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  • La Région Occitanie veut tenir le cap malgré les coupes

    La Région Occitanie veut tenir le cap malgré les coupes

    C’est un lieu qui dit déjà une partie du message. Vendredi 18 septembre, les élus régionaux gardois ont choisi le Centre d’art contemporain de Nîmes, au cœur de Pissevin, pour effectuer leur rentrée. Un équipement culturel implanté dans un quartier populaire, qui a accueilli 10 000 visiteurs en 2025 et auquel la Région vient de porter son soutien de 19 000 à 24 000 euros.

    Une façon d’ouvrir une matinée où les annonces concrètes ont côtoyé un refrain beaucoup moins réjouissant : celui des budgets qui se resserrent. Selon la Région, les décisions budgétaires nationales ont réduit ses ressources de 500 millions d’euros en trois ans. Les élus ont notamment réaffirmé leur volonté de maintenir la culture à 3% du budget de fonctionnement régional.

    L’effort affiché concerne d’abord les lycées. Pour les 231 000 élèves d’Occitanie, la collectivité mobilise 74 millions d’euros : manuels, LoRdi, premiers équipements professionnels ou transports scolaires gratuits, avec également une aide à la cantine renforcée pour les familles les plus précaires. « La rentrée reste la moins chère de France », revendique Fabrice Verdier, conseiller régional délégué aux ressources humaines et au dialogue avec les syndicats, reprenant le mot d’ordre de l’exécutif régional.

    Dans le Gard, 6 400 ordinateurs doivent notamment être distribués cette année et 18 000 élèves bénéficient de la gratuité des transports scolaires. Sur les mobilités, Jean-Luc Gibelin, vice-président de la Région en charge de la question, met en avant la progression de la « gratuité par l’usage ». Selon l’élu, celle-ci est passée de 600 000 à 7 millions de tickets pour les moins de 27 ans entre 2019 et 2026. Dans le Gard, plus de 30 000 jeunes sont inscrits au dispositif « +=0 ». La Région accélère aussi sur le vélo : au lycée Lucie-Aubrac de Sommières, une trentaine de vélos à assistance électrique sont mis à disposition. Une expérimentation menée dans huit établissements d’Occitanie avant une possible extension.

    « Il va falloir que l’État soit à nos côtés »

    L’été a aussi rattrapé la rentrée politique. Après les épisodes caniculaires, une cartographie de la vulnérabilité thermique des lycées est en cours. Isolation, brasseurs d’air, protections solaires, végétalisation ou salles refuges doivent permettre de cibler les prochains investissements. « Face aux contraintes budgétaires, il va falloir que l’État soit à nos côtés », prévient Aurélie Génolher.

    Les inquiétudes sont plus franches sur la formation. Julie Delalonde alerte sur la baisse des financements nationaux de l’apprentissage : « Ça réduit considérablement l’offre disponible… Or, pour beaucoup de jeunes, c’est la seule formation possible ! » L’élue pointe également l’absence annoncée de nouveaux crédits de l’État en 2027 pour la formation des demandeurs d’emploi. La Région a, de son côté, adopté un plan régional de formation 2027-2030 doté de plus de 660 millions d’euros.

    À l’autre bout du tableau, plusieurs projets prennent forme dans le Gard. La Région doit participer à la future école de kinésithérapie portée par le CHU de Nîmes, tandis qu’une formation d’aide-soignant en apprentissage doit ouvrir au Vigan. Au Mas de Mingue, à Nîmes, un centre de santé est annoncé d’ici 2027, en partenariat avec la Ville.

    Reste l’économie. Jalil Benabdillah, vice-président de la Région chargé de l’économie, de l’emploi, de l’innovation et de la réindustrialisation, décrit « une rentrée économique très contrastée », entre entreprises fragilisées et secteurs industriels porteurs. Décarbonation, aéronautique ou spatial sont ciblés, tandis qu’un rapprochement avec Nîmes Métropole autour du développement économique est évoqué. Derrière le catalogue des annonces, une question traverse ainsi cette rentrée : combien de temps les collectivités pourront-elles maintenir leurs investissements alors que leurs marges budgétaires se resserrent ?

  • Les syndicats bientôt à la rue à Bagnols-sur-Cèze ?

    Les syndicats bientôt à la rue à Bagnols-sur-Cèze ?

    Pour l’heure, la CGT a décidé qu’elle ne quitterait pas ses locaux à Bagnols-sur-Cèze. Cet été, la municipalité gérée depuis mars par Pascale Bordes (RN) a en effet annoncé aux quatre organisations syndicales (CGT, FO, CFTC, CFDT) et aux six associations concernées qu’elles devaient quitter les locaux Mendès-France qu’elles occupent. Après les attaques contre la culture (plusieurs spectacles annulés), contre les associations (baisse des subventions) et les centres sociaux (190 000 euros de subventions supprimées pour Mosaïque en Cèze), la municipalité d’extrême droite s’en prend désormais aux syndicats.

    « Contrairement aux associations concernées, on n’a pas été surpris », reconnaît Pascal Le Boulch, le secrétaire de l’Union locale CGT du Gard rhodanien. « J’espère qu’il va y avoir une prise de conscience générale sur la volonté de la maire de détruire le tissu associatif, culturel et sportif actuel, pour reconstruire ensuite quelque chose à son image. »

    Face à cette situation, l’Union locale CGT a tenu une assemblée générale le 10 septembre dernier où l’ensemble des présents a refusé de quitter les locaux. « Nous avons écrit à la maire et nous attendons désormais sa réponse. Nous ne demandons pas un délai, on veut juste qu’elle nous présente un vrai projet », explique Pascal Le Boulch. Le cégétiste ne comprend en effet pas pourquoi la date du 30 novembre a été fixée par la municipalité puisque celle-ci n’a présenté aucun projet sur l’utilisation de ces locaux par la suite.

    « Aujourd’hui, c’est hors de question qu’elle nous fasse quitter les lieux parce qu’elle a une idée et que peut-être, un jour, elle va la réaliser. L’assemblée générale a été claire, on ne bouge pas. Donc on restera dans nos locaux et on va continuer la lutte », prévient Pascal Le Boulch. En attendant une réponse de la mairie, et l’envoi de nombreux documents réclamés sur le statut de mise à disposition du bâtiment, le syndicat a en effet prévu de se mobiliser et d’aller à la rencontre de la population pour l’alerter sur les décisions prises par la maire.

    « Quand on parle de cette décision qui concerne aussi les associations, les gens ne trouvent pas ça normal et certains ne s’attendaient pas à ça. Je pense que la prise de conscience va arriver petit à petit », conclut le secrétaire de l’UL CGT du Gard rhodanien.

  • Les Gapençais sceptiques face au projet de rocade

    Les Gapençais sceptiques face au projet de rocade

    Près de 80 habitants de Gap ont participé, ce mardi, à la réunion publique sur la partie sud de la rocade, dont l’enquête publique se clôturera le 9 octobre. « C’est un contournement souhaité depuis longtemps, a introduit le maire Roger Didier (DVD). Il n’est plus possible d’avoir des poids lourds qui circulent au centre-ville ! »

    Pierre Charlot, ingénieur en charge de la portion sud, a rappelé les objectifs du projet : faire sortir le trafic qui n’a rien à faire en ville, assurer la sécurité du centre et y privilégier les mobilités douces. « Ce n’est pas qu’un projet pour les Marseillais qui viendront skier à la station des Orcières, c’est aussi pensé pour les Gapençais, pour qui la circulation en vélo ou à pied est actuellement compliquée », assure-t-il.

    Pensé dès les années 70, le projet a depuis évolué et prévoit l’aménagement de deux voies limitées à 70km/h, avec une voie verte. Le tout pour un coût de 28,9 millions d’euros, répartis entre l’État, la Région, le Département et la Ville.

    Les habitants dont la résidence se trouvera au plus près de la rocade se sont montrés particulièrement inquiets : « Comment va-t-on traverser cette route ? Avez-vous pensé à la sécurité ? Au bruit ? » La Ville assure que ces éléments sont réfléchis. Elie Cordier, de l’opposition municipale de gauche, a tenté de nuancer le débat : « Tout le monde, initialement, est d’accord sur la nécessité du projet. Mais les habitants ont besoin d’être rassurés avec des réponses, des analyses d’impacts et des chiffres clairs. »

    Les travaux sont prévus dès 2027. L’avancée de la partie centrale, gérée elle par l’État, reste incertaine depuis un glissement de terrain de 2025.

    Agathe Di Lenardo

  • [Tribune] Suppression de la gratuité des transports dans le Pays d’Aubagne : l’urgence est à la suspension et à la concertation

    [Tribune] Suppression de la gratuité des transports dans le Pays d’Aubagne : l’urgence est à la suspension et à la concertation

    J’ai appris avec colère l’annonce par le président de la Métropole Aix-Marseille-Provence de son intention de mettre fin à la gratuité des transports dans le Pays d’Aubagne et de l’Étoile. Une décision aussi brutale qu’incompréhensible, sur la forme comme sur le fond.

    Sur la forme d’abord, il est inacceptable que le maire d’Aubagne et les onze autres maires concernés découvrent par voie de presse une décision qui touche directement leurs communes et leurs habitants. Ce mépris du dialogue avec les élus locaux n’est pas acceptable.

    Sur le fond, prétendre réaliser des économies dès 2026 en supprimant la gratuité relève de l’absurde. Installer un système de billetterie, équiper les bus et les tramways, organiser les contrôles et mobiliser les personnels nécessaires aura nécessairement un coût et ne se fera pas en quelques semaines. Cette décision, présentée comme une économie, risque donc de commencer par coûter de l’argent aux habitants et à la collectivité.

    Surtout, elle constitue une attaque contre un acquis social qui a fait ses preuves depuis près de vingt ans dans le Pays d’Aubagne et de l’Étoile. Et elle intervient au pire moment : celui d’une flambée du prix des carburants et d’un pouvoir d’achat toujours plus contraint.

    Quand prendre sa voiture coûte toujours plus cher, supprimer la gratuité des transports est une double peine infligée aux habitants.

    Au regard de la précipitation qui entoure cette annonce et de l’absence d’économie réalisable sur l’exercice 2026, il est urgent de suspendre ce projet et d’ouvrir une véritable concertation avec les maires, les usagers et l’ensemble des acteurs concernés. Une décision aux conséquences aussi importantes pour le quotidien de milliers d’habitants ne peut être imposée dans l’urgence et sans dialogue.

    Je resterai pleinement engagé aux côtés des douze maires concernés, des usagers et des associations qui défendent la gratuité pour faire échec, dans les jours et les semaines à venir, à ce projet profondément injuste.

  • [Entretien] Jean Pugens : « Nous affirmons que la fin de la gratuité ne réglera rien »

    [Entretien] Jean Pugens : « Nous affirmons que la fin de la gratuité ne réglera rien »

    La Marseillaise : Vous dites que supprimer la gratuité des transports ne résoudra pas les difficultés financières de la Métropole. Pourquoi ?

    Jean Pugens : Le budget de la Métropole, c’est 5 milliards et le trou annoncé sur le budget 2026 qui n’est pas voté, c’est 144 millions, aujourd’hui réduit à 53. La gratuité sur le pays d’Aubagne et de l’Étoile, c’est 2 millions, et pour les plus de 65 ans et les moins de 11 ans sur l’ensemble de la Métropole, c’est 10 millions estimés… Ces 12 millions ne résoudront donc pas la problématique. Surtout que ça n’interviendra que sur le budget 2027.

    Vous faites le lien entre gratuité et transition écologique. Comment en évaluez-vous l’impact ?

    J.P. : Sur la fréquentation. À Aubagne, elle a été multipliée par trois avec la mise en place de la gratuité en 2009. Après, il n’y a pas de réelles études, mais on sent une montée en puissance, surtout aujourd’hui, avec le prix de l’énergie et du carburant : les gens veulent prendre les transports en commun.

    Pourquoi être opposé à la tarification sociale qui est proposée ?

    J.P. : La tarification sociale permet de préserver les plus démunis, c’est certain, mais pour mettre en place le tarif social, il faut des moyens de contrôle. On y est opposé parce que ça n’a pas été estimé par la Métropole, ça va coûter cher et on n’y gagnera rien. Après, sur un autre aspect, ça stigmatise les plus démunis qui doivent se justifier d’être pauvres. Beaucoup ne vont pas demander cette tarification, ils ne savent parfois même pas qu’ils y ont droit, donc derrière, il y a un non-recours aux droits. L’accès libre règle bien mieux les choses.

    Pourquoi demandez-vous un bilan du plan mobilité métropolitain ?

    J.P. : Le plan mobilité a été voté en 2021 avec des objectifs, notamment réduire la part de la voiture et les rejets de CO2, améliorer la fréquentation des transports en commun… Supprimer la gratuité, c’est remettre des barrières et bloquer à nouveau leur accès. On demande cet audit car comme la chambre régionale des comptes l’a signalé, il n’y a aucun indicateur dans le plan. On est sur des orientations qui étaient bonnes il y a six ans, mais aujourd’hui, on ne sait pas où on en est, ni ce qu’on peut mettre en œuvre pour y arriver. On a besoin de le mesurer pour repositionner la politique de la Métropole sur les transports.

    Quelles mesures portez-vous pour répondre à la question financière ?

    J.P. : Aujourd’hui, la question financière, on la renvoie aux politiques qui ont à décider. Nous, nous affirmons que la fin de la gratuité ne réglera rien. Deux options ont été posées par le préfet sur les dotations financières d’équilibre et de solidarité. Les communes doivent se mettre d’accord. Après, un autre sujet commence à se poser, celui du millefeuille métropolitain et départemental, il y a peut-être là des économies à faire. On demande aussi l’utilisation des fonds verts européens et nationaux qui n’ont pas été mobilisés par la Métropole pour décarboner les transports. On demande aussi le retour de l’argent des dividendes des tunnels et parkings métropolitains qui tombent dans les poches des actionnaires de Vinci. On peut trouver de l’argent pour développer des politiques qui vont dans le sens de l’amélioration du climat.

    Le versement mobilité est une autre option sur la table ?

    J.P. : Nous portons ce sujet depuis plus de dix ans. Aujourd’hui, le président de la Métropole a signé une tribune avec l’association France urbaine en ce sens. Si le versement mobilité montait au même niveau que Paris, c’est 1% de plus, on gagnerait 220 millions. Or, la gratuité totale estimée sur la Métropole, c’est 202 millions. Par contre, on ne partage pas du tout le point de vue de Nicolas Isnard qui dit que c’est le budget de transport qui créé un déficit. Il y a d’autres choses qui créent du déficit. C’est pour ça aussi qu’on réclame cet audit du plan.

    L’équité de traitement des usagers du territoire est souvent avancée contre la gratuité ?

    J.P. : L’équité, selon M. Isnard, c’est que tout le monde paye, et paye plus cher puisqu’il parle d’augmenter la part du ticket. En 2025, avec la gratuité pour les plus de 65 ans et les moins de 11 ans, l’équité a progressé, et on demande à l’étendre à tous les retraités. La gratuité totale est finançable. C’est cette équité qui amènera un véritable progrès social.

  • À Fos-sur-Mer, La concertation s’ouvre pour un pipeline d’hydrogène

    À Fos-sur-Mer, La concertation s’ouvre pour un pipeline d’hydrogène

    Le projet est titanesque : 820 km de pipe line, 512 communes traversées réparties dans cinq régions et douze départements de France, des Bouches-du-Rhône à la Moselle. La concertation publique du projet Hy-Fen, porté par NaTran, s’est ouverte lundi 28 septembre et s’achèvera le 20 décembre prochain.

    Cette infrastructure, qui doit transporter 2 millions de tonnes d’hydrogène par an, formerait un axe majeur à l’échelle européenne, reliant des zones de production importantes, situées notamment dans la péninsule ibérique, et des zones de consommation industrielle en France et dans le Nord de l’Europe. « L’acier, pour se décarboner, va avoir besoin d’hydrogène vert, détaille Anthony Mazzenga. La molécule servira aussi à la production de carburants de synthèses (e-saf) qui pourront se substituer aux carburants fossiles. » Le directeur développement chez NaTran défend un projet « structurant » pour la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer, pour la volée de la chimie et les nombreuses industries situées dans le Grand-Est. « Hy-Fen a vocation à être une infrastructure ouverte pour accueillir de nouveaux industriels le long du parcours et faire bénéficier à la France d’une attractivité industrielle », poursuit-il.

    Le projet se pose également comme un maillon essentiel du corridor européen H2Med, et est soutenu par l’Union européenne qui s’est fixé l’objectif d’atteindre 10 millions de tonnes d’hydrogène renouvelable produites sur son territoire d’ici à 2030, et de couvrir 20 à 25% de la demande énergétique d’ici à 2050.

    Sur le terrain, les études ont commencé depuis plusieurs mois et se poursuivront jusqu’en 2030. Le périmètre du tracé est en cours d’élaboration, sur une largeur de 5 à 6 km. La concertation « doit permettre de le réduire dans une logique de moindre impact », explique Agnès Sindou-Faurie, déléguée territoriale Rhône Méditerranée chez Natran. Fos-sur-Mer a une place toute particulière dans ce parcours, puisqu’elle sera la zone d’atterrage du tuyau. La mise en service fonctionnelle est prévue en 2032.

  • Les seniors en forme à la Vieille Charité

    Les seniors en forme à la Vieille Charité

    « J’ai trouvé ce dispositif qui est gratuit et qui a l’air génial ! » s’exclame Anne-Marie, 67 ans et retraitée depuis le 1er septembre, qui a découvert le dispositif cet été. Elle fait partie des plus de 1 000 seniors qui bénéficieront de séances hebdomadaires gratuites de sport-santé sur neuf sites de la ville, notamment au parc Longchamp ou à l’Espace Mistral, à l’Estaque.

    Cette matinée marquait donc la rentrée sportive pour ces seniors qui, après avoir partagé un petit-déjeuner offert et un temps d’échange, se sont mis en mouvement sous la conduite des six coachs présents. De la danse, de la marche à pied au sein du bâtiment historique de la Vieille Charité et plusieurs ateliers motricités étaient proposés.

    Pour Faty Maoulida, coach sportive pour l’organisation depuis quatre éditions, cet événement est indispensable : « J’avais vraiment envie de cibler ce public car il est super intéressant. On fait beaucoup d’agilité, de motricité, d’équilibre, de la coordination aussi. On voit l’évolution chaque année pour les personnes qui reviennent ».

    « Un engouement exceptionnel »

    Le dispositif a été perturbé en raison des fortes chaleurs cet été, empêchant la pratique de plusieurs activités en plein air. Eric Méry, adjoint au maire de Marseille délégué au sport, est revenu sur le sujet : « On a clôturé la saison dernière avec un engouement exceptionnel, on en a moins fait cet été à cause de la canicule, mais nous sommes de retour, encore plus nombreux cette année pour vous accompagner et vous écouter ». L’accompagnement s’accentue avec le lancement du pass séniors et la gratuité des piscines municipales pour les plus de 60 ans depuis 2025.

    Détails sur le site marseille.fr

  • [Entretien] Lucie Guermond : « On va être de plus en plus touchés par le manque d’eau »

    [Entretien] Lucie Guermond : « On va être de plus en plus touchés par le manque d’eau »

    La Marseillaise : Quels enseignements tirer de ce panorama ?

    Lucie Guermond : Regard Sur l’Eau est un travail partenarial qui veut synthétiser les enjeux de l’eau pour les collectivités. En 2025, on considérait 54% des masses d’eau de surfaces en bon état écologique, des contrastes marqués entre le secteur alpin et le littoral, et plus de dégradations dans les zones agricoles. Cette parution dresse un portrait de l’état de nos milieux aquatiques et identifie les différentes pressions qui s’y exercent. On en dénombre cinq : la surexploitation des ressources, l’artificialisation et l’altération physique des milieux, la pollution, les espèces exotiques envahissantes et, enfin, le changement climatique. Ce dernier point exacerbe tous les autres et impacte aussi bien la quantité que la qualité de la ressource en eau. On prévoit une baisse de 10 à 20% des débits moyens annuels d’ici 2050, qui ira jusqu’à 50% pour les débits estivaux d’ici la fin du siècle. Aussi, aujourd’hui, une grande partie de la gestion régionale de l’eau est tributaire de l’enneigement du massif alpin, qui pourrait réduire de moitié d’ici 2030.

    Quelle place tient la région Paca dans le constat par rapport
    au reste du territoire national
     ?

    L.G. : Au niveau national, cet été s’est remarqué par la multiplication des canicules et les modélisations scientifiques montrent qu’on se dirige vers des phénomènes extrêmes de plus en plus fréquents et puissants. L’été 2026 a également été le plus chaud jamais enregistré en région et des déficits en eaux souterraines persistent dans certains secteurs, notamment à l’est, dans le Var et en Provence verte. Il est important de rester vigilant et de prendre en compte que le changement climatique et les sécheresses seront plus marqués à l’avenir. C’est le message qu’on veut faire passer : on va être de plus en plus touchés, on l’est déjà et ça s’accentue.

    Ce rapport s’adresse-t-il aux élus ?

    L.G. : Comme le dit le proverbe : « On protège ce que l’on aime et on aime ce que l’on connaît. » L’objectif est de permettre aux élus de saisir les enjeux que présente la ressource en eau, pour que les collectivités puissent décliner des réponses d’adaptation et de restauration des milieux sur leurs territoires. On publie nos travaux aujourd’hui, mais le travail se fait tout au long de l’année, via différents outils : notre analyse des enjeux en région doit favoriser la prise en compte de l’eau et des milieux aquatiques dans les programmes des politiques et des pouvoirs publics.

  • Le vœu pieux d’Olivier Galzi sur la crèche publique de l’hôpital

    Le vœu pieux d’Olivier Galzi sur la crèche publique de l’hôpital

    « Franchement, vous faites un truc qui sert à rien », finit par lâcher Olivier Galzi, las des relances de son opposition de gauche, lundi soir, en clôture du conseil municipal. Le maire (DVD) était sommé de se positionner quant à une motion portée par le groupe de « La nouvelle Avignon populaire (LFI-PCF) ». Lu par Mathilde Louvain, le vœu plaide pour que la direction de l’hôpital « abandonne tout projet de privatisation ou de délégation au secteur privé de sa structure d’accueil de la petite enfance et que la crèche soit pleinement maintenue dans le giron du service public, avec des moyens humains et financiers pérennes garantissant un accueil optimal pour les enfants ».

    Depuis cet été, personnel et usagers, épaulés par l’intersyndicale CGT-FO-CFDT, sont vent debout contre la possible externalisation de ce service interne à l’hôpital, proposant des horaires adaptés au rythme de travail des agents hospitaliers. Mi-septembre, un vif échange a eu lieu directement dans le bureau du directeur, Pierre Pinzelli. Celui-ci assurait qu’aucune décision sur le mode de gestion n’était prise, mais que la crèche nécessitait de lourds investissements de modernisation « et que l’établissement ne dispose pas de ce financement, sa priorité d’investissement restant les équipements médicaux et le projet architectural des services de soins ».

    Ce lundi soir, ils étaient une quinzaine devant l’Hôtel de ville à réaffirmer leur attachement à une crèche publique hospitalière. « Nous partageons l’ensemble des objectifs que vous venez d’énoncer, mais le centre hospitalier est un établissement autonome et, par conséquent, c’est lui qui décide du mode de gestion pour sa crèche », répond Olivier Galzi à Mathilde Louvain.

    La crèche, un atout « d’attractivité médicale »

    Trop court pour l’opposition qui demande au maire, également président du conseil de surveillance de l’hôpital, de se mouiller davantage. « Au conseil de surveillance, je demande de préserver des places pour le personnel hospitalier avec des horaires élargis et une tarification accessible, développe le maire. Je n’interviens pas dans le mode du choix de gestion. J’ai même envie d’aller plus loin : un mode de gestion publique n’est pas une garantie d’un bon service. » Olivier Galzi assure en parallèle travailler « à des solutions pour proposer des places dans les crèches municipales pas très loin » de l’hôpital.

    Quand David Fournier (PS) rappelle que cette crèche « aide à l’attractivité médicale » ou que Oukacha Rtili (LFI) renvoie le maire à son programme municipal « où vous marquiez votre soutien à l’hôpital public », Olivier Galzi se fait le porte-voix du directeur de l’hôpital : « Son souhait est d’optimiser le coût et le service rendu ». Et de clore le débat. « On a fait le tour, vous verrez bien en conseil de surveillance ».

    La motion a été rejetée par toute la majorité, le RN s’abstenant, seules la gauche avec ses dix voix a voté pour.

    ET AUSSI

    Galzi – Rigault, tensions à la chaîne

    Entre le maire et son opposante RN, la soirée a été piquante. Avant même l’entame des rapports, Anne-Sophie Rigault s’est plainte de ne pas disposer d’un bureau, le seul attribué étant à ses yeux« insalubre », déplorant aussi l’absence de réponses à ses questions en amont des séances ou le détail des votes. « Je ne suis pas sourd d’oreille, vous l’aurez à la Saint-Glinglin », s’agace un peu plus tard Olivier Galzi quand son opposante en remet une couche. Le maire dénoncera aussi« un coup politique qui a entravé l’enquête interne »au sujet du vol de viande à la cuisine centrale, affaire pour laquelle Anne-Sophie Rigault a récemment fait un signalement à la justice. « Vous parlez de vol, or, cela n’a pas été caractérisé à l’inverse de votre nouveau sénateur que l’on peut traiter de voleur », balance Olivier Galzi en référence à la condamnation définitive en 2014 de Thierry D’Aigremont à deux ans de prison avec sursis pour recel de vol. L’élue RN avait un peu plus tôt évoqué la défaite aux sénatoriales d’Anaïs Hausmann, compagne du maire, absente lundi soir.

  • L’exigence d’un meilleur accès aux services publics à Digne

    L’exigence d’un meilleur accès aux services publics à Digne

    « Avant, on avait des services publics qui étaient organisés en fonction des besoins de la population. Aujourd’hui, ils sont organisés en fonction des besoins du capital. Cela crée une inégalité de traitement des citoyens, puisque les services qui ne sont pas rentables sont fermés », a regretté Cédric Volait de la CGT Santé 04, mardi, en marge de la manifestation organisée notamment pour défendre les services publics, déplorant la fermeture régulière des services d’urgence du département pendant la nuit.

    Le syndicaliste était présent lorsque l’Anap (Agence nationale d’appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux) a présenté les conclusions de son rapport pour identifier de potentielles mesures d’efficience, le 9 juillet. « L’Anap, qui était là uniquement dans un objectif d’économie, a dit qu’ils recommandaient de ne pas rouvrir les urgences la nuit à Manosque, parce que ça coûtait trop cher », regrette-t-il.

    « Nous ne sommes pas agents de l’hôpital public pour générer des profits ou faire des économies », a ajouté Anne-Laure Collado, la secrétaire de la CGT de l’hôpital de Digne. « L’hôpital de Digne est en déficit, pas parce que nous coûtons trop cher, mais parce que les gouvernements successifs ont tout fait pour ne plus le financer », a-t-elle lancé au micro. « Plutôt que de financer le soin et la vie, Macron décide de financer la guerre et la mort. »

    Une délégation reçue

    par la préfète

    Sylvie Mouffok, la secrétaire de Sud PTT 04, alerte de son côté sur deux bureaux de poste « menacés de fermeture » : celui d’Allos et celui de la Javie. « Cet été à Digne a été catastrophique pour la distribution de courrier. Un jour sur deux, il n’y avait pas de tournée », déplore-t-elle. « On est sur un territoire ultra-rural, qui est pénalisé, comme tous les territoires excentrés. Les différentes réformes n’ont pas aidé », regrette Bertrand Perrin, secrétaire départemental du PCF.

    Lionel Lasfargues, secrétaire du Snes-FSU 04, a de son côté déploré le manque d’accès aux cours de français langue étrangère pour les élèves non francophones, pour certains réfugiés politiques. « L’éloignement géographique et les contraintes de transport en milieu rural conduisent à l’affectation de ces élèves dans des établissements de proximité dépourvus » de dispositifs adaptés.

    Une délégation de cinq personnes de FO a été reçue, à midi, par la préfète pour alerter sur « les services publics dégradés » dans le département rural, les fermetures de classe et le manque de moyens de l’hôpital de Digne. « Tous ceux qui dépendent des services publics souffrent, sans parler de l’augmentation du prix du gasoil et de la fermeture des urgences », regrette Agnès Campanella, secrétaire départementale FO 04.