Category: economie

  • Le plan B de la Région pour sauver Sud de France

    Le plan B de la Région pour sauver Sud de France

    Non, Sud de France n’est pas morte ! » Contrairement au bruit qui court, la marque ombrelle imaginée par Georges Frêche en 2006, à l’origine pour soutenir la seule filière viticole régionale, va continuer à exister et à se développer en Occitanie.

    En décembre 2025, le Conseil d’État a pourtant rejeté le dernier recours des défenseurs de Sud de France, qui regroupe désormais 27 filières et plus de 12 000 produits d’Occitanie. Avortée, cette tentative de la dernière chance en justice concernait uniquement les bouteilles de vin. Et le souhait de la Région de continuer à pouvoir y accoler sa marque fétiche reconnue à l’international. « On voulait conserver une double appellation : à la fois le terroir et la marque Sud de France. On a plaidé le contexte international compliqué, demandé une dérogation de quelques années », rappelle Patrice Canayer. En vain.

    Pas de quoi se lamenter pour l’élu régional en charge des marques. « On se serait bien passé de cette décision du Conseil d’État. Mais on ne va pas passer notre temps à pleurer, on avance ». En réalité, voilà près de deux ans que la collectivité, qui craignait cette éventualité, travaille en coulisses à un plan B. « On a créé un nouveau logo qui montre une indication géographique, une carte de France stylisée avec une pastille qui représente l’Occitanie, que les viticulteurs peuvent placer sur les bouteilles sans le nom de la marque », résume Patrice Canayer.

    Les grands salons viticoles en ligne de mire

    Laquelle marque est devenue un « bloc marques » qui se nomme désormais « Occitanie Sud de France » ou « Sud de France Occitanie ». Elle reste autorisée sur les linéaires dans les salons par exemple. « On en a fait une première présentation au Sitevi. On fera la seconde au salon Millésime bio (26-28 janvier à Montpellier), puis au salon Wine Paris (9 au 11 février) ». En attendant le salon de l’agriculture (21 février-1er mars)…

    Voilà pour le vin. Quant aux 26 autres filières, tout continue comme avant. « On peut apposer le logo sur un paquet de pâtes, une bourriche d’huîtres ou de l’huile d’olive avec Occitanie Sud de France ». Vingt ans après sa création, la marque ombrelle figure parmi les premières sur la scène nationale française. 50% est constituée par la viticulture et se révèle très utile à l’export. Pour la présidente Carole Delga (PS) et Patrice Canayer, il est important de développer la marque. « Vu la conjoncture mondiale, les interprofessions n’ont pas intérêt à y aller seules de leur côté mais à se fédérer sous une même bannière ». Celle de « Sud de France Occitanie », toujours debout malgré les remous.

  • Hérault : de nouveaux outils pour la mobilité et le logement

    Hérault : de nouveaux outils pour la mobilité et le logement

    Pour que la forte croissance démographique reste soutenable autour de Montpellier, il est indispensable que les conditions d’accueil suivent. Le phénomène impose aux décideurs de penser le développement à long terme dans plusieurs domaines.

    Côté logement, seul le parc social de la Ville de Montpellier respecte la loi SRU (25% d’habitat minimum). Parce que les loyers privés sont souvent hors de prix, la majorité de Michaël Delafosse a créé en 2021 son Organisme foncier solidaire (OFS). Dans toutes les ZAC publiques, il permet 22% de logements abordables via le Bail réel solidaire (BRS). « Cela permet à des gens qui n’ont pas les moyens de s’acheter une villa à 800 000 euros de devenir propriétaires », résume Claudine Vassas-Mejri (PS). Sous conditions de ressources (plafond haut), il est ainsi possible d’acheter des murs et de payer une redevance à la collectivité (1,3 euro/m²) pour la location du foncier. « Cela permet aussi d’éviter la spéculation », précise la vice-présidente. Encore méconnu, cet outil privilégie les travailleurs essentiels, les familles avec enfants venant du logement social. Un millier d’habitats en BRS sont programmés, 4 000 à terme.

    Depuis le Covid, la crise du logement fait rage. L’actuel Plan local de l’habitat prévoyait la construction de 5 000 logements dans la métropole « mais on n’y arrivera pas », regrette l’élue. La faute à l’inflation, au désordre national, à la fin des incitations fiscales (type Pinel) et à la rareté du foncier. Sans compter que la loi Zéro artificialisation nette des sols (ZAN) freine l’appétit des promoteurs. « Dans les villages, le moindre projet de ZAC suscite une levée de boucliers alors que la plupart des gens qu’on reçoit cherchent un logement », témoigne C. Vassas-Meijri.

    Dès 2020, le président M. Delafosse (PS) a doté la Métropole de nouveaux outils. La régulation des locations AirBnB (déclaration obligatoire) vise à lutter contre la concurrence déloyale. Les loyers encadrés à Montpellier permettent d’éviter les abus. Et le permis de louer (à Celleneuve, Figuerolles, Saint-Martin et aux Cévennes) traque les marchands de sommeil.

    Le Service express régional…

    Dans un monde qui s’accélère, les mobilités sont aussi essentielles. Avec la 5e ligne de tramway et la connexion entre les deux gares, Montpellier est désormais bien maillée. Ce n’est pas le cas des territoires aux alentours. C’est la raison d’être du Service express régional métropolitain (Serm), sorte de RER métropolitain promis par Emmanuel Macron. « À Montpellier, 20% des trajets viennent d’en dehors de la métropole, où la dépendance à la voiture est forte », résume Julie Frêche. Elle a beau adorer le vélo, la vice-présidente sait que les pistes cyclables ne peuvent pas tout quand on se déplace aussi loin.

    Avec 8 intercommunalités de l’aire d’attraction de Montpellier, de l’agglo de Sète à celle de Lunel en passant par la vallée de l’Hérault et le Pic-Saint-Loup, un réseau de transports en commun est en cours d’élaboration pour connecter ces territoires qui concentrent 73% de la population héraultaise et accueillent 12 000 habitants de plus par an. Il y a bien sûr le grand projet de Ligne à grande vitesse (LGV) Montpellier-Perpignan. Le premier tronçon vers Béziers (horizon 2032) aura vocation à désengorger la ligne ferroviaire du littoral. La Région pourra ainsi renforcer son offre de TER.

    Du côté de la Métropole de Montpellier, on travaille déjà sur les futures lignes de bustram ou cars dits « à haut niveau de service ». Ils seront non polluants et éviteront les bouchons grâce à des voies réservées. Trois études sont déjà en cours pour des cars vers le Cœur d’Hérault (Gignac, Clermont, Lodève…), Balaruc depuis Garcia Lorca et Saint-Mathieu-de-Tréviers depuis le rond-point de Girac. Deux autres lignes verront le jour : l’une depuis Castelnau vers Castries, l’autre vers Lavérune, Pignan, Cournonsec voire Poussan. Des liaisons vers Saint-Gély-du-Fesc ainsi qu’entre Baillargues et Mauguio sont aussi dans les tuyaux. Au total : 267 millions d’euros d’investissement qui créeront des emplois. Mais « l’État doit jouer son rôle », presse Julie Frêche.

  • Occitanie : l’opposition au Mercosur ne faiblit pas

    Occitanie : l’opposition au Mercosur ne faiblit pas

    Le monde agricole gronde et les dernières annonces gouvernementales ne semblent rien arranger au feu qui couvait depuis quelque temps. Déjà empêtré dans sa gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), maladie s’attaquant aux bovins, Matignon a pourtant tenté de désamorcer la colère, sans grand succès comme en témoignent les blocages et mobilisations qui se poursuivent dans tout l’Hexagone.

    À l’instar de Montpellier, où la FDSEA et les JA de l’Hérault s’étaient rassemblés devant les grilles de la préfecture héraultaise le 9 janvier pour tenter de s’opposer à la signature de l’accord entre l’Union Européenne et les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Bolivie, Paraguay et Uruguay), créant l’une des plus vastes zones de libre-échange de la planète. « Il est hors de question de dire oui au Mercosur même si certains pays ont changé d’avis. Tant qu’il y aura une lueur d’espoir chez nos adhérents, on ne les lâchera pas  », soutient Annabelle Decoursière, secrétaire générale des JA de l’Hérault. En effet, même si Emmanuel Macron semble avoir changé d’avis et s’oppose maintenant à l’accord de libre-échange, la France n’a pas suffisamment convaincu d’autres pays pour constituer une minorité de blocage, si bien que l’accord devrait être ratifié par Ursula Von der Leyen le 17 janvier. « L’Union européenne vient de découvrir son 49-3 et passe en force », soupire Morgane Bara, porte-parole de la Confédération paysanne dans l’Hérault, regrettant « le peu de lobbying exercé par la France pour avoir la minorité de blocage, pourtant facilement atteignable. »

    Le texte supprime donc les droits de douane entre les parties et ouvre notamment la voie aux importations de viande sud-américaine, dont la concurrence est jugée déloyale et les normes environnementales et sanitaires moins contraignantes. « Le libre-échange est délétère. Les clauses miroirs évoquées par Macron ne changeront pas la donne. On met en concurrence les producteurs de la planète et le moins-disant remporte la palme, tout le monde est perdant », se désole Morgane Bara.

    Direction Strasbourg

    Pour tenter de calmer les esprits, la ministre de l’Agriculture a donc annoncé onze mesures pour une enveloppe de 300 millions d’euros. Sans convaincre l’ensemble du spectre syndical agricole. « C’est de la poudre aux yeux, on saupoudre un peu d’argent, on recule sur l’environnement. Mais sans donner de réponses sur ce qui nous préoccupe vraiment : le revenu paysan », observe Morgane Bara. Des effets d’annonce dénoncés – dans une moindre mesure – par les JA. « Il faut du concret. Ces annonces ne sont qu’un pansement, qui dépend d’un budget. La latence est trop grande avec le moment où ça arrive dans la ferme. Mais on ne crachera pas dans la soupe si ça arrive », soutient Annabelle Decoursières.

    Les regards sont maintenant tournés vers Strasbourg, où le Parlement de l’UE pourrait saisir la Cour de Justice de l’UE lors d’un vote le 21 janvier, ce qui suspendrait l’accord pendant plusieurs mois.
    Louis Dupin

  • Volotea ambitionne de prendre le leadership à Montpellier

    Volotea ambitionne de prendre le leadership à Montpellier

    En 2026, l’aéroport de la 7e ville de France va-t-il enfin prendre son envol ? En basant un avion en 2020, Transavia devait déjà faire entrer Montpellier dans la cour des grands. Mais la pandémie de Covid avait ralenti ses projets.

    Six ans plus tard, l’aéroport de Montpellier franchit un nouveau pas qui doit lui permettre d’atteindre les 3 millions de passagers, qu’il vise à terme contre 1,9 million actuellement. Mercredi 14 janvier, Volotea a officialisé sa volonté de faire de la capitale héraultaise sa 11e base en France. « Depuis 2012, nous avions 8 enfants (Ajaccio, Brest, Caen, Lille, Nantes, Rennes, Strasbourg et Minorque). Il était temps de se marier ! », se félicite Emmanuel Brehmer, président du directoire de l’aéroport Montpellier Méditerranée. « Il s’agit d’un mariage à l’ancienne sans divorce, ironise Carlos Muñoz. On va continuer à développer ce partenariat très longtemps », assure le fondateur et PDG de Volotea.

    La compagnie low cost ibérique va commencer par « faire dormir » un Airbus A320 (180 sièges) à Montpellier en attendant le second d’ici 2 ou 3 ans. « Cela signifie de la ponctualité puisque l’avion est sur place et aussi que nos collaborateurs connaîtront bien les clients car ils habiteront ici et feront vivre ce territoire », insiste Gilles Gosselin. Des recrutements vont être lancés afin de pourvoir les 30 emplois de pilotes, hôtesses de l’air et stewards créés à Montpellier.

    900 000 passagers visés d’ici 2030 au plus tard

    Dès novembre, Volotea proposera 4 nouvelles destinations : Bordeaux, Madrid, Tenerife Sud et Lanzarote. A la différence de son concurrent déjà installé, Volotea préfère développer les liaisons des villes telles que Montpellier. « 65% des Européens vivent dans des villes petites ou moyennes pas assez desservies », explique Carlos Muñez. Le PDG fait valoir un taux de réalisation des vols irréprochable (99,4%) et un indice de satisfaction en hausse (+24%) pour la compagnie à bas coûts. « Ça ne veut pas dire qu’on sert du caviar et qu’on propose des douches comme Émirates, mais 9 clients sur 10 nous recommandent ».

    Dans le courant de l’année, de nouvelles destinations vers l’Europe, le Maghreb ou les pays nordiques devraient être dévoilées à des « prix abordables » malgré l’impact de la taxe de solidarité (6,3 euros par billet). Certaines seront permanentes, d’autres saisonnières. « On s’adaptera à la demande et au succès des routes », promet Gilles Gosselin. Le directeur de la « première compagnie domestique en France » ne cache pas son ambition dans une Occitanie où Volotea est déjà implantée à Toulouse, Rodez, Lourdes/Tarbes. « On veut être la compagnie majeure de référence de l’aéroport de Montpellier ». En 2026, 400 000 sièges (+9%) sont espérés ici et 900 000 annuels sont visés d’ici 2 à 4 ans. Depuis 2012, Volotea a déjà transporté 2,8 millions de passagers depuis Montpellier.

  • Une nouvelle directrice pour l’économie sociale en Paca

    Une nouvelle directrice pour l’économie sociale en Paca

    « Notre ambition, c’est de continuer le passage à l’échelle de l’économie sociale et solidaire. » Mathilde L’Hôte, qui a récemment pris les rênes de la Cress Paca en tant que nouvelle directrice, affiche sa volonté de mettre les bouchées doubles pour le développement de la chambre et des entreprises du secteur, ce mercredi, lors d’un point presse à Marseille. « On est une économie qui fonctionne, qui emploie et qui répond à des besoins concrets des populations et des territoires », entame-t-elle. Avant de rappeler que l’économie sociale et solidaire est un modèle sur lequel il faut plus que jamais compter : « C’est 11 139 entreprises de divers statuts dans la Région, ça représente plus de 181 000 salariés, c’est 12,8% de l’emploi privé ! »

    Elle vise donc un développement du secteur, tout en restant fidèle « aux principes fondateurs » de l’ESS, qui rassemble sociétés coopératives, entreprises mutualistes, associations ou encore les fondations : « Utilité sociale, gouvernance démocratique et la lucrativité limitée. » Un rappel pas anodin dans un contexte plus que difficile pour l’ESS : « On est dans une contraction budgétaire, avec une incertitude sur une baisse, voire disparition, des financements publics. » Concrètement, elle plaide pour « un renouvellement des enveloppes budgétaires » pour la Cress alors même que le budget alloué au développement de l’ESS pourrait être largement réduit par l’État. D’où l’importance d’un autre chantier auquel elle entend s’attaquer : « Consolider les modèles économiques de nos structures. » « On doit renforcer notre capacité d’accompagnement des acteurs. Il y a un besoin de croissance et de diversification des ressources pour les entreprises de l’ESS », développe-t-elle.

    Poursuite du combat pour la consularité

    Et cela passe par une autre de ses priorités : « Notre plaidoyer en direction des pouvoirs publics doit être accentué. (…) Nous avons pour mission de visibiliser ces acteurs. » D’un point de vue plus politique, elle se place dans les pas du président de la Cress Paca, Denis Philippe, notamment à propos de la question de la consularité des chambres de l’ESS.

    Pour rappel, si la Cress a des « missions régaliennes » à l’instar de la Chambre de commerce et d’industrie, elle n’est pas reconnue comme une chambre consulaire à l’inverse de cette dernière. « Je soutiens totalement son positionnement. On représente la totalité des entreprises de l’ESS, pour autant on ne bénéficie pas des moyens des chambres de commerce », martèle-t-elle.

  • FO veut une accélération de la réindustrialisation à Fos

    FO veut une accélération de la réindustrialisation à Fos

    « Des dossiers chauds pour 2026, ce n’est pas ce qui manque. » En visite à Marseille, le secrétaire général de la fédération FO Métallurgie, Valentin Rodriguez, a des messages à faire passer aux acteurs locaux comme nationaux. Forte d’une bonne représentativité dans le secteur, des industries sidérurgiques à l’aéronautique, Force ouvrière tient à alerter sur une année charnière pour les travailleurs métallos et ses « points de vigilance ». « On a une industrie en souffrance, on ne découvre pas la nécessité d’avoir une industrie souveraine aujourd’hui », campe le secrétaire général.

    Il prend l’exemple de l’automobile, un secteur qui « a perdu 100 000 emplois sur les 20 dernières années ». De quoi afficher la position de l’organisation qui se veut empreinte de « pragmatisme ». « On dit “pourquoi pas” à l’accord récemment signé à Bruxelles [qui assouplit l’interdiction des moteurs thermiques prévue pour 2035 Ndlr]. Mais on est vigilant à ce que les salariés français ne soient pas les dindons de la farce », développe Valentin Rodriguez. En clair, FO appuie la nécessité de « plus de protectionnisme » et souhaite imposer un haut pourcentage de production locale dans l’industrie.

    Même raisonnement quand l’organisation réclame « un moratoire sur la décarbonation de la sidérurgie ». Sujet ô combien local avec « la situation critique » du site d’ArcelorMittal de Fos-sur-Mer. « On tourne en mode dégradé, le groupe a mis les moyens pour qu’on redémarre en partie la production », juge David Thourey, délégué syndical d’ArcelorMittal Méditerranée. Avant de dénoncer : « Il n’y a pas de vision à long terme, le secteur attend des mesures de l’Union européenne. » Pragmatisme encore donc. « C’est compliqué d’être compétitif quand l’acier chinois peut être vendu à perte car il a le soutien de son gouvernement », développent les syndicalistes.

    FO favorable à la ligne THT

    Avant de demander « plus de soutien et moins de pression sur la décarbonation » de la part du gouvernement français actuel. De quoi faire le lien avec la réindustrialisation du golfe de Fos. Gérard Ciannarella, coordinateur de FO Métallurgie dans la région dénonce « l’attitude irresponsable de l’État » au sujet de la ligne Très Haute Tension (THT) qui doit relier Fos et Jonquières, dans le Gard. Une infrastructure « nécessaire » aux différents projets industriels à venir. « On y est très clairement favorable, le secteur en a besoin. Il faut une décision rapidement, ce n’est pas normal que l’État reporte sa prise de position pour après les municipales », tempête le syndicaliste. Valentin Rodriguez insiste : « On parle de plus de 10 000 emplois à la clé, ce n’est pas rien ! ».

  • Huîtres interdites à la vente : crise sanitaire, crise de confiance

    Huîtres interdites à la vente : crise sanitaire, crise de confiance

    À Thau, la crise est devenue une triste habitude. Fin décembre, un arrêté préfectoral tombe : la récolte et la commercialisation des huîtres, moules et palourdes issues de la lagune sont suspendues. En cause : la présence de norovirus, « après plusieurs cas de toxi-infections alimentaires collectives », précise la préfecture. La contamination serait « très probablement » liée aux fortes pluies de décembre et aux crues exceptionnelles qui ont charrié des eaux usées dans le bassin.

    Des aides nationales

    à court terme

    Sauf que cette décision, prise au cœur des fêtes, frappe une filière déjà fragilisée. 10% de la production nationale, 3 000 emplois directs et indirects : ce territoire vit grâce à la conchyliculture. Ce nouvel arrêt ressemble à une gifle. D’autant que la fermeture concerne les coquillages récoltés après le 19 décembre, et que les rappels produits, les alertes répétées et la médiatisation des « huîtres contaminées » installent la méfiance chez les consommateurs.

    Pour Fabrice Grillon, directeur du Comité régional de conchyliculture de Méditerranée (CRCM), le choc est double : économique et politique. « Nous avons appris que 20 mm de pluie avaient suffi à provoquer des débordements et une contamination au norovirus », explique-t-il. Et d’ajouter : « Il y a une vraie stupéfaction. Comment, en 2026, des réseaux débordent encore ? » Patrice Lafont, président du CRCM, a indiqué avoir déposé plainte lundi 6 janvier pour « mise en danger des consommateurs » et « contamination du milieu », afin que la lumière soit faite sur l’origine de la contamination et pour « obtenir la reconnaissance du préjudice » de cette « fermeture dévastatrice ».

    La réunion de crise en préfecture, tenue le mardi 6 janvier au soir, a au moins permis d’obtenir des premières mesures. Face à la tempête sociale, l’État et les collectivités ont annoncé des aides d’urgence. Parmi elles : exonération des redevances portuaires (environ 120 000 euros), année blanche pour le traitement des déchets conchylicoles (soit 1 million d’euros), étalement des dettes fiscales, possibilité d’extension des prêts garantis par l’État sur quatre ans supplémentaires, remises gracieuses de taxe foncière, réouverture du guichet d’indemnisation lié à la malaïgue, avec barème enfin révisé. Fabrice Grillon salue la rapidité d’action : « Ces aides financières, c’est du concret, et cela va aider les entreprises à encaisser le choc. » Mais il prévient aussitôt : « L’impact ne s’arrêtera pas fin janvier. L’aide financière ne peut suffire au long terme. »

    Car l’essentiel reste sans réponse : comment éviter que cela ne recommence ? Le problème est en effet structurel. Si l’on en croit F. Grillon, les collectivités ont investi contre le risque microbiologique. Pas assez contre le risque virologique. Résultat : à chaque épisode pluvieux, la menace revient. Et derrière les chiffres, il y a des vies : producteurs ruinés, trésoreries à sec, saison gâchée. L’État promet des aides, mais la seule urgence ne peut être financière. Il faut sécuriser la production : revoir les réseaux unitaires, anticiper le pluvial, optimiser la station d’épuration, développer les unités de mise à l’abri. À l’heure où l’on subventionne à coups de milliards l’agro-industrie exportatrice, la filière de Thau demande simplement de pouvoir travailler durablement, sereinement, dignement.

    « Midi Libre » attaqué

    Lundi 5 janvier, une cinquantaine d’ostréiculteurs ont incendié le portail du siège de nos confrères de Midi Libre pour protester contre la couverture de la crise sanitaire. Le SNJ et la Sojomil dénoncent une « tentative d’intimidation » et rappellent que la critique passe par le débat, pas par la violence. F. Grillon souligne le« mal-être » de la filière et se défend d’une attaque contre la presse. Mais rien ne justifie de s’en prendre aux journalistes : la liberté d’informer reste une ligne rouge.

    A.J.

  • Montpellier : nouvelle station sur la ligne 3

    Montpellier : nouvelle station sur la ligne 3

    Le développement de l’offre de transports se poursuit néanmoins.

    Pas plus tard que le 14 janvier, la 3e ligne de tramway sera dotée d’un nouvel arrêt. En chantier depuis septembre, la station Boirargues verra le jour entre l’arrêt place Pablo-Picasso (près de Parc Marianne) et l’actuelle station… Boirargues ! Située en face Carrefour Lattes, celle-ci sera aussitôt rebaptisée « Soriech ».

    La nouvelle station Boiragues sera, elle, implantée sur l’avenue Georges-Frêche, à hauteur de l’intersection avec le chemin du Mas Rouge et celui de Soriech. Le but de cette nouvelle station est de « renforcer le maillage du réseau » et de mieux desservir le quartier de Boirargues ainsi que la zone commerciale du Solis et du Soriech. Une zone desservie toutes les 6-7 minutes qui bénéficiera à 3 000 usagers.

  • Occitanie : vers la réouverture de la ligne du Teil

    Occitanie : vers la réouverture de la ligne du Teil

    Dans le Gard, le 29 août 2022 fut un grand jour pour le ferroviaire. Après un demi-siècle d’inactivité, la ligne de la rive droite du Rhône circulait à nouveau entre Nîmes et Pont-Saint-Esprit grâce au volontarisme de la Région Occitanie.

    Dans la lignée des états généraux du rail, la présidente Carole Delga (PS) et son vice-président Jean-Luc Gibelin (PCF) ne comptent pas s’arrêter là. En 2026, la Région va injecter respectivement 6,08 et 5,22 millions d’euros pour rénover les gares de Villeneuve-lès-Avignon et Roquemaure en sommeil depuis des années (1973 pour Villeneuve). Objectif : faire en sorte que des trains s’y arrêtent à nouveau.

    Dans le cadre de la réouverture de la ligne Nîmes-Le Teil (Ardèche), la remise en service de la gare de Villeneuve (déjà traversée par la ligne de la rive droite du Rhône) était prévue dès 2026. Mais une étude environnementale (protection de papillons et de fleurs) annoncée par l’État en décembre repousse le calendrier. De 2 ans pour les gares (2028) et de 4 ans pour l’ensemble de la ligne du Teil (2030).

  • La LGV Montpellier-Perpignan enfin sur de bons rails en 2026 ?

    La LGV Montpellier-Perpignan enfin sur de bons rails en 2026 ?

    Seul chaînon manquant de la grande vitesse entre Séville et Amsterdam, la Ligne nouvelle Montpellier-Perpignan (LNMP) pourrait (enfin) faire un pas de géant cette année.

    Réunis le 9 décembre dernier en comité de pilotage, les porteurs du plus grand projet ferroviaire d’Occitanie dont le coût continue d’interroger (a minima 6 milliards d’euros) ont réaffirmé leur volonté de voir les travaux du tronçon Montpellier-Béziers de la Ligne à grande vitesse (LGV) débuter en 2029.

    En signant une nouvelle convention de 68,6 millions d’euros qui rappelle que rien que les études sont onéreuses, la SNCF, l’État, la Région, la Métropole de Montpellier et les autres partenaires actent la perspective de l’ouverture d’un appel d’offre du marché de conception réalisation en septembre 2026.

    Point noir pour les opposants du Bassin de Thau, le comité dédié au futur viaduc de Poussan présidé par le président d’Agglo, Loïc Linarès (PS), a vu son cadre posé suite aux propositions émergentes de l’atelier citoyen.

    Tandis que l’autorisation environnementale est attendue pour mai 2026, l’enquête publique suit son cours. Les diagnostics archéologiques et les sondages géotechniques complémentaires pourront ensuite être engagés. Une étude d’attractivité et de desserte visant à « favoriser l’accroche à la grande vitesse » des territoires des agglos de Sète et d’Agde a également été validée.

    La phase 2 au printemps

    Si la phase 1 semble sur les rails, il reste pas mal de questions à trancher sur la phase 2 (Béziers-Perpignan). A l’instar du premier tronçon Montpellier-Béziers, la seconde partie de la ligne sera-t-elle mixte (fret/voyageurs) ? Va-t-on construire une ou deux gares TGV à Béziers et/ou Narbonne ? La concertation préalable sur la phase 2 dont les modalités seront arrêtées début 2026, est programmée au printemps 2026.