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  • Nicollin, toujours maître du jeu

    Nicollin, toujours maître du jeu

    La famille Nicollin n’a pas écrit la fin. Pas encore. Fin juin, à l’aube d’une seconde saison en Ligue 2, elle surprend tout le monde. Elle suspend sa promesse de vente au groupement anglais d’investisseurs GSS et préserve son bien. Le club du Montpellier Hérault Sport Club, vitrine d’une famille et d’une entreprise de nettoiement.

    Quinze mois après l’ouverture du capital, premier pas vers la fin d’une histoire, le revirement de la famille Nicollin questionne. Laisse les pourquoi en suspens. Offre insuffisante, perte d’un outil précieux, report de la vente ? Dans un football français aux droits TV squelettiques, proie d’investisseurs étrangers, Laurent et Olivier Nicollin, à la gestion plutôt rationnelle, opèrent un revirement inédit.

    Laurent Nicollin (53 ans) est toujours président de Montpellier, son frère Olivier (56 ans) plus que jamais aux commandes d’une entreprise. Maître des finances et donc du jeu. La fin de règne d’une famille à la tête du club depuis plus cinquante ans, et maillon fort de la ville, attendra. « Il y aura peut-être plusieurs épisodes dans l’été ou l’automne. Le projet n’est pas structuré, l’idée pas peaufinée. Mais l’envie est d’avoir des forces vives de la région. Il y a plein de belles sociétés dans le secteur, il faut trouver le moyen avec eux de faire grandir encore le club » se projetait le 7 juillet Olivier Nicollin. Le patron de l’entreprise, présent pour la première fois sur la scène publique, ouvre une troisième voie.

    Cette rétractation a laissé sur le bord du chemin le directeur sportif, en charge du recrutement, Bruno Carotti. Ami de Laurent Nicollin, cet homme de l’ombre (53 ans) a démissionné après trente ans passés, dont la moitié comme dirigeant, au club. Une rupture tout en silence.

    Un an après sa rétrogradation en Ligue 2, et la fin d’un bail de seize ans au plus haut niveau, Montpellier repart donc sur les routes sinueuses de Ligue 2. Avec un budget de 20ME. Certes en baisse (29ME l’an passé), mais encore bien supérieur à la moyenne.

    Si Montpellier a presque fini de solder ses excès de Ligue 1, marqués par une politique salariale démesurée, il n’a pas fait de folie sur le marché des transferts. Il continue de renouveler son effectif à bas prix. Il se sépare de vieux routiers, et même d’une légende de La Mosson : Téji Savanier, et ne verse qu’une indemnité pour l’attaquant de Laval : Mamadou Camara et pour le défenseur de Pau : Daylam Meddah.

    Il mise par ailleurs sur un joueur libre : Florian Tardieu, (34 ans), cadre débusqué à Saint-Etienne, trois jeunes éléments prêtés par de grands clubs : le défenseur Naoufel El Hannach (Paris SG), déjà là l’an passé, le Lyonnais Daryll Benlahlou et l’attaquant rennais Nordan Mukiele. Et l’émergence d’une nouvelle génération, celle des finalistes de la Coupe Gambardella. Cinq d’entre eux intègrent l’effectif professionnel : Noah Vidal-Cartoux, Laciné Megnan, Tidiane Diallo, Hichem Abderrebi et Mathis Chambon, avec des espoirs de jeu divers.

    L’entraîneur Zoumana Camara, entouré du même staff, entame sa seconde saison à la tête d’une équipe recomposée à son goût. La seconde à la tête d’une équipe professionnelle après trois ans sur le banc des U19 parisiens.

    Après une saison à dissiper les effets d’une relégation, à recréer un groupe et à instaurer une nouvelle ligne de conduite, le technicien (47 ans) s’attaque à la saison d’après. Avec une indulgence moindre, avec le vent de face. Homme de dialogue, proche du président Laurent Nicollin, le Parisien aborde un moment important.

    Le défi consiste à faire mieux que sa première saison. À savoir participer pour le moins au play-off, promis aux cinq premiers d’un championnat très concurrentiel (Saint-Etienne, Nantes, Reims). Pour grimper dans la hiérarchie, et figurer dans le Top 5 selon l’objectif de Laurent Nicollin, Montpellier doit soigner son efficacité offensive. Meilleure défense de Ligue 2, il a besoin d’être d’attaque. D’aller de l’avant, de reconstruire un lendemain.

    Montpellier, nouvelle version

    Président : Laurent Nicollin

    Budget (20ME)

    Stade de la Mosson

    Arrivées

    Florian Tardieu (Saint-Etienne, libre), Daylam Meddah (Pau), Mamadou Camara (Laval), Grégory Ayem (Racing Club France), Daryll Benlahlou (Olympique Lyonnais, prêt), Naoufel El Hannach (Paris-Saint-Germain, prêt), Nordan Mukiele (Stade Rennais, prêt).

    Départs

    Téji Savanier (fin de contrat), Christopher Jullien (fc), Naoufel El Hannach (Paris-Saint-Germain, retour de prêt), Ayanda Sishuba (Rennes, rp), Nathanaël Mbuku (FC Augsburg, rp), Enzo Molebe (Olympique Lyonnais, rp), Alexandre Mendy (Al-Faisaly, SAU), Lucas Mincarelli (Estrela Da Amadora, POR).

    L’effectif :

    Gardiens : 1. Mathieu Michel, 31. Simon Ngapandouetnbu, 50. Victor Dzodic, 60. Kevin Kamden ;

    Défenseurs : 3. Naoufel El Hannach, 6. Yael Mouanga, 15. Julien Laporte, 17. Théo Sainte-Luce, 25. Wilfried Ndollo, 27. Daylam Meddah, 29. Enzo Tchato, Tidiane Diallo, Mathis Chambon ;

    Milieux : 5. Florian Tardieu, 8. Nabil Homssa, 10. Khalil Fayad, 26. Yvan Djemba-Mbappé, 44. Théo Chennahi, 77. Junior Everson , 90. Grégory Ayem, Noah Vidal-Cartoux, Hichem Abderrebi.

    Attaquants : 7. Yanis Issoufou, 9. Laciné Megnan, 11. Mamadou Camara, 18. Nicolas Pays, 19. Nordan Mukiele, 20. Junior Ndiaye, 22. Axel Gueguin, 23. Daryll Benlalhou,.

    Sept premiers matchs :

    8 août : Montpellier – Dijon, 14/8 : Nancy – MHSC, 21/8 : Dunkerque – MHSC, 28/8 : MHSC – Boulogne, 5 septembre : Saint-Etienne – MHSC, 11/9 : MHSC – Pau, 18/9 : Reims – MHSC.

  • Du piano à gogo dans l’écrin du parc de l’orangerie

    Du piano à gogo dans l’écrin du parc de l’orangerie

    Pour glisser en douceur vers septembre « Un piano sous les arbres » revient, comme chaque année, adoucir la fin de l’été en musique dans le cadre fabuleux du parc de l’Orangerie, transformé pour l’occasion en scène à ciel ouvert.

    Ce festival municipal porté par la commune de Lunel-Viel fête cette année ses 18 ans, la majorité, tout en restant fidèle à son esprit de départ : « proposer une programmation à la fois exigeante et populaire », résume le directeur de la manifestation, Fabrice Fenoy. Quatre jours de spectacles et de concerts en plein air, gratuits pour beaucoup, où le piano, dénominateur commun, visite tous les styles : classique, jazz, rock, musique tzigane, électro… « On peut faire un tour du monde avec tout ce qu’il est possible de jouer au piano ! » assure Fabrice Fenoy. « En cassant les barrières entre les styles de musique, on casse aussi les barrières entre les gens », estime-t-il.

    Comme chaque année, des concerts de classique (Max Walsh, Alessio Massi et un concert à 4 mains des deux musiciens) seront proposés dans l’Orangerie. À la rubrique jazz, un coup de cœur du programmateur (2 août, 21h30) : l’étonnant hommage d’Édouard Ferlet au Köln concert de Keith Jarrett, « l’album de piano-jazz le plus vendu dans le monde. Ce qu’il y a de très original, c’est qu’il fait ça avec le concours d’un deuxième piano, piloté par IA, auquel il a appris à répondre à ses traits d’improvisation. Je l’ai vu à Marseille l’année dernière et j’ai pris une claque monumentale. Le résultat est esthétiquement bluffant ! », assure Fabrice Fenoy.

    Tankus, Magyd Cherfi, Charlie Winston…

    Autre temps fort de cette édition, qui promet une ambiance explosive : le groupe anglais Tankus (21 août, 21h30). « Des artistes qui jouent du piano, et du très bon, il y en a plein. Par contre trouver du piano énergique, c’est plus dur. Très souvent le piano va être classique, jazz, ou accompagner de la chanson, mais c’est rarement très pêchu. Là au contraire on est dans le registre bêtes de scène. C’est rock, avec une base New Orleans au départ et beaucoup de soul, parce qu’il y a des cuivres. C’est très festif : en live c’est vraiment fabuleux », promet le directeur du festival.

    Autre coup de cœur 2026, plutôt musique du monde cette fois : la chanteuse d’origine iranienne Ariana Vafadari proposera un récital qui mêle chant lyrique et musique persane, joués au oud et au piano (concert gratuit, 23 août, 16h30). « J’ai trouvé qu’il y avait quelque chose d’unique », confie Fabrice Fenoy.

    Deux têtes d’affiche sont également invitées cette année. Magyd Cherfi (23 août, 14h30, gratuit), le chanteur de Zebda également écrivain, proposera une lecture musicale d’extraits de ses textes (Ma part de Gaulois, La vie de ma mère !) et Charlie Winston, l’auteur du hit “Like a hobo”, clôturera quant à lui ces 4 jours de vagabondage musical (23 août, 21h30). « J’avais plutôt l’image du guitariste chanteur de folk, mais en fait c’est un très bon pianiste. Ce qu’il fait est très délicat, très mélodique », décrit le programmateur.

    À ne pas manquer non plus, parmi les nombreuses propositions, la sieste musicale sous les arbres offerte par Bojan Z (22 août, 16h, gratuit), « un des pianistes de jazz les plus pointus du moment. » On citera également les concerts sous les étoiles, à 23h (gratuit) qui permettront de découvrir Stéphanie Elbaz et ses reprises des morceaux des Beatles au piano (21 août) ainsi le crooner anglais Charlie Wood (22 août).

    Comme chaque année, les pianistes amateurs seront encouragés à s’exprimer eux aussi, avec une scène ouverte le 22 août à midi et un piano crochet le 23 août à 18h30 à la buvette. Les enfants quant à eux, pourront profiter de nombreuses activités (grimpe aux arbres, manège “à propulsion parentale”, concert jeune public le 23 août à 15h…) Enfin, des stands de restauration seront proposés en continu, pour nourrir les papilles autant que les oreilles !

    * Toute la programmation sur : www.unpianosouslesarbres.com

  • Le punch intact de Yuris Ventura à Gordes

    Le punch intact de Yuris Ventura à Gordes

    Jeudi 6 Août 2026, le festival de Gordes accueillait : Yuri Buenaventura et sa formation musicale pour une soirée exceptionnelle de rythmes et bonne humeur. Entouré de six musiciens : saxos, pianiste, percussions, batterie, basse et contrebasse, ce fut un moment musical d’une rare beauté. Quant à Yuri il a donné toute la dimension de son talent. Il dansait, et « vivait ses chansons à fond ». C’était sa deuxième prestation au festival de Gordes. Le public n’en a pas raté une miette allant même jusqu’à danser la salsa. Un véritable moment de bonheur.

    Il a débuté son tour de chant par « Amame » et poursuit avec « Mi Rico Son » puis les titres se sont enchaînés. Il y a eu aussi plusieurs solos musicaux, un pianiste qui a été remarquable, avec les belles sonorités de son instrument, puis de la contrebasse, et de batterie ; Rappelons qu’en 2001 il a composé la bande originale du film Ma femme s’appelle Maurice de Jean-Marie Poiré. Yuri s’est senti bien sur la scène de Gordes, il a salué Bénabar président du festival, il a remercié le public de son accueil et de sa bienveillance. Il faut rappeler aussi que Yuri vient de la ville portuaire où il est né, sur la côte pacifique de Colombie. Il est notamment connu pour son interprétation de Ne me quitte pas chantée par Jacques Brel et écrite par le pianiste de celui-ci, Gérard Jouqnnest. D’ailleurs il la chantera à la fin du spectacle. À un moment du spectacle il lancera aux spectateurs : « Nous avons des combats à mener. » Une soirée qui restera dans le souvenir des participants n’en doutons pas. Il terminera en rappel par la chanson « salsa » la bien nommée, qui emballa le public déjà tout acquis.

  • [Memoire ouvrière] Lucien Molino. Le mouvement de grève s’élargit

    [Memoire ouvrière] Lucien Molino. Le mouvement de grève s’élargit

    Le moment était venu de passer à une action d’envergure et demandait que tous les travailleurs soient consultés sur cette action. Cette question souleva une déclaration solennelle de Léon Jouhaux : « Ce n’est pas sur le débat lui-même que je veux parler, déclara-t-il, je veux simplement souligner une déclaration consécutive à la décision que vous avez prise hier. » Il ajouta, soucieux de ne pas diviser le CCN : « Je refuse de souscrire à une décision qui en faisant dépendre l’activité syndicale d’autres assemblées que les assemblées régulières risque de briser l’unité ouvrière. »

    Benoît Frachon lui répondit que : « Dans la résolution et le manifeste votés, il a été indiqué que les ouvriers seraient appelés à connaître les propositions que nous faisons pour eux, qu’ils seraient appelés à donner leur avis sur ces propositions et que le prochain comité confédéral du 19 décembre, organisme régulier des organisations syndicales, prendraient des décisions ; par conséquent, je préférerais que Jouhaux me dise au lieu de parler de décision anti-statutaire : nous ne voulons pas que l’on occulte les ouvriers, cela serait plus clair et plus net. »

    Défendre l’unité

    Tout au long de ces débats, on sentait les efforts des scissionnistes pour préparer la scission en se servant du plan Marshall dans un objectif anticommuniste et anti-soviétique. À Marseille, Le Provençal n’était pas en reste. Dans son numéro du 14 novembre, un placard non signé proclamait « Travailleurs, prenez garde ! Attention aux grèves politiques ; avant toute décision, exigez : 1° le vote à bulletin secret / 2° le dépouillement et l’affichage du résultat. » Les socialistes marseillais affirmaient ainsi leur opposition au développement des grèves et aux revendications ouvrières. Pourtant, le 14 novembre, la grève s’élargissait après consultation des travailleurs.

    Ainsi, l’assemblée générale des marins qui avait décidé la reprise du travail reconsidérait sa décision et se joignait à la grève.

    Il est vrai que le syndicat des officiers observait à l’égard des marins en grève une neutralité bienveillante afin de ne pas porter préjudice à leurs actions. Cette prise de position leur valut une violente « Lettre ouverte » de Jean Fraissinet dans Le Méridional qui déclara : « En décidant d’adopter à l’égard d’un tel mouvement une “attitude bienveillante” les dirigeants des syndicats d’officiers, qu’il nous soit permis de l’observer, ne peut faire preuve que d’hypocrisie, de lâcheté et de candeur. » La continuation de la grève des marins paralysa totalement le trafic du port. Le conseil syndical des dockers élargi au comité de grève décida à bulletin secret, 64 voix contre une : qu’aucun débarquement de marchandises n’aurait lieu. La fédération algérienne des commerçants, alarmée par la prise de position des dockers, demanda par télégramme au préfet d’intervenir.

    à suivre la semaine prochaine…

  • Le Grand JT des Territoires du 8 août 2026

    Le Grand JT des Territoires du 8 août 2026

    Cette semaine dans le Grand J.T. des TerritoiresTour de France : ils parcourent les Champs-Élysées, un rêve inoubliable pour ces enfants que TotalEnergies a rendu possible

    Idée de sortie : un voyage insolite au cœur d’une Suisse miniature. Du souvenir d’enfance au sport de précision en club, le grand retour du lance-pierre !

  • L’organisation du Delta festival placée en liquidation judiciaire

    L’organisation du Delta festival placée en liquidation judiciaire

    Douze ans après sa création sur les plages du Prado, l’organisation du Delta Festival a annoncé dans un communiqué que le tribunal avait prononcé ce vendredi la liquidation judiciaire de la SAS Delta Agency, société organisatrice de ce qui est devenu l’un des plus importants festivals de musiques actuelles du sud de la France.

    Fondé en 2014 par les Marseillais Matthieu Predal et Olivier Ledot, alors étudiants, le Delta Festival s’est progressivement imposé dans le paysage culturel national. Électro, rap, pop et musiques actuelles s’y sont succédé au fil des éditions avec des artistes comme DJ Snake, David Guetta, Martin Garrix, Damso, Soprano ou Angèle et jusqu’à 150 000 festivaliers. Même si la billetterie au rabais des dernières semaines (un pass acheté pour un pass offert) ne laissait rien présager de bon, cette liquidation intervient après une année 2026 mouvementée.

    À quelques jours de l’édition 2026, une série de témoignages de femmes accusant Olivier Ledot, cofondateur et président du festival, de violences sexuelles présumées ont entraîné le retrait de plusieurs collectifs partenaires et la déprogrammation d’artistes. Après la mise en retrait d’Olivier Ledot et l’ouverture d’une enquête indépendante, le festival s’était maintenu du 23 au 26 juillet.

    Situation économique impossible à surmonter

    Dans un message intitulé « On voulait vous écrire une dernière fois », l’équipe rappelle les difficultés accumulées ces dernières années : « Les annulations liées au Covid en 2020, la tempête de 2023, les inondations exceptionnelles de 2024, le mistral de 2025, puis des grêlons de la taille de balles de tennis le samedi 25 juillet 2026. Nous avons tout affronté, tout encaissé, sans jamais rien lâcher », écrit-elle. Mais selon l’organisation, « l’ampleur nationale » de l’affaire Ledot, les annulations d’artistes et de la journée du samedi « journée de plus forte affluence » ont mené à « une situation économique devenue impossible à surmonter ».

    La liquidation a des conséquences sociales importantes. « 23 personnes vont être licenciées pour motif économique », précise le communiqué. L’organisation rappelle aussi que chaque édition faisait travailler des centaines de techniciens, intermittents, agents de sécurité, restaurateurs, fournisseurs et associations…

    Les créanciers, y compris les festivaliers concernés par l’annulation du 25 juillet, disposent désormais de deux mois pour déclarer leur créance. Pour autant, la page n’est peut-être pas totalement tournée. Une reprise reste juridiquement possible et pourrait faire revivre une marque devenue emblématique de l’été marseillais.

  • À Saint-Louis, le futur data center dépasse les seuils

    À Saint-Louis, le futur data center dépasse les seuils

    La ruée des centres de données vers Marseille ne s’arrête pas. Tandis que s’achève la construction du MRS5 de Digital Realty sur les emprises du grand port maritime le long de l’A55, un data center de taille équivalente doit voir le jour sur l’ancienne friche industrielle de Saint-Louis Sucre, dans le 15e arrondissement de Marseille. Porté par le groupe états-unien Edged Energy cofondé en 2019 par le groupe Koch, ce projet à 300 millions d’euros vient se greffer à la création d’une cité du cinéma par l’entreprise martégale des Studios de la Méditerranée (notre édition du 08/10/2024), ainsi que d’un centre logistique, sur 4,6 hectares de la friche.

    Le mardi 21 juillet, la préfecture a fixé au 24 août prochain le début d’une consultation publique de trois mois afin de pouvoir délivrer l’autorisation environnementale pour le centre de données. Une demande de permis de construire conjointe avec le projet de cité de cinéma a d’ores et déjà été déposée auprès de la municipalité, le 8 août 2025, portée par les Studios de la Méditerranée au travers de la Foncière Saint-Louis. « Notre objectif est de créer un studio 2.0 qui ait tout ce dont les productions ont besoin, du tournage à la postproduction et donc au stockage des données », justifiait son directeur général Michaël Ristorcelli auprès de nos confrères de Marsactu au mois d’avril dernier. De quoi, surtout, équilibrer ce chantier à 68 millions d’euros : tandis que l’entreprise a reçu 27 millions de subsides publics du Centre national du cinéma (CNC), le site d’information révélait que la Foncière percevrait 43 millions d’euros de la part d’Edged Energy pour l’exploitation sur cinquante ans de son data center.

    Prévu pour être livré fin 2028 avec un chantier engagé avant la fin de l’année selon la note de présentation non technique consultée par La Marseillaise, le centre de données doit occuper une surface de plancher de 21 900 m² sur trois étages, avec la création de 30 emplois directs. Tandis que l’entreprise promet l’installation de plantes grimpantes et de panneaux photovoltaïques sur sa façade haute de 33 mètres, « les bâtiments historiques de l’usine Saint-Louis seront en partie conservés et réhabilités », esquisse aussi la présentation. Ordonnées en 2021 par la préfecture, les démolitions « illégales » d’éléments patrimoniaux classés remarquables de l’usine historique ont été interdites par la municipalité en 2024. Mais tandis que 12 groupes électrogènes de secours d’une puissance électrique de 98 mégawatts doivent être installés sur le data center, « les risques sanitaires aigus induits par les rejets atmosphériques du site sont non significatifs », promet l’entreprise états-unienne, qui assure aussi travailler avec la municipalité pour récupérer la chaleur fatale des serveurs.

    Plafond sans contrainte

    Surtout, la société indique auprès de La Marseillaise vouloir installer là une puissance informatique totale de 20 mégawatts. Une puissance largement supérieure au plafond posé dans le schéma d’orientations de la Métropole « pour un accueil vertueux des data centers » voté le 1er juillet 2025. « En tissu urbain dense, seuls les projets en dessous de 12MW seront étudiés », posait l’institution (notre édition du 26/06/25), dans un document certes non contraignant face aux carences de la législation. « Nous sommes en dialogue constant avec les différents services instructeurs, dont ceux de la Métropole, dans le cadre de l’instruction du projet », répond Edged Energy en renvoyant vers la future consultation publique. Quant à la municipalité qui doit délivrer les autorisations d’urbanisme, elle évacue rapidement : « Le permis de construire est en cours d’instruction et il n’est donc pas possible de communiquer sur le sujet ».

    « Nous sommes en dialogue constant avec les différents services instructeurs. »

  • Sisteron fière d’accueillir l’étape du Tour de France Femmes ce samedi

    Sisteron fière d’accueillir l’étape du Tour de France Femmes ce samedi

    Ce samedi, les coureuses du Tour de France partiront de Sisteron à 13h40, avant d’emprunter le pont de la Baume, puis de longer la Durance. Elles parcourront ensuite l’historique route Napoléon, en passant par Malijai, Mallemoisson, Aiglun, Mézel… Le maire de Sisteron, Jean-Pierre Templier, espère des « retombées économiques et en termes d’image » et « faire connaître la ville de Sisteron ». « Faire parler de soi dans le monde entier, c’est l’avantage de cette épreuve », avance Philippe Dubernard, coordinateur de l’accueil du départ de l’étape pour la ville de Sisteron.

    De nombreuses perturbations et fermetures de routes sont prévues sur le parcours de la course, entre 11h et 15h. Pour certains endroits dans le centre-ville de Sisteron, la circulation sera interdite dès 4h du matin pour permettre la pose des barrières sur près de 2 km. Le pont de la Baume fermera lui à 11h pour laisser passer la caravane du Tour, vers 11h45. Les parkings du centre-ville étaient déjà vidés vendredi, pour laisser place à l’aménagement notamment de la fan zone. La place de la République accueillera le village VIP, réservé aux personnes accréditées, avec le podium signatures. Les coureuses monteront sur le podium, avant de se ranger sur la ligne de départ. « Il a fallu adapter le dispositif mis en place, d’autant plus que cette année, pour la première fois, le Tour propose des fan zones avec des stands », explique Philippe Dubernard. La Ville, la communauté de communes et le département ont dû débourser 60 000 euros pour accueillir cette étape.

  • Une géante s’offre le Géant de Provence

    Une géante s’offre le Géant de Provence

    Elles l’ont fait. Les coureuses du Tour Féminin se sont lancées à l’assaut du Mont Ventoux.

    Pour les recevoir, le comité d’accueil de centaines de fans s’était levé aux aurores, pour rejoindre le sommet. Certains y allant même à pied.

    À l’approche du sommet, alors que les derniers préparatifs de la ligne d’arrivée sont en cours, c’est un arc-en-ciel de maillots, de toutes les origines, qui tente de se frayer un chemin. Il y a même un porteur du maillot jaune, au nom de Bernard Hinault, qui parvient à atteindre la fameuse ligne.

    Un peu plus loin, Fred, retrouve Zdenek. Le Grenoblois est un fan absolu de Pauline Ferrand-Prévot. Le Suisse, originaire de Fribourg, l’est également en temps normal. « Mais avec une compatriote en jaune, je suis obligé de changer », confesse-t-il. Les deux hommes se sont connus sur le Tour 2025, à Châtel. Ils se sont retrouvés, par hasard, au sommet du Mont Ventoux. Ensemble, ils vont se mêler à ceux qui ont pu rejoindre les derniers hectomètres.

    À vélos ou à pied, ils sont partis de bonne heure. Bien plus tôt que le peloton, qui a quitté La Voulte peu après midi pour traverser la Drôme et le Vaucluse, avant d’attaquer les lacets à l’assaut du Mont Chauve et son sommet minéral.

    Parmi les spectateurs anonymes, Jeannie Longo a fait le voyage depuis Sanary où la Haute-Savoyarde est désormais résidente. Pour celle qui a gagné trois fois le Tour féminin, dans sa version initiale, « c’est un bonheur d’être ici. Cela l’est encore plus de voir que le peloton féminin y revient enfin. » Pour elle, « le Ventoux est idéal sur une course comme le Tour. Il permet aux vraies grimpeuses de se montrer. Sur le Tour de cette année, ces 20 kilomètres ont été le seul tronçon où elles ont pu s’exprimer ».

    Pour la championne, « voir le peloton féminin revenir ici, c’est un très beau symbole, comme j’apprécie qu’il y ait de plus en plus de femmes à courir. Et que ce serait bien de leur proposer des structures adaptées, en ne misant pas que sur le très haut niveau ». Elle rappelle au passage que le Tour, dans sa première version, y était déjà venu. Quant à la course du jour, elle estimait avant le départ que « cette étape ne sera pas décisive, mais elle devrait peut-être redistribuer les cartes du côté des favorites ».

    Reusser craque à son tour

    Côté course, le peloton a cheminé jusqu’à l’approche du juge de paix. C’est là que le maillot jaune Marlen Reusser a porté son attaque, suivie par ses deux plus dangereuses rivales, Demi Vollering et Kasia Niewiadowa. Les trois championnes creusaient l’écart, tandis que la française Pauline Ferrand-Prévot était rapidement lâchée par le peloton.

    Devant, les trois leaders se détachaient. À neuf kilomètres de l’arrivée, Kasia Niewiadoma, troisième au général, plaçait une accélération à laquelle ses compagnes tardaient à réagir. La Polonaise, victorieuse du Tour en 2024, finissait en véritable géante, augmentant son avance à chaque jalon kilométrique. À quatre kilomètres, elle était virtuellement maillot jaune. Tunique qu’elle endossera au final, après s’être adjugé l’étape, une première pour elle. Avec les bonifications, Kasia Niewiadoma compte quinze secondes d’avance sur Demi Vollering, qui reste dauphine. Marlen Reusser ayant craqué dans les derniers hectomètres.

    Jeannie Longo l’avait prédit, les favorites ont répondu à ses attentes. Il lui reste maintenant deux étapes pour défendre un maillot jaune, qu’elle a déjà conquis en 2024. Mais cette fois, la Polonaise est allée chercher une victoire, sa première dans le Tour. Et quelle victoire. Puisqu’elle l’a fait entrer dans la légende.

    « Cette étape
    ne devrait pas être décisive mais pourrait redistribuer
    les cartes
    des favorites »

  • [Entretien] Frédéric Mazer, éleveur et co-président national du Modef : « Déclarer l’alimentation d’utilité publique »

    [Entretien] Frédéric Mazer, éleveur et co-président national du Modef : « Déclarer l’alimentation d’utilité publique »

    La Marseillaise : Vous dites que l’agriculture est en train de mourir. Qu’est ce qui vous rend si alarmiste ?

    Frédéric Mazer : Ce n’est pas toute l’agriculture qui est en train de mourir, c’est l’agriculture familiale que nous défendons au Modef. C’est programmé mais on a l’impression que quelque chose se passe. Il y a une attaque franche qui est portée, surtout contre l’élevage familial. On veut alerter les citoyens là-dessus. Les politiques passent à côté de l’épisode de sécheresse parce que les bonnes mesures sous-entendent une rupture avec les choix économiques actuels. Il faut déclarer l’agriculture et l’alimentation d’utilité publique et arrêter avec le libre-échange. Si on rend les choses obligatoires, il ne sera plus question d’économie de marché. Une majorité d’agriculteurs sont pour cela mais se heurtent à une espèce d’épouvantail de l’agriculture administrée. Or, on vit déjà dans une agriculture administrée, notamment l’élevage français. Le premier budget de l’Europe c’est la PAC [Politique agricole commune, Ndlr.]. Le problème c’est que la PAC c’est la course à l’hectare, à l’agrandissement pour obtenir davantage d’aides. Ce n’est pas une politique d’aménagement du territoire. La trajectoire actuelle c’est 50 000 paysans en moins. Pourtant, il serait possible dès 2030 de revenir à un million de paysans en France comme au début des années 90 (contre 430 000 aujourd’hui).

    Quels sont les secteurs agricoles les plus touchés par la sécheresse et la canicule ?

    F.M. : Aucun secteur agricole n’est épargné ! Quand vous bousculez ainsi la nature… Tous les secteurs sont touchés. Pour la vigne, s’il ne pleut pas d’ici les vendanges, ça va être une catastrophe. Il n’y aura pas de rendement et la qualité ne sera pas au rendez-vous parce que les raisins sont secs. Le muscat a commencé à être vendangé le 24 juillet, c’est historique. Certains ne vendangent pas mûr, de peur de tout perdre. Dans l’élevage tout le monde a entamé les réserves de l’hiver car il n’y a plus rien dehors. Côté maraîchage, il faut savoir qu’au-delà de 36 degrés une plante ne fait plus de photosynthèse, elle se met au repos. Plus grand-chose ne se passe, on va devoir importer à tour de bras. Pour le lait, on arrive à s’en sortir grâce aux bâtiments. Mais les services d’équarrissage sont submergés avec le taux de mortalité des poulets et des porcs. Les paysans ont même été autorisés à enterrer chez eux les cadavres des bêtes. Enfin, les apiculteurs s’en sont à peu près bien sortis sur les premières récoltes. Mais après mi-juillet, les abeilles ne pouvaient plus sortir, il faisait trop chaud. Elles ont attaqué les réserves de miel.

    Comment les agriculteurs peuvent-ils s’adapter en attendant que le gouvernement ne réagisse ?

    F.M. : Il n’y a pas grand-chose à faire à part mettre les bêtes à l’ombre, les nourrir dans les bâtiments. L’irrigation, ça sert jusqu’à un certain point mais arrive un moment où les plantes crèvent quand même. La seule chose à faire c’est prendre des mesures pour diminuer nos gaz à effets de serre et limiter le réchauffement climatique. On n’est qu’au début, il faut inciter les responsables politiques à prendre des résolutions.

    En quoi consisterait la loi canicule que vous souhaitez ? Qu’est-ce qu’un « véritable régime public et de prévention face aux aléas climatiques » que propose le député PCF Julien Brugerolles ?

    F.M. : Déjà partons d’où on est. Le système assurantiel actuel est mixé public/privé. Si un agriculteur accuse moins de 30% de pertes, le privé prend en charge mais si vous n’avez pas d’assurance, vous ne touchez rien. Entre 30 et 50% de pertes, il y a un partage entre privé et un fonds européen. Au-delà, c’est la solidarité nationale qui prend en charge les pertes supérieures à 50%. L’assurance multirisques privée est prise en charge par la PAC à hauteur de 70%. Au Modef, on dit que ce n’est pas possible ainsi. Certains agriculteurs sont tellement en difficulté qu’ils ont arrêté de prendre une assurance privée. Pour eux, c’est donc la double peine : perte de récolte et pas de compensation. On propose une prise en charge des calamités agricoles via le fonds européen et un fonds national français de 2 milliards d’euros, abondé par une taxe sur les émetteurs de gaz à effets de serre. Il faut que les pollueurs payent. Sinon Total Energies et les autres ne comprendront jamais. À court terme, il faut aider les éleveurs à acheter du fourrage, sans quoi ils vont vendre des bêtes. Avec les vautours qui rôdent, cela crée déjà une chute des cours de la viande. La proposition de loi de Julien Brugerolles, avec qui on a discuté en juin, reprend plusieurs de nos propositions.

    La récente loi votée à la demande des principaux syndicats ne va pas dans le sens d’une agriculture familiale ni du revenu des agriculteurs…

    F.M. : Cette loi est une catastrophe. Elle ne correspond qu’aux demandes des centrales de la FNSEA : les grands céréaliers, laitiers, producteurs industriels de porcs, volailles. Ce sont eux qui ont réclamé qu’on augmente les plafonds des ICPE (installations classées pour la protection de l’environnement) pour que les grandes exploitations puissent s’agrandir encore. La presse a beaucoup repris la réintroduction d’insecticides comme l’acétamipride, qui fait courir un risque aux abeilles notamment. Mais il y a dans cette loi des choses beaucoup plus graves sur l’agro-industrie.

    Le stockage de l’eau ? En soi, on est pour. En Cévennes, les anciens ont toujours fait des retenues d’eau l’hiver. Mais l’eau qui court, pas celle qui va dans la terre ! Les dossiers retoqués sont ceux de bassines qui concernent des pompages dans une nappe phréatique. Il n’en est pas question. On peut irriguer jusqu’à 35-40 degrés. Mais avec le réchauffement climatique, quoi qu’il en soit, ça ne suffira pas. Il faut s’adapter et arrêter de faire croire qu’on peut faire comme avant.

    Les syndicats dominants ne sont-ils pas un frein au changement de modèle que vous espérez ?

    F.M. : Bien sûr qu’ils sont un obstacle. À la différence de la Coordination rurale qui, comme l’extrême droite, n’a pas d’idée pour l’agriculture, la FNSEA veut qu’on fonce dans ce qu’on sait faire industriellement. Et tant pis si le reste doit disparaître. C’est une ligne hyperlibérale avec les sous de l’Europe. Mais c’est plus compliqué. Les agriculteurs ont toujours été conservateurs. Une immense majorité a toujours été de droite. On assiste à une polarisation entre ceux qui ont compris ce qu’il se passe et ceux qui le constatent mais ne veulent rien changer. On oppose souvent le rural au citadin, l’écolo à l’agriculteur car la survie politique du système en dépend. Il faut être plus pédagogue, plus pragmatique. Sur le terrain c’est le cas. Nos débats à la Chambre d’agriculture du Gard sont concrets par rapport aux discours nationaux. On trouve ensemble des solutions pour rentrer le raisin, protéger les bêtes. Pourquoi ça coince ? Il y a aussi une dimension de confort. La mécanisation a diminué la pénibilité. La remise en question de notre modèle en raison du réchauffement climatique est vécue comme un déclassement social.