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  • La CGT des portuaires suspend son action à Fos-sur-Mer

    La CGT des portuaires suspend son action à Fos-sur-Mer

    Nous tenons à vous alerter que la fédération sera très attentive en attente de réponses claires lors de la réunion du 10 juin. » C’est de cette manière que la Fédération nationale des ports et docks CGT a indiqué la suspension de son action d’arrêt du travail initialement prévue vendredi.

    Dans son courrier adressé à l’Union des ports de France (UPF) et l’Union nationale des industries de la manutention (Unim) mercredi, la fédération CGT indique avoir « pris en compte la confirmation d’une table ronde qui se tiendra le 10 juin » avec les acteurs « divers et variés » en lien avec le sujet.

    Le sujet, c’est celui de « la problématique de Port-la-Nouvelle », dans l’Aude en région Occitanie, soulevée par la fédération. « Nous dénonçons l’évolution de ce nouveau port qui, dès sa création, suscite bien des interrogations », selon la fédération syndicale.

    Une « concurrence déloyale » selon la CGT

    Les interrogations sont notamment liées aux « nombreux trafics portuaires sont menacés ici ou là », d’après l’organisation, citant Sète, Bayonne, La Rochelle, Fos-sur-Mer et Le Havre. La fédération « n’acceptera pas qu’un nouveau port au modèle atypique remette en cause les équilibres actuels », se disant « consciente d’une concurrence dans les ports qui a toujours existé, mais pas une concurrence déloyale » qui selon l’organisation « remet en cause l’esprit et les engagements des réformes portuaires successives ».

    Ce conflit s’opère dans un contexte de mutation de la stratégie portuaire française. Comme pour d’autres modes de transports, la gestion irrite la CGT. « La Région Occitanie a investi plus de 650 millions d’euros d’argent public pour créer un hub hydrogène et la construction d’éoliennes à Port-la-Nouvelle, qui vient prendre des trafics rouliers vracs aux ports voisins », déplorait la fédération CGT fin avril.

    De même, l’organisation s’oppose au projet Deos de fabrication de flotteurs d’éoliennes en mer à Fos-sur-Mer, à destination de Port-la-Nouvelle. La Région Occitanie et la société d’économie mixte du Port « ne peuvent pas venir concurrencer les autres ports français dont Fos, et espérer la complémentarité sur l’éolien », assenaient les syndicalistes portuaires.

  • Face au vacarme, Joann Sfar fait dialoguer BD et musique à Marseille

    Face au vacarme, Joann Sfar fait dialoguer BD et musique à Marseille

    Je veux croire qu’ils ont fait une erreur et n’ont pas ouvert le livre », espère l’artiste qui soutient la paix au Moyen-Orient depuis trente ans. Invité au théâtre de La Criée pour présenter son dernier ouvrage Terre de sang dans lequel il explore les fractures liées au conflit Israël-Palestine, l’auteur de bandes dessinées a essuyé les foudres du collectif Cultures en lutte 13.

    Le 25 mai sur Instagram, le collectif avait appelé au boycott de Joann Sfar sous le slogan : « Sionistes hors de notre ville ! » Il reproche à l’auteur ses prises de position depuis le 7 octobre 2023, notamment dans une tribune collective adressée à Macron dans laquelle les signataires s’opposent à une reconnaissance de l’État palestinien « sans conditions préalables ». Avant le concert, devant le théâtre national, le collectif Nous vivrons est venu soutenir le dessinateur armé de pancartes : « Antisémites, hors de la République ! » Il faisait front aux militants de l’Union des juifs de France pour la paix (UJFP) et de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS) qui ont rejoint l’appel au boycott. Un petit cordon de policiers, sous le fronton du théâtre estampillé de l’inscription « pour une vie ensemble, uni-e-s et solidaires », séparait les antagonistes d’un navrant spectacle. Les uns criant « fascistes ! », les autres rétorquant « non, vous fascistes ! ». Tous desservant au final le principe de la paix.

    Toutes les voix

    Le concert-dessiné a eu lieu pour présenter l’ouvrage dont le titre fait écho à Joseph Kessel et à son Terre d’amour et de feu, publié en 1965. Organisatrice du festival, l’association Des livres comme des idées a défendu sa programmation et rappelé la présence dans ses différentes éditions, de personnalités telles que Karim Kattan, Leïla Shahid, Elias Sanbar ou Hiam Abbass. Quant au maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan, il avait tranché : « Ce sont la violence et les messages de haine qui ne sont pas les bienvenus à Marseille. »

    « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire. » Attribuée de manière erronée à Voltaire, la citation n’en défend pas moins la liberté d’expression qui ne connaît pour frontières que le racisme et l’antisémitisme. Et l’œuvre de Sfar est exempte de propos fascistes et haineux. « Je m’oppose aux extrémistes de tous les camps », a-t-il assuré. Aux bruits des bombes, il opposait vendredi soir le trait de son crayon et le son de la musique manouche jouée par Frank Anastasio, Marcello Marella et Steven Reinhardt. Face au tumulte de positions irréconciliables, il veut croire à la force du dialogue, qu’il a mis à l’épreuve, de Tel Aviv à Ramallah en s’évertuant à « faire entendre ici les voix palestiniennes et israéliennes qui œuvrent pour la paix ». Il a du pain sur la planche. Plus loin, dans les bars du port, le son de Jul mettait tous les clients au diapason.

  • Le ministre de la Transition écologique en SAV dans la région

    Le ministre de la Transition écologique en SAV dans la région

    Comme un symbole, le ministre délégué à la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, arrive au lycée aixois Paul-Cezanne devant des bacs à compost, un soleil de plomb et une température caniculaire.

    Ça tombe bien, il vient visiter la rénovation de l’internat de l’établissement, avec l’escorte protocolaire habituelle : Mathieu Gatineau, sous-préfet d’Aix, Christophe Madrolle en tant que conseiller régional, Sylvaine Di Caro, adjointe à la mairie, Jean-Yves Bessol, directeur académique des services de l’Éducation nationale… « Il faut poursuivre notre adaptation au changement climatique, c’est le sens des moyens qu’on mobilise, comme le Fonds Vert qui a permis de débloquer 1 milliard d’euros pour des projets comme celui-ci : rénovation thermique, renaturation des écoles… », plante le ministre délégué, en désignant les espaces verts du lycée. Romain Jamot, architecte en charge de la rénovation de l’internat précise les détails de cette opération en deux phases : « On réalise une opération de rénovation énergétique et fonctionnelle. Ça passe par un travail sur l’enveloppe : on remplace la totalité des menuiseries extérieures, on réalise une rénovation thermique de l’extérieur et on fait le même travail sur la toiture. »

    Une installation photovoltaïque est aussi au programme, pour une rénovation définitive d’ici l’été. De quoi mettre au vert les 87 internes ? En tout cas, Mathieu Lefèvre entend que ce travail illustre la politique gouvernementale sur le sujet.

    « La canicule c’est une course de fond »

    « On parle de plus d’un million et demi d’euros du Fonds vert pour rénover l’internat, c’est un montant d’ampleur. Ce Fonds vert n’existait pas avant sa création par Élisabeth Borne et grâce au Premier ministre [Sébastien Lecornu, Ndlr], il est plus élevé que ce qu’il était au début de la loi de finances », développe-t-il. Difficile de lui donner tort puisque, pour le coup, le Fonds Vert couvre la moitié du coût de la rénovation de l’internat. « Sans doute que ça n’aurait pas pu se faire sans », glisse-t-il, entre deux visites de chambres. Mais au total, l’établissement bénéficiera d’une rénovation d’ampleur d’ici 2033 pour un montant d’une cinquantaine de millions.

    En bref, sa visite est placée sous le signe de l’adaptation au changement climatique. Il est même interpellé par des élèves qui participent à l’opération régionale « Nettoyons le Sud », journée de ramassage des déchets organisée par la Région. « Le gouvernement est mobilisé face à la canicule. Le Premier ministre a rappelé que c’est une course de fond : on doit continuer à se préparer à ce type d’épisode, remarquable par sa précocité dans l’année », martèle Mathieu Lefèvre.

    Mais son emploi du temps ne s’arrête pas là puisqu’il s’est rendu, dans la foulée à Marseille afin de vanter le fait que « la France est championne d’Europe de l’attractivité depuis 7 ans consécutifs ». Le tout dans le cadre d’une séquence pour une « revue de projets industriels stratégiques régionaux ». Et le samedi, c’est direction le site d’Airbus Helicopters à Marignane (lire ci-dessus). Tout un programme.

  • Rencontre à Marseille pour un meilleur suivi psy des enfants placés

    Rencontre à Marseille pour un meilleur suivi psy des enfants placés

    Les enfants [placés] cumulent plusieurs vulnérabilités en raison des lacunes de l’offre médico-sociale disponible et de la pédopsychiatrie », alerte la commission d’enquête sur les manquements des politiques publiques de protection de l’enfance, dont la députée (PS) du Val-de-Marne, Isabelle Santiago, en est la rapporteuse. La parlementaire était ce vendredi à l’hôpital Salvador de Marseille (8e) pour échanger avec les professionnels bucco-rhodaniens et découvrir leurs projets pour pallier à cette problématique.

    L’équipe mobile intersectorielle pour enfants confiés (EMI-CO) portée par l’assistance publique hôpitaux de Marseille et l’hôpital de Valvert en est un exemple. Piloté en partenariat avec les différentes structures d’accompagnement des enfants placés, il a pour ambition « d’être le maillon manquant entre le lieu de vie de ces jeunes et les Centres médico-psychologique », explique le Dr Jokthan Guivarch, coresponsable de l’EMI-CO. Le programme prend en charge les enfants de moins de 12 ans pour faire des évaluations pédopsychiatriques et développementales et coordonne des soins en attendant une place dans les institutions adéquates. L’unité met également en place des formations afin de permettre aux éducateurs de mieux repérer et réagir face à des enfants atteints de trouble. Le problème de recrutement des pédopsychiatres ou des éducateurs est également pointé du doigt par les professionnels. « Pourtant, il faut accompagner au mieux ces enfants car le manque d’accompagnement à de graves conséquences sanitaires », insiste la parlementaire qui souhaite une refonte globale du système de la protection de l’enfance français.

  • La boutique éphémère de Jul a lancé les festivités à Marseille

    La boutique éphémère de Jul a lancé les festivités à Marseille

    Plus les heures avancent, plus la ville devient un véritable lieu de festivité pour les fans, dans l’attente du premier concert du rappeur Jul, ce vendredi. Pour faire monter l’ambiance, l’artiste avait tout prévu, avec une boutique éphémère, comme l’an passé, inaugurée dans la matinée au parc Chanot, à proximité du Stade Vélodrome.

    Sur place, des milliers de personnes étaient au rendez-vous pour acquérir un souvenir : t-shirts, survêtements, casquettes, mais aussi des lunettes, tous à l’effigie d’un artiste devenu une véritable légende de la cité phocéenne. Ce « Jul Store » est ouvert jusqu’au 17 juin, de 10h à 20h. Samuel, vendeur dans la boutique, observe : « Depuis 9h, je suis arrivé et impossible de prendre une pause, les clients arrivent en nombre, mais pour nous, en tant que vendeur, c’est un plaisir. Jul, c’est notre légende ici à Marseille. »

    Des fans de toute la France

    Cette boutique est l’occasion de mesurer l’ampleur que prend le rappeur depuis quelques années. Reconnu à l’échelle nationale puis internationale, il se distingue en touchant toutes les générations. « Dès qu’on écoute Jul, on est obligé d’être de bonne humeur. C’est mon deuxième concert à Marseille. Pour moi, c’est le plus beau concert que j’ai vu de ma vie », insiste Louna, originaire de Lyon. « Cette boutique représente beaucoup d’émotions pour nous : elle est assez grande, avec pas mal de choix, c’est superbe », complètent Chloé et Pauline, jeunes qui ont fait le déplacement depuis l’Île de Beauté. De nombreux visiteurs n’ont pas hésité à venir malgré des contraintes de transports.

    Le Jul Store a marqué le début d’un week-end riche en festivités. Ce vendredi, les musiques du rappeur résonnent dans la boutique et les fans commencent à chanter en chœur, à quelques heures du premier concert. « Je pense que c’est un artiste qui a un véritable écho auprès de la jeunesse, et surtout des Marseillais. C’est une très bonne chose. On le voit notamment à l’attente depuis 10h pour entrer dans la boutique », décrit Véronique, Marseillaise du bel âge qui accompagne des jeunes. Une bonne ambiance règne en marge de ces concerts qui rassembleront, au total, environ 100 000 personnes sur deux soirs.

    Jul Store, du 29 mai au 17 juin,
    de 10h à 20h au Parc Chanot
    à proximité du Vélodrome.

  • À Marseille, des plages sous surveillance

    À Marseille, des plages sous surveillance

    Comme chaque été, la Ville de Marseille a déployé depuis vendredi son dispositif de surveillance des plages et du littoral. Ainsi, 5 chefs de secteur, 24 chefs de poste, et 104 nageurs-sauveteurs recrutés par la Ville et formés par le Bataillon des Marins-pompiers, seront mobilisés ces prochains mois. De plus, 46 agents des sani-consignes ainsi que 40 agents Safer Plage seront aussi déployés pour veiller au bon déroulement de cette saison balnéaire.

    Pour appréhender au mieux d’éventuelles urgences, la Ville compte aussi équiper « pleinement » chaque poste de surveillance. Ainsi, chaque antenne de contrôle sera munie de défibrillateurs, de kits pharmaceutiques complets, de matériel d’oxygénothérapie, de planches de secours, et de radios mobiles pour rester connecté aux équipes à terre comme en mer.

    Des patrouilles adaptées

    « Tout est mis en place pour garantir un été serein, les pieds dans l’eau », assure la Ville, qui dit avoir « trois priorités essentielles, la sécurité, l’hygiène et le confort ». Pour ce, la ville promet l’accessibilité de ces « mêmes services » sur l’ensemble du littoral. Avec la présence systématique « d’appareils et d’installations d’hygiènes ».

    De plus, la Ville annonce déployer une patrouille maritime municipale qui aura plusieurs missions : « Surveiller les espaces protégés, recenser la fréquentation humaine en mer ou encore effectuer des actions d’information et de sensibilisation auprès des plaisanciers, des capitaineries, des plongeurs, pêcheurs, etc. » Et ce, en étroite collaboration avec la brigade maritime de la police municipale déployée à l’année. Son rayon d’action s’étend sur l’ensemble des 850 hectares de l’Air marine protégée du Frioul. Et elle interviendra en cas d’accident, le cas échéant.

  • Provence Rugby écrit son histoire avec une première finale de pro D2

    Provence Rugby écrit son histoire avec une première finale de pro D2

    Sûrs de leurs forces et lucides sur les qualités adverses, les Provençaux avaient « une stratégie, un plan », d’après les dires de Philippe Saint-André. Vaincre Colomiers au stade Michel-Bendichou, c’est un exercice que Provence Rugby a déjà réussi cette saison. La confrontation du mois de novembre a été intense, follement défensive et deux points ont finalement séparé les deux entités (10-12).

    Sous la pleine lune, ce vendredi, les Aixois ont réalisé un coup de maître en terres toulousaines (36-14) pour entrer dans l’histoire de leur club. Samedi prochain, c’est de nouveau dans la Ville rose qu’ils joueront pour une place en Top 14, contre Vannes.

    La première période a frôlé la perfection pour les tuniques dorées. Même si l’égalisation a été immédiate, l’ouverture du score rapide, après 60 secondes de jeu, a idéalement lancé la partie. Quelques instants plus tard, Manuel Vareiro a intercepté le ballon ovale sur le côté gauche de la pelouse. Un mouvement qui a amené le seul essai des 40 premières minutes, conclu par Charly Gambini (10e).

    Provence Rugby a fait preuve de patience sur le plan défensif, à l’image de deux mauls de La Colombe, finalement revenus aux coéquipiers du capitaine Andres Zafra. Gambini héros aixoisPhilippe Saint-André avait pointé du doigt la principale faiblesse des locaux : la mêlée. L’ancien boss du XV de France a visé juste, avec plusieurs pénalités obtenues dans ce secteur. Des points « gratuits », puisque les buteurs ont été les hommes phares du premier acte. Phénoménal, Vareiro a enquillé les coups de pieds gagnants. Les staffs savaient pertinemment que le moindre point serait précieux et les visiteurs ont tenu cette ligne de conduite de bout en bout. 19-9 à la pause, Provence était dans la zone.

    La puissance dévastatrice des Provençaux en mêlée a même obligé l’arbitre central Pierre Bru à sortir le premier carton jaune de la partie dès la reprise. Ce moment clé de la rencontre a permis à Charly Gambini d’immédiatement s’offrir un doublé, en bout de ligne. La tension est montée d’un cran avec quelques accrochages entre les principaux acteurs. Le public a, par ailleurs, commencé à jouer son rôle, le tifo « Porté par le peuple », aperçu avant le coup d’envoi, a pris tout son sens. Les encouragements sont aussi arrivés par vague du haut de la tribune. L’encadrement provençal a poussé son équipe sur chaque réussite. Du haut de sa vigie, le staff a aussi demandé aux hommes en bord terrain de calmer certains joueurs, plus nerveux que d’autres. Provence Rugby s’est souvenu de son premier match cette saison dans l’antre toulousaine. La défense a été la clé de voûte de leur performance. En fin de match, l’indispensable Setareki Bituniyata est venu inscrire son 15e essai pour sceller cette qualification historique.

  • L’accès aux soins d’urgences réclamé à Lodève

    L’accès aux soins d’urgences réclamé à Lodève

    « Des urgences, c’est vital », tente de faire entendre l’association « Pour de véritables urgences au centre hospitalier de Lodève ».

    Face aux besoins de santé croissants d’une population qui augmente, l’association et l’UL CGT Lodève Clermont ont appelé à se réunir pour signer une pétition en vue de transformer le centre d’accueil et de permanence des soins (Caps) de Lodève en un véritable service d’urgence. À l’heure actuelle, 30 minutes séparent la population du premier service d’urgences hospitalières.

    Inégalités en milieu rural

    Bien que la population soit vieillissante sur ce territoire, les inégalités d’accès aux soins d’urgences perdurent. « Un axe routier important et accidentogène dans la zone de l’Escalette et du Bosc, des événements climatiques à risques avec des épisodes cévenols de plus en plus fréquents », plusieurs points sont énumérés par l’association qui tente depuis de nombreuses années d’endiguer ce problème.

    Ces inégalités ont fait surgir de nombreux besoins sur le territoire, comme le précise l’association « Pour de véritables urgences au centre hospitalier de Lodève » : « Les besoins de santé sur le territoire appellent à la création d’un centre de périnatalité public dans l’attente de l’autorisation d’une maternité, à la mise en place d’un centre de pédopsychiatrie sur Lodève ainsi qu’à la mise en place de lits de dialyse sur le Centre Hospitalier. » Pour rappel, le 25 novembre dernier, l’ARS Occitanie a validé la transformation du Centre d’accueil et de permanence des soins en antenne de médecine d’urgence, encore en attente.

  • L’Occitanie surprise par les premières chaleurs

    L’Occitanie surprise par les premières chaleurs

    Coincé sur l’Hexagone depuis le week-end de Pentecôte, le « dôme de chaleur », qui agit comme un couvercle en piégeant l’air chaud venant du Maroc, n’épargne pas l’Occitanie. Jeudi 28 mai, dix départements de la région étaient en vigilance jaune canicule. Avec des pics à 37 ou 38 degrés attendus dans les prochains jours, certains pourraient basculer en vigilance orange. Des chaleurs précoces qui surprennent d’autant plus que les températures étaient en dessous des normales saisonnières jusqu’à la mi-mai. Pour l’ingénieur agronome expert en climatologie, Serge Zaka, il s’agit d’une « anomalie statistique qu’on redoutait ».

    La vague de chaleur particulièrement forte à l’ouest du pays a entraîné la vigilance canicule la plus précoce depuis la création du dispositif en 2004, suite à la canicule d’août 2003 qui avait provoqué de nombreux décès chez les personnes vulnérables et éveillé les consciences aux dangers du réchauffement climatique. Tandis que l’été 2026 n’a pas officiellement débuté en France, au moins sept personnes sont décédées de ce premier pic de chaleur. Si bien qu’une réunion de crise se tenait jeudi 28 mai à l’Élysée. Objectif : élaborer un « plan d’endurance dans la durée jusqu’en septembre ».

    Dans le Gard et l’Hérault, les autorités et collectivités (la Ville de Nîmes notamment) ont pris les devants ces derniers jours, multipliant les conseils de prévention. C’est notamment le cas dans l’éducation. Il faut dire qu’on se souvient que certaines écoles (à Nîmes, Sète, Montpellier…) avaient particulièrement souffert de la canicule en juin 2025. Sans aller jusqu’à reporter certaines épreuves du Bac pro prévues ce vendredi 29 mai*, le ministère de l’Éducation nationale s’est fendu d’un courriel. À tous les chefs d’établissement, il est conseillé de « privilégier les salles à l’ombre pour la tenue des épreuves », de « fermer les stores et rideaux des façades exposées au soleil la journée », de « s’assurer que les élèves disposent d’eau potable » et d’apporter une « vigilance particulière aux candidats présentant des pathologies ou en situation de handicap ». Aux enseignants, il est rappelé que « les activités physiques et les sorties doivent être réduites ou supprimées aux heures les plus chaudes ». Enfin, les parents sont invités à « adapter l’habillement des plus jeunes élèves, de prévoir casquettes et lunettes de soleil, et, si nécessaire, d’appliquer de la crème solaire avant l’école ».

    Les droits des salariés

    Pour les travailleurs, la canicule est aussi synonyme de difficultés voire de dangers pour la santé. Rappelons que le Code du travail impose à l’employeur de protéger la santé et la sécurité de ses salariés. S’il n’y a pas de température maximale tolérée, l’employeur a l’obligation de fournir de l’eau potable fraîche, d’assurer une ventilation/aération correcte ou salle climatisée, limiter l’exposition à la chaleur, prévoir des pauses ou espaces de repos. De son côté, le salarié peut faire des propositions (au cas par cas) : aménager les horaires pour finir plus tôt, réorganiser la charge de travail, réduire des tâches physiques, rallonger les pauses, demander du télétravail exceptionnel… En cas de « danger grave et imminent », il est même possible d’exercer son droit de retrait en ayant d’abord prévenu son employeur, le CSE ou la médecine du travail.

    De son côté, l’association Peta vient de rappeler quelques consignes qui concernent les animaux. Ne jamais les laisser enfermés dans une voiture, même quelques minutes. En extérieur, leur « laisser de l’eau et des zones ombragées ». Prendre garde aux sols brûlants, le bitume pouvant provoquer des « brûlures sur les coussinets des chiens » par exemple avec lesquels il est « déconseillé d’aller faire son jogging ».

    Enfin qui dit canicule dit risque incendie. Si aucun départ de feu n’est encore à déplorer, le patron des pompiers de l’Hérault se tient à l’affût. « La stratégie qui fonctionne c’est d’attaquer massivement tous les départs de feux pour éviter qu’ils deviennent incontrôlables », insiste Eric Florès en référence au méga feu de l’Aude en 2025. Il en profite pour rappeler que « tout apport du feu en forêt méditerranéenne est proscrit depuis le 15 mai ». Les travaux agricoles en plein soleil sont déconseillés et le jet de mégots est passible de sanctions pénales.

    * Celles du CAP auront lieu les 8-9 juin, du 11 au 18 juin pour le Bac général et technologique et enfin les 26, 29 et 30 juin pour le brevet des collèges.

  • Les amendes forfaitaires délictuelles : à quand la réforme ?

    Les amendes forfaitaires délictuelles : à quand la réforme ?

    Par Adrien Félix, avocat au barreau de Marseille

    Alors que les charges se font accablantes contre l’amende forfaitaire délictuelle (AFD), cette procédure pénale simplifiée est en passe d’être une nouvelle fois étendue, par un gouvernement obnubilé par la politique du chiffre, de la « tolérance zéro », et d’une efficacité fantasmée.

    « Simplifiée », le tour est euphémique tant l’AFD déroge à certains principes fondamentaux du droit. De quoi s’agit-il ? En pratique, d’un procès-verbal électronique, dressé par des policiers ou gendarmes, constatant la commission d’un délit. En bref, d’une sanction pénale immédiate, inscrite au casier judiciaire, sans commissariat, sans tribunal, sans procès. À la clé, une amende, minorée ou majorée selon le délai de paiement, avec des modalités de contestation tout à fait blâmables – en particulier le versement d’une consignation obligatoire pour saisir le juge. Limité à l’origine aux seules contraventions, le mécanisme investit le champ délictuel en 2016, s’étend en 2023, pour couvrir aujourd’hui plus de 90 délits – les principaux en 2024 étant le défaut d’assurance, l’usage de stupéfiants, le défaut de permis de conduire. L’extension de son domaine s’accompagne surtout d’une très forte hausse de son utilisation : entre 2019 et 2024, multiplication par neuf du nombre d’amendes émises, passant de 57 300 à près de 500 000, représentant désormais 10 % des délits enregistrés. Si le Conseil constitutionnel a bien voulu fixer des garde-fous, jugeant que l’AFD ne peut porter que sur des délits punis d’une peine de moins de 3 ans, « dont les éléments constitutifs peuvent être aisément constatés », avec des peines d’amendes de faible montant, la réalité actuelle est celle d’un outil pénal défectueux, inique, et largement inefficace. Au-delà du régime éminemment dérogatoire, portant atteinte au droit d’accès à un juge, au principe d’individualisation des peines, aux droits de la défense, ou encore à la présomption d’innocence, sa mise en œuvre accuse d’importants dysfonctionnements combinés à des pratiques discriminatoires et abusives établies. Critiquée de longue date par les associations, par la Défenseure des droits qui recommandait d’y mettre fin en 2023, c’est au tour de la Cour des comptes de faire le procès de l’AFD. Dans un rapport du 15 avril 2026, elle dresse un bilan très négatif du dispositif, pointant des réformes structurelles indispensables avant d’envisager toute extension. Dans le même temps, une partie de la classe politique envisage d’en étendre le périmètre au profit des polices municipales, d’augmenter le montant de certaines amendes et d’accroître encore les infractions concernées. Cherchez l’erreur.

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