Category: culture

  • La Nuit du droit ouvre les portes de la justice à Montpellier

    La Nuit du droit ouvre les portes de la justice à Montpellier

    Et si, le temps d’une soirée, les tribunaux devenaient des lieux de spectacle où l’on se rend plein de curiosité, sans l’appréhension qu’ils suscitent d’ordinaire ? C’est ce que propose la Nuit du droit, dont Montpellier s’empare pour une 5e édition organisée le 5 octobre, de 17h à 22h30. Objectif : ouvrir les portes des lieux de justice pour familiariser le grand public avec cette institution souvent intimidante, faire mieux connaître le droit, qui constitue le socle de notre vie en société. « Le but est de rendre accessible les lieux de justice. Tout citoyen a le droit de venir rencontrer des avocats, des magistrats, des greffiers, des notaires… », explique la vice bâtonnière Marie-Pierre Vedel-Salles.

    Lancée en 2017 à l’initiative de Laurent Fabius, alors président du Conseil constitutionnel, la manifestation célèbre le droit autour de l’anniversaire de la Constitution du 4 octobre 1958. « Au fil des années, tout le monde s’est pris au jeu », se félicite Éric Mathais, nouveau procureur général près de la cour d’appel de Montpellier. L’ensemble des professions juridiques (magistrats administratifs, judiciaires et financiers, avocats, notaires, étudiants en droit…) s’associe en effet pour faire vivre cette soirée, dont la déclinaison montpelliéraine se distingue par sa diversité : « Ce qui est fait à Montpellier est assez exemplaire. Ce n’est pas dans toutes les villes qu’il y a un programme aussi dense. »

    Comme désormais chaque année, la manifestation débutera dans la matinée par un forum des métiers du droit proposé dans l’enceinte du lycée Jean-Monnet, à destination des élèves de première et terminale. Puis, à partir de 17h, le public pourra investir le tribunal administratif, où des étudiants en droit et des élèves de l’école d’avocats (Edacs) s’affronteront lors de joutes oratoires.

    Deux procès reconstitués

    À la cour d’appel, deux procès reconstitués permettront de questionner la justice à travers deux affaires emblématiques. Le procès des sœurs Papin replongera dans l’affaire qui bouleversa la France en 1933. Christine et Léa Papin, employées comme domestiques, avaient assassiné leur patronne et sa fille. Au-delà de la violence des faits, le procès avait posé la question de la responsabilité pénale et de la maladie mentale, les experts psychiatres s’opposant sur leur état de conscience. Il avait aussi nourri les réflexions sur les rapports de classe. Des thèmes qui, selon l’avocate chargée de la reconstitution, « se posent encore actuellement ». Une vingtaine de professionnels du droit feront revivre l’audience à partir d’une documentation d’époque.

    Le second procès, tourné vers les libertés publiques, sera consacré à l’affaire Gonzalez-Gomez, dite de la PMA post-mortem. En 2016, le Conseil d’État avait autorisé l’exportation vers l’Espagne des gamètes d’un homme décédé, son épouse souhaitant y poursuivre une procédure interdite en France. Le juge administratif devait alors mettre en balance la protection des règles françaises de bioéthique et les libertés individuelles, notamment le droit au respect de la vie privée et familiale.

    Enfin, la Chambre régionale des comptes (CRC) Occitanie proposera, à la bibliothèque des avocats, un escape game pour découvrir le travail des magistrats financiers. « Il permettra au public de plonger dans les arcanes du fonctionnement de la CRC, de travailler à une instruction, de prêter serment comme un véritable magistrat et de délibérer », résume la présidente de la CRC, Valérie Renet.

    Toutes les animations sont gratuites, sur inscription obligatoire*. Un succès qui ne se dément pas : selon Marie-Pierre Vedel-Salles, les places sont chaque année « prises d’assaut » !

    * – Procès historique et procès administratif : my.weezevent.com/nuit-du-droit-courdappel- 2026

    – Joutes oratoires : my.weezevent.com/joutes-oratoires-nuit-du-droit-2026

    – Escape game : my.weezevent.com/escape-game-nuit-du-droit-2026

  • Plongée au cœur de la bataille de l’Èbre

    Plongée au cœur de la bataille de l’Èbre

    Traduit de l’espagnol par Gabriel Laculli, le roman Ligne de feu nous prouve, si besoin en était, que Arturo Pérez-Reverte, ancien correspondant de guerre, est l’un des plus talentueux écrivains de la littérature européenne contemporaine. Par parenthèse, il s’insurge, lors d’une interview, contre les influenceurs, « souvent ignorants », qui ont remplacé les critiques traditionnels, connaisseurs en classiques, et qui passent leur vie à étudier. La parenthèse fermée, revenons au roman, qui cède la parole à des témoins, à des soldats et soldates des deux camps, que l’on ne peut s’empêcher de regarder comme des pions sur l’échiquier d’une guerre civile qui a fait plus de 20 000 morts. Ainsi comprenons-nous les émotions de chacun, sans parti pris ni motifs d’ordre idéologique. Approche adoptée en 1919 par Dorgelès, dans ses Croix de bois.

    Fiction et rigueur historique

    Alors que les chefs, restés à l’arrière, les envoient en première ligne, nous partageons la peur, le désespoir, les battements du sang aux tympans, les respirations entrecoupées, la faim, la soif, mais aussi le courage (ou la couardise) et les visages livides de ces chairs à canon qui s’attaquent et se défendent, alors qu’ils appartiennent tous au même peuple, parlent tous la même langue, tombent sous les mêmes pistolets-mitrailleurs qui se chargent et rechargent à rythme continu, versent leur propre sang en versant celui de leurs adversaires. Un roman choral qui fera date. Merci à Pérez-Reverte d’avoir mêlé la fiction à la rigueur historique, et de ne pas avoir tout simplement mis ses personnages sous nos yeux, mais de les avoir rendus présents.

    Gallimard, 25 euros

  • La poésie va vers le Théâtre des Calanques

    La poésie va vers le Théâtre des Calanques

    Lancée à la mi-septembre, la saison du Théâtre des Calanques est « éclairée par les poètes ». Toujours en accès libre, « des lectures musicales déclinées au travers de thématiques et variations autour de l’imaginaire des mots », écrit Marion Coutris, directrice artistique des lieux. Au son du violoncelle d’Aurélien Nowak, elle fera entendre, dès samedi, la verve de poétesses telles que Louise Glück, Sylvia Plath ou encore Andrée Cheddid dans Voix de femmes, voies singulières. Une création pour remettre en lumière « les femmes en poésie », elles qui furent « bafouées, ignorées, réduites à la place des muses ou celle de folles ».

    Désir et désordre

    La prochaine proposition poétique coïncidera avec Les ailes du désir. Portée le 7 novembre par Camille Noyelle et Blaise Pettebone, une aventure scénique sur les multiples facettes que peuvent prendre nos aspirations : du « désir d’absence » à celui de « voyage », un duo qui fera résonner les écrits de poétesses contemporaines comme la Syrienne Maram al-Masri, la Canadienne Margaret Atwood et l’Indienne Rupi Kaur.

    Autant de rendez-vous qui augurent de toute une série poétique d’ici la fin de l’année 2026 : le 28 novembre avec Thibault Kuttler et Jeanne Noyelle qui souligneront l’humour de Boris Vian ou Jacques Prévert, le 5 décembre avec un après-midi dédié aux poèmes pour la jeunesse, puis le 12 décembre autour de la poésie amoureuse.

  • Châteauvallon-Liberté s’exporte dans le quartier de la Beaucaire

    Châteauvallon-Liberté s’exporte dans le quartier de la Beaucaire

    Dans un monde idéal, l’art n’a pas de frontières. Dans le monde réel, il ne parvient pas toujours jusqu’à une part de la population. Le décloisonner est donc l’une des principales missions de la scène nationale Châteauvallon-Liberté, la culture se voulant être, par essence, un prérequis à la démocratie.

    Dans cette optique, et car Châteauvallon, comme le théâtre Liberté, ne sont pas des lieux faciles d’accès, tant géographiquement que symboliquement, c’est la scène nationale qui doit parfois venir à la rencontre des habitants de son territoire. Depuis trois ans, elle organise l’opération « Quartiers en liberté ». Après une première édition à Sainte-Musse, puis une deuxième au Pont-du-Las, c’est à la Beaucaire qu’elle a lieu, cette année. Depuis mardi, la compagnie arlésienne de cirque aérien Gratte ciel, qui a notamment participé à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024, y a posé ses valises pour une résidence artistique d’une semaine.

    Déambulation artistique et spectacle dimanche

    Un rendez-vous préparé en amont. « Avant d’arriver, les artistes ont assisté aux réunions de quartier, rencontré les associations, se sont rendus dans les écoles, explique Tiphaine Samson, directrice des programmations de Châteauvallon-Liberté. Ensuite, pendant une semaine, ils organisent ateliers et rencontres pour aboutir à un grand rendez-vous, un spectacle préparé avec une vingtaine d’habitants, dimanche, auquel tout le monde est convié. »

    Depuis mardi, des mats culminant à plusieurs mètres de haut, des cerceaux et des draps suspendus côtoient des ateliers peinture et chants dans les jardins désaffectés de l’ancienne CAF, avec en toile de fond les immeubles qui se fondent parfaitement dans ce cadre vertical. Tout en préparant la déambulation artistique qui aura lieu en amont du spectacle dominical, petits et grands se rompent aux joutes de disciplines spectaculaires. « Ce sont des publics a priori non conviés, dans des espaces non dédiés, avec des dimensions non conventionnelles. La grande hauteur n’existe pas dans les espaces intérieurs comme les théâtres. Donc l’espace public, c’est une autre relation au public », décrit Camille Beaumier, codirectrice de la compagnie Gratte ciel. Une façon, aussi, de sortir de sa zone de confort pour Stéphane Girard, l’autre codirecteur, qui y voit une métaphore puissante : « Le cirque veut aussi dire prendre des risques et avoir peur. Et cela est éminemment politique, c’est un business pour ceux qui voudraient faire croire que, parce que nous avons peur de l’autre, il faut fermer les frontières. Or, ici, on ouvre les portes parce que la peur fait partie de l’apprentissage citoyen. »

    Naoufel, animateur dans un centre aéré de la ville, qui observe les enfants prendre de la hauteur tels des circassiens de la première heure, acquiesce : « D’habitude, on leur propose plutôt des activités sportives. Là, ils découvrent des activités auxquelles ils ne sont pas habitués, et se rencontrent, créent du lien par la même occasion car ils ne se connaissent pas forcément. » Il a déjà eu l’occasion de participer à des ateliers de Châteauvallon hors les murs étant plus jeune. « J’habitais à Sainte-Musse. Chaque année, il y avait un événement, et on l’attendait avec impatience, se rappelle-t-il. Mais le plus souvent, c’était nous qui allions à Châteauvallon. C’est un grand du quartier qui organisait cela. Ce sont de bons souvenirs, et aujourd’hui, c’est moi qui fais découvrir ça à mes enfants. »

    Gageons que la transmission continuera de se faire, et que cette bulle artistique de quelques jours suscitera l’envie de monter quelques centaines de mètres plus haut, encore, pour prendre place dans le mythique amphithéâtre de pierre de Châteauvallon.

    Rendez-vous devant les anciens Jardins de la CAF – la Beaucaire, à Toulon, dimanche à 15h30, pour la déambulation artistique, suivie du spectacle intitulé « Tawa en Liberté »

  • Mille Formes lance sa saison 2 à Montpellier

    Mille Formes lance sa saison 2 à Montpellier

    Mille Formes change de saison, mais pas de cap. Ouvert en février dernier à Montpellier, le centre d’initiation à l’art pour les 0-6 ans, installé en plein cœur de Montpellier, quartier Antigone, a lancé le 16 septembre sa saison 2 après avoir accueilli près de 55 000 visiteurs.

    Gratuit et ouvert à tous, ce lieu culturel porté par la Ville et développé en partenariat avec le Centre Pompidou propose aux tout-petits de découvrir l’art en expérimentant, manipulant, construisant ou écoutant. La programmation de cette nouvelle saison s’inspire d’un album intemporel de Leo Lionni publié en 1970 : Petit Bleu et Petit Jaune. « À travers l’histoire de ces deux personnages qui, malgré leurs différences, deviennent des amis inséparables, l’album fait écho à l’esprit de Mille formes : la rencontre, le partage, le vivre ensemble », présente Lydie Marchi, directrice de l’établissement.

    Trois nouvelles propositions sont notamment à découvrir. Dans la Bulle aux Bébés, « Habiter les formes », du duo sétois Les Crafties, plonge les 0-2 ans dans un paysage sensoriel fait de feutre, de couleurs et de volumes. Il s’agit du premier dispositif artistique entièrement produit par Mille Formes Montpellier. Dans la Galerie, l’artiste Paul Cox transforme l’espace en immense terrain de construction : des milliers de blocs de bois et de mousses colorées permettent de construire routes, ponts, édifices et villes. Enfin, dans la Fourmilière, « Tisser en liberté », d’Émilie Queney, propose de revisiter le tissage à partir d’une machine itinérante et de matériaux insolites.

    Alternative aux écrans

    « À Mille Formes, on a l’ambition de travailler aussi avec les enfants, pas seulement pour eux », souligne Lydie Marchi. Cette philosophie se retrouve dans le MiMu, le mini-musée du centre, dont la nouvelle édition a été imaginée avec des enfants de deux centres de loisirs municipaux. « Ce sont les enfants qui ont choisi les œuvres et objets présentés, imaginé la scénographie et réalisé textes et cartels sonores. »

    Pour le maire de Montpellier, Michaël Delafosse, Mille Formes constitue une alternative aux écrans pour les tout-petits. « Là, on les stimule, on les éveille, on les sensibilise », explique-t-il. La Ville assume un choix de service public, avec 16 agents publics mobilisés et des moyens consacrés au lieu. « Depuis que je suis maire, nous affirmons qu’il faut construire, penser la Ville à hauteur d’enfant, dans l’espace public mais aussi à travers une politique culturelle dont Mille Formes est le fer de lance », déclare le maire qui cite également l’implantation d’un « futur cinéma à hauteur d’enfants dans le quartier de Celleneuve ».

    Spectacles, ateliers, musique, danse, cirque et littérature compléteront cette saison 2, avec une même ambition : frotter sa sensibilité à l‘art dès le plus jeune âge.

    A.G.

    * Entrée gratuite et sans réservation

  • 25e édition pour le festival de cinéma « Femmes ! » à La Seyne-sur-Mer

    25e édition pour le festival de cinéma « Femmes ! » à La Seyne-sur-Mer

    Cette édition, qui se déroulera du 4 au 20 novembre, se concentre autour du thème de la passion, avec 35 films (dont 8 avant-premières) diffusés dans 8 salles et 5 villes. La moitié des œuvres sont françaises, les autres étrangères. Réalisatrices, artistes et invitées participeront à des rencontres et débats de manière à prolonger les films. Quatre soirées spéciales et une clôture festive, autour du cinéma d’art et d’essai exigeant, sont également proposés, ainsi qu’une exposition artistique, intitulée « Indociles ! », présentée par 8 créatrices, et visible au Casino Joa de la Seyne du 6 au 30 novembre.

  • La mémoire dans la peau du Théâtre Joliette

    La mémoire dans la peau du Théâtre Joliette

    « J’ai la mémoire qui flanche, j’me souviens plus très bien », chantait Jeanne Moreau en 1963. Visiblement tout l’inverse du côté du Théâtre Joliette, où « la question de la mémoire et de la transmission » irrigue la saison 2026-2027, résume sa directrice Nathalie Huerta, en indiquant l’affiche qui l’illustre : une photo d’archive de Destierro, le vertige et la foi, écrit et mis en scène par Daniela Labbé Cabrera, « enfant d’exilés chiliens » qui retrace l’histoire de ses parents « militants, proches de Salvador Allende, ayant fui le Chili pour la Roumanie lors du coup d’État de Pinochet ». À voir du 17 au 19 février.

    Que dire encore de La memoria futura, « spectacle déambulatoire dans l’espace public » prévu en juin et imaginé par Luciana Mastromauro qui s’appuie sur les témoignages de grands-mères de la Place de Mai, à Buenos Aires, ces grandes et dignes dames qui militent pour retrouver les enfants volés lors de la dictature argentine entre 1976 et 1983. Un devoir de mémoire et de transmission également à l’œuvre lors du festival Nous, la lune et les voisins, imaginé par le collectif de marionnettistes et performeurs libanais Kahraba. Historiquement lié au quartier de Mar Mikhaël, à Beyrouth, il se dupliquera au Panier et à la Joliette du 10 au 18 octobre. Et ce, notamment à travers des « ateliers de poésie, danse, chant et marionnettes » dispensés aux habitants, sans oublier certaines propositions parmi lesquelles un dialogue entre Elias Sanbar, ancien ambassadeur de la Palestine auprès de l’Unesco et traducteur du poète Mahmoud Darwich, et sa fille, la comédienne Mayya Sanbar.

    Tirailleur sénégalais

    et liaisons dangereuses

    Si la mémoire s’inscrit dans la peau de ces créations internationales, la thématique n’en demeure pas moins abordée par des artistes locaux que le Théâtre Joliette mettra en lumière. Aux côtés de son peintre de père, le conteur et musicien Lamine Diagne exhumera au mois mars dans Waxoul « l’histoire enfouie » de son grand-père qui « était un tirailleur sénégalais », contextualise Nathalie Huerta. Au Théâtre de Lenche, lié à celui de la Joliette depuis 2017, Franck Dimech recréera, plus de 20 ans après, le Quartett d’Heiner Müller, d’après Les liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos. À la distribution de cette pièce visible en janvier, la figure marseillaise de la comédie Marcelle Basso ainsi que Maurice Vinçon, désormais 87 printemps au compteur et fondateur de cette scène établie au Panier depuis 1977. « Maurice a demandé à Franck Dimech de remonter au plateau une dernière fois », sur les planches de ce théâtre qu’il a dirigé pendant des années au cours d’une pièce qui évoque « la vie sexuelle et amoureuse d’un couple à travers les années. Cela parle de la façon dont le temps peut détruire tous types de relations », campe la directrice du Théâtre Joliette.

    Ouverture et participation

    Auparavant très cantonné à l’accueil de résidences d’artistes, le Théâtre de Lenche s’ouvrira encore plus au public cette saison. « Beaucoup de gens du quartier nous ont fait part de leur amour pour ce théâtre en expliquant qu’ils aimeraient que plus de choses s’y passent », rappelle Nathalie Huerta. Parmi les autres événements qui s’y dérouleront, une « carte blanche » octroyée à Manon Worms au mois de mai avec toute une série d’ateliers et de performances qui permettront aussi à cette dramaturge d’expérimenter sa « prochaine création, autour du thème de la sécurité ».

    Parmi la soixantaine de propositions artistiques jalonnant la saison du Théâtre Joliette, un certain nombre de créations itinérantes et participatives. Anne-Sophie Turion concevra ainsi les 22 et 23 mai, avec des habitants de la Joliette, « une visite guidée du quartier dans laquelle ils feront une apparition. Puis, le jour du spectacle, les spectateurs la suivront sous casque », situe la directrice du théâtre qui programmera aussi au cours de l’année de grandes fresques telles que Le Roi Lear de Dieudonné Niangouna, les 25 et 26 mars, aussi bien marquée par « la tradition congolaise » que de l’esprit de Shakespeare.

    Programme complet de la saison sur www.theatrejoliette.fr

  • À Pézenas, le Printival joue son avenir

    À Pézenas, le Printival joue son avenir

    Le contraste est saisissant. Au printemps dernier, près de 12 000 festivaliers se pressaient à Pézenas pour l’édition 2026 du Printival Boby Lapointe. Quelques mois plus tard, l’association qui porte ce rendez-vous consacré à la chanson francophone se retrouve pourtant au bord du précipice.

    « Le Printival traverse aujourd’hui la période la plus difficile de son histoire », confie l’équipe dans une lettre ouverte publiée le 9 septembre. Début août, l’association, en grandes difficultés financières, a en effet déposé une demande de mise en redressement judiciaire auprès du tribunal. « Deux scénarios sont désormais possibles : un plan de continuation permettant de poursuivre l’activité après restructuration, ou une liquidation judiciaire mettant fin à l’association. »

    Pour tenter de favoriser le premier scénario, le Printival lance une campagne de soutien dans l’objectif de récolter 50 000 euros. « Cette mobilisation doit permettre de contribuer à stabiliser la situation financière de l’association », expliquent ses responsables. Elle doit également témoigner « du soutien dont bénéficie le Printival auprès de son public, de ses partenaires et de l’ensemble de son écosystème ».

    Un déficit lié à plusieurs recettes manquantes

    Le Printival a vu le jour en 2000 sous l’impulsion de Jacky Lapointe, fils de Boby Lapointe, et Sam Olivier, avec l’objectif de célébrer l’œuvre du chanteur piscénois. À partir de 2009, la petite-fille de Boby, Dany Lapointe, a repris la direction du festival, dont elle a largement élargi les horizons, fidèle toutefois à l’esprit initial de la manifestation : l’amour des mots, de la poésie et du partage. Depuis plus de vingt-cinq ans, le Printival défend donc la chanson francophone, faisant vivre la mémoire de Boby Lapointe tout en accompagnant de nouvelles générations d’artistes. Son activité dépasse les quelques jours du festival : l’association mène également des actions culturelles tout au long de l’année et développe des projets d’accompagnement et de création.

    Comment expliquer cette situation après une édition 2026 à succès ? Le festival a en effet enregistré un résultat positif d’environ 6 000 euros. Les difficultés actuelles proviennent plutôt d’un cumul d’écarts entre les prévisions budgétaires de la saison 2025-2026 et les recettes finalement perçues. L’association évoque « environ 12 000 euros de mécénat en moins que prévu, près de 10 000 euros de recettes en moins sur l’accompagnement d’artistes et environ 28 000 euros de subventions qui n’ont finalement pas été obtenues. Ces écarts, pris ensemble, ont fortement fragilisé l’équilibre financier de l’association ».

    L’équipe, le conseil d’administration et les partenaires travaillent désormais à un plan de restructuration. « Des décisions difficiles ont déjà été prises [trois contrats n’ont déjà pas été renouvelés, Ndlr.]. Certaines activités vont être revues et plusieurs postes sont concernés afin d’adapter le fonctionnement de l’association à sa nouvelle réalité économique. » Les 50 000 euros recherchés doivent permettre de « consolider la situation financière de l’association, de faire face à ses engagements les plus urgents et de lui donner les meilleures chances de poursuivre ses activités ».

    L’équipe a choisi de rendre publique sa situation avant même la décision du tribunal. « Nous ne savons pas encore de quoi demain sera fait. Mais tant qu’il existera une possibilité de faire vivre le Printival, nous mettrons toute notre énergie à la défendre. »

    * La collecte « Ensemble, unis pour le Printival » est ouverte sur HelloAsso

  • Maurras passe finalement à l’as de la Semaine provençale d’Avignon

    Maurras passe finalement à l’as de la Semaine provençale d’Avignon

    La polémique était trop forte. L’association organisatrice de la Semaine provençale a décidé, mardi, de déprogrammer la lecture d’un texte de Charles Maurras, initialement prévue ce vendredi à la bibliothèque Ceccano. Une décision directement prise à la demande du maire Olivier Galzi (DVD) qui s’est dit « favorable au retrait » de l’auteur, « compte tenu de son profil ». « L’évocation de son seul nom a suscité tant de remous qu’on préfère avoir une conférence sereine », précise Bernard Deschamps, secrétaire de l’Oustau de la culturo provençalo, à Vaucluse Matin.

    Depuis plus d’une semaine, plusieurs associations (LDH, Libre pensée) ou partis politiques de gauche étaient montés au créneau pour s’opposer à cette séquence, en rappelant le parcours antisémite, nationaliste et xénophobe de l’auteur qui a fondé l’Action française. Une pétition soutenue par des universitaires avait aussi été lancée.

    Il y a une semaine, la Ville avait plaidé pour « une contextualisation claire et indispensable de cette lecture ». Précisons que la conférence incriminée n’est pas annulée en soi. Baptisée « Ils ont aussi écrit en provençal, le saviez-vous ? », elle est maintenue ce vendredi (14h), mais sans lecture de Maurras, donc. « On s’en félicite, la voix de la raison a été entendue », réagit Fabienne Haloui, présidente de la section Avignon-Carpentras-Orange de la Ligue des droits de l’homme. Ce qui n’empêche pas l’association, aux côtés du Mrap, de la CGT spectacle et d’Avignon collectif, de maintenir vendredi (19h, place Pie) une célébration populaire alternative pour rappeler qui était Maurras et lire des textes de poètes provençaux progressistes.

  • À Nimes, deux nouvelles expos chez Negpos

    À Nimes, deux nouvelles expos chez Negpos

    La galerie présente d’abord « La vie défigurée », un travail d’Erent Lock (gravure) et Jean-Pierre Hercourt (textes) qui traite de portraits d’hommes revenus mutilés de la guerre. « C’est le cri sans voix de ceux que l’on a sacrifiés, les “Gueules cassées”, soldats du peuple envoyés à l’abattoir. L’admirable travail d’Erent Lock est dessiné et gravé, les cisaillements de sa pointe sont autant de scarifications sur des visages ravagés par la violence du conflit », présente Eric Roth, historien de l’art.

    En parallèle, Patrice Loubon, qui est également président et fondateur de l’association NegPos, propose un travail photographique sur la Jeune Fille au Chevreau, œuvre du sculpteur Marcel Courbier, qui était présente aux Jardins de la Fontaine à Nîmes et dont les vestiges ont disparu après 1944. Patrice Loubon « passe par une collecte de pièces à conviction, d’images, de courriers et par une autre tendance vers une rhizomisation à la Perec, où les histoires surgissent les unes après les autres, les unes dans les autres, se connectant entre elles, ne faisant s’éloigner que davantage l’artiste de son point de départ mais nourrissant une épopée du siècle, des années 1920 aux années 1970 », précise Eric Roth.

    Les deux expositions sont à découvrir jusqu’au 9 octobre.