Category: culture

  • [Entretien] Pierre Tranchand (alias Pica) : « Les Profs ne sont pas mon plus grand succès, c’est le seul »

    [Entretien] Pierre Tranchand (alias Pica) : « Les Profs ne sont pas mon plus grand succès, c’est le seul »

    La Marseillaise : Architecte de formation, vous vous lancez dans la BD à la fin des années 1970. Comment cette passion est-elle née ?

    Pica : J’ai même commencé avant. J’ai passé mon diplôme en juillet 1977, mais en 1976, j’avais déjà décroché des choses. Pendant l’année de mon diplôme, je faisais de la BD le week-end. En 1966, on m’a offert Astérix chez les Bretons. J’ai commencé à recopier Astérix, puis j’ai fait mes propres trucs (sic). J’ai été publié dès l’âge de 16 ans, en 1969, avec de petits strips dans des journaux locaux, à Saint-Étienne. J’ai ensuite choisi une école d’architecture, parce que ça durait six ans et que ça me laissait le temps de me perfectionner sur la BD, ma vraie passion.

    Depuis, vous avez écrit plus de 70 albums. Vous attendiez-vous à une telle carrière ?

    Pica : Bien sûr que non. Ça fait 48 ans que je fais de la BD, une durée comme celle-ci, c’est incroyable. D’ailleurs, je pense qu’aujourd’hui, ce sera très difficile de faire ça. Les gens ne font plus ce genre de carrière car j’ai beaucoup travaillé dans la presse, ce qui était bien, car on était payé. Aujourd’hui, si vous faites un album qui ne marche pas, vous êtes viré et vous n’avez plus de boulot. Moi, j’ai eu du bol, car j’ai fait une série qui marche. On a vendu 6,7 millions d’albums, donc ça va (rires). Quand on dit que la BD va bien, c’est global, mais il y a quand même beaucoup d’auteurs qui sont dans la pauvreté totale.

    Parmi eux, « Les Profs », votre plus grand succès, lancée en 2000. Comment est née cette BD ?

    Pica : Ce n’est pas mon plus grand succès, c’est le seul (rires). Avant, j’étais connu car j’ai beaucoup écrit dans le Journal de Mickey et dans Pif Gadget, qui était tiré jusqu’à 1 million d’exemplaires. Mais je ne vendais pas d’album. Les Profs sont nés en 1995-1996. Je n’avais plus de boulot, on me disait que j’avais un style hasbeen. Un soir, j’appelle Gilles Corre, mon scénariste actuel [connu sous le nom d’Erroc, Ndlr]. Je lui dis que j’ai l’idée de faire une histoire de profs, mais je pense alors qu’il faut être prof pour faire ça. Il me dit qu’il a fait un projet là-dessus, qui avait été refusé il y a deux ans. Il m’envoie les scénarios et c’était pile poil ce que je voulais faire. J’ai commencé à dessiner en 1997 et on a mis trois ans à faire un album, car personne n’en a voulu.

    Vous célébrez cette année ses 25 ans. Qu’est-ce qui fait son succès ? Comment réussissez-vous à le faire durer ?

    Pica : Une grande part du mérite revient aux scénaristes, car si vous faites un dessin magnifique et que le scénario est nul, ça ne marche pas (rires). Erroc se fait aider maintenant, car 25 ans à trouver des gags, il faut le faire. Comment ça a duré ? Je n’en sais strictement rien (rires). Ce qui a fait le succès, c’est le sujet. Tout le monde a été à l’école, mais on l’a bien traité. L’humour et le dessin plaisent aux gens. J’avais déjà fait une BD sur une école de sorciers, ça n’a pas eu le succès d’Harry Potter (rires). Il faut que le public adhère et ce n’est pas simple. On va souvent observer des salles de classe, mais tout sort de notre imagination. On se sert de l’actualité, mais rien n’est vécu. On fait une caricature de l’école. Le problème des Profs, niveau dessin, c’est que le décor est toujours le même, et il ne faut pas lasser le lecteur.

    Le 28e tome, « Carnet de potes » (Bamboo éditions), est sorti le 28 octobre, mais vous n’en êtes plus le dessinateur. Vous êtes désormais focus sur une série dérivée, « Les Profs refont l’histoire ».

    Pica : J’ai lancé cette série en 2008, un an avant de faire un AVC, dû au stress et aux charges de travail infernales. Je n’arrivais plus à tenir le rythme d’un album par an, donc j’ai passé la main sur Les Profs en 2015. J’avais envie de faire des décors, j’en avais un petit peu marre de faire la même chose. Les profs refont l’histoire reprennent les mêmes personnages en les replaçant dans des époques différentes. Je suis à la retraite depuis 11 ans, mais je n’ai pas trop envie de m’arrêter (rires). C’est une passion, j’ai beaucoup de difficultés à dessiner, mais je continue tant que mon dessin n’est pas complètement pourri (sic). Le quatrième tome sort en janvier et on m’en a déjà commandé un cinquième.

    Exposition dédiée à Pica, au Facto,
    à Solliès-Pont,
    du 1
    er novembre
    au 31
     mars.

  • « L’Art de grandir », exposition dédiée aux enfants au Panier

    « L’Art de grandir », exposition dédiée aux enfants au Panier

    Le monde afflue en ce vernissage de l’exposition intitulée « L’Art de grandir », mercredi au Musée des enfants. « Ce lieu est atypique car nous sommes dans le seul musée en France dédié aux enfants, présente Jean-Marc Coppola, adjoint (PCF) au maire de Marseille en charge de la Culture. Ils pourront toucher, regarder et créer grâce aux médiateurs et artistes sur place », ajoute-t-il aux côtés de l’artiste Clara Romero. « Toutes les œuvres viennent de nos musées municipaux de Marseille », précise l’élu. Parmi les artistes présentés, la photographe Julia Pirotte (1908-2000).

    Ces œuvres retracent l’évolution de la perception de l’enfance depuis l’Antiquité. « Comment se faisait le passage à l’âge adulte ?, questionne Sonia Makti, responsable du Préau des Accoules. Dans la culture Wayana [Guyane Ndlr], cette étrange natte, objet rituel et initiatique, positionnait des fourmis sur le ventre des enfants pour les endurcir. » Le voyage se poursuit via la mythologie gréco-romaine. Au Moyen-Âge, la religion s’empare des représentations et aux XIXe et XXe siècles, la bourgeoisie enserrent les fillettes dans des corsets, vitrines de leur statut social…

    « Les œuvres sont à portée d’enfant », note Jean-Marc Coppola. Le musée propose des tableaux façon puzzles, des coloriages et autres surprises pour les petits dès 5 ans.

    Exposition gratuite, 29 Montée des Accoules (2e).

  • Lunel dévoile les trésors de son patrimoine écrit

    Lunel dévoile les trésors de son patrimoine écrit

    Remonter le temps à la découverte du Lunel du Moyen-Âge, en dévoilant les « trésors cachés  » du patrimoine écrit de la commune. C’est ce que propose, jusqu’au 7 mars, la nouvelle exposition du musée Médard, lieu dédié au livre et au bibliophile Louis Médard.

    « On a voulu montrer à la fois les trésors cachés des archives et du fonds Médard  », explique Valérie Dumoulin, directrice des archives et du musée. « Cette démarche est à mettre en lien avec la réfection du centre ancien de Lunel, qui met en valeur le patrimoine bâti. Nous, nous sommes concentrés sur le patrimoine écrit », poursuit-elle. « Cette exposition qui porte sur la période médiévale va permettre aux habitants d’explorer, de comprendre l’histoire locale », complète l’adjointe à la culture Corinne Poleri. « C’est aussi une façon de les sensibiliser à l’importance de cette mémoire collective et à la nécessité de préserver les documents historiques. »

    La première partie de l’exposition, au rez-de-chaussée, est organisée autour d’un document rare issu des archives de la commune : le Livre blanc, cartulaire exceptionnel retraçant la vie de Lunel du XIIIe au XVIe siècle. « Dedans, figurent les criées publiques avec tous les règlements de la ville au XIVe siècle, on apprend ce qu’on avait le droit ou pas de faire à Lunel à cette époque, on apprend également plein de choses sur les métiers, les mœurs dans la ville…», décrit la directrice du musée. « C’est une mine d’informations sur la vie quotidienne, même si le document en lui-même, sur parchemin, avec une écriture pas facile à déchiffrer, est difficile d’accès pour le grand public. Pour autant j’avais vraiment envie de le faire connaître aux Lunellois. Nous nous sommes donc attachés à en montrer la richesse et à la rendre accessible », poursuit Valérie Dumoulin.

    Le Livre blanc, l’Enfer, les Oiseaux de Buffon…

    La première salle pourrait ainsi s’intituler « le Livre blanc illustré  », à travers une vitrine dédiée aux foires et marchés, une autre aux péages, une autre encore aux poids et mesures. Une tablette tactile permet également de « faire vivre » le livre blanc.

    Ce document ayant été initié en 1273 par le dernier seigneur de Lunel, de la dynastie des Gaucelm, la deuxième salle propose de découvrir qui sont ces Gaucelm, à travers notamment deux documents sur parchemin avec une bulle de plomb (un sceau) aux armes de ces seigneurs de Lunel. Une plongée dans le Lunel du XIIIe siècle au cours de laquelle les visiteurs, petits et grands, pourront se costumer dans un décor d’époque et se prendre en photo.

    Si cette première partie de l’exposition est conçue à partir des seules archives de Lunel, le premier étage s’attache, lui, à mettre en lumière des ouvrages rares issus des collections du musée. 13 des 15 manuscrits médiévaux de Louis Médard sont ainsi présentés : livres liturgiques, missels, livres d’heures, lectures savantes et morales… Une vitrine est également consacrée à la matérialité du manuscrit (cuir, nerf de buffle, pigments naturels…) et à la façon dont on personnalise un manuscrit.

    Autre clou de l’exposition, qui lève le voile sur un pan plus intime de Louis Médard : l’Enfer, ce meuble aveugle situé dans la bibliothèque du collectionneur, où étaient conservés, à l’abri des regards, des ouvrages jugés « dangereux » ou licencieux à son époque. « Beaucoup critiquent l’Église catholique ainsi que ceux qui ont révoqué l’édit de Nantes (Médard était protestant). Mais on trouve aussi un ouvrage sur les tétons, un autre sur le culte du phallus, avec des gravures grivoises, des contes en vers de La Fontaine, écrits bien avant ses fables très morales puis reniés par l’auteur, interdits mais réédités sous le manteau  ».

    Enfin, les visiteurs pourront découvrir « une édition très rare des Oiseaux de Buffon, en grand format, aquarellée à la main, finitions de luxe, sur un superbe papier, qui aurait appartenu, d’après Louis Médard, à Mirabeau. » Une riche mémoire de papier à la croisée de l’histoire et de la littérature.

  • À Aix, Ted Huffman prends les rênes du Festival d’art lyrique

    À Aix, Ted Huffman prends les rênes du Festival d’art lyrique

    Parmi les huit noms en lice pour reprendre la tête de l’événement à rayonnement international, c’est celui de Ted Huffman, scénariste et metteur en scène américain, qui a été choisi à l’unanimité. Il prendra officiellement ses fonctions à compter du 1er janvier prochain pour un « mandat » d’une durée de 5 ans. «Ted Huffman mettra en œuvre la programmation élaborée par (Pierre Audi) au titre de l’édition 2026 et, pour partie, de l’édition 2027. Il initiera dès à présent la conception artistique et stratégique des éditions 2028 et suivantes», annonce le Festival, dans un communiqué. Ted Huffman « conjugue l’audace de la création contemporaine et l’innovation artistique tout en ayant une connaissance approfondie du Festival, de ses histoires et de ses valeurs », réagit dans la foulée Sophie Joissains, maire (UDI) d’Aix-en-Provence. Cette nomination est aussi un hommage à la vision de Pierre Audi, qui a programmé Ted Huffman à plusieurs reprises ces dernières années.»

  • À la Major, tutoyer les cieux avec le sculpteur Marcoville

    À la Major, tutoyer les cieux avec le sculpteur Marcoville

    Pour nos déchets, il y a une vie après la vie. Et ressuscités par la poésie de l’illusionniste Marcoville, ils s’en retrouvent sublimés. À la Major, qui a séduit l’artiste par son implantation face à la mer et offre depuis le 25 octobre un écrin majestueux à sa nouvelle exposition, les visiteurs sont aux anges.

    La sacristie fait école

    Dès le seuil de l’édifice religieux franchi, le caractère le spectaculaire et monumental de l’œuvre éblouit. Les colonnes romano-bizantines se déploient en une forêt de palmiers et autres essences exotiques qui grimpent à 5 mètres de haut. Une procession de 600 anges en verre transparent sablé et or prend son envol, le long de la nef. Grandeur nature, 50 madones revêtues de dentelles translucides ou de drappés dorés et colorés veillent devant l’autel, sur un banc de 30 000 poissons en verre irisé qui s’élèvent vers le ciel en une nuée étincelante de 30 mètres de haut. Enfin, transcendance du geste du plasticien, lorsque les rayons du soleil couchant embrasent les vitraux de la Major, l’œuvre prend les allures d’un hymne à la foi.

    Exposer cet artiste hors norme, c’est une première pour la cathédrale Sainte-Marie Majeure. Comme c’est une première pour Marcoville d’exposer à Marseille. Le projet, soutenu par Michel Pezet, devait être programmé dans le cadre de Marseille Capitale culturelle européenne en 2013. Il fut ajourné. Et, après avoir investit L’église Saint-Julien de Tours ou Notre-Dame de Fourvière à Lyon, ses « Lumières célestes » descendent sur Marseille.

    C’est que le sculpteur de 86 ans est patient. Autant qu’il faut l’être depuis 50 ans qu’il récupère, cisaille, brise, raye, rouille, sable, colorie, peint, empile, assemble ou colle des milliers de morceaux de verre. Dans son atelier il transfigure chacun de ces débris à la main, grâce à des techniques, parfois complexes, de sa propre invention. Prennent alors naissance des petits poissons, des baobabs, des danseuses de french cancan ou des vierges à l’enfant qui iront alimenter ses compositions.

    Soutenu par la plateforme culturelle Pour que Marseille Vive, le projet s’accompagne d’un volet éducatif : l’artiste ira visiter des établissements scolaires pour expliquer aux écoliers l’importance du recyclage et comment l’art peut naître du rebut.

  • Un documentaire dédié à Julia Pirotte

    Un documentaire dédié à Julia Pirotte

    C’est l’histoire d’une femme, juive polonaise, communiste, Résistante. Julia Pirotte qui, pour notre journal, a saisi sur la pellicule photographique, les premiers instants de l’insurrection pour la Libération de Marseille, a désormais un documentaire qui lui est consacré. Intitulé « La Marseille Résistante sous l’objectif de Julia Pirotte », le documentaire est signé par Julie Delettre.

    Un hommage largement mérité pour cette pionnière du photo-journalisme qui a risqué sa vie en accompagnant les combattants de la Résistance, l’appareil photo au poing.

    C’est à elle que l’on doit les clichés emblématiques de la Libération de Marseille mais aussi les photos du maquis de Venelles, bien connues de nos lecteurs.

    « Enthousiasmer le monde »

    Dans le film documentaire, en accès libre sur arte.tv, l’historienne Caroline François, Soria Makti la directrice du Préau des Accoules, ou encore Léo Purguette, président et directeur éditorial de La Marseillaise, témoignent pour replacer son parcours exceptionnel dans les événements de l’époque.

    Dans un enregistrement sonore, avant son décès en 2000, la photographe avait resitué son engagement à La Marseillaise : « J’ai décidé que mes photos devaient se trouver dans La Marseillaise qui a tant réveillé d’enthousiasme, je voulais aussi enthousiasmer le monde ! »

    « La Marseille Résistante sous l’objectif de Julia Pirotte »
    est disponible gratuitement sur arte.tv

  • En Occitanie, le livre a pignon sur rue

    En Occitanie, le livre a pignon sur rue

    C’est une tendance qui semble se confirmer d’année en année. De plus en plus de Français boudent la lecture. La dernière étude publiée par la Commission nationale du livre (CNL), en avril 2025, confirme cette inexorable déliquescence. « 63% des Français ont lu au moins 5 livres au cours des 12 derniers mois, hors lectures professionnelles et livres lus aux enfant », note la CNL. Soit une baisse de 6 points en deux ans. La part de la lecture quotidienne est au plus bas depuis dix ans : 45 % des Français liraient chaque jour.

    Un état des lieux peu reluisant, reflétant le contexte national. « On observe une baisse de fréquentation dans les librairies, donc une baisse des achats, il y a une désaffection par rapport à la lecture. Ce à quoi s’ajoutent la problématique des charges sans cesse croissantes au niveau des maisons d’édition et des charges fixes également dans les librairies, de la situation de précarité des auteurs », détaille Yanik Vacher, chargée de mission Édition à l’agence régionale Occitanie livre et lecture [devenue l’Agence Occitanie culture depuis le 1er octobre, Ndlr]. Toute la chaîne du livre se retrouve ainsi impactée. Afin de prendre le pouls de la filière régionale, l’agence réalise chaque deux ans un baromètre de suivi du livre. À l’aune de la publication des chiffres clés de 2025, Occitanie livre a réuni plusieurs acteurs de la filière le temps d’une journée d’échange sur les mutations observées du livre.

    La force du maillage

    Car il semble que l’Occitanie est moins touchée par cette désaffection pour la lecture qu’au niveau national. En effet, fin 2024, on comptait 1294 autrices et auteures occitans (écrivains, illustrateurs, scénaristes BD, traducteurs littéraires) avec un tirage initial de plus de 500 exemplaires. Soit une hausse de 5 points en deux ans. Cette bonne santé se confirme également dans le nombre de libraires – 278 avec des plusieurs ouvertures au cours des deux dernières années – et dans le nombre de bibliothèques avec 1947 points de lecture, faisant de l’Occitanie la seconde région de France la plus garnie.

    « La force d’un territoire pour maintenir sa vitalité, c’est le maillage. Si vous avez de la création, des éditeurs, des libraires, une agence dynamique qui va du coup faire du lien entre les différents cloisonnements, les points de vente, les médiathèques, de forts événements. Tout ceci vient casser cette dynamique nationale », détaille David Demartis, éditeurs aux Éditions du Murmure et invité lors de la journée interprofessionnelle. À cela s’ajoute le bouche-à-oreille entre libraires, médiathécaires et auteurs. Un bon réseau régional qui permet une meilleure information de la chaîne du livre. « Les auteurs sont assez peu au courant des problématiques d’éditeurs, des problématiques des imprimeurs, des distributeurs, des diffuseurs, des libraires, des médiathèques. Il y a vraiment ce travail d’identification d’une profession. On était il y a encore quelques années incapables de faire une liste des auteurs et autrices qui avaient référencé dans telle ou telle région », souligne Stéphanie Le Cam, maître de conférences en droit privé à l’Université Rennes 2 et directrice de la ligue des auteurs professionnels. La précarisation des acteurs lors de la crise sanitaire a fait bouger les lignes. « C’est souvent suivi de mise en place de dispositifs d’accompagnement, de soutien, pas forcément par le biais d’aide à la publication, parfois de permanence juridique », poursuit Stéphanie Le Cam.

    Tout cela étant permis grâce à la politique volontariste de la Région Occitanie. « Par rapport à l’édition, on est sur un système d’aide qui est particulièrement remarquable puisque nous sommes la seule Région justement où les aides à la fabrication et à la création de collection font partie de la ligne investissement », insiste Yanik Vacher. Une aubaine en cette période de sape des budgets culturels, premières victimes de l’austérité.

  • Combattre l’extrême droite et l’uniformisation

    Combattre l’extrême droite et l’uniformisation

    Alors que ces dernières années l’extrême droite a mis le grappin sur plusieurs médias – Cnews, Europe 1, Paris Match, etc. -, un phénomène bien documenté, on connaît moins sa bataille contre le monde de l’édition. À l’instar de Vincent Bolloré, milliardaire ayant racheté Hachette après avoir vendu Editis à Daniel Kretinsky. Au risque de mettre à mal le pluralisme. « Une profession, quand elle n’est pas organisée, pas structurée, pas consciente des enjeux de transformation des métiers, ne peut pas lutter contre toute politique de contamination qui arrive », précise Stéphanie Le Cam, maître de conférences en droit privé à l’Université Rennes 2 et directrice de la ligue des auteurs professionnels. Une contamination brune qui a déjà fait des victimes. Notamment la collection Fayard, qui vient de publier la biographie de… Jordan Bardella. « Un monument qui s’est écroulé », soupire David Demartis, éditeur aux Éditions du Murmure.

    Parallèlement à ces attaques de l’extrême droite, l’édition est également aux prises, depuis quelques années, avec un phénomène d’uniformisation, les grands distributeurs privilégiant ce qui fait vendre. « Le phénomène de best-sellerisation n’a jamais été aussi présent chez les gros éditeurs, qui veulent systématiquement faire des coups. Au début des années 90, nous étions à 3 500 nouveautés à l’année. Aujourd’hui, nous sommes passés à 60 000. Il y a donc une massification de la production, on sature l’espace. On ne sait pas vers quoi le public va se diriger mais si ça marche, les techniques d’impression permettront de faire un stock rapide », souligne David Demartis. Attirés par l’appât du gain, les distributeurs mettent à mal la diversité. « Il y a la volonté de prendre le moins de risques possibles, donc sur une publication très originale, singulière au point que le risque économique est beaucoup plus grand, on a tendance peut-être effectivement à chercher à atténuer tout ça », confirme Stéphanie Le Cam.

    « Prise de conscience »

    Deux phénomènes qui mettent à mal les petites structures. Au risque de définitivement les condamner ? « Il y a une prise de conscience. Aujourd’hui des structures sont de plus en plus capées et ont compris ces enjeux de transformation, de concentration, de politique et donc sont en mesure de répondre mais avec des moyens qui sont, soyons clairs, insuffisants financièrement », reprend Stéphanie Le Cam. Une résistance à l’œuvre qui passe notamment par les médiathèques et libraires, « nos alliés et en première ligne, puisque c’est eux qui vont recevoir par exemple ces bouquins à la vente ou à la prescription », fait valoir David Demartis. Le combat ne fait que commencer.

  • Une soirée dédiée aux courts-métrages présentés au festival de la Côte Bleue

    Une soirée dédiée aux courts-métrages présentés au festival de la Côte Bleue

    La municipalité du Rove propose une soirée cinéma dédiée au court-métrage, le vendredi 7 novembre à 21h, à la salle des fêtes Lantéri. Au programme : une sélection de 5 à 6 films courts présentés en 2023 lors du dernier Festival de courts-métrages de la Côte Bleue – l’édition 2025 prévue mi-octobre ayant été reportée à la fin mars 2026 pour cause de travaux au cinéma fernandel – pour une projection d’une durée totale d’environ 1h20. La séance se déroulera en présence de l’organisateur du festival. L’entrée est gratuite et ouverte à tous.

    Partenaire historique du festival depuis sa création, la commune du Rove soutient cette manifestation regroupant des films français et internationaux, fondée en 2008 par Hélène Baillé (présidente) et Jean-Marc Baillé (organisateur). Le festival, qui se tient tous les deux ans, présente une cinquantaine de courts-métrages venus du monde entier. Il met en lumière le travail de jeunes réalisateurs de moins de 30 ans, dans des genres variés : animation, fiction, documentaire ou expérimental. Son ambition : promouvoir la créativité et favoriser la reconnaissance du court-métrage.

    Et parfois, certaines œuvres s’y distinguent particulièrement : on se souvient du film d’animation Garden Party, réalisé par six anciens étudiants de l’école d’animation d’Arles, présenté à Carry avant d’être nommé aux Oscars en 2018 à Hollywood ! Il avait été projeté au Rove lors d’une séance spéciale.

    6 chemin de la Bergerie.
    Tel
     : 04.91.09.90.25

  • Deux fées comiques se passent le relais à Marseille

    Deux fées comiques se passent le relais à Marseille

    Tandis que les notes de New York New York, standard jazz popularisé par Liza Minnelli commencent à résonner, une dame rousse bien apprêtée apparaît sur la scène du Badaboum Théâtre. Des rêves de music-hall plein la tête, cette fée va bientôt prendre sa retraite et doit passer le relais à une autre. Bien plus jeune qu’elle, mais alors beaucoup moins dégourdie. Telle est l’intrigue d’Un conte de fées, qui se joue du lundi 27 octobre au samedi 8 novembre sur cette scène enfance et jeunesse située sur le Vieux-Port, Quai de Rive neuve.

    Drôle de duo

    Écrit et mis en scène par Geoffrey Coppini, ce spectacle puise ses ressorts comiques dans la passation de pouvoirs atypiques des deux fées. Interprétée par Jocelyne Monier, l’une, est la plus vieille fée du monde. Et elle doit former l’autre, incarnée par Joseph Colonna. « Une fée est un être doué de pouvoirs surnaturels. Ici, elle est jouée par un comédien. Les fées n’ont pas de sexe », cadre Geoffrey Coppini, à l’origine d’une mécanique bien huilée où deux créatures, drôles en diable, se tirent la bourre et se heurtent à une incompréhension mutuelle. Pour le bonheur des enfants. Selon le metteur en scène, « les enfants ne voient pas un travesti. Pour eux, c’est la drôlerie du clown qui sera devant leurs yeux. Je travestis un acteur homme pour amener un décalage et montrer aux enfants qu’un comédien peut autant jouer un homme qu’une femme, et vice-versa ».

    Entre 5 et 9 euros. www.badaboum-theatre.com