Category: accueil-third

  • [Ce cancer dont personne ne parle 2/3] Des symptômes indolores et pourtant bien réels

    [Ce cancer dont personne ne parle 2/3] Des symptômes indolores et pourtant bien réels

    Le cancer de la vessie se manifeste rarement par des douleurs. C’est là toute sa traîtrise. « Le symptôme le plus typique, c’est l’hématurie, c’est-à-dire des urines qui deviennent rouges, couleur sang », explique Jochen Walz, chirurgien urologue à l’Institut Paoli-Calmettes (IPC) de Marseille. Un seul épisode peut suffire à déclencher l’alerte, même s’il ne dure qu’une journée ou disparaît spontanément. « Il ne faut pas se dire que cela n’est arrivé qu’une seule fois, que c’est disparu et que tout est bon. La maladie est quand même là, elle progresse », insiste le chirurgien.

    Ce saignement peut avoir d’autres origines : une infection urinaire, un problème de prostate ou des vaisseaux fragilisés. Mais seule une exploration complète permet de l’affirmer. Le médecin commence par une cystoscopie, une petite caméra introduite par les voies naturelles jusqu’à la vessie, sous anesthésie locale, en une poignée de minutes. Puis par un scanner pour inspecter l’ensemble du circuit urinaire, des reins jusqu’en bas. « Il faut explorer la totalité des voies urinaires pour être sûr qu’il n’y a nulle part une tumeur qui explique le saignement », précise Jochen Walz.

    Un délai qui a de l’importance
  • 250 minots initiés à l’écologie au parc de la Poudrerie de Miramas

    250 minots initiés à l’écologie au parc de la Poudrerie de Miramas

    Pour fêter la fin de cette édition « Classes engagées », 250 écoliers se sont rendus jeudi, au parc de l’Ancienne Poudrerie de Miramas. Lancé par la Métropole en juin 2024, le programme réunit plus de 27 000 écoliers de 1 100 classes autour d’un même enjeu : l’environnement. De la transition écologique au développement durable, le dispositif aborde, chaque année, treize grandes thématiques au fil des mois, à l’aide d’activités ludiques. Afin de sensibiliser au mieux les élèves, les sujets sont traités à hauteur d’enfant, avec des supports pensés pour éveiller leur curiosité, construire leurs repères et encourager les bons gestes du quotidien.

    Hors les murs

    Ainsi, c’est en plein cœur du parc de l’Ancienne Poudrerie, que les écoliers ont fêté la clôture de cette édition. Pour l’occasion, la Métropole a organisé une journée éducative « hors les murs ». Avec des ateliers sur les pratiques écoresponsables, mais aussi sur le tri, et l’environnement, les enfants ont profité de cette fin de session en plein air en suivant plusieurs activités pédagogiques.

    Ces actions de sensibilisation ont fait l’objet d’un partenariat avec l’Éducation nationale et les structures agréées.

  • [Biodiversité] Les bienfaits en cascade de la mare de Crévoux

    [Biodiversité] Les bienfaits en cascade de la mare de Crévoux

    La visite permet d’apprécier l’utilité de ces petits milieux, célébrés à l’occasion de la fête des mares, du 6 au 14 juin. « C’était devenu un dépotoir, avec cinq voitures laissées là, une caravane et du fumier agricole », raconte Anne Pons, conseillère municipale de Crévoux.

    L’opération a coûté 2 500 euros à la commune, un prix modeste pour Anne Pons au regard des bienfaits apportés. Restaurée, la mare a vu revenir plusieurs animaux, comme la grenouille rousse, et des espèces de chauve-souris. « On avait un habitat pauvre en biodiversité car c’était très homogène, fermé, avec peu de lumière qui entrait, explique-t-elle. On a diversifié les milieux, avec plus de luminosité, et des espèces sont revenues comme par exemple une libelle, la nymphe à corps de feu ».

    Les adoux, l’or local

    La mare n’a pas été la seule à être restaurée : c’est tout le réseau de cours d’eau qui a été réaménagé, notamment les adoux qui se jettent dans le torrent de Crévoux. « Je ne sais pas si vous savez, mais vous avez de l’or entre les mains », a affirmé Florian Chirat, animateur à la Fédération de pêche, au moment de présenter ces petits cours d’eau. Avant d’ajouter : « Ce qui rend un adoux précieux, c’est ça stabilité. Contrairement à un ruisseau, ce ne sont pas les précipitations qui le nourrissent, mais les résurgences d’eau. L’adoux a donc toujours le même débit et reste frais toute l’année ».

    Ce spécialiste explique que l’adoux est une zone refuge pour la faune, et un lieu de reproduction sécurisé pour les poissons qui y vivent, comme la truite fario, une espèce locale unique selon lui : « Sa présence remonte à la dernière glaciation, il y a vingt mille ans, quand la truite s’est réfugiée en mer Méditerranée et est ensuite remontée. Depuis, elle ne s’est plus croisée avec d’autres populations et est une espèce endémique du torrent de Crévoux. »

    En continuité de la restauration de la mare, la fédération de pêche et l’association de pêche La Gaule embrunaise ont dont restauré ces cours d’eaux voisins. « C’était une zone bouchée, où le ruisseau coulait tout droit. Créer des méandres module le courant, le ralentit et permet aux truites de frayer, de remonter jusqu’aux adoux », explique Dewis Davudian, de la fédération de pêche.

    Préserver les adoux, c’est permettre aux espèces locales de disposer d’un refuge en cas d’épisodes d’enneigement ou de crues, appelés à se multiplier avec le dérèglement climatique.

    Reste désormais à veiller à l’année sur ces cours d’eaux. Pour cela, Dewis Davudian sait sur qui compter : « On a entre quinze et dix-sept mille pêcheurs. Ensemble, ils sont des sentinelles, des yeux qui nous remontent des informations sur les cours d’eau ».

  • [Grand entretien] Maurice Gouiran : « Le polar marseillais est une invention »

    [Grand entretien] Maurice Gouiran : « Le polar marseillais est une invention »

    La Marseillaise : Votre polar récemment réédité, « Tu les tueras tous », décrit en filigrane la perte d’identité populaire de l’Estaque. Comment observez-vous la gentrification croissante à Marseille ?

    Maurice Gouiran : Il y a un élément qui n’est pas propre à Marseille, mais quand même très important ici, c’est la pression immobilière avec l’explosion des Airbnb et des difficultés des gens à se loger. Même si le livre dont vous parlez est une réédition de 2002, il y a encore beaucoup d’éléments qu’on retrouve aujourd’hui. Regardez le projet Euroméditerranée, qui a détruit les quartiers abandonnés pour des bâtiments beaucoup plus modernes. Je raconte aussi cela dans l’un de mes livres, Putains de pauvres !. Je parle du changement des Crottes, un quartier très populaire qui est devenu la proie d’Euroméditerranée. On construit des immeubles et on chasse les gens qui habitaient là auparavant, toujours un peu plus au Nord. Moi, j’écris mes bouquins dans un langage populaire, de bistrot. Car ces bistrots populaires, on les voit disparaître, que ça soit à l’Estaque ou ailleurs. Ils évoluent vers des brasseries qui visent plutôt les jeunes cadres des zones environnantes. Un phénomène qui s’accentue.

    Cela signifie-t-il que le Marseille populaire va bientôt devenir
    un mythe
     ?

    M.G. : Non, ça existe toujours. Il suffit de voir le stade Vélodrome, où le club de foot est à l’image de la ville. ça reste très populaire. C’est aussi l’un des endroits où des groupes d’extrême droite n’ont pas le droit de cité, contrairement à des villes comme Paris, Nice ou Lyon. Cette fibre populaire existe toujours et j’essaie de la montrer dans mes bouquins.

    Le polar est-il un moyen, pour vous, de préserver ce caractère populaire ?

    M.G. : Déjà, j’écris du polar et pas du roman policier. La différence ? Dans le roman policier, l’intrigue est une fin en soi. Dans le polar, l’intrigue est le support d’autre chose, d’une peinture de la société, de faits historiques… Moi, j’écris pour porter à la connaissance du lecteur un certain nombre de choses. Après, il est vrai que Tu les tueras tous est plus un polar basé sur le fameux dilemme universel depuis Corneille : vaut-il mieux l’amour ou la vengeance ? Et ce bouquin est très ancré sur l’Estaque et la Côte bleue, contrairement aux autres, où je vais voyager à l’étranger.

    Depuis les années 2000, l’une de vos marques de fabrique consiste à ouvrir vos récits aux vents de l’histoire, comme dans « L’Arménienne aux yeux d’or » ou « Franco est mort »…

    M.G. : Après mon tout premier bouquin, La nuit des bras cassés, une histoire de fraternité, je me suis rendu compte que ce qui m’intéressait, c’était d’aller fouiller dans les recoins de l’histoire, chercher des faits peu connus, mais avérés. Mes lecteurs aiment apprendre quelque chose. En ce qui concerne mon écriture, je pars toujours de Marseille. Mon mot récurrent, c’est le bistrot. Ensuite, ça peut me permettre de parler de l’Espagne franquiste, du génocide des Arméniens, des harkis, de l’aide apportée par l’armée française à la crise des colonels… D’un côté, il y a le côté populaire marseillais, et de l’autre, le côté historique.

    Vous participez, jeudi 4 juin à l’Alcazar, à un débat intitulé « Marseille, terre de polar ». Diriez-vous, comme certains, que le polar marseillais a surgi pour mieux refléter la réalité sociale de la ville, que d’illustres aînés comme Pagnol ont maquillé ou masqué ?

    M.G. : Pagnol est un exemple intéressant. Il a écrit Marius dans les années 1920. Son œuvre, c’est une histoire de la bourgeoisie marseillaise. Alors que pendant ces années-là, si vous traversez le port, vous tombez sur les vieux quartiers. Si vous prenez Banjo de Claude McKay, qui se passe à la même époque, on ne dirait pas qu’il parle de la même ville que Pagnol. Après, je pense que Pagnol s’est racheté en mettant en scène les bouquins de Giono sur la ruralité, dans les basses alpes. Mais, dans son écriture, on voit bien que ce n’est pas quelqu’un issu de ce milieu.

    Quelle est, à ce compte-là,
    la c
    aractéristique principale
    du polar marseillais
     ? Le peuple ?

    M.G. : Le polar marseillais n’existe pas. Soyons honnêtes, c’est un terme que les journalistes ont inventé, mais dont nous, auteurs, nous nous sommes servis. Quand je suis arrivé en 2000, il y avait 60 auteurs de « polars marseillais ». Pourquoi ça n’existe pas ? Déjà, car ce n’étaient pas des polars, mais des romans policiers qui se déroulaient dans une ville qui a beaucoup de charme. Au contraire, Izzo ou Carrese ont, eux, vraiment écrit du polar. Je dis souvent que je connais pas mal d’auteurs marseillais de polars, mais aucun auteur de polars marseillais. En plus de cela, on assiste aujourd’hui à un phénomène : la mainmise de la police sur ce qu’on appelle polar, alors qu’il faut plutôt parler de roman policier. Sous prétexte qu’ils connaissent le métier, les flics écrivent des romans. Mais ce sont des romans policiers et pas des polars, car ils n’abordent jamais la réalité sociale. Prenez le cas du Prix du Quai des Orfèvres. Chaque année, c’est un auteur qui a été policier qui l’obtient. Pourquoi ? Car ils jugent la forme et la véracité de l’enquête et non pas le fond. Nous, on écrit autre chose.

  • « Ne cédons pas au discours décliniste qui dit que les jeunes ne lisent plus »

    « Ne cédons pas au discours décliniste qui dit que les jeunes ne lisent plus »

    Brice Brossette : Nous manquons de données scientifiques. En France, nous pouvons regarder les sondages du Centre National du Livre (CNL). Les derniers (avril 2026) montrent que 84% des jeunes de 7 à 19 ans lisent pour l’école ou le travail. C’est stable par rapport à 2024 et en diminution de 6% par rapport à 2016. C’est une baisse, certes, mais pas dramatique pour l’instant. Il ne faut pas céder au discours décliniste qui répète que les jeunes ne lisent plus. Il y a aussi une mutation des pratiques : la lecture peut être plus fragmentée, moins sur papier, plus en ligne.

    Qu’en est-il de la compétition des écrans ?

    B.B. : Le temps d’écran chez les jeunes est important : en moyenne 3 heures par jour selon le CNL, contre 18 minutes de lecture quotidienne. Mais il est trop facile de dire que ce temps d’écran concurrence le temps de lecture. Si on supprimait les écrans, je ne suis pas sûr que les enfants se reporteraient totalement sur les livres. Quand on leur demande s’ils préfèrent faire autre chose, les écrans (jeux vidéos, films…) arrivent en tête, mais les activités sociales (voir des amis, faire du sport…) ne sont pas loin derrière.

    Finalement, pourquoi est-ce important de lire ?

    B.B. : C’est important pour le développement du langage, de la compréhension et la structuration de la pensée qui sont des capacités qui seront prédictives de l’insertion dans la société ou de la capacité à pouvoir suivre des études supérieures, par exemple.

  • [Travailleur de demain] Agathe Jouvenel ou l’art du design

    [Travailleur de demain] Agathe Jouvenel ou l’art du design

    Acharnée

    « Ce qui est bien dans le design, c’est d’abord qu’on continue à dessiner tout en faisant d’autres choses, mais aussi qu’on applique l’art à la vie de tous les jours », s’émerveille-t-elle. Car le designer laisse sa marque à chaque coin de rue : une pub, un affichage de concert, l’emballage d’un produit, le logo d’une entreprise, « même une devanture de café ! » souligne l’étudiante, désignant l’enseigne qui se trouve alors derrière elle. « En ce moment, je travaille sur la mise en page d’un livre, pour essayer de faire quelque chose d’un peu original. On peut vraiment toucher à tout. » Comprendre l’histoire d’une marque, son identité, parvenir à transcrire dans un visuel l’idée que veut défendre un client… C’est sur toutes les étapes du processus artistique qu’Agathe aime passer du temps, toujours curieuse d’explorer sa créativité. Qualité nécessaire, mais pas suffisante. La jeune fille l’apprendra à ses dépens, à l’occasion de sa première participation aux WorldSkills, au niveau régional. « Beaucoup de ceux qui concourent ont fait un Bac design, j’avais donc pas mal de retard au niveau technique, ce qui a failli me coûter ma place… » Plus déterminée que jamais à combler ses lacunes, la designeuse passera des heures à affiner ses méthodes, se testant plus d’une vingtaine de fois dans les conditions réelles du concours : six heures d’épreuve non-stop, sans accès à internet. Les efforts semblent avoir payé : elle obtient finalement la médaille d’argent et devient du même coup vice-championne de France. « J’ai vraiment énormément appris, jure-t-elle. Je pense que j’ai condensé en 6 mois un entraînement de deux ans. Et je l’ai ressenti au niveau des notes à l’École, j’ai beaucoup progressé ! ».

    À la veille de son entrée en Master 1, elle est à la recherche d’une alternance dans une agence de design, l’occasion, selon elle, de travailler tout « type de matières ». « Si mes parents ne comprennent pas toujours ce que je fais, je crois qu’ils sont fiers ! ».

  • Le quartier de la Plaine à Marseille s’apprête à une déferlante rock

    Le quartier de la Plaine à Marseille s’apprête à une déferlante rock

    « On réfléchit vraiment la programmation pour qu’elle soit la plus représentative du rock dans son ensemble. L’idée c’est de montrer le rock dans toute sa diversité, sa pluralité (…) et sa richesse. On a des jeunes, des moins jeunes. On a des groupes de métal, de hardcore, qui sont plus liés à la scène Sale Gueule ou au Molotov. Mais aussi, un peu de hip-hop, de la pop ou des projets un peu plus expérimentaux comme Ganagobie », confie Annaëlle Loze de l’Intermédiaire.

    « Le rock dans toute sa pluralité »

    Ainsi le public retrouve la dream pop d’Abstract Puppet, le post-punk de Glitch, le garage-psyché-punk avec Le Bien ou encore le pilier du rock local, Daniel Sani & les Monomaniaques.

    « Une variable qui nous tient à cœur, c’est la variable du genre. Il nous semble important de montrer que le rock, ce n’est pas qu’un truc de gars », souligne Annaëlle Loze. Au-delà de femmes au sein de l’organisation, les groupes présents reflètent cette diversité. Il y a le groupe féminin Las Grimas, le folk-grunge porté par Sacha Vaughan ou encore les chanteuses des groupes QB et Samedi Midi. « Comme c’est un événement familial, voir des femmes sur scène permet aussi aux petites filles de se dire que faire du rock, c’est possible pour elles aussi », développe-t-elle. Sortir le rock des salles, c’est sortir d’un entre-soi, c’est ouvrir l’événement à un public varié, « à destination de tous et toutes. Il y a aussi un enjeu de cohésion sociale : montrer que la Plaine, que le quartier, c’est un tout collectif, et inclusif », partage Annaëlle Loze.

    Cette démarche se reflète également par son organisation. « Nous sommes une équipe complètement bénévole, une soixantaine. Ce n’est pas un événement lucratif », conclut Annaëlle Loze.

    De 13h30 à 20h30 en accès libre et gratuite.

  • Première historique, le Tour féminin s’attaque au Ventoux

    Première historique, le Tour féminin s’attaque au Ventoux

    La petite reine et le Géant de Provence, une grande histoire d’amour. Et une nouvelle page de ce conte sera écrite en 2026 avec le passage et l’arrivée, pour la première fois, du Tour de France Femmes au sommet du mont Ventoux, le vendredi 7 août.

    Pour l’occasion, le Département du Vaucluse a organisé ce vendredi 29 mai une conférence de presse en présence de Marion Rousse, directrice de l’épreuve et championne de France sur route en 2012. « On ne se rend pas compte de l’importance que c’est de venir sur le Ventoux pour le Tour de France Femmes. On a besoin de lieux emblématiques et c’est l’un des lieux les plus mythiques et difficiles », confie-t-elle depuis la Cité des Papes, tout en révélant avoir grimpé le sommet la veille et que « c’était terrible ! ». « Le Ventoux a toujours été un juge de vérité. Et voir les femmes arriver au sommet, c’est reconnaître leur place », insiste Dominique Santoni, présidente (DVD) du Département.

    L’épreuve, « véritable point d’orgue de ce Tour », assure le Département de Vaucluse, sera la 7e étape de la Grande Boucle sur les neuf prévues. Celle-ci partira de La Voulte-sur-Rhône, en Ardèche. Les coureuses entreront en Vaucluse par le village de Grillon et passeront par Richerenches, Visan, Buisson, Roaix, Séguret et Vacqueyras, puis Beaumes-de-Venise et Lafare. Et c’est là que les choses vont se corser avec, d’abord, le col de la Suzette, avant de bifurquer vers Malaucène puis Bédoin, via le col de la Madeleine, et de s’engouffrer entre les pins pour une vingtaine de kilomètres de montée jusqu’au sommet sans végétation, « où on se croit sur la lune », comme le rappelle Marion Rousse.

    Une étape qui, à deux jours de l’arrivée finale à Nice, risque de rebattre les cartes entre les favorites. Et de, peut-être, voir triompher à nouveau la Française Pauline Ferrand-Prévot, qui devra faire face à de rudes concurrentes, comme la Polonaise Katarzyna Niewiadoma ou encore la Néerlandaise Demi Vollering.

    Retombées et souvenirs

    L’occasion aussi de mettre en valeur le territoire, la course étant, comme chez les hommes, diffusée sur France Télévisions. « C’est une course de vélo, mais aussi un moment où la magie opère. Les gens sont en vacances et on en profite. J’ai personnellement des souvenirs avec mes grands-parents sur le bord de la route et je veux en créer avec mon petit garçon », glisse Marion Rousse. Tandis que Dominique Santoni assure que « pour 1 euro investi, il y en a 11 en retombées ». « Dans des villes comme Bédoin, on mesure les évolutions ces dix dernières années. Le vélo est devenu un pourvoyeur d’emplois », note Bénédicte Martin, vice-présidente de la Région Sud.

    Mais c’est aussi le moyen d’inspirer les jeunes générations, mais pas seulement. « On a besoin de ces cols mythiques. Comme lors de l’arrivée à l’Alpe d’Huez en 2024, où les vainqueurs donnent leur nom à un des virages. L’un porte le nom d’une femme [celui de Katarzyna Niewiadoma, Ndlr] et c’est hyper important. Cela peut inspirer une vocation aux jeunes filles. Mais aussi montrer aux mamans qu’elles ont toute leur place sur un vélo », assure Marion Rousse.

  • La genèse de l’ère Tapie mise à l’honneur dans un documentaire

    La genèse de l’ère Tapie mise à l’honneur dans un documentaire

    Les années Bernard Tapie (1986-1994), une époque bénie pour les supporters de l’OM, avec notamment le seul titre européen de l’histoire du club, en 1993. Les années 1990 viennent naturellement à l’esprit lorsque l’on évoque cette période, mais ici, ce sont bien les premiers moments à Marseille du « Boss » qui sont mis en lumière.

    Mardi 26 mai, le film « La révolution Tapie » a été diffusé en avant-première au château de la Buzine (11e). De nombreuses gloires étaient présentes pour visionner les premières images de ce documentaire, qui sera diffusé début juin sur Canal +. L’idée était de faire un zoom sur ces premières années de règne, alors que l’Olympique de Marseille était mal en point. L’ancien propriétaire d’Adidas a remis le club phocéen sur le droit chemin, avec deux titres en 1989 et plusieurs épopées européennes avant le sacre de 1993.

    Parmi les joueurs présents dans l’effectif en 1986, nous retrouvons Alain Giresse, Jean-Pierre Papin, Karl-Heinz Förster, Joseph-Antoine Bell ou encore le local Christophe Galtier. Ils étaient encadrés par manager Gérard Banide, passé par Monaco. Cet OM a progressivement retrouvé le goût de la victoire après une longue disette au niveau national. À l’origine de ce changement d’attitude : le flair de Bernard Tapie pour dénicher les meilleurs talents. Avant l’arrêt Bosman, qui a facilité les transferts avec les clubs étrangers, il fallait redoubler d’ingéniosité pour attirer les plus grands joueurs. Avec le tact, le caractère et le carnet de chèques du « Boss », l’OM a rapidement gravi les échelons.

    Dominique Tapie félicite les réalisateurs du film

    Les personnalités réunies au château de la Buzine étaient nombreuses. Alain Giresse, Jean-Pierre Bernes, Manu Amoros, Marcel Dib, mais également Dimitri Payet ou le président intérimaire du club, Alban Juster. Les journalistes du média Football Club de Marseille, Julien Lafont et Benjamin Courmes, sont à l’origine de ce projet. Le premier cité s’est montré particulièrement heureux de présenter son documentaire pour la première fois : « On est très fiers de ce film parce qu’aujourd’hui, il ressemble vraiment à ce qu’on avait en tête au départ. On a mis trois ans et demi à le réaliser et on a eu une liberté totale pour le faire. ça, on le doit à notre coproducteur Upside et bien sûr à Canal qui nous a laissé une liberté totale sur ce film. On n’a eu aucun retour de demandes de modifications, qu’elles soient éditoriales ou artistiques. On les remercie pour ça. On a eu une liberté absolue sur ce film dont on est très fiers, c’est important de le souligner. »

    Dominique Tapie, épouse de Bernard, s’est montrée émue à l’issue de la projection : « C’est beaucoup d’émotion. Je crois que Bernard et cette ville ont eu un coup de cœur en 1986. Cette ville correspond au caractère de mon mari. Vous voyez, tout ce qui est dans le film est extraordinaire. Tous ces témoignages, je suis très ému et bravo à toute l’équipe. »

    Durant la soirée, un texte écrit par Christophe Galtier, absent, a également été lu. L’ancien coach des Verts a joué la carte de l’humour, lui qui a récemment été lié à l’OM dans une rumeur infondée : « Je regrette sincèrement de ne pas pouvoir être parmi vous ce soir et je vous assure que ce n’est pas parce que je suis à l’hôtel Intercontinental. Raconter l’Olympique de Marseille, c’est raconter bien plus que du football. C’est préserver une histoire faite d’émotions collectives, de frissons partagés, de moments qui restent dans les mémoires. à tous ceux qui ont œuvré à ce film, je veux dire bravo et merci. Merci de prendre soin de ce patrimoine et de le transmettre avec la fidélité et la ferveur qu’il mérite. L’OM n’est pas un club comme les autres. Ceux qui l’ont côtoyé le savent. »

    « La révolution Tapie » a donc reçu une première ovation avant d’arriver prochainement sur un plus petit écran. Le documentaire devrait être disponible dès le 7 juin sur la chaîne cryptée.

  • « Il est encore possible de prendre du plaisir en regardant du foot »

    « Il est encore possible de prendre du plaisir en regardant du foot »

    La Marseillaise : Quel bilan tirer de ces quatre jours de finales ?

    Franck Kodjabachian : Je pense que nous pouvons dire que c’est une grande réussite. L’accompagnement de la Ville de Salon-de-Provence a été prépondérant car elle a mis les moyens dont nous avions besoin à notre disposition. Je souligne aussi l’engagement de l’ensemble des forces vives du District, ses dirigeants et bénévoles qui ont permis cette belle réussite. Ces quatre jours sont le point final d’une saison où nous avons organisé 30 000 rencontres et montrent qu’il est encore possible de prendre du plaisir à regarder du foot. Que notre sport permet la réunion des gens de toutes origines, de toutes classes. Et que les violences restent à la marge, même si pour moi il y en a toujours trop.

    Pourtant, la saison avait débuté par des mauvaises nouvelles ?

    F.K. : C’est vrai, avec ce qui est arrivé au FC Martigues et à Marignane/Gignac a dû être géré un peu dans l’urgence. Mais nous sommes arrivés à tout réorganiser nos championnats, sans trop de casse, et mis en place des soutiens pour aider ces clubs à se reconstruire. Heureusement, il y a eu de bonnes nouvelles sportives, avec Aubagne, qui va intégrer la Ligue 3. Et Berre qui monte en Nationale 2.

    Comment se passent les relations avec les clubs phares que sont l’OM et maintenant Aubagne ?

    F.K. : Pour notre District, qui est le cinquième de France en nombre de licenciés, avoir un club comme l’OM et un atout. Ses dirigeants ont compris qu’ils avaient intérêt à s’associer à nos actions, afin d’alimenter une dynamique réciproque. La machine a été mise en route, et chacun va y gagner. Pour Aubagne, nous allons aider ses dirigeants parce que la dynamique mise en place dans cette partie du territoire perdure. Il y a de quoi faire quelque chose de bien.

    Et du côté du football féminin ?

    F.K. : Les territoires jouent enfin le jeu. Les clubs ont aussi compris l’importance de créer des sections féminines. Et le fait que l’OM donne des moyens à ses féminines est un sacré booster. Le football féminin est en train de se faire sa place. Il lui faudrait maintenant que l’équipe nationale décroche un titre pour franchir un nouveau palier.

    Au niveau du District, comment cela se passe pour l’accompagnement du football féminin ?

    F.K. : Nous travaillons à la mise en place de référents dans toutes les équipes. Ce sont des femmes dont le rôle est de servir de relais entre le vestiaire et les entraîneurs. Chacun restera dans sa zone, pour éviter toute ambiguïté.

    Le District que vous présidez a connu des turbulences. Qu’en est-il aujourd’hui ?

    F.K. : Nous sommes arrivés à insuffler une nouvelle dynamique, après trois ans d’efforts pour tout reconstruire. Nous sommes repartis de zéro. Il fallait recréer une structure saine, réorganiser les commissions, restaurer les relations et le dialogue avec les clubs qui avaient été perdues. Nous avons travaillé en symbiose avec les territoires. En nous appuyant sur les bases, en collaboration directe avec tous ceux qui vont vivre le football dans le département. Ce qui nous permet d’envisager sereinement une réforme du territoire pour la saison prochaine.

    Les malheurs du FC Martigues, contraint de s’exiler au Vélodrome, puis à Gueugnon, ont mis en lumière un problème de structures dans le département des Bouches-du-Rhône ?

    F.K. : Malheureusement, le District n’a pas de pouvoir en ce qui concerne la définition des normes dans les stades. Nous pouvons conseiller, mais ce sont les municipalités qui ont le dernier mot. Maintenant, il serait de bon ton d’anticiper les résultats des équipes susceptibles de gravir les échelons, pour leur faciliter les choses lors d’une montée en Régional, voire en National.

    Attendez-vous quelque chose
    de la Coupe du Monde
     ?

    F.K. : Oui ! Nous avons besoin de ce rendez-vous mondial. Et surtout, d’une équipe de France qui y soit performante. Cela nous permettrait de ramener une certaine dynamique, car ces dernières saisons, au niveau national, il y a eu une perte chez les jeunes. Notre District a plutôt bien résisté. Mais d’autres ont plus de mal.