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  • « Bonjour Nîmes », ce que la ville a sur le cœur

    « Bonjour Nîmes », ce que la ville a sur le cœur

    Il y a quelque chose d’un peu fou dans ce vieux lavoir du Puit Couchoux, ce mardi 12 mai au soir. Les chaises sont toutes prises depuis longtemps, les murs en pierre du quartier Garrigue Nord suent la chaleur de quatre cents corps, et la salle déborde encore. Des Nîmois sont debout dans les recoins, d’autres dans la cour, tendant l’oreille. On est venu de loin. Du Mas de Roulan, de la Tour Magne, de Gambetta, de Révolution.

    Certains avaient même été filmés quelques semaines plus tôt pour un court documentaire projeté en ouverture de la soirée : dix minutes de voix du quartier, portraits ordinaires d’une ville qui a envie de se parler. Une femme à l’écran parle de son escalier sans lumière depuis deux ans. Un homme évoque le carrefour où les voitures ne ralentissent jamais. La salle reconnaît. La salle hoche la tête.

    C’est la deuxième des sept rencontres que la nouvelle majorité municipale de Vincent Bouget a lancées sous le nom de « Bonjour Nîmes ». La première avait déjà fait le plein. Celle-ci confirme que quelque chose est en train de se passer à Nîmes. Pas un simple exercice de communication, pas une réunion publique de plus où les élus parlent et les habitants applaudissent poliment. Quelque chose de plus brut, de plus vivant. Une continuité assumée avec la campagne de Nîmes en commun, qui avait construit son projet à coups de réunions de quartier et d’écoute patiente, et qui arrive maintenant à l’épreuve du pouvoir.

    Et la parole se libère

    La modératrice circule dans l’allée centrale, micro tendu vers la salle. Les demandes arrivent en rafale : plus de transports en commun, et pourquoi pas gratuits comme à Montpellier ? Des vélos électriques dans les quartiers pour les personnes âgées. Des activités pour les enfants l’été, quand le bitume crame. Des cours d’école végétalisées : « Dans mes classes, ça monte à 30 degrés hors canicule », lâche une institutrice, et la salle frémit. Et puis, dans ce quartier aux identités multiples, une habitante évoque les contrôles policiers jugés trop fréquents et trop ciblés sur son fils. Une parole rare dans une salle municipale, reçue dans un silence attentif. Il y a aussi les sangliers qui descendent des garrigues, qui saccagent les jardins et mettent en danger les enfants. Un problème si pressant que la mairie avait tenu dès la veille une réunion avec la préfecture, les louvetiers et la société communale de chasse pour trouver des solutions concrètes.

    Une Nîmoise prend le micro, la voix posée mais ferme : « C’est la première fois qu’on nous donne la possibilité de nous exprimer librement et tous ensemble. » Quelques rangées plus loin, des jeunes du centre social Émile Jourdan, voix fermes, assument leur tour : « On a espoir d’être entendus. On est la génération future. » Le maire, lui, écoute. Assis derrière la table, Vincent Bouget prend des notes. Quand il reprend la parole en clôture, il cite la fierté – ce mot revenu plusieurs fois dans la salle – comme un levier plutôt qu’un ornement. « Vous êtes plus de 400, et je salue la qualité de nos échanges. On assiste à un bel exemple de démocratie participative. » Son conseiller Olivier Bénézet, lui, reconnaît volontiers être débordé : « Il y a beaucoup de doléances. Cela nous donne beaucoup d’énergie et de motivation. »

    La méthode est celle de la campagne, assumée et prolongée : écouter d’abord, décider ensuite. Mais ce soir dans le lavoir, on sent aussi que l’écoute n’est plus seulement une posture : c’est une exigence que les habitants ont intégrée et retournent vers leurs élus. Une Nîmoise le dit sans détour depuis l’assistance : « On peut être un bon maire, mais on peut aussi être un très bon maire. Il faut écouter tous les Nîmois. » Le défi, pour Bouget et sa majorité, sera de tenir ce cap quand les arbitrages budgétaires et les contraintes juridiques viendront tempérer les enthousiasmes. Cinq rencontres restent à venir d’ici au 2 juillet. Le vrai test viendra à l’automne, quand il faudra transformer l’écoute en décisions. Mais pour l’heure, dans ce lavoir qui déborde, Nîmes a repris goût à se parler.

  • La protection des espaces protégés, enjeu de la surfréquentation

    La protection des espaces protégés, enjeu de la surfréquentation

    Ce partenariat soulève évidemment des questions de gestion et de respect des règles du parc. Durant les dernières saisons, nous avons malheureusement constaté l’arrivée de bateaux non conformes, avec parfois des skippers non agréés » , déplore Gaëlle Berthaud, directrice du parc national des calanques. En tout, on compte « près de 600 bateaux autorisés » à naviguer dans le parc, précise-t-elle. « Dans le lot, une dizaine de bateaux sont 100% électriques, et les autres sont thermiques. » Une gestion du flux incitative qui permet aux sociétés de location d’investir dans des équipements nautiques éco responsables, « sans risquer une concurrence déloyale de la part de ceux qui favorisent le matériel moins cher mais polluant », approuve Amine Gharbi, président de Loca boat 13, loueur professionnel basé au Vieux-Port.

    Contrôler le trafic

    Pour reconnaître ces navires autorisés à pénétrer dans le périmètre du parc national, des drapeaux et des vignettes permettent de les identifier. Pour ce qui est des skippers, une liste est fournie sur le site du parc. « Nos skippers agréés ont suivi des formations de gestes éco-responsables en mer », appuie le président. « Et nos moteurs sont réfléchis pour produire moins de CO2 », ajoute-t-il. Des mesures qu’Amine Gharbi estime « essentielles », pour conserver « notre patrimoine maritime ». À ce titre, il s’inquiète du partenariat entre la plateforme américaine et Click&boat : « Uber fera sortir les bateaux du port et intensifiera le commerce sur le Vieux Port. Mais nous, ce que nous voulons, ce n’est pas du volume, mais de la qualité. Qui contrôlera le respect des réglementations ? » La directrice du parc national des Calanques se veut malgré tout rassurante : « Comme chaque été, nous serons attentifs au trafic sur le parc et multiplierons les contrôles en mer avec les services de l’État. »

  • Lucien Molino. Debouts face aux fascistes

    Lucien Molino. Debouts face aux fascistes

    Dans notre département, nous avions après la Libération 52 municipalités communistes et apparentées. Aux élections d’octobre, nous n‘en avions plus que 30 alors que la SFIO, liée au MRP et parfois au RPE, gagnait 30 mairies. C’était le résultat de modifications d’alliances que l’on peut considérer honteuses. À Marseille, le 27 octobre au premier tour, Cristofol obtenait 24 voix, Defferre : 9 voix, Chazaux MRP : 5 voix, Carlini RPF : 25 voix. Au deuxième tour, nous demandions à Defferre de reporter ses voix sur Cristofol pour battre la droite. Il refusa, maintenant sa candidature. C’est ainsi qu’au 3e tour Cristofol maintenait ses 24 voix, Defferre avec les voix du MRP obtenait 14 voix et Carlini 25 voix. Defferre avait livré Marseille à la réaction et aux ennemis de la République. Nouveau maire RPF, Carlini, avait été en 1938 et 1939 l’avocat de Gaillard Bourageas, directeur du Petit Marseillais, condamné par contumace à la Libération pour trahison et collaboration avec le fascisme.

    Nous n’avons pas réagi assez vigoureusement à cette trahison et la CGT apparaissait en définitive comme le seul rempart de la classe ouvrière. Cela était faux car le Parti communiste appelait tous les républicains à s’unir pour barrer la route au fascisme et l’Union départementale, par ma voix, rappelait les sacrifices consentis par le Parti et la CGT dans la résistance et le relèvement du pays.

    La non-épuration à Marseille et dans le pays permit l’émergence de ce que nous appelions le rassemblement de la pourriture fasciste (RPF) qui avait fait connaître ses objectifs, en particulier la « dissolution de l’Assemblée nationale » et la création d’un état fort pour réviser la constitution républicaine. Devant la menace, nous avons incité tous les travailleurs à réagir pour sauver la démocratie et nous les avons convoqués à la Bourse du travail, le lundi 3 novembre à 9 heures du matin. Nous avions aussi convoqué, à partir de 16 heures, une assemblée de cadres syndicaux de tout le département.

    J’avais invité aussi les secrétaires des unions départementales de la région et la salle Jaurès était comble.

    Ce fut l’occasion pour nous d’appeler à la réaction contre le RPF en rappelant les revendications de la CGT : la remise en ordre des salaires, le minimum vital hiérarchie des salaires, la baisse des prix, des acomptes provisionnels immédiats aux travailleurs, le sauvetage de notre économie par l’indépendance nationale menacée chaque jour, enfin et surtout la défense des libertés syndicales et politiques, la défense de la République…

    Je dénonçai la politique anti-ouvrière, anti-nationale du gouvernement Ramadier que j’accusai d’être aux ordres des Américains : « Il se cassera les dents sur sa volonté de dominer la classe ouvrière ce qu’Hitler n’avait pas réussi et nous nous défendrons encore pour nos libertés et notre droit à la vie. »

    à suivre la semaine prochaine…

  • [Lecture] Zaatar, le berger médiateur d’Alep

    [Lecture] Zaatar, le berger médiateur d’Alep

    Librement inspiré d’une histoire vraie, le roman de Stéphanie Perez, grand reporter multiprimé, nous plonge en plein cœur de l’une des plus effroyables catastrophes naturelles, celle du 3 février 2023, qui laissa en Syrie des traces indélébiles auprès d’un peuple marqué par treize ans de conflit armé. Dans ce nouveau climat de peur, où les corbeaux survolent les blocs de béton effondrés, les bâtiments éventrés et les pierres ensanglantées, un chien, nommé Zaatar « perçoit la vérité, là où les humains se mentent, incarne la loyauté et la bonté, là où elles semblent avoir disparu ». Sept ans plus tôt, durant la guerre civile, il avait été adopté par un jeune homme, dont la famille vivait dans un immeuble où cohabitaient chrétiens et musulmans, et pour lequel sauver un animal, c’était refuser de céder à la barbarie.

    Journaliste chevronnée, habituée à rendre compte des événements qui secouent notre planète, l’auteure du Berger d’Alep est sur tous les fronts et dans le théâtre de toutes les opérations, sans jamais perdre de vue Zaatar enfoui sous les ruines, en ce jour d’intense séisme où même le soleil est noir. Un roman où l’atmosphère est rendue avec véracité, où les pages atteignent à une puissante émotion, jusqu’à nous baigner le visage de larmes lorsque les fosses se creusent, mais aussi à nous redonner espoir lorsque les yeux d’un chiot, à la fourrure aussi blanche que celle de Zaatar, se posent sur la terre fraîchement retournée. Reste à espérer que 30 Millions d’Amis accorde à Perez et au « berger des matins calmes, au cœur chaud et au nom d’épices, qui pèse non seulement de tout son poids, mais de tout ce qu’il a été », le prix Goncourt des animaux.

    Récamier, 21 euros

  • L’Estaque inspire une exposition collective

    L’Estaque inspire une exposition collective

    Le littoral en trois façons. Depuis mercredi 14 mai, les artistes Benjamin Bloch, Aurélie Jourdain et Romus exposent des œuvres inspirées par l’Estaque et ses environs. En alliant peinture, installations et bas reliefs, l’exposition célèbre la mer, d’abord, avec la série de dessins « Vue mer », réalisés au graphite par Aurélie Jourdain. Une série qui invite à la contemplation, comme autant de fenêtres sur un monde en mouvement. L’artiste expose également une série d’œuvres réalisée à partir d’algues récupérées sur les côtes, tout en finesse.

    L’artiste Romus, originaire du Var, cherche, grâce à ses paysages côtiers et urbains à l’acrylique, à créer de l’interaction avec les spectateurs. « Je n’ai volontairement pas mis de cartels sous mes peintures. J’aime que les spectateurs cherchent à reconnaître les endroits que j’ai peints, je vois que ça les touche » raconte le peintre.

    Protéger le littoral

    L’exposition, sur deux étages, retrace la vie de la côte, au travers des tableaux réalisés in situ par Romus. « Ma pratique en extérieur est concentrée sur l’interaction entre la matière et ce qui m’entoure » explique-t-il. Une œuvre composite de sa série « Recyclage de paysage » en est le symbole. Il raconte : « Pour ce travail, j’ai récupéré des déchets sur la plage du Jonquet, à la Seyne-Sur-Mer. Puis je les ai assemblés pour reproduire le paysage devant mes yeux. » Une série qui, à l’image de l’exposition, sensibilise à la protection du littoral. Le travail de l’artiste Benjamin Bloch nous plonge dans les terres calcaires de l’Estaque, sensibles aux aléas climatiques. À la fois dessinateur et maçon spécialisé dans la terre crue, ses œuvres décodent le paysage minéral, grâce à des cartographies, des schémas, des empreintes. Son œuvre « Chemins de terre », bas relief réalisé en terre crue, fait partie de son travail de recherche. « Ma pratique de la maçonnerie est étroitement liée à ma pratique artistique. Mes œuvres sont comme des tests pour de nouvelles techniques de construction écologique » continue Benjamin Bloch. Une exposition entre matières minérales, végétales et plastique, retraçant sensiblement un environnement fragile, invitant à le préserver collectivement.

    Exposition « Territoire littoral », du 14 au 25 mai au Pôle des Arts Visuels de l’Estaque. Entrée libre, 10h-12h, 13h-18h, fermé le mercredi.

  • Le Grand J.T. des Territoires du 16 mai

    Le Grand J.T. des Territoires du 16 mai

    Conflit en Iran : les conséquences en France sont multiples. Outre le prix de l’essence qui a explosé, de nombreux secteurs d’activités sont touchés. Explications dans ce journal.

    Un robot viticulteur autonome ! Une prouesse technologique qui pourrait bien soulager le travail de l’Homme sur les terrains viticoles. Découverte de cet engin dans le Vaucluse.

    Avec l’arrivée de la belle saison, c’est l’heure de la transhumance des troupeaux de nos agriculteurs. Immersion dans les Vosges au cœur de cette tradition agricole.

  • Comédie du livre : « un festival de résistance »

    Comédie du livre : « un festival de résistance »

    « Un choix politique » : le pari de la culture

    Avec la Comédie du livre – 10 jours en mai, « Montpellier entre en festivals », annonce Michaël Delafosse. D’abord avec les livres, donc, ensuite avec le théâtre (Printemps des comédiens, 29 mai-21 juin), la danse (Montpellier Danse, 20 juin, 4 juillet) puis la musique (festival Radio France Occitanie, 5-18 juillet). Quatre manifestations d’envergure nationale accueillies coup sur coup dans la capitale héraultaise. Une exception culturelle rendue possible par « un choix politique, au sens le plus noble du terme, celui du service public de la culture », insiste le maire de Montpellier et président de la Métropole.

    Dans un contexte où, « pour des raisons budgétaires ou idéologiques, des festivals littéraires disparaissent » et où la situation du livre « est marquée par un vrai recul de la lecture, toutes tranches d’âge confondues », rapporte Régis Pénalva, directeur artistique de la manifestation, la Comédie du livre fait œuvre de résistance. Un mot qui constitue la colonne vertébrale de cette nouvelle édition. « René Char disait : “Je n’écrirai pas de poème d’acquiescement.” On ne vous a pas programmé un festival d’acquiescement. On vous a programmé un festival de questionnement, de contestation, de résistance. »

    Durant une dizaine de jours, du 15 au 24 mai, plus de 270 auteurs seront accueillis à Montpellier, où 220 rendez-vous seront proposés sous toutes les formes (rencontres, tables rondes, lectures, ateliers…). La manifestation se terminera, comme chaque année, sur 3 jours de salon du livre (22, 23 et 24 mai) sur la promenade du Peyrou. « À part acheter un livre pour soutenir les auteurs, les éditeurs, les libraires, tout est gratuit », insiste Michaël Delafosse. Là encore, un choix qui fait exception dans le paysage des festivals littéraires.

    La part belle à l’édition indépendante

    Comme il est de coutume, deux éditeurs seront mis en avant : les éditions Christian Bourgois, qui fêtent leurs 60 ans et l’éditeur québécois La Peuplade. L’occasion de souligner la part accordée dans la programmation à l’édition indépendante : « 30% des auteurs invités sont édités dans des maisons indépendantes. Je pense qu’il y a peu de festivals littéraires en France capables de leur faire une telle part », souligne Régis Pénalva. Une forme, là aussi, de résistance au phénomène de concentration dont est victime ce secteur « où l’internationale réactionnaire est à l’œuvre », déplore Michaël Delafosse.

    Une édition féminine et engagée

    Avec 56% d’autrices et de créatrices invitées, cette édition sera particulièrement féminine. Confiée à Salomé Saqué, journaliste au média alternatif Blast et autrice de l’essai Résister (Payot), vendu à 500 000 exemplaires et « devenu le bréviaire de lutte et d’engagement de toute une génération », la carte blanche du festival sera, cette année, composée exclusivement de femmes (Camille Bordenet, Titiou Lecoq, Camille Etienne et Blanche Sabbah ont répondu à l’invitation de Salomé Saqué) et marquée par le féminisme, l’écologie et la résistance à « la vague obscurantiste » des idées d’extrême droite.

    Autre figure féminine incontournable de cette édition, Gisèle Pelicot interviendra le 20 mai dans le cadre des grandes soirées du festival (sur réservation), accompagnée de la journaliste et romancière Judith Perrignon avec laquelle elle a coécrit Et la joie de vivre (éditions Flammarion), paru en février. Autre invitée de marque : la journaliste et écrivaine Sofia Andrukhovych, « une des principales voix de la littérature ukrainienne ». C’est elle qui ouvrira le festival le 15 mai à l’Opéra Comédie, autour de son roman-fleuve Amadoca (Belfond), « qui traverse l’histoire de l’Ukraine au XXe siècle, de la répression stalinienne à la guerre du Donbass ».

    Des temps forts

    Bien d’autres temps forts rythmeront le festival… on a l’embarras du choix ! On notera notamment la lecture-concert de Léonor de Recondo autour de l’escapade amoureuse et artistique de George Sand et Frédéric Chopin à Majorque (17 mai) ; le grand entretien avec Natacha Appanah autour de son livre La Nuit au cœur (Gallimard), prix Femina 2025, qui tresse l’histoire de trois femmes victimes de la violence furieuse de leurs compagnons (23 mai) ; ou encore la rencontre avec le prix Goncourt 2025, Laurent Mauvigner, qui présentera La Maison vide, paru aux éditions de Minuit (20 mai).

    L’imaginaire et la BD

    La fine fleur des littératures de l’imaginaire sera présente et comme chaque année depuis désormais 3 ans, le Grand prix de l’imaginaire (GPI) sera remis durant le festival (23 mai). La BD ne sera pas en reste, avec une vingtaine d’auteurs invités et un partenariat noué, cette année, avec la collective Gilxcott, née à l’annulation du Festival d’Angoulême, qui proposera une série de rencontres.

    Le festival se clora le 24 mai sur un moment particulièrement fort : un échange entre Elias Senbar, « grande figure politique palestinienne, poète, essayiste, historien et ambassadeur permanent de la Palestine auprès de l’Unesco » et Elie Barnaby, « grande conscience morale de la gauche israélienne », ancien ambassadeur d’Israël en France, qui évoqueront leurs dictionnaires amoureux respectifs dédiés à la Palestine et à Israël. « Deux hommes de dialogue et de paix, deux grandes consciences morales de notre époque. »

    Littérature et cinéma

    La Comédie du livre accueille, au centre Rabelais, « D’un regard l’autre », cycle de films documentaires qui fait dialoguer cinéastes et écrivains. Au programme :

    Samedi 16 mai, 19h : Would you have sex with an Arab ?, de Yolande Zauberman. « Une enquête sur les corps, sur le désir entre ennemis ». Suivi d’une rencontre avec le journaliste et écrivain Selim Nassib.

    Dimanche 15 mai, 20h : La vie devant elle, de Manon Loizeau. Journal intime d’une jeune Afghane qui a décidé de raconter son exil avec sa famille. Suivi d’une rencontre avec l’écrivaine Leonor de Recondo.

    Jeudi 21 mai, 20h : Personne n’y comprend rien, de Yannick Kergoat, qui retrace 14 années d’enquête de Médiapart sur l’affaire Sarkozy-Kadhafi. Suivi d’un échange avec le journaliste Fabrice Arfi.

    – Dimanche 24 mai, 15h : Carré 35, d’Eric Caravaca. Enquête intime sur une sœur décédée dont le réalisateur ne sait rien. Suivi d’une rencontre avec l’écrivaine Marie-Hélène Lafon.

    ET AUSSI

    Grand entretien avec Philippe Boucheron

    18 mai, 18h, centre Rabelais

    L’historien Philippe Boucheron, carte blanche du festival en 2023, revient présenter son nouveau livre, La Peste noire (Seuil).

    Grand entretien avec Ahmet Atlan

    19 mai, 20h, Opéra Comédie

    La Comédie du livre reçoit pour la première fois l’écrivain et journaliste intellectuel turc Ahmet Atlan, grand défenseur de la démocratie emprisonné de 2016 à 2021, à l’occasion de la parution de son nouveau roman, Boléro (Actes sud).

    Rencontre avec Jón Kalman Stefánsson

    21 mai, 18h30, Opéra Comédie, salle Molière

    Habitué du festival, le célèbre romancier islandais Jón Kalman Stefánsson présentera Corps célestes à la lisière du monde (Bourgois), un grand roman historique et lyrique.

    Dialogue entre Salomé Saqué et Blanche Sabbah

    22 mai, 19h-22h30, centre Rabelais.

    Dans le cadre de sa carte blanche, Salomé Saqué invite l’autrice et dessinatrice de BD Blanche Sabbah (Mythes et meufs, La bataille culturelle) pour un dialogue sur le thème : « Résister en 2026 ».

    Des écrivains au musée Fabre

    23 mai, 19-22h, musée Fabre

    À l’occasion de la Nuit européenne des musées, le festival propose une déambulation à travers les collections du musée Fabre en compagnie de 6 écrivains. Chacun lira un texte inspiré d’une œuvre qu’il a choisie, en présence de cette œuvre (sur inscription).

    À hauteur d’enfants

    Une programmation dédiée aux plus jeunes est proposée durant les 3 jours du salon, du 22 au 24 mai. Programme détaillé sur : www.10joursenmai.fr

  • Free party, ces jeunes qui défient le gouvernement

    Free party, ces jeunes qui défient le gouvernement

    Le lieu n’a pas été choisi au hasard. Pour le premier week-end de mai, entre 20 000 et 30 000 personnes se sont rassemblées illégalement sur un ancien terrain militaire de Cornusse, près de Bourges, ville qui a vu naître Laurent Nunez. Car depuis sa prise de fonction, le ministre de l’Intérieur a dans le viseur ces rassemblements. Si début avril, une loi a été votée par l’Assemblée nationale qui durcit déjà la législation en la matière, Laurent Nunez veut faire passer un nouveau texte (s’attaquant aussi aux rodéos urbains et au protoxyde d’azote) qui va encore plus loin pour punir les organisateurs et les participants aux free party.

    Contre-culture

    Pour justifier ce nouvel arsenal juridique, le gouvernement avance toujours les mêmes arguments : impact environnemental, nuisances sonores, consommation de drogues, etc. Mais la gauche, qui a voté contre à l’Assemblée, y voit surtout la volonté de museler la jeunesse. Car pour les participants, ces free party dépassent le simple cadre de la fête. Dans le terme free, ce n’est pas seulement la gratuité qui est désignée mais aussi la liberté. À Cornusse, le rassemblement était appelé « Teknival de l’Indépendance » et beaucoup de participants y revendiquaient l’affirmation d’une contre-culture qui revêt un sens politique comme l’anticapitalisme, le rejet des boîtes de nuit payantes, des normes vestimentaires et de la marchandisation de la musique. Historiquement, ces free party sont d’ailleurs nées en Angleterre après les lois restrictives sur la vie nocturne de Margaret Thatcher et ont parfois eu lieu dans les entrepôts d’usines touchées par la désindustrialisation.

  • Reconnaissance d’un préjudice écologique causé par des mines en Occitanie

    Reconnaissance d’un préjudice écologique causé par des mines en Occitanie

    Par Elohane Durand, avocate fondatrice du cabinet Natur’avocat, membre de la commission environnement du SAF

    Contexte du recours : pollution dans la vallée de l’Orbiel.

    Cette décision s’inscrit dans le cadre plus large de la lutte contre la pollution des anciens sites miniers de la vallée de l’Orbiel. L’activité minière de la région fut très conséquente depuis 1892. Suite à sa fermeture définitive en 2004, la vallée est qualifiée par CCFD-Terre solidaire de « véritable décharge chimique », avec « 3 000 000 de tonnes de produits toxiques purs, dont 800 000 tonnes d’arsenic » présents sur les bassins de l’Orbiel (1).

    Enfants testés positifs à une surexposition à l’arsenic

    La pollution devient un sujet de notoriété publique lors des inondations de 2018, lorsque de l’eau contaminée se déverse dans les terrains et villages avoisinants les anciens sites miniers pollués. L’année suivante, une trentaine d’enfants seront testés positifs à une surexposition à l’arsenic selon Le Monde (2).

    Décision de la juridiction : reconnaissance d’un préjudice écologique. L’association Terres d’Orbiel, une des requérantes du recours devant le TA de Montpellier, a demandé la reconnaissance et la réparation du préjudice écologique. Elle souligne la carence fautive de l’État dans l’exercice de son pouvoir de police des mines, notamment pour les raisons suivantes :

    Les mesures prises après la fermeture des mines furent insuffisantes, de même pour la gestion des zones contaminées et des zones de stockages.

    L’État n’a pas exigé une diminution significative des polluants.

    Un manquement aux devoirs de vigilance et de prévention en matière de droit de l’environnement.

    Dans sa décision rendue le 22 juillet 2025, le juge enjoint le préfet de l’Aude de prendre, dans un délai d’un an, « toutes les mesures utiles de nature à réparer le préjudice écologique constaté et de prévenir l’aggravation des dommages […] afin de limiter effectivement la concentration en arsenic des eaux superficielles de la vallée de l’Orbiel, et en maintenant les outils de contrôle permettant un pilotage effectif des actions menées. »

    Cela étant, la préfecture de l’Aude exprime, lors d’un communiqué de presse du 24 juillet 2025, la difficulté d’une telle tâche en vue du niveau de pollution, en soulignant que « l’évacuation de l’ensemble des terres impactées sur les anciens sites miniers est à ce jour irréalisable ».

    1) ccfd-terresolidaire.org

    2) lemonde.fr

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  • Autour du biométhane, le débat reste ouvert pour les salariés de la centrale de Gardanne

    Autour du biométhane, le débat reste ouvert pour les salariés de la centrale de Gardanne

    Lancée lundi, la concertation préalable volontaire initiée par l’association des salariés de la Centrale (ATCG) a donné lieu à une première réunion publique tenue elle, ce mardi soir. Objectif : présenter le projet biométhane, qu’ils portent conjointement avec la société Gazotech. Si le projet a majoritairement été soutenu par les riverains présents, nombreuses ont été les interrogations et surtout les oppositions au projet, tel quel. À commencer par l’Association de lutte contre les nuisances et la pollution de Gardanne (ANLP) qui a tenu une prise de parole unique avant de quitter la salle avec la FNE13 et les CIQ Gardanne Est et Langarie. « Aucune véritable co-construction n’a été organisée avec les associations locales, aucune étude globale sérieuse n’a été présentée sur les impacts cumulés avec la centrale P4 aujourd’hui et tous les autres demains », déroulait Marie Christine Borgna, pour l’ALNP, précisant rester « disponibles pour une véritable concertation indépendante ». Jean-Louis Debard, pour la CEPG (Convergence écologique du Pays d’Aix), estimait que « les associations comme les populations ont été mises à l’écart, cantonnées dans des réunions de cadre de vie inefficaces et limité dans leur objectif ». La réunion passée, il concède : « On est prêts à discuter. Les moyens qu’ils ont sont limités, et pour nous aussi. » Jean-Michel Rocassalva, secrétaire de la CGT de la Centrale, rapporte de son côté que « les garants [de la concertation] ont proposé à ces associations de nous rencontrer avant la réunion publique. Ils ne l’ont pas souhaité (…) on a jamais été opposés à présenter notre projet à qui que ce soit ».