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  • Cacophonie et invectives autour de la situation financière d’Avignon

    Cacophonie et invectives autour de la situation financière d’Avignon

    Détendez-vous, ça va bien se passer ». Gérald Darmanin n’était pas présent, ce lundi soir, en conseil municipal d’Avignon. C’est bien le maire Olivier Galzi (DVD) qui glisse ce propos à son opposition au sortir de plus d’une heure d’échanges musclés et décousus sur la situation financière de la Ville. Et on ne peut pas vraiment dire que cela se soit fait en détente et que tout se soit bien passé.

    La séance s’est pourtant ouverte par un moment œcuménique et solennel pour rendre hommage à Michel Adam, adjoint à la propreté, subitement décédé la semaine dernière au sortir du conseil communautaire et dont les obsèques auront lieu ce jeudi. Symboliquement, son siège est resté vide, sous les yeux de sa famille. C’est Cécile Bénistant qui lui succède au sein de l’assemblée municipale.

    La politique a rapidement repris le pas. Dans le droit fil du dernier conseil municipal d’il y a trois mois, la situation financière de la Ville a animé les débats. Pour rappel, fin juin, le maire avait présenté un audit apocalyptique sur les finances municipales avant que la majorité ne refuse d’approuver le compte administratif. Conséquence, le budget supplémentaire n’avait pu être voté.

    Ce point était de nouveau soumis aux votes des élus. Déjà que les finances publiques sont un sujet aride, le quidam n’aura pas trouvé de quoi étancher sa soif de pédagogie en écoutant la séquence financière. Beaucoup d’invectives dans un climat ambiant de cacophonie et bataille de chiffres, chaque camp essayant d’en faire une analyse à dessein. Rare point de concordance, le fait que la Ville s’endette de 6 millions d’euros supplémentaires « pour financer les coups partis », regrette Emmanuelle Roux-Panis, adjointe aux finances.

    Les deux groupes de gauche mettent, eux, en avant un avis de la chambre régionale des comptes paru fin juillet, faisant état d’un excédent de 12 millions d’euros sur le compte administratif 2025. Preuve pour David Fournier (PS) que l’audit présenté en juin « n’était qu’une campagne de dénigrement, un coup politique qui fait pschitt au détriment de l’intérêt général ». « Votre argumentaire ne tient plus, comment justifier aux associations ou aux familles [pour la végétalisation des cours d’écoles] que vous sabrez les budgets ? », ajoute Oukacha Rtili (LFI). « Où est la situation alarmiste qui justifie vos choix, assumez-les ! », embraye Rémy Blanc (PCF). Côté RN, Anne-Sophie Rigault tente de faire entendre son amendement afin que soit votée la baisse des indemnités des adjoints. Fin juin, Olivier Galzi avait annoncé revenir sur cette hausse votée dès le premier jour de son mandat mais qui ne s’est toujours pas concrétisée.

    « Vous êtes un Robin

    des Bois à l’envers »

    Un point soulevé aussi par David Fournier qui dénonce « des mensonges ». « Vous êtes un Robin des Bois à l’envers, vous prenez aux pauvres pour donner aux riches », attaque l’ex-tête de liste aux municipales. « Vous ne dites que des choses fausses, après 12 ans d’errements vous ne pouviez pas être réconciliés avec les chiffres en 5 mois », réplique Olivier Galzi, qui ne peut s’empêcher de ne jamais laisser son opposition aller au bout de ses interventions sans la couper par des remarques. Sur les 12 millions d’euros, « ce n’est pas une cagnotte, mais une somme immédiatement réaffectée dans le fonctionnement ». Et d’asséner que cette « nouvelle dette a le nom de Cécile Helle [ex-maire PS], on essaye d’équilibrer les comptes pour ne pas partir en tutelle et là, les Avignonnais auraient grandement souffert ». Le prochain conseil municipal devrait être consacré aux orientations budgétaires et éclairer sur les premiers vrais choix de la majorité. « Le budget 2027 sera douloureux », promet Olivier Galzi.

  • Avignon : la lecture de Maurras finalement déprogrammée de la Semaine provençale

    Avignon : la lecture de Maurras finalement déprogrammée de la Semaine provençale

    La polémique était trop forte. Selon nos informations, l’association organisatrice de la Semaine provençale a décidé, mardi, de déprogrammer la lecture d’un texte de Charles Maurras, initialement prévue ce vendredi à la bibliothèque Ceccano. Une décision directement prise à la demande du maire Olivier Galzi (DVD) qui s’est dit « favorable au retrait » de l’auteur, « compte tenu de son profil ».

    Depuis plus d’une semaine, plusieurs associations (LDH, Libre pensée) ou partis politiques de gauche étaient montés au créneau pour s’opposer à cette séquence, en rappelant le parcours antisémite, nationaliste et xénophobe de Maurras, qui a fondé l’Action française. Une pétition soutenue par des universitaires avait aussi été lancée.

    Il y a une semaine, la Ville avait plaidé pour « une contextualisation claire et indispensable de cette lecture ». Avant donc finalement de demander le retrait de cette initiative, alors que la manifestation se poursuit jusqu’à ce dimanche. La conférence en question reste, elle bien maintenue.

  • L’aéroport de Montpellier va-t-il décoller aux dépens de Béziers et Nîmes ?

    L’aéroport de Montpellier va-t-il décoller aux dépens de Béziers et Nîmes ?

    C’est une petite phrase répétée trois fois qui n’est pas passée inaperçue chez ceux qui connaissent les enjeux aéroportuaires en Occitanie.

    Lundi 14 septembre, lors de la conférence de presse de signature du protocole d’accord visant à amener le tramway à l’aéroport de Montpellier, Michaël Delafosse (PS) a déclaré : « Je suis pour la rationalisation de la carte aéroportuaire. »

    Qu’est-ce que cela signifie ? Eh bien que le président de la Métropole de Montpellier, pour des raisons « d’attractivité touristique » et de « développement économique », est désormais ouvertement favorable au projet d’expansion de l’aéroport Montpellier Méditerranée. Et ce, même s’il devait en coûter aux voisins nîmois et biterrois.

    Pour la première fois, M. Delafosse brise un tabou dans l’aérien et reprend l’idée que Georges Frêche avait fait germer dès 2008. À savoir qu’il y aurait dans la région trop d’aéroports (10 précisément), dont la plupart sont des petites structures sous perfusion d’argent public. « Le Languedoc-Roussillon a la plus forte concentration d’aéroports de toute l’Europe [5 entre Nîmes et Perpignan, Ndlr.] », assure M. Delafosse. Qui plaide pour l’envol de la plateforme de Montpellier. « On a besoin de conforter cet aéroport d’État. » Lequel plafonne à 1,8 million de passagers annuels (contre 7,6 millions à Toulouse) et en vise 2,5 d’ici 2030 voire 3 millions à terme.

    S’il ne discute pas avec le président de l’Agglo de Béziers, Robert Ménard (EXD), et qu’il assure avoir d’excellentes relations avec le nouveau maire PCF de Nîmes, Vincent Bouget, l’élu PS critique ouvertement la gestion aéroportuaire dans ces deux territoires voisins. « L’argent public ne doit pas servir à alimenter les compagnies low cost. » Un message adressé aux plateformes de Nîmes et Béziers, où Ryanair est la principale compagnie.

    Delafosse veut de l’État plus de parts au capital

    De là à dire qu’il faudrait fermer l’aéroport de Béziers et concentrer celui de Nîmes-Garons sur la spécialité de l’aviation civile, il y a un pas que M. Delafosse ne franchit pas (encore). Son message est toutefois reçu cinq sur cinq par Emmanuel Brehmer, pour qui Nîmes et Béziers sont deux concurrents. « On va finir par devenir l’aéroport de l’Est de l’Occitanie. On pourrait récupérer 100% du trafic de Béziers et 40% de celui de Nîmes. Le 2e avion de Transavia est conditionné à l’arrêt de Ryanair à Béziers et Nîmes. On rentre dans un cercle vertueux qui nous permettrait de faire des économies d’échelle sur les postes de sûreté. »

    La Métropole étant très minoritaire au sein de l’aéroport de Montpellier (à peine 0,5% des parts), M. Delafosse souhaite obtenir de l’État, actionnaire majoritaire (60%), davantage de parts* au sein du capital. Une demande qu’avait déjà formulée son prédécesseur Philippe Saurel… sans succès. « Il appartient à l’État de dire un certain nombre de choses. La rationalisation aéroportuaire, qui est une ambition écologique, doit avoir lieu. Ne pas décider c’est fragiliser », insiste M. Delafosse. C’est ce qui s’appelle un coup de pression.

    * La CCI a 25%, la Région 12,5%, le Département de l’Hérault 1% et l’Agglo du Pays de l’Or 1%.

  • À Nimes, deux nouvelles expos chez Negpos

    À Nimes, deux nouvelles expos chez Negpos

    La galerie présente d’abord « La vie défigurée », un travail d’Erent Lock (gravure) et Jean-Pierre Hercourt (textes) qui traite de portraits d’hommes revenus mutilés de la guerre. « C’est le cri sans voix de ceux que l’on a sacrifiés, les “Gueules cassées”, soldats du peuple envoyés à l’abattoir. L’admirable travail d’Erent Lock est dessiné et gravé, les cisaillements de sa pointe sont autant de scarifications sur des visages ravagés par la violence du conflit », présente Eric Roth, historien de l’art.

    En parallèle, Patrice Loubon, qui est également président et fondateur de l’association NegPos, propose un travail photographique sur la Jeune Fille au Chevreau, œuvre du sculpteur Marcel Courbier, qui était présente aux Jardins de la Fontaine à Nîmes et dont les vestiges ont disparu après 1944. Patrice Loubon « passe par une collecte de pièces à conviction, d’images, de courriers et par une autre tendance vers une rhizomisation à la Perec, où les histoires surgissent les unes après les autres, les unes dans les autres, se connectant entre elles, ne faisant s’éloigner que davantage l’artiste de son point de départ mais nourrissant une épopée du siècle, des années 1920 aux années 1970 », précise Eric Roth.

    Les deux expositions sont à découvrir jusqu’au 9 octobre.

  • Une fête de la science à savourer dans toute la région Paca

    Une fête de la science à savourer dans toute la région Paca

    Un programme aux petits oignons pour la 35e édition de la fête de la science, notamment avec son thème « Saveurs savantes » qui fait la part belle au goût et à l’alimentation du vendredi 2 octobre au lundi 12 octobre.

    La présentation a été faite ce lundi 28 septembre au sein des locaux de l’Inrae Avignon. Pas moins de 917 actions dans 109 communes sont prévues en Paca. « On veut mieux faire comprendre les mécanismes scientifiques et on souhaite que de plus en plus de jeunes s’intéressent aux sciences et aux carrières scientifiques », résume Khaled Bouabdallah, recteur délégué pour l’enseignement supérieur, la recherche et à l’innovation en Paca. « L’alimentation est au cœur d’importants enjeux de santé publique et soulève des questions environnementales majeures, de la résilience des systèmes agricoles à la préservation de la biodiversité », rappellent les organisateurs. Avec en point d’orgue de la dizaine, la nuit de la science avec une soirée spéciale prévue le vendredi 2 octobre dans 4 des 5 départements de Paca. Mais aussi les villages de la science disséminés un peu partout dans les communes de la région.

    Sept personnalités scientifiques ont été nommées ambassadeurs et ambassadrices pour cette édition. Avec des recherches en lien avec la thématique. Comme pour Guillaume Marchessaux, chargé de recherche en écologie marine et biodiversité à l’Institut de Recherche pour le Développement, à l’Institut Méditerranée d’Océanologie à Marseille, et ses travaux sur le crabe bleu. L’espèce, originaire de l’Amérique du Nord, est invasive et menace la biodiversité locale. « Une des pistes pour lutter est de le consommer. Les gros crustacés, ce n’est pas dans la culture du sud de la France, contrairement à la Bretagne. Changer cela, c’est manger local et responsable », assure-t-il. Mais aussi des secteurs qui peuvent sembler plus éloignés.

    Défiance

    Comme pour Guillaume Hébrard, astrophysicien à l’Observatoire de Haute-Provence à Saint-Michel-l’Observatoire dans les Alpes-de-Haute-Provence. « On développe des méthodes pour découvrir la vie sur des exoplanètes. Pourquoi pas découvrir un jour de la vie ailleurs. Imaginons qu’elle ait, comme nous, de la technologie avancée. Puis que nous pourrons communiquer et, si cela se passe bien, de partager un repas », lance-t-il avec un petit sourire en coin.

    Est programmée l’action « Sciences dans les classes » avec pas moins de 400 rencontres entre scientifiques dans les établissements scolaires afin de sensibiliser au monde scientifique. « Les jeunes ont besoin d’une science accessible. Et cet événement est une porte d’entrée », prône de son côté Mikael Akimowicz, enseignant-chercheur en économie à l’Université d’Aix-Marseille et ambassadeur de cette édition. Une problématique d’autant plus importante avec l’émergence de mouvements antisciences ou complotistes. « Ces courants se basent sur de fausses informations et nous devons faire un gros travail pour déconstruire. De rappeler que la réalité est tout autre, c’est extrêmement important », rappelle Khaled Bouabdallah.

    Toutes les informations
    et programme complet sur : www.fetedelascience.fr

  • [JO 2030] Les avis divergent sur les aménagements à Montgenèvre

    [JO 2030] Les avis divergent sur les aménagements à Montgenèvre

    Garantir un héritage durable » : l’expression est revenue plusieurs dizaines de fois lors de la réunion de clôture de la concertation publique sur l’aménagement du site de compétition de Montgenèvre, en vue des Jeux Olympiques 2030. Près de 80 personnes ont participé ce lundi à cette réunion publique organisée par la Solidéo, la société publique en charge de l’aménagement des jeux. L’objectif était de présenter une première synthèse des contributions recueillies dans le cadre de la concertation, qui se tient depuis le 17 août et s’achèvera le 2 octobre.

    Levier économique pour les uns, aberration sociale et environnementale pour les autres : les avis divergent. Mais la majorité d’entre eux sont défavorables à la tenue des Jeux sur le territoire. « Même si d’un point de vue quantitatif, ils ne représentent pas la réalité », a rappelé Diane Pouget, la directrice générale adjointe de la Solidéo. Il est prévu que la station accueille l’ensemble des épreuves de ski freestyle et du snowboard. Sont prévus des aménagements de pistes existantes, le remplacement du télésiège du Prarial ou encore le renforcement du réseau de production de neige. « Chaque euro investi l’est de façon durable et au bénéfice des territoires », a lancé Diane Pouget.

    « C’est une réunion

    de propagande »

    Du côté des personnes et institutions en faveur du projet, comme la CCI ou la Fédération française du bâtiment des Hautes-Alpes, on parle de retombées économiques, de création d’emplois, de modernisation de la station et d’augmentation de l’attractivité de Montgenèvre et de l’ensemble du département.

    Des promesses auxquelles ne semblent pas croire la plupart des participants à la concertation. « C’est une réunion de propagande », a dénoncé Stéphane Faure-Brac du Caojop, un collectif citoyen opposé à la tenue des JO sur le territoire. Des premiers questionnements ont été émis quant au choix de cette station en particulier. « Grâce à son altitude de plus de 1800 mètres et sa très bonne exposition au nord, la conservation de la neige sera très bonne, a justifié Nicolas Laurent-Brouty, directeur de la maîtrise d’ouvrage. La configuration permet d’accueillir plusieurs épreuves sur un périmètre compact, et est propice à l’accueil de spectateurs. »

    Autre inquiétude majeure : l’impact sur la biodiversité. Les opposants dénoncent le défrichage de 5,5 hectares de mélèzes qui sera nécessaire à l’aménagement. « Le tracé a déjà été ajusté pour réduire les impacts sur les zones boisées », a répondu la Solidéo. Le calendrier des travaux sera aussi adapté pour prendre compte « du calendrier écologique ». Des compensations devraient également être mises en place, comme la restauration de zones endommagées. « La meilleure compensation, c’est de s’abstenir », disait un avis, affiché lors de la réunion. Tout le monde ne croit pas non plus à aux retombées économiques. « Il y aura une perte d’attractivité lors des travaux, estime un représentant de l’association Mountain Wilderness 05. Lors des Jeux, il y aura une fuite de la clientèle habituelle. Et tout cela dans quel intérêt ? La station est pleine en hiver, il y a déjà le plein-emploi ! » Quant au coût du projet, qui suscite aussi des critiques, il est estimé à 26,8 millions d’euros. 80% seront pris en charge par l’État et la région Sud et 20% par les collectivités locales. « La majorité de ces aménagements de modernisation auraient de toute façon dû être faits dans les prochaines années », a précisé la Solidéo.

    « Vous vous rendez compte de tous les impacts pour 15 jours de festivités ? On dirait un projet des années 1970, mais on a changé de monde ! Est-ce qu’il y aura de la neige en 2030 ? Je suis terrorisé pour les générations futures », s’est exclamé un opposant. « Je partage votre angoisse, a répondu Elie Patrigeon, directeur Impact Héritage et Durabilité de la Solidéo. Mais je crois au pouvoir des Jeux pour rassembler ».

  • À Tarascon, une Alliance pour la relance de Fibre Excellence

    À Tarascon, une Alliance pour la relance de Fibre Excellence

    Un projet de relance, de diversification et de développement à long terme de l’activité papetière a d’ores et déjà été construit », indiquent les syndicats CGT Filpac et Fibre Excellence. Aux acteurs économiques de manifester leur intérêt.

    Alors que l’État a annoncé reprendre la main sur l’usine de pâte à papier, les syndicats entendent mettre à profit « ce temps relatif » pour « explorer ce que cet outil industriel pourrait devenir demain ». Car le temps presse avant que l’usine ne soit démantelée. Après le départ des anciens salariés du site, le vendredi 25 septembre, les liquidateurs étaient encore à l’œuvre sur le site. Dans un communiqué la LFI a alerté : « le site classé Seveso n’est plus actuellement en sécurité ». Les députés des Bouches-du-Rhône ont interpellé la préfecture pour « agir sans délai », afin de « permettre la reprise d’une activité essentielle à notre souveraineté ».

    Diversifier l’outil

    Convaincus qu’un avenir est possible, et au-delà du maintien de l’activité industrielle existante, les syndicats souhaitent faire « émerger les activités susceptibles de faire évoluer l’outil ». À savoir : « nouvelles productions papetières, valorisation de matières recyclées et de coproduits, production d’énergie, photovoltaïque, méthanisation, pyrogazéification, valorisation du CO2 biogénique… ». Autant de pistes qui demandent à être sérieusement étudiées. Des milliers d’emplois sont en jeu dans tout l’aval de la filière bois et forêts.

    À ce stade, « aucune prise d’engagement n’est demandée. L’objectif est d’identifier les intérêts existants et de faire émerger les possibilités économiques qui pourraient contribuer à l’évolution du site », précise le communiqué. Les entreprises et acteurs économiques concernés sont invités à se manifester « dans les meilleurs délais » à l’adresse : alliance.industries@mailo.com

  • [Sénatoriales] Dans le Vaucluse, Lucien Stanzione, fataliste mais combatif

    [Sénatoriales] Dans le Vaucluse, Lucien Stanzione, fataliste mais combatif

    La marche était cette fois trop haute. Élu sénateur il y a six ans, Lucien Stanzione (PS) n’a pu renouveler son bail au Palais du Luxembourg, cédant son siège au RN, Thierry D’Aigremont. Avec 198 voix (15%), il se classe 3e d’un scrutin où la droite (501 v.) maintient deux sénateurs (Jean-Baptiste Blanc et Dominique Santoni). Lucien Stanzione recule de 86 suffrages par rapport 2020. « Les pertes d’Avignon et Carpentras [aux municipales] c’est moins 130 voix, le handicap était trop fort même si on peut considérer que sans ces communes, j’ai progressé de 50 voix », analyse, ce lundi, Lucien Stanzione.

    « On ne peut pas être satisfait, sur le plan personnel et politique, mais, avec mes colistiers, on ne s’est pas dérobé », estime-t-il dans un contexte électoral guère porteur pour la gauche avec la percée du RN et ses 8 communes. « Je tiens à saluer la responsabilité des partis de gauche qui ont accepté la stratégie d’ancrage territorial, sans attache partisane, et non comme il y a six ans où chaque formation désignait quelqu’un pour être sur la liste », souligne le premier fédéral du PS. La présence d’une liste LFI menée par Julien Gautier (30 v.), très critique sur le bilan du sénateur de gauche, n’a pas été de nature à faire trébucher Lucien Stanzione.

    Celui-ci n’envisage pas pour autant une retraite politique. « Il va falloir reprendre la bataille sur le terrain : trois rendez-vous arrivent, les législatives [a priori en juin], les départementales et les régionales [mars 2028]. Je n’exclus rien pour l’avenir, où mon expérience de sénateur peut servir sur ces scrutins locaux, mais pas aux législatives. On a aussi des jeunes qui émergent qu’il faut pousser pour assurer la relève », se projette Lucien Stanzione.

    Fédération du parti communiste, Vaucluse

    « Ce résultat est la conséquence directe des élections municipales où l’extrême droite a progressé soit par des listes directes soit en faisant élire des personnes avançant masquées sous couvert d’apolitisme. Cela n’entame en rien la volonté des communistes à continuer le combat contre les idées nauséabondes propagées par les parlementaires d’extrême droite. Nous tenons à féliciter les quatre sénateurs communistes sortants réélus au niveau national qui continueront de défendre les intérêts de l’ensemble des travailleurs de ce pays face aux forces réactionnaires ».

    Pierre Bressieux,

    président de la fédération

    des Républicains 84

    « La fédération félicite chaleureusement Jean-Baptiste Blanc pour sa réélection et Dominique Santoni pour son élection.
    Le parti salue le travail accompli par le sénateur sortant et l’engagement de Dominique Santoni au service du Vaucluse et des collectivités ».

    Réactions

  • [Sénatoriales] Dans les Alpes-de-Haute-Provence, la majorité départementale affaiblie par un faible score

    [Sénatoriales] Dans les Alpes-de-Haute-Provence, la majorité départementale affaiblie par un faible score

    Le siège sénatorial des Alpes-de-Haute-Provence reste à gauche. Un succès pour Jean-Yves Roux, le parlementaire sortant apparenté Parti radical de gauche (PRG), qui marque aussi l’échec de sa principale adversaire, Stéphanie Colombero, candidate (DVD) de la majorité départementale. Bien en dessous des performances espérées, elle n’a finalement obtenu que 21,9% des voix, soit 122 voix contre 334 pour son adversaire élu. « Ce succès est aussi l’échec de la candidature de droite portée par la présidente du Conseil départemental [DVD], Éliane Bareille et par Camille Galtier, maire [DVD] de Manosque et président de Durance-Luberon-Verdon Agglomération, qui pensaient avec celle-ci contribuer à conforter la majorité sénatoriale (vraisemblablement fragilisée) de droite et du centre, partenaire du macronisme, au Palais du Luxembourg », note en ce sens Daniel Séjourné, responsable PRG des Alpes-de-Haute-Provence. Les communistes du département, qui assurent « saluer » cette réélection et l’accueillir comme un « soulagement (…) dans un contexte national et régional contrasté », disent aussi observer « un désaveu politique clair d’une partie importante des grands électeurs à l’égard des positions politiques portées ». « Nous y voyons notamment l’expression des difficultés et de la colère des élus locaux face aux politiques d’austérité qui frappent leurs collectivités, et dont cette candidate et certains de ses proches apparaissent comme l’un des relais », poursuit la fédération dans un communiqué. La présidente du Département s’est, elle, dispensée sur cette sous-performance : « Je félicite Jean-Yves Roux pour sa réélection et lui souhaite pleine réussite dans la poursuite de son mandat. Je salue le score de Stéphanie Colombero, qui arrive en deuxième position face à un candidat sortant très présent », a-t-elle sobrement commenté.

  • [Sénatoriales] La gauche promet d’entrer en résistance contre le RN

    [Sénatoriales] La gauche promet d’entrer en résistance contre le RN

    Avec 15 membres revendiqués dès dimanche soir après les élections sénatoriales, le parti lepéniste et ses alliés ciottistes de l’Union des droites pour la République (UDR) siégeront ensemble dans l’hémicycle. Même si elle quintuple son nombre d’élus, l’extrême droite restera très minoritaire à la chambre haute : les Républicains (LR) et leurs alliés centristes conservent une nette mainmise sur l’institution, avec respectivement environ 125 et 60 sénateurs (sur 348), en attendant les affiliations définitives au sein des groupes. Mais l’apparition de ce groupe parlementaire donnera au RN du temps de parole sanctuarisé sur chaque débat, des moyens financiers supplémentaires ou encore un espace réservé à ses textes. Le RN devrait également obtenir des postes clés au sein du bureau, la plus haute instance de la Haute assemblée, où la répartition dépend des rapports de force.

    Le président du Sénat Gérard Larcher a semblé fermer la porte à l’hypothèse de priver les élus d’extrême droite de postes clés, promettant de « permettre à chaque groupe d’exercer pleinement ses droits ». « Nous avons une certaine forme de responsabilité, donc il n’y aura pas de complaisance », a pour sa part prévenu le patron des centristes Hervé Marseille. À gauche, ce fait politique fait réagir : le chef des sénateurs socialistes Patrick Kanner a promis d’entrer « en résistance idéologique et politique ». Probable future présidente du groupe écologiste, Mélanie Vogel a, elle, appelé à l’instauration d’un « cordon sanitaire » vis-à-vis de ce groupe. « C’est le dernier moment pour créer un sursaut démocratique », s’alarme l’élue, appelant à « ne pas collaborer avec eux, ne pas voter pour eux, ne rien signer avec eux ». Dans un communiqué, la présidente du groupe communiste et ultramarin promet : « nous combattrons politiquement leurs choix. Face aux colères, au sentiment d’abandon et aux fractures qui traversent notre pays, notre responsabilité est de faire vivre une autre réponse : celle de l’égalité de la solidarité, des services publics et de la démocratie », pousse Cécile Cukierman.

    « Ma crainte, c’est que ce groupe tire la droite vers des positions d’extrême droite », s’inquiète l’écologiste Yannick Jadot. Patrick Kanner craint de voir LR « jouer la lepénisation des esprits ». Gérard Larcher a promis que le Sénat resterait « un contre-pouvoir indispensable en démocratie ». « Si Gérard Larcher prononce ce mot, c’est bien parce qu’une des hypothèses sera de devenir dans quelques mois un véritable contre-pouvoir » en cas d’élection de Marine Le Pen à l’Élysée, estime Claude Malhuret (Horizons).