Category: culture

  • [C’est l’été] Balade Marcel Pagnol à Aubagne

    [C’est l’été] Balade Marcel Pagnol à Aubagne

    Au cœur du Domaine de la Font de Mai, au pied du Garlaban un passionné vous guidera sur les lieux qui ont inspiré l’œuvre littéraire et cinématographique de Marcel Pagnol pour un moment suspendu à la croisée de la mémoire, de la nature et de la culture.

    Infos : tourisme-paysdaubagne.fr. 12 euros

  • [C’est l’été] Lecture : «Lettre de Francfort», d’Edith Bruck

    [C’est l’été] Lecture : «Lettre de Francfort», d’Edith Bruck

    Si elle survit avec sa sœur, leurs parents comptent parmi les victimes de l’holocauste. Installée en Italie, elle épouse le réalisateur Nelo Risi et adopte la langue italienne. Dans le présent ouvrage, préfacé et traduit par René de Ceccatty, elle tente d’obtenir l’indemnisation à laquelle les déportés avaient droit, à condition d’en prouver le bien-fondé. S’ensuit l’absurdité d’une machine administrative, digne d’un roman de Kafka.

    Éditions Rivages, 20 euros

  • Avignon off : un grand souffle de vie

    Avignon off : un grand souffle de vie

    Comment Gérald Sibleyras a-t-il pu à 42 ans, créer des personnages âgés plus vrais que nature ? Le Vent des Peupliers a été créée en 2003. Sibleyras n’en était qu’à ses débuts d’auteur solo. Depuis il a enchaîné pièce sur pièce, succès après succès. Le vent des peupliers a été adaptée par Tom Stoppard en 2005.

    Le titre anglais Heroes en dépeint très justement cette comédie douce-amère où nos trois aînés, anciens militaires, sont des héros de la vie, des grands enfants dont le temps, ce destructeur sournois, n’a pas ridé les désirs, les pulsions ou les passions. Un chien en béton, surveille les trois complices : Gustave le râleur, René le gentil à la patte folle et Fernand sujet à de fréquents évanouissements. Ces trois mousquetaires chenus fomentent un plan d’excursion tels des ados scouts ivres de liberté et d’obstacles à abattre. Chaque détail est discuté, approuvé ou refusé : le temps passe plus vite lorsqu’on s’est fixé un but.

    Pour interpréter cette photographie vivante entre présent et passé, il fallait des comédiens chevronnés, rompus aux pièges du théâtre intimiste. Bernard Belin les a trouvés et les a dirigés avec une tendre affection. Dans un décor minimaliste, rassurant, il insuffle à la représentation une force (celle de ces retraités rêveurs) et une poésie qui respectent leur passé, leurs souvenirs même guerriers.

    Nous sommes en 1959 et la guerre n’a pas encore cicatrisé toutes les blessures. Bougon, râleur, Christophe Chêne-Caillet eau injecte dans le personnage de Gustave, une tendresse retenue, une peur inavouée sous une apparente fanfaronnerie. Patrice Chartier-Crouzet est un Ferdinand à l’optimisme indéboulonnable donc forcément sympathique. Quant à Alain Fabre, il restitue à merveille les incohérences, la paranoïa parfois d’un René que fragilise un morceau d’obus fiché dans son crâne. Tous trois, nourris d’une expérience riche de vie et de théâtre, embarquent le spectateur dans leur voyage immobile, l’imbriquent dans leurs rêves, leurs tentatives de se moquer des lourdeurs du temps sur leurs épaules.

    Avec eux on rit beaucoup, un rire bienveillant qui fait du bien. Comme eux nous aimerions bien regarder le balancement des peupliers, au loin. Ces peupliers qui, autrefois pour les druides, symbolisaient le vieil âge de l’homme en raison de leurs feuilles blanches. Mais le peuplier était surtout porteur d’espoir et de promesse de régénérescence. Comme cette pièce qui mériterait largement d’être à l’affiche d’un théâtre parisien.

    « Le vent des peupliers », tous les jours sauf le mercredi à 18h45 au Cadencia

  • [Entretien] Éric Navarro : « Le public est acteur du spectacle »

    [Entretien] Éric Navarro : « Le public est acteur du spectacle »

    La Marseillaise : Quelle est l’idée derrière le groupe Jukebox Connexion ?

    Éric Navarro : On a appelé le groupe ainsi en référence à cet appareil dans lequel on mettait une pièce pour choisir un morceau. Le jukebox, pour nous, c’est un QR code qu’on dispose partout sur le lieu où on joue, et les gens peuvent le scanner pour avoir accès à toutes les listes d’une trentaine de titres que le groupe peut jouer. En fonction des votes par chanson, on va rééquilibrer, réorganiser la soirée.

    Pourquoi avoir imaginé ce concept ?

    E.N. : La relation au public est essentielle, parce que la fête est là, parce que le public se ressemble. Donc ça a toujours été important pour moi, d’écouter quelles étaient les demandes du public et de faire en sorte qu’il soit aussi un acteur du spectacle.

    Quel est le style musical du groupe ?

    E.N. : On va plutôt se diriger vers les années 70, 80 et 90, avec beaucoup de chansons françaises. Le point commun entre toutes ces chansons, c’est qu’elles sont positives. Parce qu’on considère qu’aujourd’hui, la musique est fédératrice et que certaines chansons sont des symboles. Elles relient autant les jeunes que les plus âgés, mais aussi toutes les personnes socialement parlant. On a un public familial, et pourtant des jeunes qui, d’habitude, n’écoutent que du rap sont venus nous voir en disant : « On s’est éclaté. »

    Vous avez déjà participé à la Tournée d’été l’année dernière. Pourquoi être revenu ?

    E.N. : L’année dernière, c’était un vrai bonheur de faire la Tournée d’été. Ce que j’ai aimé, c’est justement qu’à travers La Marseillaise, il y a des valeurs de tolérance et de confiance qui sont portées, et c’est aussi ce que nous avons essayé de véhiculer dans notre prestation. Par exemple, dans toutes les communes où on s’est retrouvé, il y avait un public qui était très éclectique. Et pourtant, sur une chanson qui est Le Temps des fleurs de Dalida, tout le monde s’est pris la main et tout le monde a chanté ensemble.

    Y a-t-il des nouveautés dans le spectacle ?

    E.N. : Spécialement pour La Marseillaise, nous allons inaugurer à Rousset un écran géant. Pour toutes les chansons françaises, on va donc pouvoir diffuser les paroles au public et créer un karaoké géant en live avec le groupe.

  • Festival d’Aix : sublimes portes !

    Festival d’Aix : sublimes portes !

    Un prologue parlé interroge : « Il était une fois… Est-ce au-dehors ou au-dedans, la scène est-elle à l’intérieur ou à l’extérieur ? » Il enjoint le public à ouvrir les yeux comme on ouvre un rideau de scène et de les garder grands ouverts. S’il existe un opéra que la version concert sert au mieux c’est bien Le Château de Barbe-Bleue de Béla Bartók. Klaus Mäkelä, l’Orchestre de Paris et les deux solistes, le baryton canadien Gerald Finley et la mezzo-soprano américaine, Judith Irene Roberts, ont laissé samedi, au Grand Théâtre de Provence, le public du Festival d’Aix pantois.

    Bartók et son librettiste Béla Balázs concentrent l’action sur les deux protagonistes et maintiennent ainsi une tension dramatique de chaque instant. Klaus Mäkelä est le maître de cette palette orchestrale d’une richesse inouïe. Bis repetita, après le Triomphe de La Femme sans ombre, pour cette partition que Zoltan Kodaly, compatriote de Bartók, qualifia de « volcan musical », le jeune chef finlandais en déploie avec une science musicale d’une étonnante maturité, l’étoffe d’une incomparable diversité tonale, scintillante, iridescente avec un raffinement d’orchestre renversant. Les martèlements de la cinquième porte, les soupirs angoissés de la sixième emportent l’auditeur dans un flot d’émotions harassant. Gerald Finley et Judith Irene Roberts ont le mérite de passer cette rampe sonore puissante sans jamais perdre un iota du sens profond exprimé par le livret.

    Chef-d’œuvre concis

    Le château du conte n’est autre que Barbe-Bleue lui-même. Chaque porte que Judith veut ouvrir, avec une cruelle obstination, est une part secrète de l’âme de cet homme qui se livre tout entier à la femme qu’il aime. « Pourquoi veux-tu ouvrir ces portes ? Parce que je t’aime », répond-elle. Aimer c’est dévorer l’autre. La chambre des tortures suinte des souffrances de l’enfance.

    Suivent les chambres du pouvoir et des richesses accumulées, celle du jardin merveilleux, âme de l’artiste. La cinquième porte que Judith ouvre sur un cri d’admiration ou de terreur voit s’ouvrir à elle tout un empire. Le lac de la sixième porte est rempli des larmes de Barbe-Bleue. Et la septième chambre enfin, garde les femmes vivantes comme on garde en mémoire les amours passées sans vouloir totalement y renoncer. Judith les rejoint. Barbe-Bleue retourne à son obscurité et sa solitude, au moment même où il croit atteindre la félicité.

    Mais comme le souligne Georges Bataille, l’instant de la plénitude est aussi celui où apparaît la conscience de sa fin. La joie souveraine est liée à l’angoisse parce qu’elle ne peut durer. Eros et Thanatos se partagent le cœur de l’homme, celui, sans doute de Bartók, compositeur de l’angoisse, s’il en fut. C’est à juste titre que Piort Kaminki parle d’un chemin de croix vers la catastrophe finale. Le Château de Barbe-Bleue est un chef-d’œuvre concis (une heure de musique), une de ces œuvres qui ne peuvent laisser indifférent. Elle était servie à Aix par des interprètes hors pair. Un immense moment de musique !

  • [C’est l’été] « Musiques d’un monde en mouvement » à Arles

    [C’est l’été] « Musiques d’un monde en mouvement » à Arles

    « Depuis 30 ans, Les Suds à Arles invitent des artistes d’ici et d’ailleurs, tous porteurs de traditions qui nous éclairent autant sur le chemin des origines que sur ceux qui se dessinent devant nous », rappelle Stéphane Krasniewski, directeur de ce festival qui entend « accueillir les musiques d’un monde en mouvement » du lundi 13 au dimanche 19 juillet dans différents lieux de la ville. Rien donc de plus normal à ce que son programme fasse écho aux « peuples en lutte, plus particulièrement au courage des femmes », précise-t-il, pointant Pour l’Iran, création de Shadi Fathi, reine du setâr, ce luth persan à petit ventre et manche long, et de la chanteuse Mahsa Vahdat, à voir le 18 juillet aux Alyscamps.

    « Diversité »

    À l’occasion de l’exposition « Le passage de Vénus », le Musée départemental Arles antique accueillera, lui, lors de la soirée d’ouverture, Immortelles, où Clémence Gabrielidis conjugue les esprits de la poétesse antique Sappho et de la chanteuse de rebetiko, résistante grecque et féministe des années 1940 Sotiria Béllou. Dans le cadre de la « Saison Méditerranée », le Théâtre antique abritera mercredi une réinterprétation par Camélia Jordan et Sofiane Saidi des Medahates, tradition de chants sacrés de femmes de l’Ouest algérien. Les Suds à Arles, une « promesse de diversité » des musiques du monde, de Jordi Savall, « maître de la musique baroque » à la « rappeuse franco-camerounaise incandescente » Uzi Freyja, en passant par « le rock éthiopien » d’Eténèsh Wassié ou le hip-hop sans frontières de Gaël Faye.

    suds-arles.com

  • [Entretien] Mario Morisi : « La poésie fait partie du monde de Roberto Baggio »

    [Entretien] Mario Morisi : « La poésie fait partie du monde de Roberto Baggio »

    La Marseillaise : La figure de Roberto Baggio s’avère parfaite pour montrer que le foot est un objet culturel, non ?

    Mario Morisi : Venu en France pour fuir Mussolini en 1922, mon papa me racontait quand j’étais sur ses genoux aussi bien Rome et la Renaissance que les exploits de grands sportifs. Il me mimait les actions pour en faire un mélange de culture populaire et de divertissement. À l’époque il n’y avait pas de télé et peu de magazines. C’est de là que vient mon amour pour le sport, de Piantoni et Platini jusqu’à Baggio. Pour ce bouquin, démarré il y a 30 ans, j’ai commencé à faire le portrait du décor : une Italie des cités, des couleurs, coupée entre les clubs du Nord et du Sud, l’industrie contre la poésie, revenir sur l’histoire des principautés qui s’affrontent… J’ai voulu raconter tout le substrat culturel italien qui fait qu’en Italie, en Angleterre ou en Amérique du Sud, sport et culture peuvent se marier comme l’ont prouvé de grands écrivains et cinéastes. J’ai dû récupérer et traduire des milliers de documents pour montrer les angoisses et envies autour de Roberto Baggio. Il est tellement beau que, comme Marilyn Monroe ou Rita Hayworth, il déclenche des vagues d’amour comme de haine.

    Outre son génie foot, sa fragilité physique et émotionnelle en font un personnage romanesque…

    M.M. : À cause des réseaux sociaux, on est en train de vivisecter le destin des gens. Baggio a beau aimer la chasse ou la poésie, ne reste plus du coup dans les mémoires que son penalty raté [en finale de coupe du monde 1994 contre le Brésil, Ndlr] et sa queue-de-cheval. La coupe du monde actuelle est à ce titre un cauchemar. On transforme une légende en film, pub, slogan. Moi avec mon bouquin, c’est le contraire, je veux reconstituer l’histoire. Il faut se rappeler que Baggio joue un dernier match avec Vicenza quand il a 17 ans. Il est acheté 3 milliards de lires par la Fiorentina (en 1985), plus cher que Maradona. Pour ne pas trahir son club de Vicenza, il tient quand même à jouer le match de la montée et s’explose le genou. Il est blessé pendant deux ans. À Florence, il se promène dans les rues comme une âme en peine. Tous les habitants le considèrent alors comme un putto, ces chérubins qui ornent les toits de la ville, et le prend en affection. Après un an et demi de calvaire, il finit par rejouer contre le Naples de Maradona et marque un coup franc. Il a même fini par être nommé Monument de la ville de Florence, au même titre que le David. Tous les artistes et poètes le voient comme la représentation de la grâce. C’est le plus beau et émotionnel de tous les footballeurs. Il n’a jamais eu un palmarès extraordinaire, mais a sculpté dans l’émotion des gens des moments paranormaux.

    Son transfert chez l’ennemi juré de la Juventus Turin déclenche même une émeute à Florence…

    M.M. : Le propriétaire du club, Pontello, décide de vendre la Fiorentina au producteur Cecchi Gori, mais juste avant, de vendre aussi pour 25 milliards de lires Baggio, alors que ce dernier venait de jurer qu’il n’oublierait jamais la considération des Florentins quand il était juste un joueur avorté. Mais la magie capitaliste se met alors en route. Le patron de la coordination des supporters de la Fiorentina m’avait expliqué que Roberto a dit qu’il était prêt à signer à vie en divisant par deux son salaire à Florence. Mais Pontello ne lui aurait pas vendu le club du coup. Le public a cru qu’il était un Pinocchio. En plus, Baggio joue la finale de la coupe UEFA contre la Juve, son futur club. Il y avait une telle pression que ça a fini en émeutes. À la Juventus, son premier match se déroule contre la Fiorentina, à Florence. Il joue très mal, refuse de tirer un pénalty contre son ancien club. On lui jette une écharpe de la Fiorentina. Il se baisse, la met et le public l’applaudit ému.

    Quel est le plus beau chef-d’œuvre de Roberto Baggio à vos yeux ?

    M.M. : Avec Brescia, contre la Juventus, à la fin de sa carrière (en avril 2001). Andre Pirlo lui envoie une grande balle qui arrive par-derrière. Pendant trois secondes, le ballon est dans le ciel. Baggio se retourne et se place. Dans le même geste, il arrive à faire un amorti et un crochet qui prend à contre-pied le gardien à qui il a fracassé la colonne vertébrale. C’est le but le plus pur, dingue et conceptuel jamais mis. C’est comme le Rasoir d’Ockham, principe de ce philosophe préscientifique qui dit que la nature tire au plus court.

    Baggio fait partie de ces artistes du foot, une espèce quasi disparue…

    M.M. : J’ai l’impression que c’est une chimère. Il est passionné de chasse, est bouddhiste, aime la nature. Il imitait même pour ses coups francs le vol des colverts quand ils atterrissent sur l’eau. La poésie fait partie du monde de Baggio. J’ai essayé d’entrer dans son destin avec pudeur. Il est croyant, actif dans son école bouddhiste, antiraciste et humaniste. Je demande s’il va serrer la paluche de Trump pendant cette coupe du monde. Ce n’est pas possible. S’il le faisait, c’est comme si c’était moi qu’il trahissait.

    « Roberto Baggio, vingt ans de folie italienne et mondiale » aux éditions Culture Foot et Cie. 29,90 euros, 460 pages.

  • C’est reparti pour une nouvelle Tournée d’été La Marseillaise

    C’est reparti pour une nouvelle Tournée d’été La Marseillaise

    C’est reparti pour un tour ! La Tournée estivale de La Marseillaise débute lundi 13 juillet. Organisés depuis près de cinquante ans, ces concerts aux allures de grande fête populaire réunissent petits et grands dans une ambiance chaleureuse. Trois plateaux artistiques originaux sont prévus, mêlant groupes live, hommages, DJ sets et performances interactives.

    Au programme de la première date à Rousset : le groupe de musique Jukebox Connexion, déjà présent lors de la dernière édition, propose un concert participatif et invite le public à choisir ses chansons. En deuxième partie de soirée, c’est DJ Spencer qui prend le relais avec de la musique house. La soirée, qui débute à 20h30, se tiendra devant l’hôtel de Ville.

    La tournée se poursuit tout au long de l’été dans plusieurs communes de Provence. Au total : dix dates sont proposées au public. Comme au Rove, où le concert se déroule boulevard de la Carrairade. Sur scène, Jukebox Connexion sera cette fois suivi de Jean-Marc Sicky, DJ de la région, et du Magic Queen Tribute Queen, groupe suisse qui redonne vie aux musiques de Queen sur scène.

    Des airs bien connus

    En effet, le public pourra chanter sur des chansons qu’il connaît bien. Plusieurs « tributes » (groupes d’hommage à des artistes) de chanson française ou internationale sont présents. Parmi eux, Tribute Jean-Jacques Goldman à Saint-Martin le 23 juillet. Pour les fans de Michel Berger, c’est un Tribute qui performera à Septèmes le 26 juillet.

    La majorité des soirées se clôtureront par un DJ set. DJ Bobzilla, de son vrai nom Bob Assolen, se produira à Port-de-Bouc, à Martigues et pour deux dates à Marseille les 3 et 28 août. À Septèmes, c’est le DJ marseillais Herbie Lite qui prendra le relais sur scène avec une musique qui mêle la soul, la Motown, le disco et la house.

    D’autres artistes aux genres musicaux divers sont également à retrouver tout au long des mois de juillet et d’août. Parmi eux : Sabotaage, qui se produira à Martigues et à Marseille, ou encore Chinese Man Records. Le trio musical, vieux de 20 ans, montera sur la scène de la place Jean-Jaurès à Marseille, le 29 juillet.

    Totalement gratuite, la tournée avait réuni l’année dernière plusieurs milliers de personnes.

  • [Exposition] Achille Emperaire, l’éternel ami de Cézanne

    [Exposition] Achille Emperaire, l’éternel ami de Cézanne

    Né à Aix en 1829, de dix ans plus âgé que Cézanne, Emperaire poursuivit pendant toute sa vie le rêve d’accroître sa taille. 148 centimètres, il était bossu et minuscule. L’un de ses ateliers comportait un trapèze et des agrès : il effectuait quotidiennement des étirements. Il vécut à Paris, tenta d’imposer sa peinture. Cézanne, Gasquet et Zola l’estimaient. Le jury du Salon et les galeries refusèrent de l’exposer.

    Sa cinquantaine passée marqua son retour définitif à Aix-en-Provence. Dans une lettre, il écrivait que « Paris est un vaste tombeau, un simple et terrible mirage ». Pendant l’été 1870, il arriva qu’Emperaire s’offre un moment de baignade dans le bassin du Jas de Bouffan. Une robe de chambre, des babouches et un tabouret lui furent réservés pour qu’il prenne la pose. Cézanne avait choisi l’un de ses plus hauts formats (200 x 100 cm) pour saluer la mélancolie de son ami.

    Il avait à peine de quoi acheter des couleurs. Certaines de ses toiles sont peintes recto-verso. C’est le cas du tableau de l’affiche de l’exposition de Vincent Bercker où l’on découvre des peintures de petit format, des fusains et des sanguines, principalement des nus féminins.

    Entre Fragonard
    et Seurat

    Ce peintre, qui accompagna quelquefois Cézanne sur le motif du côté de Château Noir, relève à la fois du XVIIIe siècle et d’une grande modernité. Ses nus peuvent évoquer Fragonard. Les formes généreuses et géométriques qu’il agence anticipent Matisse, ses nocturnes font songer aux noirs et blancs de Seurat.

    Achille Emperaire mourut le 8 janvier 1898. Il avait 68 ans. Après la Seconde Guerre mondiale, un fonctionnaire de la mairie qui s’appelait Victor Nicolas, l’antiquaire Raphaël Chipota, Jean Leymarie, qui préfaça en 1953 une plaquette des Amis des Arts, proposèrent une exposition. En 2013, un catalogue rassembla son iconographie ainsi qu’un maximum de renseignements.

    Autrefois, dans une salle du musée Granet, grâce à Louis Malbos qui fut son conservateur, figuraient plusieurs travaux d’Emperaire. La rénovation du musée provoqua le transport vers Nice d’une partie de la collection. Des fuites d’eaux naufragèrent le grand format d’un « Duel » qui scénographiait deux mousquetaires. On aimerait savoir ce que sont devenus d’autres tableaux d’Emperaire : un grand Nu couché féminin, un paysage bleuté de la campagne d’Aix, ainsi que les ocres de Nature morte, pichet, palette et fruits.

    Exposition « Achille Emperaire » chez Vincent Bercker, 10 rue Matheron, Aix-en-Provence. Accès libre.
    À découvrir jusqu’au 31
     juillet.

  • [Regard sur l’Italie] Le refuge de Visconti accueille Letizia Battaglia

    [Regard sur l’Italie] Le refuge de Visconti accueille Letizia Battaglia

    Journaliste et romancière, Stefania Nardini vit entre Naples et Rome

    Il y a un petit coin dans l’immensité de la Méditerranée où terre et mer s’embrassent au nom de la beauté. C’est un bois – le bois de Zaro – dont l’ombre vient découper le bleu de la mer. Et c’est ici, sur l’île d’Ischia, à Forio, à quelques encablures de Naples, que la beauté a élu domicile. Il s’agit de La Colombaia, la demeure du grand cinéaste Luchino Visconti ; jusqu’au 30 août, elle accueille une magnifique exposition de photographies de Letizia Battaglia. L’artiste sicilienne retrace l’histoire à travers ses images, transmettant cette émotion que seul un détail peut susciter. Intitulée « Senza chiedere permesso » (Sans demander la permission), l’exposition réunit 35 photographies qui, telles un hymne à l’engagement citoyen, révèlent à la fois la violence de l’histoire et le courage de la vie. Parmi les visages présentés figurent ceux de Pasolini, Falcone et Mattarella. Des figures humaines dont l’histoire est racontée avec cette singularité propre au regard de Letizia Battaglia. « Quiconque possède un appareil photo, détient un moyen puissant et merveilleux d’exister, d’être, de vivre et de rencontrer le monde », écrit l’artiste.

    La Colombaia, à Forio d’Ischia, est un petit coin de Méditerranée où la présence du légendaire Luchino Visconti se fait sentir dans les moindres recoins de la villa. Le maestro est arrivé à Ischia en 1945 ; c’est ici que sont nés certains de ses chefs-d’œuvre, tels que Senso, Les Nuits blanches et Le Guépard. Durant les étés qu’il y passait, la villa fourmillait d’icônes du cinéma et de la culture du monde entier. Au milieu des allées de chênes verts et des pièces donnant sur la mer, on pouvait croiser Maria Callas, Alain Delon (qui était très lié avec le réalisateur), Romy Schneider et Helmut Berger, ainsi que des intellectuels de la trempe de Pasolini et Truman Capote. Véritable joyau architectural mêlant différents styles, la villa surplombe une mer qui semble libérer ses souvenirs ancestraux dans l’écho du ressac. J’ai découvert ce refuge magique alors qu’il était à l’abandon, ravagé par le pillage et le vandalisme. La Colombaia a connu deux renaissances : la première en 2001, pour le 25e anniversaire de la mort de Visconti, sous l’égide d’une fondation publique qui y a géré un musée et une école de cinéma jusqu’en 2015, une initiative qui a finalement échoué en raison de problèmes de gestion et de contraintes bureaucratiques. Puis, en 2023, grâce à des fonds alloués par le ministère de la Culture, la municipalité a obtenu les ressources nécessaires à d’importants travaux de restauration, rendant ainsi au lieu sa vocation artistique et sa beauté. « Ce fut une aventure », explique Anniria Punzo, directrice artistique de la villa, « qui a activement impliqué les habitants. Malheureusement, en raison des années d’abandon, beaucoup d’éléments ont été perdus. Aujourd’hui, toutefois, ce lieu a retrouvé la vie en hommage à Visconti et à son amour pour l’île. »

    Flâner à La Colombaia est une expérience véritablement unique. Le cinéma – et plus particulièrement le grand cinéma de Visconti – y perdure à travers des affiches d’époque et des livres miraculeusement retrouvés… Parallèlement, trente-cinq photographies de Letizia Battaglia rendent hommage à sa sensibilité artistique tout en s’inscrivant dans un récit unique : celui de la culture italienne qui, comme par enchantement, suscite l’espoir d’un avenir meilleur. « Dans les images exposées, Letizia Battaglia présente une archive à la fois intime et civique, personnelle et collective », explique la commissaire Chiara Arturo. « Ses photographies sont d’une grande qualité formelle, mais elles possèdent surtout une immense puissance éthique. Les regarder n’est pas un acte neutre. »

    Le maquis méditerranéen qui borde le vaste jardin entourant La Colombaia demeure le témoin silencieux de la vie du maestro Visconti ; ses cendres reposent au sein de cette nature sauvage. Un coin de Méditerranée qui, pour une fois, se fait hymne à la paix.