Category: accueil-third

  • L’ombre de Loïk Le Priol sur les hauteurs du Mont Faron

    L’ombre de Loïk Le Priol sur les hauteurs du Mont Faron

    Les échos de l’assassinat de l’ex-international argentin de rugby Federico Martín Aramburú, dans la nuit du 18 au 19 mars 2022, résonnent jusqu’au Var. C’est dans les oliveraies du domaine familial de l’Octopus, à Draguignan, que l’auteur des coups de feu mortels, Loïk Le Priol, s’était reconverti après son passage par l’armée, avant de rejoindre l’entreprise de retape de Jeeps anciennes de son père.

    C’est dans une annexe de cette même propriété familiale qu’il s’était immédiatement réfugié après la mort du rugbyman, là même où la police a retrouvé un véritable arsenal. Au milieu de la trajectoire du militant identitaire, cet héritage familial s’est invité aux assises de Paris, ce vendredi, au cinquième jour du procès de l’assassinat de Federico Martín Aramburú.

    « Tout ça à cause d’un putain de match de rugby, défendait le père de l’assassin présumé, Denis Le Priol, 63 ans. C’est une connerie ! Une connerie d’ivrognes à 6 heures du matin ! » Ancien para, l’entrepreneur varois qui témoignait à la barre était déjà une personnalité connue. Passionné de véhicules anciens et particulièrement des jeeps états-uniennes, qui ont « chassé le nazisme », il avait participé à deux saisons de l’émission Vintage mecanic, sur RMC. Une passion transmise, avec le même goût des armes, à son fils qui apparaît en 2022 dans un clip du rappeur Ninho au volant d’un véhicule militaire loué à son père. La nuit du 18 au 19 mars 2022, c’est à bord d’une Jeep que Loïk Le Priol rattrape Federico Martín Aramburú.

    Pour son père, l’amour des vieux véhicules militaires, qui défilent dans les différentes reconstitutions historiques dans toute la France à l’occasion des cérémonies de commémoration, est très lucratif. Son ancienne société de surplus américain, dont il a quitté la présidence en 2022, réalisait l’année précédente un résultat net de 624 000 euros. De quoi lui permettre de racheter, en novembre 2024, l’emblématique fort du Grand Saint-Antoine, sur les hauteurs du Mont Faron, pour 990 000 euros, dix ans après une première cession par le ministère des Armées. « Le Grand Saint-Antoine est l’un des seuls forts français, si ce n’est le seul, à avoir été libéré par des Résistants », racontait-il dans les colonnes de Var Matin, le 2 mai dernier, avant une première réouverture au public des lieux où il envisage d’aménager un musée dédié à ces véhicules militaires qu’il collectionne, ainsi qu’aux différents casques. Il parlait alors de solliciter la municipalité.

    Il a pourtant évolué loin des valeurs de la Résistance. Selon Libération, l’ex-para a frayé avec la Fédération d’action nationale et européenne, groupuscule néonazi qui avait scissionné d’Occident en 1966, avant d’être dissous par décret en 1980.

    « Loïk, raciste ? »

    à la barre ce vendredi, Denis Le Priol se présente simplement comme « chrétien ». Mais il prend la défense de son fils, ancien commando de marine au « parcours militaire fabuleux » et dont il conteste tout passif gudard. « Loïk, raciste ? ça m’étonnerait ! On est partis en Afrique forer des puits. Il a toujours été ouvert aux autres », assurait-il. Selon son témoignage, le père, qui pratique encore le tir sportif, n’a jamais vu son fils équipé d’armes au quotidien, mais s’était alarmé de son évolution au retour du Sahel : « J’avais l’impression de voir un chien de gardiennage, toujours aux aguets. » Lui qui présentait les excuses de sa famille à celle du rugbyman assassiné, se défendant de prendre la défense de son fils, n’en assurait pas moins : « S’il ne s’était pas défendu, c’est peut-être lui qui y serait passé. » Selon l’autopsie, deux des balles mortelles ont été tirées dans le dos.

  • [Entretien] « L’attaque contre le tarif agent dans l’énergie est un contre-feu politique »

    [Entretien] « L’attaque contre le tarif agent dans l’énergie est un contre-feu politique »

    La Marseillaise : Pourquoi les agents du secteur de l’énergie
    se mobilisent-ils ce mardi ?

    Fabrice Coudour : Avant toute chose, il faut mesurer que les attaques en direction des agents, et retraités, de l’énergie sont successives depuis plusieurs années. C’est bien un ensemble d’attaques qui fait qu’aujourd’hui, la coupe est pleine. Cette année, cela se concentre sur le tarif particulier, que l’on appelle plus communément le « tarif agent ». Mais ce n’est que le dernier épisode d’une longue liste : fin de notre régime spécial lors de la réforme des retraites de 2023, puis des attaques sur notre caisse de retraite à la fin de l’année dernière, mais aussi contre la gestion de nos œuvres et actions sociales… Pendant plus d’une année, nous avons aussi eu d’âpres négociations autour de notre grille salariale, qui commence en dessous du Smic ! Et la dernière en date, l’attaque de cet été, contre notre tarif agent.

    Concrètement, qu’entend faire le gouvernement concernant le tarif agent ?

    F.C. : L’attaque prend deux formes : la première vient avec un rapport de la Cour des comptes en direction des ressources humaines d’EDF, avec treize recommandations en son sein, dont une sur le tarif agent et qui pointe une soi-disant fiscalisation incorrecte. La seconde est une injonction de la procureure de la Cour des comptes en direction du directeur de la Sécurité sociale, toujours sur le tarif agent. C’est une procédure juridique, un processus légal, qui concerne l’ensemble du secteur et qui implique une réponse du directeur de la Sécu’. On voit bien là qu’on est sur deux attaques coordonnées, qui s’appuient l’une sur l’autre. Ce tarif est bien plus qu’un totem du statut des travailleurs des industries électriques et gazières.

    En quoi cette attaque ne passe pas pour les travailleurs du secteur ?

    F.C. : C’est une attaque politique : c’est contre notre contrat social, contre notre statut. Ce tarif particulier fait partie intégrante de notre contrat de travail, il est déjà fiscalisé. C’est aussi un élément de rémunération alors que nos salaires sont en dessous de ceux de nos homologues du privé. Il faut mettre ça au regard des contraintes de notre travail : les astreintes, les 3×8, les heures supplémentaires… Les électriciens et gaziers sont sur le terrain, pour remettre en état le réseau lorsqu’il y a des tempêtes, la canicule, des inondations. Sur les incendies, ce sont les agents de l’énergie qui arrivent les premiers après les pompiers. Tous les jours de l’année, ce sont eux qui assurent le service public de l’énergie, 24 heures sur 24. Ce tarif agent est donc une juste reconnaissance au regard de cela. Surtout, cet « avantage » ne représente rien sur les factures des usagers, moins d’1%. Supprimer le tarif agent ne fera pas baisser les factures d’énergie des Français. Par contre, le gouvernement et ses chiens de garde ne parlent jamais de l’irrégularité des règles fiscales sur les factures. Je rappelle que toutes les factures, depuis un an, sont taxées à 20% de TVA, alors même que les biens de première nécessité doivent être taxés à 5,5%, selon le Code des impôts. On pourrait aussi rappeler qu’en 25 ans, on a atteint 100 milliards de dividendes versés aux actionnaires dans les entreprises du secteur… Cette attaque est en réalité un contre-feu politique.

    Vous utilisez le terme de « contre-feu politique ». Pourquoi ?

    F.C. : Car cela participe à une division des travailleurs entre eux, à agiter l’opinion publique et détourne des vrais sujets. Aujourd’hui, tout le monde s’accorde sur le fait que la transition énergétique et écologique sont des enjeux majeurs. Il y a donc une nécessité de filières, d’emplois et donc de recrutements pour faire face à ces enjeux. Mais avec quelle attractivité va-t-on attirer de nouveaux travailleurs s’ils rabotent tous nos conquis sociaux, qui sont des éléments d’attractivité ? Je le répète, nous avons une grille de salaires qui débute en dessous du Smic. C’est un contre-feu car ils tapent toujours en bas de l’échelle, tout en fermant les yeux sur les aides publiques aux grandes entreprises, de 211 milliards. Alors que les travailleurs de l’énergie, et la FNME-CGT en tête, ont toujours défendu la baisse des factures pour les usagers. En réalité, nous faisons partie des corporations à abattre, comme les cheminots l’ont été précédemment.

  • Tout juste livrée, la prison d’Entraigues-sur-la-Sorgue sera opérationnelle en mars

    Tout juste livrée, la prison d’Entraigues-sur-la-Sorgue sera opérationnelle en mars

    Le timing de la publication avait de quoi surprendre. « Excellente nouvelle, le centre de détention de Comtat Venaissin a été inauguré, ce matin. Cet établissement accueillera ses premiers détenus à partir du 1er décembre et permettra de lutter contre la surpopulation carcérale, particulièrement importante dans la région », se félicitait, jeudi, Gérald Darmanin sur ses réseaux sociaux. Le tout en postant une photo de l’extérieur de la prison, située dans la zone du Plan à Entraigues-sur-la-Sorgue.

    Si l’on savait les travaux en voie d’achèvement, aucune information liée à une inauguration n’était parvenue. Un moment solennel, souvent même organisé une fois la prison en service. Le garde des Sceaux aurait-il donc communiqué trop hâtivement ? Contacté, le ministère de la Justice le confirme implicitement : « La remise des clés a été officialisée ce jeudi 10 septembre par Gérald Darmanin. La mise en service de l’établissement est prévue en mars 2027. » En d’autres termes, le ministre a salué la fin des travaux, quant à la date du 1er décembre, là aussi, elle faisait écho à des prévisions initiales désormais caduques.

    Sollicité, William Bouquet, maire (DVG) d’Entraigues, penchait aussi pour « l’erreur de communication », n’ayant pas été avisé d’une inauguration. Idem de source syndicale, où aucun carton d’invitation n’avait circulé. Et, surtout, « la majorité des agents pénitentiaires doivent prendre leur poste en janvier, c’est impossible que les premiers détenus arrivent en décembre ». L’administration pénitentiaire a donc rectifié le tir auprès de La Marseillaise, mais la publication du ministre était toujours en ligne lundi, sans correctif.

    Désengorger la prison surchargée du Pontet

    Au-delà de l’erreur de timing, le centre de détention est donc presque opérationnel. Une fois livré, il y a donc plusieurs semaines indispensables pour tourner à vide, vérifier qu’aucun dysfonctionnement ne survienne, avant que le personnel – 250 agents au total – ne prenne ses marques et que les premiers détenus (re)passent sous les verrous. Car contrairement à sa voisine surchargée du Pontet (plus de 175% de taux de suroccupation contre 141% en moyenne nationale), la prison d’Entraigues « accueillera des personnes condamnées définitivement et actuellement en attente de transfert vers un établissement pour peine », précise le ministère de la Justice. 399 places ont été créées, qui pourront aussi être attribuées à des détenus relevant de la direction interrégionale des services pénitentiaires de Marseille. D’un coût de 133 millions d’euros, le projet comporte 17 bâtiments répartis sur 15 hectares.

  • [Protoxyde d’azote] Bientôt un grand plan de prévention en Occitanie

    [Protoxyde d’azote] Bientôt un grand plan de prévention en Occitanie

    Des petites capsules ou des grosses bonbonnes qui finissent le plus souvent dans la nature. Le détournement de l’usage du protoxyde d’azote comme gaz hilarant est si répandu qu’aucune ville n’y échappe désormais.

    Si elle a un coût environnemental non négligeable, cette nouvelle pratique fait surtout peser des risques pour la santé publique des jeunes friands de cette nouvelle méthode pour planer à moindres frais. Selon le baromètre Ipsos commandé par la Macif en juin 2026, pas moins de 12% des jeunes âgés de 16 à 30 ans ont déjà expérimenté le protoxyde d’azote comme euphorisant.

    Un phénomène de « mode » grandissant – même les villages sont touchés – qui pousse les pouvoirs publics à réagir. À l’image de Michaël Delafosse (PS) à Montpellier, les maires commencent à prendre des arrêtés municipaux pour interdire la consommation de ce produit sur la voie publique.

    Mais comme toujours, le seul volet répressif ne saurait être une réponse efficace contre ce qui constitue déjà un début de fléau sanitaire. Voilà pourquoi, en attendant que les parlementaires légifèrent, les pouvoirs publics se penchent sur le sujet. Lors de sa conférence de presse de rentrée, Carole Delga (PS) a indiqué que la Région Occitanie et le rectorat de l’académie de Montpellier travaillaient de concert avec l’Agence régionale de santé (ARS) et les acteurs de la prévention à l’élaboration d’un grand plan de prévention. « Une grande concertation va être lancée avec le Rectorat suite au travail au printemps. Un grand plan de prévention sera présenté d’ici l’automne », révèle la présidente de Région.

    Un kit d’action pour les maires et professionnels de l’éducation

    Si rien n’est encore gravé dans le marbre, on connaît déjà quelques actions qui seront mises en œuvre à l’échelle régionale dans le futur plan de prévention. Une « campagne de sensibilisation » sera déployée dans les lycées et les transports scolaires Lio. Un « kit d’action », dont le contenu n’a pas encore été révélé, sera mis à disposition des maires et des professionnels de l’éducation pour les aider à trouver la parade sur le terrain. On sait aussi qu’une « réflexion » est en cours sur l’enjeu de la collecte et du traitement problématique des bonbonnes abandonnées.

    L’Occitanie étant l’une des régions les plus touchées par l’usage détourné du protoxyde d’azote, le sujet est pris au sérieux. Car la consommation de ce produit entraîne des troubles neurologiques, des problèmes cardiovasculaires et des pertes de connaissance qui peuvent aussi générer des accidents de la route.

    Des interdictions très strictes

    Au plan national, la première loi (juin 2021) interdit la vente ou l’offre de protoxyde d’azote aux mineurs et aux majeurs dans les débits de boissons et de tabac.

    Depuis août 2026, la loi Ripost a durci l’arsenal. L’inhalation hors cadre médical devient un délit puni d’un an de prison et jusqu’à 3 750 euros d’amende. Le transport sans motif légitime est passible de 2 ans de prison et 7 500 euros d’amende. Enfin, la conduite sous emprise est réprimée de 3 ans de prison et 9 000 euros d’amende.

    Dans le Gard, un arrêté préfectoral interdit depuis début 2026 l’usage récréatif, la détention et la consommation dans tout l’espace public, ainsi que le transport et l’abandon de bonbonnes. À Nîmes, la Ville verbalise la consommation et le jet de détritus. Même logique dans l’Hérault où les mineurs sont ciblés dans l’arrêté. À Montpellier, outre l’interdiction de consommation sur la voie publique, le maire Michaël Delafosse (PS) a pris un arrêté interdisant la vente de protoxyde d’azote dans les épiceries de nuit.

    R.C.

  • Les facteurs de la plateforme des docks à Marseille en grève

    Les facteurs de la plateforme des docks à Marseille en grève

    Les postiers qui couvrent les 1er, 2e et 3e arrondissements de la ville dénoncent une réorganisation sur le site et sont quasiment à l’unanimité en grève ce lundi. Après un passage au siège social de La Poste, où les portes étaient closes, ils sont maintenant à la mairie des 2e et 3e arrondissement pour interpeller les élus sur l’impact du service rendu à la population de la réorganisation. « Ça va être une baisse de la qualité de service, il y aura moins de tournées, jamais le même facteur », lance un facteur. Le mouvement est appuyé par SUD et la CGT.

  • À Montpellier, le cri d’alerte d’un militant pacifique palestinien

    À Montpellier, le cri d’alerte d’un militant pacifique palestinien

    Il devait être accompagné de Mahmoud Zwahre. Son homologue militant et chercheur ayant dû rentrer précipitamment en Palestine en raison du décès de son neveu, Mohammed Khatib a livré seul son témoignage, mercredi 9 septembre, salle Pelloutier à Montpellier. La veille face à la presse locale, ce militant cofondateur du Comité de coordination de la lutte populaire (PSCC) avait donné un premier récit glaçant.

    En compagnie de militants de l’AFPS 34, il décrit les deux stratégies distinctes de l’État d’Israël. D’un côté, la « terreur à Gaza » où les frappes de l’armée israélienne se poursuivent malgré l’accord de cessez-le-feu, ce qui a déjà coûté la vie au moins 73 600 civils (hors disparus). « 74 200 enfants de moins de 5 ans ont besoin d’un traitement, 24 600 femmes enceintes souffrent de malnutrition aiguë. C’est orchestré car seuls 200 camions par jour entrent à Gaza au lieu des 600 autorisés », dénonce Évelyne Duval (AFPS).

    De l’autre côté, en Cisjordanie, M. Khatib pointe une logique de « transplantation méthodique » des populations. « L’armée israélienne n’intervient pas directement, si ce n’est pour faciliter aux colons israéliens l’accès aux terres occupées. » Une opération de longue haleine destinée selon lui à « anéantir les conditions de vie des Palestiniens et les pousser à l’exil ». Du côté d’Al Maghayer, à l’est de Ramallah, 27 communautés ont été détruites, assure-t-il.

    Le militant raconte comment les colons armés s’en prennent à des Palestiniens isolés, notamment des paysans dans des fermes qu’ils s’approprient. « Ils attaquent les maisons, en portant des coups, parfois en assassinant, choisissent un terrain et font du pâturage. » Afin de coordonner les déplacements des colons, des routes interdites aux Palestiniens ont été construites entre les villages occupés. En octobre, débutera la cueillette des olives. Mohammed redoute le « châtiment des colons » et de nouveaux « morts » car « les Palestiniens ne renonceront jamais à leurs vergers ». C’est pourquoi il appelle les militants internationaux à se mobiliser. « Quand ils sont présents aux côtés des familles, les colons ne se comportent pas pareil. »

    Dans les villes, les populations sont peu à peu confinées. Et la violence fait là aussi son apparition. « L’ambassadeur des USA prétend que ce sont des opérations isolées alors qu’il s’agit d’une stratégie au plus haut sommet de l’État. Le but est d’annexer les terres et changer le statut juridique de la Cisjordanie. »

    De sombres projets contre lesquels résistent les militants non armés du PSCC. Depuis son village de Bil’in, Mohammed et les siens organisent régulièrement des manifestations culturelles, parfois sous les traits de personnages d’Avatar pour dire la résistance non violente. Dès 2004, c’est elle qui avait permis la conservation de villages que l’édification d’un mur d’apartheid devait confisquer au profit d’Israël, la Cour suprême israélienne ayant donné raison à ce village frontalier. Aujourd’hui, le PSCC mène des actions de reconstruction et d’entraide appelées « Faz3a ». « On essaie d’amener l’eau, l’électricité, d’éviter les démolitions de maisons », explique-t-il.

    S’il n’attend pas grand-chose des élections législatives israéliennes du 27 octobre, il est convaincu que « le départ du gouvernement d’extrême droite de B. Netanyahou faciliterait les procédures ». Car depuis le 7 octobre 2023, Israël ne reconnaît plus le droit international. Pourtant condamnée par la Cour internationale de justice et rappelé à l’ordre par l’ONU, « elle ne rend plus de comptes », grâce à la protection américaine de l’allié Donald Trump.

    Voilà pourquoi, en plus de leur courage, les militants du PSCC comptent sur un sursaut de la communauté internationale, dont la France. « L’Europe est incapable de prendre des décisions, elle doit réagir ». De son côté, Mohammed ne lâchera pas. « Il y aura des martyrs mais notre maintien sur le territoire est notre outil de résistance. » Et Robert Kissous (AFPS 34) de conclure : « En 3 ans, plus d’un millier de Palestiniens ont été tués en Cisjordanie. Il faut empêcher ce nettoyage ethnique, retrouver la possibilité d’un État palestinien et le droit du peuple à s’autodéterminer. »

  • [Tribune] La loi « permis de tuer »… vraiment ? Vraiment –

    [Tribune] La loi « permis de tuer »… vraiment ? Vraiment –

    Imaginez … Non, tout simplement : suivez le débat parlementaire en cours. Ce policier de Carcassonne, emplit de haine et de mépris des femmes, des étrangers, des pauvres, de tous ceux qu’il peut dominer, dont la caméra vidéo a révélé l’existence.

    Ce policier de Carcassonne qui, comme de très nombreux autres en France, est armé.

    Le débat existant aujourd’hui à l’Assemblée nationale sur la présomption de légitime défense ne lui donne pas le pouvoir et le droit de tirer.

    Ce droit existe depuis la loi dite « Cazeneuve » du 28 février 2017, encadré par le principe de proportion et de nécessité, qui, a conduit à « légitimer » les tirs en cas de refus d’obtempérer, au même titre que des meurtres en cours dans l’article L. 435-1 du Code de la sécurité intérieure. Le constat est sans appel : le nombre de tué a été multiplié par 5, 5 ans après la loi. (Sebastian Roché, Paul Le Derff, Simon Varaine. Homicides policiers et refus d’obtempérer. La loi a-t-elle rendu les policiers irresponsables ? Revue Esprit, 2022).

    Mais le pouvoir de le faire est contrôlé par la loi actuelle : le policier auteur de tir doit répondre de ses actes, puisque « la société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration », tel que le prévoit l’article 15 de la DDHC.

    Et ce contrôle est déjà difficile, notamment en l’absence d’indépendance du parquet, mais aussi de l’IGPN et l’IGGN, au regard des difficultés à obtenir le port du RIO…

    Le débat en cours devant le Sénat, saisi après que l’Assemblée nationale ait adopté le 7 juillet 2026 le principe de présomption de légalité, va donc porter sur la réalité des comptes que devrait rendre un tel policier en cas de tir.

    Si le texte indique que cette présomption peut « à tout moment être renversée par tout élément de preuve contraire » cette formule est illusoire dans un système pénal inquisitoire, dans lequel l’enquête est conduite par le parquet.

    S’il y a présomption de légalité, il n’y a pas d’acte d’enquête à mener. Et donc pas de preuve contraire pouvant être apportée.

    Cette présomption va de surcroît, tout comme en 2017 changer les pratiques et développer l’idée que cette possibilité de tir est banale chez les forces de l’ordre, comme alerte la Défenseure des droits dans son avis du 26 juin 2026, défavorable.

    Cette proposition de loi, déposée par la droite républicaine le 3 décembre 2024 révèle à la fois la méconnaissance des textes par nos élus, qui ne semblent pas connaître la procédure pénale, et le glissement généralisé vers le tout sécuritaire, dès le début du XXIe siècle.

    La course effrénée vers une sécurité fantasmée, entamée par la loi de 2001 dite « loi Vaillant » et qui prétend en faire un droit fondamental et qui entend répondre aux risques de la vie en société. Risque encadré par le droit pénal et les principes fondamentaux du droit à un recours effectifs, à la justice et du procès équitable, des droits de la défense. C’est le droit à la sûreté qui est un droit fondamental, selon la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen : le droit d’être protégé contre l’arbitraire et la violence de son État.

    Droit que cette loi bafoue tout comme le droit à la vie. L’État ne peut jamais donner la mort avec une présomption de légitimité.

    Alors loi dite « permis de tuer », vraiment ? oui vraiment.

  • [Entretien] Thierry Gozzerino, agriculteur bio : « On parle de production mais jamais de condition sociale »

    [Entretien] Thierry Gozzerino, agriculteur bio : « On parle de production mais jamais de condition sociale »

    La Marseillaise : Quel bilan pour cette saison maraîchère ?

    Thierry Gozzerino : La gestion a été complexe techniquement ces derniers mois, vu la chaleur constante sur les plantes. Ça a entraîné une pression virale super importante sur les tomates, les poivrons et surtout les courgettes. L’immunité est mise à rude épreuve.

    Gel, grêle, canicule, comment on s’adapte ?

    T.G. : Par des investissements. Pour la canicule, on brise le rayonnement grâce à des bâches que l’on peint en blanc pour calmer le rayonnement et augmenter l’hydrométrie. Pour le gel, on installe des voiles d’hivernage. et enfin la grêle, ça vient du ciel, c’est des filets. La difficulté est que ça rajoute des opérations, il faut mettre et enlever à chaque fois le dispositif.

    Quel impact sur les cultures ?

    T.G. : On est en fin de saison, je dois déjà mettre des potimarrons dans les paniers car tous les légumes qui étaient à l’extérieur ont pris des coups de soleil. Ils sont dépigmentés, je dois les donner maintenant car ils ne se garderont pas.

    Irriguer est-il le sésame ?

    T.G. : Personnellement j’irrigue avec le canal de Craponne, je pense qu’il vaut mieux utiliser les systèmes d’irrigations qui sont économes en eau et qui vont au pied des cultures. Il faut remettre en question l’irrigation à grande eau comme pour le maïs. On ne peut pas restreindre les uns et autoriser les autres à arroser à grande eau, route comprise. Il faut un modèle vertueux, au goutte-à-goutte.

    Quel impact sur les travailleurs dans les champs ?

    T.G. : Concrètement, quand tu es employeur, ça nous met hors la loi. On est plus du tout dans des conditions humaines. Travailler de nuit à la frontale, me semble impossible et pas légal non plus. Mais travailler de jour par des températures à plus de 40 degrés dans les serres est intenable. Nous avons pas mal d’agriculteurs qui ont eu de graves problèmes de santé comme des accidents vasculaires cérébraux (AVC).

    Il faudrait avoir les moyens d’avoir un système de microbrumisation, c’est ce que nous défendons dans mon syndicat pour travailler dans des conditions humaines. On parle toujours de production, mais absolument pas de condition sociale, humaine et sanitaire des agriculteurs et de leurs salariés.

    Je connais des familles d’agriculteurs de père en fils qui se posent sérieusement la question d’arrêter face au cumul des difficultés financières et sanitaires.

    En plein dérèglement climatique, comment se dessine l’agriculture
    de demain
     ?

    T.G. : L’agriculture de demain dessinée par la FNSEA n’est pas satisfaisante, elle se contente de mesures cosmétiques jusqu’au prochain mandat. Il n’y a aucune vision globale d’une agriculture qui est en train de changer, on donne toujours de l’argent à des gros producteurs, et on ne permet pas aux paysans bios et diversifiés de vivre convenablement. On oublie totalement la prévention primaire au niveau du climat, de la santé et de la condition sociale, et on décourage les petits producteurs qui veulent faire du circuit court diversifié pour nourrir la population à proximité.

    Il y a une amnésie sur la période Covid ou bien qu’en cas de crise énergétique, ce sont ces paysans-là qui peuvent, par la résilience, nourrir une population. Ce pays ne sait pas gérer la souveraineté alimentaire.

    Depuis le début, la confédération paysanne ne change pas son discours : elle prône une agriculture souveraine heureuse et biologiquement résiliente.

  • « 2 euros la salade, ça commence à faire beaucoup »

    « 2 euros la salade, ça commence à faire beaucoup »

    Ce vendredi matin, au marché, tout le monde constate une hausse du prix des fruits et légumes sur les étals.

    « C’est surtout le prix des tomates qui a augmenté », observe une habituée âgée d’une soixantaine d’années. Cette Marseillaise poursuit en affirmant, selon elle, que « cette année, tout est plus cher et de moins bonne qualité, les fruits sont plus petits ». Une situation qui a modifié les habitudes de cette cliente, qui se tourne désormais en partie vers des grandes surfaces.

    Un primeur confie avoir « honte »

    Un autre client, d’une trentaine d’années, pointe quant à lui le prix des salades : « 2 euros la salade, ça commence à faire beaucoup ». Malgré cela, il continue d’acheter ses fruits et légumes sur le marché : « Je viens ici parce que je veux soutenir les producteurs locaux qui sont aussi impactés par l’augmentation des prix. Ça ne me dérange pas de mettre la main à la poche. De toute manière, on n’a pas le choix que d’acheter des légumes ».

    Un vendeur présent sur le marché du Prado, à Marseille, confirme que les clients ont constaté une hausse des prix : « Au départ, les gens ne comprenaient pas, mais en leur expliquant les raisons, ils s’y sont faits. » Le marchand confie avoir « honte de vendre des légumes à ces prix ». Jamais ce vendeur du marché du Prado n’avait affiché des tarifs aussi élevés au kilo, selon lui : « 10 euros les brocolis, 6,90 euros les pêches, j’ai jamais vendu aussi cher ».

    Malgré tout, la fréquentation du marché ne semble pas avoir diminué, la solidarité des clients ayant sans doute pris le dessus face à la hausse prix.

  • À la découverte du patrimoine des Salins à Hyères

    À la découverte du patrimoine des Salins à Hyères

    Ce week-end le public a répondu présent et en nombre à la nouvelle édition de la Fête du sel et profité des expositions, ateliers, spectacles et animations qui leur étaient gratuitement destinés. Histoire entre autres d’entamer un voyage dans le temps et l’espace à la découverte d’une ressource naturelle qui a marqué de son empreinte le territoire : les salins de Hyères.

    L’ancien site de production salinière sur lequel la manifestation était montée est aujourd’hui devenu espace naturel remarquable. Et le Salin des Pesquiers, exceptionnellement ouvert à la visite, continue de jouer tout son rôle dans la préservation de la biodiversité mais aussi de la mémoire, du savoir-faire des sauniers et d’une part de l’histoire de la ville. Plus de vingt stands scientifiques ont animé cette année encore les prairies de la Fabrique pour sensibiliser les visiteurs. Et plus largement à la protection de l’environnement en mettant tout particulièrement l’accent sur la fragilité du milieu marin. Les équipes du Conservatoire du littoral, du Parc national de Port-Cros et de nombreuses associations comme Chercheurs en herbe et Naturoscope ont ainsi pu répondre aux interrogations des participants. De quoi les inciter à s’engager dans ce combat ou du moins à faire que chacun agisse à son échelle de manière un peu plus écoresponsable.

    Savoir-faire et mémoire ouvrière

    Parce que, bien évidemment, derrière le caractère festif de l’événement se joue une ambition bien plus profonde. Que ce soit celle de faire prendre conscience des enjeux écologiques mais aussi de faire connaître une histoire vieille de plus de mille ans. Une épopée qui raconte l’extraction du sel, cet « or blanc », cultivé depuis l’Antiquité par les habitants d’Olbia, la cité grecque installée sur le littoral hyérois qui réunit toutes les conditions nécessaires à la production de sel avec ses lagunes peu profondes, sa riche exposition au soleil et aux vents.

    Au fil des siècles, ce littoral a progressivement été aménagé pour optimiser l’évaporation de l’eau de mer et donc augmenter la production. Avec un âge d’or au Moyen-Âge. Le sel s’élevant au rang de ressource stratégique, indispensable pour conserver les aliments et donc une marchandise précieuse dans les échanges méditerranéens. Cette activité va donc contribuer directement à la prospérité de la ville de Hyières. Les lieux témoignent aussi d’une riche mémoire ouvrière pour peu qu’on prenne la peine de s’intéresser à cette main-d’œuvre souvent immigrée venant de l’autre côté des Alpes pour, au XIXe siècle, apporter leur force de travail et effectuer des tâches d’une grande pénibilité.

    Culture hors les murs

    Le cortège officiel mené par le vice-président de la Métropole, Gilles Vincent et la maire de Hyères Véronique Bernardini (SE) vient de s’arrêter devant le stand où sont entre autres exposés des clichés montrant les ouvriers du sel à l’ouvrage. L’occasion de glisser à l’oreille de l’adjoint de la Cité des Palmier, Éric Agosta que, la manifestation illustre l’un des concepts d’extension du domaine de la culture hors les murs qu’il se plaît à défendre.

    L’histoire de la ville et de ses habitants comme son avenir face aux immenses défis qui nous attendent, qu’ils soient climatiques, environnementaux, politiques ou sociétaux font en effet aussi le sel de la vie. Comme l’ont démontré ces nombreux participants avides de connaissances, de beauté et du plaisir de se retrouver. Que ce soit pour partager une œuvre, comme cette sculpture née de la cristallisation, ou le projet de lendemains plus vertueux.