Category: economie

  • 1,8 milliard pour la desserte de la région Sud

    1,8 milliard pour la desserte de la région Sud

    Le dernier tour de piste de Georges-François Leclerc aura été auréolé de succès. Ce lundi 3 novembre, le préfet de Région, bientôt directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, a signé l’avenant du contrat de plan État-Région (CPER) 2023-2027 qui porte les engagements des deux parties à 1,1 milliard d’euros pour atteindre 1,8 milliard d’investissements dans les transports du territoire, aux côtés de la Métropole, des Départements des Hautes-Alpes et des Bouches-du-Rhône ainsi que quelques privés. À ses côtés : le ministre des Transports Philippe Tabarot (LR), le président de la Région Sud Renaud Muselier (Ren), la présidente du Département des Bouches-du-Rhône et de la Métropole Martine Vassal (DVD) et le président du Département des Hautes-Alpes Jean-Marie Bernard (LR).

    Renaud Muselier salue cette somme « historique ». « C’est un contrat record boosté par les Jeux olympiques d’hiver qui va nous permettre d’accélérer le développement des transports régionaux », affirme-t-il. Et ce, principalement dans les Alpes, les Bouches-du-Rhône – qui capteront près de 50% des investissements, notamment dans le golfe de Fos-sur-Mer, « mais aussi plus largement dans tous les départements de la région ».

    Le CPER fait la part belle au rail, avec 47 millions d’euros dédiés au fret ferroviaire et 562 millions d’euros alloués à la partie voyageurs. « C’est une révolution pour tous les déplacements de la région, vous allez avoir des lignes rapides entre Marseille et Menton, des lignes de Marseille à Briançon en 3h40 au lieu de 5 heures, mais aussi des RER métropolitains sur Avignon, Marseille ou encore Nice avec un train toutes les dix minutes », détaille Renaud Muselier.

    Si le chantier principal reste la modernisation de la ligne ferroviaire des Alpes (voir ci-contre), qui devra être livrée avant 2030 avec l’échéance des Jeux olympiques d’hiver, le CPER permet aussi de traiter des « dossiers qui traînent depuis près de 50 ans », admet Renaud Muselier, comme le contournement autoroutier de Martigues et de Port-de-Bouc.

    Une condition au développement industriel

    Sur les 293,7 millions d’euros consacrés au volet routier, 167 millions iront à ce projet tant attendu par les habitants, mais aussi par le monde économique. Les maires concernés Gaby Charroux (PCF) et Laurent Belsola (PCF) disent leur satisfaction : « C’est un grand soulagement pour nos populations qui sont traversées par la RN 568 », confirme l’édile de Port-de-Bouc. D’un point de vue de la sécurité, d’abord, mais aussi du cadre de vie, puisque près de 1 500 habitants sont actuellement exposés à des nuisances sonores, dont plus de 800 à des niveaux critiques. « On cherche désormais à faire requalifier la deux voies en boulevard urbain par la Métropole pour pouvoir recoudre et apaiser nos villes », précise Gaby Charroux.

    Les travaux de cette nouvelle route, qui vise à délester l’actuelle voie rapide de près de 40 000 véhicules par jour (sur près de 52 000 en circulation actuellement), dont 4 600 poids lourds, devraient démarrer en 2027 pour une livraison en 2030. L’objectif de ce calendrier : être en mesure d’accueillir les nouvelles entreprises qui souhaitent s’implanter sur la zone industrialo-portuaire de Fos. « C’est une condition qui était nécessaire pour permettre à l’industrie existante de se maintenir, mais aussi pour assurer le développement de l’industrie du futur, explique Jean-Michel Diaz, président du Groupement maritime et industriel de Fos et sa région. Aujourd’hui, aux heures de pointe, il faut 45 minutes pour faire Châteauneuf-les-Martigues/Fos-sur-Mer, ce n’est pas acceptable. »

    Désormais, le représentant du monde économique se concentre sur l’étape d’après, la liaison Fos-Salon, « dont on espère qu’elle arrivera dans des délais raisonnables ». Les études de cette desserte sont en cours et sont inscrites dans le CPER. « C’est un vrai bol d’air pour les industriels car ils sont pris en considération par les acteurs du territoire. » Au-delà des 210 millions d’euros alloués aux routes par l’État et la Région, au total, 636,5 millions d’euros seront investis par les pouvoirs publics dans les années à venir dans des travaux visant à améliorer la desserte de la zone industrialo-portuaire de Fos, pour des mises en service dès 2030.

  • Autopartage : Modulauto étoffe son offre à Montpellier

    Autopartage : Modulauto étoffe son offre à Montpellier

    Lentement mais sûrement, la société Modulauto, spécialiste montpelliérain de l’autopartage, étoffe son offre. Centrée sur la capitale héraultaise, qui concentre l’essentiel de sa flotte, l’entreprise peaufine son maillage régional de véhicules mis à disposition des particuliers et des professionnels avec l’ouverture de 35 nouvelles stations dont 26, d’ici décembre, dans la métropole de Montpellier. « Il s’agit aussi bien de mailler le centre de Montpellier que d’investir des quartiers  », précise le patron de l’entreprise, Olivier de Broissia. « On va par exemple accompagner l’ouverture de la ligne 5 de tramway en allant vers l’ouest et le nord de Montpellier, car on pense que si les gens peuvent utiliser le tramway ou le vélo pour des déplacements quotidiens, ils n’ont plus forcément besoin d’un véhicule individuel  ». Dans la même logique, une station Modulauto a été créée gare Sud de France à l’occasion de l’extension de la ligne 1 de tramway, effective depuis le 18 octobre. En parallèle, le parc Modulauto au sein du hub des mobilités du parking de la Comédie passe de 5 à 12 véhicules et devrait atteindre 20 véhicules à la fin de l’année.

    Présent dans l’Hérault essentiellement (Montpellier, Castelnau-le-Lez, Saint-Jean-de-Védas, Lattes, Baillargues, Saint-Gély-du–Fesc, Béziers, Sète, Gignac, Lunel) mais aussi dans le Gard (Nîmes, Vauvert), les Pyrénées-Orientales (Perpignan) ou, dans une moindre mesure, l’Aude (Carcassonne, Narbonne), Modulauto gérera 140 à 150 stations d’autopartage en fin d’année. « À cette date, nous disposerons de 200 véhicules en Occitanie, dont 170 à Montpellier  », annonce Olivier de Broissia. « D’ici 2028, nous ambitionnons d’atteindre une flotte de 300 véhicules dans la métropole de Montpellier, pour rendre notre service accessible au plus grand nombre, à 300 mètres maximum de chez soi.  »

    Petit à petit, la pratique de l’autopartage « en boucle », qui consiste en l’utilisation régulière ou occasionnelle de voitures en libre-service 24h sur 24 restituées à leur point de départ, « se démocratise », selon Olivier de Broissia. « Au départ nos utilisateurs étaient des militants, vivant en centre urbain. Aujourd’hui, on a tout type de clientèles », assure-t-il. L’observatoire annuel de l’Association des acteurs de l’autopartage estime à un million le nombre de Français pratiquant l’autopartage sous toutes ses formes en janvier 2025, soit une augmentation de +11,5% en un an. Concernant Modulauto, « on est passés de 3000 à 4500 utilisateurs Montpellier entre 2023 et 2025. Ils sont 5 000 en Occitanie », indique le PDG. « Nous construisons une alternative crédible à la voiture individuelle », estime Olivier de Broissia, qui confie vouloir se développer encore à Nîmes, Perpignan, Béziers, Sète, en lien avec les hubs de mobilité.

    À noter que les acteurs majeurs français du secteur, dont Modulauto, se réuniront à Montpellier le 4 décembre à l’occasion de la journée nationale de l’autopartage.

  • Emploi : bilan mi-figue mi-raisin au 2e trimestre en Occitanie

    Emploi : bilan mi-figue mi-raisin au 2e trimestre en Occitanie

    Toujours pas de rebond économique notable en Occitanie, qui néanmoins ne s’en sort pas si mal comparé au reste de l’Hexagone. Voilà la tendance issue de la dernière note de conjoncture de l’Insee pour le deuxième trimestre 2025.

    Comme les autres régions, l’Occitanie souffre d’une mauvaise conjoncture. « En France, il n’y a pas de confiance et peu de croissance », résume Katia Le Goaziou (Insee) qui avance deux causes majeures. D’abord le fait que « le protectionnisme des États-Unis [les droits de douane de Trump, Ndlr.] a mis à mal le commerce mondial. La zone Euro est fortement affaiblie ». Ensuite la morosité dans l’Hexagone due à l’impasse politique. Malgré une moindre inflation (+0,8% en août), « les taux d’épargne battent des records. Les ménages ne consomment pas et les acteurs économiques hésitent à investir ». Et la cheffe du service études et diffusion de l’Insee de préciser : « Il existe un attentisme traditionnel avant les périodes électorales, et le contexte budgétaire peut jouer sur les investissements. »

    Malgré tout, l’Occitanie tire plutôt son épingle du jeu. Le second trimestre est synonyme de « léger mieux » côté emploi salarié qui s’accroît de 0,3% (+5 700 emplois), soit 0,1 point de mieux qu’en France. Une légère hausse due à un rebond dans le tertiaire marchand hors intérim (+0,4% ; +3 600 emplois), essentiellement grâce à l’hôtellerie-restauration (+2 400 emplois). L’intérim progresse lui aussi (+1% ; +500 emplois). En revanche, en dépit d’une hausse dans l’aéronautique et le spatial, l’emploi industriel reste stable comme en France et se contracte dans la construction (-0,6% ; -800 emplois). À noter qu’avec les Hautes-Pyrénées (+0,5%) et le Gard (+0,4%), l’Hérault (+0,6%) fait partie des trois bons élèves d’Occitanie.

    Le taux de chômage régional n’en reste pas moins « très élevé » (8,9% contre 7,5% en France) tout en étant stable car « la population active continue d’augmenter en Occitanie », explique François Hild, chargé d’études. La Lozère est épargnée (4,7%) mais les Pyrénées-Orientales conservent leur bonnet d’âne national avec un chômage qui culmine à 11,9%.

    Au deuxième trimestre, l’activité économique régionale est donc relativement stable
    (-0,1%). Elle diminue dans la construction, les services marchands (communication, informatique…), les services immobiliers et aux ménages. L’activité progresse dans les services non marchands et l’industrie, notamment la fabrication de matériel de transports « malgré les difficultés d’approvisionnement d’Airbus », précise François Hild. À noter des disparités : l’Hérault accuse un léger retrait (-0,2%), le Gard un regain (+0,4%).

    Concernant les secteurs d’activité, le tourisme affiche la meilleure santé avec 7,2 millions de nuitées (hors campings), avec un rebond pour les hôtels (+2,2%). Le littoral et les zones urbaines (surtout Montpellier et Toulouse) profitent d’une recrudescence des touristes étrangers (+7,6%). En dépit d’un niveau encore « historiquement faible » (36 200 logements en un an, soit -4,5%), la construction amorce peut-être sa reprise. Entre avril et juin, 10 800 logements ont été mis en chantier (+18%).

    Enfin, on note un dernier contraste chez les entreprises. Si les créations (26 300 ; +0,7%) se maintiennent à un niveau élevé en Occitanie, la hausse reste supérieure en France (+4,2%). Quant aux défaillances d’entreprises, elles continuent de croître. En un an, la région a ainsi perdu 6 100 sociétés. C’est de 10 points de plus que l’année précédente.

    « En France il n’y a pas de confiance et peu de croissance »

  • À Bouc-Bel-Air, l’inquiétude des riverains

    À Bouc-Bel-Air, l’inquiétude des riverains

    Un an après le lancement d’une pétition par les riverains du projet qui plafonne autour de 1900 signatures (notre édition du 19/06), le futur centre de données MRS6 de Digital Realty est, depuis le 6 octobre dernier et pour neuf jours encore, soumis à enquête publique. Un projet titanesque. Quelque 700 millions d’euros sont prévus pour transformer l’ancien entrepôt Decathlon de Plan-de-Campagne et en faire le plus gros data center du département, sur 26 000m² au milieu d’une parcelle de 10 hectares avec cinq salles de serveurs au rez-de-chaussée, deux autres au premier étage. L’installation nécessitera notamment de tirer une nouvelle ligne haute tension souterraine depuis le poste voisin du Realtor, à Cabriès, avec une sous-station à créer par le gestionnaire du réseau RTE, tandis que les 30 générateurs de secours doivent pouvoir apporter une puissance totale de 217 mégawatt, soit la moitié d’une centrale à gaz…

    De quoi alarmer une nouvelle fois les riverains, qui ont transmis au commissaire enquêteur des avis identiques pointant des effets cumulés avec la déchetterie voisine qui a ouvert en 2022. « Nous craignons que cette nouvelle infrastructure, malgré son caractère non industriel, ne crée un îlot de chaleur et des nuisances supplémentaires », écrivent-ils ainsi, réclamant que « les effets combinés soient évalués et compensés ». Le porteur de projet, de son côté, espère le faire sortir de terre début 2028.

  • Un Cezanne trop polluant pour les Pennes-Mirabeau

    Un Cezanne trop polluant pour les Pennes-Mirabeau

    Pour cette fois, Cezanne fait mauvaise impression. Depuis le 22 septembre et l’ouverture de l’enquête publique sur ce projet de centre de données porté par le groupe japonais Telehouse aux Pennes-Mirabeau, les avis négatifs des habitants se multiplient sur le registre dématérialisé disponible en ligne. Après avoir vu les data centers essaimer dans l’enceinte des bassins Est du grand port maritime de Marseille – le dernier porté par Digital Realty doit être livré fin 2026 à la place de l’ancien silo à sucre – les pouvoirs publics ont en effet décider de repousser les futurs projets en périphérie de la cité phocéenne.

    Ainsi c’est sur une parcelle de 6 hectares implantée en bordure de l’A7, à proximité de la zone de l’Anjoly, que Telehouse veut construire ces huit bâtiments, de deux étages chacun, avec à chaque fois deux salles de serveurs informatiques accompagnés leurs locaux techniques et de batteries, pour une puissance de 6 mégawatt par bâtiment. À cela il faut encore ajouter des bureaux, les groupes électrogènes, des cuves enterrées, les parkings avec leurs ombrières photovoltaïques… Soit au total, quelque 22 000m² aux trois quarts dédiés aux salles de serveurs. Un chantier qui doit démarrer au deuxième trimestre 2026, pour s’achever à l’horizon 2030 avec la création d’une sous-station électrique par le gestionnaire public du réseau RTE.

    Réseau de chaleur prévu

    Pour économiser l’énergie, le projet promet que les six groupes froids installés en toiture de chaque data center utiliseront directement l’air extérieur quand les températures seront inférieures à 12°C afin de refroidir les circuits d’eau. La chaleur fatale des serveurs informatiques devrait quant à elle être mise à profit : « La commune est totalement favorable à ce que ce projet intègre la réalisation d’un réseau de chaleur », confirmait ainsi le maire (DVG) Michel Amiel dans un courrier daté du 27 janvier dernier, indiquant que la Métropole était prête à apporter un appui en ingénierie. « La commune des Pennes-Mirabeau sera particulièrement attentive à ce que ce projet d’envergure s’inscrive dans une approche aussi vertueuse que possible sur le plan environnemental », insistait-il alors. Une promesse formulée dès le printemps 2024 par le porteur de projet qui au moment du sommet Choose France promettait de construire des data-center « écoresponsables » (notre édition du 14/05/2024), et qui s’engage aujourd’hui à n’utiliser que de l’électricité verte, et du biocarburant pour les générateurs de secours.

    Pas de quoi convaincre l’Agence régionale de santé. Dans son avis rendu le 10 juin dernier, celle-ci s’alarme : « Les concentrations mesurées en PM10 [particules fines, Ndlr.] et N02 [dioxyde d’azote] dans l’air dans la zone d’influence de la future activité sont supérieures aux valeurs limites réglementaires en certains points. » Cela alors même qu’une école est située à 170 mètres. Et de demander de « revoir le projet ». « Le point d’échantillonnage n’est pas situé à proximité de cibles potentielles », répond le porter de projet, indiquant que cette pollution est liée aux groupes électrogènes de secours qui ne seront utilisés que moins de 500 heures par an. Une prochaine réunion publique se tiendra le 10 décembre, avant la clôture de l’enquête le 22 décembre.

  • Fin de bataille contre les plateformes logistiques

    Fin de bataille contre les plateformes logistiques

    À la fin, c’est le pot de fer qui gagne. Alors que s’est ouverte, vendredi, une nouvelle enquête publique pour régulariser deux plateformes logistiques à Saint-Martin-de-Crau, gérées par Logiprest et CTLog International, Jean-Luc Moya annonce tout de go : « Nous n’allons pas y aller, nous laissons tomber. Nous sommes fatigués de voir la justice leur donner raison. » L’administrateur de l’association de protection de l’environnement Agir pour la Crau était pourtant au premier rang pour lutter contre la multiplication de ces « boîtes à chaussures » géantes. « Nous avons dépensé énormément d’énergie et d’argent dans ce dossier et nous avons obtenu des décisions favorables », rappelle-t-il. Mais, le temps que dure le bras de fer, les documents d’urbanisme ont été révisés pour mettre en conformité les installations. « Le temps donne raison à des personnes qui ont détruit des sites protégés, déplore Jean-Luc Moya. Ce sont des victoires à la Pyrrhus. Mais dans la Crau, le mal est fait. »

    Les deux plateformes logistiques soumises à enquête publique pour un mois illustrent cette longue bataille. La préfecture avait autorisé l’exploitation des deux entrepôts dès 2014, avec des prescriptions complémentaires en 2016, lorsqu’ils ont été confiés aux deux sociétés aujourd’hui propriétaires. Le premier, de 46 000 m² divisés en huit cellules, est exploité depuis 2016 par CTLOG International, avec en moyenne 80 salariés en CDI (dont 50 encadrants et administratifs) et 150 en interim ou CDD. Et 109 poids lourds par jour pour desservir le site. Le second, confié aux filiales du géant néerlandais Katoen Natie, n’a été livré qu’en 2020. Il s’étend sur 73 000 m² divisés en douze cellules, avec en moyenne 39 magasiniers, 13 encadrants et 7 personnes pour les services supports, et quelque 48 poids lourds quotidiens en circulation.

    Pas de nouvelles compensations

    Mais, le 22 janvier 2020, ces autorisations successives ont été annulées par le tribunal administratif, saisi par les associations Agir pour la Crau et France nature environnement. Sans que l’activité ne cesse sur aucun des deux sites, constatait six mois plus tard l’inspection de l’environnement. Poussant la préfecture à mettre en demeure les deux exploitants pour régulariser leur situation administrative. Mais, alors que les deux entreprises avaient déposé leur dossier, une série d’arrêts de la cour administrative d’appel annulait les décisions de justice passées, soulignant que le tribunal n’avait pas pris en compte l’évolution du plan local d’urbanisme. De quoi remettre à plat toutes les procédures après une réunion de crise en sous-préfecture le 1er mars 2023. C’est que la décision pointait le manque d’indépendance de la direction régionale de l’environnement dans son avis et une dérogation pour la destruction d’espèces protégées périmée.

    Peu importe : l’état des lieux pour l’étude d’impact est cette fois réalisé avec des plateformes logistiques déjà construites. Les exploitants n’ont donc pas à proposer de nouvelles mesures de compensations pour les atteintes à l’environnement. De quoi faire grincer des dents du côté de l’autorité environnementale, qui voulait que soit pris en compte l’état initial des lieux en 2014, avant la construction des bâtiments, tandis que les porteurs de projet s’abritent derrière la jurisprudence. Il restera malgré tout encore à régulariser les deux entrepôts voisins, face à des dérogations là aussi illégales. Quant aux associations écologistes, « nous restons engagés sur de nombreux autres dossiers », rappelle Jean-Luc Moya. Le regard tourné vers les centres de données en projet autour de Marseille.

    Refus de permis annulé à Rognac

    Le tribunal administratif de Marseille a retoqué, le 15 octobre dernier, le refus de l’ancienne maire de Rognac d’accorder un permis de construire pour la plateforme logistique de la société Gemfi sur les anciennes emprises de Shell, à Berre-l’Etang. L’entreprise avait en effet obtenu une autorisation tacite, le 24 août 2022, que la municipalité de Rognac n’avait pas le droit de retirer trois mois plus tard. Les quelque 57,4 millions d’euros d’indemnités réclamés par la société Gemfi sont en revanche retoqués par les juges administratifs. La préfecture, de son côté, a donné son feu vert au projet avec un arrêté pris le 6 juin, et contesté par la municipalité, pour cet entrepôt de 29 125 m² (pour une capacité de stockage de 87 250 tonnes). Y.S.

  • Vaucluse : le savoir-faire vigneron distingué

    Vaucluse : le savoir-faire vigneron distingué

    Une cérémonie, qui « met à l’honneur depuis 25 ans celles et ceux qui font rayonner nos terroirs et la qualité de nos vins », rappellent les JA. Dans un contexte viticole très compliqué, cette édition 2025 a distingué 28 lauréats et 10 coups de cœur, « preuve éclatante de la diversité, de l’excellence et de la vitalité du vignoble vauclusien, du Ventoux au Luberon, des Côtes-Du-Rhône à Beaumes-de-Venise », mettent en avant les JA. Le Département a, de son côté, remis trois coups de cœur au domaine Plein Pagnier (Mazan), au cellier des Templiers (Richerenches) et au domaine Le Père Brun (Sorgues).

  • À Marseille, un commerce à deux vitesses

    À Marseille, un commerce à deux vitesses

    Face à l’annonce du départ des Galeries Lafayette de Marseille, la Chambre de commerce et d’industrie avait sorti la carte d’une nouvelle étude cofinancée par les collectivités pour faire un point sur l’état du commerce en centre-ville et proposer des pistes d’amélioration. Les premiers résultats, présentés lors d’un comité de pilotage le 10 octobre et dévoilés mardi par le site d’information Marsactu, pointent un taux de vacance commerciale « considéré comme très préoccupant » dans le grand centre-ville, avec 20% de locaux inoccupés, dont près de la moitié depuis plus de sept ans, jusqu’à devenir vétustes. Mais celui-ci tombe à 11,7% dans le cœur marchand, un niveau comparable à Bordeaux ou Montpellier et en baisse sur la dernière année. Ces résultats ne dissimulent pas une fracture sociale qui s’accroît. Dans les quartiers populaires, le taux de vacance bondit, de 6 points en sept ans à Noailles ou aux Réformés, jusqu’à 10 points à Belsunce. L’étude rappelle que les dépenses sont de plus en plus contraintes pour la majorité des ménages, tandis que la consommation se tourne vers les boutiques en ligne.

    Surtout, elle pointe « une forte densité commerciale accentuée par la création de centres commerciaux ces 10 dernières années ». Fruit des choix de la droite au pouvoir. Parmi ceux-ci, le Centre Bourse et les Docks Village décrochent. Mais le départ des Galeries n’aurait qu’un « impact faible » selon les commerçants sondés, dont 34% se disaient déjà en difficultés financières, notamment face aux loyers élevés. Et déplorant les problèmes de propreté et d’insécurité.

  • Une économie régionale résiliente

    Une économie régionale résiliente

    Quand différents acteurs de l’économie régionale se réunissent pour des analyses croisées, cela donne le Club de la conjoncture Paca. Et ce dernier n’est pas complètement négatif sur l’état économique local : « Le CA des entreprises régionales sur 12 mois s’est élevé à 329 milliards d’euros, c’est plus 5,7% sur un an. C’est un chiffre qui vaut le coup d’être dit au regard de la croissance nationale », campe Daniel Margot, président par intérim de la CCI Paca. Denis Lauretou, directeur régional de la Banque de France abonde avec un autre signal positif : « Dans la région, avec une analyse sur 12 mois arrêtée à la fin août, nous avons 6 447 défaillances d’entreprises. Mais ce qui est intéressant, c’est le rythme : on est en diminution, de moins 2,4% alors que la France entière est en augmentation, de plus 6,5%. » « C’est assez notable, assez peu de régions sont en diminution dans le nombre de défaillances », insiste-t-il.

    Un point positif qui se retrouve dans une analyse sectorielle : « Dans l’industrie, elles diminuent de moins 12%, contre 3% à l’échelle nationale. Dans le transport, baisse de moins 16% alors que nationalement en augmentation de 13%. » France Travail note aussi un taux d’accès à l’emploi de 1,6 point de pourcentage plus élevé qu’au niveau national.

    Quelques points noirs au tableau tout de même : « 4 artisans sur 10 constatent une baisse de l’activité, cette part s’accroît progressivement de +9 points en 2 ans », note Yannick Mazette pour la Chambre des métiers et de l’artisanat. Même retours du côté de la Chambre d’agriculture : « Le moral des agriculteurs est au plus bas, il y a un vrai manque de confiance », abonde Claude Rossignol. La CCI Paca résume cette situation : « Il y a un écrasement de la confiance des chefs d’entreprise sur l’économie locale et régionale qui passe de 41% à 33%. Sur le national, ça passe de 19% à 13%. » En bref, du bien et du moins bien.

  • Les vignerons autorisés à relever le degré d’alcool

    Les vignerons autorisés à relever le degré d’alcool

    « L’enrichissement, ici par moût concentré rectifié, c’est-à-dire du sucre issu du raisin, est une pratique œnologique courante et autorisée par l’Union européenne, mais qui nécessite en France un arrêté préfectoral », éclaire Jérôme Rouzier, directeur du syndicat des vignerons du Var.

    Le 13 octobre, le préfet de région Provence-Alpes-Côte d’Azur a autorisé l’augmentation de 1,5 degré d’alcool, par ce procédé, des vins en Indication géographique protégée (IGP) Var DGC Coteaux du Verdon, IGP Méditerranée (périmètre plus large) et vins sans indication géographique.

    « Pour le Var, l’autorisation concerne surtout le Haut-Var, zone qui a subi, cet automne, des conditions climatiques très compliquées. Il y a eu de gros orages, il a plu en septembre et en octobre, pendant les vendanges, et il a fait plus frais, ce qui n’a pas permis au raisin d’atteindre sa pleine maturité, explique Jérôme Rouzier. L’enrichissement permet d’obtenir un vin plus qualitatif, pour parvenir le minimum requis de 11 degrés d’alcool. Or, les raisins récoltés étaient largement en dessous. »

    « Une procédure lourde »

    Il poursuit : « Pour qu’un vin soit équilibré, il faut qu’il ait un minimum d’alcool. S’il en manque, il est ressenti comme vif, acide, déséquilibré et il ne répond pas aux conditions de qualité que le marché requiert. L’enrichissement est utilisé dans le but d’une amélioration qualitative du vin. »

    Mais obtenir la signature d’un tel décret implique une procédure administrative complexe. « Pour que les vignerons puissent en bénéficier, l’organisme de défense et de gestion (ODG) que nous sommes doit rédiger un argumentaire soumis à l’avis de l’Institut national de l’origine et de la qualité (Inao), et à celui de la répression des fraudes. C’est une procédure administrative relativement lourde, détaille Jérôme Rouzier. On plaide pour que cette procédure soit allégée. »

    L’IGP Var Coteaux du Verdon rassemble 26 communes. Si chaque cave coopérative ou domaine sur ce périmètre peut, en vertu de l’arrêté préfectoral, recourir à l’enrichissement des vins en alcool, tous ne l’ont pas demandé. La cave Saint-André, à Saint-Julien, n’a par exemple pas effectué la demande pour ce millésime, mais l’avait faite pour celui de 2024.