Category: culture

  • [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au Musée Borély, Sans passion pendant l’heure du thé, revoici Gaby Deslys

    [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au Musée Borély, Sans passion pendant l’heure du thé, revoici Gaby Deslys

    Les plus grandes étoiles du théâtre et du music-hall, Sarah Bernhard, Mistinguett qui fut sa rivale ou bien Joséphine Baker la supplantent largement. Le jazz-band et les comédies musicales de Gaby Deslys, sa carrière de meneuse de revue parmi les meilleures scènes de Paris, Londres et Broadway, ses aventures amoureuses avec un jeune roi du Portugal relatées par la presse internationale, les affiches, les films et les photographies où l’on découvre ses plumes, ses chapeaux, ses colliers de perles et son sourire, ne l’ont pas installée parmi les incontournables gloires de son siècle. Dans la mémoire collective, sa silhouette et son éventuel sex-appeal lorsqu’elle descendait promptement les marches du grand escalier du Casino ne sont pas vraiment fascinantes. À Marseille, on se souvient d’elle à cause de sa fortune personnelle et de la Villa Deslys, le somptueux bâtiment du numéro 285 de la Corniche qu’elle avait légué à la Ville. Cet acte de générosité suscite des confusions, on lui attribue quelquefois l’îlot Gaby qui fut habité par une autre actrice de la même époque.

    Mais voici qu’elle ressurgit en première ligne, dans le bel étage de l’escalier du musée Borély. Dans l’entrée de l’exposition Art Nouveau / Art Déco, elle est une preuve tangible de l’esprit d’ouverture de Marseille par rapport aux grands courants de la modernité. Exécuté en 1912 par le peintre William Malherbe (1884-1951) son portrait longtemps enseveli dans les réserves des musées vient d’être restauré. La jeune fille qui avait passé son enfance rue du Tapis Vert à Marseille avant de monter à Paris pour devenir une intrépide chanteuse de cabaret réapparaît sur ce tableau à l’âge de 31 ans. C’est déjà l’ultime séquence de sa vie, une violente affection pulmonaire la conduira en 1920 au cimetière Saint-Pierre.

    Dans cette toile Gaby Deslys ne correspond pas aux images émancipées que lui donne son statut de vedette de music-hall. Demi-mondaine invitante ou bien boudeuse, elle sait que faire de ses hanches, de ses épaules et de ses mains. Ses yeux sont sans manque ni passion : « prends-moi comme je suis ! » On relit Proust, l’Odette de Swann déçoit cruellement. Ce serait l’heure du thé, elle reçoit des admirateurs, un éventuel soupirant. Avec des cheveux crantés, des escarpins et les couleurs d’une robe fourreau superbement décorée : des lianes vert et noir, des feuilles et des motifs floraux.

  • [Entretien] Michel Mafioly : « Cigal’, un festival populaire, ouvert et fraternel » à Avignon

    [Entretien] Michel Mafioly : « Cigal’, un festival populaire, ouvert et fraternel » à Avignon

    La Marseillaise : Pouvez-vous nous présenter ce festival ?

    Michel Mafioly : Organisé chaque année par des militants de l’antenne Casi du Vaucluse, ce festival repose sur un principe fort : ouvrir une scène de dimension professionnelle à des groupes amateurs de cheminots, en première partie d’une tête d’affiche.

    L’objectif est double : démontrer qu’en dehors du travail, les cheminots possèdent de véritables talents artistiques et les partager avec un public mixte, composé à la fois de cheminots et de publics extérieurs.

    C’est aussi la volonté de rendre la culture accessible à tous ?

    M.M. : Oui, à tous et toutes ! Les cheminots, leurs proches ainsi que les privés d’emploi peuvent assister gratuitement à un concert de qualité. Pour les autres publics, l’entrée est proposée au tarif symbolique de 5 euros. Un festival populaire, ouvert et fraternel, qui fait vivre concrètement l’accès à la culture pour tous.

    Un festival également porté par les valeurs de paix ?

    M.M. : En cette année marquant les 40 ans de gestion des Activités sociales et culturelles à la SNCF par les cheminots eux-mêmes, au travers des élus CGT de différents horizons, ce festival porte pleinement des valeurs de paix, d’humanité et de solidarité et contribue à notre mission d’éducation populaire.

    À cette occasion, Cigal’ accueille également plusieurs partenaires engagés, parmi lesquels l’Orphelinat national des chemins de fer français (ONCF), le Mouvement de la paix et le Secours populaire. C’est un moment privilégié pour rencontrer ces partenaires dans le cadre exceptionnel du Centre culturel des cheminots d’Avignon.

    Côté musical, quels groupes programmez-vous ?

    M.M. : Pour faire vibrer Avignon, nous aurons le plaisir d’accueillir deux groupes de cheminots : Mireil m’a tuer et Brett L. Le premier est un groupe à l’énergie brute et festive, mêlant influences rock, punk et chanson engagée dans une ambiance décalée et populaire qui fait rapidement monter la température. Brett L propose un univers musical sensible et puissant, entre rock alternatif et sonorités modernes, porté par des textes sincères et une présence scénique généreuse.

    Pour assurer la deuxième partie de soirée, nous accueillerons Les hurlements d’Léo, groupe incontournable de la scène alternative française, dont l’énergie débordante et l’univers festif laissent présager une soirée endiablée au cœur d’Avignon.

    Samedi 30 mai, à partir de 18h

    1A rue Jean-Catelas, Avignon. Entrée : 5 euros, gratuite pour les cheminots et les privés d’emploi.

  • [Grand entretien] Maurice Gouiran : « Le polar marseillais est une invention »

    [Grand entretien] Maurice Gouiran : « Le polar marseillais est une invention »

    La Marseillaise : Votre polar récemment réédité, « Tu les tueras tous », décrit en filigrane la perte d’identité populaire de l’Estaque. Comment observez-vous la gentrification croissante à Marseille ?

    Maurice Gouiran : Il y a un élément qui n’est pas propre à Marseille, mais quand même très important ici, c’est la pression immobilière avec l’explosion des Airbnb et des difficultés des gens à se loger. Même si le livre dont vous parlez est une réédition de 2002, il y a encore beaucoup d’éléments qu’on retrouve aujourd’hui. Regardez le projet Euroméditerranée, qui a détruit les quartiers abandonnés pour des bâtiments beaucoup plus modernes. Je raconte aussi cela dans l’un de mes livres, Putains de pauvres !. Je parle du changement des Crottes, un quartier très populaire qui est devenu la proie d’Euroméditerranée. On construit des immeubles et on chasse les gens qui habitaient là auparavant, toujours un peu plus au Nord. Moi, j’écris mes bouquins dans un langage populaire, de bistrot. Car ces bistrots populaires, on les voit disparaître, que ça soit à l’Estaque ou ailleurs. Ils évoluent vers des brasseries qui visent plutôt les jeunes cadres des zones environnantes. Un phénomène qui s’accentue.

    Cela signifie-t-il que le Marseille populaire va bientôt devenir
    un mythe
     ?

    M.G. : Non, ça existe toujours. Il suffit de voir le stade Vélodrome, où le club de foot est à l’image de la ville. ça reste très populaire. C’est aussi l’un des endroits où des groupes d’extrême droite n’ont pas le droit de cité, contrairement à des villes comme Paris, Nice ou Lyon. Cette fibre populaire existe toujours et j’essaie de la montrer dans mes bouquins.

    Le polar est-il un moyen, pour vous, de préserver ce caractère populaire ?

    M.G. : Déjà, j’écris du polar et pas du roman policier. La différence ? Dans le roman policier, l’intrigue est une fin en soi. Dans le polar, l’intrigue est le support d’autre chose, d’une peinture de la société, de faits historiques… Moi, j’écris pour porter à la connaissance du lecteur un certain nombre de choses. Après, il est vrai que Tu les tueras tous est plus un polar basé sur le fameux dilemme universel depuis Corneille : vaut-il mieux l’amour ou la vengeance ? Et ce bouquin est très ancré sur l’Estaque et la Côte bleue, contrairement aux autres, où je vais voyager à l’étranger.

    Depuis les années 2000, l’une de vos marques de fabrique consiste à ouvrir vos récits aux vents de l’histoire, comme dans « L’Arménienne aux yeux d’or » ou « Franco est mort »…

    M.G. : Après mon tout premier bouquin, La nuit des bras cassés, une histoire de fraternité, je me suis rendu compte que ce qui m’intéressait, c’était d’aller fouiller dans les recoins de l’histoire, chercher des faits peu connus, mais avérés. Mes lecteurs aiment apprendre quelque chose. En ce qui concerne mon écriture, je pars toujours de Marseille. Mon mot récurrent, c’est le bistrot. Ensuite, ça peut me permettre de parler de l’Espagne franquiste, du génocide des Arméniens, des harkis, de l’aide apportée par l’armée française à la crise des colonels… D’un côté, il y a le côté populaire marseillais, et de l’autre, le côté historique.

    Vous participez, jeudi 4 juin à l’Alcazar, à un débat intitulé « Marseille, terre de polar ». Diriez-vous, comme certains, que le polar marseillais a surgi pour mieux refléter la réalité sociale de la ville, que d’illustres aînés comme Pagnol ont maquillé ou masqué ?

    M.G. : Pagnol est un exemple intéressant. Il a écrit Marius dans les années 1920. Son œuvre, c’est une histoire de la bourgeoisie marseillaise. Alors que pendant ces années-là, si vous traversez le port, vous tombez sur les vieux quartiers. Si vous prenez Banjo de Claude McKay, qui se passe à la même époque, on ne dirait pas qu’il parle de la même ville que Pagnol. Après, je pense que Pagnol s’est racheté en mettant en scène les bouquins de Giono sur la ruralité, dans les basses alpes. Mais, dans son écriture, on voit bien que ce n’est pas quelqu’un issu de ce milieu.

    Quelle est, à ce compte-là,
    la c
    aractéristique principale
    du polar marseillais
     ? Le peuple ?

    M.G. : Le polar marseillais n’existe pas. Soyons honnêtes, c’est un terme que les journalistes ont inventé, mais dont nous, auteurs, nous nous sommes servis. Quand je suis arrivé en 2000, il y avait 60 auteurs de « polars marseillais ». Pourquoi ça n’existe pas ? Déjà, car ce n’étaient pas des polars, mais des romans policiers qui se déroulaient dans une ville qui a beaucoup de charme. Au contraire, Izzo ou Carrese ont, eux, vraiment écrit du polar. Je dis souvent que je connais pas mal d’auteurs marseillais de polars, mais aucun auteur de polars marseillais. En plus de cela, on assiste aujourd’hui à un phénomène : la mainmise de la police sur ce qu’on appelle polar, alors qu’il faut plutôt parler de roman policier. Sous prétexte qu’ils connaissent le métier, les flics écrivent des romans. Mais ce sont des romans policiers et pas des polars, car ils n’abordent jamais la réalité sociale. Prenez le cas du Prix du Quai des Orfèvres. Chaque année, c’est un auteur qui a été policier qui l’obtient. Pourquoi ? Car ils jugent la forme et la véracité de l’enquête et non pas le fond. Nous, on écrit autre chose.

  • Le quartier de la Plaine à Marseille s’apprête à une déferlante rock

    Le quartier de la Plaine à Marseille s’apprête à une déferlante rock

    « On réfléchit vraiment la programmation pour qu’elle soit la plus représentative du rock dans son ensemble. L’idée c’est de montrer le rock dans toute sa diversité, sa pluralité (…) et sa richesse. On a des jeunes, des moins jeunes. On a des groupes de métal, de hardcore, qui sont plus liés à la scène Sale Gueule ou au Molotov. Mais aussi, un peu de hip-hop, de la pop ou des projets un peu plus expérimentaux comme Ganagobie », confie Annaëlle Loze de l’Intermédiaire.

    « Le rock dans toute sa pluralité »

    Ainsi le public retrouve la dream pop d’Abstract Puppet, le post-punk de Glitch, le garage-psyché-punk avec Le Bien ou encore le pilier du rock local, Daniel Sani & les Monomaniaques.

    « Une variable qui nous tient à cœur, c’est la variable du genre. Il nous semble important de montrer que le rock, ce n’est pas qu’un truc de gars », souligne Annaëlle Loze. Au-delà de femmes au sein de l’organisation, les groupes présents reflètent cette diversité. Il y a le groupe féminin Las Grimas, le folk-grunge porté par Sacha Vaughan ou encore les chanteuses des groupes QB et Samedi Midi. « Comme c’est un événement familial, voir des femmes sur scène permet aussi aux petites filles de se dire que faire du rock, c’est possible pour elles aussi », développe-t-elle. Sortir le rock des salles, c’est sortir d’un entre-soi, c’est ouvrir l’événement à un public varié, « à destination de tous et toutes. Il y a aussi un enjeu de cohésion sociale : montrer que la Plaine, que le quartier, c’est un tout collectif, et inclusif », partage Annaëlle Loze.

    Cette démarche se reflète également par son organisation. « Nous sommes une équipe complètement bénévole, une soixantaine. Ce n’est pas un événement lucratif », conclut Annaëlle Loze.

    De 13h30 à 20h30 en accès libre et gratuite.

  • Les artistes s’emparent des murs de Port-de-Bouc

    Les artistes s’emparent des murs de Port-de-Bouc

    Port-de-Bouc poursuit sa mue. Comme chaque printemps, la petite ville de 17 000 habitants semble éclore sous les pinceaux des artistes. Cette année, ils seront neuf, venus de France, de Croatie, de Grèce ou d’Espagne, à poser leurs bagages dans le camping municipal Bottaï pour transformer durablement les façades des bâtiments de la Lèque, Tassy, des Comtes ou encore des Aigues-Douces. Pour le maire Laurent Belsola (PCF), « il ne s’agit pas seulement d’embellir. Il s’agit de repenser notre lien à l’espace public ».

    Ce qui était au départ une intuition artistique est devenu un véritable parcours d’œuvres à grande échelle unique en France. À l’issue de cette 7e édition du festival « Les Nouveaux Ateliers », la commune comptera près de 70 réalisations murales. Une concentration exceptionnelle, qui fait aujourd’hui de Port-de-Bouc la détentrice du record européen d’art urbain par habitant. Une fierté, pour l’adjoint au maire délégué à la culture Patrice Chapelle : « Ça veut dire que le projet s’enracine, plaît aux artistes qui viennent de loin, et attire un public extérieur. On a une renommée hors les murs, surtout auprès du public avisé sur le street art. L’an dernier, une dame est venue de Paris pour voir le chantier en cours et l’évolution des fresques. »

    Art et qualité de vie

    Aude Straub, chargée de développement de ce projet, confie : « On aimerait développer le festival dans d’autres petites communes. Ça permet de dynamiser et d’amener l’art dans ces territoires qui sont un peu éloignés et dans les quartiers populaires, où la culture n’est parfois pas très accessible. Ça améliore la qualité de vie. Et puis ça permet d’ouvrir un dialogue entre les habitants et les artistes. »

    Pour en découvrir plus, rendez-vous mardi au cours Landrivon pour un parcours d’un mur à l’autre organisé par l’Office du tourisme, mercredi après-midi pour des ateliers créatifs à destination des enfants square Lopofa, et samedi pour une journée de clôture ponctuée d’animations, de spectacles et de concerts.

  • La boutique éphémère de Jul a lancé les festivités à Marseille

    La boutique éphémère de Jul a lancé les festivités à Marseille

    Plus les heures avancent, plus la ville devient un véritable lieu de festivité pour les fans, dans l’attente du premier concert du rappeur Jul, ce vendredi. Pour faire monter l’ambiance, l’artiste avait tout prévu, avec une boutique éphémère, comme l’an passé, inaugurée dans la matinée au parc Chanot, à proximité du Stade Vélodrome.

    Sur place, des milliers de personnes étaient au rendez-vous pour acquérir un souvenir : t-shirts, survêtements, casquettes, mais aussi des lunettes, tous à l’effigie d’un artiste devenu une véritable légende de la cité phocéenne. Ce « Jul Store » est ouvert jusqu’au 17 juin, de 10h à 20h. Samuel, vendeur dans la boutique, observe : « Depuis 9h, je suis arrivé et impossible de prendre une pause, les clients arrivent en nombre, mais pour nous, en tant que vendeur, c’est un plaisir. Jul, c’est notre légende ici à Marseille. »

    Des fans de toute la France

    Cette boutique est l’occasion de mesurer l’ampleur que prend le rappeur depuis quelques années. Reconnu à l’échelle nationale puis internationale, il se distingue en touchant toutes les générations. « Dès qu’on écoute Jul, on est obligé d’être de bonne humeur. C’est mon deuxième concert à Marseille. Pour moi, c’est le plus beau concert que j’ai vu de ma vie », insiste Louna, originaire de Lyon. « Cette boutique représente beaucoup d’émotions pour nous : elle est assez grande, avec pas mal de choix, c’est superbe », complètent Chloé et Pauline, jeunes qui ont fait le déplacement depuis l’Île de Beauté. De nombreux visiteurs n’ont pas hésité à venir malgré des contraintes de transports.

    Le Jul Store a marqué le début d’un week-end riche en festivités. Ce vendredi, les musiques du rappeur résonnent dans la boutique et les fans commencent à chanter en chœur, à quelques heures du premier concert. « Je pense que c’est un artiste qui a un véritable écho auprès de la jeunesse, et surtout des Marseillais. C’est une très bonne chose. On le voit notamment à l’attente depuis 10h pour entrer dans la boutique », décrit Véronique, Marseillaise du bel âge qui accompagne des jeunes. Une bonne ambiance règne en marge de ces concerts qui rassembleront, au total, environ 100 000 personnes sur deux soirs.

    Jul Store, du 29 mai au 17 juin,
    de 10h à 20h au Parc Chanot
    à proximité du Vélodrome.

  • Éclats de lire revient pour une 13e édition au Vigan

    Éclats de lire revient pour une 13e édition au Vigan

    Face aux écrans, les festivals de littérature jeunesse font de la résistance ! Ce sera encore le cas les 29, 30 et 31 mai au Vigan qui accueille la 13e édition des Éclats de lire et espère rassembler une partie des enfants des Cévennes en proposant des ateliers, lectures, spectacles et des rencontres avec des auteurs.

    Le festival s’ouvre par une soirée vendredi 29 mai (18h) au cinéma Le Palace avec la projection Le Secret des mésanges, un long-métrage d’animation en papier découpé d’Antoine Lanciaux et Pierre-Luc Granjon, qui sera suivie par un échange avec Samuel Ribeyron, directeur artistique des décors du film.

    Dédicaces et spectacles

    À partir du samedi, pas moins de 11 ateliers sont organisés autour d’une fresque de la nature, d’images perdues du monde, de dessins de BD et de mangas ou encore sur les différentes techniques de dessin. Trois lectures « vitaminées » sont également au programme (15, 16 et 17h). Le spectacle Folkestone qui interroge les préoccupations de préadolescents, clôturera la journée à l’école Jean-Carrière (19h30, dès 8 ans).

    Dimanche, le programme sera encore plus fourni avec 13 ateliers, deux lectures, une parade (16h) et deux spectacles à l’auditorium. Le premier, Puisette et fragile (dès 4 ans) se déroule à 11h et s’appuie sur des papiers découpés pour illustrer un monde fantastique et aborder la notion de partage. Le deuxième, Cache-toi, Arsène! (16h45, dès 6 ans) rappelle le film Ratatouille où le rat n’est cette fois pas amoureux de la bonne cuisine française mais de la musique, passion qu’il partage avec son maître, Jean le pianiste.

    Tout le week-end, des séances de dédicaces avec huit auteurs présents, dont Romain Badel ou Magali Bardos, sont aussi organisées (samedi après-midi et dimanche toute la journée) dans les jardins du château d’Assas. Trois expositions seront aussi disponibles sur les insectes et les carapaces à plume à la médiathèque et sur l’école de l’imaginaire dans le hall du château.

  • Un artiste qui fédère toutes les générations

    Un artiste qui fédère toutes les générations

    La culture hip-hop est intrinsèquement contestataire. Lorsque, en 2010, le rappeur Jul – de son vrai nom Julien Mari – débarque dans l’industrie, il bouleverse tous les codes. Benjamine Weill, philosophe spécialisée dans la culture hip-hop, rappelle que l’artiste marseillais a dû se faire une place : « Beaucoup de rappeurs de l’ancienne génération méprisaient le travail de Jul. C’était surtout du mépris de classe. »

    Jul entre aussi en rupture avec des monuments du rap français parisien en offrant des sonorités plus légères et gaies. Il aborde des thématiques similaires, mais à sa manière. « L’environnement influence la création. Parisiens et Marseillais vivent la même galère, mais pas de la même façon », explique la philosophe.

    « Tout le monde peut

    y adhérer »

    Selon Benjamine Weill, la popularité de l’artiste peut s’expliquer par plusieurs raisons : « Ce que je dis reste de l’ordre de l’hypothèse, mais on peut envisager que son succès tient à sa générosité vis-à-vis de son public et à son efficacité. » En effet le Marseillais a sorti 26 albums sur une période de huit ans. De nombreuses mixtapes ont été diffusées gratuitement, traduisant une démarche fondamentalement hip-hop. « En recyclant et détournant à l’extrême des titres des années 80 et 90, il a surfé sur la nostalgie, toutes les générations peuvent l’écouter. »

    D’après Benjamine Weill, « Jul est politique sans avoir de conscience politique, parce qu’il ne se positionne pas, tout le monde peut y adhérer. Il raconte son quotidien, ni plus, ni moins, c’est droit au but. Comme quoi ça lui va très bien le Vélodrome ! »

  • Ciné-Palestine célèbre la convergence des luttes

    Ciné-Palestine célèbre la convergence des luttes

    Cette année, le festival porte le focus sur la « Solidarité des luttes ». Une membre de l’association Ciné-Palestine explique : « Chaque année, on consacre une partie de la programmation à un focus spécifique. En 2026, l’idée est de montrer que les luttes anticapitalistes, antiracistes, anti-impérialistes et antifascistes sont connectées. » C’est aussi une manière, pour le festival, d’expliquer « comment les pratiques de production ou de diffusion participent à mettre les gens en action ».

    La sélection du festival inclut Palestine vaincra, le premier documentaire français réalisé en soutien au mouvement de libération palestinien et diffusé pour la première fois depuis 50 ans en France, ce vendredi (19h), à Vidéodrome 2. à la Baleine, la soirée se poursuivra avec « une séance de courts-métrages expérimentaux. Dans ce programme, il y a trois films qui parlent directement de Gaza, dont deux de Mahmoud Alhaj, arrivé en France dans le cadre du Programme Pause. »

    Des luttes internationalistes

    En clôture, ce dimanche à l’Alhambra et en présence de la réalisatrice Amal Ramsis, le festival diffuse You come from far away, film qui traverse les frontières de l’Espagne au Liban. Un moment musical conclura cette édition marseillaise, dimanche soir au Denis bar, « pour se retrouver, se donner la force et continuer la lutte », précise l’adhérente. Ciné-Palestine est à retrouver du 5 au 14 juin, en Île-de-France.

  • Liens poétiques de la culture afro-caribéenne à Marseille

    Liens poétiques de la culture afro-caribéenne à Marseille

    Imaginé il y a 14 ans pour dépasser les clichés autour de la culture afro-caribéenne, Kadans Caraïbe a désormais « atteint son objectif », estime Mona Georgelin. « Quand on a créé le festival, nous avions l’impression que le public ne connaissait que le zouk, musique qui a par ailleurs tout mon respect. Mais maintenant, on voit qu’il est informé sur toutes les musiques traditionnelles, le jazz caribéen et les autres fusions existantes », se réjouit la fondatrice de l’association Mamanthé, organisatrice de Kadans Caraïbe dont la 14e édition prend ses quartiers samedi 30 mai à la Cité de la musique de Marseille.

    « D’où » le projet Lyannaj poétique, qui en sera le cœur battant, basé sur la Poétique de la relation, concept développé en 1990 par le philosophe Edouard Glissant, puis par Patrick Chamoiseau L’idée d’un dialogue humain, égalitaire et fécond entre les cultures, comme pourra l’illustrer un concert, prévu à 21h, réunissant Yann Cléry et Yewhe Yeton. « Lyannaj », comme le lien, sa traduction créole, qui unit pour l’occasion le flûtiste guyanais et le chanteur et rappeur béninois. Le fruit mélodieux d’une résidence de création qui « contribue à ce dialogue entre les cultures », explique Mona Georgelin. « Rappeur, chanteur, percussionniste, Yewhe Yeton fait tout un travail sur les musiques traditionnelles du Bénin en les croisant avec d’autres univers », décrit-elle, dans la même veine que Yann Cléry, qui « à partir des musiques guyanaises, peut aller vers le rap ou encore le rock ».

    Gros cœur et Gwoka

    Un peu plus tôt dans la soirée, une table ronde animée par le journaliste Stéphane Galland se tiendra à 18h « avec les artistes pour approfondir la pensée du Lyannaj poétique. Cette poétique de la relation nous invitera à croiser nos imaginaires créatifs, créer des rencontres étonnantes et ouvrir de nouveaux champs esthétiques », résume Mona Georgelin.

    S’ensuivra une heure plus tard, un concert mené par le groupe marseillais Kolèktif Ka et danseur et chorégraphe Max Diakok. Au centre de toutes leurs pratiques, le Gwoka, « musique traditionnelle de Guadeloupe née pendant la période de l’esclavage » et principalement jouée sur des tambours appelés « Ka ». « Après l’abolition de l’esclavage, il y a eu un déni, inscrit dans une démarche d’assimilation. Puis le Gwoka est revenu sur le devant de la scène avec certaines revendications politiques dans les années 1970, notamment dans les plantations agricoles où d’anciens esclaves étaient encore maltraités. Aujourd’hui, c’est une musique qui symbolise la résistance », éclaire Mona Georgelin qui souhaite, à l’avenir, « organiser une conférence sur le thème de l’esclavage et aussi s’interroger sur le passé colonialiste de Marseille. Et pourquoi pas, aussi, recevoir à nouveau deux artistes dans le cadre d’une résidence de lyannaj poétique ».

    Programme complet sur www.kadans-caraibe.com