Category: culture

  • Alice au pays des merveilles et du bestiaire du Muséum

    Alice au pays des merveilles et du bestiaire du Muséum

    Le son d’un piano aux notes lancinantes happe le visiteur, sitôt le seuil franchi de l’exposition. De grandes cartes à jouer y aimantent les rétines, notamment la tyrannique dame de cœur présente dans Alice au pays des merveilles, qui toise une simili tortue en bronze réalisée par Bernard Briançon ainsi qu’un spécimen des collections du Muséum d’histoire naturelle de Marseille. Imaginé par ce plasticien bigrement poétique, le parcours « Aliçe et les drôles d’oiseaux », visible jusqu’au 8 mars, ne pouvait rêver plus bel écrin. Alice avec sa cédille, comme pour mieux illustrer toutes les façons de percevoir l’univers fantastique irriguant le roman écrit par Lewis Carroll en 1865. On ne sort pas indemne de cet itinéraire artistico-scientifique truffé de références à l’ouvrage, miroir de sa polysémie et de son absurde. Il faut dire que Bernard Briançon semble entretenir un lien presque mystique avec le célèbre livre. « Au fil du temps, je me suis aperçu de parallèles assez incroyables entre mon travail et cette œuvre », confie-t-il devant un lézard et un lapin de sa confection, en cuir de ballons recyclés.

    Triple lecture

    « Alice au pays des merveilles comporte un bestiaire très important, aussi bien en animaux fantastiques que réels », rappelle Anne Médard. Pour la responsable du Muséum d’histoire naturelle de Marseille et Bernard Briançon, une aubaine pour ouvrir les imaginaires des visiteurs, tout en épaississant leurs matière grise et conscience écolo, atteste entre autres une séquence autour du dodo, cet oiseau si présent dans l’histoire, mais qui permet aussi d’évoquer « les espèces disparues ». Une exposition que les admirateurs du roman régaleront, et que les non initiés transporteront. Si l’un de ces derniers « décide de le lire en sortant de l’exposition », espère le plasticien, ce sera merveilleux.

  • Les pépites de l’art asiatique à Montpellier

    Les pépites de l’art asiatique à Montpellier

    En partenariat avec le musée Guimet à Paris, qui dispose de l’une des plus importantes collections d’arts asiatiques d’Europe, ce dispositif proposera au public une initiation à l’Asie à travers le meilleur de ses productions artistiques.

    « Durant quatre ans, de fin 2025 à fin 2029, l’hôtel particulier de Cabrières-Sabatier d’Espeyran, département des arts décoratifs du musée Fabre, devient un écrin pour Guimet+, avec quatre expositions de près d’un an chacune qui offriront l’expérience unique d’un voyage culturel et sensoriel à travers des objets rares venant tour à tour de

    Chine, du monde indien, du Japon et du monde himalayen », présente la directrice du musée Fabre, Justine Trey. Et c’est donc la Chine qui ouvre le bal, pour un an. « Ce sont quelques-unes des plus belles pièces de nos collections chinoises qui seront présentées au musée Fabre. À travers des œuvres spectaculaires dont certaines remontent au XIIIe siècle avant notre ère ou évoquent les prestigieuses dynasties Tang ou Ming, c’est à un voyage extraordinaire que vous invite Guimet + Montpellier », se félicite la présidente du musée Guimet, Yannick Lintz.

  • La tour de Babel Music XP va accueillir le monde à Marseille

    La tour de Babel Music XP va accueillir le monde à Marseille

    De retour pour sa 4e édition, qui se tiendra du 19 au 21 mars. 2026, Babel Music XP a dévoilé il y a quelques jours sa sélection officielle. Si ce forum et marché international à taille humaine s’impose peu à peu à la force de ses bras et tête au service de la filière musicale dans un secteur plus que jamais concentré dans les griffes des multinationales, il propose aussi une partie festival et grand public. Si les théâtres de ces musiques du monde propagées par des artistes prometteurs et chevronnés n’ont pas encore été annoncés, la seule certitude résidant dans le fait que le public les trouvera dans des salles du centre-ville comme l’an passé, on connaît désormais les 31 groupes qui garniront la programmation.

    « Ces projets investiront Marseille et ses lieux culturels, faisant dialoguer esthétiques, langues et imaginaires au fil de trois jours et trois nuits de découvertes sonores », indiquent les organisateurs de cet événement. Issus de « 25 pays et réunissant 111 artistes », des groupes qui feront voyager le public dans ce que les musiques actuelles du monde ont de plus électrisant.

    Notes mondiales en fusion

    Du Liban à la Corée du Sud en passant la Mongolie, l’Asie et le Moyen-Orient figurent parmi les parties du globe les plus représentées lors du 4e Babel Music XP. Avec quelques groupes aux sons venus de Palestine, cette terre aux inspirations musicales toujours prolixes, pluriséculaires mais aussi diablement modernes véhiculés par sa diaspora. Tel est le cas du multi-instrumentiste « parcouru par l’exil » Ahmed Eid, « qui fait le lien entre ses ancrages, entre Ramallah et Berlin » à travers un « répertoire de chansons pop mêlant musiques arabes traditionnelles et contemporaines, groove lancinant et arrangements électroniques ».

    L’Afrique et l’Amérique du Sud ne seront pas non plus en reste. Entre autres illustrations, le duo congolais « électro-punk et afro-rap » Article 15 ou encore la chanteuse et percussionniste vénézuélienne Rebecca Roger Cruz dont la voix ensorcelante, nourrie aux rythmes afro caribéens, se répand sur des rythmes rock comme flamenco et jazz. Le continent européen sera aussi dignement représenté, de « la nouvelle voix intense des traditions populaires italiennes ». Lavinia Mancusi aux polyphonies occitanes revisitées par le duo Cocanha.

    www.babelmusicxp.com

  • [Théâtre] « Un homme sans titre », hommage d’un fils à son père

    [Théâtre] « Un homme sans titre », hommage d’un fils à son père

    « Après la mort de mon père en 2020, j’ai partagé sa vie dans Un homme sans titre. J’ai voulu restituer son parcours, lui qui était taiseux et ne se plaignait jamais », écrivait Xavier Le Clerc. C’est cet ouvrage paru en 2022 que Jean-Louis Martinelli et Mounir Margoum adaptent du mardi 16 au samedi 20 décembre au Théâtre des Bernardines. Cet homme, c’est Mohand Saïd Aï-Taleb, engagé comme métallurgiste dans le Calvados, essoré par le labeur, les brimades et le racisme quotidien pendant les 30 glorieuses. Incarné seul sur scène par Mounir Margoum, « un ouvrier algérien noyé dans la masse de la main-d’œuvre pas chère », de retour dans son pays natal en 1979 où il épouse celle qui deviendra la mère de l’auteur.

    Dans les pas de Camus

    « Après le choc pétrolier, écrit encore Xavier Le Clerc, Mohand-Saïd aurait pu accepter la prime au retour de Giscard d’Estaing, de quoi se payer un aller simple et définitif. Une sorte de prime à la casse pour les immigrés relégués comme de vieilles machines, des bougnoules comme disaient les racistes de l’époque, mot qu’enfant, je confondais avec bagnoles, oui des bagnoles devenues inutiles, que nombre de politiques populistes rêvent encore de comprimer en César. »

    Un homme sans titre prend ainsi la forme d’une « chronique d’émancipation » dédiée à son père, dixit Jean-Louis Martinelli, pour lequel Xavier Le Clerc s’est inscrit « dans les pas d’Albert Camus et de son reportage en 1939, Misère de la Kabylie où est né le héros du roman quelques années plus tôt ».

    Places encore restantes pour les mercredi 17 (19h), jeudi 18 et samedi 20 décembre (20h). Entre 10 et 38 euros. www.lestheatres.net

  • Plus de 43 000 visiteurs à la Petite galerie Cezanne

    Plus de 43 000 visiteurs à la Petite galerie Cezanne

    Une dernière fermeture pour clore l’année Cezanne. Au terme de l’été, une majorité des tableaux du Musée Granet sont repartis, les rénovations de la Bastide ont repris. Il ne restait plus que la Petite galerie Cezanne, et l’exposition « À hauteur d’enfant », inaugurée le 4 février dernier, dont l’accueil s’est achevé ce lundi 15 décembre. Une dernière cérémonie en présence des organisateurs, des équipes culturelles de la Ville et du maire mais aussi des mécènes du projet a permis de révéler un premier bilan fructueux autour de la Petite galerie. « Oui, l’exposition de la Petite galerie était un vrai succès, et l’affluence en témoigne. Plus de 43 000 visiteurs, 12 000 élèves : c’est le marqueur essentiel pour tous ceux qui ont œuvré (…) une exposition de cette classe, ludique, éducative avec une immersion complète dans l’univers cezannien a vraiment conquis tout le monde », pointe Rémi Clamens, directeur du site aixois de Technicatome, entreprise mécène de ce musée cezannien dédié aux plus jeunes. Tout comme le groupe Ortec, représenté ce lundi soir, qui a entre autres œuvré à la rencontre entre l’univers Cezannien et plusieurs enfants malades de l’hôpital de la Timone, à Marseille.

    Une année « très réussie »

    « Sur l’année Cezanne, ce sont plus d’un million d’euros qui ont été recueillis de nos entreprises sur les manifestations des événements, précise Sophie Joissains, maire (UDI) d’Aix-en-Provence. La Petite galerie Cezanne, c’est la première en France à avoir ouvert pour les enfants en alliant le talent, la curiosité, l’ingéniosité, une pédagogie fine et légère à la gratuité, c’est-à-dire l’accès pour tous les enfants à cette petite Galerie », poursuit l’édile de la Ville, qui précisera l’accueil de 424 classes, 3 878 participants aux ateliers, 1 700 visiteurs issus du champ social (centre de proximité comme les établissements de santé) accueillis sur le temps de programmation de l’exposition. Ce sont aussi 424 classes qui ont pu bénéficier d’une visite, dont 232 d’Aix-en-Provence et 114 du Pays d’Aix, pour un total de 12 000 élèves, selon les chiffres de la Ville. Victime de son succès, l’ouverture de la Petite galerie Cezanne avait d’ailleurs joué les prolongations : initialement prévue en octobre, la fermeture avait finalement été actée pour le 21 décembre. « Ça a été une année très réussie, puisque 350 000 visiteurs se sont rendus à l’exposition du Musée Granet et dans les lieux la Bastide, l’Atelier des Lauves nous avons eu 100 000 visiteurs, poursuit le maire. C’est énorme : les retombées pour la Ville sont de 40 millions d’euros. De même que les retombées médiatiques. Nous avons investi un million sur la communication, et ce sont 50 millions de retombées si nous avions dû commander l’ensemble des articles diffusés. » Il faudra néanmoins attendre le conseil municipal, programmé ce vendredi 19 décembre, pour que des chiffres affinés soient révélés et qu’un bilan d’ensemble soit tiré. Quant au devenir de la Petite galerie Cezanne : « Nous allons reproduire ce type d’événement pour les enfants », conclura Sophie Joissains, qui ajoute : « Ce serait dommage de ne pas le reproduire, c’est encore en cours de réflexion. »

  • Le cinéma Le César a trouvé son repreneur

    Le cinéma Le César a trouvé son repreneur

    De nouveau, Le César pourra faire son cinéma. Ce jeudi, le conseil municipal de Marseille doit approuver la cession du bail commercial des salles obscures situées place Castellane en faveur du Théâtre des criques et du Lucernaire, pour y installer un nouveau tiers-lieu culturel. De quoi redonner vie à cet espace emblématique créé en 1938 par Marcel Pagnol, et dont le tribunal des affaires économiques de Paris avait prononcé la liquidation le 12 septembre 2023, alors que son gérant se disait étranglé par un loyer « beaucoup trop élevé » (notre édition du 15/09/2023).

    Viabilité économique

    « Ce projet a été sélectionné afin que Le César se réinvente comme un lieu de vie, en affirmant d’abord sa vocation première : le cinéma », explique la délibération soumise au conseil. Celui-ci proposera ainsi des salles de projection de 50 et 90 places pour des films art et essai, ainsi qu’une salle hybride de 200 places qui permettra à la fois des projections de films grand public ou des représentations de théâtre. S’ajouteront un café bar et un carré librairie pour compléter le tout.

    « C’est une excellente nouvelle, se réjouit l’adjoint (PCF) à la culture, Jean-Marc Coppola. Plusieurs projets de qualité ont été déposés, nous avons eu le choix, qui s’est porté sur un projet culturel, viable économiquement, avec une équipe jeune et dynamique. » La municipalité, le 26 janvier 2024, avait en effet décidé de préempter le fond commercial pour éviter que ne se perde la vocation culturelle des lieux, et avait approuvé le cahier des charges de l’appel à candidatures le 20 juin dernier. « Il y a plusieurs mois de travaux et d’investissements à faire avant de rouvrir », explique cependant l’adjoint. Le temps de rafraîchir l’édifice et de le réaménager, avec des subventions demandées par les porteurs du projet au Centre national du cinéma.

    Benoît Payan défend son bilan

    Invité surprise de la conférence de presse de présentation du conseil municipal, le maire (DVG) Benoît Payan a tenu à remercier sa majorité, « pour le travail qu’elle a fait pendant ces six années ». Une action qu’il compare aux douze travaux d’Hercule, « avec des travaux titanesques pour remettre des services publics sur pied ». Il reconnaît ainsi trois premières années compliquées, pointant la responsabilité à « une gestion particulière pendant des décennies ». « Les services ne se parlaient pas entre eux », appuie-t-il. Et d’énumérer les réalisations du mandat, de la réduction de la dette de la collectivité aux rénovations des écoles, les dossiers débloqués de la rénovation urbaine, la cantine gratuite pour 10 000 élèves. « Nous avons commencé à voir des réalisations dont d’aucuns nous disaient qu’elles ne pourraient pas se faire », vante Benoît Payan. En témoigne le doublement de la police municipale, mais aussi l’embauche de 1 000 agents dans les écoles, le passage d’un demi temps plein pour le logement à 120 personnes. De quoi préparer sa campagne.

  • 50 ans de carrière en dédicace à L’Isle-sur-la-Sorgue

    50 ans de carrière en dédicace à L’Isle-sur-la-Sorgue

    Il y a quelques jours de cela, le chanteur Renaud a dédicacé l’ouvrage que sa fille Lolita Séchan lui a consacré à l’occasion de ses 50 ans de carrière. Il s’intitule Renaud, le livre et a été écrit aux côtés d’Erwan L’Eléouet. L’événement était organisé par la libraire isloise Le passeur de l’Isle. Dès l’annonce de l’initiative, les réservations étaient pleines en vingt minutes. Renaud, qui réside depuis quelques années à L’Isle-sur-la-Sorgue a une affection particulière pour cette ville où il avait donné un concert exceptionnel il y a quelques années. Pour mémoire, il était aussi venu à Apt aux côtés du réalisateur Claude Berri présenter le film Germinal dans lequel il avait tourné. Il était également passé au festival d’Oppède de Michel Leeb, où il avait chanté Mistral gagnant avec Hugues Aufray.

    Lien vauclusien

    Passé par la suite par l’auditorium du Thor, ou encore à La Scala à Avignon pour sa remontée sur scène, il avait aussi rendu visite à son ami Bénabar au festival de Gordes. Pour fêter ses 50 ans de carrière voilà donc ce livre. De sa fille Lolita qui raconte sa carrière magistrale. Des témoignages, des écrits « manuscrits reproduits » nourrissent l’ouvrage.

    Renaud va remonter sur scène l’année prochaine. Sa fille Lolita à laquelle il a consacré une merveilleuse chanson, Morgane de toi, a aussi dédicacé aux nombreux lecteurs présents.

    Autant de fans à qui Renaud et sa fille ont offert un beau cadeau.

  • Hiver comme été, les Suds à Arles frappés par un soleil musical

    Hiver comme été, les Suds à Arles frappés par un soleil musical

    Elle était déjà venue ravir les oreilles des spectateurs arlésiens en 2019 de sa musique tour à tour folk et blues imprégnée de la culture du chant wassoulou. Son nouvel album dans l’escarcelle, dont la sortie est prévue au printemps prochain, la chanteuse malienne Fatoumata Diawara sera de retour au Théâtre antique d’Arles jeudi 16 juillet 2026, ont annoncé les organisateurs des Suds à Arles. Femme courage à la voix puissante engagée dans de nombreux combats, « elle nous revient cet été avec un nouvel opus épuré, aux accents intimistes, livrant avec une belle sincérité ses épreuves de femme, de mère et de fille ». L’un des deux premiers noms dévoilés il y a quelques jours par les organisateurs de ce festival des musiques du monde, dont la 31e édition accueillera également Gaël Faye.

    Se produisant pour sa part au Théâtre antique d’Arles le samedi 18 juillet, cet artiste franco-rwandais viendra à nouveau délivrer un rap sans frontières dont il est coutumier. Un Pili-pili sur un croissant au beurre, imageait sur son premier album, en 2013, ce fruit d’une mère rwandaise et tutsie réfugiée au Burundi, où il est né, et d’un père français. « J’ai été à une école entre un rap qui veut dépeindre les réalités sociales et un rap qui joue avec les mots et la langue française, sans oublier les musiques africaines, la rumba congolaise et la chanson française à texte qui m’ont nourri », a pu expliquer à de nombreuses reprises à La Marseillaise celui qui est également devenu un écrivain à succès. En 2024, il avait été couronné du prix Renaudot pour son deuxième roman Jacaranda.

    Grands et petits poètes

    La déclinaison hivernale du festival, Les Suds en hiver, se déploiera quant à elle du 8 au 15 février 2026, lancée par le chanteur et compositeur Walid Ben Selim qui prêtera « sa voix aux grands poètes soufis Mahmoud Darwich, Rumi, Ibn Arabi, Ahmad Matar ou Nizar Qabbani », au Château de Tarascon – Centre d’art René Anjou, indique un programme qui a pour le moment annoncé quelques autres artistes. Parmi eux, Orange Blossom, groupe qui électrisera les musiques du monde à la salle de l’Étoile de Châteaurenard. Le trio Boucs ! fera quant à lui écouter son rock mêlant des accents anglo-saxons et méditerranéens à la Salle des fêtes d’Arles. De chanson italienne, il sera aussi question à la Salle Mistral de Saint-Martin-de-Crau avec une chorale de 150 enfants et 40 adultes réunis autour d’un répertoire « proposé par la chanteuse et musicienne Maura Guerrera et transmis aux choristes par les chefs de chœur Julien Bellec, Anne-Sophie Chamayou, Anne Cesano-Giordano, Manon Ghobrial et Guylaine Renaud ».

  • Une médiathèque faite avec et pour les habitants rue Loubon

    Une médiathèque faite avec et pour les habitants rue Loubon

    « Ça sera notre prochain refuge ». Avant même de visiter les travaux qui transforment l’ancienne usine de farine du 32 rue Loubon en médiathèque, Wassila en est certaine : ça va lui plaire. La jeune mère, ambassadrice du livre de l’association Peuple et Culture, est venue avec ses collègues découvrir, vendredi dernier, l’évolution des travaux. Un projet qu’elles suivent depuis un an, afin d’apporter leurs idées et leurs besoins.

    Des habitantes du 3e arrondissement et membres de l’association Mot à mot les accompagnent pour visiter le lieu. Les fils qui pendent, les échafaudages et les isolants qui traînent ne semblent pas les empêcher de se projeter. « On s’y voit parfaitement », s’exclame Wassila. En découvrant le puits de lumière et les charpentes apparentes du lieu, Mounira lâche un petit « c’est trop beau ».

    Un peu plus loin, elles pénètrent dans l’espace prévu pour la cuisine et le restaurant, séparé par une baie vitrée de la zone prévue pour la jeunesse. « C’est ce qu’on voulait : un café pour se retrouver où on voit nos enfants », s’enthousiasme Fatiha, mère de 5 enfants, qui suit le projet avec l’association Peuple et Culture depuis un an.

    Puis direction l’étage pour voir les volumes qui deviendront des salles de danse, de lecture, d’éveil sensoriel pour les bébés. Le moment décidé par la directrice de la médiathèque, Coline Meirieu, pour annoncer qu’il y aura des tables de ping pong en extérieur. Ce qui fait germer des idées. « Pourquoi on ne ferait pas des tables pour les échecs aussi ? », propose Fatiha, provoquant l’engouement des participantes. Une idée à laquelle n’avait pas pensé la directrice.

    La parole des habitants

    « On voit qu’il y a eu la parole des habitants qui a été écoutée, applaudit Mounira. Je n’ai jamais vu un projet de bibliothèque aussi varié. ça va vraiment faire vivre le quartier ! ». Elle regrette cependant qu’il n’y ait pas eu plus de communication en amont autour de la concertation, car elle aurait souhaité y participer. Mais c’est enthousiastes que toutes ressortent de la visite. « C’est bien, parce qu’il manquait d’un lieu comme ça dans le secteur. Parce qu’Alcazar, c’est quand même un peu loin », confie Nesrine, habitante du 3e arrondissement.

    Une nouvelle concertation avec les habitants et les associations est prévue le mardi 27 janvier au centre social de la Belle de Mai à 14h pour réfléchir au fonctionnement de l’établissement.

  • [Le grand entretien] Plastic Bertrand, Pedro Castano et Jean Schultheis : « C’est une grande fierté d’être populaires »

    [Le grand entretien] Plastic Bertrand, Pedro Castano et Jean Schultheis : « C’est une grande fierté d’être populaires »

    La Marseillaise : À quoi doit-on s’attendre pour cette tournée ?

    Plastic Bertrand : C’est un show fantastique et humain qui attend le public. À la différence des shows que l’on a déjà pu voir sur les années 80, il y a beaucoup d’interactions entre les artistes avec des duos. Ce n’est pas qu’une simple succession de titres c’est un grand moment de partage avec de supers musiciens et de belles lumières.

    Justement, comment ça se passe entre vous sur scène étant donné que dans les années 80 vous étiez concurrents ?

    Jean Schultheis : Très mal ! On se pousse dans l’escalier [rires].

    P.B. : C’est vrai qu’à l’époque il y avait le show-business mais aujourd’hui le challenge ce n’est pas d’être meilleur que l’autre, c’est de faire un bon spectacle ensemble.

    Pedro Castano : L’ego n’existe pas, on est une grande famille, de bons amis, nous sommes artistes et nous chantons tous ensemble. C’est très important parce que nous emmenons une bonne vibration sur scène et je pense que ça se ressent.

    Les années 80 sont toujours autant appréciées du public, comment expliquez-vous l’engouement pour cette période musicale ?

    J.S. : Ah, si on savait… Je pense que les années 80 représentent la fête, la liberté aussi et à cette époque là les chansons étaient vraiment différentes les unes des autres. Si on prend les tubes de chacun d’entre nous, il n’y en a pas une qui ressemble à l’autre alors qu’aujourd’hui, avouons-le, il y a un petit peu de formatage. Ces années-là pour les gens veulent dire danser, s’amuser, faire la fête et tout cela se transmet dans les familles. Dans les concerts on voit des jeunes qui ont entre 15 et 20 ans et qui connaissent toutes nos chansons par cœur, c’est absolument fascinant ! Sans parler du fait qu’elles reviennent en boîte de nuit [rires].

    P.B. : C’est vrai qu’il y avait une grande diversité dans les années 80. On pouvait passer d’un style musical à un autre sans souci. On est aussi une génération qui va vers le public. On va le voir, le chercher on a envie qu’il bouge. Nous avons un côté très populaire, dans le bon sens du terme et c’est une grande nuance avec la scène actuelle où il y a plus d’agressivité et de réserve à mon sens.

    Selon vous, ce côté populaire c’est la clé du succès et de la longévité auprès des jeunes générations également ?

    J.S. : Être populaire c’est être proche de centaines de milliers de gens. Si on parle par exemple de la musique classique que l’on jouait au temps du roi Henri IV c’était en fait une musique sur laquelle les gens dansaient, une musique populaire et pas du tout réservée à une élite. Une musique populaire c’est ce qui fédère le plus de gens possible. On est très content d’être populaires !

    P.B. : Justement, je pense que nous avons beaucoup de chance d’être populaires. C’est ce qui fait que 30 ans ou 50 ans après on est toujours là. On fait partie de la vie des gens au quotidien. C’est une fierté totale.

    P.C. : C’est aussi ce qui fait que les gens viennent nous voir, nous parlent et nous associent à des moments importants de leur vie, il y a des souvenirs qui se sont créés sur nos chansons et ça c’est génial. D’où la transmission générationnelle.

    Pensez-vous que la morosité ambiante est en partie responsable de cette demande de la part du public ?

    P.B. : Oui totalement ! Faire un son positif à l’époque était une besoin pour les gens parce qu’il faut bien se rendre compte que tout n’était pas rose dans les années 1980. Je pense donc que l’on cherchait à faire de l’ultra positif, des chansons optimistes pour masquer les choses qui se passaient et qui n’étaient pas terribles… N’oublions pas que c’est à cette époque que le virus du sida a été identifié en France d’ailleurs… C’est peut-être cet élan d’optimiste qui a fait qu’aujourd’hui on est dans la bonne mesure, selon moi.

    J.S. : Nous ce qu’on veut c’est chanter la couleur loin de la grisaille. On donne la pêche et quand le public ressort de ce concert il a la banane et je pense que c’est très important à notre époque !

    Le public marseillais vous l’attendez ? C’est une ambiance différente
    que dans les autres villes
     ?

    J.S. : C’est un public de folie il est génial. Pour moi il y a toujours le Nord et le Sud, Marseille et Lille. Ce sont les deux publics les plus extraordinaires de France, d’ailleurs à Marseille si ça ne marche pas on le sait très vite !

    P.B. : C’est vraiment une ambiance particulière à Marseille. Quand ça fonctionne ils sont comme des fous et quand ça ne va pas ils sont aussi beaucoup plus froids qu’ailleurs mais c’est tellement bon, c’est un challenge de chanter ici à Marseille, on en a que de bons souvenirs.

    P.C. : C’est un public caliente, qui est très demandeur et qui aime le show.

    Concert au Dôme de Marseille le 16 janvier 2026 à 20 heures. Comptez entre 42 et 62 euros pour une place.