Category: economie

  • « Notre salon Entrepreneur 13 propose des solutions concrètes »

    « Notre salon Entrepreneur 13 propose des solutions concrètes »

    La Marseillaise : Vous organisez ce salon alors que les entrepreneurs pointent l’instabilité politique. Quelles solutions proposez-vous ?

    Corinne Innesti : Bien sûr, les entrepreneurs sont inquiets. Personne n’aime travailler quand on ne sait pas à quelle sauce on risque d’être mangé. Quand des choses qui sont acquises changent de régime. Malgré tout, le milieu des entrepreneurs que nous représentons, notamment les TPE et PME, ne se laisse pas abattre dans tous les cas. Il faut qu’on leur montre, selon les thématiques, qu’il y a des solutions. C’est notre but : les accompagner, ne jamais les laisser seuls.

    Et dans quels domaines ?

    C.I. : Le sujet majeur du salon, ce sont les transitions. Demain, il y a la facture électronique qui arrive. Personne ne sait encore à ce jour, véritablement, comment ça va avoir un impact sur le quotidien du chef d’entreprise. Même principe pour l’intelligence artificielle : Comment la voir plutôt comme une opportunité et accompagner pour ne pas être en retard, pour anticiper plutôt que de le subir. Voilà, notre salon, c’est des solutions concrètes.

    Quels temps forts pour ce salon ?

    C.I. : On a des moments phares, on a une plénière et des ateliers qui rythment la journée. On a des « pitch party » où les gens, adhérents ou non adhérents à la CPME, vont venir se présenter, travailler ensemble, expliquer ce qu’ils font. Et au-delà de ça, on convie les écoles, les personnes même sans emploi, on a mis en place aussi un espace dédié aux associations, indépendamment de tout le reste. On montre des valeurs de cohésion. Moi, je crois beaucoup à la cohésion sociale, je pense qu’on doit pouvoir travailler tous ensemble. C’est ouvert vraiment à tout le monde. Notre force, c’est qu’on n’isole pas le monde de l’entreprise.

  • [Grand entretien] Eric Bringuier : « On ne rend plus un service public, on fait de l’argent »

    [Grand entretien] Eric Bringuier : « On ne rend plus un service public, on fait de l’argent »

    RECRUTEMENT

    LM : Quels sont les besoins ? La perte du statut est-elle une épine pour recruter ?

    Eric Bringuier : On s’est aperçu que dans certains métiers (conducteur de train, aiguillage…) où l’on tourne en « trois huit », la fin du statut n’a rien réglé et ne permet pas de recruter. À la SNCF, les salaires sont bas. En passant les examens, quand ils découvrent leur future paye, des candidats arrêtent avant. Il n’y a plus d’avancement systématique, chacun va négocier son salaire avec le directeur, c’est compliqué. Le manque de moyens dans les gares est lié à cela. Depuis le Covid, les jeunes sont plus exigeants. Et puis, la SNCF a tout misé sur la digitalisation : on a de moins en moins de vendeurs. On ne rend plus un service public, on fait de l’argent.

    LIGNE À GRANDE VITESSE ET CGT

    LM : Les gares TGV de Montpellier et Nîmes sont-elles satisfaisantes ?

    Eric Bringuier : Ce qu’on voulait à Montpellier c’était relier les deux gares au-delà du tramway. Quand vous arrivez par TGV de Frontignan à Saint-Roch, vous avez 30 minutes de tramway. On veut un TER qui puisse aller aussi bien à Saint-Roch qu’à Sud de France. C’est faisable, le matériel est équipé. On l’a fait lors des inondations. À Nîmes, les voyageurs de TER arrivent sous la gare TGV.

    La LGV est indispensable ? Faut-il une ligne mixte ? Une autre gare TGV ?

    E.B. : Indispensable oui, la ligne littorale est saturée et à terme sera submersible. La LGV vers Perpignan doit être mixte tout le long, on doit y faire passer du fret. Ça permettra de libérer des sillons TER sur la ligne historique. Si on met une gare TGV à Béziers et une à Narbonne, on ne va pas s’arrêter de s’arrêter. Pourquoi pas essayer d’entrer dans Béziers et d’en ressortir avec une bifurcation ? Il faut y réfléchir vite.

    Dire que c’est à l’État de s’occuper des petites lignes et pas à la Région, n’est-ce pas maladroit ?

    E.B. : Non. Au rassemblement d’Alès j’ai dit qu’on a une Région volontariste pro-ferroviaire. Mais ce n’est pas parce que la Région fait un transfert de gestion sur les petites lignes qu’elles vont rouvrir plus vite. On a fait Montréjeau-Luchon, on fait Alès-Bessèges. Mais les autres lignes ? La Région ne va plus pouvoir les prendre. Le rôle de l’État est d’être garant du service public, c’est à lui d’investir. Qu’on entre dans un plan État/Région, on l’entend mais pas la gestion et les travaux. Car la Région devra payer l’entretien. Or il manque 1 milliard d’euros sur le réseau.

    PETITES LIGNES FERROVIAIRES

    LM : Rouverte l’été 2023, la ligne de la Rive droite du Rhône est-elle satisfaisante ?

    E.B. : Oui parce qu’on voit que là où l’on rouvre, la ligne ça fonctionne de suite. Il y a des voyageurs mais des études montrent qu’on peut aller plus loin. On avait fait nos calculs avec des arrêts à Remoulins, Villeneuve-lès-Avignon et Laudun-l’Ardoise. Là, on a des quais neufs comme à Remoulins mais on ne s’y arrête pas ! On porte cela avec les associations d’usagers. S’il faut on rouvrira des guichets.

    Avez-vous encore de l’espoir pour la réouverture d’Alès-Bessèges ?

    E.B. : Oui il y a de l’espoir. La ligne ouvrira d’abord en 2028 jusqu’à Saint-Ambroix puis en 2030 jusqu’à Bessèges. On pousse mais on dit à la Région d’arrêter, c’est à l’État de faire et de payer.

    La nationalisation d’ArcelorMittal donne-t-elle un argument de plus pour des travaux sur la ligne Béziers-Neussargues ?

    E.B. : Cette ligne est rénovée par des pansements depuis des années. Même si Arcelor n’était pas nationalisée, cette ligne doit servir de délestage. On a d’autres entreprises, le Massif Central se développe car le foncier est moins cher. Cette ligne est utile à la population. Je vous défie d’aller travailler à Béziers avec des cars de substitution, ça fait long. Les lignes fines de desserte du territoire doivent être à la fois voyageurs et fret. L’État doit le faire, de l’argent il y en a.

    INFRASTRUCTURES

    LM : La SNCF a annoncé la fermeture du dépôt de Béziers défendu depuis 30 ans par la CGT. Ce combat est-il perdu ?

    E.B. : À la CGT, on ne capitule pas facilement. On fait toujours des propositions faisables. La direction veut fermer ce dépôt depuis 1993. La Région a commandé des matériels neufs qu’il faudra entretenir en Occitanie. Il y a la possibilité de faire un centre de maintenance régional (CMR) qui serait moins cher qu’ailleurs car les terrains appartiennent à la SNCF. Le dossier est fiable, cela créerait une cinquantaine d’emplois. On doit convaincre la direction et la Région qui finance. On a été reçus par Jean Castex (PDG de la SNCF) à qui on a remis notre dossier. On ne lâchera pas.

    La modernisation du port de Sète semble une bonne nouvelle pour le fret…

    E.B. : C’en est une sans en être une. On a rappelé à Jean Castex que le plan de discontinuité fait au fret est une aberration. On a capitulé face à l’Europe. Or, aucun fret n’est capable de vivre sans être subventionné. On demande d’arrêter ce plan via lequel l’Europe interdit à la SNCF de se positionner sur toutes les autoroutes ferroviaires qui sont inaugurées. Le fret du Port de Sète fonctionnera avec les concurrents qui prennent le marché et… le sous-traitent à la SNCF ! On marche sur la tête. La CGT considère que le fret est un service public, il ne sert pas qu’à faire de l’argent pour les patrons.

    TER MIS EN CONCURRENCE EN 2032

    E.B. : L’État oblige la Région à ouvrir les TER à la concurrence en 2032 avec RATP, Veolia… C’est dogmatique. Regardons partout ce que ça a amené à l’usager et combien ça coûte à la collectivité. En Angleterre, il y a 30 ans, ils ont libéré les voyageurs et le rail. Ils en reviennent. On pensait qu’ils ne reprendraient que le réseau mais ils reprennent tout car ce n’est pas rentable. Dès que les privés ne sont plus sous perfusion de l’entreprise historique, cela ne fonctionne plus. Le prix du billet ne baissera pas quand la Région ne mettra plus au pot. Le matériel et le réseau ne seront plus entretenus. C’est ce qu’à l’air de penser Castex, on le jugera aux actes.

  • Un débat sur l’avenir du dépôt SNCF de Béziers

    Un débat sur l’avenir du dépôt SNCF de Béziers

    C’est un sujet qui a fait couler beaucoup d’encre. Le dépôt SNCF de Béziers, bataille vieille de plus de 30 ans portée par les cheminots, sera au centre d’un débat, le 16 décembre à 18h30, au 2 rue Voltaire. Initié par les communistes biterrois, il fera intervenir Éric Bringuier, secrétaire régional CGT des cheminots (lire entretien page 8), Nicolas Midague, secrétaire CGT des cheminots de Béziers ainsi que Jean-Marc Biau, secrétaire PCF de Béziers et élu au conseil régional d’Occitanie.

    Car l’avenir de ce site historique est en jeu. Délaissé par une direction SNCF aux abonnés absents, le dépôt pourrait fermer définitivement d’ici trois ans. Pourtant, des solutions existent pour lui assurer un avenir pérenne, selon les cheminots cégétistes. En effet, le projet d’un Centre de maintenance de matériel (CMR) est porté par la Région afin de soulager les deux existants, saturés. Un temps annoncé à Narbonne, il semblerait que les élus audois hésitent à donner le feu vert au projet. « Il faut trouver rapidement un site car les nouveaux engins deux niveaux vont arriver en 2026 et 2027 et il n’y a aucun atelier pour les entretenir ! Dans ce cadre, au vu de la concomitance de l’abandon de Narbonne et la fermeture du dépôt de Béziers, personne ne comprend pourquoi Béziers n’est pas étudiée par la SNCF », soupire Jean-Marc Biau.

    Le choix de la cité de Riquet ne semble pas plus intéresser le maire que la direction de la SNCF. Pourtant, le foncier est disponible et le savoir-faire garanti. « Le triage du Capiscol [situé à côté du dépôt, Ndlr] dispose de foncier libre, il est facile d’accès dans le mode ferroviaire comme dans le mode routier, il peut être traversant avec des entrées-sorties des engins sans manœuvre et il y a sur Béziers des conducteurs de trains, des aiguilleurs et toutes les compétences pour faire circuler des trains et les entretenir », soutient l’élu communiste. Mais la forte présence de syndicats semble refroidir la SNCF. « Et Robert Ménard, ses excès, ses idées d’extrême droite sont un véritable repoussoir pour porter des projets de développement de l’emploi industriel », précise Jean-Marc Biau.

    Or, les bénéfices pour l’emploi comme pour les usagers sont foison. Tout comme les possibilités de développement d’un service public ferroviaire. « On pourrait se servir de la ligne Béziers-Neussargues pour desservir le périurbain avec la création d’arrêts supplémentaires, faire circuler plus de trains, etc. » Assez d’arguments pour faire entendre raison à la direction ?

  • Grand Avignon : un appel à projet pour devenir une des capitales de l’animation

    Grand Avignon : un appel à projet pour devenir une des capitales de l’animation

    L’odeur de peinture fraîche dénote de l’impression d’aisance que dégagent les employés des studios d’animation installés depuis seulement quelques mois dans les locaux de la tout juste nommée Grand Avignon Animation, hôtel d’entreprises des industries créatives qui a ouvert ses portes en début d’année. Un secteur qui a le vent en poupe en Cité des Papes et que l’intercommunalité souhaite pérenniser et développer encore plus avec la candidature à l’appel à projet de l’État « Pôles territoriaux d’industries culturelles et créatives ».

    Un projet monté avec d’autres acteurs locaux pour « inscrire Avignon sur la carte nationale de manière plus globale », explique Antoine Kerrand, directeur général adjoint du Grand Avignon, en charge de l’aménagement et du développement. Et plus concrètement de créer plusieurs parcours et projets. À commencer par la création « d’un compagnonnage complet et innovant » en intégrant une option animation dès le lycée par exemple. Mais aussi d’un nouvel espace dédié aux entreprises avec un studio équipé et mutualisé, avec des salles de formation. Ainsi qu’un développement du festival dédié à l’animation « Loop », dont la première édition s’est tenue début octobre en Cité des Papes. Et enfin d’un « Campus de l’innovation » intégré à la Villa Créative. « Un portail des dispositifs de soutien à l’innovation, une cellule de détection et d’accompagnement des projets innovants, et une animation et médiation scientifique et culturelle », précise l’intercommunalité.

    Déposé en octobre, une réponse est espérée courant 2026. Mais le moins qu’on puisse dire, c’est que ce projet est attendu. Comme pour Laurent Lombard, de l’Université d’Avignon, qui veut « créer de l’osmose dans un contexte morose » avec ce « projet visionnaire pour le territoire et la jeunesse ».

    Installation réussie

    Mais pour ce qui est d’ores et déjà en cours, à savoir l’hôtel de studios d’animation, l’installation se passe bien au vu du fourmillement ambiant. Même si « les choses sont encore balbutiantes », confie Mathieu Morfin, fondateur de Chromatik Studio, l’un des premiers à s’être installé sur le site. Et ce notamment en raison « d’une crise du film d’animation », estimant même que le secteur « est actuellement au fond du gouffre », mais qu’on ne peut en conséquence qu’avoir des perspectives d’évolutions positives dans les mois à venir.

    Un rebond attendu par les acteurs économiques avignonnais. Cathy Fermanian, directrice générale de Vaucluse Provence Attractivité, tout juste sortie des studios Chromatik, se réjouit d’un aboutissement après « un travail de fond de plusieurs années ». Ou encore Joël Guin, président (SE) du Grand Avignon, qui estime que la Cité des Papes est « sur la bonne voie » pour se hisser « au premier rang de l’animation en France ».

  • 107 millions à trouver pour réindustrialiser le golfe de Fos

    107 millions à trouver pour réindustrialiser le golfe de Fos

    L’ambition est posée d’emblée : « Faire du golfe de Fos-étang de Berre le premier pôle industrialo-portuaire décarboné de la zone Euro-Méditerranée-Afrique, tout en préservant et valorisant ses atouts environnementaux. » Cinq mois après la fin d’une concertation XXL sur l’avenir de la zone, le conseil régional doit adopter, ce jeudi, le contrat de projet partenarial d’aménagement, afin d’accompagner l’installation de 30 projets industriels majeurs sur le territoire avec 10 000 emplois créés et de 15 à 20 milliards d’euros d’investissement sur dix ans. Un contrat qui doit être aussi validé en conseil départemental le lendemain, puis métropolitain lundi.

    Au total, 679,5 millions d’euros doivent être investis d’ici 2030 pour créer les infrastructures nécessaires, entre lancement d’études et réalisation des premiers travaux. Des financements fléchés en majorité sur les transports, en particulier sur la réalisation, attendue depuis cinquante ans, du contournement de Martigues et Port-de-Bouc avec 228 millions d’euros prévus, mais aussi pour la modernisation de la ligne de la Côte bleue en étudiant un possible rapprochement de la gare de Fos avec sa zone industrielle, à hauteur de 93 millions d’euros, pour la réalisation de pôles d’échanges multimodaux à Miramas, au Rove, Vitrolles et Rognac avec en plus une piste cyclable de Port-Saint-Louis à Distriport, pour 54 millions d’euros… Et puis il y a les études de la liaison Fos-Salon, la requalification de la D268 qui dessert les terminaux.

    S’ajoutent d’autres gros dossiers : la modernisation depuis longtemps réclamée de l’hôpital de Martigues pour 60 millions d’euros, le développement des réseaux d’eau industrielle pour 42,5 millions, auquel s’ajoutent des études pour prélever l’eau du canal d’Arles à Fos, se connecter au réseau du canal de Provence voire se pencher à plus long terme sur la dérivation de l’eau de l’usine hydroélectrique de Saint-Chamas vers le Rhône. La zone de la Fossette, à Fos-sur-Mer, doit de son côté être aménagée avec un investissement de 40 millions d’euros pour accueillir des services sur mesure pour la zone industrielle, avec espaces tertiaires, aires de services pour poids lourds, ainsi que future cité de l’industrie et du port.

    5 600 logements à créer

    Le document se penche aussi longuement sur la question du logement. Des zones prioritaires sont identifiées, sur le secteur nord canal à Port-Saint-Louis, autour du contournement de Martigues – Port-de-Bouc, sur la friche Rassuen à Istres. Au total, ce sont 5 600 logements qu’il faut livrer en cinq ans. Pour faciliter la maîtrise foncière, une opération d’intérêt national doit être mise en place, une société publique locale d’aménagement d’intérêt national (Spla-in) créée.

    Mais, sur l’enveloppe prévue, 107 millions d’euros restent à trouver. « Quand on a le projet, on trouve les fonds, je ne suis pas très inquiet », tient à rassurer le président (Ren.) de Région, Renaud Muselier. Qui rappelle que sur les fonds européens, « on est éligibles à tout ».

    Un cap, surtout, reste à passer, celui de la ligne très haute tension qui doit assurer le doublement de la demande en électricité, et sur laquelle une décision du préfet est attendue pour samedi. « Le conseil que je lui donne, c’est de le faire après les municipales pour ne pas déclencher de conflits qui n’existent pas », glisse Renaud Muselier, qui veut rassurer les industriels. Rappelant que l’ancien préfet, favorable au projet, est maintenant directeur de cabinet à l’Élysée.

    Pour Muselier, le RN a peu de chances aux municipales

    Interrogé par la presse, ce mercredi, sur la menace de l’extrême droite aux municipales, le président (Ren.) de Région Renaud Muselier se montre optimiste. « Je ne crois pas à la victoire du RN dans la région », assure-t-il. Avec même l’espoir de refaire basculer Rognac, un an après la victoire surprise du RN. Cela ne l’empêche pas d’être inquiet pour Toulon, où « il y a de la division sur la ligne », tandis qu’à Arles, il a œuvré pour l’union de Cyril Juglaret avec Patrick de Carolis face au risque de défaite. Prudent sur la situation à Marseille avec l’évolution du mode de scrutin, il n’en rappelle pas moins que « le national ce n’est pas le local », taclant le candidat RN. Et d’écarter les craintes sur une alliance avec l’extrême droite : « Il faut bien qu’on récupère les électeurs RN et, en même temps, il ne faut pas qu’on perde les électeurs du centre. » Quant à Sabrina Agresti-Roubache, qui s’était émue des propos de Martine Vassal, « elle a sa place, mais ça ne peut fonctionner que si on est une équipe. »

  • Reconditionnement haut de gamme : Cykero s’implante à Montpellier

    Reconditionnement haut de gamme : Cykero s’implante à Montpellier

    C’est une belle prise pour la métropole de Montpellier. Jeudi 13 novembre, Bichoi Metias, fondateur et PDG de la marque européenne du reconditionné premium Cykero, posait au Mibi (Montpellier business & innovation centre) la « première pierre symbolique » de son futur technocentre, bientôt érigé à Castelnau-le-Lez. Une implantation « extrêmement soutenue par les acteurs publics et financiers locaux », se félicite Bichoi Metias, la Métropole de Montpellier et la Région Occitanie ayant notamment voté des aides de 300 000 euros pour la première et 800 000 euros pour la seconde. L’entreprise quant à elle a investi 20 millions d’euros dans la construction de ce technocentre.

    C’est dans son garage en Allemagne, où il vivait à l’époque, que Bichoi Metias, ancien ingénieur dans le ferroviaire, a lancé en 2020, en plein confinement, la marque Cykero.
    Cinq ans plus tard, la start-up franco-allemande enregistre un chiffre d’affaires de 27 millions d’euros (en 2024) et a su se positionner comme un acteur de référence en Europe dans le reconditionnement haut de gamme des appareils électroniques dotés de batterie (smartphones, tablettes, ordinateurs portables, montres et écouteurs connectés…).

    « 77 kg de CO2 économisés pour chaque appareil »

    « Il existe plusieurs types de reconditionnement. Nous nous situons dans la gamme premium, avec une exigence de qualité élevée », explique le PDG de Cykero. « Aujourd’hui, sur le marché du reconditionné, la moyenne des retours pour problème qualité est de 20%. Chez Cykero, on est à moins de 2%, très proche d’un appareil neuf (entre 1,3 et 1,5%). » La marque offre également des services qui se rapprochent des appareils neufs : « 2 ans de garantie pour les particuliers, 30 jours satisfaits ou remboursés, une traçabilité totale sur les appareils. Des choses qui donnent du pouvoir au consommateur pour décider de mettre le prix ou pas », insiste Bichoi Metias. Car si les appareils Cykero peuvent être jusqu’à
    30 ou 40% moins chers que du neuf, « on n’est pas les moins chers du reconditionné car on propose du haut de gamme ». L’entreprise vante également une démarche écoresponsable, avec « 77 kg de CO2 économisés pour chaque appareil vendu, sachant qu’on en vend 10 000 par mois », souligne le PDG.

    Désormais Montpellier sera donc « le nouveau centre de gravité » de la marque, qui y a d’ores et déjà transféré son siège en France, basé jusque-là dans les Yvelines. « On vient avec un engagement fort pour l’innovation, l’industrialisation, l’économie circulaire », assure Bichoi Metias. Les travaux du technocentre, qui sera situé dans le quartier Eurêka, à Castelnau-le-Lez, ont débuté le 17 novembre et se poursuivront « jusqu’à fin 2026-début 2027 ». Une ouverture partielle du site est prévue « tout début 2027 pour qu’on commence à installer nos machines. Ensuite, il y aura une remise des clés finale à la fin du premier trimestre ou au début du deuxième trimestre 2027. »

    S’il est question de « technocentre » et pas simplement d’usine, c’est « parce que ça va être bourré d’innovations technologiques : on va avoir de l’automatisation, de la robotisation, de l’intelligence artificielle… On va mettre le paquet sur cet aspect innovation pour pouvoir quadrupler notre capacité dès l’ouverture. Aujourd’hui on est à 10 000 pièces par mois en capacité maximum, on passera à 40 000. Et à l’horizon 2030, en pleine capacité, on pourra traiter 150 000 appareils par mois », estime le PDG de Cykero. Une activité qui devrait permettre de créer 160 postes d’ici 2030. « Outre le fort engagement régional pour l’innovation, la réindustrialisation et l’économie circulaire, qui nous ont séduits, il y a aussi à Montpellier une attractivité qui facilite le recrutement des futurs talents : c’est une ville extrêmement jeune et dynamique, avec beaucoup d’écoles de commerce, d’ingénieurs, de BTS. »

    À noter que Cykero a récemment ouvert une boutique éphémère (jusqu’au 31 janvier) au 10, place de la Comédie, préfiguration d’un showroom qui sera également accessible aux clients au sein de son futur site montpelliérain.

  • À Avignon, le patrimoine face au défi du réchauffement

    À Avignon, le patrimoine face au défi du réchauffement

    Il y a presque 700 ans, les architectes du Palais des Papes et des bâtiments historiques n’avaient certainement pas anticipé le réchauffement climatique. Et c’est désormais aux utilisateurs actuels, à savoir notamment la municipalité, de s’adapter. Un sujet complexe abordé ces jeudi 4 et vendredi 5 décembre à l’occasion des 30 ans de l’inscription du centre historique d’Avignon au patrimoine mondial de l’Unesco lors d’ateliers et de colloques organisés par l’Université d’Avignon sur les adaptations face au changement climatique des jardins et paysages du patrimoine mondial.

    Des échanges entre public et spécialistes qui ont commencé ce jeudi 4 décembre au matin avec les visites des jardins et des grandes salles et allées du Rocher des Doms et du Palais des Papes. « Le sujet était une évidence. On est obligés de se poser ces questions-là aujourd’hui. Tout en montrant que le patrimoine historique n’est pas un petit îlot isolé du territoire, et donc de l’insérer dans le paysage », précise Dominique Cassaz, coorganisatrice des deux journées et adjointe du directeur des Monuments historiques et coordinatrice patrimoine mondial de l’Unesco à la Ville d’Avignon.

    Enjeux économiques

    Car au sein de l’emblématique bâtiment historique avignonnais, les effets du réchauffement climatique « ne sont pas simples à gérer », comme le confie Corinne Langlois, conservatrice du Palais des Papes. Le monument le plus visité de la Région Sud, avec 700 000 passages par an, et ses murs anciens doivent faire face à de grandes variations de températures, mais aussi d’hygrométrie en leur sein. Et les réglementations autour des bâtiments historiques empêchent toute installation qui permettrait de réguler ces paramètres rapidement. « Le plus gros problème, c’est l’été. On aère au maximum et on n’expose pas d’œuvres sensibles dans ces conditions. Mais en ouvrant tout, on se retrouve avec des pigeons dans le bâtiment, ce qui est un autre problème », glisse-t-elle. L’extérieur aussi est exposé, avec des enduits devenus inadaptés aux grosses chaleurs et qui ne tiennent pas dans la durée. Avant de rappeler qu’il « n’y a pas le choix d’arrêter de faire des bêtises avec le climat », et de réfléchir à des changements, comme par exemple modifier les horaires de visite en saison estivale, mais aussi à travers des travaux.

    Une démarche fondamentale car, comme le rappelle l’adjoint au maire d’Avignon en charge du patrimoine, Sébastien Giorgis, « c’est une économie à la fois touristique mais aussi pour toutes les entreprises spécialisées du territoire qui s’activent autour de l’entretien et la rénovation », tout un environnement « qui vit autour de ce lieu ». Pour le bâti donc, mais aussi du côté du jardin, qui doit lui aussi évoluer face au changement climatique. « Certaines essences ne sont plus adaptées, il y a la question de l’eau et des îlots de fraîcheur pour l’été. Tout cela évolue très, très vite », conclut l’élu.

  • Première pierre posée pour le BHNS de la Métropole de Toulon

    Première pierre posée pour le BHNS de la Métropole de Toulon

    Financé pour plus de 500 millions d’euros par les entreprises de la Métropole TPM, via une taxe transports, depuis 2002, le projet de tramway dans l’aire toulonnaise est désormais enterré. Jugé trop cher et plus d’actualité par la majorité au conseil métropolitain, qui justifie cette position par l’augmentation des coûts entre le projet initial et ce qu’il serait nécessaire d’investir aujourd’hui, il a été remplacé par un bus à haut de niveau de service (BHNS), déclaré d’utilité publique par le préfet en octobre.

    Un projet à 395 millions d’euros, financé pour 40 millions d’euros par l’État, 10 millions par la Région Sud, et donc 345 par la Métropole. Soit, au bas mot, plus de 150 millions d’euros de moins que la somme récoltée depuis 2002 par la Métropole, dont « il conviendra de savoir comment elle a été utilisée », botte en touche son président Jean-Pierre Giran (LR). La première pierre a été posée mercredi 3 décembre, à Ollioules, pour un tronçon de 7 km (ligne 1a) qui reliera le Technopôle de la Mer à Bir-Hakeim, à Toulon. Il desservira les secteurs Geffrier, Escaillon, Herriot, XVe corps, Villevieille et les Grands Boulevards.

    Livraison prévue en 2037

    Ces premiers travaux consistent en la réalisation d’un mur de soutènement à hauteur de Geffrier, livré en juin 2026. L’ensemble du tronçon, lui, sera opérationnel d’ici 2029. Deux autres sont prévus dans le projet global, qui compte 28 km d’infrastructures : le plus long entre l’Espace Marine, à La Seyne-sur-Mer, et la gare de la Pauline-Hyères (ligne 1), et un autre entre le campus universitaire de la Garde et la gare La Garde-Centre (ligne 1b). 44 véhicules électriques y circuleront. Ils desserviront 65 stations dans cinq communes (Toulon, La Garde, Ollioules, La Seyne et La Valette), pour un trajet à 70% en site propre. Loin des 100% prévus par le tramway, ce qui implique une vitesse et une efficience moindres, comme le pointe l’opposition. Enfin, quatre parkings relais en silo (Porte d’Ollioules et de Toulon, Sainte-Musse, gare la Pauline-Hyères et Espace Marine à La Seyne) verront le jour d’ici 2037, date prévue pour la finalisation du projet.

  • Patrons et élus planchent sur la souveraineté lors du forum économique Soft

    Patrons et élus planchent sur la souveraineté lors du forum économique Soft

    « L’Europe : sursaut ou sursis ? ». C’est la question à laquelle ont tenté de répondre les plusieurs centaines d’entrepreneurs et élus présents pour Soft 2025, forum économique organisé par l’agence de développement de la Région Sud, RisingSud, ce jeudi à Marseille. « C’est l’occasion pour les grands dirigeants d’entreprises […] de parler de transition, innovation, d’industrialisation », résume Bernard Kleynhoff, président de RisingSud et conseiller régional.

    Le tout, avec quelques invités de marque comme l’ambassadeur de l’Ukraine (lire ci-dessous) ou encore le ministre délégué au commerce extérieur, Nicolas Forissier. Ce dernier revenait justement de Chine et a tenté de justifier la stratégie commerciale paradoxale d’Emmanuel Macron et ses gouvernements successifs. S’il vante « la révolution économique permanente » et la « planification » du pays de Xi Jinping, il juge que la France « verse trop dans la protection ». Même principe sur les accords commerciaux : d’un côté il plaide pour « plus de fermeté dans les négociations » et appelle à « ne pas être dépendant », et de l’autre il loue les accords de libre-échange, comme le Mercosur ou encore le Ceta. « Le Ceta, c’est tout bénef ! Le Mercosur est une opportunité ! », explique-t-il, tout en reconnaissant tout de même « qu’il faut protéger des filières sensibles ». En bref, il résume grossièrement le débat à « l’ouverture commerciale versus le protectionnisme et la fermeture des frontières ». Pas de quoi vraiment éclairer les lanternes des participants qui venaient débattre, par une série d’ateliers et de tables rondes, de la souveraineté européenne et française au sein de celle-ci.

    « On n’a pas de cohésion »

    Le président de la Région Sud, Renaud Muselier (Ren.) n’a pas manqué de rappeler sa capacité à capter les fonds européens pour des projets locaux : « Quand on est arrivé à la tête de la Région, on prenait 300 millions d’euros de fonds européens. À la fin de cette mandature on aura 10 milliards ! Ça finance d’Iter à Airbus jusqu’aux villages de haute-montagne où l’on refait des églises et des lavoirs. » Mais retombe dans la même forme de paradoxe que le ministre. Il loue l’aide financière de l’État ou de l’Europe en direction des entrepreneurs pour faire face au « souverainisme américain » mais ne veut pas entendre parler de contreparties. « Je suis d’une culture où il faut laisser grandir l’esprit d’entreprise. Nos voisins innovent et avancent pendant que nous, on fabrique des dispositifs de régulation permanents », développe-t-il. Compliqué donc de « redonner un sens à l’Europe » dans ce cadre.

    Finalement, certains patrons se montrent plus lucides. À l’instar d’Elie Girard, PDG d’Alice et Bob, start-up d’informatique quantique qui travaille sur des technologies potentiellement révolutionnaires : « À part Airbus, les géants européens ça ne marche pas vraiment. Le problème c’est que si on devient un géant en Europe, on sera vu comme un géant français pour nos voisins européens… Et ils achèteront américain. On n’a pas de cohésion suffisamment forte. »

  • GazelEnergie alerte le préfet de région sur les restrictions à la centrale de Gardanne

    GazelEnergie alerte le préfet de région sur les restrictions à la centrale de Gardanne

    À peine arrivé dans les Bouches-du-Rhône, c’est un sacré mot d’accueil qu’a reçu le nouveau préfet de région Jacques Witkowski. Dans un courrier daté de ce mardi et sur lequel La Marseillaise a pu mettre la main, le président de GazelEnergie s’alarme en effet des prescriptions imposées par l’arrêté préfectoral publié le 24 novembre pour régulariser l’autorisation d’exploitation, annulée par le Conseil d’État en mars 2023, au terme d’une nouvelle enquête publique (notre édition du 03/12).

    Quatre points sensibles

    « Certaines de ces prescriptions soulèvent des difficultés majeures sur lesquelles la société GazelEnergie avait appelé à plusieurs reprises l’attention des services préfectoraux et de la Dreal [direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement, Ndlr] Provence-Alpes-Côte d’Azur », écrit ainsi Frédéric Faroche. Et de demander « que les prescriptions en cause soient modifiées et adaptées par arrêté ».

    Il réclame ainsi que le texte ne parle pas de « charbon cendreux » mais de « produits cendreux de récupération », rappelant que ces cendres restent « indispensables à la protection de la chaudière », lorsque la tranche 4 n’aura plus le droit d’utiliser de charbon, au 31 décembre 2026.

    Le courrier s’inquiète également de valeurs limites de concentration « injustifiées et de nature à poser des difficultés significatives lors des contrôles de conformité »… certaines valeurs trop basses ne pouvant être mesurées, tandis que d’autres sont « très significativement inférieures, d’un facteur 5, voire 10 ou même 100, à celles définies par arrêté ministériel ».

    Le fait de considérer toute modification au plan d’approvisionnement en bois comme « notable » même lorsqu’elles sont minimalistes paraît « entaché d’illégalité » s’alarme aussi l’industriel, qui demande une rédaction moins ambivalente. Enfin, GazelEnergie rappelle que « la certification de tous les fournisseurs ou encore la mise en œuvre d’un outil fiable pour garantir la traçabilité des bois, le lendemain de l’édiction de l’arrêté, était impossible ». Réclamant un délai de six mois… et remerciant le préfet de son attention.

    Sollicité par La Marseillaise, GazelEnergie se borne simplement à confirmer que son président a saisi le préfet.