Fibre Excellence

    Toujours « mise sous protection » par ses salariés, l’usine de Fibre excellence de Tarascon espère recevoir du soutien, ce mercredi.

    Malgré sa liquidation judiciaire, le 29 juillet dernier, par le tribunal de commerce de Toulouse, les travailleurs du site produisant de la pâte à papier n’ont pas encore baissé les bras. « L’intersyndicale occupe le site depuis plus d’une quinzaine de jours. Maintenant, ce que l’on souhaite c’est une table ronde pour trouver une porte de sortie qui pérennise le site. Une table ronde en préfecture, avec la Région Sud, des acteurs économiques et institutionnels locaux », explique François Canu, secrétaire de l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône (UD CGT 13).

    Concrètement, son organisation donne rendez-vous à ses militants devant l’usine, ce mercredi matin pour soutenir les travailleurs. Une conférence de presse est prévue, elle sera suivie d’une « initiative départementale » avec un temps fraternel et le traditionnel barbecue au programme. « Même si dans la période, c’est pas simple de mobiliser, on espère que la mobilisation va être fraternelle et solidaire », développe le syndicaliste. Manière de rappeler à tous que le site est encore loin d’être rayé de la carte. L’objectif reste aussi, et surtout, de maintenir la pression sur les acteurs impliqués dans le dossier pour tenter de sauver l’usine. « Il y a des contacts avec la Région, on espère que ça bouge rapidement sinon ça va être un carnage pour l’emploi local : pour les travailleurs de la filière du bois mais aussi les sous-traitants », rappelle François Canu, citant les 270 emplois directs mais aussi les 5 000 induits.

  • Les grands sites touristiques d’Avignon de plus en plus boudés

    Les grands sites touristiques d’Avignon de plus en plus boudés

    Ils sont quasiment inratables si l’on s’aventure dans ou autour des remparts d’Avignon. Pourtant, le Palais des Papes et le pont d’Avignon (ou pont Saint-Bénézet) enregistrent tous les deux une baisse considérable de fréquentation payante lors de ce mois de juillet comparé aux exercices précédents.

    Pour l’ancienne demeure papale, 89 707 personnes ont déambulé entre les épais murs du site. Soit une baisse de 12% par rapport à 2025 et de 11% par rapport à 2024. En ce qui concerne le pont Saint-Bénézet, la chute est encore plus grande. Avec 59 256 visiteurs, la baisse constatée est de 31% par rapport à 2025 et de 17% comparé à 2024. Au cumul, il y a eu 38 200 entrées en moins qu’à la même période l’an dernier.

    Une baisse non seulement physique mais aussi numérique. Les sites web palais-des-papes.com et avignon-pont.com ont vu leur consultation baisser respectivement de 18,8%, soit 74 000 visiteurs sur le site du Palais, et de 23,3%, soit 44 500 visiteurs sur le site du pont, par rapport à juillet 2025. Des données qui s’opposent au taux de remplissage de plus de 90% annoncé par les professionnels de l’hébergement. Comme quoi les rues étaient bien pleines pendant le Festival. Mais les sièges rouges et les planches des théâtres ont visiblement été préférés aux monuments.

    Année exceptionnelle

    Des baisses auxquelles Avignon Tourisme tente de donner diverses explications. Elle rappelle en premier lieu que l’année 2025 était « exceptionnelle ». Marquée notamment par l’exposition « Othoniel Cosmos ou les Fantômes de l’Amour », déployée sur dix sites patrimoniaux, dont le Palais des Papes et le pont d’Avignon, à l’occasion des 25 ans d’Avignon Capitale européenne de la culture et des 30 ans du classement Unesco du centre historique. Un succès qui « rend la comparaison mécaniquement défavorable », assure Avignon Tourisme.

    L’exposition de cette année a également connu quelques retournements. Était initialement prévue une sorte de cabinet de curiosités de Macha Makeïeff. Mais, pour des raisons administratives et économiques, celle-ci a finalement été annulée. Et finalement remplacée par une exposition de l’artiste sud-coréen Lee Ufan. Est également pointée la « canicule précoce » qui a touché le territoire dès les premiers jours de la saison estivale. Ce qui aurait « probablement limité les déplacements durant une bonne partie de la période étudiée ». Ou encore « un contexte économique moins porteur », assure Avignon Tourisme. Ce qui « a pu inciter les touristes à réduire ou réorienter leurs dépenses de loisirs au moment des départs en vacances », analyse l’organisation.

  • Le département du Vaucluse fait la part belle au vélo

    Le département du Vaucluse fait la part belle au vélo

    Aux abords et sur le Mont Ventoux, mais aussi sur les véloroutes de la ViaRhôna, de la Via Venaissia et du Calavon, les cyclistes sont omniprésents dans le département de Vaucluse. Le résultat d’une politique en faveur de son développement au cours des dernières années.

    Preuve en est, le Vaucluse est le premier département de France labellisé « Département à vélo » par ASO, l’organisateur du Tour de France. Avec précisément deux « vélos » sur le baromètre de l’organisation. Une distinction qui « vient récompenser l’ensemble des politiques publiques vauclusiennes en matière de vélo menées de longue date », se réjouit la collectivité. Ce ne sont au total pas moins de 185 000 Vauclusiens, sur environ 570 000, qui utilisent leur vélo régulièrement.

    En ce qui concerne le Géant de Provence, ce ne sont pas moins de 125 000 cyclistes qui tentent de le gravir chaque année. Un chiffre qui monte même à 150 000 les années de passage du Tour de France, comme ce vendredi 7 juillet pour le Tour féminin (voir ci-contre). Aux alentours, les autres disciplines sont aussi mises en avant. Côté VTT, une « Grande Traversée » de 500 kilomètres a été créée en 2014, « avec de multiples variantes au départ de Bollène et de Savoillans, jusqu’à Cavaillon ou Mérindol », est-il précisé. Tandis que les sites du Ventoux et du Luberon totalisent à eux deux 1 000 kilomètres d’itinéraires. Sans oublier le BMX, dont la piste de Sarrians est l’une des capitales françaises, voire même européennes. Elle a notamment accueilli les coureurs français de la discipline en amont de leur triplé historique aux Jeux olympiques de Paris en 2024.

    Convergence des routes

    Comme évoqué précédemment, la convergence des trois véloroutes permet d’ouvrir l’horizon des dizaines de milliers de cyclotouristes qui arpentent notre région. La plus emblématique, la ViaRhôna, permet ainsi de relier le lac Léman à la mer Méditerranée sur 615 kilomètres. Tandis que la Via Venaissia relie, elle, L’Isle-sur-la-Sorgue à Orange sur les traces de l’ancienne voie ferrée. Enfin, la voie verte du Calavon, au cœur du parc naturel régional du Luberon, commence au village de Robion et se termine à Castellet, 45 kilomètres plus loin.

    Le territoire est également l’un des leaders en termes de points d’accueil des cyclistes. Avec 349 établissements certifiés Accueil Vélo, le Vaucluse est en tête des départements en la matière.

  • À Saint-Louis, le futur data center dépasse les seuils

    À Saint-Louis, le futur data center dépasse les seuils

    La ruée des centres de données vers Marseille ne s’arrête pas. Tandis que s’achève la construction du MRS5 de Digital Realty sur les emprises du grand port maritime le long de l’A55, un data center de taille équivalente doit voir le jour sur l’ancienne friche industrielle de Saint-Louis Sucre, dans le 15e arrondissement de Marseille. Porté par le groupe états-unien Edged Energy cofondé en 2019 par le groupe Koch, ce projet à 300 millions d’euros vient se greffer à la création d’une cité du cinéma par l’entreprise martégale des Studios de la Méditerranée (notre édition du 08/10/2024), ainsi que d’un centre logistique, sur 4,6 hectares de la friche.

    Le mardi 21 juillet, la préfecture a fixé au 24 août prochain le début d’une consultation publique de trois mois afin de pouvoir délivrer l’autorisation environnementale pour le centre de données. Une demande de permis de construire conjointe avec le projet de cité de cinéma a d’ores et déjà été déposée auprès de la municipalité, le 8 août 2025, portée par les Studios de la Méditerranée au travers de la Foncière Saint-Louis. « Notre objectif est de créer un studio 2.0 qui ait tout ce dont les productions ont besoin, du tournage à la postproduction et donc au stockage des données », justifiait son directeur général Michaël Ristorcelli auprès de nos confrères de Marsactu au mois d’avril dernier. De quoi, surtout, équilibrer ce chantier à 68 millions d’euros : tandis que l’entreprise a reçu 27 millions de subsides publics du Centre national du cinéma (CNC), le site d’information révélait que la Foncière percevrait 43 millions d’euros de la part d’Edged Energy pour l’exploitation sur cinquante ans de son data center.

    Prévu pour être livré fin 2028 avec un chantier engagé avant la fin de l’année selon la note de présentation non technique consultée par La Marseillaise, le centre de données doit occuper une surface de plancher de 21 900 m² sur trois étages, avec la création de 30 emplois directs. Tandis que l’entreprise promet l’installation de plantes grimpantes et de panneaux photovoltaïques sur sa façade haute de 33 mètres, « les bâtiments historiques de l’usine Saint-Louis seront en partie conservés et réhabilités », esquisse aussi la présentation. Ordonnées en 2021 par la préfecture, les démolitions « illégales » d’éléments patrimoniaux classés remarquables de l’usine historique ont été interdites par la municipalité en 2024. Mais tandis que 12 groupes électrogènes de secours d’une puissance électrique de 98 mégawatts doivent être installés sur le data center, « les risques sanitaires aigus induits par les rejets atmosphériques du site sont non significatifs », promet l’entreprise états-unienne, qui assure aussi travailler avec la municipalité pour récupérer la chaleur fatale des serveurs.

    Plafond sans contrainte

    Surtout, la société indique auprès de La Marseillaise vouloir installer là une puissance informatique totale de 20 mégawatts. Une puissance largement supérieure au plafond posé dans le schéma d’orientations de la Métropole « pour un accueil vertueux des data centers » voté le 1er juillet 2025. « En tissu urbain dense, seuls les projets en dessous de 12MW seront étudiés », posait l’institution (notre édition du 26/06/25), dans un document certes non contraignant face aux carences de la législation. « Nous sommes en dialogue constant avec les différents services instructeurs, dont ceux de la Métropole, dans le cadre de l’instruction du projet », répond Edged Energy en renvoyant vers la future consultation publique. Quant à la municipalité qui doit délivrer les autorisations d’urbanisme, elle évacue rapidement : « Le permis de construire est en cours d’instruction et il n’est donc pas possible de communiquer sur le sujet ».

    « Nous sommes en dialogue constant avec les différents services instructeurs. »

  • [Entretien] Frédéric Mazer, éleveur et co-président national du Modef : « Déclarer l’alimentation d’utilité publique »

    [Entretien] Frédéric Mazer, éleveur et co-président national du Modef : « Déclarer l’alimentation d’utilité publique »

    La Marseillaise : Vous dites que l’agriculture est en train de mourir. Qu’est ce qui vous rend si alarmiste ?

    Frédéric Mazer : Ce n’est pas toute l’agriculture qui est en train de mourir, c’est l’agriculture familiale que nous défendons au Modef. C’est programmé mais on a l’impression que quelque chose se passe. Il y a une attaque franche qui est portée, surtout contre l’élevage familial. On veut alerter les citoyens là-dessus. Les politiques passent à côté de l’épisode de sécheresse parce que les bonnes mesures sous-entendent une rupture avec les choix économiques actuels. Il faut déclarer l’agriculture et l’alimentation d’utilité publique et arrêter avec le libre-échange. Si on rend les choses obligatoires, il ne sera plus question d’économie de marché. Une majorité d’agriculteurs sont pour cela mais se heurtent à une espèce d’épouvantail de l’agriculture administrée. Or, on vit déjà dans une agriculture administrée, notamment l’élevage français. Le premier budget de l’Europe c’est la PAC [Politique agricole commune, Ndlr.]. Le problème c’est que la PAC c’est la course à l’hectare, à l’agrandissement pour obtenir davantage d’aides. Ce n’est pas une politique d’aménagement du territoire. La trajectoire actuelle c’est 50 000 paysans en moins. Pourtant, il serait possible dès 2030 de revenir à un million de paysans en France comme au début des années 90 (contre 430 000 aujourd’hui).

    Quels sont les secteurs agricoles les plus touchés par la sécheresse et la canicule ?

    F.M. : Aucun secteur agricole n’est épargné ! Quand vous bousculez ainsi la nature… Tous les secteurs sont touchés. Pour la vigne, s’il ne pleut pas d’ici les vendanges, ça va être une catastrophe. Il n’y aura pas de rendement et la qualité ne sera pas au rendez-vous parce que les raisins sont secs. Le muscat a commencé à être vendangé le 24 juillet, c’est historique. Certains ne vendangent pas mûr, de peur de tout perdre. Dans l’élevage tout le monde a entamé les réserves de l’hiver car il n’y a plus rien dehors. Côté maraîchage, il faut savoir qu’au-delà de 36 degrés une plante ne fait plus de photosynthèse, elle se met au repos. Plus grand-chose ne se passe, on va devoir importer à tour de bras. Pour le lait, on arrive à s’en sortir grâce aux bâtiments. Mais les services d’équarrissage sont submergés avec le taux de mortalité des poulets et des porcs. Les paysans ont même été autorisés à enterrer chez eux les cadavres des bêtes. Enfin, les apiculteurs s’en sont à peu près bien sortis sur les premières récoltes. Mais après mi-juillet, les abeilles ne pouvaient plus sortir, il faisait trop chaud. Elles ont attaqué les réserves de miel.

    Comment les agriculteurs peuvent-ils s’adapter en attendant que le gouvernement ne réagisse ?

    F.M. : Il n’y a pas grand-chose à faire à part mettre les bêtes à l’ombre, les nourrir dans les bâtiments. L’irrigation, ça sert jusqu’à un certain point mais arrive un moment où les plantes crèvent quand même. La seule chose à faire c’est prendre des mesures pour diminuer nos gaz à effets de serre et limiter le réchauffement climatique. On n’est qu’au début, il faut inciter les responsables politiques à prendre des résolutions.

    En quoi consisterait la loi canicule que vous souhaitez ? Qu’est-ce qu’un « véritable régime public et de prévention face aux aléas climatiques » que propose le député PCF Julien Brugerolles ?

    F.M. : Déjà partons d’où on est. Le système assurantiel actuel est mixé public/privé. Si un agriculteur accuse moins de 30% de pertes, le privé prend en charge mais si vous n’avez pas d’assurance, vous ne touchez rien. Entre 30 et 50% de pertes, il y a un partage entre privé et un fonds européen. Au-delà, c’est la solidarité nationale qui prend en charge les pertes supérieures à 50%. L’assurance multirisques privée est prise en charge par la PAC à hauteur de 70%. Au Modef, on dit que ce n’est pas possible ainsi. Certains agriculteurs sont tellement en difficulté qu’ils ont arrêté de prendre une assurance privée. Pour eux, c’est donc la double peine : perte de récolte et pas de compensation. On propose une prise en charge des calamités agricoles via le fonds européen et un fonds national français de 2 milliards d’euros, abondé par une taxe sur les émetteurs de gaz à effets de serre. Il faut que les pollueurs payent. Sinon Total Energies et les autres ne comprendront jamais. À court terme, il faut aider les éleveurs à acheter du fourrage, sans quoi ils vont vendre des bêtes. Avec les vautours qui rôdent, cela crée déjà une chute des cours de la viande. La proposition de loi de Julien Brugerolles, avec qui on a discuté en juin, reprend plusieurs de nos propositions.

    La récente loi votée à la demande des principaux syndicats ne va pas dans le sens d’une agriculture familiale ni du revenu des agriculteurs…

    F.M. : Cette loi est une catastrophe. Elle ne correspond qu’aux demandes des centrales de la FNSEA : les grands céréaliers, laitiers, producteurs industriels de porcs, volailles. Ce sont eux qui ont réclamé qu’on augmente les plafonds des ICPE (installations classées pour la protection de l’environnement) pour que les grandes exploitations puissent s’agrandir encore. La presse a beaucoup repris la réintroduction d’insecticides comme l’acétamipride, qui fait courir un risque aux abeilles notamment. Mais il y a dans cette loi des choses beaucoup plus graves sur l’agro-industrie.

    Le stockage de l’eau ? En soi, on est pour. En Cévennes, les anciens ont toujours fait des retenues d’eau l’hiver. Mais l’eau qui court, pas celle qui va dans la terre ! Les dossiers retoqués sont ceux de bassines qui concernent des pompages dans une nappe phréatique. Il n’en est pas question. On peut irriguer jusqu’à 35-40 degrés. Mais avec le réchauffement climatique, quoi qu’il en soit, ça ne suffira pas. Il faut s’adapter et arrêter de faire croire qu’on peut faire comme avant.

    Les syndicats dominants ne sont-ils pas un frein au changement de modèle que vous espérez ?

    F.M. : Bien sûr qu’ils sont un obstacle. À la différence de la Coordination rurale qui, comme l’extrême droite, n’a pas d’idée pour l’agriculture, la FNSEA veut qu’on fonce dans ce qu’on sait faire industriellement. Et tant pis si le reste doit disparaître. C’est une ligne hyperlibérale avec les sous de l’Europe. Mais c’est plus compliqué. Les agriculteurs ont toujours été conservateurs. Une immense majorité a toujours été de droite. On assiste à une polarisation entre ceux qui ont compris ce qu’il se passe et ceux qui le constatent mais ne veulent rien changer. On oppose souvent le rural au citadin, l’écolo à l’agriculteur car la survie politique du système en dépend. Il faut être plus pédagogue, plus pragmatique. Sur le terrain c’est le cas. Nos débats à la Chambre d’agriculture du Gard sont concrets par rapport aux discours nationaux. On trouve ensemble des solutions pour rentrer le raisin, protéger les bêtes. Pourquoi ça coince ? Il y a aussi une dimension de confort. La mécanisation a diminué la pénibilité. La remise en question de notre modèle en raison du réchauffement climatique est vécue comme un déclassement social.