Category: economie

  • Les entreprises alpines en lice pour les chantiers des Jeux

    Les entreprises alpines en lice pour les chantiers des Jeux

    « Tout le monde a faim, que le meilleur gagne ! », s’enthousiasme Ambre Pétolat-Dubois assistante de direction des chalets Dubois à Briançon. Ce mercredi matin, elle est venue avec Axel Vernaz, chargé d’affaires, participer à la rencontre organisée à la Chambre de commerce et d’industrie de Gap, dédiée aux entreprises et fournisseurs du territoire. Le but de l’événement : que les grands travaux à venir pour les JOP2030 profitent aux entreprises locales. « Beaucoup de chantiers vont toucher à notre domaine, la charpente, la couverture… Notre entreprise est située à Briançon-même, juste à coté, ce serait bête de pas participer », explique Axel Vernaz.

    Ils sont des dizaines comme eux à avoir répondu à l’invitation de la SNCF, de la Solideo et de la région sud pour venir prospecter les marchés à venir. Il faut dire qu’avec un investissement total estimé à 1,4 milliard d’euros pour la livraison des ouvrages olympiques et 342 millions pour les travaux ferroviaires, les entreprises alpines ne veulent pas rester à quai. Pour autant, ces chiffres ne doivent pas conduire à se brûler les ailes. « C’est une très bonne opportunité pour les trois-quatre prochaines années à venir. Par contre, il faut rester très vigilants, le danger, c’est qu’on mange dix ans de budget en trois ans et qu’il y ait un gros trou derrière, avertit Georges Emmanuel, gérant d’Ozé, société coopérative de travaux de falaise. Ce n’est pas la peine d’investir dans des machines chères à rembourser sur dix ans alors que tu n’as que trois ans de chantier. Cela peut être dangereux pour nous s’il n’y a plus beaucoup de boulot local dans trois ans. »

    Face à un évènement dont l’impact économique peut aussi inquiéter, Nicolas Chabrand, président de la fédération de BTP 05, a tenu à rappeler à quel points les grands évènements avaient contribué positivement à sa filière : « Après guerre, la coconstruction du barrage de Serre-Ponçon a été une transformation du département qui a permis à nos entreprises de grandir, avance-t-il. Mais il y a eu aussi les plans neiges successifs qui ont permis d’avoir cinq millions de touristes chaque année. Cela a transformé nos entreprises, qui ont relevé le challenge, dans des conditions difficiles, en hiver, parfois à 1 800 m, pour respecter les délais. C’est ce qui a fait la force du BTP des Hautes-Alpes. » De son côté, la SNCF, l’un des principaux porteurs de marchés publics de travaux, est venue présenter ses atouts : « Les achats SNCF, sur ce qu’on appelle le cœur ferroviaire de la société, c’est 15 milliards d’euros par an. En 2025, ils ont engendré presque 285 000 emplois induits et indirects », a ainsi souligné Fabrice Morel, directeur RSE de l’entreprise.

    Des entreprises…

    et des associations

    Il n’y a pas que des entreprises qui viennent aux renseignements, des associations viennent aussi voir de quelles manières elles pourraient s’associer aux Jeux. Parmi elles, Caroline Haag, de l’association Environnement et solidarité, porteuse de chantiers d’insertion dans le briançonnais, s’avance en solution locale pour améliorer l’impact environnemental des Jeux : « On regarde quelle place la ressourcerie et le réemploi pourraient avoir dans ce partenariat avec les futurs Jeux 2030, explique celle qui est également représentante des ressourceries de la région. Cela peut-être en participant à l’aménagement et à la conception des lieux éphémères avec du réemploi, en récupérant des installations éphémères pour des ressourceries plutôt que de les jeter, ou en fournissant des équipements de réemploi pour des appartements du village olympiques. » Les premiers marchés de travaux de voirie seront publiés dans les semaines à venir, d’après Yannick Ghiron, directeur stratégique à la Solideo. L’ensemble des marchés seront publiés au début du premier semestre 2027 et accessibles sur marche2030.org

  • Mini Green Power lance un appel à repreneurs

    Mini Green Power lance un appel à repreneurs

    Le combat continue pour Mini Green Power (MGP). Placée en liquidation judiciaire avec continuité d’activité depuis avril, la start-up hyéroise, spécialisée dans la conception et la réalisation de petites centrales modulaires visant à transformer les déchets locaux en énergie bas carbone et en biochar (matériau permettant de capturer le carbone dans le sol et de lutter contre les émissions de CO2) veut encore croire à sa survie.

    Une situation qu’elle impute à la rupture de son principal partenariat commercial avec l’entreprise Suez, qu’elle a décidé d’assigner en justice. Créée en 2014, revendiquant 11,2 millions d’euros de chiffres d’affaires et 2 millions d’euros de bénéfice en 12 ans, « la société était en plein décollage avec plus de 55 millions d’euros de commandes signées. Elle prévoyait de réaliser 9 millions d’euros de CA en 2026, 20 en 2027 et espérait dépasser les 300 en 2031. Cet élan a été coupé par un changement de stratégie chez Suez alors que le partenariat était en plein déploiement », dénonce-t-elle. Cela se serait matérialisé par le non-paiement de la totalité d’un contrat estimé à 53,5 millions d’euros par Suez, et l’annulation d’un deuxième contrat à 50 millions qui découlait du premier. MGP soupçonnait par ailleurs Suez de vouloir attendre sa faillite « pour bénéficier gratuitement des 38 brevets constituant [sa] technologie innovante ».

    Des discussions mais

    rien n’est encore ficelé

    Des faits que conteste Suez, dont la direction affirmait en avril dans nos colonnes avoir mis fin au partenariat « face aux dérives constatées des coûts et du calendrier », arguant avoir réglé « l’intégralité des sommes dues à MGP dans le respect des contrats signés, y compris à l’issue de la résiliation », et affirmant que « les brevets de MGP restent en particulier la propriété de cette société ».

    Déjà sujette au redressement en 2023 suite à un incendie dans son atelier, l’entreprise, qui emploie 22 personnes (18 CDI, 4 contrats d’alternance), a lancé, le 11 juin, un appel à repreneurs qui court jusqu’au 2 juillet. « Je suis persuadé que l’entreprise peut rebondir : nous disposons de 38 brevets valables dans 10 pays, d’une équipe de collaborateurs experts et d’une technologie validée dans un secteur en pleine croissance. L’équipe est unie et très engagée », soutient Jean Riondel, son fondateur-dirigeant. Ce dernier souhaite ainsi poursuivre l’aventure avec « un repreneur désireux de poursuivre le développement de l’entreprise et de servir les clients prêts à s’engager dans la décarbonation grâce à notre technologie ».

    Alors que la procédure de liquidation se poursuit jusqu’au 2 septembre, MGP dit être entré en discussions avec plusieurs entités, même si pour l’heure, rien n’est encore ficelé. « Douze années de travail ont construit quelque chose de réel à haute valeur ajoutée à moyen et long terme. La planète a besoin de technologies ambitieuses et propres. La France a besoin de solutions concrètes pour ses déchets, ce besoin est universel », appuie Jean Riondel, déterminé à trouver une solution pérenne.

  • Marseille: des obligations Panda pour financer le développement économique

    Marseille: des obligations Panda pour financer le développement économique

    Le consul général de Chine à Marseille, He Youlin, et la Directrice générale de la branche française de CCB, Wang Yao, ont souligné la réussite croissante de ce type d’opération en présence de Serge Perottino, vice-président de la Métropole Aix-Marseille-Provence et de David Galtier, conseiller régional, qui a souligné l’opportunité que constituent les obligations Panda pour les entreprises en citant Deng Xiaoping : « Peu importe qu’un chat soit noir ou blanc, s’il attrape la souris, c’est un bon chat ».

  • Pierre Fabre double la production de l’usine d’Avène

    Pierre Fabre double la production de l’usine d’Avène

    Les Laboratoires Pierre Fabre, géant français de la dermo-cosmétique basé à Castres, dans le Tarn, ont annoncé, fin mai, un « investissement stratégique de près de 50 millions d’euros » pour « transformer et agrandir » leur site de production d’Avène, dans l’Hérault, entièrement dédié à la fabrication et au conditionnement des produits de la marque Eau Thermale Avène, qui commercialise 180 soins dermo-cosmétiques.

    « Nous sommes fiers d’engager cette nouvelle étape, qui reflète pleinement notre vision industrielle : maintenir notre production en France, où encore 90% des produits du groupe sont fabriqués, au plus près de nos racines. C’est un choix qui renforce notre capacité à répondre par nous-mêmes à la demande de nos clients, tout en soutenant la dynamique économique locale et le rayonnement international de notre marque phare », estime le directeur des opérations Pierre Fabre, Vincent Huraux.

    Atteindre 200 millions d’unités produites en 2029

    Implantée au plus près de la source et de la station thermale, l’unité de production d’Avène occupe une place centrale dans le dispositif industriel dermo-cosmétique du groupe. Depuis 2010, « près de 90 M d’euros ont déjà été investis sur ce site », qui emploie actuellement 330 personnes et produit chaque année environ 100 millions de produits. L’objectif affiché, avec ce nouvel investissement, est d’atteindre 200 millions d’unités produites à l’horizon 2029. Un doublement de la capacité destiné à « accompagner la croissance internationale de la marque Avène », première marque des Laboratoires Pierre Fabre et deuxième marque du marché dermo-cosmétique mondial, avec une croissance particulièrement forte en Chine (+10,7%) et aux États-Unis (+9,2%).

    En 2025, le groupe, qui emploie 10 000 personnes dans le monde, a généré 3,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires, dont 71% provenant de l’international. L’activité dermo-cosmétique a progressé de 2,6%, portée notamment par la marque Eau Thermale Avène qui représente à elle seule un milliard d’euros de chiffres d’affaires, soit un tiers du chiffre d’affaires du groupe tarnais.

  • SolarinThau : l’huître et le solaire à l’essai 18 mois

    SolarinThau : l’huître et le solaire à l’essai 18 mois

    Présentée comme une première en Méditerranée, une structure flottante de 53 mètres sur 8 baptisée SolarinThau, qui associe élevage de coquillages et production photovoltaïque, a été installée sur l’étang de Thau. Ses promoteurs y voient une réponse au vieillissement des tables conchylicoles et aux difficultés économiques de la filière. Pendant 18 mois, cette expérimentation devra vérifier si ce modèle peut constituer une alternative pour les quelque 2 600 tables conchylicoles de l’étang.

    Conchyliculteur depuis huit ans, Yannick Desplat se dit séduit par l’idée d’ « allier écologie et énergie solaire. » Mais il reste prudent après les premiers essais d’ancrage. Cette prudence s’explique notamment par les premiers essais réalisés sur la lagune. Dans un communiqué publié le 16 juin, le consortium réunissant le Comité régional de conchyliculture de Méditerranée, SolarinBlue et le SMBT reconnaît que « la solution d’ancrage retenue n’est pas suffisante pour garantir un maintien en position durable de la table sur toute la durée de l’expérimentation ».

    Un prototype confronté

    à la réalité du terrain

    « Le but au départ était de développer des amarres plus écologiques et moins impactantes pour le milieu. Mais entre la modélisation informatique et les conditions réelles sur l’eau, il y a parfois un écart », explique Fabrice Grillon, directeur du CRCM. « Cela reste un prototype. La première prouesse a déjà été de construire cette table, de la mettre à l’eau puis de l’amener jusqu’à la zone conchylicole. Les défis qui restent sont de sécuriser l’ancrage, vérifier l’impact environnemental du dispositif et réussir la production d’huîtres dans ces conditions », poursuit-il.

    Le consortium espère désormais redéployer la plateforme dans les prochaines semaines. Une nouvelle date d’inauguration sera ensuite fixée afin de lancer officiellement la phase d’expérimentation et les premières cultures d’huîtres.

    Amélia Siapo

  • Hautes-Alpes : un nouveau schéma pour une décennie de tourisme

    Hautes-Alpes : un nouveau schéma pour une décennie de tourisme

    « Notre activité touristique a progressé de manière remarquable ces dernières années, que ce soit en termes de fréquentation, de nuitées, de visiteurs accueillis ou de retombées économiques », a annoncé Patrick Ricoux, vice-président chargé de l’attractivité du territoire, en préambule de l’adoption du nouveau schéma de développement du tourisme. Or, si « l’activité touristique s’est métamorphosée », comme il le rappelle, « le but de ce nouveau plan n’est pas de reproduire ce qui a été fait ces dix dernières années, au vu des évolutions des pratiques, mais de l’enrichir ».

    Développer et préserver

    Le tourisme apparaît en effet comme le moteur économique majeur du département. Entre 2015 et 2025, le chiffre d’affaires du secteur a progressé de 28% avec 919 millions d’euros générés pour l’année 2025. Il représente 25% du PIB des Hautes-Alpes, 5 millions de visiteurs par an et 15 000 emplois directement en lien avec le tourisme. Après cette décennie fructueuse pour les Hautes-Alpes, ce nouveau schéma a pour but d’établir de nouveaux objectifs. Très vite un point de tension est apparu : comment concilier l’attractivité touristique et préserver le cadre naturel, en bref continuer d’attirer sans créer de surfréquentation.

    « L’attractivité de notre département repose avant tout sur ce qui fait son identité : des paysages préservés, des espaces naturels remarquables, des villages authentiques. C’est parce que nous avons su préserver ces paysages que nous arrivons à attirer des visiteurs. Alors je souhaite poser une question simple, jusqu’où devons-nous développer notre tourisme sans dénaturer ce qui fait précisément sa force ? », a questionné Gérard Ténoux, vice-président en charge de l’habitat. De son côté, Yvain Chaix, président de l’agence de développement des Hautes-Alpes, a assuré qu’« un grand objectif du schéma c’est de garantir le développement du tourisme haut-alpin tout en veillant sur nos milieux et nos hôtes ». Toutefois, l’heure n’est pas à l’écologie radicale : « On souhaite s’engager dans une voie de développement, bon nombre de nos contemporains prônent la décroissance, ce n’est pas le sujet de ce schéma, il s’inscrit dans une dynamique de croissance car on sait comme c’est important pour fixer les populations et créer des emplois. »

    Faire adhérer

    la population

    Le schéma a aussi pour ambition affichée de s’assurer de l’adhésion des populations locales. « On voit bien qu’il y a un sujet central sur l’acceptation du développement touristique », a rappelé Yvan Chaix. Toutefois, une adhésion totale s’apparente à « un vœu pieux », pour Jean-Baptiste Allaud, conseiller départemental : « On voit bien au sujet de l’organisation des JOP 2030, qu’il y a toujours des gens qui dénonceront les actions que nous portons (…). Il y a des gens qui se sont installés dans notre département dans l’idée que dès leur installation, il faudrait que rien n’évolue. Même s’il faut intégrer certains points de vue on ne peut pas aller dans la démarche d’arrêter de développer notre département du point de vue touristique », a-t-il affirmé.

  • À Tricastin, un des plus gros chantiers industriels prend forme

    À Tricastin, un des plus gros chantiers industriels prend forme

    C’est un chantier bien moins visible et symbolique que celui de la destruction des tours Eurodif (notre édition du 12 avril 2025) mais d’une forte ampleur industrielle qui est en train de s’opérer sur le site nucléaire de Tricastin. Alors qu’après une grosse année de travail, les trois tours de refroidissement de l’ex-usine George-Besse ont définitivement disparu du paysage, Orano s’attelle à l’extension de l’usine George-Besse II. Un projet industriel hautement stratégique pour l’un des leaders de la fabrication de nucléaire, qui a ouvert ses portes à la presse ce lundi pour une visite de chantier.

    Inaugurée il y a plus de 15 ans, l’usine George-Besse II a pris le relais de sa grande sœur spécialisée dans l’enrichissement d’uranium. « C’est un savoir-faire unique au monde depuis plus de 60 ans, on transforme de l’uranium pour permettre de fournir en énergie bas carbone les centrales nucléaires », resitue Pascal Turbiault, directeur d’Orano Tricastin. Actuellement, l’usine couvre l’équivalent des besoins électriques de 90 millions de foyers par an, soit la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne confondues.

    Plus de la moitié

    du chantier achevée

    « Le projet d’extension va permettre d’augmenter notre capacité de 30% », précise le directeur et ce afin de répondre à la demande croissante en la matière. Orano, qui exporte 70% de sa production, a d’ailleurs été retenu pour construire une usine d’enrichissement aux États-Unis. À Tricastin, le chantier s’élève à 1,7 milliard d’euros et mobilise jusqu’à 1 000 personnes (lire les chiffres). « C’est l’un des cinq plus gros chantiers industriels actuellement en France », s’enorgueillit Christophe Mei, chef du projet d’extension de George-Besse II. Après la pose de la première pierre en octobre 2024, « 55% des travaux ont été réalisés dont déjà 98% de génie civil », précise-t-il. L’usine agrandie donnera sa pleine mesure d’ici à 4 ans. Actuellement, 14 modules d’enrichissement d’uranium composent l’usine, 4 nouveaux sont en phase de construction.

    « Dès le début de George II, le site a été pensé pour une future extension, ce qui permet de construire sans interruption d’activité, on ne pourrait pas se le permettre car les carnets de commandes sont pleins », fait valoir Christophe Mei. Preuve « du dynamisme », selon Pascal Turbiault, Orano doit embaucher 1 000 personnes dans tout le Sud-Est et quelque 1,3 milliard d’euros doivent encore être investis à Tricastin « pour renouveler et moderniser nos installations ».

    « Pour enrichir l’uranium, on utilise la technique de l’ultra centrifugation, un peu comme un panier à salade où les éléments les plus lourds sont plaqués contre les parois », vulgarise Christophe Mei. Entre la dalle surélevée par 480 plots ou 60 km de tuyauterie à poser, la visite passe par l’immense salle des centrifugeuses en travaux, où les photos ne sont pas autorisées. Mais on peut s’imaginer le grand champ des tulipes de Jonquières en floraison. En moins « instagrammable ».

    CHIFFRES

    800

    kilomètres de câbles vont être intégrés dans cette extension mais aussi 60km de tuyauterie (acier et aluminium) et 1 400 tonnes de charpente.

    180

    entreprises au total participent au chantier, mobilisant 300 à 500 personnes en moyenne avec des pics à 1 000.

    2030

    sera l’année de mise en service complète de l’usine étendue. Dans deux ans, une partie des nouveaux modules seront opérationnels.

  • Les entrepreneurs en difficulté peuvent aussi compter sur « ma tante »

    Les entrepreneurs en difficulté peuvent aussi compter sur « ma tante »

    Problèmes de trésorerie, besoin de financement, liquidation judiciaire : le premier « petit-déjeuner anti-crise » du Crédit municipal de Marseille a réuni, jeudi, plusieurs acteurs de l’accompagnement des entrepreneurs. L’Adie (Association pour le droit à l’initiative économique), la CCI Aix-Marseille-Provence et l’association 60 000 Rebonds ont présenté les dispositifs mobilisables à chaque étape de la vie d’une entreprise.

    À la naissance d’un projet, l’ADIE propose un microcrédit professionnel aux créateurs qui n’ont pas encore accès au financement bancaire. Ensuite, la CCI accompagne le développement de l’entreprise. « On est souvent déclenché trop tard, dans la difficulté », note Nathalie Prenat, chef de projet entreprises en difficulté. Pour répondre à un besoin immédiat de trésorerie, le Crédit municipal met en avant le prêt sur gage. « Si vous disposez chez vous d’un bien de valeur (…), on l’estime et on vous prête immédiatement la somme d’argent proposée », explique son directeur général, Benoît de Rosamel.

    Accompagner le dirigeant

    Lorsque l’activité cesse, après une liquidation judiciaire, l’association 60 000 Rebonds prend le relais. « On accompagne le dirigeant, l’entreprise est terminée, mais le dirigeant est au milieu de son parcours », souligne le directeur Valentin Depledt. L’association propose un accompagnement gratuit par des experts et indique que 84% des entrepreneurs accompagnés rebondissent vers un nouveau projet.

  • Sans le gouffre, de nouveaux atouts touristiques à Fontaine-de-Vaucluse

    Sans le gouffre, de nouveaux atouts touristiques à Fontaine-de-Vaucluse

    « Quand on parle de Fontaine-de-Vaucluse, on pense au gouffre car c’est son identité et c’est impressionnant. Mais ça mérite que l’on regarde autour avec tout ce patrimoine », lâche ce vendredi 19 juin Dominique Santoni, présidente (DVD) du Département de Vaucluse, à l’occasion de l’inauguration du jardin Pétrarque sur la commune.

    En effet, le village de moins de 1 000 habitants à l’année s’est construit autour de la source de la Sorgue, qui est la plus importante exsurgence de France. Depuis sa fermeture en mai 2025 pour raisons de sécurité, un pan de la falaise menaçant de s’effondrer, des réflexions sont en cours pour diversifier l’offre touristique.

    À commencer donc par ce jardin, dont les travaux ont été lancés en septembre dernier. Une zone où vivait notamment le poète du XIVe siècle Pétrarque, d’où le nom, et dont le musée se trouve à l’entrée du parc. Plusieurs traversées entre les petits îlots, sur lesquels se trouvaient encore au siècle dernier des habitations ainsi qu’une centrale électrique, ont également été installées ou rénovées. « On a notamment dégagé la vue, bloquée auparavant par des végétaux, pour inviter les gens à venir voir ici », explique Philippe Le Maner de l’agence Paysages qui a supervisé les travaux. Une belle promenade où l’on longe les premiers mètres de la Sorgue et où l’on peut découvrir les anciens canaux industriels qui servaient donc à l’alimentation électrique du territoire. 680 000 euros ont été investis, dont 445 000 par le Département.

    Son et lumière en août

    D’autres projets sont dans les bacs, ou plutôt dans les canaux, pour continuer à attirer les touristes. « La volonté générale est qu’on ne se focalise plus que sur le gouffre. Quand il était ouvert, on ne se posait pas trop la question », admet Daniel Giraud, 1er adjoint au maire de la commune, le premier édile étant absent ce jour-là. Comme de « repenser l’entrée dans le village » par exemple, ou de développer une offre pour pouvoir passer une ou plusieurs nuits sur place, « car il y a beaucoup d’allers-retours », poursuit-il. Des animations sont aussi prévues, comme un show son et lumière tous les soirs du 1er au 16 août sur les bords de la rivière. Mais on pense tout de même encore au gouffre. Des études sont en cours pour monter un « promontoire » afin de pouvoir observer la formation naturelle d’un autre point de vue. « C’est bien parti. Les avis sont plutôt favorables », confie Dominique Santoni qui estime que le projet pourrait voir le jour « d’ici 2 à 3 ans ».

  • Ancelle veut prendre le virage « quatre-saisons »

    Ancelle veut prendre le virage « quatre-saisons »

    En 1969, quand a ouvert ce camping, il y avait deux cents caravaneiges pour l’hiver, les gens montaient tous les week-ends faire du ski. Petit à petit, la tendance s’est essoufflée, c’est l’été qui a pris le dessus sur l’hiver. » Pour Laure Pellissier, gérante du camping des Auches à Ancelle, c’est clair, l’avenir du tourisme dans les Hautes-Alpes, c’est la saison l’été.

    D’après les données départementales, les Hautes-Alpes accueillent trois millions de visiteurs de plus l’été que l’hiver, un écart qui se creuse chaque année. Laure Pélissier explique cela par deux raisons : « D’abord, le portefeuille, la semaine de ski dans les grandes stations, plus grand monde ne peut se la payer. Ensuite, il y a une vraie demande d’activités de pleine nature. Il y a vingt ans, la montagne faisait peur, maintenant il y a des randonnées accessibles aux enfants de cinq ans. » Elle rapporte que la tendance aujourd’hui est clairement aux activités de pleine nature : rando, accrobranche, via ferrata, canyoning… « La saison d’été est bien plus diversifiée en activités », rappelle-t-elle. Contrainte économique, dérèglement climatique et diminution de la neige en montagne… De plus en plus, pour les stations de neige, le ski n’a plus le monopole.

    À Ancelle, village-station de 1 000 habitants, à 1 300 mètres d’altitude, l’objectif est de diversifier les activités tout au long de l’année. Depuis 2023, la commune ouvre les remontées mécaniques sept jours sur sept en été. Elle a également créé des cartes d’activités d’été et des sentiers ludiques dédiés à la faune, à la flore dès le plus jeune âge. « On n’est pas les seuls mais il y a toujours eu beaucoup d’activités en hiver comme en été ici, avance Vincent Bouchet, directeur des remontées mécaniques d’Ancelle. Par contre, on n’a peut-être pas su les mettre en avant. Aujourd’hui, on travaille avec l’État et la Région pour structurer notre offre, la diversifier et la mettre en lumière. »

    Pour autant, il n’est pas question de remplacer les activités de neige par celles de l’été, les deux ne se pratiquent pas sur la même durée. « Il y a eu un vrai boom des activités vélo post-Covid. Mais pour autant, on ne vient pas faire du vélo toute une semaine comme on vient au ski, tempère Guillaume Boinet, cogérant de La maison du vélo, boutique de vente et location de cycles à Ancelle depuis 2021. C’est plus inscrit dans les mœurs de prendre un cours de ski pour son enfant que de bicyclette. Le vélo va plus être l’une des activités d’un séjour, à côté du canyoning, de la rando, etc. »

    Face au déclin du ski, diversifier les activités

    « Le ski n’est pas fini, ça reste en quelque sorte la base, le tronc de notre activité, sur lequel peuvent se développer et se diversifier les branches, c’est-à-dire toutes les autres activités », détaille Antoine Ceccaldi du service animation d’Ancelle. Le village-station souhaite aussi ne pas se concentrer seulement sur la clientèle d’hiver. Pour cela, la commune a notamment fait rénover il y a deux ans sa base de loisirs. « On veut aussi attirer nos administrés et une clientèle locale tout au long de l’année, insiste Antoine Ceccaldi. Notre clientèle gapençaise est très importante, on est à vingt minutes en voiture de Gap. Des bases natures gratuites aux alentours, il n’y en a pas tant que ça. » Une diversification qui atténuera peut être le choc du dérèglement climatique, périlleux pour un territoire encore très axé sur le tourisme de neige.

    Les projections de MétéoFrance anticipent une perte d’environ cinquante jours d’enneigement en moins d’ici à 2050 pour les massifs autour de 1 800 mètres d’altitude.