Category: culture

  • Quatre jours pour célébrer la culture gitane et faire tomber les préjugés, à Montpellier

    Quatre jours pour célébrer la culture gitane et faire tomber les préjugés, à Montpellier

    À Montpellier, l’histoire gitane est ancienne. « On fait partie du patrimoine de la ville », rappelle Stéphane Hernandez, représentant de l’association Cap Gély Figuerolles, co-organisatrice, avec la Halle Tropisme, du festival international Mosaïque Gipsy Bohême. Une histoire portée par des artistes comme Manitas de Plata, les Gipsy Kings ou la famille Baliardo.

    Basée dans le quartier historique gitan Cap Gély-Figuerolles, l’association du même nom mène des actions socioculturelles et travaille à faire connaître l’histoire et le patrimoine gitans. Depuis l’obtention de l’agrément de l’Éducation nationale l’année dernière, elle intervient notamment dans les écoles et collèges.

    La musique constitue naturellement un fil rouge de cette transmission. L’association est d’ailleurs chargée, par le ministère de la Culture, de porter la reconnaissance de la rumba catalane au patrimoine culturel immatériel de la France. « Une première étape vers une reconnaissance au patrimoine culturel immatériel de l’humanité à l’Unesco », espère Stéphane Hernandez. Née dans les quartiers gitans de Barcelone à la fin des années 1950, la rumba catalane mêle notamment flamenco, rythmes afro-cubains, rock et musique populaire catalane. Elle sera au cœur du festival international Mosaïque Gipsy Bohème, qui propose notamment, samedi 26 septembre à 17h, un atelier découverte suivi, à 20h30, d’un concert des Barcelonais Sabor de Gracia, véritables ambassadeurs de cette musique. Le vendredi 25 (20h30), c‘est à travers la danse que le festival célébrera la rumba catalane.

    « Un festival du partage »

    La programmation fera également entendre d’autres expressions musicales. Jeudi 24, pour l’ouverture, dès 19h, Paul Guta Band, formation portée par un violoniste virtuose, fera voyager le public vers les musiques tziganes des Balkans et le jazz manouche. À 20h30, Los Reyes Héritage, venus d’Arles et issus de la famille des Gipsy Kings, prendront le relais pour un hommage musical au célèbre groupe. Vendredi 25 à 19h, Adelante duo Mixte explorera les sonorités gipsy à travers un duo porté par les guitares, les rythmes flamenco et les influences méditerranéennes. Enfin, dimanche 27, les Montpelliérains de Los Kemados assureront la clôture du festival.

    Cette édition introduit par ailleurs le théâtre dans la manifestation, avec « L’Itinéraire nomade », proposé samedi 26 à 18h30. En cinq tableaux mêlant récit, musique, chant et danse, ce spectacle suivra la vie d’une famille gitane, de la naissance à la mort.

    Trois expositions permettront de découvrir cette culture sous un autre angle. La première, réalisée en partenariat avec la Cimade, sera consacrée à l’antitsiganisme et donnera lieu à une table ronde vendredi 25 à 18h. Une autre présentera des maquettes de campements tsiganes réalisées à partir de photographies par France Warangot, aujourd’hui disparu. Enfin, « Mondes tsiganes », exposition itinérante du Musée national de l’histoire de l’immigration, retracera l’histoire, les modes de vie et les cultures tsiganes, mais aussi les persécutions et le génocide.

    Fête foraine, jeux gonflables, atelier de rumba et paella géante (tous les soirs) compléteront le programme. Pour Stéphane Hernandez, l’essentiel est dans la rencontre.
    «
     C’est un festival qui fait du bien, un festival du partage, de la convivialité et du vivre ensemble, pour lutter contre les préjugés et les a priori sur la population gitane et tsigane. »

  • Un festival fait fourmiller les initiatives contre l’extrême droite

    Un festival fait fourmiller les initiatives contre l’extrême droite

    Le nom résume l’esprit de la manifestation : les Fourmilières veulent fonctionner de manière collective, horizontale et décentralisée. Durant 17 jours, du 25 septembre au 11 octobre, des collectifs indépendants vont faire vivre, de Montpellier aux Cévennes en passant par l’Aude, l’Aveyron, la Lozère ou les Bouches-du-Rhône, un festival placé sous le signe de la solidarité et de l’antifascisme.

    Une initiative impulsée par le Quartier généreux, café associatif montpelliérain. « L’idée était de fédérer un certain nombre d’acteurs autour de la défense d’un héritage : les conquis sociaux, de prendre de la place sur des sujets progressistes et d’ouvrir vers d’autres imaginaires », explique Thibaut, membre de la coordination du festival et de la batucada militante La Battante. L’appel a rencontré un écho au-delà des espérances : plus de 100 collectifs sont désormais impliqués et près de 200 événements recensés. Une dynamique qui prend une résonance particulière à l’approche d’une élection présidentielle où l’extrême droite est donnée favorite. « L’idée est également de sortir de nos entre-soi militants pour reprendre un peu de terrain face à l’extrême droite dans un territoire, le sud de la France, où elle est très présente », insiste Thibaut. « L’enthousiasme des collectifs investis vient aussi du fait que cette initiative prend un peu d’ampleur et que ça permet de peser sur cette année particulière. » Un espace de riposte qui fourmille de propositions dessinant un autre projet de société face à cette menace « réelle autant que croissante ».

    « Un formidable moyen de convergence des luttes »

    Pour participer, chaque collectif doit adhérer à une charte commune, qui laisse toutefois chacun libre du choix de la thématique abordée : antinucléaire, féminisme, antiracisme, lutte contre les violences policières, écologie, solidarité avec la Palestine, critique du masculinisme ou encore questions carcérales. Une diversité qui se retrouve aussi dans les formats : conférences et rencontres littéraires côtoient ateliers d’éducation populaire, concerts, théâtre, cinéma, expositions, mobilisations dans l’espace public… « Cette charte et cette initiative des Fourmilières constituent un formidable moyen de convergence des luttes, qui est toujours appelée à gauche mais jamais atteinte », estime Thibaut.

    De Montpellier

    aux Cévennes

    À Montpellier, l’un des temps forts aura lieu le 30 septembre à la Halle Tropisme. Le Quartier Généreux y proposera une journée familiale avec lectures jeunesse engagées, ateliers et kermesse antifasciste. Un arpentage autour de Décoloniser le dancefloor, d’Habibitch, précédera une rencontre avec l’autrice, avant une soirée musicale avec Planète Boum Boum et Habibitch.

    Le débat d’idées aura également sa place. Le sociologue Ugo Palheta interviendra notamment le 9 octobre à la Carmagnole, à Montpellier, autour de son travail consacré à la progression de l’extrême droite. La Carmagnole accueillera également trois formations – des conférences en ligne – proposées par StreetPress autour de la lutte contre l’extrême droite (les 1er, 7 et 15 octobre). Pauline Ferrari, autrice de Formés à la haine des femmes, sera pour sa part à La Mauvaise Réputation le 2 octobre pour parler des réseaux masculinistes et le théâtre Pierre Tabard proposera pour sa part Boxeur, une histoire antifasciste. Le cinéma sera également mobilisé, avec notamment à Sète, le 29 septembre, une projection consacrée au terrorisme de l’ultra-droite suivie d’un débat avec le journaliste d’investigation Ricardo Parreira et Sophie Mazas (LDH 34), puis, le 11 octobre, un rendez-vous autour du documentaire Main basse sur l’eau.

    Du côté de Ganges, la programmation du 6 au 11 octobre mêlera lecture publique, théâtre, parade populaire et banquet autour d’un couscous préparé avec des légumes de récupération. À Lodève et sur le Larzac, la programmation sera particulièrement dense, avec 40 à 50 rendez-vous sur les trois week-ends : tables rondes, théâtre, concerts et conférences, dont une avec l’historienne Ludivine Bantigny (à Marcillac-Vallon) et une autre avec le sociologue Ugo Palheta (à Millau) le 10 octobre.

    « L’éventualité

    d’une seconde édition »

    Les Fourmilières essaimeront également dans le Gard. À Alès, un stage d’autodéfense féministe est prévu les 26 et 27 septembre. À Bagnols-sur-Cèze, où l’extrême droite réalise des scores importants, un pique-nique solidaire et antiraciste sera organisé le 3 octobre. À Sauve, une journée antifasciste est organisée par la librairie le même jour dans la cour des artisans. Au Vigan, les 29 et 30 septembre, les organisateurs misent sur l’éducation populaire dans le quartier des Arènes : football avec des équipes mixtes, bouturage, scène ouverte, expression artistique et réappropriation de l’espace public, avec également un four à pizza itinérant.

    Les mobilisations dans l’espace public ne seront pas oubliées : marche pour le climat, la paix et les solidarités le 26 septembre, week-end de mobilisation contre le centre de rétention administrative (CRA) de Béziers les 3 et 4 octobre ou encore Fiertés vénères, la Pride radicale de Nîmes, le 10 octobre.

    Au-delà de cette première édition, la coordination réfléchit déjà à la suite. « On fera d’abord le bilan, mais il y aura deux axes pour l’après : faire vivre ces réseaux, car ce sont des dizaines de collectifs qui ont travaillé ensemble, donc plein de rencontres et de partages, et l’éventualité d’une seconde édition. »

    *Tout le programme sur : https://les-fourmilieres.org

  • À Manosque, des salariés en insertion sublimés par une artiste

    À Manosque, des salariés en insertion sublimés par une artiste

    Dans son exposition visible jusqu’à dimanche au centre Carzou, la photographe Marie Calmes raconte le parcours de travailleurs en réinsertion professionnelle, qu’ils soient en situation de handicap, immigrés ou trop âgés pour être embauchés. « La ressourcerie rassemble de nombreux sujets de société », explique l’artiste : intégration, marché du travail, « difficultés à trouver un emploi pour des publics étrangers, en rupture sociale, familiale ou professionnelle, sans papiers, à la rue ». Dans la salle d’exposition, un enregistrement audio donne la parole aux salariés en réinsertion, qui y racontent leur parcours semé d’embûches, que ce soit lié au handicap, à la migration ou encore à des problèmes familiaux. « Parfois, c’est la boîte pour laquelle ils travaillaient qui a fermé et ils n’ont pas retrouvé de travail après, ou c’est un burn-out, une dépression, un deuil… », cite par exemple l’artiste. « C’est des gens qui ont totalement perdu confiance en eux », ajoute-t-elle. À travers son travail, elle souhaite « interroger les regards qu’on peut porter sur ce genre de publics, qui sont souvent stigmatisés ».

    « Il y a des gens qui viennent de pays en guerre, ou même des Français, qui ne trouvent pas de travail. C’est pas en traversant la rue qu’on trouve du boulot. La plupart de ces gens veulent travailler, s’intégrer, mais ce n’est pas simple », déplore Marie Calmes. « Ces gens m’ont touchée, j’ai vu leurs difficultés, et je me suis dit qu’il fallait le partager, parce qu’il y a des gens qui ne se rendent pas compte de ce qu’ils vivent au quotidien. Je voulais les mettre en lumière.»

    « Un pied de nez

    à la hiérarchie sociale »

    Les portraits des salariés en réinsertion sont présentés dans des cadres d’époque dorés, tous trouvés à la ressourcerie. « Je trouvais que c’était un bon moyen de faire un pied de nez à la hiérarchie sociale, en mettant les salariés en valeur dans des cadres issus de castes bourgeoises », lance Marie Calmes.

    Pour la photographe, la ressourcerie est « un lieu de résilience, de transition, où chacun peut retrouver une place », ou encore « une famille pour retrouver le chemin vers le travail ». « On y prend en considération le handicap, les difficultés, cela permet de remettre le pied à l’étrier », avance-t-elle.

    L’exposition a également un aspect écologique, mettant en avant le travail de recyclage et de récupération de la ressourcerie, et dénonçant la pollution au travers de photos de machine à laver et de fauteuils jetés en pleine nature aux alentours de la ressourcerie.

    La photographe a réalisé ce travail dans le cadre d’une résidence au sein de la ressourcerie, à Sainte-Tulle, où elle est restée deux semaines en octobre 2024. Elle a même pensé à faire un livre où elle raconterait les histoires de toutes les personnes en réinsertion rencontrées.

    Une dizaine de salariés étaient présents au vernissage samedi, et certains reviendront lire leurs témoignages ce jeudi à 14h et samedi à 11h. « Je voulais les remercier publiquement de la confiance qu’ils m’ont accordée et du courage de raconter son histoire, d’avouer ses fragilités, parce qu’il y en a qui m’ont confié des choses intimes qui ne sont pas faciles à regarder en face », explique Marie Calmes. Une salariée a par exemple raconté à la photographe avoir été interpellée à son arrivée à la gare de Marseille, accusée de « venir en France pour voler le pain des Français parce qu’ici il y a des aides », alors qu’elle avait fui son mari qui menaçait de l’assassiner et avait dû « laisser ses enfants au pays ».

    D’autres textes faisant écho aux thématiques de l’exposition seront lus dans le cadre des Correspondances de Manosque.

  • À Marseille, KinoVisions met un coup de Rhin à l’écran

    À Marseille, KinoVisions met un coup de Rhin à l’écran

    Voilà une bobine qui s’est fait remarquer au printemps dernier sur la Croisette. Fatherland est projeté en avant-première au cinéma les Variétés, mercredi 23 septembre à 20h, en ouverture de KinoVisions. Un festival qui témoigne de la vitalité de la production cinématographique outre-Rhin. Prix de la mise en scène au Festival de Cannes, ce film inaugural a été réalisé par Pawel Pawlikowski. Il offre une plongée à l’orée de la Guerre froide (son titre français est 1949), dans les pas de Thomas Mann. Aux côtés de sa fille, cet écrivain renommé « traverse une Allemagne en ruines ». De Francfort, « sous domination américaine », jusqu’à Weimar, alors « contrôlé par les Soviétiques ».

    Catherine d’Autriche

    « Chaque année », rappelle la direction de ce festival du film germanophone, « nous offrons une vitrine aux jeunes talents, aux cinéastes confirmés et aux films de patrimoine ».

    C’est ainsi que sera aussi programmé le petit bijou M le Maudit (1931), réflexion avant-gardiste contre la peine de mort et premier film parlant réalisé par Fritz Lang. Parmi la petite dizaine de films au menu de la 11e édition de KinoVisions, on notera également un « coup de projecteur sur le cinéma autrichien » à travers le drame psychologique de Sarah Wollner, Everytime, ou encore le dernier film de Marie Kreutzer avec Léa Seydoux et Catherine Deneuve au casting, Gentle monster.

  • Au Népal, les Kinnars, ces femmes qui sortent de la brume

    Au Népal, les Kinnars, ces femmes qui sortent de la brume

    Le Népal représente, pour beaucoup, le Bouddha et une multitude de divinités hindoues. Parmi elles, Ganesh, le dieu à la tête d’éléphant, symbolise la sagesse et la protection. Un dieu hybride, transgenre pourrait-on dire. Pourtant, malgré l’existence ancestrale d’une culture queer, les tabous sociaux persistent. C’est ce à quoi s’est attaché le réalisateur népalais Abinash Bikram Shah avec
    son premier long-métrage, Les Éléphants dans la brume.

    Shah ancre son récit au sein d’une communauté de femmes transgenres, qu’on appelle les Kinnars, dans un petit village au sud du Népal en lisière d’une forêt où vivent des éléphants. L’animal est vénéré et craint, à condition qu’il ne sorte pas des limites forestières. Il en est de même pour les Kinnars. Elles doivent se cantonner à leurs seules missions de bénédiction. L’espace de tolérance est bien délimité. Malheur à elles si elles en sortent.

    Pirati est la mère d’adoption de trois jeunes femmes. Déterminée, toujours dans l’action, elle veille sur ses filles. Une famille qui se chamaille… et s’invective copieusement. Appréciée des villageois, Pirati est pressentie pour être la future cheffe des Kinnars. Mais elle transgresse l’interdit en tombant amoureuse d’un musicien de la ville voisine avec qui elle projette de s’enfuir.

    Le regard qui s’affranchit

    Pour ce portrait de femme qui interroge ce qu’il faut sacrifier pour devenir soi-même, Shah ose une scène intime quand Pirati et son compagnon font l’amour sous des lumières flamboyantes qui rappellent celles de la divinité éléphantesque. Il se dégage une sensualité qui bouleverse. Les schémas corporels imposés (depuis l’époque coloniale britannique) tombent pour ne voir qu’une réalité : celle d’un couple qui s’aime.

    Un film saisissant

    de contrastes

    Le film est transcendé par l’interprétation fusionnelle de Pushpa Thing Lama, engagée dans la défense des droits des personnes LGBTQIA+. L’actrice non professionnelle joue le rôle de cette mère tiraillée entre son désir de liberté (partir vivre avec son amoureux à Delhi) et son devoir de famille. Le visage de Pirati, dur et fermé par moments, lumineux et souriant à d’autres, évoque les sentiments contradictoires qui la bouleversent au gré des épreuves qu’elle traverse. Avançant d’un pas décidé, elle peut faire profil bas pour se faire accepter des villageois. Lorsque l’une de ses filles disparaît (après une probable relation adultère avec un homme du village), on perçoit le désarroi, la culpabilité et la colère d’une mère anéantie avant l’explosion de la révolte.

    Plongée sensorielle

    dans la forêt

    Les drames s’enchaînent, flirtant avec le thriller. Mais, ici, il s’agit d’histoires humaines réelles, la fiction n’étant qu’un prétexte, aidée en cela par la puissance de l’image et du son. La caméra capte les lumières incandescentes en contraste avec la nuit profonde. Des scènes bucoliques en pleine forêt tranchent avec le spectacle de faisceaux lumineux des torches pour tenir à distance les éléphants. Cette même forêt magnifique devient menaçante lorsque le village est plongé dans l’obscurité.

    Les éléphants que l’on devine seulement par la battue nocturne des villageois qui veulent les éloigner, au début du film, sortent dans la scène finale, obéissant aux claquements des mains des Kinnars. Les puissants animaux, qui subissent aussi l’ostracisme d’une population superstitieuse, sortent de la brume pour répondre à l’appel de ces femmes méprisées.

    En salle le 23 septembre, (1h43)

  • Le gratin de la rentrée littéraire fait étape à Manosque

    Le gratin de la rentrée littéraire fait étape à Manosque

    Fondé en 1999, le festival littéraire des Correspondances de Manosque revient investir la ville, à partir de ce mercredi. Le comité de programmation a sélectionné « les meilleurs » parmi les 461 romans qui sortent cette année. Les auteurs sont invités à monter sur scène « pour des rencontres classiques, des lectures, des lectures musicales ou encore des concerts », explique Frédéric Vladyslav, coordinateur du festival.

    « Les Correspondances, au départ, ça a été un des premiers festivals de littérature, là où avant, il n’y avait que des salons, où les éditeurs payent un emplacement pour faire venir dédicacer leurs auteurs. Ici, le principe est différent, c’est vraiment une sélection, ce n’est pas sur inscription. Et on les invite, on les défraie, les rémunère. Depuis, ça s’est fait un peu partout. Maintenant, il y a plein de festivals de littérature », relate le coordinateur. « Précurseur » des festivals littéraires, les Correspondances ont ainsi « accompagné le développement de ce type d’événements ».

    « à chaque fois, les trois quarts des sélectionnés pour le Goncourt, le Médicis, le Femina, sont présents au festival », se réjouit Frédéric Vladyslav. Sur les 50 auteurs invités, neuf publient leur premier roman cette année.

    écritoires à disposition

    Pendant tout le festival, des rencontres avec des auteurs se dérouleront en plein air, sur trois places du centre historique de Manosque. Des apéros littéraires, des lectures à voix haute par des amateurs, sont également proposés tout au long du festival. « Une grande partie participe à un club de lecture qu’on anime tous les mois avec la médiathèque. On propose à toutes les personnes qui le souhaitent de monter sur scène pour lire des extraits de romans du festival, en présence des auteurs. C’est souvent la première fois qu’ils entendent leur texte lu à voix haute en public. Ça donne des choses assez émouvantes », constate Frédéric Vladyslav.

    Le festival essaie de travailler avec des scolaires, notamment au travers du Labo de l’édition, organisé depuis plusieurs années avec des lycéens. « Une maison d’édition indépendante nous confie, en juin, des manuscrits reçus pendant l’année. Une équipe va en débattre publiquement, se mettre à la place d’un éditeur pour une discussion sur scène pendant le festival », explique le coordinateur.

    Le soir, des spectacles musicaux, associant auteurs et musiciens, et des lectures sont proposés au théâtre Jean Le Bleu. Cette année, Arthur H sera par exemple sur scène pour un « concert dessiné » avec Alfred, avec qui il a publié une bande dessinée.

    Pendant le festival, des écritoires conçues par des artistes, perchés dans des arbres ou dans des boîtes aux lettres géantes, sont installées partout dans la ville avec du papier, des enveloppes, des cartes postales et des stylos à disposition pour écrire son courrier.

  • Letizia Giannella investit le château d’Assas

    Letizia Giannella investit le château d’Assas

    « Es-tu roche, pierre, île, montagne ? » Avec ce titre interrogatif, l’exposition de Letizia Giannella vient chercher les visiteurs pour les amener à s’interroger sur leur rapport à leur environnement et aux paysages qui les entourent. Un travail qui résonne également avec son lieu d’exposition à savoir le château d’Assas du Vigan, en plein cœur des Cévennes.

    « Conçu en résonance avec les paysages cévenols, son travail rejoint ainsi notre volonté de favoriser une meilleure connaissance des paysages, de leur histoire et des liens qui unissent les habitants à leur environnement », précise ainsi Françoise Laurent-Perrigot, présidente du conseil départemental du Gard qui porte l’exposition présentée au Vigan du 19 septembre jusqu’au 25 novembre (entrée libre).

    Native d’Italie en 1977, Letizia Giannella est diplômée de l’École des Beaux-Arts de Naples avant de rejoindre Paris où elle étudie la photographie. Rapidement, elle s’interroge sur les territoires et les paysages. Elle « envisage les espaces habités comme des organismes vivants, en métamorphose permanente ». Ce travail lui a permis de recevoir deux médailles d’or et le Prix du jury au Salon National des Beaux-Arts de Paris en 2024. Elle a également travaillé avec le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) pour des projets de recherche.

    « Le territoire est au cœur de ma pratique. Il représente pour moi la plus grande création collective du vivant : un espace en transformation constante où s’entrelacent mémoire, matière et gestes humains. », explique l’artiste. Au château d’Assas, elle invite les visiteurs à « observer autrement les espaces qu’ils traversent au quotidien », grâce à un regard scientifique et une approche documentaire et poétique.

    Durant l’exposition, Letizia Giannella propose plusieurs rendez-vous. D’abord à l’occasion des Journées européennes du patrimoine, elle organise des ateliers famille (19/09 à 14h et 20/09 à 10h) et des visites commentées d’une heure (19/09 à 16h30 et 20/09 à 15h). Elle proposera ensuite d’autres visites commentées les mercredis 14 octobre et 25 novembre (15h, gratuit – sans réservation) et des ateliers scolaires les 15 et 16 octobre ainsi que les 23 et 24 novembre (gratuit – sur réservation).

  • Benoît Payan, guide conférencier d’un jour

    Benoît Payan, guide conférencier d’un jour

    Le maire de Marseille, Benoît Payan, donne de sa personne pour ces Journées du patrimoine. Samedi, il a assuré lui-même la visite de son bureau.

    Les groupes d’une trentaine de personnes se sont succédé à partir de 10h du matin, pour admirer la vue imprenable sur le Vieux-Port, et recevoir une masterclass d’histoire et d’art de trente minutes par le maire, qui se présente comme un « passionné de design ». Aux murs de nombreux tableaux, au sol un tapis de 400 kilos fabriqué par la Manufacture de la Savonnerie et sur le bureau… la « collection personnelle d’encres japonaises » que Benoît Payan dit utiliser en fonction de son « humeur ».

    « Je n’ai pas voulu que la décoration du bureau soit un coût pour la mairie, c’est pourquoi toutes les œuvres m’ont été prêtées par le Mobilier national », détaille le maire qui prend également soin de rappeler l’histoire de la construction de l’Hôtel de Ville au XVIIe siècle, anecdotes à la clé.

    Il a également évoqué le plaisir avec lequel il participe à ces journées. « Je fais cela tous les ans, je trouve que c’est sympa de faire découvrir des endroits comme ça. Si je pouvais être guide conférencier je ferais ça toute la journée », conclut-il après avoir salué ses visiteurs un par un.

  • Chez Cezanne, une plaque pour l’armateur CMA-CGM

    Chez Cezanne, une plaque pour l’armateur CMA-CGM

    Ils sont une poignée de mécènes à avoir contribué aux réhabilitations des lieux de vie de Paul Cezanne. Pour qu’ils puissent, d’abord, être dévoilés au grand public à l’occasion de l’année Cezanne, mais aussi pour que leur restauration soit poursuivie sur le long terme. À la Bastide du Jas de Bouffan, maison familiale du peintre, le principal soutien financier s’avère être CMA-CGM, armateur et groupe mondial de transport maritime.

    500 000 euros ont été donnés pour la restauration, notamment, du Grand Salon, dans lequel se poursuivent les recherches scientifiques qui ont permis de dévoiler des fragments de l’œuvre de Cezanne, à même le mur. « Ils ont souhaité se concentrer sur le cœur battant », précise-t-on du côté de la Ville. En remerciement, une plaque a été dévoilée à la Bastide, lors d’une cérémonie tenue ce vendredi, suivie d’une visite du site et de ses avancées.

    « Ce patrimoine, cette Bastide, est la depuis déjà de nombreuses années. Pour nous, CMA-CGM, c’est extrêmement important qu’elle puisse préserver, continuer cette histoire, cette narration qu’elle fait de ce territoire et c’est pour ça qu’on a souhaité s’engager, aux côtés du maire, dans la rénovation de ce patrimoine », déroule Benoît Tournebize, qui représentait CMA-CGM. « Ça a été une aventure assez étonnante », souligne de son côté Sophie Joissains, maire d’Aix-en-Provence, qui retrace l’engagement signé, en septembre 2024, l’engagement signé par les deux parties pour la conservation de ce bout de patrimoine avant d’ajouter : « Nous ne serons plus là pour admirer toutes les restaurations qui auront été faites à ce moment-là mais nous espérons que ce sont des générations d’enfants qui pourront admirer cette belle Bastide qui aujourd’hui n’est pas encore totalement terminée… » À suivre.

  • Baptême marseillais pour les Iconic Fugues de Savage

    Baptême marseillais pour les Iconic Fugues de Savage

    En 2025, Black Lips avait transformé la Citadelle en un bouillonnant chaudron garage rock. Après une première édition à guichets fermés, le festival Endless reprend ses quartiers au fort Saint-Nicolas, avec une soirée plus pointue mais appuyant les ambitions de son fondateur, Geoffrey Delhaye : faire dialoguer Marseille avec les grandes figures du rock indé.

    Cette fois, la tête d’affiche se nomme Andrew Savage. Heureux hasard, le leader de Parquet Courts, formation garage punk new-yorkaise devenue une des grandes figures du rock indé américain au tournant 2010, vit désormais à Marseille où il est venu chercher un peu de calme et de volupté. « On est plus sur une programmation de niche mais ça reste exceptionnel », assume l’organisateur. « Parquet Courts fait partie des groupes que j’écoutais en boucle dans ma chambre d’ado en Belgique. Dès que j’ai su qu’il était ici, j’ai cherché à le rencontrer pour le faire jouer à Endless ».

    A. Savage se produira samedi à la tête d’un nouveau projet baptisé Iconic Fugues qui attire la curiosité. Sur scène, il sera accompagné de Dylan Headley, la batteuse de White Fence et Cate Le Bon, du producteur londonien Steven Dove (clavier), et de Santiago, leader du groupe Hantayo, à la basse.

    « Avant-première »

    Un plaisir n’arrivant jamais seul, la sortie du premier album d’Iconic Fugues serait imminente. « C’est un gros pari et c’est très excitant, le concert aura un vrai goût d’avant-première, je suis vraiment heureux qu’il ait accepté », s’enthousiasme Geoffrey Delhaye.

    L’Américain n’a pas seulement prêté son nom à l’affiche. Peintre de formation et auteur des pochettes de Parquet Courts, c’est aussi lui qui a conçu l’identité visuelle en mettant sa griffe sur l’affiche de cette deuxième édition que l’Américain partage avec les Texans de Holy Wave et les Marseillais de Hantayo.

    Formés à El Paso, les premiers ont construit un univers singulier, entre psychédélisme, dream pop, shoegaze et rock cosmique. Le projet marseillais Hantayo dépasse lui aussi les frontières classiques du rock : musique électro, influences psyché, rythmes répétitifs et voix incantatoires s’y croisent dans un voyage quasi sensoriel.

    * Endless, samedi 26 septembre, 18h30, la Citadelle, 13007 Marseille : Iconic Fugues, Holy Wave et Hantayo. 28,50 euros + fdl