Category: accueil-third

  • [Entretien] « La fin de la gratuité des transports est un contresens complet »

    [Entretien] « La fin de la gratuité des transports est un contresens complet »

    La Marseillaise : Comment avez-vous vécu l’annonce de Nicolas Isnard, président de la Métropole (LR), qui dit vouloir supprimer la gratuité des transports ?

    Erwann Bouisseren : Ça a été une surprise, qui s’est transformée en colère juste après. C’est inadmissible. C’est une décision complètement descendante de la part de Nicolas Isnard, le président (LR) de la métropole. Sur le coup, nous avons été abasourdis, surtout venant de quelqu’un qui disait vouloir une « Métropole des maires » [formule utilisée lors de son discours d’investiture le 7 avril dernier, ndlr]. Le conseil métropolitain doit encore voter le 15 octobre, mais reste qu’il prend cette décision tout seul, en amont. Ce n’est pas comme ça que ça doit fonctionner.

    Et il s’agit pour vous d’un choix qui relève du « non-sens »…

    E.B. : C’est un non-sens, en vue de la crise climatique, dont on a déjà constaté les effets. On sort d’une période caniculaire, avec des pompiers morts dans les mégafeux. On traverse maintenant une crise énergétique, avec le gasoil qui atteint bientôt les 2,50 euros le litre. Les gens vont devoir réutiliser leurs véhicules personnels, et on va réencombrer les routes et engendrer plus de pollution, c’est un non-sens complet. Ça va être un coût en plus pour toutes les familles qui vont devoir prévoir un budget en plus pour que les enfants puissent aller à l’école ou participer à des sorties extrascolaires. En période de crise énergétique, c’est inacceptable. C’est un contresens complet. Sachant qu’en plus, c’est un levier pour l’emploi dans un territoire (…) qui permet aux gens de se déplacer librement et d’aller au travail et de trouver un emploi. C’est aussi un levier économique pour tous les commerces. C’est complètement absurde…

    L’objectif affiché est de résorber le déficit budgétaire, que répondez-vous ?

    E.B. : Ils ne savent pas faire autrement que de faire des économies. Ils ne savent pas aller chercher les recettes. Pourtant, elles existent : il y a des compétences qu’on doit récupérer, comme le tunnel prado-carénage, les parkings, la redevance spéciale liée au traitement des déchets. On devrait aussi porter le versement mobilité [contribution financière payée par les employeurs publics ou privés pour financer les transports en commun, ndlr] à 3,2%, comme c’est le cas à Paris, alors que les transports ne sont pas gratuits. Sachant que ça peut aussi être intéressant pour les entreprises, qui lorsque la gratuité est effective, elles n’ont pas besoin de payer 50 à 70% des transports de leurs employés. (…)

    La mairie d’Aubagne a notamment créé une pétition d’opposition. Quelles sont les prochaines étapes ?

    E.B. : Des choses se dessinent. Pour l’instant nous informons les agents de la Métropole mais aussi les citoyens en général. Nous les invitons à signer la pétition mais aussi à interpeller leurs élus. C’est important. (…) Depuis 30 ans nous n’avons plus d’acquis sociaux : on sabre, on fait des économies. Ça devient insupportable.

  • À Marseille, les lycéens cultivent la mémoire de l’Arménie

    À Marseille, les lycéens cultivent la mémoire de l’Arménie

    L’Histoire est condamnée à se répéter si l’on ne retient pas les erreurs du passé », nous préviennent Youssef et Quentin, élèves en 1ère, qui tenaient à prononcer quelques mots à l’occasion d’une cérémonie visant à honorer la mémoire des victimes du génocide arménien. « Un outil face à l’oubli, face aux idées extrêmes, il s’agit d’accomplir notre devoir de citoyen », explique Youssef devant une assemblée franco-arménienne. Dans un climat fraternel, ils profitent également de l’occasion pour souhaiter la bienvenue aux lycéens d’Erevan, la capitale arménienne. « Rien de plus beau que deux peuples qui se rencontrent sans se craindre, rien de plus humain que le vivre-ensemble », se réjouit Quentin.

    La curiosité au cœur

    des échanges

    Concrétisé en 2024, ce programme d’échange franco-arménien représente une opportunité exceptionnelle pour ces lycéens. « Pour certains, c’est le voyage le plus important de leur vie, ils rencontrent des jeunes de leur âge mais avec une histoire différente, ça les touche beaucoup », rapporte Rose Guiragossian, professeure d’histoire-géographie au lycée Nelson-Mandela. Accompagnés par les lycéens marseillais, les élèves arméniens vont découvrir cette semaine le patrimoine culturel de la région.

  • À Marseille, le collège Chape devient le collège Aretha-Franklin

    À Marseille, le collège Chape devient le collège Aretha-Franklin

    Dans la lignée d’une vague de rebaptisations initiée en 2024 par le conseil départemental des Bouches-du-Rhône, le collège de la rue Chape prend le nom de « la Reine de la Soul » Aretha Franklin, figure féminine d’émancipation et de défense des droits. Auparavant nommé selon leur localisation, le Département veut personnifier les collèges. « Les quartiers évoluent, nous avons voulu mettre en avant des parcours de vie exemplaires » défend sa présidente (DVD) Martine Vassal, qui impulse une féminisation des noms d’établissements.

    Désormais, c’est l’hymne à la liberté et à l’égalité Respect qui rythme les interclasses. « Ce mot résonne tout particulièrement dans un collège », appuie Cécile Delboulbé, principale de l’établissement. Et de considérer le collège comme « une période de construction », qui doit se faire « dans le respect de soi, des autres, des différences ». La décision est revenue au conseil d’administration, qui s’est aligné sur la proposition d’une enseignante d’éducation musicale : « Aretha représente des valeurs artistiques auxquelles se mêlent de grands engagements civiques. C’est une voix qui porte, importante pour les adolescents », conclut la principale.

  • à Miramas, le Lycée Cocteau, ils exigent le retour d’une prof

    à Miramas, le Lycée Cocteau, ils exigent le retour d’une prof

    Ce lundi matin, quasiment aucun élève n’a franchi les grilles de l’établissement. Sur l’esplanade, une quarantaine de professeurs tenaient des banderoles. On pouvait y lire « On est des humains, pas des numéros » ou « Rendez-nous Sophie Jaboulin ».

    Affectée provisoirement à Jean Cocteau en 2022 suite à une « erreur administrative » lors d’une précédente mutation, Sophie Jaboulin subit de nouveau les dysfonctionnements du rectorat, qui veut lui faire « regagner le lycée de l’Empéri » à Salon-de-Provence contre son gré, explique Philippe Caracchioli, élu du personnel. Ses collègues dénoncent une injustice, une « non-gestion », voire un manque d’humanisme de l’académie, pourtant alertée de la situation à de multiples reprises depuis le mois de février. Ils souhaitent que Sophie Jaboulin puisse être, a minima, réintégrée la rentrée prochaine. Dans l’immédiat, l’équipe pédagogique demande une réponse « satisfaisante pour la santé » de leur collègue, en arrêt maladie.

    Gestion « incohérente »

    Les élèves de cette professeure d’EPS demandent aussi son retour. Six d’entre-eux se rendront à Aix-en-Provence vendredi pour demander une audience au rectorat. Gaspard sera de la partie. Il explique : « J’ai intégré la section sport étude l’an dernier, quand la structure a été créée par Madame Jaboulin, qui a porté ce projet à bout de bras : elle s’est occupée de l’administratif, de la recherche de sponsors, de nos emplois du temps, venait avec nous en compétition, a réuni les fonds pour les championnats de France… Ce qui nous a permis de ramener des médailles. Ce qu’on critique, c’est l’incohérence du rectorat qui a mis des mois à répondre à Madame Jaboulin qui demandait à ce que son dossier soit ré examiné, tout en nous félicitant pour ces résultats. » Aujourd’hui, sans la professeure, la section sport étude est « en péril », assure l’élève de terminale. Le rectorat aurait proposé à d’autres enseignants de prendre le relais, ce qu’ils refusent « pour ne pas prendre la place », de la professeure mutée.

    Au-delà du cas de Sophie Jaboulin, les revendications des élèves sont plus larges. Ils dénoncent les travaux perpétuels du lycée, qui auraient dû s’achever il y a des années mais qui s’éternisent en raison, notamment, du dépôt de bilan du maître d’œuvre. À l’extérieur de l’établissement, des filets retiennent les parements de briques qui s’effondrent. Ajax, en spécialité théâtre, pointe la présence « d’amiante » dans la salle de pratique. Mathieu, Léa et Salomé, porte-paroles du mouvement s’agacent des conditions d’apprentissage : des plannings trop denses, un manque de moyens humains et d’accompagnement. Les forces progressistes (PCF, insoumis, socialistes, UL CGT) ont envoyé un courrier au recteur, au président de Région et au ministère pour demander un rééquilibrage des budgets publics, des « rythmes scolaires viables », des embauches massives et un « investissement à la hauteur des besoins pour la rénovation des bâtiments ».

  • [Entretien] « Content d’avoir encore réussi à capitaliser »

    [Entretien] « Content d’avoir encore réussi à capitaliser »

    La Marseillaise : La série de victoires se poursuit avec ce quatrième succès de la saison contre les Aigles de Nice (4-3). Content de la prestation de vos joueurs ?

    Luc Tardif : Très content, parce que c’était un match difficile, même si on s’y attendait. Nice a vraiment une belle équipe, donc on savait à quoi s’attendre. Ce que j’ai aimé, c’est qu’on a trouvé les ressources pour aller chercher la victoire en troisième période, avec deux gros buts. Ensuite, on a bien fermé derrière et on a été plutôt solides. Libor (Kasik) a fait les arrêts quand il le fallait. Donc oui, je suis content du match.

    Vous avez pris une pénalité rapidement après avoir ouvert
    le score. Est-ce qu’il n’y a pas
    une volonté d’en faire trop
     ?

    L.T. : Pas du tout. Si on regarde un petit peu les buts qu’on prend, je n’ai pas aimé le premier. Il m’a dérangé parce qu’on est trop passifs. On veut être agressifs avec l’attaquant numéro un, mais le joueur qui fait la passe rentre tout seul et personne ne vient lui mettre de pression. Ça me dérange, parce qu’on lui donne trop de facilité. Le deuxième but, ça touche 50 patins avant de finir sur la crosse du joueur. Ce sont des choses qui arrivent. Après, sur le power play, on était sur de bonnes bases. On est contents d’avoir encore réussi à capitaliser ce soir. Mais on prend trop de pénalités, et c’est récurrent. On prend huit minutes à Bordeaux et, malgré ça, on fait un super travail en infériorité. Mais huit minutes de pénalité, c’est difficile à tenir. Même si nos gars sont valeureux sur piqué, ça devient compliqué. Il va falloir régler ça, sinon on va s’embourber dans les problèmes.

    On a l’impression depuis le début de la saison que le premier tiers-temps est une sorte de « round d’observation » avant d’être réellement clinique…

    L.T. : J’ai vraiment aimé notre premier tiers. Ils n’ont eu qu’une seule occasion de marquer, sur un power play. À cinq contre cinq, on ne leur a vraiment rien donné. Commencer les matchs comme ça, ça donne de la confiance. Après, j’ai vu que l’équipe n’avait pas paniqué quand on a pris ce troisième but. On est restés concentrés quoi qu’il arrive.

  • [Théâtre] La dame en noir prend de la lumière à Marseille

    [Théâtre] La dame en noir prend de la lumière à Marseille

    Le public a gardé en mémoire d’elle son Aigle noir et ses robes sombres. Pourtant, « Barbara a une joie et un humour que les gens ont oublié. On a juste retenu la femme triste et mélancolique alors que ce n’est pas du tout le cas », rappelle Emmanuel Noblet, metteur en scène de Barbara (par Barbara) qui se joue du 29 septembre au 3 octobre sur la scène des Bernardines. Pouvant aussi bien susciter les rires que les larmes, un spectacle musical incarné par Marie-Sophie Ferdane, d’une clarté profonde, qui puise sa matière dans des interviews, « lettres inédites et intimes de la correspondance amoureuse de Barbara ».

    « Il y a cette pénombre,

    et je vais en liberté »

    « J’ai choisi de chanter et tout d’abord il y a cette pénombre, et je vais en liberté. Là, vous m’avez emprisonné dans cette lumière, là, dans un lieu qui est le mien mais que vous avez refait vôtre. Moi, je suis quelqu’un d’autre, là, en quelque sorte », affirme Barbara en direction d’un journaliste à quelques heures de se produire au Théâtre Bobino. Sur les lèvres de Marie-Sophie Ferdane, et accompagnée par le pianiste Olivier Marguerit, des propos qui illustrent toute la profondeur et la sensibilité d’une icône de la chanson trop souvent réduite à son allure austère. « On convoque l’âme de Barbara. On entend sa plume, ses sentiments, son rapport aux hommes, un chapitre important de sa vie », résume Emmanuel Noblet.

    P.A.
  • Une pétition contre la lecture de Maurras dans une bibliothèque

    Une pétition contre la lecture de Maurras dans une bibliothèque

    Si la municipalité et les organisateurs de la semaine provençale ont tenté de rassurer autour de la lecture d’un texte de l’auteur d’extrême droite antisémite Charles Maurras, la fronde persiste. Une pétition vient d’être lancée contre la « banalisation » de celui-ci, et atteint pour l’heure plus de 400 signatures.

    La pétition, lancée ce vendredi 25 septembre avec le soutien de la Ligue des droits de l’Homme et relayée par la Libre Pensée 84, juge « inadmissible » cette programmation. Tout comme les justifications de la mairie et de l’association L’Oustau, à savoir la diversité culturelle de la Provence ou la liberté d’expression pour mettre à l’honneur la figure majeure de l’Action française. Et est donc demandé le retrait immédiat de la lecture problématique.

    « Face à la banalisation grandissante des discours racistes et haineux, où toutes les digues médiatiques et culturelles semblent tomber, il est de notre responsabilité commune de rester vigilants et mobilisés pour rappeler sans cesse les horreurs de l’histoire et agir en conséquence », peut-on lire par la suite dans cette pétition, signée par plusieurs universitaires.

    Place Publique s’en mêle

    Alors que la section locale de La France Insoumise s’était déjà exprimée contre cette lecture, c’est maintenant au tour de Place Publique. Dans un communiqué émis ce lundi 28 septembre, le parti de Raphaël Glucksmann estime que ce choix « interpelle ». Mais ne demande pas le retrait des textes, mais plutôt que la lecture soit accompagnée « d’un rappel historique et critique de la pensée de Charles Maurras ». « Il n’est pas question de nier l’existence de cet auteur et de ses textes. Encore faut-il préciser de quoi on parle, et de qui. Est-il judicieux de valoriser Charles Maurras au sein d’un événement populaire ? Y a-t-il donc si peu d’auteurs provençaux qu’il faille aller chercher un auteur notoirement xénophobe et antisémite ? » poursuit Place Publique avant de rappeler la collaboration de Charles Maurras pendant la Seconde Guerre mondiale.

    Pétition sur onparticipe.fr

  • [Entretien exclusif] Jean-Louis Masson : « Je me réjouis qu’un Varois puisse présider la Région »

    [Entretien exclusif] Jean-Louis Masson : « Je me réjouis qu’un Varois puisse présider la Région »

    La Marseillaise : Quels enseignements tirez-vous des sénatoriales dans le Var et au-delà ?

    Jean-Louis Masson : C’est l’essence même du Sénat que d’être l’émanation des collectivités locales. Les sénatoriales sont donc le reflet des municipales. Le mode de scrutin est singulier puisqu’il n’est pas le même partout et qu’il est complexe lorsqu’il est à la proportionnelle. Dès lors au plan national comme au plan local, les résultats sont conformes à ce qui pouvait être attendu. La droite et le centre sont restés majoritaires dans les mairies. Ils le resteront donc au Sénat. Le RN et LFI qui ont connu quelques succès électoraux aux municipales vont voir un groupe pour le premier et deux sénateurs pour le second. Dans le Var, la liste LR remporte la victoire des suffrages avec 40% des voix. En tant que président de la fédération LR 83, je félicite nos deux élus : Françoise Dumont qui voit son mandat renouvelé et Christian Simon, un maire de premier plan, qui va enrichir le Sénat de son expérience importante d’élu local.

    Renaud Muselier a annoncé
    qu’à la suite de ce scrutin, il passerait la main à François de Canson. Vous vous étiez opposés par le passé, a-t-il votre soutien
     ?

    J.-L.M. : Nous avons plus souvent été ensemble qu’opposés. Je suis président du Département, le fait qu’un Varois puisse accéder à la présidence de la Région, je m’en réjouis.

    Après un été très douloureux dans le Var, vous appelez à sortir de la conception forêt-musée ? Qu’entendez-vous par là ?

    J.-L.M. : Je ne crois pas à la protection de l’environnement en y excluant l’activité humaine. La vision dogmatique de la protection environnementale a montré ses limites voire sa dangerosité cet été lors des incendies. Je revendique de pouvoir protéger les personnes et les massifs forestiers avec une autre approche. Je considère que nos forêts doivent être gérées, dans le respect de ce que nous connaissons de la nature certes, mais gérées. Cela veut dire par exemple que les procédures d’exception qui permettent de lutter plus efficacement contre un incendie doivent également être valables en tant que règles de prévention des incendies.

    Comment le Département peut-il aider à l’adaptation au changement climatique ?

    J.-L.M. : Pour ne pas faire un long catalogue, je retiens deux sujets. D’abord, nous lançons une démarche d’ampleur concernant les énergies renouvelables notamment solaire. Par ailleurs, s’agissant de la rénovation ou de la construction de nos bâtiments publics, nous mettons l’accent sur la sobriété énergétique.

    Au-delà des particuliers et des collégiens, les agriculteurs et notamment les viticulteurs sont également touchés.

    J.-L.M. : Ils sont parfaitement conscients des enjeux. Ils sont force de proposition. En matière de gestion de l’eau, leur approche est lucide et responsable. Au sujet de l’adaptation des cultures, il en va de même. Je me félicite régulièrement de la coopération des agriculteurs varois pour tous les sujets environnementaux.

    Le pouvoir d’achat des Français est durement comprimé par l’envolée des prix des carburants. Quel est votre message en direction de l’État et que peut un Département comme le Var pour rendre du pouvoir d’achat à ses habitants ?

    J.-L.M. : L’attention que nous portons à ce sujet est constante, pic des prix du carburant ou pas. C’est ainsi que nous avons choisi et que nous nous sommes tenus à la modération tarifaire en ce qui concerne la restauration scolaire.

    Vous avez récemment inauguré des « logements inclusifs » à destination des personnes handicapées. En quoi consistent-ils ?

    J.-L.M. : Il ne faut pas ajouter l’isolement au handicap, c’est pourquoi, ces lieux de vie proposent des espaces partagés qui invitent les résidents à plus de moments en commun.

    L’année prochaine a lieu l’élection présidentielle. La victoire de l’extrême droite est-elle inéluctable ? À droite et au centre, nombreux sont les candidats. Quel est le vôtre ?

    J.-L.M. : Je n’aime pas la politique-fiction ni ramener la politique aux spéculations qui relèvent du jeu de hasard. Nous savons tous qu’aucune campagne ne se déroule comme il est raisonnable de l’envisager plusieurs mois à l’avance. Dès lors aujourd’hui, rien n’est inéluctable. Nous ne connaissons même pas encore ni la totalité des candidats ni même ceux qui vont concourir jusqu’au bout. À date, mon parti a un candidat, par conséquent la question ne se pose pas à moi.

  • Débat houleux à Aix-en-Provence autour d’un budget municipal dans le flou

    Débat houleux à Aix-en-Provence autour d’un budget municipal dans le flou

    Nous en sommes au troisième temps de notre valse financière à quatre temps. Une valse, puisque nous sommes dans un tourbillon financier », imageait Dominique Augey, adjointe aux Finances, qui présentait au conseil municipal le vote du budget supplémentaire. Comprenez, l’étape entre le vote du budget primitif, voté en début d’année, qui permet une mise à jour de celui-ci et la clôture des comptes. « On a à peu près six mois pour le faire », rappelait l’élue. Ce lundi, en ouverture de ce conseil municipal, c’est un budget supplémentaire d’un peu plus de 25 millions d’euros, incluant plusieurs « variations de dépense » qui a été égrené. En toile de fond, une situation budgétaire tendue. Avec notamment les 144 millions que la Métropole doit trouver pour boucler son budget 2027 et un coup de hache dans les dotations globales de fonctionnement (DGF), allouées par l’État aux collectivités territoriales. Si le budget supplémentaire prenait en compte une baisse de 500 000 euros, pour la Ville, de la DGF, ce sont finalement 613 000 euros de plus. À cela s’ajoute une perte estimée de 1,4 million d’euros si la dotation de solidarité communautaire (DSC) venait à être sabrée – scénario proposé par Nicolas Isnard et rejeté par les conseillers métropolitains lors du vote du 10 septembre dernier – 4,5 millions d’euros si les attributions de compensation (AC) venait à être sabrées – soit la solution proposée par le Préfet. Si aucune des solutions n’est retenue, « cela impliquerait de trouver les 53 millions d’euros manquants dans des économies nouvelles ».

    Si le scénario d’une baisse d’1,4 million d’euros était retenu, la majorité annonce « mettre en place un processus assurantiel qui nous permette d’encaisser un choc financier et sanctuariser un certain nombre de dépenses ». Et d’un autre côté, un travail des services pour mettre en place un « effort de rationalisation (…) ce n’est pas un budget de pénurie ! » tient à assurer l’adjointe. Un ensemble de mesures économiques à hauteur de 1,475 million d’euros « sur les budgets existants ». Côté RN, Jean-Louis Geiger s’empresse de rappeler que son groupe, comme celui de la majorité, a voté la proposition portée par Nicolas Isnard. A contrario de ses « collègues socialistes ». Du côté de l’opposition de gauche, le ton monte.

    « Irresponsables ! »

    « Vous êtes le facteur de mesdames Augey et Joissains. Vous êtes ses supplétifs, ceux qui ont voté avec eux à la Métropole une proposition qui était intenable », répond Marc Pena (PS). Le chef de file du groupe d’opposition de gauche campe sur ses positions. Son refus de vote le 10 septembre ? « Ça ne veut pas dire qu’on donne la main à l’état (…) ça veut dire qu’on réfléchit ensemble aux solutions possibles dans cette Métropole », poursuit l’élu, qui voudrait rouvrir le débat pour dessiner un « pôle métropolitain revu (…) ou alors il y aura le constat d’un échec (…) c’était ça, le sens de nos votes », rétorque Marc Pena, remonté à l’idée que les élus aixois soient accusés d’avoir « tiré contre leur camp ». Ce à quoi Sophie Joissains, maire (UDI) d’Aix, après avoir réexpliqué son vote pour une mesure qui « aurait permis de commencer à compenser les subventions qui ne pourront être versées aux associations », bondit : « Vous avez été irresponsables ! Vous vous êtes battus pour des intérêts politiciens et non politiques au niveau de ce vote ! Et c’est ce que je vous reproche ! » Un débat qui ne manquera pas de rebondir à la Métropole.

  • [Cinéma] « Notre salut » ou la banalité du mal

    [Cinéma] « Notre salut » ou la banalité du mal

    Inspiré librement de la vie de son arrière-grand-père, et d’une correspondance entre ses deux aïeux durant de la Seconde Guerre mondiale, Emmanuel Marre signe un film expérimental. Pas question pour le réalisateur de faire un biopic, ni d’utiliser les codes classiques d’un film historique. Emmanuel Marre veut proposer la relecture d’une Histoire nationale que beaucoup veulent faire oublier. Car en écho avec l’actualité.

    Le film s’inspire de l’histoire de son arrière-grand-père, Henri Marre, qui débarque à Vichy en septembre 1940. Sorti de Polytechnique, l’ingénieur a écrit un manuel édité à compte d’auteur intitulé Notre salut, une théorie pompeuse basée sur le management. Il va tenter sa chance dans l’administration de Vichy pour retrouver le train de vie que sa famille avait, avant d’avoir dilapidé la dot de son épouse. L’homme de 49 ans finira par décrocher un poste au Commissariat à la lutte contre le chômage à Limoges. Un nouveau service dépendant du ministère du Travail qui s’installera dans les anciens locaux de la CGT.

    Un homme insignifiant, prêt à tout

    Le réalisateur fait de cet aïeul un personnage de l’Histoire nationale. Un homme insignifiant prêt à tout pour faire carrière dans le régime de Vichy. En mal d’argent et pas forcément un idéologue convaincu, le « déclassé » se retrouve investi dans la collaboration.

    Quelques scènes manient l’humour féroce. Fréquentant les milieux collaborationnistes parmi lesquels se trouve un vivier d’opportunistes sans scrupule, de petits truands et de minables, Henri s’acharne à offrir ses services aux hauts fonctionnaires de Vichy. Un homme lui conseillera d’en faire un peu moins : « Vous avez l’air d’un couillon. » Car il faut assurer ses arrières : l’art du camouflage consistant à faire oublier son passé de collaborateur pour se convertir en résistant tardif ou agent double.

    Le réalisateur montre comment l’administration de Vichy a mis en place une législation anti-juive et comment la police française a collaboré allant jusqu’à anticiper les ordres des nazis. L’attaque est également frontale vis-à-vis d’une politique qui permet l’enrichissement financier. Qui offre l’occasion de faire valoir son intérêt personnel. Tout comme Henri, gravitent des sous-traitants capables de tout pour mériter leur part de gâteau. L’empressement à servir sa hiérarchie fait froid au dos y compris pour mettre en place des convois pour le « ramassage des israélites » de Toulouse ; le zèle qu’il dégage pour créer des camps pour travailleurs étrangers (les GTE) dans une logique d’efficacité.

    Swann Arlaud interprète Henri avec naturel. César du meilleur acteur pour Petit paysan en 2018, et du meilleur second rôle pour Grâce à Dieu en 2020, Arlaud nous avait conquis dans Anatomie d’une chute en 2024. Le duo qu’il compose avec l’actrice belge Sandrine Blancke (Paulette, l’épouse restée soit en retrait soit coachant son mari dans la banalité du mal) fonctionne à merveille. Nourris par un travail en profondeur pour leur rôle respectif, le dispositif opté par Marre laisse libre cours à l’improvisation.

    Que peut le cinéma face

    au fracas du monde

    Emmanuel Marre signe un film artisanal qui fait de nous les contemporains d’une pensée dominante qui cache son jeu. Une idéologie à l’image sécurisante et trompeuse comme l’avait fait Pétain et comme le fait Trump avec son slogan « Make America Great Again ». Faisant appel au dévouement de tous pour « redonner à l’Amérique sa grandeur ».

    « Ce qui m’intéresse, ce sont les germinations, les effets d’engrenage, les paliers qu’un régime franchit avant de devenir autoritaire. En tournant sur les lieux réels, à Vichy et à Limoges, avec de nombreux non-professionnels, j’ai cherché à faire du film le lieu d’un questionnement à plusieurs et au présent. »

    En salle le 30 septembre (2h39)