Category: economie

  • 21% d’économies sur l’électricité grâce à l’UFC

    21% d’économies sur l’électricité grâce à l’UFC

    Réduire dans les 2 ans à venir sa facture d’électricité de 21,1% (hors taxes, 17,3% TTC), c’est bel et bien possible sans embrouille grâce au deal obtenu par l’UFC Que Choisir.

    Comme tous les 2 ans, l’association de consommateurs vient de conclure un achat groupé d’électricité à des prix très avantageux. Jusqu’au 20 décembre, les 150 000 premiers souscripteurs à l’opération « Énergie moins chère ensemble » ont la garantie de réaliser des économies substantielles sur le tarif réglementé. À savoir 101 euros par an pour un ménage chauffé au gaz (sur la base de 3 000 kWh/an), 321 euros pour un ménage chauffé à l’électricité (10 000 kWh/an) et jusqu’à 485 euros pour les grandes surfaces (15 000 kWh/an).

    « Les économies varient en fonction de la consommation des gens. Elles ne sont pas négligeables, surtout pour les personnes en précarité énergétique », insiste Claude Gaubert. Le trésorier montpelliérain de l’UFC relève que cette offre est même plus intéressante que la précédente, qui proposait 12% d’économies sur la facture annuelle. À l’époque, c’était déjà Octopus Energy qui avait raflé la mise parmi les nombreux fournisseurs ayant formulé une offre.

    Les précédents souscripteurs peuvent d’ailleurs bénéficier de cette nouvelle opportunité. À condition d’en faire la demande ! « Attention, ce n’est pas automatique, il faut demander à Octopus d’être basculé sur ce nouvel achat groupé avant le 20 décembre* », précise Claude Gaubert, fier de cette promotion 2025-2026. « C’est notre chèque énergie à nous ! »

    Concernant le risque que les usagers s’endorment sur leur belle affaire et finissent par payer le prix fort dans 2 ans, le responsable communication de l’UFC se veut rassurant. « On informe nos souscripteurs  ». Ceux-ci sont aussi régulièrement tenus au courant au sujet du prix du fioul sur lequel l’association communique « tous les 15 jours ». En matière d’énergie, pas besoin des soldes ni du black friday pour économiser. Les bons plans de l’UFC suffisent.

  • Les tarifs de la cantine scolaire de Montpellier à la loupe

    Les tarifs de la cantine scolaire de Montpellier à la loupe

    Compétence municipale, la restauration scolaire fait l’objet d’importantes politiques publiques au sein des mairies. À Montpellier, la Ville a fait le choix de mettre en place une tarification sociale dans le but de rendre accessible le repas au plus grand nombre, dès 2020. Une démarche volontariste qui a fait l’objet d’une étude, conduite conjointement par les services municipaux et la Chambre régionale des comptes (CRC) Occitanie. « C’est un sujet sur lequel il y a un enjeu majeur pour Montpellier, une commune où le taux de pauvreté important [de 28%, Ndlr]. La mise en place d’un tarif social n’est pas incohérente », soutient Valérie Renet, présidente de la CRC. Ainsi, l’institution s’est penchée sur les 88 des restaurants scolaires des écoles, pour un budget total de 20 millions d’euros chaque année, auxquels il faut ajouter 5 millions d’euros de recettes tarifaires [payées par les familles, Ndlr].

    Jusqu’en 2023, le système en place prévoyait une tarification au taux d’effort basé sur les revenus, avec un prix plancher à 1,75 euro et un prix plafond à 4,95 euros. « Au fil des évolutions, a été mis en place un tarif forfaitaire à 50 centimes. En 2023, il y a eu une refonte complète de la grille tarifaire : le taux d’effort est passé sur le quotient familial pour mieux prendre en compte la situation des familles. Surtout, l’amplitude tarifaire a augmenté puisqu’on est passé d’un tarif plancher de 1,75 euro à 1,35 euro et un tarif plafond de 4,95 à 6,55 euros par repas », poursuit Valérie Renet. Une décision motivée par le fait « que par rapport à d’autres collectivités de même taille, notre prix plancher était plus élevé et notre prix plafond moins élevé. Il y avait une volonté de baisser les tarifs pour les plus précaires et de mettre à contribution les familles les plus aisées », détaille Marie Massart, adjointe au maire et déléguée à la politique alimentaire.

    Pas de corrélation directe

    Dès lors, cette tarification a-t-elle permis d’augmenter la fréquentation de la restauration scolaire ? « On constate qu’il y a une augmentation de la part des élèves qui fréquentent la cantine. Entre 2021 et 2024, on est passé de 81% à 85% des élèves », détaille la présidente de la CRC Occitanie. Soit l’équivalent d’1,8 million de repas à l’année, correspondant à 12 800 repas par jour. Mais l’effet sur la redistribution semble plus contrasté. « Il y a une augmentation des repas qui sont pris au tarif forfaitaire (+14%). Cependant, la méthodologie statistique utilisée montre qu’il est assez malaisé d’établir une corrélation directe entre cette tarification sociale et la fréquentation. Mais le constat reste », poursuit Valérie Renet. D’autant que Montpellier fait face à une baisse du nombre d’élèves. L’écart de fréquentation selon les revenus des familles s’est néanmoins réduit. « Les familles les plus précaires ne fréquentent pas plus la cantine. Certaines ne travaillent pas forcément et donc ont la possibilité de s’occuper de leurs enfants entre midi et deux. Si cela peut permettre de faire une pause dans la journée, il n’y a aucun souci. L’objectif n’était pas d’avoir 100% des enfants à la cantine », soutient Marie Massart.

    Toujours est-il que le tarif a baissé pour 60% des familles grâce à la refonte de la grille tarifaire, pour un coût estimé à 324 000 euros par an. « Pour les familles les plus modestes, il y a eu une diminution de 10% du tarif moyen. Le tarif forfaitaire de 50 centimes concerne les familles monoparentales qui sont au RSA. Dans cet objectif de redistribution, la CRC propose d’élargir ce tarif aux couples au RSA car il existe un gros écart », fait valoir Valérie Renet.

  • Co-Sens couve les projets d’entreprise jusqu’à maturité

    Co-Sens couve les projets d’entreprise jusqu’à maturité

    C’est un dispositif peu connu du grand public, alors que c’est « un véritable tremplin », assure Jennifer Borges : la couveuse. Cette ancienne responsable caisse chez Carrefour en a entendu parler pour la première fois à la suite d’un burn-out et d’un licenciement pour inaptitude. « J’ai dit à ma conseillère France Travail que j’avais un projet d’autoentreprise, et elle m’a redirigée vers Co-Sens », raconte la jeune femme de 29 ans.

    Financée par des subventions de l’Union européenne et la Région Sud, la structure propose un Contrat d’appui au projet d’entreprise (Cape), conclu pour une période maximale de 36 mois, aux porteurs inexpérimentés. Valérie Moisan, consultante depuis 24 ans, détaille : « Le couvé est hébergé juridiquement, financièrement et fiscalement avec le numéro de Siret, le compte en banque, la comptable et la responsabilité civile professionnelle de Co-Sens. »

    Pendant cette période, les droits sociaux du porteur de projet sont maintenus. « On encaisse le chiffre d’affaires et on leur rend sous forme de remboursement de notes de frais pour les achats effectués dans le cadre de l’activité, précise-t-elle. En cas de dépassement, on leur fait des feuilles de rétribution considérées comme des feuilles de salaire par France Travail, ce qui rallonge leurs droits. »

    Une boîte à outils

    Une sécurité que Valérie Moisan appelle le « double matelas » : le matelas financier et le matelas d’accompagnement, puisqu’en intégrant la couveuse, le ou la porteuse a accès à des formations et à un suivi. Jennifer Borges témoigne : « Ça m’a permis de comprendre les algorithmes des réseaux sociaux, la comptabilité, d’apprendre à choisir mon statut, à organiser un planning, à préparer mon pitch… » Une véritable boîte à outils qui a rassuré la Gignacaise : « Je ne me suis pas lancée dans le vide, je ne suis pas seule pour assimiler ce nouveau métier qu’est l’entrepreneuriat. »

    Après une année passée au sein de la couveuse, elle commence à dégager « un chiffre correct » depuis le mois de juillet. « Ce n’est pas encore un salaire, mais c’est encourageant » pour poursuivre sa marque d’accessoires pour chiens faits main qu’elle a appelée Gennka dog.

    Co-Sens affiche 70% de sorties positives, c’est-à-dire de retour à l’emploi ou de création d’entreprise. Valérie Moisan souligne : « Pour les 30% restants, c’est très bien aussi, parce qu’ils savent qu’ils ne sont pas faits pour ça ou que leur projet n’est pas bon, et ils ne se lancent pas à corps perdu en mettant en péril leur équilibre financier et familial. » Jennifer Borges résume : « Il n’y a rien à perdre, tout à gagner ! »

  • Scop-Ti. Les Français attachés à « une épargne vertueuse »

    Scop-Ti. Les Français attachés à « une épargne vertueuse »

    Depuis la reprise de Duralex par ses salariés en juillet 2024, Olivier Lerberquier est en contact régulier avec le directeur général de la verrerie, François Marciano, et Alexia Avril, l’ancienne déléguée CGT, désormais présidente du conseil d’administration. « Ils m’avaient sollicité à l’époque pour partager notre expérience et depuis, au fil de nos rencontres, on a aussi évoqué l’idée de faire des choses ensemble », raconte le président de Société française coopérative ouvrière provençale de Thés et Infusions (Scop-ti).

    Basée à Gémenos, Scop-ti a fêté ses dix ans et fait référence en matière de coopérative ouvrière avec sa marque 1336, symbolisant le nombre de jours de lutte des ex-salariés Fralib dont l’outil de production était menacé de délocalisation par la multinationale américaine Unilever.

    Ces « relations régulières » entre les responsables des deux coopératives devraient d’ailleurs très bientôt aboutir sur diverses collaborations. La boutique de l’emblématique verrerie installée à Orléans devrait prochainement proposer des produits 1336 dans ses rayons. Les boutiques en ligne de Duralex et Scop-ti, devraient de leur côté mettre en vente un pack de produits dans lequel la couleur du verre serait en adéquation avec l’infusion vendue. Enfin un verre collector dont « le chiffre que tout le monde regarde au fond » serait 13 336, est en réflexion.

    Sociofinancement

    Inutile de préciser que le succès du financement participatif de Duralex est forcément vu d’un bon œil par Olivier Leberquier, même si son souci du détail l’amène à la nuance. « Ils en avaient besoin et c’est une très bonne chose, mais on parle ici de titres participatifs, défiscalisés, avec une rémunération à hauteur de 8% », souligne-t-il rappelant que les choses sont différentes par exemple de la campagne de sociofinancement, une levée « don pour don », initiée par Scop-ti dont le montant cumulé s’élève à 452 000 euros.

    « Ce qui est intéressant au-delà de la somme globale, c’est ce que cela traduit dans l’attachement des Français à une utilisation vertueuse de leur épargne. Or ils ne le savent pas parce qu’on ne le leur dit pas mais cet argent sert souvent à financer des fonds de pension américains ou des projets de recherche qui épuisent les ressources naturelles à l’autre bout de la planète. Des choses auxquelles ils pourraient être totalement opposés », observe Olivier Leberquier rappelant que plus de 2 000 milliards sont placés en assurance vie en France. « Alors on ne va pas compter sur la BNP ou la Société Générale mais il y a des banques de l’économie sociale et solidaire comme le Crédit Mutuel, le Crédit coopératif, la Caisse d’épargne, le Crédit Agricole qui pourraient être des leaders dans ce domaine, et dire : l’épargne des Français on s’en sert pour l’économie, principalement en France, et surtout pour les entreprises vertueuses comme les coopératives. L’engouement pour Duralex montre bien que les citoyens y sont attachés. Dès l’instant qu’ils peuvent intervenir directement, ils le font. »

  • CPMM. Un combat pour la liberté de la presse

    CPMM. Un combat pour la liberté de la presse

    Le maintien du pluralisme de la presse écrite et sa diffusion auprès de tous les citoyens, (…) sur le territoire français, doivent être pleinement garantis par l’État. » En plein examen du Projet de loi de finance 2026, la CGT a réaffirmé jeudi dans un communiqué son engagement à défendre « cette mission d’intérêt général » assurée par le service public postal pour la distribution aux abonnés et le système de diffusion pour la vente au numéro via les diffuseurs de presse.

    Deux sociétés coopératives d’intérêt collectif, la CPMM à Marseille et Oyé Distribution à Lyon, créées par d’anciens salariés du Livre CGT du groupe Presstalis, sont au cœur de ce dispositif vital pour une filière qui traverse de profondes difficultés, entre baisse continue des ventes, fermeture des points de ventes, et hausse des coûts du transport et de l’énergie mettant en péril la viabilité de ces coopératives.

    « C’est une bonne chose que la population accompagne les salariés choisissent de prendre leur avenir en main, c’est le modèle que nous avons choisi », apprécie Maxime Picard, le PDG de la CPMM qui distribue sur les Bouches-du-Rhône, le Var et le Vaucluse. « C’est dans nos fondamentaux de conserver l’emploi et nos savoir-faire. Qui mieux qu’un salarié peut connaître son métier, son secteur et reprendre en main les outils ? Et puis pour la CPMM, c’était aussi un combat démocratique pour que la presse soit accessible partout et pour tous », insiste l’ex-délégué CGT. « De la même manière que les salariés de Duralex veulent pérenniser leur entreprise, nous avons besoin puisque l’activité de distribution de la presse est déficitaire en raison des coûts de la livraison du dernier kilomètre, des surcoûts liés au travail de nuit, d’une autre répartition des aides de l’État. Les aides à la distribution doivent revenir directement aux outils de distribution qui en supportent les surcoûts. »

    C’est en ce sens que la CGT au niveau confédéral réclame aussi que les Sociétés agréées de distribution de la presse rémunèrent ces sociétés coopératives d’intérêts collectifs « à hauteur du niveau de celui de la SAD à savoir 10% de taux de commission », afin de garantir aux éditeurs un accès équitable à ces deux réseaux, à des tarifs solidaires.

  • « On a eu 19 millions en 24 heures, c’est énorme ! »

    « On a eu 19 millions en 24 heures, c’est énorme ! »

    La Marseillaise : Dans quelle situation était Duralex avant l’appel de fonds lancé lundi ?

    François Marciano : Nous avons repris l’entreprise le 1er août 2024. Pour que la reprise soit viable, il nous fallait 15 millions d’euros. On a levé 4 millions de prêts et on a vendu le terrain et le bâtiment, pour 5,8 millions. Il nous en manquait donc 5,2 millions. Nous devions faire une première levée de fond en septembre 2024 mais nous n’étions pas prêts, la stratégie n’était pas complètement définie. C’est pour cela que l’appel n’a été lancé que maintenant.

    Vous en êtes vendredi à 20 millions d’euros promis. Vous attendiez-vous à cet enthousiasme ?

    F.M. : Pas du tout. Tous les associés ont été très surpris. On avait donné un pronostic de 3 millions en 4 semaines, et on espérait prolonger pour arriver à 5 millions. On a eu 19 millions en 24h. C’est énorme.

    Comment expliquez-vous
    cet enthousiasme
     ?

    F.M. : Pour moi, il y a trois choses. D’abord je pense que les Français en ont marre de voir partir leurs industries, et investir chez nous c’est aussi défendre l’industrie nationale. Duralex emploie tout de même 800 personnes. Ensuite, Duralex est une madeleine de Proust. Et enfin, l’usine a été rachetée par ses ouvriers. C’est une proposition d’économie sociale et
    solidaire que les gens ont envie de soutenir.

    Quelles sont les conditions des investisseurs ?

    F.M. : C’est pour tout le monde pareil, c’est 8% rémunérés par an pendant 7 ans, défiscalisé à hauteur de 18% au départ, et remboursable au bout de 7 ans. Et les investisseurs ne siégeront pas au conseil d’administration, ils auront simplement une vision sur les chiffres tous les mois.

    Et qu’allez vous faire de cet argent ?

    F.M. : L’objectif de cette première année était de réveiller la marque. Je crois que c’est chose faite. La deuxième année, l’année prochaine donc, nous voulons investir dans la nouveauté. On va repositionner Duralex sur deux segments : d’un côté sur les arts de la table, ce que nous faisions déjà, et de l’autre sur la décoration. En clair on va fabriquer tout ce qu’il y a en verre dans une maison, sauf les vitres.

    Portiez-vous un intérêt au système des Scop avant que votre entreprise n’en devienne une ?

    F.M. : Ça m’était totalement étranger. Quand on a failli perdre l’entreprise, je savais que je voulais faire une coopérative, mais je ne savais même pas que ça s’appelait Scop. Aujourd’hui je ne travaille plus qu’avec elles. D’ailleurs, il y aura bientôt une collaboration entre Duralex et 1336 !

  • Duralex, le modèle coopératif plébiscité

    Duralex, le modèle coopératif plébiscité

    Un véritable plébiscite.
    En moins de 24 heures, la campagne de financement participatif lancée cette semaine par les salariés
    de Duralex, devenus coopérateurs, a recueilli presque 20 millions d’euros de promesses d’investissement, soit presque quatre fois l’objectif initial fixé à 5 millions. Au-delà de l’aspect sentimental lié à ces milliers de français qui chaque midi à la cantine s’amusait à lire leur âge dans le fond de leur verre, la réussite de cette levée de fonds qui visait
    à moderniser l’outil industriel de cette verrerie emblématique, relancée en Scop en juillet 2024 témoigne d’un fort attachement des Français à l’économie solidaire
    et à la sauvegarde du patrimoine industriel national.

  • [Entretien] Robin Matta : « Le réseau ferré national est vieillissant »

    [Entretien] Robin Matta : « Le réseau ferré national est vieillissant »

    La Marseillaise : Quelles conséquences pourrait avoir la baisse de la taxe « versement mobilité », passée de 0,15% à 0,08% en octobre sur décision de la Région ?

    Robin Matta : Cet impôt avait été décidé au moment où on avait fait le bilan de l’état du réseau ferré national qui est vieillissant, puisqu’on considère qu’il a trente ans de retard de rénovations. Le fonds constitué par cette taxe devait aider à financer les infrastructures. À Miramas, on est concernés non seulement pour la gare de triage mais aussi, du côté voyageurs, pour la création de la passerelle. On craint que ces investissements-là ne puissent pas arriver à terme, ou en tout cas que ce soient les derniers. Or on a la ligne de la Côte Bleue qui est encore en partie à réhabiliter. Avec cette baisse de la taxe, la Région brosse dans le sens du poil le patronat et abandonne toute perspective de développement.

    Sans oublier le développement des bassins ouest du Grand Port maritime de Marseille-Fos.

    R.M. : Il n’y a toujours qu’une voie ferrée pour sortir de la zone indstrialo-portuaire en train, ce qui est un problème. Il faut mettre ça en parallèle avec le grand débat sur la décarbonation. Sans financement de l’infrastructure, on ne pourra rien faire. Jean-Pierre Farandou avait déclaré qu’il manquait 1 milliard d’euros par an pour l’entretien et la régénération du réseau ferroviaire. Où va-t-on le trouver si ce n’est en taxant le capital ?

    Le Contrat plan État Région (CPER), signé lundi, alloue 47 millions d’euros au fret ferroviaire. Est-ce suffisant ?

    R.M. : Le CPER dépend de la validation du budget. Cette somme n’est de toute façon pas suffisante. 47 millions d’euros peuvent à la rigueur permettre de maintenir l’existant, mais c’est sous-évaluer le besoin. Une grande partie de ce contrat va en fait être fléché sur des lignes qui seront prochainement ouvertes à la concurrence, comme la ligne des Alpes en lien avec les JO d’hiver. L’idée, c’est de faire le lit à la concurrence alors que pour le coup, maintenant, on a un bilan qui est que Transdev assure 84% de régularité sur Marseille-Nice, contre les 93% annoncés.

  • Le programme Syrius cherche des synergies pour décarboner

    Le programme Syrius cherche des synergies pour décarboner

    « Les industriels ont mis l’aspect concurrence de côté pour privilégier la croissance à travers la décarbonation », résume Isabelle Campagnola-Savon, conseillère régionale déléguée à l’économie, lors du 3e forum Syrius.

    Syrius, pour synergies régénératives industrielles du Sud. C’est bien ce que cherche à faire ce programme, lauréat de l’appel à projets « Zone industrielle bas carbone » (ZIBaC) opéré par l’Ademe (Agence pour la transition écologique) dans le cadre de France 2030 : amener la cinquantaine d’acteurs industriels qui y prennent part, répartis entre Fos-sur-Mer, Berre-l’Étang, Gardanne et Manosque, à se fédérer autour de la réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre, avec un objectif de -80% d’ici 2050. Pour Nicolas Mat, coordinateur de la démarche lancée en 2023, ce projet illustre la capacité du monde économique à « coopérer, partager et construire une trajectoire collective (…) en mutualisant les ressources et les infrastructures ».

    Un outil stratégique

    Après une première phase de deux ans lors de laquelle 28 études ont été financées à parts égales par l’État et les industriels pour un budget global de 8 millions d’euros, Syrius entre désormais dans une étape plus concrète qui débutera en 2026 et qui visera à approfondir les pistes soulevées. « Les premières conclusions montrent qu’il faut pouvoir disposer de plusieurs leviers pour décarboner, qu’on a le devoir de les actionner tous simultanément et qu’une approche non pas par filière mais territoriale et intersectorielle peut être un game changer pour accélérer et atteindre encore plus vite nos objectifs », énumère Nicolas Mat. Les principaux vecteurs mis en avant sont le déploiement d’un hub hydrogène bas carbone régional (le coût estimé peut aller jusqu’à 5 milliards d’euros) et la structuration d’un hub de CO2 (entre 2 et 6 milliards d’euros).

    Ces enseignements ne sont pas que de la théorie. « Le programme Syrius permet de faire un état des lieux, de savoir quelles filières structurer demain pour réussir la décarbonation », affirme Isabelle Campagnola-Savon. Rémi Costantino, directeur général adjoint du Grand port maritime de Marseille-Fos, abonde : « Dans le milliard d’euros prévu dans notre plan stratégique pour les cinq prochaines années, on flèche un certain nombre d’investissements en fonction des résultats de ces études pour être la bonne plateforme, le bon substrat dans lequel les industriels vont s’implanter. »

    Le dossier de candidature pour la deuxième phase de l’appel à projets a été déposé en juillet 2025 « avec un lot d’une trentaine d’études pour un peu plus de 30 millions d’euros de budget », détaille Nicolas Mat. « Les services de l’État sont en train d’instruire le dossier (…) et devraient pouvoir nous indiquer dans les prochaines semaines les études qui ont été sélectionnées pour un co-financement public. » Simon Deltombe, coordinateur national ZIBaC à l’Ademe, rassure : « Indépendamment de toutes les discussions budgétaires du gouvernement, le budget de l’appel à projet est sécurisé, l’enveloppe dédiée est là et ne sera pas remise en cause. »

  • Une semaine de l’agroalimentaire à Avignon pour valoriser un secteur qui recrute

    Une semaine de l’agroalimentaire à Avignon pour valoriser un secteur qui recrute

    Une file d’une vingtaine de demandeurs d’emploi, CV en main, animait les locaux de Food’in, bâtiment totem du secteur de l’agroalimentaire en Vaucluse, ce lundi 3 novembre. Et ce, pour rencontrer cinq entreprises du secteur dans le cadre d’un Brunch de l’emploi organisé par France Travail avec Aria Sud, l’Apec et Ocapiat, trois structures travaillant sur le sujet, afin de « répondre aux besoins en recrutement », précise Coralie Benito, directrice des opérations chez Aria Sud (Association régionale des industries alimentaires). Cela dans un cadre plus détendu, avec un stand de produits locaux des entreprises participantes à la démarche, à savoir les compotes Charles & Alice, les Ateliers Bio de Provence, Ressources ou encore Bigard. Et ce, pour des postes variés tels qu’opérateur de production, conducteur machine, conducteur de ligne, approvisionneur, préparateur de commandes, technicien qualité ou encore responsable QHSE (Qualité, Hygiène, Sécurité, Environnement). L’initiative est une première dans le genre. « On le teste chez nous et on le dupliquera selon le succès, mais cela s’annonce bien », poursuit Coralie Benito.

    Attractivité

    L’initiative était la première d’une semaine nationale entièrement dédiée à l’emploi dans le secteur avec une vingtaine de rendez-vous dans les environs. « Il y a plus de 500 emplois à pourvoir dans la région. L’agroalimentaire est le deuxième recruteur en France. Lorsque l’industrie agroalimentaire recrute une personne, elle crée 2,5 emplois dans le reste de l’économie régionale. Les industries agroalimentaires ont besoin de recruter pour des emplois saisonniers comme des emplois durables », confie Michèle Lefèvre, experte régionale en agroalimentaire chez France Travail. « C’est aussi une manière de rendre ces métiers plus attractifs, de mettre un coup de projecteur, car ils ne sont généralement pas vraiment connus du grand public. Alors que ce sont eux qui permettent de nourrir la plupart d’entre nous », enchaîne Sabine Cano, animatrice régionale chez Ocapiat, organisme qui accompagne les entreprises du secteur.

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