Category: economie

  • Des rencontres économiques très politiques

    Des rencontres économiques très politiques

    « Naviguer dans un monde sans repères. » C’est le thème de l’édition 2026 des rencontres économiques d’Aix-en-Provence qui se tient du 2 au 4 juillet. Avec le conflit au Moyen-Orient « qui sera très présent » et au sortir d’un épisode caniculaire historique en France, « la multiplication des tensions, des complexités du monde rend ces Rencontres d’Aix assez exceptionnelles », a estimé Jean-Hervé Lorenzi, président de ce forum organisé par le Cercle des économistes.

    Pourtant la boussole de la plupart des 400 intervenants et 8 000 participants attendus, du patron de Total Énergie, Carrefour, Veolia à celui de Suez, la boussole est claire : celle du profit. Au fil des débats, ce rendez-vous sera l’occasion notamment pour Patrick Martin, président du Medef, de reposer les bases : remettre la pression sur la réforme des retraites en remettant les 60-65 ans au boulot et démonter notre système de protection sociale en allégeant les cotisations patronales, explique-t-il à nos confrères de la Provence ce mardi 30 juin.

    Le monde de la finance ne manquerait évidemment cette sauterie pour rien au monde avec la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, une fidèle, le nouveau gouverneur de la Banque de France Emmanuel Moulin ou le président de l’Eurogroupe et ministre des Finances grec Kyriakos Pierrakakis. Le secteur bancaire et financier sera aussi très présent représenté notamment par Daniel Baal (Crédit Mutuel/CIC), Slawomir Krupa (Société Générale), Thomas Buberl (AXA) ou Nicolas Namias (BPCE).

    En face, les représentants de trois centrales syndicales, Sophie Binet pour la CGT, Caroline Chevé pour la FSU et Frédéric Souillot pour Force ouvrière, tenteront de remettre le concept du droit au travail et de dialogue social au cœur des débats. La première participera à une plénière sur le thème « produire français, gage de souveraineté » face à Patrick Martin, la deuxième interviendra sur « formation et révolution des métiers » et le dernier défendra le rôle des corps intermédiaires… savamment sapé par les quinquennats d’Emmanuel Macron. À moins d’un an de la présidentielle, justement, nombre de personnalités politiques et candidats, déclarés ou non, seront présentes dans ce temple du libéralisme.

    Hollande, Philippe

    et Tondelier de la partie

    On retrouve là le secrétaire général de Renaissance, Gabriel Attal, et son concurrent Édouard Philippe (Horizons), ou Marine Tondelier (Les Écologistes) et Dominique de Villepin, qui ne s’est pas encore déclaré mais regorge néanmoins d’idées sur un potentiel programme économique pour le pays. L’ex-président socialiste François Hollande, l’ex-Première ministre Élisabeth Borne, le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, le vice-président de la Commission européenne, Stéphane Séjourné, ou encore la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, seront également de la partie.

    Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, est lui attendu jeudi, quelques jours avant une réunion ou plutôt « un comité d’alerte » qu’il présidera le 7 juillet, pour faire un point d’étape, avec l’annonce attendue de nouvelles économies, avant la présentation à la mi-juillet des grandes lignes du budget 2027.

    « On a mis un énorme effort sur deux sujets, l’international, puisque nous avons 55 think tanks qui viennent du monde entier, et sur la jeunesse », avec plusieurs sessions qui lui seront consacrées, précise Jean-Hervé Lorenzi. Une jeunesse dont ce forum économique entend « mettre en lumière les attentes, les fragilités et aspirations », bien conscient qu’il va falloir « intégrer ceux qui seront les acteurs de demain » pour faire perdurer le système… Quelque 250 jeunes lanceront aussi une initiative, « Jeunesse 2027 », avec l’université d’Aix-Marseille, pour élaborer des propositions qu’ils souhaiteraient voir émerger dans le débat de la présidentielle (lire également ci-contre).

    En parallèle, dans la ville, se tiendront plus de 45 événements et ateliers couvrant toute une programmation pédagogique et culturelle (ciné-débats, expositions, représentations théâtrales) dans divers lieux d’Aix. L’objectif affiché : « faire descendre l’économie dans la rue ». En 2025, l’événement avait attiré près de 8 700 participants.

  • « Le modèle de librairie classique est obsolète »

    « Le modèle de librairie classique est obsolète »

    Au 3, rue Crémieux, l’Agora porte un nom qui a du sens pour ses créateurs. « On voulait redonner son sens littéraire à un mot pleinement ancré dans l’histoire nîmoise », explique Jordan. Amoureux de la littérature, il a repris avec sa compagne Lavinia un espace en plein cœur de la ville dans l’idée de le transformer en une librairie qui se construit avec ses lecteurs. « Il faut qu’il y ait un échange, les clubs de lecture sont obligatoires. On ne peut pas seulement être une centrale d’achat » défend le couple de guides qui prend en compte les lectures favorites de chacun.

    Critique, Lavinia ne cache pas que la stabilité financière du lieu repose principalement sur le coffee shop. « Si j’avais ouvert une simple librairie, j’aurais fermé en 2 semaines. » Après avoir essuyé un refus de financement de la Direction régionale des affaires culturelles pour approvisionner ses rayons, le couple a dû réfléchir à un modèle pérenne dans une économie du livre aujourd’hui en équilibre fragile.

    Le projet, en réflexion depuis 2017, a fait le pari de réunir librairie, salon de thé et rétrogaming (pratique des jeux vidéo anciens) en un lieu unique. « Il fallait qu’on ait un endroit qui nous ressemble et qui puisse survivre par lui-même », appuie Lavinia pour qui « le modèle classique de la librairie est complètement obsolète. » Si l’idée d’allier livres et sucreries n’est pas nouvelle, l’initiative unique à Nîmes a séduit les habitants. C’est d’ailleurs grâce à eux que certains rayons existent à l’Agora. La boutique se divise en deux pôles : l’occasion, pôle généraliste qui offre un large panel d’ouvrages, côtoie une sélection de livres neufs mûrement réfléchie, centrée sur la science-fiction et la fantasy. Les deux passionnés les connaissent sur le bout des doigts : « On les maîtrise tous et on sait qu’on peut les vendre. »

    Une alternative

    inédite pour les Nîmois

    L’avenir de la librairie, le jeune couple ne l’appréhende pas encore. « On n’a pas pris le temps d’être inquiet parce qu’on vient de se lancer » confie Lavinia. Le salon de thé appâte des visiteurs venus renouer avec la lecture et Jordan est optimiste : lors des événements et des rencontres d’auteurs, la majorité du public est étudiante. Pour cela, l’Agora est très active sur les réseaux sociaux. « Ce qui porte préjudice aux librairies traditionnelles aujourd’hui, c’est leur déconnexion avec les réseaux », estime Jordan. L’Agora suit les tendances, les nouvelles sorties qui animent le monde du livre et du jeu vidéo, en s’appuyant notamment sur le BookStagram, ce fil d’actualité et d’échange entre les passionnés de lecture. Connaître les intérêts des jeunes lecteurs d’aujourd’hui a permis à Lavinia et Jordan d’inviter des personnalités-phare au sein des rayons. Début juin, ils accueillaient Adeline Chetail, doubleuse célèbre pour la série Arcane et le jeu vidéo montpelliérain récompensé aux Game Awards Clair Obscur, une première pour une librairie nîmoise. L’Agora remet le couvert pour une nouvelle rencontre ce vendredi 26 juin, avec l’autrice « feel good » à succès Carène Ponte, pour une séance de dédicaces.

  • Alterlivres, en première ligne sur la bataille culturelle

    Alterlivres, en première ligne sur la bataille culturelle

    Après avoir franchi la cour des artisans et à peine le palier de la porte d’Alterlivres passé, le ton est donné. Sur une table à l’entrée sont disposés plusieurs ouvrages sur l’extrême droite comme Fascisme Tardif d’Alberto Toscano, Un fasciste français de Christian Rol ou La psychologie de masse du fascisme de Wilhelm Reich. Dans cette librairie, les ouvrages de d’Antonio Gramsci côtoient ceux de Salomé Saqué, Alain Damasio, Angela Davis ou Mario Tronti. Si une importante place est consacrée aux écrits sur le féminisme, le capitalisme, l’écologie et la géopolitique, Alterlivres met aussi à l’honneur les romans de maisons d’édition plus confidentielles. Un espace jeunesse est également présent avec quelques titres comme Koko n’aime pas le capitalisme, montrant ainsi que la bataille culturelle se mène à tout âge.

    Alterlivres a été fondée en 2014 par Giusti Zuccato, décédé l’an dernier. Militant du mouvement autonome en Italie dans les années 1970, Gusti Zuccato a passé quatre ans dans la clandestinité avant de rejoindre la France. Il y fonde la librairie italienne la Tour de Babel à Paris, Alterlivres à Sauve et anime plusieurs maisons d’édition.

    Reprise par un collectif ?

    « Nous sommes un lieu de réflexion autour de questions politiques notamment. Notre richesse, c’est d’être ancré dans le territoire et d’avoir une clientèle très localisée. On n’attend pas les touristes l’été. Vu ce fonds un peu particulier que nous avons à la librairie, il y a des gens qui viennent de Montpellier, du fin fond des Cévennes, voire de plus loin pour trouver une BD ou un petit essai en sciences humaines qu’on ne trouve pas ailleurs. C’est ça qui fait notre force », résume Fanny, la libraire qui gère au jour le jour la librairie.

    Aujourd’hui, le commerce peut se targuer d’avoir un chiffre d’affaires en augmentation chaque année. « Ça fonctionne aussi parce qu’on n’est pas uniquement une librairie, nous avons réussi à créer un lieu. Nous avons tissé des liens avec les associations. On accueille des artistes du coin, on fait des salons à l’extérieur, on a des partenariats. On travaille aussi avec les bibliothèques du Piémont Cévenol », précise Fanny. L’an dernier, la librairie s’était également distinguée avec une grande soirée consacrée à la sortie du livre d’Abdoulaye Soumah, qui raconte son exil forcé depuis la Guinée en passant par les geôles en Libye et sa traversée de la Méditerranée.

    Si Alterlivres se démarque, c’est aussi pour sa réflexion menée sur l’écologie du livre et les problématiques de concentration éditoriale dans le secteur du livre. « Nous avons un fonds énorme », explique Fanny. « Nous travaillons beaucoup moins la nouveauté et on essaie d’aller à contre-courant, de ralentir ce flux énorme de livres, etc. On essaie de promouvoir les petites maisons d’édition et les petits distributeurs. On ne peut pas se passer du groupe Hachette et de Bolloré, mais on essaie de le limiter au maximum. »

    Depuis le décès de Giusti Zuccato, la librairie cherche aussi un nouveau souffle pour pérenniser son avenir dans un contexte où le livre fait désormais difficilement recette. Fanny cherche actuellement à constituer un collectif capable de reprendre la librairie. « On est vraiment aux prémices de ça mais on est sur des délais assez courts parce qu’il faudrait que ce soit réglé avant la fin de l’année. Beaucoup de clients nous témoignent un soutien énorme. Ils sont vraiment préoccupés par l’avenir de la librairie, donc je pense qu’on pourra compter sur eux le moment venu », conclut Fanny.

  • Le marché du livre d’occasion est-il la solution ?

    Le marché du livre d’occasion est-il la solution ?

    En 2022, la part de l’occasion dans le marché du livre a atteint les 20%, selon une étude de 2024 menée par le ministère de la Culture et la Société française des intérêts des auteurs de l’écrit (Sofia). Pour autant, celle-ci représenterait toujours moins de 10% de la valeur du marché.

    À Montpellier, Waldeck Moreau a ouvert sa librairie L’Opuscule il y a sept ans et y a toujours proposé une majorité de livres neufs. « Je constate cependant qu’il y a de plus en plus de demande pour les livres d’occasion, explique ce professionnel. Nous allons donc ouvrir une salle dédiée, parce que notre local s’y prête. » Selon lui, cette augmentation de la demande s’explique par les prix plus bas et la baisse du pouvoir d’achat. « Les gens nous demandent aussi de plus en plus de livres de poche », affirme-t-il. Un constat confirmé par l’étude de la Sofia, qui montre que c’est avant tout pour payer moins cher leurs livres que les Français achètent d’occasion. Les considérations écologiques ne pèsent pratiquement pas dans leurs motivations.

    Par ailleurs, 4 Français sur 10 ont déjà revendu d’occasion un livre. S’ils cherchent avant tout à gagner un peu d’argent, deux revendeurs sur trois cèdent moins de 10 livres par an, représentant un gain inférieur à 50 euros.

    De son côté, le groupe Gibert-Joseph, qui se revendique première librairie indépendante de France, a été placé en redressement judiciaire à la fin du mois d’avril 2026. Le jour même, le Figaro rapportait que le groupe avait pour plan de miser sur « un virage stratégique autour du livre d’occasion ». Le groupe réaliserait déjà 35% de son chiffre d’affaires sur ce segment et espère doubler la part de ses ventes d’ici à 2029.

    La librairie Gibert-Joseph de Montpellier, elle, ne serait pas concernée par cette procédure de redressement judiciaire. L’enseigne n’a pas répondu à nos sollicitations.

    Un marché massivement

    opéré en ligne

    Mohammed Samari, lui, a ouvert sa librairie d’occasion la Gare aux livres, à Nîmes, en 2021. Il est aujourd’hui en reconversion et veut se lancer dans la vente en ligne. « Peut-être que ça dépend des villes mais à Nîmes, l’occasion ne marche pas si bien, explique-t-il. Même quand je faisais des livres à un euro pour les étudiants, ça ne partait pas tant. Peut-être aussi que les boîtes à livres, qui sont nombreuses ici, participent à la baisse des ventes… En tout cas, je suis persuadé que l’avenir est à la vente en ligne : même Vinted s’est mis à vendre des livres d’occasion. »

  • La région Occitanie enregistre un bilan touristique contrasté à l’aube de l’été

    La région Occitanie enregistre un bilan touristique contrasté à l’aube de l’été

    Le calendrier des jours fériés était favorable aux échappées touristiques ce mois de mai. Alors que la saison des ponts s’achève pour laisser place à l’arrivée de l’été, l’Occitanie y a enregistré 20 millions de nuitées touristiques, soit 31% de sa fréquentation depuis le début de l’année.

    Mais le pont de l’Ascension et le week-end de la Pentecôte ont affiché une fréquentation en retrait par rapport à l’année précédente. L’agence Ad’Occ privilégie la piste météorologique pour justifier le recul des réservations.

    Préparer l’été

    Désigné comme le plus chaud jamais enregistré en France, le printemps 2026 a été singulier. Marqué aussi bien par cette anomalie de +1,7°C en moyenne par rapport à la période 1991-2020, que par l’environnement géopolitique instable, ce climat global a impacté les professionnels du secteur.

    Fin avril, 60% d’entre eux redoutaient un impact négatif des tensions internationales sur leur activité. Une inquiétude qui coïncide avec le ralentissement des arrivées aériennes internationales en France : le pays s’efface légèrement derrière d’autres Européens comme l’Espagne et l’Italie. Il est cependant à noter que les clientèles françaises demeurent majoritaires sur l’ensemble de la région et génèrent une fréquentation
    similaire à 2025. Plus d’un acteur du tourisme sur deux tire un bilan positif de ce mois de mai, un niveau de satisfaction en retrait de 5 points par rapport à mai 2025. Mais l’agence Ad’Occ reste optimiste : Airbnb, qui représente 81% de l’offre d’hébergement en Occitanie, annonce des réservations pour juillet et août qui dépassent les scores de l’an passé. Parmi les destinations choisies, les espaces urbains sont donnés favoris et Toulouse se distingue avec une nette avance.

    Pour Vincent Garel, administrateur de l’agence, « le tourisme est l’un des moteurs de l’attractivité de l’Occitanie. Dans un contexte marqué par des décisions de voyage de plus en plus tardives, les perspectives estivales restent encourageantes et témoignent de la confiance accordée à notre destination ». Les prochaines semaines seront décisives.

    Oriane Castan

  • À Montpellier, miser sur le collectif avec les librairies coopératives

    À Montpellier, miser sur le collectif avec les librairies coopératives

    En 2018, la fermeture de la librairie L’ivraie, dans le quartier des Beaux-Arts, à Montpellier, provoque des remous chez les fidèles clients. « Comme il n’y avait pas de reprise, un collectif réunissant des riverains des Beaux-Arts et des lecteurs a été créé. Ils trouvaient dommage de perdre un lieu de culture, de rencontres, ce commerce de quartier. Ils ont donc décidé de créer une librairie », raconte Claire Chanvry, coopératrice et salariée à la Cavale, librairie créée, donc, par le collectif.

    Car la Cavale a un modèle un peu particulier : c’est une coopérative. En choisissant de devenir une Société coopérative d’intérêt collectif (Scic), la librairie n’est plus détenue par des actionnaires mais par les coopérateurs eux-mêmes. Chacun a une seule voix donnant les mêmes droits. « L’adhésion est de 20 euros, il est possible de donner plus mais cela ne donnera pas plus de voix. Il y a une vraie volonté de rendre accessible la part sociale à tous », détaille Claire Chanvry. Preuve que le modèle fonctionne : de 14 en 2018 au lancement du projet, les coopérateurs sont maintenant 530.

    Une force collective

    L’ensemble des décisions sont prises de manière collégiale. Un conseil coopératif composé de 14 membres – renouvelé en partie tous les deux ans – se retrouve tous les 15 jours afin de décider des décisions à prendre pour la librairie. « Nous avons ensuite plusieurs comités avec différentes délégations : les ressources humaines, la politique des animations, la vie coopérative, la lecture jeunesse et les travaux. D’autres bénévoles viennent ponctuellement pour donner un coup de main sur un événement », complète Claire Chanvry.

    Une force collective mise en avant par les coopérateurs. « Le fait d’être nombreux nous permet d’avoir des idées multiples, c’est ce qui fait notre force. Alors qu’en étant seul, on peut parfois être saturé. Aussi, les gens qui s’investissent pleinement dans le projet viennent régulièrement. Que ce soit pour les animations ou faire des achats, on crée de la proximité », poursuit la libraire. Des rencontres sont organisées une fois par mois afin de favoriser le lien entre les coopérateurs. « Là, on ne parle pas de boulot », sourit Claire Chanvry.

    Si la Cavale est la seule librairie coopérative de l’Hérault, il en existe une soixantaine à l’échelle de l’Hexagone. « Avec nos huit ans d’expérience, on fait partie des plus vieux », note la libraire. Preuve que le modèle attire ? « La librairie coopérative se répand car il y a un fort intérêt citoyen pour la lecture et en général la culture. Et ce n’est pas évident d’être un libraire seul, qui travaille dans son coin. C’est plus facile d’être plusieurs. »

  • Des voix s’élèvent contre un projet agrivoltaïque à Servas

    Des voix s’élèvent contre un projet agrivoltaïque à Servas

    Partout en France, des projets agrivoltaïques fleurissent sur le territoire et divisent les citoyens. La commune de Servas, dans le Gard, ne fait pas exception. Le dernier projet en date est celui des Martinets, porté par Verso Énergie, qui concerne une quinzaine d’hectares dans le Nord de la commune. Il était présenté ce 22 juin aux élus municipaux.

    Pour l’occasion, la Confédération paysanne du Gard avait appelé à un rassemblement devant la mairie à 18h, afin d’alerter sur le fait que les installations agrivoltaïques à Servas pourraient impacter jusqu’à 129 hectares de terres agricoles, soit près de 12% du territoire communal. « Nous étions une petite cinquantaine, rapporte Sébastien Espagne, co-référent départemental des Ami.e.s de la Confédération paysanne du Gard. Notre association était présente aux côtés de la Confédération paysanne, mais aussi de l’association Agir 30 et d’habitants du village. »

    « On a vu passer une quinzaine de projets de ce type ces 18 derniers mois, explique de son côté Simon Le Berre, porte-parole de la Confédération paysanne du Gard. Nous ne sommes ni contre le progrès, ni contre les énergies renouvelables, bien au contraire. Nous voulons simplement demander une véritable réflexion collective sur ces projets et surtout, qu’ils soient envisagés en priorité sur des terres déjà artificialisées. »

    Sébastien Espagne se montre satisfait de cette première mobilisation : « Nous avons été très bien accueillis par les habitants et la société Verso Énergie a proposé aux collectifs présents de les rencontrer plus tard, pour leur présenter le projet plus en détail. » De leur côté, les élus devront voter le projet au prochain conseil municipal, après s’y être déjà opposés une première fois.

    Augmentation du foncier

    Ce n’est pas un hasard si les projets agrivoltaïques se multiplient dans le Gard. Depuis un décret d’avril 2024, les installations de production d’énergie photovoltaïque ne peuvent être implantées que sur des terrains identifiés dans un document-cadre spécifique à chaque département. Or, dans le Gard, ce dernier est très restrictif et ne laisse que peu de parcelles libres pour le photovoltaïque au sol. C’est la raison pour laquelle les entreprises se tournent vers l’alternative de l’agrivoltaïsme, c’est-à-dire l’installation de panneaux solaires au-dessus d’une parcelle d’activité agricole. C’est d’ailleurs ce qui explique que les opposants à ces projets parlent généralement de « caution » agricole.

    Selon Simon Le Berre, le scénario se déroule pratiquement toujours de la même façon. Un propriétaire qui veut valoriser son terrain contacte ou se fait démarcher par une entreprise. Il trouve ensuite un agriculteur qui accepte de faire pâturer ses bêtes ou de cultiver sur une parcelle qui sera dédiée à l’agrivoltaïsme, en échange d’une partie des gains de revente de l’électricité. « L’idée de l’agrivoltaïsme, c’est d’apporter un gain pour l’activité agricole, poursuit Simon Le Berre. Or, pour l’instant, les études qui sont censées démontrer ces gains sont bien souvent biaisées. Le bétail est à l’ombre des panneaux ? Il serait tout aussi bien à l’ombre d’un arbre… »

    Ce sont aussi les propriétaires et les entreprises qui semblent toucher la majorité des bénéfices de la vente de l’électricité. « Nous demandons que si de tels projets existent, ils soient portés par les agriculteurs eux-mêmes, ou par des collectifs d’agriculteurs, explique Simon Le Berre. Pour nous, si le choix revient aux propriétaires qui n’exploitent pas eux-mêmes leurs terres, cela présente un risque de spéculation et de montée des prix des terres agricoles. » Une inquiétude que partage Sébastien Espagne : « Il y a un véritable risque d’augmentation du foncier agricole, ce qui va encore empêcher de nouveaux agriculteurs de s’implanter. Nous avons d’autres ambitions pour nos terres nourricières, dans un contexte où il y a urgence à regagner en autonomie alimentaire. »

  • Un 4e vol Marseille-Shangaï par semaine annoncé

    Un 4e vol Marseille-Shangaï par semaine annoncé

    « Nihao China ». « Bonjour la Chine ! », en Français C’est le nom donné à l’événement de promotion touristique organisé par le consulat général de Chine à Marseille en présence du conseiller régional David Galtier (DVD) et du maire de Manosque Camille Galtier (DVD) mais aussi de Loïc Chovelon, directeur général du Comité régional de tourisme.

    À cette occasion, He Youlin, consul général de Chine à Marseille a rappelé que « l’année prochaine marquera le 40e anniversaire du jumelage entre Shanghai et Marseille. Je suis donc particulièrement heureux d’annoncer aujourd’hui que cette liaison passera officiellement de trois à quatre vols hebdomadaires », a-t-il ajouté.

    Exemption de visa

    Une annonce qui s’accompagne de la prolongation de la dispense de visa pour les Français se rendant en Chine pour une durée de moins de 30 jours.

    « Nous invitons chaleureusement davantage d’amis français à découvrir la Chine par eux-mêmes, afin de mieux connaître une Chine authentique, multidimensionnelle et ouverte », a lancé He Youlin en s’engageant « à travailler avec l’ensemble des acteurs de la circonscription consulaire afin d’approfondir continuellement la coopération bilatérale dans les domaines du tourisme, du commerce, de l’éducation, de la science, du transport aérien et du développement durable, dans un esprit de bénéfice mutuel et de réussite partagée. »

    La Région Sud est la première en France à avoir retrouvé son niveau de fréquentation par les touristes chinois d’avant la pandémie.

  • Une première braderie pour un grand commerce convivial à Aubagne

    Une première braderie pour un grand commerce convivial à Aubagne

    « C’est la première fois que je vois une grande braderie comme celle-là. C’est bizarre qu’il n’y en ait jamais eu avant. Quelle bonne idée. Ça met de la vie dans le centre-ville et ouvre un peu les esprits. J’ai l’impression que le nouveau maire apporte un autre élan », exprime en ce dimanche 28 juin Alain, habitant d’Aubagne depuis 16 ans, un sachet rempli d’habits chinés sur place qu’il offrira à sa petite-fille. Il est 10h et le cours Foch bruisse de monde, aussi bien sur ses terrasses que devant des stands et étals en tous genres. « Ça amène du monde, ça fait travailler les commerçants de la ville et c’est aussi l’occasion de revoir des copines », exprime quant à elle Marie, sexagénaire au sourire fleuri, tout comme le « joli haut » bigarré qu’elle vient d’acheter.

    La première grande braderie d’Aubagne prend la forme d’une vide-grenier XXL qui s’est également déployé sur les rues Rastègue et Martinot, dont l’affluence a aussi été décuplée par le marché alimentaire de l’Esplanade de Gaulle et une exposition de voitures anciennes sur le Cours Voltaire. Le Cours Barthélémy ne fait lui non plus pas exception à la règle avec son lot d’objets décoratifs et de bonnes affaires textiles disposés sur des tables de fortune et parfois à même le sol. « Cette grande braderie, c’est super. Ça redonne un aspect populaire à Aubagne qu’elle avait perdu. Ça fait revenir du monde dans le centre-ville, un dimanche qui plus est », s’enthousiasme Christelle, qui tient un stand devant le numéro 16 du Cours Barthélémy, là-même où un certain Marcel Pagnol est né le 28 février 1895. « Par les temps qui courent, c’est une bonne idée d’acheter d’occasion. Pour les porte-monnaie de tout le monde, vu le coût de la vie, mais aussi pour la planète. La seconde main, c’est l’avenir », dit-elle devant ses jouets et vêtements qui partent comme des petits pains.

    Rendez-vous en octobre

    « L’idée est de donner à tous les Aubagnais l’envie de se réapproprier le centre-ville, de le fréquenter », contextualise Clémentine Fardoux, 1ère adjointe au maire. « Ce matin, j’ai vu la joie des habitants de voir de la vie dans leur centre-ville, un mélange de populations, de générations et de catégories sociales. C’est tout ce dont je rêve pour ma ville : retrouver enfin un Aubagne qui vit et permet aux gens de se rencontrer », déclare cette élue notamment en charge des ressources humaines et de l’urbanisme à propos de cette grande braderie, dont la prochaine édition se tiendra « début octobre ».

  • Le secteur du livre occitan toujours debout

    Le secteur du livre occitan toujours debout

    Les études le confirment d’année en année : les Français lisent moins. La dernière enquête du Centre national du livre (CNL), publiée en avril 2025, le confirme. 63% des Français ont lu cinq livres au cours de l’année, un chiffre en baisse de 6 points par rapport à 2023. Un indicateur que la filière est mal en point. Il semblerait toutefois qu’en Occitanie, le livre fasse de la résistance. En effet, selon les chiffres de 2025 publiés par l’Agence unique Occitanie culture – portée par le Conseil régional – on compte 1 294 auteurs et autrices dans la région, un chiffre en progression de 5,63% sur deux ans. L’Hérault et la Haute-Garonne caracolent en tête, avec respectivement 411 et 314 écrivains.

    Néanmoins, 44% d’entre eux déclarent avoir perçu moins de 500 euros issus de leurs œuvres, témoignant d’une fragilité du secteur. « Il y a une accélération de cette précarité car il y avait eu un appel d’air à un moment donné du côté des solutions d’auto-édition et d’auto-publication qui laissait suggérer qu’embrasser ces carrières-là était plus simple que ça ne l’est en réalité », observe Adeline Barré, directrice du pôle livre à l’Agence unique Occitanie culture. À cela s’ajoute une baisse des ventes en librairie. « On voit aussi que la typologie des ventes est en train de changer. Auparavant, le chiffre d’affaires global se fondait sur un nombre de références plus important, aujourd’hui, les ventes se concentrent sur des best-sellers. Il y a un phénomène de concentration dans les ventes », poursuit Adeline Barré.

    Bien que les ventes baissent, des librairies ouvrent. Six établissements héraultais se sont ainsi lancés dans l’aventure entre 2023 et 2025 et on ne dénombre pas moins de 278 librairies en Occitanie. « Lors du Covid, le métier de libraire a été vu comme une valeur refuge, il y a eu un grand cri d’amour de la population pour la filière. Cela a suscité des vocations, pas mal de réorientations professionnelles. C’était une période idyllique », fait valoir la directrice du pôle lecture. Le livre s’était même retrouvé quasiment en situation de monopole dans le secteur culturel. C’était le seul commerce considéré comme « essentiel » alors que les salles de spectacles et les cinémas étaient fermés.

    278 librairies en Occitanie

    Ainsi ont germé plusieurs établissements, notamment en zone rurale. « Nous avons une assez forte densité des librairies par rapport au nombre d’habitants dans la Région », fait valoir Adeline Barré. Si cette parenthèse enchantée semble se refermer, d’autres facteurs permettent aux librairies de se maintenir à flot. « Nous sommes une région accordéon, nous bénéficions chaque été de la fréquentation touristique et par endroits, cela peut apporter un chiffre d’affaires supplémentaire, ce qui permet de maintenir un maillage territorial. Nous avons également une politique volontariste à l’égard de ce réseau de librairies avec des budgets plus élevés que dans d’autres territoires », reprend Adeline Barré.

    Les libraires ne sont pas les seuls acteurs de la chaîne à bénéficier de ce coup de pouce. Entre 200 et 300 publications sont également aidées chaque année par la Région. « On a la chance d’avoir un écosystème du livre en Occitanie qui est dense et divers. Nous avons beaucoup d’acteurs et on couvre beaucoup de champs. Notre rôle est de préserver au maximum ces acteurs, de les faire coopérer, de les valoriser, de les porter à la connaissance du public », insiste la représentante de l’Agence unique Occitanie culture. Une aubaine pour plus d’un dans cette période où la culture est souvent sacrifiée sur l’autel de l’austérité.

    « Une forte densité des librairies
    par rapport
    au nombre d’habitants »