Category: economie

  • Pays d’Aix : les entreprises du territoire ouvrent leurs portes

    Pays d’Aix : les entreprises du territoire ouvrent leurs portes

    Face à un parterre de chefs d’entreprise, d’élus et de partenaires, Fanny Nadeau, directrice de l’office de tourisme de Gardanne, rappelle les enjeux derrière les Indus’3Days, lancés en 2016. L’édition 2026 vient d’être inaugurée ce mercredi, à la Société du Canal de Provence, l’un des partenaires historiques d’Indus 3’Days. « Pour nous, visiter une entreprise ce n’est pas uniquement du tourisme industriel, c’est plonger dans le cœur battant de notre économie, déroule Fanny Nadeau. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : plus de 130 entreprises mobilisées sur près de 5 000 km², des centaines d’heures de visite et près de vingt thématiques explorées, on peut le dire, c’est une véritable prouesse collective. »

    Sous la bannière de ce rendez-vous, des centaines d’entreprises, de la station d’épuration Aix-Ouest, à la Centrale de Provence, en passant par la confiserie du Roy René, au site Arcelor Mittal de Fos-sur-Mer, les directions et équipes de petites, moyennes, grandes entreprises du territoire, ses ateliers, ses galeries et ses usines, inviteront le public à découvrir le quotidien entre les murs « de lieux devant lesquels nous passons régulièrement, mais derrière lesquels nous ne savons absolument pas ce qu’il se passe », glisse, à l’issue des discours, Fanny Nadeau.

    Plus loin, plus longtemps

    Les visites, organisées en nombre limité -les places sont à réserver au plus tôt sur le site de l’événement-, sont ouvertes à tous, adaptées aux familles. « C’est aussi la plus belle façon d’inspirer les vocations de demain », estimait la directrice de l’office de tourisme. Lancé en 2016 avec la participation de neuf entreprises mobilisées sur une durée de trois jours, cette édition s’étend sur une durée de trois semaines. Et s’exporte sur le territoire. De métropolitain, Indus’3 Days devient régional. « Nous avons pris notre envol pour nous étendre au pays de Manosque et à la Provenceverte », se félicite Fanny Nadeau, non sans rappeler qu’Indus’3 Days est né sur une terre de mineurs. « Ce n’est pas quelque chose de folklorique, c’est quelque chose d’utile, ajoute Arnaud Mazille, élu à la culture dans la majorité d’Hervé Granier, maire de Gardanne. Il est utile en ce qui concerne la connaissance et donc l’acceptabilité de nos opérateurs économiques. Tout le monde est d’accord pour consommer local, avoir des entreprises locales, pour avoir des investisseurs locaux, mais jamais à côté de chez soi. À Gardanne, on en est parfois le triste exemple. »

    Mathilde Benedetto, déléguée régionale pour l’antenne sud de l’association Entreprises et Découvertes, rappelle que : « La Région Sud occupe une place exceptionnelle en matière de tourisme de savoir faire, avec 4,2 millions de visiteurs sur un total national de 22 millions. » Soit « près de 20% de la fréquentation ». Eva Bonnet-Gonnet

  • Énergie solaire collective : à Vitrolles, la boucle nord entre en service

    Énergie solaire collective : à Vitrolles, la boucle nord entre en service

    C’est l’aboutissement de longs mois de travaux. Début mai, la communauté d’énergie vitrollaise franchira une étape décisive : quatorze sites municipaux ainsi que des acteurs privés de proximité seront alimentés en électricité grâce aux panneaux solaires implantés sur les équipements publics de la boucle nord.

    Dans ce secteur, certains groupes scolaires sont déjà bénéficiaires de cette énergie locale et durable depuis peu : 70% des besoins de l’école Martine-Morin sont couverts par sa propre toiture, idem pour 65% de ceux de la crèche Renoir. Du côté de l’hôtel de ville, la solarisation couvre environ 30% de la consommation annuelle électrique du bâtiment.

    Dès ce printemps, le surplus produit sera donc partagé avec des acteurs du territoire situés à proximité, marquant le lancement de l’opération d’autoconsommation collective de la ville. Les boucles du centre et du sud-est de la commune suivront et seront mises en service pendant l’été, celle du sud-ouest sera quant à elle opérationnelle au printemps 2027.

    À l’abri des fluctuations

    du marché

    C’est en mars 2025 que la Ville avait signé une concession de 30 ans avec le groupement SerenySun-Watteos pour déployer une communauté d’énergie de grande envergure et produire de l’énergie de façon durable et locale grâce à l’installation de centrales photovoltaïques d’une capacité de 6 MWc. Une première, là où la plupart des initiatives existantes affichaient jusqu’alors une puissance inférieure à 1 MWc.

    À terme, près de 8 GW/h d’électricité renouvelable seront générés chaque année, soit l’équivalent de la consommation électrique (hors chauffage) de plus de 2 000 foyers. Répartie sur 25 sites municipaux pour plus de 26 000 m² de surface solarisée en toitures, ombrières de parking et bassins, cette production permettra de couvrir 29% des besoins de la commune tout en valorisant 90% de l’énergie produite directement sur le territoire. « Pour le moment, sept sites sont équipés », précise le conseiller municipal délégué à la transition énergétique Fouad Benihya (EELV).

    Si le bénéfice financier (estimé à 40 000 euros par an) peut ne pas paraître énorme, l’intérêt est surtout de « se mettre à l’abri des fluctuations du marché et de diminuer notre impact énergétique », détaille l’élu.

    Donald François, président de SerenySun, estime que « ce type de projet illustre une évolution concrète de notre modèle : une énergie plus locale, mieux répartie et plus accessible, au bénéfice des collectivités, des habitants et des entreprises ».

    Une réunion publique est organisée mardi 28 avril à 18h à la Maison de quartier du Roucas pour « faire point d’avancement de ce projet et expliquer aux habitants comment participer, que ce soit pour installer des panneaux chez soi ou s’alimenter », précise Fouad Benihya.

  • Toulon au centre de la stratégie de Défense

    Toulon au centre de la stratégie de Défense

    Premier port militaire d’Europe, Toulon s’impose depuis des décennies comme l’un des piliers de l’appareil de Défense nationale. Dans le Var, la filière revendique quelque 30 000 emplois directs, 13 000 emplois induits et près de 2 500 entreprises liées à la Défense. Toulon constitue un enjeu stratégique majeur pour le secteur à l’échelle nationale. Un territoire appelé à jouer un rôle central dans la montée en puissance affichée par le gouvernement. Car cette dynamique locale s’inscrit dans un cadre national et international précis.

    Les effectifs sont appelés à être encore renforcés dans le cadre de l’actualisation de la loi de programmation militaire 2024-2030. Votée en 2023, celle-ci prévoyait déjà 413 milliards d’euros de dépenses sur six ans. Mais dans la lignée des engagements pris par la France lors du sommet de l’Otan à La Haye, en juin 2025, et au regard d’un contexte international explosif, marqué par le bellicisme de plusieurs gouvernements d’extrême droite (États‑Unis, Israël et Russie en tête), Emmanuel Macron a annoncé, en juillet, que l’effort de Défense serait porté à 2,5% du Produit intérieur brut (PIB) à l’horizon 2030, soit environ 76,3 milliards d’euros. Conséquence directe : une augmentation du budget de la Défense de 6,7 milliards d’euros en 2026, pour atteindre 57,1 milliards. Ce budget est soumis depuis mardi à l’examen de la commission Défense de l’Assemblée nationale, avant d’être débattu en séance plénière dès le 4 mai.

    Une logique politique

    Pour traduire cette orientation sur le plan industriel, Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités, s’est rendu dans le bassin toulonnais le 17 janvier, sur deux sites liés à la Défense, Naval Group et Acti. Il y a annoncé la création d’une « organisation particulière au sein de France Travail », « sous les ordres du ministère de la Défense », pour « aider les entreprises à trouver les compétences et ressources dont elles ont besoin ».

    Une semaine plus tard, la ministre de la Défense, Catherine Vautrin, s’est à son tour déplacée dans le département, en visitant la Direction générale de l’armement (DGA) à Toulon. Elle y a notamment suivi l’évolution du projet Drone de surface autonome naval à capacité d’armement embarqué (Danae), destiné à la protection des ports et à l’escorte de navires militaires. La ministre y a également affirmé la nécessité d’être « plus européen dans notre stratégie industrielle, avec des équipements capables d’agir de concert », appelant à une Europe de la défense « pour mieux peser sur l’Otan ». Catherine Vautrin a insisté sur le renforcement de la Base industrielle et technologique de défense (BITD), présenté comme « une condition de survie industrielle et un outil de puissance. Car là ou nos équipements sont déployés, notre influence stratégique s’enracine », avait-elle déclaré, rappelant que la France était le deuxième exportateur d’armes au monde, au terme d’une année 2025 au cours de laquelle les conflits armés ont fait des centaines de milliers de victimes.

    Ces positions complémentaires trouvent écho dans le Toulon Défense Event, où Jean-Pierre Farandou sera présent, ce jeudi. L’événement, porté par France Travail et le Centre d’information et de recrutement des forces armées (Cirfa), présentera, à travers 80 exposants, plus de 200 métiers liés à la Défense.

    De nombreuses animations 
    -échanges avec des professionnels, simulateurs de vol et d’aérocombat, démonstrations de drones, dispositifs des forces navales- seront proposées pour permettre aux visiteurs de découvrir métiers et équipements, « mais aussi de se projeter » et « susciter des vocations ». Car l’objectif principal de la journée sera de promouvoir plus de 5 000 offres d’emploi à pourvoir dans le secteur, l’augmentation des capacités défensives ne pouvant se faire sans main-d’œuvre.

    Pragmatique ? Nécessaire ? L’opération, éminemment politique, s’inscrit en tout cas pleinement dans les orientations budgétaires du gouvernement. Et induit des coupes budgétaires dans des domaines essentiels précarisés, de la santé à l’éducation, en passant par la culture.

  • Impôts sur le revenu : les nouveautés 2026

    Impôts sur le revenu : les nouveautés 2026

    Qui dit printemps dit, impôts sur le revenu ! La déclaration a beau être pré-remplie et le prélèvement a beau être désormais à la source, il est nécessaire de déclarer ses revenus. Y compris pour les foyers fiscaux non imposables, en proportion plus nombreux dans l’Hérault (61% des 783 517 foyers fiscaux) qu’en France (53%). Dans ce seul département, 1,244 milliard d’euros avaient été réglés en 2025 auxquels s’ajoutent 263 millions d’euros de prélèvements sociaux.

    Les contribuables ont jusqu’au 19 mai pour effectuer leurs démarches sur papier et dans l’Hérault jusqu’au 28 mai sur impots.gouv.fr. À noter que pour des « raisons d’économies » (5 millions d’euros), le formulaire papier n’est plus envoyé qu’à ceux qui en font la demande… sur leur espace numérique ! La Direction départementale des finances publiques de l’Hérault (Ddfip34) fait aussi valoir que l’accès à la messagerie sécurisée est à présent disponible sur smartphone avec un moteur de recherche amélioré grâce à l’intelligence artificielle (IA).

    Parmi les nouveautés fiscales 2026, le barème a été revalorisé à hauteur de 0,5 % pour une première tranche fixée à 11 601 euros (taux stable à 11 %). Pour les loueurs de meublés non professionnels, les seuils (de 77 700 à 15 000 euros) et l’abattement (30 % au lieu de 50 %) ont été abaissés. Le taux de la CSG a été augmenté. Un taux dérogatoire (9,2 %) cohabite avec le taux de droit commun (10,6 %). Les 120 foyers fiscaux héraultais soumis à la Contribution différentielle sur les hauts revenus (supérieurs à 250 000 euros annuels avec taux d’imposition moyen inférieur à 20 %) doivent verser un acompte entre le 1er et le 15 décembre.

    Des renseignements peuvent être demandés à l’administration fiscale via la messagerie sécurisée sur le site, au numéro vert 0809 401 401 (8h30-19h), en prenant un rendez-vous téléphonique ou dans les accueils de proximité (maisons France Services, services des impôts des particuliers).

    La moitié des contrôles déclenchés par l’IA !

    Après le prélèvement à la source, une autre « vraie révolution » concerne cette année « tous les acteurs économiques assujettis à la TVA, soit 10 millions d’acteurs en France », prévient Carole Vassal de la Ddfip34. Il s’agit de la facturation électronique. Au 1er septembre 2026, toutes les entreprises et les collectivités auront l’obligation de recevoir ces factures et de les émettre un an plus tard. Une réforme destinée à « renforcer la comptabilité des entreprises, diminuer les coûts de la facturation et à lutter contre les fraudes » et qui nécessite l’adhésion à l’une des 112 plateformes agréées, précise David Faure de la Ddfip34. Des amendes de 50 euros par facture, plafonnées à 15 000 euros par an sont prévues. « Il faudrait que tout le monde soit à bord au 30 juin ! », presse Laurent Guillon.

    Le directeur départemental des finances publiques insiste par ailleurs sur la lutte accrue contre la fraude fiscale dont la partie émergée de l’iceberg s’élevait en 2025 à 17,1 milliards d’euros dans l’Hexagone. Grâce aux partenariats avec la police/gendarmerie, la préfecture, l’Inspection du travail ou l’Urssaf, la Ddfip34 qui compte 150 agents traque les fraudeurs qui fournissent par exemple de faux justificatifs pour obtenir des crédits d’impôts. L’administration fiscale est aussi aidée par l’IA qui nourrit déjà la moitié des contrôles ! En 2024, l’IA a détecté dans l’Hérault 5 140 piscines non déclarées soumises à la taxe foncière (1 million d’euros récupérés). Cette année, les bâtiments non déclarés sont aussi passés au scan de l’IA. Mais les premiers fraudeurs restent les entreprises. Sur les 108 millions d’euros réclamés en 2025, 33 concernaient des sociétés. Les déclarations de succession et donations patrimoniales sont aussi dans le viseur. Enfin, la Ddfip34 est engagée contre le narcotrafic et le blanchiment d’argent sale. Le directeur, Laurent Guillon, rappelle que « frauder expose à deux types de sanctions : fiscales et pénales qui sont cumulables ».

  • Une laine de verre locale et plus verte à Isover

    Une laine de verre locale et plus verte à Isover

    Les trois grandes cheminées blanches et rouges surplombant Orange, qui dégagent de la fumée 24 heures sur 24, sont celles du fabricant de laine de verre Isover. Et celle-ci, portée sur la diminution de sa consommation d’énergie et la conception de produits moins polluants, a ouvert ses portes ce mardi 21 avril pour faire découvrir le processus de fabrication, mais aussi ses derniers investissements et innovations.

    Le site de fabrication de la cité des Princes, construit en 1972, a connu de nombreuses évolutions depuis sa création. Ce que le directeur du site, Gilles Pfingstag, guide pour l’après-midi, n’a pas manqué de faire remarquer après avoir expliqué que l’usine produit chaque année de quoi isoler 170 000 maisons. Une visite commencée par l’extérieur et le nouveau parc à calcin, c’est-à-dire les matériaux issus du verre. « On en avait deux, maintenant on en a onze. C’est un stock tampon », explique-t-il. Avec le Mont-Ventoux en arrière-plan, ces stocks sont d’immenses tas de sortes de sable marron et de différentes teintes de vert. « Chaque calcin a des propriétés chimiques différentes », pointe Quentin Hérault, ingénieur et responsable fusion composition du site.

    Recyclage sur place

    S’ensuit le vif du sujet, à savoir la transformation des petits granules en laine de verre. Au sein de l’usine de plusieurs dizaines d’hectares, le directeur monte au deuxième étage. Là, un four électrique dernière génération, construit en 2023, où la matière est déposée à l’aide d’un grand bras mécanique automatisé posé sur un rail, fait fondre des centaines de kilos de calcin 24 heures sur 24. « Ces fours ne supportent pas le refroidissement, donc on ne peut pas vraiment les éteindre de toute manière », explique Quentin Hérault. Puis la matière en fusion est acheminée dans un dédale de tuyaux vers ce que l’ingénieur appelle des « assiettes trouées ». Ces dispositifs, où la matière entre à environ 1 000 degrés, font tourner le verre qui sort à travers de petits trous en filaments. Ce sont ceux-ci qui, en s’entremêlant en couches multiples, donnent l’apparence que l’on connaît de la laine de verre. Un coup de découpe, d’emballage et de compression plus tard, et les rouleaux sont sur une palette, prêts à être envoyés. Le tout est supervisé par une équipe d’une demi-douzaine d’employés dans une grande salle avec une multitude d’écrans et de données en tout genre.

    La direction du site a souhaité mettre l’accent sur sa volonté de diminuer son impact environnemental, notamment avec l’aide d’une nouvelle génération d’isolation, Lanaé. Cette nouvelle laine de verre, de couleur crème, moins jaune que l’habituelle, devrait totalement remplacer l’ancienne génération « d’ici un ou deux ans », espère Gilles Pfingstag. Le liant, qui permet aux fibres de rester collées entre elles, est biosourcé. Est aussi mise en avant la « technologie Oxymelt », à savoir le processus qui permet de recycler sur place la laine de verre utilisée et le calcin. « Si on mettait de la laine de verre directement dans le four, ça ne serait pas stable », explique Quentin Hérault. « Le verre, c’est recyclable à l’infini, il ne faut pas arrêter de le rappeler », abonde son directeur pour conclure. Avec l’objectif de fonctionner avec 80% de matière recyclée d’ici quelques années.

  • À Istres, citoyens et élus se dressent contre le projet d’incinérateur

    À Istres, citoyens et élus se dressent contre le projet d’incinérateur

    C’est un projet qui provoque une levée de boucliers. Lundi 13 avril, l’enquête publique sur le projet « Istres Recyclage et Énergie » de Suez, qui envisage de transformer son centre de tri installé à la Grande Groupède en chaufferie CSR, s’est ouverte. Le dossier était jusque-là passé sous les radars, à tel point que le nouveau maire d’Istres Robin Prétot (LR) a admis lors du dernier conseil municipal l’avoir découvert « dans la presse », une méthode qui l’a « un peu choqué ». Les instances administratives ont pourtant été sollicitées depuis plusieurs années, puisque la multinationale a déposé une demande de classement de son site en « installation classée pour l’environnement » dès 2024. Le permis de construire a quant à lui été déposé en mars 2025.

    Les habitants, les associations locales et les élus se sont néanmoins vite emparés de la question. Une semaine après l’ouverture de l’enquête, plus de 460 contributions ont été déposées par les citoyens, qui s’opposent très largement au projet. Et pour cause : si Suez parle d’une « chaufferie CSR », dans son avis, l’Autorité environnementale relève que le projet initial « s’apparente maintenant davantage à un incinérateur ».

    Concrètement, la multinationale envisage d’installer une unité de méthanisation pour traiter 35 000 tonnes de matières organiques chaque année et produire du biométhane et du digestat à destination d’exploitations agricoles du territoire ; mais aussi une unité de valorisation énergétique d’une capacité de 236 000 tonnes de combustibles solides de récupération par an, faits à partir de déchets non recyclables, qui seraient donc traités par incinération. C’est ce dernier point qui pose problème.

    Qualité de l’air et de l’eau

    Jean-Louis Sanial, président de l’association Sauvons nos étangs, réagit : « Nous avons sur le territoire à Fos deux incinérateurs. Celui d’Everé, qui traite les ordures de 18 communes de la Métropole et contre lequel la population s’était battue, en vain. Et celui de Solamat-Merex depuis 1993, qui traite les déchets industriels dangereux pour la santé et l’environnement. L’argument pour nous faire passer la pilule, à chaque fois, c’est que le mistral est dominant et que les fumées partent majoritairement sur la mer. S’il y a un incinérateur à Istres, ça veut dire que les fumées arriveraient sur les populations riveraines et à Fos, avec des conséquences sur la santé. » Un aspect qui inquiète également la section istréenne de La France insoumise, qui rappelle que « la gradation des pathologies comme l’asthme, les cancers ou les diabètes de tous types serait liée à la distance de la zone industrielle » selon les résultats de l’étude Fos-Epseal. Tout comme LFI, Jean-Louis Sanial pointe également « le transport massif de déchets donc des camions supplémentaires sur un réseau déjà saturé. Sur Istres Fos on a déjà 7 000 à 8 000 poids lourds par jour. » Suez prévoirait plus de 7 000 passages par an.

    Robin Prétot affirme : « Réaliser ce genre de projet sans consulter les citoyens en amont est une honte ! Ras le bol qu’Istres soit le déversoir des déchets des autres. Nous ne nous laisserons pas faire. Je m’y engage. » La Ville s’inquiète notamment des conséquences pour la qualité de l’air, des sols et de l’eau, la nappe phréatique de la Crau se trouvant sous le site concerné. Elle plaide pour un meilleur « équilibre territorial » dans l’effort de traitement des déchets métropolitains. Une délibération sera votée mardi 28 avril, lors de la prochaine séance de conseil municipal, pour s’opposer à ce projet.

  • Un premier petit réacteur nucléaire dans le Gard

    Un premier petit réacteur nucléaire dans le Gard

    La modernisation du parc nucléaire français passe par le Gard rhodanien. En effet, face à la nécessité de poursuivre l’électrification de l’industrie et des transports dans l’Hexagone et de sécuriser la production d’électricité bas carbone, le gouvernement a lancé le programme France 2030. Celui-ci s’appuie sur la construction de six réacteurs EPR2 (8 autres sont à l’étude) qui produisent en moyenne 1 600 mégawatts, le renforcement du cycle du combustible à La Hague mais aussi la création de onze « réacteurs nucléaires innovants ».

    L’idée est ainsi de déployer des petits réacteurs modulaires (PRM). Plus compacts, moins coûteux, pouvant être construits en série et donc plus rapidement déployables, ces réacteurs peuvent tout de même produire jusqu’à 300 MWe. C’est dans ce cadre que le site de Marcoule situé à Chusclan à côté de Bagnols-sur-Cèze, haut lieu du nucléaire français depuis les années 1950, a été choisi pour accueillir l’un de ces réacteurs nouvelle génération.

    C’est la société aixoise Hexana qui l’a annoncé dans un communiqué même si l’implantation d’un PRM dans le Gard était évoquée depuis deux ans. « La société Hexana, start-up essaimée du CEA, lauréate France 2030 du concours « Réacteurs Nucléaires Innovants », se lance dans les études d’implantation de sa 1ère plateforme SMR au sein de l’écosystème industriel de la Communauté d’Agglomération du Gard rhodanien en région Occitanie », a ainsi écrit l’entreprise dans un communiqué.

    Deuxième site industriel d’Occitanie

    Pour justifier son choix, Hexana met en avant la spécificité du site de Marcoule, résultat de la « combinaison idéale entre soutien par des collectivités locales motivées, opportunité foncière, expertises nucléaires du CEA et remarquable tissu industriel ». Pour l’Agglomération labellisée « Territoires d’Industrie », ce projet devrait s’accompagner de nombreux nouveaux emplois. En effet, Hexana compte 70 salariés à Aix-en-Provence et à Paris mais a prévu de créer « un nouvel établissement dans le bassin économique de Bagnols-sur-Cèze » qui « accueillera l’équipe en charge du projet d’implantation de la tête de série industrielle de sa plateforme SMR ». La phase d’industrialisation de son réacteur est déjà prévue courant 2026.

    « Nous allons accompagner ce projet », promet Christophe Serre, le nouveau président de l’Agglomération du Gard rhodanien. « Ici le nucléaire fait travailler énormément de familles et il faut penser à l’avenir. Marcoule est une très belle plateforme de compétences technologiques et intellectuelles qui permet de faire rayonner le territoire. Il faut que le Gard rhodanien reste le deuxième territoire en termes d’industries et d’industries décarbonées ».

  • Marcegaglia mise 450 millions d’euros sur son projet Mistral

    Marcegaglia mise 450 millions d’euros sur son projet Mistral

    C’est une première étape pour le projet Mistral. Jeudi dernier, Marcegaglia (ex-Ascometal) a annoncé la signature d’un accord stratégique de 450 millions d’euros avec Danieli, portant sur la fourniture d’équipements sidérurgiques et de pièces de rechange destinés à une future aciérie de brames à faible empreinte carbone. Le coût total de l’investissement est estimé à un milliard d’euros.

    Une fois achevée, cette nouvelle unité permettra de produire plus de 2 millions de tonnes d’acier liquide grâce à un four à arc électrique et jusqu’à 3 millions de tonnes de bobines laminés à chaud, en acier inoxydable et en acier au carbone. Elle couvrira environ 35% des besoins du groupe Marcegaglia en coils et brames, avec pour objectif d’approvisionner principalement ses installations en aval, en Italie, pour ses différents clients. La nouvelle aciérie devrait démarrer d’ici « le premier trimestre 2029 », apprend François Barges, délégué syndical CGT du site fosséen.

    Moderniser l’outil

    de production existant

    L’élu estime que cette signature est « un premier signe positif ». La décision finale d’investissement est attendue au plus tard fin 2026, sous réserve de l’aboutissement des procédures d’autorisation et « d’autres conditions actuellement en phase avancée de négociation avec les autorités françaises », précise la direction.

    Marcegaglia commence déjà à embaucher pour répondre aux besoins de ce projet titanesque, qui représente « l’investissement le plus important de l’histoire du groupe en matière d’intégration en amont, de sécurisation de la chaîne d’approvisionnement d’acier, d’augmentation de la valeur ajoutée et de décarbonation ».

    La direction prévoit d’atteindre le nombre de 700 travailleurs lorsque la nouvelle usine sera en pleine production et souhaite accompagner la « montée en compétences » de ses effectifs.

    « C’est paradoxal », admet François Barges à propos de ces recrutements, alors que les plus de 320 salariés du site sont actuellement en réorganisation et en chômage partiel à hauteur de 40%. « On a des problématiques de carnet de commandes dans notre usine historique d’aciers spéciaux, ça nous inquiète », explique le délégué syndical. En cause, notamment, « les aciers chinois qui inondent le marché. On sait que la concurrence est féroce en ce moment. Un protectorat des aciers européens voire français arrangerait les choses. »

    Sur cet aspect, le projet Mistral prévoit de moderniser l’outil de production existant pour augmenter la capacité de production d’aciers spéciaux et passer d’environ 100 000 tonnes par an actuellement à 150 000 tonnes par an.

  • Dernière édition ciotadenne pour le salon nautique de la Métropole

    Dernière édition ciotadenne pour le salon nautique de la Métropole

    C’est sous un ciel un peu moins bleu que le reste de la semaine, que se clôture la 23e édition du salon nautique des Nauticales à La Ciotat. Un bilan positif pour les organisateurs, qui comptent une légère hausse de visiteurs par rapport à l’année passée. « Ce fut une très belle édition, avec de belles offres et un public au rendez-vous », affirme Franck Oliveri, directeur des Nauticales.

    Pendant six jours, vendeurs de bateaux, d’équipement, associations de défense de l’environnement et activités autour de la mer Méditerranée se sont côtoyés sur le port des Capucins pour le plus grand bonheur des passionnés de la mer. « On a attiré autant un public dit qualifié, c’est-à-dire qui vient pour acheter des bateaux ou de l’équipement, qu’un public populaire qui vient pour déambuler et participer aux animations. C’est un public passionné par la mer, des bateaux, mais pas que », se félicite Franck Oliveri, directeur du salon organisé par la Métropole Aix Marseille Provence.

    Les associations attirent

    Le village des associations a, d’après le directeur, attiré de nombreux curieux, tout comme les ateliers dédiés à la découverte de la Méditerranée avec des animations interactives, comme l’utilisation de casque de réalité virtuelle. « Les stands des associations qui parlent de préservation, de faune et de flore marine ont très bien marché », précise-t-il.

    L’édition est également une réussite pour les professionnels du milieu, les vendeurs de bateaux ou ceux d’équipements. « Il y a eu pas mal de très bons contacts pour la partie nautique, pour les vendeurs de bateaux. Les ventes ont suivi l’état du marché nautique. Mais les exposants sont assez satisfaits », précise le directeur du salon.

    Dernière édition

    Tout cela malgré la réduction du salon de 9 à 6 jours depuis l’édition précédente. « Beaucoup de salons nautiques l’ont fait. Parce qu’on a remarqué que l’on ne perdait pas spécialement de visiteurs. C’est plus condensé, tout simplement », explique le directeur.

    Ce sera pourtant la dernière édition qui se déroulera sur les quais du nouveau port de La Ciotat, d’après les organisateurs. La prochaine édition pourrait prendre place du côté de la cité phocéenne en avril 2027.

  • [Travailleur de demain] Chloé Muliva, apprentie en électronique

    [Travailleur de demain] Chloé Muliva, apprentie en électronique

    Une vocation née du Covid. Voilà l’étonnante trajectoire de Chloé Muliva, aujourd’hui étudiante à l’École supérieure d’ingénieurs Léonard-de-Vinci (Esilv) et en contrat d’apprentissage à l’Atelier industriel de l’aéronautique de Cuers-Pierrefeu. Médaillée d’or au concours national Worldskills dans sa catégorie, compétition de métier destinée à valoriser la jeunesse engagée dans des métiers techniques et technologiques, elle se réjouit d’évoluer dans un secteur « passionnant ». « Avant d’entrer dans mon BUT [Bachelor universitaire de technologie, Ndlr] en génie électrique et informatique industriel, je suis passée par deux années de médecine, retrace la jeune femme de 25 ans. Puis le Covid est arrivé et j’ai compris que ça n’était vraiment pas fait pour moi. » De cette envie de changement naîtra l’évidence : la volonté d’engager une carrière dans l’industrie. « Pendant la pandémie, je me suis rendu compte que le secteur qui s’est relevé le plus vite, qui s’est adapté le plus rapidement aux problèmes pour poursuivre son activité, c’était l’industrie, souligne-t-elle, enthousiaste. Ils ont trouvé des solutions très vite, avec des équipes d’ingénieurs elles aussi très mobilisées pour pallier les freins qu’on rencontrait à ce moment-là. C’est ce qui m’a donné envie de me lancer dans cette voie. »

    Compétitrice dans l’âme

    Apprentie en ingénierie électronique, système embarqué et robotique, en parallèle de son cursus à l’Esilv, Chloé passe ses journées à « développer des systèmes » sur « un simulateur d’avions militaires ». Actuellement en formation générale avec une « majeur robotique », elle tient son attrait pour la filière d’un concours passé pendant son BUT. « J’ai fait une première compétition à l’époque, avec deux autres étudiants. On a remporté le premier prix, se souvient-elle. J’ai poursuivi dans ce secteur, tout en continuant les compétitions. C’est là que j’ai vraiment découvert l’électronique. J’ai compris, non seulement que j’étais plutôt douée mais surtout que j’avais de l’appétence pour la matière. » Une appétence désormais élevée au rang de « passion ». « Moi ce que j’aime c’est pouvoir concevoir des choses et tout en travaillant constamment avec des technologies nouvelles, confie-t-elle. Et puis il faut dire que l’électronique, c’est assez complet. On fait un peu d’informatique, on conçoit des systèmes qui permettent de faire bouger des moteurs ou autres, ça permet d’automatiser, on fait un peu d’IA. En fait, j’en apprends tous les jours. »

    Seul 30% de femmes dans l’industrie

    Devenue « ambassadrice métier » grâce à sa victoire aux WorldSkills, Chloé est heureuse d’incarner une représentation féminine dans un secteur majoritairement masculin. « Il faut savoir que les femmes ne représentent que 30% des employés de l’industrie et seules 2% sont patronnes, s’insurge l’étudiante. C’est un problème global de l’industrie : il existe tout un panel de personnes non représenté, qui pourrait apporter une vision différente. » Compétitrice, mais aussi ambitieuse, Chloé rêve d’un jour travailler à la Nasa.