Category: culture

  • Carnavals en série à Draguignan

    Carnavals en série à Draguignan

    Le carnaval n’est pas proprement une fête qu’on donne au peuple mais que le peuple se donne à lui-même. » Signés par Goethe dans ses Voyages en Italie en 1788, des mots résonnant dans le parcours « Carnavals d’ici et d’ailleurs », qui prend ses quartiers depuis ce week-end à l’Hôtel départemental des expositions du Var. Qu’il soit de Venise ou de Rio, de la Méditerranée comme des tropiques, le carnaval comporte un « caractère universel : ils se déroulent entre le mercredi des Cendres, ils sont organisés par la société civile, et non pas par un pouvoir, de manière libre, pour créer un moment festif avec des costumes, déguisements et moments joyeux permettant d’envisager un défilé dans la ville », campent Mireille Jacotin et François Dallemagne, commissaires d’un parcours jalonné de plus de 150 œuvres, objets et documents : d’un marbre Pan et Daphnis, provenant du Musée archéologique de Naples, à des œuvres style « Beaux-Arts et même plus contemporaines. On a voulu montrer comment certains artistes se sont emparés du sujet du carnaval comme Mircea Cantor, Pierre Alechinsky pour le carnaval de Binche, Ben pour celui de Nice, ou Jean Tinguely dont on fête le centenaire ».

    Du Languedoc à Rio

    L’exposition est séquencée en épisodes évoquant par exemple les carnavals du Languedoc et ses mascarades avec un clin d’œil au Sans toit, ni loi d’Agnès Varda (1985), celui de Bâle nourri ses « cliques et lanternes », ou du plus mythique d’entre tous, celui de Rio de Janeiro. « La nature des objets présentés est très variée. Il y a aussi des costumes, tous portés. On pense notamment à ceux prêtés par Alain Taillard, collectionneur belge qui participe à ce carnaval depuis longtemps », illustrent entre autre Mireille Jacotin et Françoise Dallemagne. Autant d’évocations faisant cheminer le visiteur dans la galaxie carnavalesque, mais qui le conduisent aussi à s’interroger finalement autour de la question suivante : « le carnaval d’aujourd’hui n’est-il plus simplement qu’un événement pour servir les politiques d’attractivité des territoires, en lien avec des traditions locales renouvelées et adaptées pour devenir des spectacles où le public est convié à regarder plus qu’à participer ? »

  • Noël de la culture, marque-page du progrès

    Noël de la culture, marque-page du progrès

    Au 17 cours d’Estienne d’Orves, des oriflammes rouges et blanches indiquent le Noël de la culture. Sitôt le seuil franchi de ce lieu de « la promotion du livre progressiste », qui prend ses quartiers dans l’espace des anciennes rotatives du journal La Marseillaise, comme un parfum d’histoire et de conquêtes sociales arrachées de haute lutte. Autant de senteurs provenant des étals de ce marché aux livres où figurent des centaines d’exemplaires éloquents : de Martha Desrumaux, une ouvrière féministe d’avant-garde de Pierre Outteryck, à Ambroise Croizat, justice sociale et humanisme en héritage d’Emmanuel Defouloy. De quoi donner des idées de cadeaux intelligentes à l’approche des fêtes de fin d’année, qui plus est nécessaires dans l’époque actuelle, comme viennent entre autres le rappeler de nombreuses références de la collection Les propédeutiques aux éditions Sociales, qui guident le lecteur pour Découvrir Marx, Le programme du CNR, Gramsci ou encore Frantz Fanon. Le public présent vendredi soir a également pu assister à la présentation du livre de l’historien Guillaume Roubaud-Quashie Haro sur les jacobins !.

    Polars et « Aragon pop »

    Le Noël de la culture élit encore domicile samedi 13 décembre à partir de 10h30 à La Marseillaise. Au menu, une rencontre-débat autour du polar marseillais intitulée Massilia noire dès 14h30. Elle réunira des auteurs de romans noirs locaux comme Florence Brémier, Jean-Paul Delfino, Gilles Del Pappas, Jean-Claude Di Ruocco, Maurice Gouiran et Pierre Dharréville. Ancien député communiste des Bouches-du-Rhône, ce dernier viendra offrir un « moment musical » extrait d’Aragon pop, album dans lequel il réinterprète 13 textes du poète Louis Aragon en compagnie du musicien Christian Vaquette : d’Une nuit à Et le roman s’achève en passant par La nuit de Moscou ou Les yeux d’Elsa.

    Parmi les autres écrivains présents tout au long de la journée, Martine Gärtner, Bernard Ghirardi, Edmond Purguette, Marine Saint-Persan, Laetitia Vivaldi, et même un fidèle du Noël de la culture, en la personne du leader du groupe de rock Quartiers Nord, Robert « Rock » Rossi qui viendra présenter Le chasseur de figues.

    Samedi 13 décembre, ouverture entre 10h30 et 18h au 17 cours Honoré d’Estienne d’Orves

  • Le Noël de la culture déploie ses bonnes feuilles à La Marseillaise

    Le Noël de la culture déploie ses bonnes feuilles à La Marseillaise

    Pour quiconque se dit « progressiste », c’est l’endroit idéal pour faire des cadeaux à l’approche de Noël. Au lieu d’acheter une bouteille d’alcool frelaté ou quelconque autre présent qui finira au fond du placard, pourquoi ne pas venir, vendredi et samedi, à l’espace des anciennes rotatives de La Marseillaise, 17 cours d’Estienne-d’Orves, afin d’y dénicher un beau livre ? Parmi la liste des nombreuses références en vente lors du Noël de la culture, initié par la fédération des Bouches-du-Rhône du PCF, des essais qui éclairent l’actualité à la lueur de l’histoire tels que Les irresponsables : qui a porté Hitler au pouvoir ? de Johann Chapoutot ou encore Gaza, génocide annoncé : un tournant dans l’histoire mondiale de Gilbert Achcar.

    Rendez-vous est donné au public vendredi 12 décembre dès 16h30 pour l’ouverture des portes du Noël de la culture. Avant tout, un marché aux livres, mais aussi un espace de rencontres et d’échanges avec certains auteurs. Ce jour-là, à 18h, l’historien Guillaume Roubaud-Quashie viendra présenter Haro sur les Jacobins ! Essai sur un mythe politique français : XVIIIe-XXIe siècle. Écrit avec Côme Simien, un ouvrage qui recontextualise l’histoire des Jacobins, qui « vaut mieux que les caricatures qui en sont faites. Les révolutionnaires d’aujourd’hui ont toujours intérêt à connaître les révolutionnaires d’hier », rappelait-il à La Marseillaise il y a quelques mois.

    « Cet enrichissement collectif est une façon de contrecarrer l’info nauséabonde dans les grands médias », estime Pierrette Forest, parmi les chevilles ouvrières du Noël de la culture. Avant que sa camarade Micheline Abours ne développe le menu de samedi, à partir de 10h30 : « L’après-midi, des auteurs sont invités à participer à une rencontre-débat autour du polar marseillais : Gilles Del Pappas, Maurice Gouiran, Florence Bremier, Jean-Paul Delfino ou Pierre Dharréville. » La présence d’autres auteurs comme Martine Gaertner, Bernard Ghirardi, Edmond Purguette, Robert Rossi, Marine Saint-Persan, Laetitia Vivaldi est également annoncée.

  • Un Grand Chœur va faire revivre cent ans du Comoedia

    Un Grand Chœur va faire revivre cent ans du Comoedia

    L’anniversaire du centenaire promet d’être haut en couleurs. Inauguré le 11 novembre 1925, cours Foch, ce théâtre d’abord privé, construit à l’initiative « de trois entrepreneurs », relate Jérôme Leleu, l’actuel directeur du Comoedia ; est ensuite devenu municipal. Parmi les particularités architecturales de ce théâtre à l’italienne tendu de velours rubis, « son plateau en forme de triangle. On y fait rentrer les décors au chausse-pied », s’amuse le directeur. Au-delà de l’aspect physique du centenaire, Le Grand Choeur*, à l’affiche les 13 et 14 décembre, va faire vivre au public ce que le Comoedia a vécu durant cent ans… Sur scène ce week-end, l’hommage à Félix Mayol, le chansonnier toulonnais, grande vedette des années vingt, va étonner le public avec ses chansons drôles. À ses côtés, un tourbillon de grands artistes, qui se sont produits sur cette scène, vont être incarnés par les comédiens : « Maurice Chevalier, Marcel Pagnol, Louis Jouvet, Marguerite Duras, Marcel Maréchal, Raymond Devos, Maxime Le Forestier, Galabru, Laurent Terzieff… », énumère Jérôme Leleu. En poste depuis fin 2022, le directeur du Comoedia lui-même va devenir un personnage du spectacle.

    Un public exigeant

    Metteur en scène, comédien et créateur de spectacles, le Marseillais Philippe Le Car, à la tête de l’Agence de Voyages Imaginaires « a écrit le spectacle sur la base de documents d’archives. Celles-ci ont été mises à disposition par Sandra Rouqueirol, directrice du service archives et patrimoine de la Ville d’Aubagne. Il a également recueilli les témoignages d’anciens membres des équipes du théâtre, questionnés sur leur façon de travailler, leurs souvenirs… », expose Jérôme Leleu. « Café-concert, musique, clown, burlesque, chanson, extraits de pièces classiques, d’œuvres de Marcel Pagnol… Le Grand Chœur va donner à vivre toutes les esthétiques du théâtre… », promet le directeur du Comoedia. À la question : « En cent ans, la manière de faire du théâtre a-t-elle changé ? », il répond : « On s’est orienté vers un jeu plus naturaliste, notamment dans la façon d’aborder les classiques. » On ne joue plus au théâtre comme la singulière Sarah Bernhardt… Mais sinon, l’objectif est toujours le même, soutient Jérôme Leleu. « Au théâtre, on veut toucher au cœur Créer l’émotion. Le théâtre est le miroir de l’humanité. Il a tout son sens dans ce qu’il nous renvoie de nous-même », poursuit-il. Quant au Comoedia lui-même, qui aujourd’hui travaille avec une équipe de dix personnes, propose 65 spectacles et 80 levers de rideau par saison (septembre à juin) pour 22 000 billets vendus, « les Aubagnais y sont très attachés », souligne le directeur. Il confie : « Quand j’ai rencontré son public pour la première fois, il m’a demandé avec insistance qu’il y ait de bons spectacles, et que je ne les déçoive pas… »

    * À 20h le 13, à 18h le 14.
    Tarifs
     : 4 à 15 euros. Réservations : 04.42.18.19.88.

  • Après Théodora, Disiz et Bamby annoncés à Marsatac

    Après Théodora, Disiz et Bamby annoncés à Marsatac

    Après avoir annoncé il y a près d’un mois le premier nom son édition 2026, en la personne de la chanteuse Théodora, jeune phénomène de la pop francophone, Marsatac continue d’effeuiller son programme.

    Les organisateurs de ce festival rap, pop et électro, qui se tiendra du 11 au 13 juin 2026 au Parc Borély ont dévoilé une première salve d’artistes mercredi. Au menu du samedi 13 juin, le rappeur Disiz, à l’origine cette année de l’album On s’en rappellera pas, où figure d’ailleurs le tube Melodrama avec une certaine Théodora. Bamby sera également à l’affiche de cette soirée. Parmi les titres phares de cette jeune chanteuse guyanaise de dancehall, Pas jalouse, en duo avec le rappeur Kerchak, et même un premier album sorti au printemps dernier, Muse.

    Trois autres noms, qui se produiront eux lors de la soirée du vendredi 12 juin, ont été aussi annoncés. On trouve ainsi La Mano 1.9, l’une des nouvelles coqueluches du rap hexagonal. Influencé par la drill, genre hip-hop aux rythmes syncopés made in Chicago, le jeune rappeur du XIXe arrondissement de Paris aura, lui aussi, l’occasion de défendre à Marseille son premier album, intitulé R.A.T.

    Les scènes du Parc Borély seront aussi le théâtre de concerts du Mc lyonnais et masqué façon Vendredi 13, Menace Santana, ainsi que d’Ino Casablanca, chanteur espagnol d’origine marocaine installé en France qui infuse ses influences toutes méditerranéennes dans des sons entraînants.

  • [Théâtre] Charles Berling annonce sa retraite de Châteauvallon-Liberté

    [Théâtre] Charles Berling annonce sa retraite de Châteauvallon-Liberté

    « Après 15 ans passés à la tête du Liberté d’abord, de la Scène nationale Châteauvallon-Liberté ensuite, j’ai décidé de faire valoir mes droits à la retraite au 31 août 2026 », affirme par voie de communiqué de presse Charles Berling, 67 ans, annonçant ainsi la fin de son aventure varoise amorcée en 2010. à cette époque, il participe alors, avec son frère Philippe, à la création du Théâtre Liberté, sur la place éponyme de Toulon. Les lieux seront inaugurés le 29 septembre de l’année suivante par une représentation de L’art de la comédie.

    « De ces débuts bouillonnants jusqu’à la célébration des 60 ans de Châteauvallon en 2025, en passant par l’obtention du label Scène nationale en 2015, rappelle-t-il, je suis fier d’avoir œuvré aux côtés d’une équipe paritaire particulièrement engagée et compétente, dans un climat heureux et passionné, pour donner à Châteauvallon-Liberté la place qu’elle occupe aujourd’hui : l’une des scènes nationales les plus importantes dans le paysage culturel français. »

    Lutte pour les « valeurs républicaines »

    « Avec l’équipe de la Scène nationale, nous n’avons eu cesse de préparer l’avenir de cette magnifique institution, en la rendant la plus accessible possible à toutes et à tous, aux jeunes en particulier. Elle est prête à affronter de nouveaux défis artistiques, culturels, budgétaires, sociaux et politiques », souligne celui qui, même s’il quittera ses fonctions de directeur de théâtre, poursuivra ses activités artistiques, de comédien et metteur en scène essentiellement. Une évocation des challenges qui attendent la scène nationale, alors que la Ville de Toulon et ses électeurs menacent de se jeter à nouveau dans les bras du RN et de l’extrême droite pour les prochaines élections municipales de 2026, 30 ans après la parenthèse brune et mortifère du maire FN Jean-Marie Le Chevallier. « Quand le FN a été élu », rappelait, l’été dernier, Charles Berling à La Marseillaise, « les pouvoirs politiques voulaient la mort de Châteauvallon, un endroit où l’on pouvait échanger librement. Jean-Marie Le Chevallier fleurissait la tombe du maréchal Pétain. Il voulait la disparition de ce lieu ».

    Mais, si Charles Berling partira à la retraite en 2026, cela ne l’empêchera pas de se « battre, encore et toujours, pour la culture et pour les valeurs républicaines de liberté, d’égalité et de fraternité ».

  • « Ferdinandea » : naissance, mort et survivance d’une île

    « Ferdinandea » : naissance, mort et survivance d’une île

    Il y eut des signes avant-coureurs, des remous et des tremblements dans la mer. Ensuite c’est devenu autre chose qu’un monstre sous-marin. Il y eut des surprises, des angoisses et des découvertes. Des cieux et des eaux qui explosaient. Du feu, des pierres et des cendres. Des terres brûlantes et des gaz toxiques. Après quoi arrivèrent d’étranges meutes de curieux, des marins, des chercheurs, des cartographes, des chroniqueurs pour décrire sans trop de phantasmes le phénomène. Des militaires et des grandes puissances qui convoitaient ce carrefour plantèrent des drapeaux parfaitement dérisoires. On lui donna un nom, « Julia », « Graham » ou bien « Ferdinandea » si l’on était français, anglais ou bien du Royaume des Deux-Siciles. Le conflit tourna court, cette île ne fut qu’un entre-deux. Au bout de cinq mois, le mystère s’affaissa, brusquement englouti.

    Ce n’est pas fini. Il n’y a pas seulement des plongeurs sous-marins qui viennent voir les vestiges et ramènent des fragments de minéraux. Une résurgence est envisagée, le volcan resurgirait un peu plus loin. La science ne sait pas dire quand, quelques décennies ou bien quelques siècles après nous. En ligne de fuite, pour tendre la trame, voici des fictions et des micro-mythes façon Roland Barthes. En bonus, cette exposition depuis Naples jusqu’à Marseille.

    Migrations et géopolitique

    Photographe et réalisateur, Clément Cogitore s’est emparé de cette histoire. Il a convaincu la commissaire de l’exposition de Naples, Kathryn Weir. Le relais fut transmis à Hélia Paukner et Enguerrand Laclos, pour la version Mucem de l’événement. Des documents sont présentés sous des vitrines désuètes : un consul fait son rapport au ministre des affaires étrangères, l’épouse de Louis-Philippe colle et légende les premiers dessins de l’île. Des images de Cogitore, des jets d’encre sur papier se souviennent du basalte de la pointe immergée de l’île. Les plaquettes de verre qui les recouvrent donnent à lire en sicilien ou en malte, une inscription dit que « nous sommes un peuple d’insomniaques ». Un fragment du Tamuld interroge : « Si je ne suis pas moi, qui le sera ? »

    Avec ses images discontinues et des mixages de voix étrangères, un film de Clément Cogitore esquisse des va et vient entre imaginaire et actualité récente, évoque les migrants, les bouleversements climatiques et les conflits inter-étatiques. Il est un instant question de bombardements livrés par Reagan chez Kadhafi. Le film dure 45 minutes. On lâche prise, on regarde en rouge et noir des pastels du siècle précédent, le vedutiste Camillo de Vito.

    Jusqu’au 17 mai, Fort Saint-Jean, sauf mardi 9h / 18h. Catalogue coédité avec Atelier EXB, 49 euros.

  • Daniel Dezeuze s’installe au musée Paul-Valéry à Sète

    Daniel Dezeuze s’installe au musée Paul-Valéry à Sète

    Le musée Paul-Valéry, à Sète, « associé à la question de la figuration à travers notamment le mouvement de la Figuration libre, qui a marqué durablement la communauté artistique sétoise », a choisi de « prendre la question à rebrousse-poil » en consacrant son temps fort hivernal à l’un des fondateurs du mouvement Supports/Surfaces : Daniel Dezeuze, artiste plasticien né à Alès en 1942 et installé dans l’Île singulière depuis 1978.

    En présentant les créations les plus récentes de Daniel Dezeuze (2000-2025), « le musée constate que la peinture peut échapper au format attendu du tableau, qu’elle n’est pas toujours une image, qu’elle peut se détourner de la question de la représentation pour s’approcher d’une forme de construction. »

    Après l’exposition À portée de main, déjà consacrée à l’artiste en 2008, le public est donc invité à découvrir jusqu’au 8 mars les œuvres réalisées par Daniel Dezeuze durant les 25 dernières années. « Daniel Dezeuze n’a cessé, depuis sa participation au mouvement Supports/Surfaces dans les années 1970, d’interroger les éléments constitutifs de la peinture et de la création artistique. À partir des matériaux les plus simples et les plus divers, des matériaux détournés aux assemblages de rebuts, il renouvelle les objets d’une curiosité toujours intacte et forge des œuvres troublantes, une poésie contemporaine de la fragilité », développe le Musée.

    L’artiste utilise « des matériaux humbles, que l’on peut trouver au rayon jardin ou bricolage d’un grand magasin, ou encore des matériaux de récupération », qu’il détourne de leur usage. Durant cette rétrospective, les visiteurs pourront découvrir plusieurs séries caractéristiques : les « peintures qui perlent », où « les gouttes de couleur se métamorphosent en cabochons de plastique et débordent de la surface du tableau » ; les « Dyptiques » inspirés des rouleaux de la peinture chinoise ; les « tableaux-écrans », qui témoignent d’un questionnement marqué par la consécration du numérique et la prolifération des écrans ou encore les « tableaux-valises », qui évoquent le mouvement du voyage ; enfin une série de blasons et de boucliers « réinterprètent un héritage médiéval pour le faire entrer dans le champ de l’expérimentation contemporaine ». Le tout non dénué d’humour, « qui émerge avec délicatesse, dans certaines formes plastiques autant que dans les titres ».

  • Nîmes se pare de vert et d’or pour Noël

    Nîmes se pare de vert et d’or pour Noël

    Moment phare de ce début de saison, les projections monumentales seront visibles du 4 au 7 décembre, chaque soir de 18h à 21h. Tour de l’Horloge, musée du Vieux Nîmes, église Saint-Paul et horloge du lycée Daudet se transformeront grâce aux créations d’ID Scènes.

    Le samedi 13 décembre, la ville accueillera Verne, un spectacle aérien gratuit où un ballon géant embarquera Jules Verne et cinq scientifiques dans un voyage poétique. Le 24 décembre, la traditionnelle parade réunira sept chars illuminés et plus de 150 figurants. Dès le 19 décembre, le village polaire prendra place sur le parvis des Arènes, avec patinoire écologique et chalets gourmands. Manèges, grande roue, marché, petit train, déambulations d’art de rue et boîtes aux lettres du Père Noël compléteront le programme. Une édition 2025 riche et festive, fidèle à la tradition nîmoise.

  • À Montpellier, l’espace Bagouet met la médecine à l’honneur

    À Montpellier, l’espace Bagouet met la médecine à l’honneur

    Sélectionnée par la Ville de Montpellier dans le cadre d’un appel à projets, l’artiste sud-coréenne Mona Young-eun Kim présente une nouvelle exposition à l’espace Dominique-Bagouet rénové. Intitulée « La prophétie est une mémoire, la croyance est synthétique », celle-ci fait dialoguer les archives de la Ville concernant la médecine avec une vision contemporaine des questions médicales. Manuscrits médiévaux et documents fac-similés répondent aux images conçues par l’Intelligence artificielle (IA). « Elle a choisi de générer un récit à partir de l’évolution du corps en fonction de sa capacité à ingérer du plastique. C’est une préoccupation scientifique actuelle », détaille Marie-Caroline Allaire-Matte, commissaire de l’exposition. Une préoccupation faisant écho à celle observée par les médecins du Moyen-Âge lors des débuts de la chirurgie, des autopsies.

    Une manière de questionner le public sur le futur. « Son récit dystopique se base sur un fait objectif : manger du plastique. C’est comment la fiction se nourrit du réel et comment la fiction va engendrer une réflexion sur l’avenir de la condition humaine », poursuit la commissaire de l’exposition. Sans oublier de le mettre en perspective avec le passé, d’où le nom de l’exposition « la prophétie est une mémoire ». « On ne peut comprendre notre avenir et l’anticiper que quand on regarde ce que l’on sait déjà, c’est-à-dire la capacité que l’on a à mémoriser toutes les archives qui ont conditionné l’apprentissage de la science. »

    L’autre partie de l’exposition, « la croyance est synthétique », se concentre sur une vidéo réalisée par l’artiste dont 80% générée par l’IA, où un homme ingère -encore- du plastique et se transforme en quelque chose de monstrueux. « Cela montre également que la croyance ne se fait plus en dieu ou en une religion mais la croyance dans le progrès des outils numériques qui nous accompagnent tous les jours. La science est venue se substituer à une croyance religieuse », observe Marie-Caroline Allaire-Matte.