Category: accueil-third

  • Au Peyrou, un éclairage qui « révèle le patrimoine tout en préservant la nuit »

    Au Peyrou, un éclairage qui « révèle le patrimoine tout en préservant la nuit »

    « C’est un projet européen inédit sur la question de l’éclairage public la nuit. Le but est d’explorer une nouvelle manière de mettre en valeur le patrimoine culturel dans nos villes européennes en faisant de l’obscurité une richesse », résume Clare Hart, vice-présidente de la Métropole de Montpellier déléguée au rayonnement international et à la coopération européenne.

    Aux côtés de quatre autres sites pilotes en Europe : Oulu (Finlande), Tallinn (Estonie), Copenhague (Danemark) et Bologne (Italie), Montpellier a été choisie pour expérimenter, sur la promenade du Peyrou, le projet européen « Art of Darkness ». Coordonné par l’université d’Oulu et entièrement financé par l’Europe, ce projet de recherche-action, qui s’étend sur trois ans (janvier 2025-janvier 2028), propose une nouvelle approche de la mise en lumière afin de révéler le patrimoine tout en préservant l’obscurité, bénéfique pour la biodiversité, sans dégrader le sentiment de sécurité des visiteurs.

    Au Peyrou, l’expérience a débuté le 7 septembre et doit se poursuivre jusqu’au 21. Le dispositif Art of Darkness a été installé sur la moitié du parc, côté rue Pitot, tandis que l’autre moitié conserve son éclairage habituel. Cette configuration permet de comparer les deux ambiances. Des affiches installées aux deux entrées principales présentent le projet et invitent les visiteurs, via un QR code, à participer à l’évaluation et à donner leur avis. Car l’enjeu dépasse la seule question technique de l’éclairage. L’idée est de faire évoluer les perceptions. « On est sur une approche très participative », insiste Clare Hart.

    « Un changement

    de paradigme »

    Avec ses partenaires européens, Montpellier cherche à montrer qu’une baisse de la luminosité peut être compatible avec le confort et le sentiment de sécurité. « On amène un changement de paradigme chez le public », estime l’élue. « Avec ce projet, on espère aussi mieux mettre en valeur des éléments patrimoniaux de ce site un peu iconique de Montpellier et sensibiliser le public aux enjeux de la préservation de l’obscurité. Quand on éteint la nuit, on permet à la biodiversité de reprendre ses droits », souligne Clare Hart. « L’idée est de montrer que l’utilisation de la lumière peut révéler le patrimoine tout en préservant la nuit. »

    Le Peyrou représente une nouvelle étape après les expérimentations menées dans le cadre du plan Lumière montpelliérain. Clare Hart cite notamment la Comédie et l’Esplanade, où la luminosité a été fortement réduite après la requalification de ces deux sites, entraînant, du même coup, une diminution de 60% de la facture énergétique les concernant. Et selon les retours recueillis, « le public adhère totalement », assure Clare Hart. Le choix du Peyrou n’est pas anodin. Ce parc est à la fois un lieu patrimonial emblématique de la ville, un espace de rencontre et un lieu de passage. L’expérimentation doit permettre de tester une ambiance « beaucoup plus intimiste, plus douce » et d’inviter les Montpelliérains à s’approprier autrement ce lieu à la nuit tombée.

    Ce projet innovant est mené avec l’université Paul-Valéry, notamment son laboratoire de psychologie Epsylon. L’École nationale supérieure d’architecture de Montpellier participe, quant à elle, à l’évaluation du dispositif et à la conception lumineuse. Le 18 septembre, « les différentes parties prenantes seront conviées à une visite du dispositif sur la zone témoin du Peyrou afin de contribuer à son évaluation », indique Clare Hart. Une fois l’expérimentation terminée, fin septembre, les résultats montpelliérains comme ceux des autres villes pilotes seront transmis au consortium de chercheurs chargés de construire le modèle Art of Darkness. Car l’expérimentation ne doit pas rester sans lendemain. « Si le public adhère, d’autres expériences et débats pourront être organisés. » Derrière cette expérimentation se dessine ainsi une réflexion plus large sur la ville de demain. « On est fier de pouvoir travailler à l’échelle européenne sur ce type de projet », souligne Clare Hart. « Ça sert à ça aussi, l’Europe, c’est un énorme think tank pour penser la ville de demain. »

    Amélie Goursaud

  • [Entretien] Hélène Donnadieu-Rigole, CHU de Montpellier : « Des complications qui peuvent être très sévères »

    [Entretien] Hélène Donnadieu-Rigole, CHU de Montpellier : « Des complications qui peuvent être très sévères »

    La Marseillaise : Qu’est-ce que le protoxyde d’azote et pourquoi sa consommation s’est-elle banalisée ?

    Hélène Donnadieu-Rigole : Le protoxyde d’azote est un gaz qui s’inhale et qui, historiquement – c’est toujours le cas aujourd’hui – est utilisé à visée médicale. Il a notamment un effet antalgique et provoque une euphorie lorsqu’il est inhalé. On l’utilise pour certains pansements, certains soins dentaires et beaucoup en pédiatrie. Il permet de placer le patient dans un état un peu second, sans recourir à une anesthésie générale, afin d’effectuer des soins potentiellement douloureux. C’est aussi le gaz utilisé pour faire monter la chantilly. Tout cela en fait initialement une substance perçue comme anodine : quand on imagine une substance utilisée en pédiatrie ou à usage alimentaire, cela contribue à la banaliser.

    Depuis quand son usage est-il détourné ?

    H. D.-R. : Depuis très longtemps. Il a d’abord été présent dans le milieu soignant et dans le milieu festif. Dans les fêtes estudiantines de l’enseignement médical, par exemple, il pouvait y avoir du protoxyde d’azote à visée festive. Il a également été beaucoup utilisé pendant une période dans les free parties, qui s’en sont ensuite détournées notamment en raison de son caractère peu écologique. Puis, il y a cinq à dix ans environ, sont apparues les premières alertes concernant de très jeunes consommateurs, parfois dès la fin du collège. C’est une autre communauté qui s’est mise à utiliser le protoxyde d’azote sous forme de « ballons ».

    Pourquoi le protoxyde d’azote séduit-il particulièrement les plus jeunes ?

    H. D.-R. : L’effet est un peu « alcool-like », mais très court. Le protoxyde d’azote provoque une euphorie, une sensation d’ébriété et de gaieté qui s’estompent rapidement. Ensuite, la personne peut rentrer chez elle sans séquelle visible. Contrairement à l’alcool, il n’y a pas d’haleine caractéristique ; contrairement au cannabis, il n’y a pas de signe facilement repérable, comme l’hyperémie conjonctivale [le phénomène des « yeux rouges », Ndlr]. Un jeune peut donc consommer une substance psychoactive à visée récréative puis rentrer chez lui sans que son entourage ne constate quoi que ce soit.

    Quels sont les dangers immédiats liés au protoxyde d’azote ?

    H. D.-R. : Les principales problématiques sont des malaises, des pertes de connaissance et ce qu’on craint énormément aussi, ce sont des personnes qui conduisent en ayant consommé des « ballons ». Sachant que ces risques sont clairement majorés par la polyconsommation. Si l’on associe le protoxyde d’azote à de l’alcool, du cannabis ou d’autres substances, on augmente les risques de complications aiguës.

    Et quels sont les risques lorsqu’une consommation devient régulière ?

    H. D.-R. : La régularité augmente le risque de développer une addiction et des phénomènes de tolérance, c’est-à-dire le fait de devoir augmenter les quantités consommées pour obtenir les mêmes effets. La semaine dernière, j’ai reçu en consultation une jeune personne qui consommait vingt bonbonnes par jour. Ça veut dire qu’il n’y a plus de place pour quoi que ce soit d’autre. On est enfermé dans sa chambre et on fait des « ballons » à longueur de journée, avec des pertes de connaissance répétées, un détachement de la réalité complet, etc.

    Quelles sont les principales complications à long terme ?

    H. D.-R. : Il y a notamment les troubles neurologiques. On observe une atteinte à la fois périphérique et centrale du système nerveux. L’inhalation régulière et excessive de protoxyde d’azote va empêcher d’agir une vitamine indispensable au bon fonctionnement des nerfs. Cela entraîne une destruction de la conduction nerveuse, à la fois au niveau central et périphérique. C’est ce qui peut provoquer les paralysies périphériques, les paraplégies, tétraplégies ou paraparésies, mais aussi des troubles neurocognitifs lorsque le système nerveux central est atteint.

    Depuis un ou deux ans, nous observons également des manifestations thromboemboliques : des caillots peuvent se former dans les vaisseaux sanguins et provoquer des thromboses veineuses ou des embolies pulmonaires. Il peut également y avoir des atteintes cérébrales avec des accidents vasculaires. Nous sommes donc face à des complications qui peuvent être très sévères. Et c’est essentiellement par l’intermédiaire de ces complications que nous avons découvert l’ampleur du phénomène. Cela nous a aussi fait prendre conscience que certaines personnes avaient développé une addiction. Car spontanément, peu de jeunes viennent consulter en disant : « J’ai une addiction au proto. » On a l’impression d’un frein à la consultation quand il s’agit uniquement du proto. Sur ce point, il faut qu’on s’améliore collectivement. Je pense que nous avons encore un gros travail à faire pour que des personnes concernées par un usage excessif voire une dépendance au protoxyde d’azote viennent d’emblée nous consulter, avant d’avoir les complications.

    A-t-on aujourd’hui une idée de l’évolution du phénomène ?

    H. D.-R. : Ce qui est sûr, c’est que les alertes sanitaires ont explosé ces dernières années, ce qui témoigne d’une consommation importante et de consommations problématiques. Ça ne veut pas dire que ça explose dans nos consultations. J’ai l’impression que ce phénomène a énormément diffusé jusqu’à ce que les complications aient été largement médiatisées. Je pense qu’on est actuellement sur une stabilité voire une décroissance des consommations, car beaucoup de jeunes connaissent désormais quelqu’un qui a eu un problème avec le proto ou en ont entendu parler. Il commence donc à y avoir une certaine crainte vis-à-vis de cette substance. Mais nous manquons de données pour mesurer précisément cette évolution.

    Faut-il davantage informer sur les risques ?

    H. D.-R. : Oui. Je pense qu’il faut associer au message strictement répressif que nous avons actuellement des messages de prévention. Des campagnes existent localement, notamment portées par des municipalités comme celle de Montpellier. Mais au niveau national, les messages portent surtout sur l’interdiction de vendre ou de détenir la substance. Il faut également des messages de réduction des risques, bienveillants. Des messages de prévention primaire : ce qu’il faut savoir avant de consommer ou comment éviter la consommation ; de prévention secondaire : j’ai consommé mais je n’ai pas de dommages ; et de prévention tertiaire : j’ai des dommages, qu’est-ce que je fais ? Cette logique devrait s’appliquer à l’ensemble des substances psychoactives, pas seulement au protoxyde d’azote.

  • Quatre jours pour faire vibrer Nîmes au rythme des Vendanges

    Quatre jours pour faire vibrer Nîmes au rythme des Vendanges

    À la mi-septembre, Nîmes ne range pas encore l’été. Elle ressort les cuivres, ouvre les bodegas et laisse les sabots battre le pavé. Du jeudi 17 au dimanche 20 septembre, la Feria des Vendanges reprend possession du centre-ville avec une édition que la nouvelle municipalité veut « conviviale, pour toutes et tous et apaisée ».

    Le premier toast sera littéraire. Jeudi à 12h30, au Temple de Diane, Lydie Salvayre, prix Goncourt 2014, prononcera le traditionnel brindis. Puis les fanfares gagneront les boulevards avant l’abrivado de la manade Leron, rue Sully. Vendredi, la ville montera franchement le volume : vendanges du Clos de la Fontaine à 11h, guinguette au pôle Antoine-Castelnau, corrida à 17h30, puis grande parade de quelque 320 musiciens depuis la Maison Carrée jusqu’aux arènes. À la Placette, Mario & les Gypsies puis Son Yuma prolongeront la soirée.

    Cette année, les cuivres retrouvent une place centrale. Les abrivados, eux, quittent les allées Jean-Jaurès pour se rapprocher de l’Écusson : rue Sully jeudi, rue de la République vendredi, boulevard Amiral-Courbet samedi pour la cabestria, puis rue Notre-Dame dimanche, avec une abrivado menée par des cavalières. La Ville assume ainsi une feria plus resserrée sur le cœur de Nîmes.

    Samedi sera le jour le plus dense. Dès 10h, une visite « Histoires de feria » remontera aux origines du rendez-vous dans le cadre des Journées européennes du patrimoine. Aux Jardins de la Fontaine se succéderont danses, spectacle équestre et becerrada, tandis que le square Antonin accueillera de 13h30 à 19h un espace prévention pour les adolescents, avec musique, mousse, détente et buvette sans alcool. Le soir, Tino Flamenco puis le collectif nîmois Eswell feront vibrer la Placette.

    Une fête à partager sans peur

    La prévention est justement l’un des marqueurs de cette édition, dans le prolongement d’une Feria de Pentecôte au bilan sécuritaire particulièrement favorable. Malgré 1,1 million de participants, les forces de l’ordre n’avaient recensé que 31 interpellations, contre 41 en 2025, et surtout 16 bagarres de rue, quatre fois moins que les 61 de l’année précédente. Aucun accident mortel n’avait été déploré sur les routes. Reste l’inquiétude autour de l’alcoolisation de très jeunes participants : pour les Vendanges, des espaces dédiés seront donc déployés et des sifflets « anti-relou » distribués gratuitement afin de signaler un comportement insistant ou une situation d’agression. Une manière de rappeler qu’une fête populaire ne peut l’être vraiment que si chacun peut y circuler sans peur.

    Dans les arènes, quatre corridas et une novillada rythmeront le week-end. Samedi après-midi, Sébastien Castella, José María Manzanares et Tomás Rufo seront à l’affiche ; dimanche matin, Marco Pérez affrontera seul six toros avant Juan Leal, Adriano et El Rafi en clôture. L’office de tourisme proposera aussi « Expliquez-moi la corrida », avec des commentaires pour les néophytes.

    Sous les gradins, un autre lieu a été préparé loin des lumières. L’infirmerie des arènes, installée dans 9 m², vient d’être rénovée pour 56 000 euros : murs, éclairage et aménagement intérieur ont été repris, avec deux postes de travail distincts. Une dizaine de soignants bénévoles s’y relaient pour prendre en charge toreros et raseteurs avant, si nécessaire, un transfert vers le CHU. « C’est un lieu que l’on inaugure en espérant qu’il ne soit pas utilisé », a résumé Vincent Bouget.

    Dimanche, la Feria prendra des airs de grand final : déjeuner au pré aux Jardins de la Fontaine, ban des Vendanges, fanfare géante devant la Maison Carrée, abrivado rue Notre-Dame et spectacles équestres. Jusqu’aux derniers cuivres, Nîmes cherchera son équilibre familier : entre héritage et fête de rue, ferveur et précaution, tradition et volonté de faire évoluer la manière de la partager.

  • En grève, les facteurs font la tournée des mairies à Marseille

    En grève, les facteurs font la tournée des mairies à Marseille

    Les facteurs de la plateforme des Docks, à Marseille, n’en finissent plus de donner de la voix. Après un premier jour de grève, vendredi (lire notre édition du 12/09), ils ont remis le couvert, ce lundi. Avec la manière puisqu’ils étaient à nouveau en grève « quasiment à l’unanimité », de quoi impacter la distribution sur les 1er, 2e et 3e arrondissements qu’ils couvrent. De quoi surtout prendre le chemin du Village La Poste, à Colbert, lieu du siège de l’entreprise postale à Marseille où ils ont trouvé « portes closes ».

    Serge Reynaud, pour Sud PTT, résume la situation : « Ce matin, on a eu un échange avec le directeur du site qui semblait prêt à discuter d’alternatives. Finalement, il n’était pas prêt à négocier avant vendredi prochain, d’où la reconduction du mouvement. » Qu’à cela ne tienne, à défaut de discussion avec leur direction, la quarantaine de facteurs prend la direction de la mairie de secteur, celle des 2e et 3e arrondissements, où ils ont été reçus par l’équipe du maire, Anthony Krehmeier (PS). Même principe pour la mairie centrale où le cabinet du maire, Benoît Payan (DVG), a fait de même.

    Pour rappel, ils dénoncent une réorganisation à venir sur leur site avec notamment une refonte de leurs tournées actuelles. « Ils parlent de tournées clairsemées, le courrier va être distribué un jour sur deux, voire sur trois. Ça va être une intensification du travail pour les agents », résume Karim Bouzana, pour la CGT. Avant de tonner : « On demande le maintien d’un titulaire de tournée pour permettre de conserver le lien avec les usagers. Et non pas d’une, deux ou trois personnes ! »

  • Petite enfance et rénovation de l’école Victor-Hugo au menu du conseil municipal de Port-de-Bouc

    Petite enfance et rénovation de l’école Victor-Hugo au menu du conseil municipal de Port-de-Bouc

    C’est un transfert qui avait fait parler avant l’été. Ce mercredi 16 septembre, les élus du conseil municipal de Port-de-Bouc voteront une délibération pour que la halte-garderie Odette-Menot, située aux Aigues-Douces, soit redéployée au sein du multi-accueil collectif (MAC) Paulette Rambaldi.

    Derrière cette décision, il y a un constat : le nombre d’inscriptions enregistrées en juin pour la rentrée (environ dix familles) était insuffisant pour maintenir la structure municipale ouverte telle quelle. Cette baisse de fréquentation était observée « depuis plusieurs années consécutives », avait expliqué le maire Laurent Belsola (PCF), notamment due à « un ralentissement démographique et à une forme de garde qui n’est plus adaptée aux besoins ». La halte-garderie Odette-Menot ne fournissait pas de pause méridienne. Le MAC Rambaldi permet quant à lui à un collectif d’assistantes maternelles de garder 20 à 25 enfants
    toute la journée sans
    interruption.

    Concours pour la maternelle Victor-Hugo

    Pour le reste, cette séance de rentrée ne devrait pas s’éterniser : 21 points sont à l’ordre du jour. Les élus auront notamment à désigner les membres du jury de la procédure de concours de maîtrise d’œuvre sur esquisse engagée par la Ville de Port-de-Bouc dans le cadre de la réhabilitation de l’école maternelle Victor-Hugo ainsi que la démolition et de la reconstruction de la cantine, qui s’inscrivent dans le Nouveau programme national de renouvellement urbain des quartiers de la Presqu’île et des Comtes-Tassy.

  • La Grande braderie d’Avignon revient après un été compliqué pour les commerçants

    La Grande braderie d’Avignon revient après un été compliqué pour les commerçants

    La Grande braderie, « l’un des temps forts de la rentrée commerciale avignonnaise », reprend ses droits en Cité des Papes de ce jeudi 17 au dimanche 20 septembre. Quatre journées pendant lesquelles les 1 800 commerçants du centre-ville sont invités à disposer leurs marchandises, à prix réduits pour l’occasion, sur la voie piétonne.

    Un événement organisé, comme chaque année, pendant les Journées du patrimoine, où une cinquantaine d’animations sont proposées, « car cela attire du monde et on profite de ces dates importantes », assure Corinne Chatriot, première adjointe au maire d’Avignon, chargée de la dynamique commerciale. Avec également « une ambition collective qui est de faire du plateau piéton un véritable moteur de fréquentation et de vitalité commerciale ».

    Vacance commerciale

    Une importance d’autant plus forte que la Ville lutte contre la vacance des locaux commerciaux. « On est en train de faire un état des lieux », assure l’élue. Dernièrement, c’est l’enseigne Foot Locker qui a annoncé se séparer de ses locaux en intra-muros. Tandis qu’avec les canicules successives, « la fréquentation a été compliquée », concède Corinne Chatriot, elle-même à la tête d’une boutique de vêtements entre les remparts. « Donc c’est effectivement attendu car c’est souvent un succès, d’autant qu’il devrait faire beau. Il y a plein de choses à améliorer et un travail va être effectué à ce propos », poursuit la première adjointe.

  • À Briançon, LFI organise une réunion publique contre les JOP 2030

    À Briançon, LFI organise une réunion publique contre les JOP 2030

    « Les Jeux sont-ils compatibles avec la montagne ? », a interrogé, devant une soixantaine de personnes, Capucine Mounal, conseillère municipale d’opposition à Briançon et membre de LFI. Vendredi, le mouvement politique a tenu une réunion publique, à Briançon, pour dénoncer l’organisation des JOP 2030 dans les Alpes. « Face au changement climatique, continuer à aménager comme hier est une faute. La montagne n’est pas une marchandise, c’est notre responsabilité. »

    Un CIO tout-puissant

    La juriste et cofondatrice du collectif citoyen JOP 2030, Delphine Larat, a déroulé « la mécanique olympique », qui permettrait au Comité international olympique d’« imposer ses conditions » sur les plans financier et politique. « Comment avoir des JO compatibles avec l’environnement lorsque les principaux partenaires, comme Coca-Cola ou la banque JPMorgan Chase, font partie des plus gros pollueurs ? », a-t-elle dénoncé.

    « Ces Jeux sont un déni démocratique, un saccage environnemental et un gâchis d’argent public », a complété le député insoumis de la Savoie, Jean-François Coulomme, qui qualifie la loi pour l’organisation des JO de « dérogation à notre socle de droits ».

    Dans le Briançonnais, les inquiétudes concernent la vente du Fort-des-Têtes à la société de livraison des ouvrages olympiques (Solidéo) et le déboisement du Bois du Prarial à Montgenèvre. Les partisans des JO assurent de leur côté que l’événement valorisera le territoire et améliorera les infrastructures, tout en dynamisant l’économie locale.

    Agathe Di Lenardo

  • Le lycée Golf-Hôtel d’Hyères investit ses nouveaux locaux

    Le lycée Golf-Hôtel d’Hyères investit ses nouveaux locaux

    Tout vient à point à qui sait attendre. « Et ce n’est pas qu’un plaisir, c’était une impatience ! », s’exclame Christophe Garrione, nouveau proviseur du lycée Golf-Hôtel de Hyères, après avoir inauguré, ce lundi, les locaux du lycée de l’Hôtellerie, des arts et du commerce (LHAC), composante de l’établissement situé dans la ZAC de la Crestade. Après un chantier qui aura duré plus de quatre ans, une inauguration préalablement prévue en 2024, repoussée à 2025 puis à 2026, et décalée de deux semaines lors de cette rentrée pour cause de problèmes techniques, les 600 élèves des filières concernées ont enfin investi leurs nouvelles salles de classe. Un chiffre voué à grimper à terme à 675 avec, entre autres, l’ajout de BTS.

    Ce bâtiment de 14 000 m² vient suppléer l’ancien, construit en 1975 et en proie à des inondations régulières depuis une vingtaine d’années, sur une partie de ses formations et dans 28 divisions différentes. Avec 90 salles de classe, dont plusieurs équipées en ordinateurs, trois restaurants d’application dédiés aux élèves des cursus d’hôtellerie/restauration, ou encore d’une salle d’analyse sensorielle, une innovation qui permettra à ces derniers d’entraîner leur goût et leur odorat, le LHAC est doté de 2,8 millions d’euros de matériel pédagogique, numérique et mobilier financés par la Région. « Tout ce qui est fait est ce qu’on peut faire dans les lycées aujourd’hui », se félicite François de Canson, vice-président de la Région Sud en charge du développement économique. Cela, en concertation avec les enseignants, qui ont pu exprimer leurs besoins spécifiques : « On a écouté, on a pris le temps de concerter, ce qui fait qu’aujourd’hui, chacun rentre dans des salles qui lui conviennent. » De quoi poursuivre dans la lignée d’excellence du lycée, qui forme régulièrement des lauréats des concours des « Meilleurs apprentis de France ».

    De futurs logements pour les travailleurs saisonniers sur le site de l’ancien lycée

    Au-delà de l’aspect purement pédagogique, le site compte par ailleurs un internat de 150 places, un gymnase, ou encore un plateau sportif mis à la disposition des élèves. L’architecture du bâtiment a été pensée pour répondre aux défis de l’époque : outre sa modernité visuelle, il s’inscrit dans une vision durable, avec, entre autres, l’utilisation de bois, de nombreux espaces végétalisés (dont les toits terrasses), 500 m² de panneaux photovoltaïques, ventilation naturelle… Il est, enfin, desservi par des autobus zéro émission.

    Le coût du projet est estimé à 65 millions d’euros, bien loin des 46,5 millions annoncés en 2020 lors de son lancement. Un autre établissement va également être construit au Luc-en-Provence, à horizon 2030, permettant de tourner définitivement la page d’un lieu devenu désuet en accueillant les 400 élèves des formations (mécanique, travaux publics, électricité) qui y sont restés. Quant à ce dernier, il convient encore de savoir ce qu’il en sera fait sur le long terme, mais dans un premier temps, « on fera certainement des logements pour les saisonniers sur une partie », annonce François de Canson. « On gérera avec des associations adaptées à ce genre de gestion. Ces logements pourront aussi servir de logements pour les entreprises quand elles viennent faire des chantiers sur le secteur », ajoute-t-il.

  • Changer de regard sur le barrage de Serre-Ponçon

    Changer de regard sur le barrage de Serre-Ponçon

    Tous les Haut-Alpins connaissent le barrage de Serre-Ponçon. Mais ont-ils déjà été attentifs aux paysages qui se déploient autour de cette gigantesque infrastructure ? L’exposition « Côte 780. Regards croisés autour du barrage de Serre-Ponçon et ses infrastructures », pensée par l’artiste Amandine Mohamed-Delaporte, invite les visiteurs à poser un autre regard sur l’ouvrage hydraulique et son environnement. Elle est à découvrir du 19 septembre au 19 mars.

    « Tout commence en 2023, lorsque Amandine nous a sollicités pour entamer des recherches sur les aménagements du lac de Serre-Ponçon et sur les productions d’Henry Baranger », se souvient Pierre Fabry, le directeur des Archives départementales. Henry Baranger était photographe industriel, qui a notamment immortalisé les différentes étapes de la construction du barrage de 1955 à 1961. Certains de ses clichés servent de porte d’entrée à l’exposition. « Une partie d’entre eux étaient enfouis chez EDF, elles n’ont jamais été vues par le public, mais seulement par des ingénieurs ou décideurs », note Pierre Fabry. « Il s’agit de témoignages uniques de la transformation du paysage », explique Amandine Mohamed-Delaporte. Passionnée par la manière dont la modernité a bouleversé nos vies, l’artiste met en perspective ces clichés industriels avec ses propres photographies.

    Mais sur les siennes, on ne distingue à aucun moment le barrage, seulement son environnement.

    « Une histoire oubliée »

    « Il y a dans ces images des histoires que les locaux pourront comprendre. L’ouvrage a conditionné l’histoire du département, du village englouti, et a eu des effets sur l’environnement et le climat. C’est tout ce que j’ai suggéré à travers l’enquête photo. »

    D’autres formes d’art prennent place dans la salle d’exposition, comme des plaques de métal ou de béton. Certaines, baptisées « Elles » et « Eux », rendent hommage à toutes les personnes qui ont œuvré à la construction de l’infrastructure. « On parle principalement des ingénieurs, mais pas des milliers de personnes qui ont participé », souligne-t-elle. Des sons accompagnent le parcours. « C’est un jeu de tension : on y entend à la fois le calme du lac, mais aussi des bruits industriels, les bruits de l’infrastructure », indique l’artiste. Anthony Aubert, chargé de communication chez EDF, partenaire de l’exposition, souligne la qualité de l’exposition : « Ce travail permet de raconter les ouvrages autrement, de se souvenir de l’aspect patrimonial. »

    Agathe Di Lenardo

    Vernissage le 17 septembre à 18h.

  • Aloé garde un œil sur l’OM depuis le Luxembourg

    Aloé garde un œil sur l’OM depuis le Luxembourg

    Pur produit de la formation olympienne, Baptiste Aloé poursuit son aventure à l’étranger. Après avoir porté les couleurs de l’OM, de Valenciennes, du Beerschot VA en Belgique, du FC Arouca au Portugal, du Dinamo Bucarest en Roumanie, de l’AS Nancy-Lorraine, du SA Spinalien et, plus récemment, du RE Virton au Plat pays, le défenseur ciotaden de 32 ans a posé ses valises au Luxembourg, du côté de l’US Mondorf-les-Bains. Le club luxembourgeois, qui a terminé troisième du championnat national la saison dernière, a ainsi décroché une place au tour préliminaire de la Ligue Europa Conférence, mais a finalement dû s’incliner face à la formation géorgienne du Dinamo Tbilissi.

    Un nouveau défi pour le défenseur, séduit par le projet : « J’avais envie de rejouer en première division, au sein d’un club sain, familial et bien structuré. Avec eux, les choses se sont faites naturellement », souligne Baptiste Aloé. Une nouvelle étape dans une carrière marquée par trois accessions en première division nationale. Trois montées que le Ciotaden a vécues sans toutefois être conservé par son club à l’issue de chacune d’elles.

    Une situation qui ne l’a jamais empêché de garder un œil attentif sur son club de cœur, l’OM. « Je garde toujours ce côté marseillais, ce côté formé à Marseille. Je suis fier de mes racines », lance celui qui a disputé 15 matches sous le maillot olympien entre 2012 et 2015. Le premier d’entre eux s’est produit le 4 octobre 2012 contre le club chypriote de l’AEL Limassol en phase de poules de la Ligue Europa (victoire 5 à 1). « La veille, j’étais à l’école en pleine année du baccalauréat et le lendemain, je jouais un match de Coupe d’Europe », raconte le joueur couronné du titre de meilleur joueur du centre de formation de l’OM lors de la saison 2012-2013, conscient de la chance que lui a offert Elie Baup à l’âge de 18 ans. Depuis, il n’a plus eu l’opportunité d’en disputer un. « On ne se rend pas compte quand on le vit, mais il faut profiter de ces instants, car une carrière ça va vite », ajoute le Provençal, persuadé que l’OM ne peut pas délaisser la Ligue Europa.

    L’OM manque de banc

    « Au-delà de l’enjeu financier, la Coupe d’Europe peut aussi ramener du positif, parce qu’il y a certains matches qui sont peut-être plus faciles que d’autres. Ça peut apporter de la confiance. Surtout quand on vient d’enchaîner trois défaites en championnat », insiste Aloé, pour qui l’effectif marseillais manque cruellement de profondeur de banc. « Et en plus, il y a des joueurs d’expérience comme Bamo Meïté, Neal Maupay et Faris Moumbagna qui sont en manque de temps de jeu. Il faudrait leur en donner lors des matches de Ligue Europa pour qu’ils puissent retrouver du rythme », suggère-t-il. Mais à l’Olympique de Marseille, la pression est palpable. « Il faut se rassurer sur des choses plus simples. On m’a toujours dit que quand c’est dur, on revient aux basiques. Une fois qu’il va y avoir un déclic, ça va revenir », ajoute le Ciotaden. « Ce qui est dur à l’OM, c’est que tout le monde attend des résultats rapidement. Il faut être préparé à cela. Souvent, quand un joueur sort, il fait une carrière », estime Baptiste Aloé, en citant des garçons comme Laurent Abergel, Boubacar Kamara, Lucas Perrin et Maxime Lopez. Des joueurs qui n’ont pas pu exprimer pleinement leur potentiel lorsqu’ils portaient le maillot olympien. « C’est compliqué de répondre aux attentes de l’OM quand on a 18 ou 20 ans, surtout quand tout le monde rêve de performer en Coupe d’Europe », confie-t-il, sans penser qu’il y a des dysfonctionnements dans la formation phocéenne. « Il faut juste leur laisser du temps, mais il n’y en a jamais assez à Marseille », conclut le Néo-Luxembourgeois.