Category: culture

  • Le quartier de la Plaine à Marseille s’apprête à une déferlante rock

    Le quartier de la Plaine à Marseille s’apprête à une déferlante rock

    « On réfléchit vraiment la programmation pour qu’elle soit la plus représentative du rock dans son ensemble. L’idée c’est de montrer le rock dans toute sa diversité, sa pluralité (…) et sa richesse. On a des jeunes, des moins jeunes. On a des groupes de métal, de hardcore, qui sont plus liés à la scène Sale Gueule ou au Molotov. Mais aussi, un peu de hip-hop, de la pop ou des projets un peu plus expérimentaux comme Ganagobie », confie Annaëlle Loze de l’Intermédiaire.

    « Le rock dans toute sa pluralité »

    Ainsi le public retrouve la dream pop d’Abstract Puppet, le post-punk de Glitch, le garage-psyché-punk avec Le Bien ou encore le pilier du rock local, Daniel Sani & les Monomaniaques.

    « Une variable qui nous tient à cœur, c’est la variable du genre. Il nous semble important de montrer que le rock, ce n’est pas qu’un truc de gars », souligne Annaëlle Loze. Au-delà de femmes au sein de l’organisation, les groupes présents reflètent cette diversité. Il y a le groupe féminin Las Grimas, le folk-grunge porté par Sacha Vaughan ou encore les chanteuses des groupes QB et Samedi Midi. « Comme c’est un événement familial, voir des femmes sur scène permet aussi aux petites filles de se dire que faire du rock, c’est possible pour elles aussi », développe-t-elle. Sortir le rock des salles, c’est sortir d’un entre-soi, c’est ouvrir l’événement à un public varié, « à destination de tous et toutes. Il y a aussi un enjeu de cohésion sociale : montrer que la Plaine, que le quartier, c’est un tout collectif, et inclusif », partage Annaëlle Loze.

    Cette démarche se reflète également par son organisation. « Nous sommes une équipe complètement bénévole, une soixantaine. Ce n’est pas un événement lucratif », conclut Annaëlle Loze.

    De 13h30 à 20h30 en accès libre et gratuite.

  • Les artistes s’emparent des murs de Port-de-Bouc

    Les artistes s’emparent des murs de Port-de-Bouc

    Port-de-Bouc poursuit sa mue. Comme chaque printemps, la petite ville de 17 000 habitants semble éclore sous les pinceaux des artistes. Cette année, ils seront neuf, venus de France, de Croatie, de Grèce ou d’Espagne, à poser leurs bagages dans le camping municipal Bottaï pour transformer durablement les façades des bâtiments de la Lèque, Tassy, des Comtes ou encore des Aigues-Douces. Pour le maire Laurent Belsola (PCF), « il ne s’agit pas seulement d’embellir. Il s’agit de repenser notre lien à l’espace public ».

    Ce qui était au départ une intuition artistique est devenu un véritable parcours d’œuvres à grande échelle unique en France. À l’issue de cette 7e édition du festival « Les Nouveaux Ateliers », la commune comptera près de 70 réalisations murales. Une concentration exceptionnelle, qui fait aujourd’hui de Port-de-Bouc la détentrice du record européen d’art urbain par habitant. Une fierté, pour l’adjoint au maire délégué à la culture Patrice Chapelle : « Ça veut dire que le projet s’enracine, plaît aux artistes qui viennent de loin, et attire un public extérieur. On a une renommée hors les murs, surtout auprès du public avisé sur le street art. L’an dernier, une dame est venue de Paris pour voir le chantier en cours et l’évolution des fresques. »

    Art et qualité de vie

    Aude Straub, chargée de développement de ce projet, confie : « On aimerait développer le festival dans d’autres petites communes. Ça permet de dynamiser et d’amener l’art dans ces territoires qui sont un peu éloignés et dans les quartiers populaires, où la culture n’est parfois pas très accessible. Ça améliore la qualité de vie. Et puis ça permet d’ouvrir un dialogue entre les habitants et les artistes. »

    Pour en découvrir plus, rendez-vous mardi au cours Landrivon pour un parcours d’un mur à l’autre organisé par l’Office du tourisme, mercredi après-midi pour des ateliers créatifs à destination des enfants square Lopofa, et samedi pour une journée de clôture ponctuée d’animations, de spectacles et de concerts.

  • La boutique éphémère de Jul a lancé les festivités à Marseille

    La boutique éphémère de Jul a lancé les festivités à Marseille

    Plus les heures avancent, plus la ville devient un véritable lieu de festivité pour les fans, dans l’attente du premier concert du rappeur Jul, ce vendredi. Pour faire monter l’ambiance, l’artiste avait tout prévu, avec une boutique éphémère, comme l’an passé, inaugurée dans la matinée au parc Chanot, à proximité du Stade Vélodrome.

    Sur place, des milliers de personnes étaient au rendez-vous pour acquérir un souvenir : t-shirts, survêtements, casquettes, mais aussi des lunettes, tous à l’effigie d’un artiste devenu une véritable légende de la cité phocéenne. Ce « Jul Store » est ouvert jusqu’au 17 juin, de 10h à 20h. Samuel, vendeur dans la boutique, observe : « Depuis 9h, je suis arrivé et impossible de prendre une pause, les clients arrivent en nombre, mais pour nous, en tant que vendeur, c’est un plaisir. Jul, c’est notre légende ici à Marseille. »

    Des fans de toute la France

    Cette boutique est l’occasion de mesurer l’ampleur que prend le rappeur depuis quelques années. Reconnu à l’échelle nationale puis internationale, il se distingue en touchant toutes les générations. « Dès qu’on écoute Jul, on est obligé d’être de bonne humeur. C’est mon deuxième concert à Marseille. Pour moi, c’est le plus beau concert que j’ai vu de ma vie », insiste Louna, originaire de Lyon. « Cette boutique représente beaucoup d’émotions pour nous : elle est assez grande, avec pas mal de choix, c’est superbe », complètent Chloé et Pauline, jeunes qui ont fait le déplacement depuis l’Île de Beauté. De nombreux visiteurs n’ont pas hésité à venir malgré des contraintes de transports.

    Le Jul Store a marqué le début d’un week-end riche en festivités. Ce vendredi, les musiques du rappeur résonnent dans la boutique et les fans commencent à chanter en chœur, à quelques heures du premier concert. « Je pense que c’est un artiste qui a un véritable écho auprès de la jeunesse, et surtout des Marseillais. C’est une très bonne chose. On le voit notamment à l’attente depuis 10h pour entrer dans la boutique », décrit Véronique, Marseillaise du bel âge qui accompagne des jeunes. Une bonne ambiance règne en marge de ces concerts qui rassembleront, au total, environ 100 000 personnes sur deux soirs.

    Jul Store, du 29 mai au 17 juin,
    de 10h à 20h au Parc Chanot
    à proximité du Vélodrome.

  • Éclats de lire revient pour une 13e édition au Vigan

    Éclats de lire revient pour une 13e édition au Vigan

    Face aux écrans, les festivals de littérature jeunesse font de la résistance ! Ce sera encore le cas les 29, 30 et 31 mai au Vigan qui accueille la 13e édition des Éclats de lire et espère rassembler une partie des enfants des Cévennes en proposant des ateliers, lectures, spectacles et des rencontres avec des auteurs.

    Le festival s’ouvre par une soirée vendredi 29 mai (18h) au cinéma Le Palace avec la projection Le Secret des mésanges, un long-métrage d’animation en papier découpé d’Antoine Lanciaux et Pierre-Luc Granjon, qui sera suivie par un échange avec Samuel Ribeyron, directeur artistique des décors du film.

    Dédicaces et spectacles

    À partir du samedi, pas moins de 11 ateliers sont organisés autour d’une fresque de la nature, d’images perdues du monde, de dessins de BD et de mangas ou encore sur les différentes techniques de dessin. Trois lectures « vitaminées » sont également au programme (15, 16 et 17h). Le spectacle Folkestone qui interroge les préoccupations de préadolescents, clôturera la journée à l’école Jean-Carrière (19h30, dès 8 ans).

    Dimanche, le programme sera encore plus fourni avec 13 ateliers, deux lectures, une parade (16h) et deux spectacles à l’auditorium. Le premier, Puisette et fragile (dès 4 ans) se déroule à 11h et s’appuie sur des papiers découpés pour illustrer un monde fantastique et aborder la notion de partage. Le deuxième, Cache-toi, Arsène! (16h45, dès 6 ans) rappelle le film Ratatouille où le rat n’est cette fois pas amoureux de la bonne cuisine française mais de la musique, passion qu’il partage avec son maître, Jean le pianiste.

    Tout le week-end, des séances de dédicaces avec huit auteurs présents, dont Romain Badel ou Magali Bardos, sont aussi organisées (samedi après-midi et dimanche toute la journée) dans les jardins du château d’Assas. Trois expositions seront aussi disponibles sur les insectes et les carapaces à plume à la médiathèque et sur l’école de l’imaginaire dans le hall du château.

  • Un artiste qui fédère toutes les générations

    Un artiste qui fédère toutes les générations

    La culture hip-hop est intrinsèquement contestataire. Lorsque, en 2010, le rappeur Jul – de son vrai nom Julien Mari – débarque dans l’industrie, il bouleverse tous les codes. Benjamine Weill, philosophe spécialisée dans la culture hip-hop, rappelle que l’artiste marseillais a dû se faire une place : « Beaucoup de rappeurs de l’ancienne génération méprisaient le travail de Jul. C’était surtout du mépris de classe. »

    Jul entre aussi en rupture avec des monuments du rap français parisien en offrant des sonorités plus légères et gaies. Il aborde des thématiques similaires, mais à sa manière. « L’environnement influence la création. Parisiens et Marseillais vivent la même galère, mais pas de la même façon », explique la philosophe.

    « Tout le monde peut

    y adhérer »

    Selon Benjamine Weill, la popularité de l’artiste peut s’expliquer par plusieurs raisons : « Ce que je dis reste de l’ordre de l’hypothèse, mais on peut envisager que son succès tient à sa générosité vis-à-vis de son public et à son efficacité. » En effet le Marseillais a sorti 26 albums sur une période de huit ans. De nombreuses mixtapes ont été diffusées gratuitement, traduisant une démarche fondamentalement hip-hop. « En recyclant et détournant à l’extrême des titres des années 80 et 90, il a surfé sur la nostalgie, toutes les générations peuvent l’écouter. »

    D’après Benjamine Weill, « Jul est politique sans avoir de conscience politique, parce qu’il ne se positionne pas, tout le monde peut y adhérer. Il raconte son quotidien, ni plus, ni moins, c’est droit au but. Comme quoi ça lui va très bien le Vélodrome ! »

  • Ciné-Palestine célèbre la convergence des luttes

    Ciné-Palestine célèbre la convergence des luttes

    Cette année, le festival porte le focus sur la « Solidarité des luttes ». Une membre de l’association Ciné-Palestine explique : « Chaque année, on consacre une partie de la programmation à un focus spécifique. En 2026, l’idée est de montrer que les luttes anticapitalistes, antiracistes, anti-impérialistes et antifascistes sont connectées. » C’est aussi une manière, pour le festival, d’expliquer « comment les pratiques de production ou de diffusion participent à mettre les gens en action ».

    La sélection du festival inclut Palestine vaincra, le premier documentaire français réalisé en soutien au mouvement de libération palestinien et diffusé pour la première fois depuis 50 ans en France, ce vendredi (19h), à Vidéodrome 2. à la Baleine, la soirée se poursuivra avec « une séance de courts-métrages expérimentaux. Dans ce programme, il y a trois films qui parlent directement de Gaza, dont deux de Mahmoud Alhaj, arrivé en France dans le cadre du Programme Pause. »

    Des luttes internationalistes

    En clôture, ce dimanche à l’Alhambra et en présence de la réalisatrice Amal Ramsis, le festival diffuse You come from far away, film qui traverse les frontières de l’Espagne au Liban. Un moment musical conclura cette édition marseillaise, dimanche soir au Denis bar, « pour se retrouver, se donner la force et continuer la lutte », précise l’adhérente. Ciné-Palestine est à retrouver du 5 au 14 juin, en Île-de-France.

  • Liens poétiques de la culture afro-caribéenne à Marseille

    Liens poétiques de la culture afro-caribéenne à Marseille

    Imaginé il y a 14 ans pour dépasser les clichés autour de la culture afro-caribéenne, Kadans Caraïbe a désormais « atteint son objectif », estime Mona Georgelin. « Quand on a créé le festival, nous avions l’impression que le public ne connaissait que le zouk, musique qui a par ailleurs tout mon respect. Mais maintenant, on voit qu’il est informé sur toutes les musiques traditionnelles, le jazz caribéen et les autres fusions existantes », se réjouit la fondatrice de l’association Mamanthé, organisatrice de Kadans Caraïbe dont la 14e édition prend ses quartiers samedi 30 mai à la Cité de la musique de Marseille.

    « D’où » le projet Lyannaj poétique, qui en sera le cœur battant, basé sur la Poétique de la relation, concept développé en 1990 par le philosophe Edouard Glissant, puis par Patrick Chamoiseau L’idée d’un dialogue humain, égalitaire et fécond entre les cultures, comme pourra l’illustrer un concert, prévu à 21h, réunissant Yann Cléry et Yewhe Yeton. « Lyannaj », comme le lien, sa traduction créole, qui unit pour l’occasion le flûtiste guyanais et le chanteur et rappeur béninois. Le fruit mélodieux d’une résidence de création qui « contribue à ce dialogue entre les cultures », explique Mona Georgelin. « Rappeur, chanteur, percussionniste, Yewhe Yeton fait tout un travail sur les musiques traditionnelles du Bénin en les croisant avec d’autres univers », décrit-elle, dans la même veine que Yann Cléry, qui « à partir des musiques guyanaises, peut aller vers le rap ou encore le rock ».

    Gros cœur et Gwoka

    Un peu plus tôt dans la soirée, une table ronde animée par le journaliste Stéphane Galland se tiendra à 18h « avec les artistes pour approfondir la pensée du Lyannaj poétique. Cette poétique de la relation nous invitera à croiser nos imaginaires créatifs, créer des rencontres étonnantes et ouvrir de nouveaux champs esthétiques », résume Mona Georgelin.

    S’ensuivra une heure plus tard, un concert mené par le groupe marseillais Kolèktif Ka et danseur et chorégraphe Max Diakok. Au centre de toutes leurs pratiques, le Gwoka, « musique traditionnelle de Guadeloupe née pendant la période de l’esclavage » et principalement jouée sur des tambours appelés « Ka ». « Après l’abolition de l’esclavage, il y a eu un déni, inscrit dans une démarche d’assimilation. Puis le Gwoka est revenu sur le devant de la scène avec certaines revendications politiques dans les années 1970, notamment dans les plantations agricoles où d’anciens esclaves étaient encore maltraités. Aujourd’hui, c’est une musique qui symbolise la résistance », éclaire Mona Georgelin qui souhaite, à l’avenir, « organiser une conférence sur le thème de l’esclavage et aussi s’interroger sur le passé colonialiste de Marseille. Et pourquoi pas, aussi, recevoir à nouveau deux artistes dans le cadre d’une résidence de lyannaj poétique ».

    Programme complet sur www.kadans-caraibe.com

  • [Entretien] Florian Gulli : « Le capitalisme produit une résistance individuelle »

    [Entretien] Florian Gulli : « Le capitalisme produit une résistance individuelle »

    La Marseillaise : Qu’aborde concrètement le livre « La matrice des classes sociales » de Vivek Chibber, dont vous avez écrit la préface ?

    Florian Gulli : Déjà, il faut souligner que, malgré ce que pourrait suggérer le titre, il ne s’agit pas de dire qu’il faut revenir à la façon dont la gauche parlait de classes sociales dans les années 1950. L’ambition est d’intégrer toutes les critiques qui ont été adressées à l’analyse de classe pour proposer une version plus robuste du matérialisme.

    Le cœur du livre part d’une question classique du marxisme. Karl Marx défendait que le capitalisme allait forcément s’effondrer sous le poids de ses propres contradictions. L’idée est qu’il fait mécaniquement souffrir de plus en plus de monde et qu’il crée, du même coup, ses propres fossoyeurs. Mille fois, on a annoncé que le capitalisme allait s’effondrer. Ça ne s’est jamais produit. Pour le justifier, des explications ont commencé à émerger à partir de la Seconde Guerre mondiale avec l’idée que le non-avènement de la révolution résulterait de l’émergence de médias manipulateurs. L’aspect matérialiste a été progressivement abandonné, pour laisser place à une gauche plus élitiste, qui perd progressivement le lien avec les classes populaires. Ici, l’auteur tente de donner une explication de classe au non-effondrement du capitalisme.

    Quelle explication propose-t-il ?

    F.G. : Lui, en suivant le schéma classique du marxisme, dit qu’en effet le capitalisme nous paupérise, nous prolétarise et nous fait souffrir. Une situation qui produit effectivement une résistance, mais individuelle, pas collective. La thèse est que l’erreur de Marx et des marxistes a été de croire que le capitalisme produirait forcément une résistance collective. Les gens souffrent du capitalisme et essaient de s’en sortir, mais en tentant de grimper à l’intérieur de leur entreprise, pour obtenir une meilleure position. Donc, s’ils n’ont pas fait la révolution, ce n’est pas parce qu’ils ont été abrutis par les mass media mais parce qu’ils se sont résignés. Cette perspective est compatible avec une certaine bienveillance à l’égard des classes populaires. C’est un phénomène de résignation générale.

    Comment expliquer l’émergence de cette résistance individuelle quand on sait qu’une résistance collective a pu exister ?

    F.G. : Il y a eu des transformations des conditions historiques et sociales. Au début du XXe siècle, la grande industrie rassemblait 30 000 ouvriers au même endroit, ce qui facilitait de fait le militantisme. On touche 30 000 personnes avec un tract en une heure, quasiment. Alors que dorénavant, les unités sont beaucoup plus petites, tout est très déconcentré. Donc, forcément, c’est plus difficile. Vivek Chibber parle aussi de l’évolution des villes et de la disparition des quartiers ouvriers, où il pouvait se créer des sentiments de solidarité et de proximité. Tout ça a disparu. L’idée n’est pas de dire que tout est foutu, mais qu’il faut trouver un moyen de briser la résignation.

    Et les partis et les syndicats sont dans ce cadre un outil indispensable pour l’auteur…

    F.G. : La perte de crédibilité de la gauche auprès des classes populaires vient d’abord de l’abandon de la conception matérialiste, mais aussi de la disparition des partis dans le quotidien des gens, avec des cellules de quartiers, ce genre de choses. Lui suggère d’y revenir. En fait, tant qu’on n’a pas créé une culture de partis, ce n’est pas très rationnel de faire grève. Autant ne pas y aller et laisser les autres s’engager. S’ils gagnent un truc, tant mieux. S’ils perdent, je n’ai rien perdu. Le seul truc qui a permis de mettre un terme à la logique du « passager clandestin », ce sont les partis, qui lient les uns avec les autres par des liens moraux.

  • Le phénomène Jul embarque les foules

    Le phénomène Jul embarque les foules

    Ces vendredi et samedi soirs, Jul, l’artiste le plus vendeur de France après Johnny Hallyday, enflammera le Vélodrome, après deux représentations données au Stade de France les 15 et 16 mai derniers. Les concerts proposés dans la célèbre enceinte phocéenne, en 2022 puis en 2025, avaient déjà remué la ville, des Goudes aux Aygalades.

    L’an dernier, l’intégralité des billets s’était vendue en seulement 35 minutes. Pour cette édition 2026, les stocks étaient quasiment épuisés dès la prévente, en novembre dernier. Environ 100 000 personnes seront présentes, au total, pour chanter sur les sons de l’icône de la cité phocéenne.

    Un engouement massif partagé par Enzo, 22 ans. Fan « depuis 2015 », propriétaire des « 25 albums en physique », il sera présent ce vendredi. Il s’agira de son quatrième concert de Jul. Depuis cette semaine, Marseille bat au rythme de cet événement. Des bars organisent des soirées « 100% Jul », les voitures diffusent les musiques de l’artiste à plein volume – encore plus que d’habitude -, et des passants, sur le Vieux-Port, arborent des vêtements siglés d’Or et de Platine, la marque du rappeur.

    À cette ferveur collective se mêle un autre son : celui du roulement des valises des fans venus de toute la France. Audrey, 30 ans, aide-soignante, et Tito, 19 ans, plombier, sont Nantais. Ils ont fait le déplacement en famille, loué un Airbnb, et déboursé « 170 euros chacun pour une place en pelouse ». Un budget conséquent, assumé sans hésitation : « C’est pour Jul ! »

    Elisa, 30 ans, est cheffe de projet image pour une marque de parfum parisienne. Elle vient à Marseille pour assister à un concert de Jul dès que l’occasion se présente. « Jul, c’est une icône de la ville », dit-elle simplement. Martin, 25 ans, professeur des écoles venu lui aussi de Paris, vivra son deuxième concert, ce vendredi. Après le Stade de France, l’an passé, il a choisi le Vélodrome pour une raison précise : « Les tribunes du stade sont toutes couvertes, donc niveau son, ça peut rendre quelque chose de plus impressionnant. » Luna, 25 ans, photographe et directrice artistique, est également Parisienne. Elle évoque une autre motivation : « Les fans ici sont plus impliqués, l’ambiance est meilleure et Jul est chez lui, donc il est plus à l’aise. »

    Un peu plus loin, sur le Vieux-Port, Valentin, 31 ans, vétérinaire belge, incarne une autre dimension du phénomène : celle qui traverse les frontières. « On écoute Jul partout. On vient pour l’expérience, pour le découvrir et comprendre le buzz et la mouvance autour de cet artiste. Quand je pense à Jul, je pense à Marseille. » Karine, 48 ans, est « venue du Luxembourg accompagner » ces filles adolescentes. Le concert représente aussi une « occasion de visiter la ville ».

    Marseillais

    devenu mondial

    Mélissa, étudiante en philosophie, elle, n’a pas pu se payer une place. « Il a commencé avec des albums gratuits à télécharger en MP3 et maintenant, il ne fait pas de tournées et les billets sont trop chers », juge-t-elle.

    Ce qui réunit tous ces visages si différents, c’est peut-être ce qu’exprime Alexis, Parisien de 25 ans, avec simplicité : « C’est un événement, c’est plus que de la musique. C’est aussi le personnage qui nous plaît. Il est entier, transparent et simple. Il représente tous les jeunes. On arrive tous à s’identifier à ce qu’il raconte. » Jul ne rassemble pas un public, mais des dizaines, tous horizons confondus.

    Enzo résume parfaitement ce phénomène marseillais né il y a plus de 12 ans : « Une fois que t’es tombé dans Jul, tu peux plus en sortir. Il a créé son propre style et c’est pour ça qu’on l’aime autant et qu’il vend autant. »

    L’Office de tourisme de Marseille, lui, a mesuré une hausse de 26% des nuitées lors des week-ends de concerts. Jul n’est donc pas qu’un phénomène musical : il est devenu un véritable levier touristique et économique pour sa ville.

    Police et RTM au taquet

    Préfecture de police et régie des transports s’adaptent à l’affluence pour le concert de Jul. La RTM propose un service renforcé sur les deux lignes de métro dès 16h et prévoit une fermeture temporaire de la station Périer dès 23h15, vers Gèze. Elle ne va pas desservir plusieurs arrêts des lignes de bus B1, 15/15S, 17, 22/22S, 23, 44, 45, 41 et 72. Côté police, la préfecture prévoit « un dispositif conséquent (…) dès 11h et jusque tard dans la nuit ». Avec notamment « plusieurs unités de forces mobiles » en plus des effectifs locaux, des équipes de la mission Sentinelle…

    A.B.

  • L’adolescence questionnée au cinéma

    L’adolescence questionnée au cinéma

    Pour la sixième édition de cette création originale de la Maison des adolescents du Gard, des adolescents eux-mêmes s’impliquent pour proposer films et débats autour de leurs préoccupations et de leur quotidien. De la programmation des films au nom de l’édition en passant par la réalisation de l’affiche, le choix des animations de débats… ce sont les jeunes qui ont la parole et injectent leur vision à ce festival.

    Le 28 mai à 18h30, le film espagnol Yuli, qui retrace l’histoire incroyable du jeune danseur de rue cubain Carlos Acosta, sera projeté au Sémaphore. Le 29 mai et le 4 juin, c’est le choix de courts-métrages des adolescents qui sera présenté à Nîmes puis à Uzès. Le dernier long-métrage présenté s’intitule Mon héroïne et sera projeté en présence de la réalisatrice. Un festival gratuit et ouvert à tous.