Category: economie

  • Hydrogène, fret : le port de Sète se modernise

    Hydrogène, fret : le port de Sète se modernise

    Sète est une île singulière mais son port (maritime, pêche, plaisance), est loin d’être isolé. 18 ans après en avoir acquis la gestion auprès de l’État, la Région Occitanie poursuit la modernisation et la décarbonation du plus grand port d’Occitanie.

    Depuis l’arrivée de Carole Delga (PS) à la tête de la Région en 2016, pas moins de 600 millions d’euros ont déjà été investis avec les partenaires privés (290 ME). Ils ont déjà permis la réfection des quais (H, Mailhol), la rénovation du môle Masselin, la modernisation de la Criée ou la réhabilitation du canal du Rhône à Sète. Résultat : un trafic doublé (6 millions de tonnes de marchandises), un chiffre d’affaires d’un milliard d’euros et plus de 2 300 emplois au lieu de 1 500 en 2015.

    À en croire la présidente de Région, qui prévoit de réinjecter 150 millions d’euros dans les ports d’ici 2030 et créer 200 emplois directs, ce n’est que le début. Avec la livraison de l’usine de transformation d’hydrogène vert et l’éolien flottant à Port-la-Nouvelle (Aude), le développement du port de Sète-Frontignan forme un binôme qui s’inscrit dans une « stratégie portuaire globale cohérente » qui doit participer à l’objectif que l’Occitanie devienne la première région d’Europe à énergie positive d’ici 2050. « La transition énergétique n’est pas une contrainte mais une opportunité pour inventer le port de demain et réindustrialiser notre pays », abonde Philippe Malagola, président du port.

    Le 25 novembre, la triple inauguration a été célébrée comme un tournant. D’abord Sète s’est dotée d’une drague Hydromer capable de nettoyer les ports et petits bassins de plaisance jusqu’à 36 mètres de profondeur. Construit à Concarneau, le navire de 70 mètres de long peut transporter jusqu’à 1 500 m3 de sédiments. En service depuis un an déjà, la drague a récupéré 440 000 m3. Il s’agit d’une « drague hybride à hydrogène au top des normes environnementales », se félicite le capitaine David Lenoble. Pour amortir son coût essentiellement financé par la Région (26,75 millions d’euros sur 30), la drague sera louée 3 mois de l’année à d’autres ports de la façade méditerranéenne.

    22 500 camions de moins

    Dès l’été 2026, un dispositif hydrogène (produit à Port-la-Nouvelle) sera implémenté à la drague, d’où « une réduction de 25% des émissions de gaz à effets de serre », se réjouit Carole Delga. Un outil complémentaire de l’électrification des quais H, G et du môle Masselin (7 millions d’euros). En attendant d’équiper le quai d’Alger pour raccorder les navires de croisière, ce sont déjà 4 800 tonnes de CO2 évitées chaque année, soit l’équivalent des émissions de 1 800 foyers. « L’électrification des quais sera obligatoire en 2030, on a 5 ans d’avance », insiste Carole Delga.

    Enfin, le port de Sète-Frontignan s’est doté pour 19,4 millions d’euros d’un nouveau terminal ferroviaire. Grâce à la technologie française Modalohr, le chargement horizontal permet de se passer de grues. Autant de gain de temps et de coûts. Gérée par VIIA, l’infrastructure permettra de transporter 22 500 semi-remorques entre Sète et Calais au lieu de 15 000 jusqu’ici (objectif à terme : 40 000/an). Un report modal vers le fret ferroviaire qui, là encore, limitera les camions sur les routes et éliminera 30 000 tonnes de CO2 dans l’atmosphère. Un dispositif innovant qu’est venu saluer le nouveau patron de la SNCF, Jean Castex. L’occasion pour l’ancien Premier ministre de rappeler qu’en 2020, il avait accordé dans son plan de relance « des crédits » sur les mobilités, « en particulier le fret ».

  • Au Sitevi, à Montpellier, la solution miracle de l’arrachage

    Au Sitevi, à Montpellier, la solution miracle de l’arrachage

    À l’occasion de la tenue du Sitevi (Salon international des filières vitivinicoles), qui se déroulait à Montpellier du 25 au 27 novembre, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard était attendue de pied ferme par les viticulteurs pour répondre à la crise que traverse le secteur. En effet, dix jours plus tôt, entre 4 000 et 7 000 vignerons avaient exprimé leur colère dans les rues de Béziers. La veille de l’inauguration du salon, la locataire de la rue de Varenne s’était entretenue avec les représentants syndicaux afin de présenter un énième paquet de mesures pour relever la viticulture française.

    Au premier rang desquelles une enveloppe de 130 millions d’euros destinés à l’arrachage. « La viticulture française souffre à la fois de surproduction et de déconsommation, ce qui est source de grands déséquilibres économiques. Il nous faut donc, dans certaines régions, pas partout, diminuer le potentiel de production », souligne Annie Genevard. 70 millions devraient être déployés en 2026, « on fera à ce moment-là une première évaluation pour déployer le reste ensuite », poursuit la ministre, faisant valoir le fait qu’il « n’y a absolument aucun doute sur la somme sur laquelle le gouvernement s’est engagé ». À deux conditions néanmoins : un budget doit être adopté par les parlementaires et le « paquet vin » -permettant l’arrachage- doit être validé par l’UE.

    Suspendus à Bruxelles

    « Ce dispositif d’arrachage était attendu par une grosse partie de la viticulture, notamment ceux qui sont à bout et ceux qui doivent se restructurer », se félicite Jérôme Despey, numéro 2 de la FNSEA et président de la Chambre d’agriculture de l’Hérault. Le dispositif devrait concerner 34 000 hectares dans toute la France. Si la FNSEA semble satisfaite de cette principale mesure, c’est un tout autre son de cloche du côté de la Coordination rurale (CR). « On poursuit une solution qui ne fonctionne pas depuis des années et qui coûte beaucoup d’argent, c’est encore un pansement sur une hémorragie », soutient Laurent Crouzet, coprésident de la CR34, craignant « ne pas être au rendez-vous quand le marché va reprendre, laissant plus de place aux importations ».

    À cela s’ajoutent 15 millions d’allègements de cotisations ainsi qu’une demande de fonds européens pour la distillation de crise. Comme souvent, les viticulteurs se retrouvent tributaires de Bruxelles. « Cela nous permettrait de répondre aux difficultés géopolitiques, comme les taxes Trump ou encore le conflit avec la Chine. Nous avons besoin immédiatement de cette réponse de l’UE. On n’est pas au rendez-vous », reprend Jérôme Despey. Une manière, selon lui, de faire remonter les prix en aval du fait « de ce plan qui élimine les excédents. J’appelle à la responsabilisation de la part des metteurs en marché et de la distribution. » Après la main invisible, la bouteille invisible ?

  • Des investissements sans précédent pour le port

    Des investissements sans précédent pour le port

    En amont du conseil de surveillance du Grand port maritime de Marseille (GPMM) qui s’est déroulé ce jeudi, son président, Christophe Castaner et Hervé Martel, président du directoire du GPMM, ont dévoilé à la presse le projet stratégique Marseille-Fos 2025-2029. Une feuille de route qui trace les orientations de la structure pour les prochaines années. « Notre objectif c’est faire en sorte que le port de Marseille soit un acteur incontournable du commerce méditerranéen », campe Christophe Castaner.

    Plus d’un milliard d’investissements à venir

    Et dans cette optique, les deux présidents annoncent des investissements plus que massifs. « On est sur un niveau d’investissement sans précédent qu’on situe entre 1 milliard et 1,3 milliard dans les 4-5 ans qui viennent », explique Christophe Castaner, précisant que « sur les 5 années précédentes, la réalité d’investissement était de 340 millions d’euros ». Hervé Martel abonde : « On est passé de moins de 250 millions à 340 millions puis à 1 milliard. Vous voyez la croissance exponentielle. » Des montants inédits pour le GPMM avec « des acteurs privés qui prennent part à ce projet de territoire ».

    Renforcement des trafics

    Et qui dit investissements massifs, dit projets massifs à venir. « On va étendre le terminal à conteneurs du premier armateur mondial », annonce Hervé Martel, qui évoque une « dynamique de développement commune avec MSC ». C’est le fameux projet Fos 3XL qui implique 450 mètres de quai supplémentaires, extension de terre-plein etc. Une « opération à 220 millions d’euros très structurante », insiste-t-il. « Ça permettra d’accoster deux très gros navires et d’avoir un quai public pour les barges », Le tout, « pour faire face aux besoins et ça nous donne une capacité à très long terme pour faire plus de conteneurs ». Dans cette lignée, le GPMM avance aussi sur les zones logistiques Feuillanne Nord et ZSP2 (Zone de services portuaires), à l’arrière des terminaux. On parle de plusieurs centaines d’hectares « d’entrepôts qui vont pouvoir sortir de terre dans les années qui viennent ».

    Connexion ferroviaire et fluviale

    Autre sujet d’importance : « L’interface port-fleuve et port-rail sera considérablement améliorée », promet Hervé Martel. Et Christophe Castaner espère faire du GPMM « la porte d’entrée d’un hinterland élargi » ciblant notamment l’axe MeRS (Méditerranée, Rhône et Saône). En lien avec cette question de la desserte du port via le rail, Hervé Martel insiste sur « le dynamisme du trafic de remorque ». « Il y a du travail pour structurer le roro [trafic roulier, c’est-à-dire le transport de marchandises roulantes voitures, poids lourds, remorques Ndlr] ». Dans ce cadre, « on travaille à des connexions ferroviaires pour les bassins Est », poursuit Hervé Martel. Plus globalement, le GPMM table sur 25% de part modale du ferroviaire pour les conteneurs d’ici 2040, et 11% de part modale de fluvial. Côté route, le port est aussi partie prenante dans le contournement routier de Martigues-Port-de-Bouc.

    Des questions de dialogue

    Enfin, les deux présidents insistent sur « le rapport ville-port ». Un exemple de la bonne volonté affichée : « La saison prochaine, on branchera les navires de croisière. » Le GPMM entend aussi avancer sur l’interface avec « l’aboutissement d’un projet d’une nouvelle gare maritime Corse commune aux deux armateurs ». Le tout, en lien avec le projet Phare, la rénovation du siège du GPMM à la Joliette. Pour le J4, « on a décidé d’en assurer nous-mêmes la maîtrise d’ouvrage », précise Hervé Martel. Et le J1 « est sur les rails ». Castaner loue « une révolution spatiale » quand Hervé Martel souligne « une vraie rupture sur la relation de territoire à Marseille ». Autre aspect de ces questions de rapports sociaux : le dialogue social. Et notamment avec la CGT suite à la présentation de sa feuille de route, la semaine dernière. « La CGT a fait une communication sur ses attentes pour ce projet stratégique, on s’y retrouve globalement même s’il y a des critiques et remarques qu’on ne partage pas », conclut Christophe Castaner.

  • Un colloque juridique pour concilier réindustrialisation et environnement

    Un colloque juridique pour concilier réindustrialisation et environnement

    C’est une première. « Les rencontres de droit et procédure administratives existent depuis longtemps, on est à la 23e édition », précise maître Benjamin Hachem, mais « le partenariat entre le barreau de Marseille, les juridictions administratives et l’institut Robert-Badinter est inédit ».

    Florence Noire, magistrate et représentante de cette dernière organisation, explique : « Le sujet de la réindustrialisation et des enjeux environnementaux nous paraissait être extrêmement important dans l’actualité, et dans l’actualité juridique et contentieuse. » « L’actualité nous a rattrapés, avec la feuille de route pour le développement de Fos et des décisions qui doivent être prises au niveau de l’État vis-à-vis de la ligne haute tension, confirme Benjamin Hachem. On se rend compte qu’on est à un moment décisif au niveau régional et que ces enjeux dépassent le territoire et sont nationaux. »

    Autre nouveauté : le colloque ne se limite pas au champ des acteurs juridiques. « L’idée c’est de proposer une rencontre opérationnelle entre les acteurs du droit, le monde économique et les associations de protection de l’environnement, précise la magistrate. (…) On oppose souvent industrie et environnement mais l’objectif c’est de faire dialoguer des acteurs dont on peut penser qu’ils sont diamétralement opposés dans leurs missions pour transcender la discussion. »

  • Ineos : la CGT dénonce un effet d’annonce sur les 250 millions

    Ineos : la CGT dénonce un effet d’annonce sur les 250 millions

    De la « poudre aux yeux ». C’est ainsi que la CGT qualifie l’annonce d’Ineos, qui, le 19 novembre, a officialisé un programme d’investissement de 250 millions d’euros, soutenu par le gouvernement français, pour régénérer et moderniser son site martégal. Le groupe pétrochimique n’était pas entré dans les détails, mais expliquait que cette somme financerait « plusieurs projets, principalement liés aux unités de Lavéra, majoritairement le craqueur, l’usine de Sarralbe et à la logistique associée ».

    Daniel Bretonès, secrétaire général CGT Inéos-Lavéra, affirme : « De A à Z, c’est que du vent, il n’y a rien de plus que nos budgets habituels. Plus de la moitié, 130 millions exactement, est dédiée au grand arrêt qui est en cours. Une autre partie est en fait le budget de maintenance pour l’année prochaine, mais il est réduit de 10% par rapport à l’exercice précédent. Le reste est partagé sur les unités chimiques françaises d’Ineos. »

    Réduction des coûts

    Le groupe confirme « qu’une partie de cet investissement couvre des projets réalisés pendant le grand arrêt en cours », précisant néanmoins : « Cela s’inscrit dans le cadre global du programme de modernisation. » Pour le reste, il poursuit : « Il ne s’agit pas d’un budget de maintenance, mais de dépenses d’investissement en Capex, c’est-à-dire des investissements réalisés pour moderniser sur le long terme nos actifs. » Le groupe assure que « les projets prévus incluent des équipements nouveaux », sans toutefois détailler lesquels.

    Pour Daniel Bretonès, Ineos fait en réalité du lobbying. « Ils veulent se faire payer une partie de leurs investissements et de la décarbonation par l’État, et mettre la pression en disant “regardez, on fait ce qu’on peut pour maintenir l’emploi”. » Dans son communiqué, le groupe faisait en effet savoir que « les phases futures du programme de modernisation de Lavéra permettront de réaliser de nouveaux gains d’efficacité et des réductions majeures de CO2, mais nécessiteront un soutien supplémentaire de l’État français ».

    Daniel Bretonès indique par ailleurs que lors du dernier Comité social économique, la semaine dernière, la direction « a annoncé une politique de réduction des coûts, avec une réorganisation et des suppressions de postes ». À Naphtachimie, 12 postes organiques seraient concernés. « C’est du non-remplacement, il n’y a pas du licenciement, précise le secrétaire général CGT. Le plus gros impact va être sur les assistances techniques, qui sont les sous-traitants qui travaillent pour nous à temps plein. 65% de leurs postes vont être supprimés, alors qu’ils sont primordiaux pour la bonne marche de nos unités. » À ce sujet, Ineos répond simplement maintenir « une discipline financière stricte pour préserver sa compétitivité ».

  • Le Medef Sud interpelle les élus de la région

    Le Medef Sud interpelle les élus de la région

    Le combat de Stéphane Benhamou, président du Medef Sud, contre « la folie budgétaire » se poursuit. « Il y a une véritable fracture des élus de l’Assemblée nationale et la société civile. Il y a eu une confiscation fiscale pendant les débats. Ce n’est plus acceptable », dénonce-t-il, lors de sa conférence de presse mensuelle, ce mardi à Marseille.

    Il rappelle que le Medef Sud est vent debout contre les « 53 milliards d’impôts supplémentaires qui ont été votés ». « Après avoir mobilisé l’ensemble des fédérations, organisations patronales du territoire, nous allons les recevoir les élus […] pour les écouter et leur faire part de nos positions », développe-t-il. Des rendez-vous sont déjà prévus dans le Var, Hautes-Alpes et Alpes-Maritimes d’ici la mi-décembre avec « tous les députés du territoire de tous les partis ». « Ils vont venir pour un débat à l’union patronale du Var. On a déjà des députés du Rassemblement national de prévu, d’Ensemble pour la République mais c’est silence radio pour les élus les Républicains pour l’instant », précise-t-il. Il appelle aussi les entrepreneurs à s’engager en vue des élections municipales pour « faire valoir la prééminence de l’activité économique » dans les débats et défendre « une approche sociale libérale et humaniste » de la société. Y compris sur des listes RN ? Il assure que « le rejet de l’autre, c’est pas pour nous ».

  • Var Tourisme présente son plan d’attaque pour 2026

    Var Tourisme présente son plan d’attaque pour 2026

    La principale période d’afflux touristique terminée, l’heure était au bilan et surtout, aux projections pour Var Tourisme et les acteurs locaux du secteur, qui représente « 100 milliards d’euros en France, soit 5 points de PIB », insiste Jean-Louis Masson, président du Département et de la commission tourisme des Départements de France.

    Ce secteur concerne particulièrement le Var, première destination touristique nationale avec un record de 83 millions de nuitées en 2024, dont devrait s’approcher le cru 2025. Cela grâce au renforcement du tourisme quatre saisons, qui va se poursuivre en 2026 : « On a capitalisé sur nos marchés prioritaires, mais on déploie un plan d’actions ambitieux pour ouvrir les perspectives », introduit Anthony Matteuzzi, directeur adjoint de Var Tourisme.

    Une stratégie

    en six piliers

    Comme en 2025, Var Tourisme a défini une stratégie en six piliers. Le premier consiste à « structurer », à partir du « lien de confiance institutionnel au profit des acteurs privés », définit Martine Felio, directrice de Var Tourisme. À ce titre, plusieurs baromètres (prix, hospitalité, agritourisme…) vont être mis en place pour modeler l’offre, avec deux axes prioritaires : les activités de pleine nature et le luxe.

    Le deuxième, « fédérer », place au centre le réseau d’acteurs Destination Var, afin de valoriser l’offre à travers 550 sites annualisés. Un guide et trois rencontres verront le jour, avec, notamment, les premières assises départementales du tourisme en avril.

    Après avoir fédéré, il faut « séduire ». La communication va être renforcée et un accent sera mis sur le patrimoine. Enfin, la campagne « Le Var, l’unique : 365 jours de bonheur » sera diffusée via la presse et la publicité.

    Le quatrième pilier, « amplifier », implique de « renforcer la visibilité auprès des Franciliens, soit 25% de la clientèle française », précise Martine Félio, grâce à une présence accrue à Paris, via des événements et deux chartes : une pour attirer les télétravailleurs sur des lieux de vacances et une autre pour structurer une offre spécifique LGBT.

    Les deux derniers points, « préserver » et « renouveler », font appel aux échanges. Pour le premier, avec les territoires frontaliers, notamment les Alpes-Maritimes, avec le projet de géoparc, et les Alpes-de-Haute-Provence autour des voies cyclistes du Verdon. Pour le second, il s’agira d’élargir l’influence à d’autres milieux en étant présent sur des événements (Salon de la plongée de Paris, Salon de l’agriculture, Salon du randonneur à Lyon…). Et pour la première fois, sur trois missions fédérées avec les acteurs touristiques, aux États-Unis en mai, en Scandinavie en juin et en Italie en décembre. Var Tourisme se rendra également, en son nom, en Europe de l’Est en février.

  • [Entretien] Daniel Margot : « L’économie est tendue mais la région est résiliente »

    [Entretien] Daniel Margot : « L’économie est tendue mais la région est résiliente »

    La Marseillaise : Quel état des lieux faites-vous de l’économie régionale ?

    Daniel Margot : L’économie régionale, est résiliente. Par rapport à d’autres régions de France que l’on voit en plus grande difficulté que la nôtre, elle est résistante. On a quand même un tissu de PME qui sait rester agile, qui sait se remettre en cause et réagir. On a aussi un conseil régional autour de Renaud Muselier qui a planté des vrais sillons sur le territoire autour du tourisme, des nouvelles technologies comme l’intelligence artificielle, mais aussi des industries qui sont anciennes, tout en étant aussi des industries du futur. Je pense à la pétrochimie par exemple à l’étang de Berre où il y a un grand plan de décarbonation. Je dirais que l’économie est quand même tendue, mais que la région est résiliente.

    Les dernières projections
    de la Banque de France parlent d’un report d’investissement
    des donneurs d’ordre… Vous
    vous inquiétez des politiques d’austérité
     ?

    D.M. : Globalement, le manque de visibilité et de clarté du gouvernement est inquiétant. C’est quelque chose qui inquiète les entrepreneurs, même s’il y a 48 heures, il y a eu le « Choose France » qui annonce plusieurs milliards d’investissements en France dont deux milliards dans la région sud. Ce sont potentiellement les très grosses entreprises qui tirent ces investissements. Par contre, notre tissu de TPE, PME, qui n’a pas accès à ce grand type d’investissement, a besoin de clarté sur les politiques nationales de façon à ce qu’on puisse faire deux choses : investir sur l’outil, mais aussi embaucher. Parce que c’est bien beau d’investir sur un outil, mais s’il n’y a pas l’embauche derrière, ça ne sert pas à grand-chose.

    Vous parlez d’intelligence artificielle et d’embauche.
    On assiste aussi à une arrivée massive de data centers dans les Bouches-du-Rhône. Est-ce que cette évolution vous interpelle
     ?

    D.M. : Oui et non. On dit souvent qu’il y a des métiers qui vont disparaître, que 60% des métiers n’existent pas encore. Mais on n’en est qu’au début de l’intelligence artificielle. Donc laissons-la arriver et il faut qu’on la contrôle. Par contre, ce qu’il nous faut, c’est avoir la capacité de former nos collaborateurs, ceux qui sont en place et en poste actuellement. Parce que les jeunes qui vont être dans les cursus scolaires vont être formés à l’intelligence artificielle, vont s’adapter à ces nouveaux métiers. Mais ceux qui sont en place et qui ont aujourd’hui 30 ou 40 ans et ont encore une trentaine, ou vingtaine d’années, à travailler doivent se former. Et là, se repose la question de la formation continue, de la formation initiale par alternance ou, encore une fois, on a un manque de visibilité du gouvernement concernant le financement de la formation continue comme de la formation initiale par alternance, par apprentissage.

    Il y a 120 patrons qui ont lancé
    un ultimatum à l’État pour l’arrivée de la ligne à Très Haute Tension (THT) à Fos, vous appelez à ce qu’elle se fasse
     ?

    D.M. : Bien évidemment, on soutient la création de cette ligne à haute tension qui est vitale pour la décarbonation de Fos et surtout la croissance de l’étang de Berre qui est un poumon économique de l’ensemble de notre région. C’est d’autant plus important que, s’il y a cette ligne haute tension, il pourra y avoir aussi la création d’un pôle hydrogène, la fabrication et le transport d’hydrogène, aussi bien à partir des Alpes-de-Haute-Provence où il y aurait une structure de fabrication d’hydrogène, de stockage et de redistribution vers Fos. Donc oui, les chambres consulaires ont largement participé au débat public sur la ligne THT et soutiennent largement le projet.

    Comment analysez-vous
    la fermeture des Galeries Lafayette à Marseille
    et la situation d’Alinea
     ?

    D.M. : Il y a un changement notoire dans nos consommations avec les commandes sur les plateformes, qui font énormément de mal aux commerces de proximité, mais aussi aux grandes enseignes multimarques. Vous avez cité les Galeries Lafayette, c’est un exemple, mais aujourd’hui, on peut tout commander sur les plateformes et on peut être livré en 24-48 heures ou 72 heures. Ça fait énormément de mal.

    L’État doit repenser des taxes d’entrée sur les colis, sur la conformité. On ne peut pas vendre tout et n’importe quoi et n’importe comment sur les plateformes parce que sinon, on n’arrivera pas à maintenir des commerces de proximité, que ce soit en centre-ville ou dans les zones commerciales. Elles sont aussi menacées.

    Des coupes budgétaires
    sont prévues chez les missions locales, l’Afpa, et une baisse
    des aides aux contrats d’apprentissage… Vous appelez
    à un maintien de ces aides
     ?

    D.M. : Pour nos partenaires que vous avez cités, la problématique est la même que pour les CCI et le PLF de 2026. Effectivement, la mission locale réagit, parce qu’ils vont perdre 13% des financements de l’État. Nous, pour les réseaux des CCI, on parle d’une chute de 30% des dotations. C’est-à-dire qu’aujourd’hui, on touche, pour la France entière, 525 millions d’euros. Je rappelle quand même que la CVAE [Cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, Ndlr] prélève 1,5 milliard d’euros au niveau des entreprises, mais que l’État n’en reverse que 525 millions aux CCI. Ce milliard qui disparaît, j’appelle ça des frais de gestion d’un point de vue humoristique. Mais sur ces 525 millions, ils veulent nous en enlever 175 millions, ce qui représente pour nous, au sein des 14 000 salariés des CCI, plus de 3 000 collaborateurs à licencier. Et pour la CCI Régionale, où il y a 800 à 850 équivalents en temps plein, ça laisserait entendre entre 200 et 250 licenciements. Alors peut-être que certaines grosses chambres peuvent se réorganiser, mais des chambres dites rurales, à partir du moment où on leur enlève 30% de leur taxe de fonctionnement de chambre, elles ne peuvent plus fonctionner. Parce que contrairement aux grandes chambres, on n’a pas de port, on n’a pas d’aéroport, on n’a pas de grosses délégations de services publics, parce qu’il n’y en a pas, tout simplement, sur le territoire.

    Si demain matin, nous arrivions à un PLF 2026 avec moins 175 millions d’euros de dotation, il y aurait effectivement toute une frange des entreprises qui ne seraient plus accompagnées.

    Il y a des questionnements sur une fusion des CCI et des chambres de métier et d’artisanat (CMA). Et la chambre de l’économie sociale et solidaire (Cress) qui revendique d’être
    de plein exercice. Il faut un travail sur les chambres ?

    D.M : En 2018, j’ai été élu pour la première fois à la chambre du 04, des Alpes-de-Haute-Provence. Et j’avais rencontré le ministre de l’époque, Bruno Le Maire, et je lui avais parlé du rapprochement CCI-CMA. À l’époque, on m’avait répondu que ce n’était pas électoral. Aujourd’hui, on me répond « Ah, il faut le faire, c’est économique ». Moi, je ne suis pas forcément pour une fusion, un agrégat des deux. Par contre, une logique de guichet unique, une logique de bâtiment unique, une logique de carte de formation repensée pour faire des économies d’échelle. Moi, ça va faire partie de la feuille de route de nos territoires que de travailler plus intelligemment et plus efficacement avec la CMA. Concernant la Cress, oui, l’économique sociale et solidaire existe. Est-ce qu’elle doit bénéficier d’une chambre, je dirais, spécifique avec l’état de la finance publique ? Je ne sais pas si c’est intelligent ou s’il vaut mieux travailler tous ensemble sur une chambre économique et pas forcément une chambre de commerce, une chambre de métier, une chambre sociale et solidaire…

  • Premières amendes pour les meublés illégaux à Marseille ?

    Premières amendes pour les meublés illégaux à Marseille ?

    C’est un rendez-vous attendu dans la lutte engagée par la Ville de Marseille contre les locations « sauvages Airbnb ». 6 000 meublés touristiques seraient exploités en violation de la loi dans la 2e ville de France où 12 937 meublés touristiques ont été identifiés par les services municipaux en 2024.

    Le Ville assigne ce lundi quatre propriétaires et multipropriétaires devant le tribunal judiciaire pour ne pas avoir respecté la réglementation en louant des logements de courte durée sans autorisation. Depuis avril 2025, une compensation est imposée pour tout changement d’usage et la location des résidences principales limité à 90 jours.

    Retour à l’usage d’habitation

    Les amendes réclamées ici se veulent exemplaires. Au 31, rue Barthélémy (1er), deux appartements ont été transformés en neuf meublés touristiques en violation du code de la construction et de l’habitation. Chiffre d’affaires en huit mois : 80 000 euros. Dans ce dossier, le gestionnaire de location, Lovely Keys est poursuivi pour absence de déclaration, numéros d’enregistrement frauduleux et non-transmission des données prévues par le code du tourisme. La Ville réclame 900 000 euros au propriétaire, 250 000 euros à Lovely Keys, et le retour à l’usage d’habitation sous astreinte de 5 000 euros par jour…

    Dans le 2e arrondissement, au 54 rue Sainte-Françoise, ce sont trois appartements qui sont dans le viseur. « Leur location répétée à une clientèle de passage établie par constats et documents fiscaux » a généré 128 000 euros entre 2021 et 2024 pour cet investisseur, juge au tribunal de commerce. La Ville réclame 300 000 euros d’amende et le retour à l’usage d’habitation.

    Elle lui en réclame encore 100 000 pour avoir loué en meublé touristique un duplex, la porte à côté. L’homme est aussi poursuivi pour deux cabanons à Malmousque et trois meublés rue Consolat… Rue Vacon (1er), enfin un couple est poursuivi pour un meublé non déclaré. Ici l’immeuble était en péril…

  • La CGT dévoile sa vision pour l’avenir de l’outil portuaire

    La CGT dévoile sa vision pour l’avenir de l’outil portuaire

    Un port à la croisée des chemins

    Comme un symbole, c’est dans l’espace « Les Rotatives » du journal La Marseillaise que la CGT du Grand Port Maritime de Marseille (GPMM-Fluxel) a dévoilé sa feuille de route pour l’avenir de l’activité portuaire, ce vendredi. Une présentation qui ne vient pas de nulle part : l’outil industriel incontournable de la cité phocéenne est en pleine mutation au niveau des trafics traités (voir chiffres ci-contre). Et les « discours hostiles aux activités portuaires » refont surface à l’approche des élections municipales. D’où un « document travaillé » avec le cabinet d’expertise comptable Secafi, d’une quinzaine de pages avec des analyses « par bassin » et qui aborde tous les aspects du GPMM : Du J4 à Port-Saint-Louis-du-Rhône. Objectif in fine : « Redonner une perspective industrielle et sociale au port, avec une politique ambitieuse. On refuse que son avenir se décide sans les travailleurs », campe Pascal Galéoté, le secrétaire général de l’organisation. Avant de prévenir : « On partage l’idée de la décarbonation, mais les enjeux environnementaux doivent être inscrits dans un calendrier qui ne pénalise pas l’emploi. » Le tout, alors que le projet stratégique du port doit être validé la semaine prochaine au conseil de surveillance du port. En bref, une CGT à l’offensive pour un port sur le devant de la scène industrielle, « loin des orientations du tout tourisme ou d’une transformation en port-musée ». Avec une première revendication majeure : « Pour une tonne industrielle perdue, une tonne d’un relais de croissance doit pouvoir émerger. »

    Un pont entre

    les peuples

    Dans le viseur de l’organisation syndicale : « La préservation d’activités dans les bassins Est » et la « sanctuarisation du domaine maritime ». « Il faut maintenir des espaces pour que les bateaux, notamment de passagers, puissent continuer à arriver », développe Pascal Galéoté. Il met en garde contre « la concentration des activités dans le nord » et une forme de « congestion des flux », par exemple autour de la porte 4. D’où un rappel que le GPMM est « un pont entre les peuples » symbolisé par les traversées vers la Corse et le Maghreb. Autre position de l’organisation sur un sujet plus qu’épineux : les croisières. Une activité que la CGT appelle à « encadrer » mais « pas à supprimer ». « Cela représente plus de 250 millions d’euros de retombées pour la ville », insiste Pascal Galéoté. Et pour les croisières comme le transport de passagers : « Ces activités doivent s’appuyer sur des infrastructures modernisées, on doit améliorer l’accueil », insiste le secrétaire général. Dans ce cadre, la CGT GPMM rappelle son attachement aux délégations de services publics (DSP), notamment pour la desserte de l’île de beauté. Et donc son soutien aux marins dans ce combat.

    La réparation navale

    et la roro essentielles

    « L’activité remorque, c’est-à-dire la roro, est essentielle. Il y a là une opportunité qu’on doit saisir pour les bassins est », explique Pascal Galéoté. Pour rappel, il vise là un type d’activité où la marchandise est chargée en roulant par une rampe à l’arrière, notamment pour les remorques de camions, appelé la roro dans le jargon (pour roll on et roll off). Autre sujet majeur pour la CGT : « L’évolution de la réparation navale depuis 15 ans. Aujourd’hui, on a un outil brillant et performant. » De quoi rappeler que le maintien, et le développement, de la réparation navale vient directement des mobilisations des travailleurs et de la CGT. Et elle est toujours à l’ouvrage : « Il faut mieux intégrer la réparation navale dans les enjeux maritimes internationaux afin d’en faire un véritable hub méditerranéen. »

    Un besoin de report modal et de branchements

    En lien avec l’acheminement des remorques, la CGT insiste sur le besoin vital « d’un report modal avec des voies ferrées ». Un point « qui demande des investissements mais qui permettrait d’améliorer la circulation sur le port et la qualité de l’air ». Et qui est en lien direct avec les questions de la place du port dans la ville : « La fermeture de la gare du Canet a précipité l’arrivée de trains sur Miramas mais le dernier kilomètre se fait par camion jusqu’au port. » Et Pascal Galéoté hausse le ton : « Il faut contraindre les entreprises et opérateurs à utiliser ce moyen de transport. » Concrètement, la CGT revendique le maintien de cinq faisceaux ferroviaires. Dans cette lignée, l’organisation note aussi l’importance des branchements à quai : « On s’en réjouit : Cela montre que parfois la décarbonation peut amener des améliorations techniques et créer de l’emploi. » Mais elle précise que, là encore, ça nécessite « des recrutements supplémentaires et des formations ».

    Un avenir « serein » pour les bassins Ouest

    Autre point de vigilance de l’organisation : l’avenir industriel des bassins Ouest. « Ils doivent envisager l’avenir dans la sérénité, il faut une accélération significative des projets structurants destinés à renforcer les activités portuaires », tonne Pascal Galéoté. Son organisation revendique notamment « la création de la Zone de service portuaire 2 » et le développement de la plateforme logistique Distriport 2 en vue d’accueillir au mieux les projets en lien avec la décarbonation industrielle de la zone de Fos. La CGT fait aussi part de « son inquiétude » pour l’avenir d’ArcelorMittal à Fos-sur-Mer. Et de sa volonté de la finalisation de la ligne Très haute tension qui « conditionne » l’avenir du bassin d’emploi. Dans cette lignée, la CGT appelle à « redéfinir la feuille de route » de Fluxel, la filiale hydrocarbure du GPMM, par exemple en « diversifiant l’activité avec la filière de la chimie verte ». Mais Pascal Galéoté insiste : « Avec un maintien du statut public de Fluxel. » Tout un programme donc.