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  • Relève assurée au Marseille-Mazargues canoë-kayak

    Relève assurée au Marseille-Mazargues canoë-kayak

    Quand un champion hors normes prend sa retraite, ceux qui l’ont accompagné durant sa carrière ont forcément un petit pincement au cœur.

    « C’est une belle page de l’histoire du club que nous allons tourner, avec la retraite de Denis Gargaud-Chanut. Mais nous la tournons avec enthousiasme, car la relève toque à la porte ! » Pour Charles Gache, ce moment n’est donc pas une fin, mais donne plutôt le coup d’envoi d’une nouvelle génération de céistes et kayakistes.

    « La relève est là. Elle l’a montré lors des derniers championnats du Monde », poursuit le président du Marseille-Mazargues canoë-kayak (MMCK). Il songe à Luca Barone, Raphaël Bonnard, Corentin Georgeon et Titouan Doreau. Ses mousquetaires qui ont flirté avec le titre suprême, lors des derniers championnats du Monde. « Malheureusement, les Tchèques étaient chez eux et se sont montrés intraitables sur leur plan d’eau. Il y a quand même une médaille d’argent mondiale à la clef », se console le dirigeant marseillais.

    Charles Gache est un président de club heureux. Heureux de voir que les 270 licenciés sont toujours prêts à prendre l’eau, quelles que soient les conditions. Heureux qu’aussi bien en canoë, kayak, ou kayak de mer, « il y a des groupes qui font le plein et des résultats en compétitions qui alimentent le palmarès du MMCK ».

    Mixité totale

    Dans le club aux quatre champions olympiques, il y a, certes, un abonnement aux plus belles récompenses. « Mais, chez nous, tout le monde peut pratiquer, quel que soit son niveau, ses attentes et les objectifs », souligne Nicolas Manoussos.

    Il y a les entraînements sur la base de l’Huveaune, les sorties en mer, les stages en rivière, « où débutants et champions travaillent ensemble, sans limite d’âge, notamment pour les sorties en mer », poursuit le directeur sportif du MMCK, dont le doyen des pratiquants est né en 1945.

    Si la compétition est un des objectifs au sein de son club, derrière la partie émergée de l’iceberg, on retrouve toute une série d’initiatives qui permettent à chacun de se révéler face à un élément, l’eau, qui n’est pas forcément évident à maîtriser. « Prendre une pagaie en main, c’est le point de départ d’une découverte. D’explorer des valeurs sociales et sortir certains jeunes en leur faisant voir autre chose que leur quartier », note l’éducateur.

    Pratiquants et encadrants ont les mêmes objectifs, à savoir « faire vivre une passion et transmettre des valeurs d’assiduité, de dépassement de soi et de partage ». Il reconnaît que, bien souvent, « les gens viennent au kayak par hasard. Et vivent une véritable révélation lorsqu’ils côtoient les gens du club au quotidien ».

    Outre les entraînements club, la base de l’Huveaune accueille, chaque année, 1 500 élèves de Marseille qui ont droit à deux journées de découverte. Auxquels s’ajoutent les gens qui s’inscrivent aux stages. Ce qui fait une moyenne de 16 000 personnes qui fréquentent le club. « Nous sommes le seul club qui pratique sur l’eau calme, la mer et l’eau vive. Notre but n’est pas de les forcer à aller en compétition, mais de les aider à devenir de belles personnes, apprendre à souffrir, s’amuser, assumer une défaite et se réjouir d’une victoire », confie Nicolas Manoussos.

    À noter que le matériel (bateau, pagaie, chaussons) est fourni et qu’il est possible de prendre une licence à l’année. Ou s’inscrire à des stages ponctuels, ouverts à tous, qui sont proposés toute l’année.

    Dans le sillage de Denis Gargaud-Chanut et des sœurs Noémie et Jessica Fox, la relève s’appelle Titouan Doreau, Luca Barone, Raphaël Bonnard et Corentin Georgeon, pour les espoirs. Mais aussi Raphaël Ducher, Tobias Jones, Romain Rekik et Naël Saadallaoui, qui ont obtenu de très bons résultats dans les catégories de jeunes.

    Renseignements : https://mmck.fr/

  • Un Samu tout neuf pour le printemps

    Un Samu tout neuf pour le printemps

    Tout ne sera livré qu’au printemps, mais l’essentiel des murs du futur Samu « zonal », dont le périmètre s’étend de Marseille à la Corse en passant par l’Occitanie, a été monté. Implantés à la Timone, à deux pas du futur pôle Femmes Parents Enfants, les 7 500 mètres carrés de ce bâtiment aux dernières normes environnementales accueilleront également le centre de régulation des réception et de régulation des appels au 15, le centre anti-poison et les équipes du Smur (service mobile d’urgence et de réanimation). Un bond dans la modernité, conviennent les équipes médicales. Et une immense satisfaction pour le président de la Région, Renaud Muselier (Ren.), qui a participé à hauteur de 6 millions d’euros sur les 23 millions de coût du projet.

    « J’ai fait toutes mes études dans les urgences et je me souviens, on se reposait sur des brancards », commente l’élu en découvrant les chambres de garde. Espace de coworking, vaste salle de régulation et PC de crise, parking pour les 16 ambulances… Des dimensions adaptées à l’activité du « deuxième Samu de France derrière celui de Lille », explique le docteur Fouzia Heireche, directrice médicale du Samu 13, avec 800 000 appels au 15 et 40 000 interventions par an. « Et cela ne fait que monter, nous prévoyons dans nos projections d’atteindre le million », ajoute-t-elle.

    Un engagement collectif

    « Ce projet s’inscrit dans le cadre d’un plan de modernisation de l’AP-HM », précise François Crémieux, son directeur général, rappelant qu’au sortir du Covid, le système était « déstabilisé », même s’il se félicite que les bâtiments des années 60 aient « tenu le coup ». Mais « on est arrivé a une fin de cycle », estime-t-il. C’est aussi pour lui le résultat d’un « engagement collectif ». D’abord de l’État avant 2020, assorti d’une rallonge dans le cadre du plan Marseille en grand, puis des collectivités territoriales, souligne-t-il, avec 31 millions d’euros de la part de la Région, « quand partout ailleurs c’est quelques centaines de milliers d’euros ».

    Un investissement justifié estime Renaud Muselier. Si ce n’est pas dans ses compétences, « j’ai la charge de l’aménagement et du développement de ce territoire et ce n’est pas possible de ne pas avoir de réponse sur la santé », déclare-t-il, ajoutant que 130 millions d’euros ont été débloqués pour ce faire. « On a ventilé sur les 6 départements, on avait 15 maisons de santé ouvertes, on en a maintenant 124 », détaille-t-il. Et d’insister sur sa volonté pour le Samu, d’avoir « quelque chose d’efficace tout de suite » et qui serve à toute la région.

  • Denis Gargaud-Chanut, un champion tous azimuts

    Denis Gargaud-Chanut, un champion tous azimuts

    Des quartiers nord de Marseille à la médaille d’or olympique du côté de Rio de Janeiro (Brésil), il en a vécu des aventures.

    Denis Gargaud-Chanut, pagaie en main, a gagné tous les titres dont peut rêver un sportif. Dès son douzième anniversaire, quand il est tombé dans la marmite du MMCK, « j’ai suivi mon frère aîné, qui pratiquait déjà, après être passé par le football et le judo », se souvient-il. Rapidement, il a engrangé les titres, comme d’autres le font avec des perles.

    Jusqu’à aller chercher l’or olympique, à Rio de Janeiro, en 2016. « À mon retour, ce qui m’a touché, ce sont les mots de Bébert Tobelem. Ses mots ont été le plus beau cadeau et m’ont permis de continuer à réaliser de belles choses », se souvient-il. À l’occasion de la fête du MMCK, où les champions actuels ont été mis à l’honneur, Charles Gache et son équipe en ont profité pour organiser le jubilé de Denis Gargaud-Chanut. Salué au passage par les sœurs Noémie et Jessica Fox, dernières championnes olympiques en date du club, sous les couleurs australiennes.

    S’il a décidé d’arrêter la compétition, il va poursuivre son engagement au sein du Marseille-Mazargues canoë-kayak. « Je prendrai le temps de redonner au sport ce qu’il m’a donné. L’esprit bénévole est quelque chose qui est ancré en moi, car c’est comme ça que je me suis formé », précise-t-il.

    Dans son métier de courtier en assurance, il relève de nouveaux challenges. « Je me bats pour mes sociétaires comme je me battais sur l’eau. C’est un rôle différent, parfois plus dur, mais je suis très heureux du choix que j’ai fait. Il me fallait juste le courage d’y aller », précise-t-il. Avec en tête tous les moments forts qu’il a vécu avec le club ou en équipe de France, « Ce que je retiendrai de ces années, le chemin parcouru et ces gens croisés qui m’ont permis d’apprendre certaines valeurs. »

    Avec une pensée particulière pour « Bebert [Tobelem, Ndlr.] qui m’a accompagné tout au long de ma carrière et m’a permis de me révéler ».

  • Alice au pays des merveilles et du bestiaire du Muséum

    Alice au pays des merveilles et du bestiaire du Muséum

    Le son d’un piano aux notes lancinantes happe le visiteur, sitôt le seuil franchi de l’exposition. De grandes cartes à jouer y aimantent les rétines, notamment la tyrannique dame de cœur présente dans Alice au pays des merveilles, qui toise une simili tortue en bronze réalisée par Bernard Briançon ainsi qu’un spécimen des collections du Muséum d’histoire naturelle de Marseille. Imaginé par ce plasticien bigrement poétique, le parcours « Aliçe et les drôles d’oiseaux », visible jusqu’au 8 mars, ne pouvait rêver plus bel écrin. Alice avec sa cédille, comme pour mieux illustrer toutes les façons de percevoir l’univers fantastique irriguant le roman écrit par Lewis Carroll en 1865. On ne sort pas indemne de cet itinéraire artistico-scientifique truffé de références à l’ouvrage, miroir de sa polysémie et de son absurde. Il faut dire que Bernard Briançon semble entretenir un lien presque mystique avec le célèbre livre. « Au fil du temps, je me suis aperçu de parallèles assez incroyables entre mon travail et cette œuvre », confie-t-il devant un lézard et un lapin de sa confection, en cuir de ballons recyclés.

    Triple lecture

    « Alice au pays des merveilles comporte un bestiaire très important, aussi bien en animaux fantastiques que réels », rappelle Anne Médard. Pour la responsable du Muséum d’histoire naturelle de Marseille et Bernard Briançon, une aubaine pour ouvrir les imaginaires des visiteurs, tout en épaississant leurs matière grise et conscience écolo, atteste entre autres une séquence autour du dodo, cet oiseau si présent dans l’histoire, mais qui permet aussi d’évoquer « les espèces disparues ». Une exposition que les admirateurs du roman régaleront, et que les non initiés transporteront. Si l’un de ces derniers « décide de le lire en sortant de l’exposition », espère le plasticien, ce sera merveilleux.

  • Dialogue de sourds sur le pont de Rognonas

    Dialogue de sourds sur le pont de Rognonas

    Ce lundi, Fabrice Tocabens, adjoint (PS) aux mobilités, vidait son sac « de colère » au sujet de gros dossiers transports du territoire, accusant notamment l’État de « mentir », quant à la LEO ou l’arrêté anti poids lourds. La Ville dénonçait également l’arrêté pris « en catimini » par le Conseil départemental des Bouches-du-Rhône, interdisant aux plus de 26 tonnes d’emprunter le pont de Rognonas qui franchit la Durance et entre dans Avignon.

    Le tout pour des raisons avancées de fragilité de l’ouvrage et dans l’attente d’études complémentaires. Furibard, Fabrice Tocabens fustigeait « un acte de mépris » sans concertation ni étude transmise. « Le Département des Bouches-du-Rhône peut la communiquer aux services qui en feraient la demande, nous répond la collectivité. Le Département de Vaucluse en a fait la demande et en a donc été destinataire. La Ville d’Avignon n’en a pas fait la demande mais nous nous tenons à sa disposition. » Du côté d’Avignon, on reconnaît qu’il n’y a pas eu peut être de « formalisme avec courrier de demande d’étude » mais des échanges sur le sujet ont eu lieu mi-novembre entre services.

    Idem, la Ville doutait de la réelle application de l’arrêté, dont un simple panneau de mise en garde a été installé sur le rond-point en amont, côté Bouches-du-Rhône uniquement. « L’arrêté est bien en vigueur et le Département des Bouches-du-Rhône n’est pas chargé du contrôle de sa bonne application, qui relève des forces de l’ordre. Au même titre que pour les autres arrêtés de ce type, les services du Département et les forces de l’ordre travaillent en étroite collaboration pour sa bonne mise en œuvre », nous répond le CD 13. Selon la Ville d’Avignon, quelque 700 poids lourds sont concernés par l’interdiction mais ne constate pas, depuis un mois et demi et l’entrée en vigueur, de baisse du trafic. « L’arrêté ne mentionne aucune déviation, si on veut qu’il fonctionne et soit réellement applicable il aurait fallu une volonté d’avancer collectivement », déplore-t-on au sein de l’Hôtel de ville qui, à ses frais, est en train d’installer des panneaux d’information côté Vaucluse.

  • Yann Bompard, assistant fictif d’une députée sous emprise

    Yann Bompard, assistant fictif d’une députée sous emprise

    Au premier jour du procès à Marseille de Yann Bompard, 39 ans, le maire Ligue du Sud d’Orange, accusé d’avoir perçu 42 000 euros nets pour 15 mois d’emploi présumé fictif d’assistant parlementaire, l’audience a plongé dans le vif avec la diffusion de l’écoute où la députée de la 4e circonscription du Vaucluse, Marie-France Lorho, apprenant le 5 septembre 2023 que la PJ perquisitionne sa permanence, demande à un assistant de mentir aux enquêteurs sur la réalité des 208 heures forfaitaires par an effectués par Yann Bompard pourtant élu maire d’Orange en novembre 2021, conseiller départemental et président de la communauté d’agglomérations. Un grand moment d’audience.

    « C’est la merde. On a une enquête pour prise illégale d’intérêts », s’affole la députée. « Et bien voilà… Je suis censé dire quoi ? » dit, pas surpris, Jean-Baptiste Rolland, un de ses quatre collaborateurs parlementaires. « Qu’il faisait des discours, qu’il travaillait sinon on va être dans la merde », lance Marie-France Lorho à qui Jacques Bompard, ex-maire d’Orange condamné et inéligible, a cédé son siège en 2017. « C’est quand même chaud de me demander de mentir », maugrée le collab. « Moi aussi je vais mentir », l’amadoue la députée. « Vous couvrir, c’est une chose mais me demander de mentir c’est une autre. Y a rien, aucune trace d’un travail de sa part. Faire une fausse déclaration là-dessus, heu… », freine l’assistant.

    « Un ignoble petit merdeux d’une famille de tarés »

    Rolland la met en garde : « Quand bien même je mentirais, il n’y a aucune trace matérielle pour corroborer nos dires. Pas une photo en 5 ans où il nous accompagne sur un événement. Il n’y a rien, rien, rien. Pour le journal, il a appelé La Poste c’est tout. Il était là les huit premiers mois mais ça s’est arrêté là. Je m’étonne que ça ne nous soit pas tombé dessus plus tôt. »

    D’autres écoutes frappent encore quand ce même collaborateur narre à un proche son audition par les enquêteurs : « Ils ont compris que c’est un ignoble petit merdeux d’une famille de tarés. (…) C’est un branleur, c’est fictif, fictif, il fait comme Pénélope [Fillon]. » Des élus peuvent témoigner pour Yann, « ils sont choisis génétiquement pour leur soumission ». De sa patronne il dit qu’« elle est con comme c’est pas permis. Elle a une culture nulle. C’est juste une bourge qui a l’entregent des bourgeois, sinon c’est une cruche absolue ». Léopoldine, autre collaboratrice sur écoute, plombe la députée : « Je l’avais mise en garde une trentaine de fois. Elle s’est autopersuadée qu’il travaillait. »

    À la barre, la députée réélue en 2022, qui s’est affranchie de l’emprise des Bompard en passant au Rassemblement national, nie tout détournement, réfute même la subornation de témoin. « J’étais perdue ce jour-là. Jamais, j’aurais menti. Le travail de Yann était là », chouine Mme Lorho qui dit sa crainte du clan Bompard qui l’insulte, lui fait des bras d’honneur sur les marchés. « Je m’en veux de ne pas avoir été plus rigoureuse sur le temps partiel. Mais je peux vous assurer que Yann Bompard a rédigé des discours, fait des courriers aux administrés. Je ne les ai pas gardés car je jetais tout. »

    « Elle travaillait de son côté et moi du mien. On avait peu d’échanges », se défend Yann Bompard qui risque l’inéligibilité. « Je n’ai jamais eu la sensation de voler de l’argent à qui que ce soit. Oui la double rémunération pour le travail de maire et celui de collaborateur parlementaire était complètement justifiée. » Pour lui, toutes ses missions se confondent. « Comme maire, je promeus l’action de la députée les jours de marché. L’attaché parlementaire, c’est comme un couteau suisse. Le maire n’agit que très peu finalement, l’administration sert à ça. » Les juges apprécieront. Les électeurs aussi de ce Dallas provençal.

    Réquisitoire aujourd’hui.

  • Avant sa dernière séance, Cécile Helle livre ses conseils

    Avant sa dernière séance, Cécile Helle livre ses conseils

    Le der des der. Selon notre décompte, hors conseils municipaux d’installation, Cécile Helle vivra ce samedi son 94e et dernier conseil municipal en tant que maire d’Avignon. La première magistrate a reçu, ce mercredi, La Marseillaise pour un bilan de cet exercice spécifique du rôle de maire, mené pendant deux mandats.

    La préparation

    d’un conseil municipal

    « Une séance rythme l’engagement de la vue de maire. Lors du premier mandat, je m’étais calée sur les pratiques de Mme Roig [prédécesseure] avec un conseil par mois le soir à 18h. Mais le rythme était trop lourd, pour les services aussi. Là, on est à une séance tous les deux mois, c’est mieux. Le fait de les tenir le matin, on est globalement moins fatigués et les débats sont plus apaisés. A priori, le temps de préparation d’un conseil, c’est l’équivalent de la durée du conseil. C’est ma façon de travailler si vous souhaitez maîtriser tous les sujets. En général, j’analyse les rapports toujours dans la semaine qui précède, tout un après-midi ou toute une matinée pour me permettre de bien me les réapproprier, même si je connais la plupart d’entre eux. Cela me permet de bien relire, de vérifier qu’il n’y a pas d’erreurs, ou de poser des questions aux services pour me retrouver en situation, au moment de la séance, d’avoir la réponse à toutes les questions possibles. Présider un conseil, c’est aussi une épreuve physique. J’ai un tempérament de sportive. Donc la veille, j’allège le programme en soirée, je prends un bon dîner et petit déjeuner pour éviter les fringales. Je ne sors quasiment jamais de la séance. Il faut être attentive du début jusqu’à la fin, parce qu’il suffit d’un moment où vous pouvez laisser votre esprit un peu vagabonder pour que d’un seul coup, il se passe quelque chose. Au bout de 5 heures ou 6 heures, vous en sortez bien fatiguée, physiquement mais aussi intellectuellement. Ce n’est pas un exercice qui risque de me manquer. »

    L’état d’esprit pour cette dernière

    « C’est un conseil comme un autre, important avec notamment le vote du budget. Je ne me projette pas sur des choses particulières, comme ça, je serais peut-être surprise. En général, à la fin du conseil de décembre, je remercie les services pour l’ensemble du travail fait sur l’année, donc là, simplement, je dirais peut-être la même chose, mais pour les 12 ans d’exercice. »

    La délibération qui rend le plus fier

    « C’est toujours difficile de répondre à ce genre de questions, parce que ça veut dire qu’on va citer un projet plutôt qu’un autre. S’il y avait peut-être une délibération à sortir, c’est celle sur la remunicipalisation des cantines scolaires. Elle a été prise au tout début du précédent mandat, où on m’a dit clairement dans les services, que ça ne pourrait pas se faire. Donc il fallait une vraie force et conviction politique pour porter à bout de bras et à marche forcée ce projet dans un timing très court. L’objectif était qu’au 1er septembre 2015, il fallait qu’on soit en capacité de confectionner des repas pour les enfants des cantines. On a réussi à relever le défi, ce qui a permis après aussi d’enclencher la baisse des tarifs sur l’autre mandat. »

    Le moment le plus dur

    à gérer

    « Je retiendrai le contexte lié à la crise sanitaire, ce n’était pas évident. Les assemblées délibérantes ont été bousculées dans leur fonctionnement habituel. Si on m’avait dit en 2014 qu’un jour je présiderais un conseil municipal en visioconférence, je ne l’aurais pas cru. Il y avait des difficultés techniques, des questions de sécurité sur les votes… Cela a été un début de mandat particulier, c’était compliqué aussi, du coup, de créer de la cohésion de groupe. »

    Rires et émotions

    « On peut avoir des fous rires, parfois en fin de séance, lors des questions orales. Mais les conseils d’installations restent symboliquement forts. Il faut profiter de cet instant, où on est encore dans la dynamique de la campagne, du succès, souvent avec des proches dans le public. Mais l’instant est très éphémère parce qu’après, on met les mains dans le cambouis et on est vite rattrapés par la réalité de la fonction municipale. »

    Conseils au successeur

    « L’une des règles, c’est de vraiment faire vivre la démocratie locale : être respectueux de tous les élus, de faire en sorte que quand il y a du débat, y compris contradictoire, ça se fasse dans le respect dû à chacun. Je n’aime pas les attaques personnelles, ce n’est pas comme ça qu’on combat des adversaires politiques, mais sur leurs idées, sur leurs convictions. Je me suis beaucoup inspirée de l’expérience que j’avais eue en tant qu’élue municipale d’opposition, où j’ai siégé pendant 7 ans face à Mme Roig. J’ai été plusieurs fois malmenée, y compris par des attaques personnelles dures. J’ai toujours essayé de me rappeler de ces moments-là et faire en sorte de garantir un vrai débat démocratique. »

  • « Notre salon Entrepreneur 13 propose des solutions concrètes »

    « Notre salon Entrepreneur 13 propose des solutions concrètes »

    La Marseillaise : Vous organisez ce salon alors que les entrepreneurs pointent l’instabilité politique. Quelles solutions proposez-vous ?

    Corinne Innesti : Bien sûr, les entrepreneurs sont inquiets. Personne n’aime travailler quand on ne sait pas à quelle sauce on risque d’être mangé. Quand des choses qui sont acquises changent de régime. Malgré tout, le milieu des entrepreneurs que nous représentons, notamment les TPE et PME, ne se laisse pas abattre dans tous les cas. Il faut qu’on leur montre, selon les thématiques, qu’il y a des solutions. C’est notre but : les accompagner, ne jamais les laisser seuls.

    Et dans quels domaines ?

    C.I. : Le sujet majeur du salon, ce sont les transitions. Demain, il y a la facture électronique qui arrive. Personne ne sait encore à ce jour, véritablement, comment ça va avoir un impact sur le quotidien du chef d’entreprise. Même principe pour l’intelligence artificielle : Comment la voir plutôt comme une opportunité et accompagner pour ne pas être en retard, pour anticiper plutôt que de le subir. Voilà, notre salon, c’est des solutions concrètes.

    Quels temps forts pour ce salon ?

    C.I. : On a des moments phares, on a une plénière et des ateliers qui rythment la journée. On a des « pitch party » où les gens, adhérents ou non adhérents à la CPME, vont venir se présenter, travailler ensemble, expliquer ce qu’ils font. Et au-delà de ça, on convie les écoles, les personnes même sans emploi, on a mis en place aussi un espace dédié aux associations, indépendamment de tout le reste. On montre des valeurs de cohésion. Moi, je crois beaucoup à la cohésion sociale, je pense qu’on doit pouvoir travailler tous ensemble. C’est ouvert vraiment à tout le monde. Notre force, c’est qu’on n’isole pas le monde de l’entreprise.

  • La Région promet 500 millions pour la Défense et la sécurité

    La Région promet 500 millions pour la Défense et la sécurité

    En partenariat avec le ministère des Armées et des anciens combattant, la Région Sud a lancé mardi en grande pompe l’Opération d’intérêt régional (OIR) Défense et Sécurité. Celle-ci s’articule autour de 7 priorités et de 50 actions déjà identifiées, qui doivent être rendues possible grâce à la mobilisation de 500 millions d’euros d’ici la fin du mandat.

    Une initiative qui s’inscrit dans la dynamique sécuritaire et militariste de la collectivité, entamée le 27 mars par Renaud Muselier (Ren.), président de la Région Sud, qui organisait alors une « agora de l’économie de défense ». « Avec cette OIR, la Région ne change pas de cadre, elle accélère. Elle met de la méthode, des moyens, de la clarté politique au service de la défense nationale, au service de la sécurité française, au service de la souveraineté de notre territoire et de la France », a lancé mardi Renaud Muselier, après avoir rappelé la place de choix qu’occupe Paca dans l’écosystème de la défense nationale, identifié comme « la première région militaire de France ». Yves Metayer, officier général de la zone de défense et de sécurité Sud, a quant à lui vivement soutenu la démarche initiée par la collectivité, la qualifiant de « formidable opportunité » pour « capitaliser sur les atouts de la Région Sud, terre de défense historique ».

    Géopolitique instable

    Renaud Muselier s’inscrit dans la ligne d’Ursula Von der Leyen, présidente de la Commission européenne, qui le 4 mars a lancé le plan ReArm Europe, promettant la mobilisation de 800 milliards d’euros dans les prochaines années pour renforcer la structure de défense européenne. Et dans celle du président de la République qui promet à la France « une économie de guerre ». Yves Metayer voit ces investissements militaires massifs de la Région comme une indispensable réponse au « contexte géopolitique instable ».

    « À l’heure où l’évolution du contexte stratégique impose d’accélérer la transformation de nos armées et notre industrie de Défense afin de les préparer aux engagements les plus durs, la synergie entre les différents acteurs conditionne directement le succès », a-t-il assuré.

    Alors, pour se préparer à toute éventualité, y compris à un potentiel « retour de la guerre », la Région entend, par cette OIR, soutenir la production d’équipement de défense, le développement de grandes infrastructures industrielles et d’entraînement des forces, l’innovation et la recherche, l’emploi dans le secteur mais aussi améliorer les moyens logistiques, de santé et de transport, augmenter les capacités de logement pour les forces et, enfin, permettre un « renforcement de l’esprit de défense ». Tout un programme.

  • Martine Vassal veut rassurer la communauté juive

    Martine Vassal veut rassurer la communauté juive

    Elle l’avait annoncé en conseil métropolitain lors de l’hommage aux victimes de la fusillade de Bondi à Sydney. Martine Vassal, la présidente (DVD) de la Métropole et du Département, a présenté mercredi une série de mesures programmatiques pour lutter contre l’antisémitisme. « Au moment où la communauté juive subit des attaques aux quatre coins du monde », la candidate à la mairie de Marseille estime que cette lutte doit être « une cause majeure pour une municipalité ».

    Référents, charte et tolérance zéro

    Annonçant qu’elle prendra la présidence de Marseille espérance si elle est élue, Martine Vassal promet de mettre tout en œuvre pour y faire revenir le grand rabbin de Marseille qui a quitté cette association créée en 1990 pour œuvrer au dialogue interreligieux, depuis l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023.

    Le plan d’action en lui-même se décline en quatre volets : éducatif, administratif, sécuritaire et culturel. Pour les élèves du primaire, elle propose des partenariats avec des associations, des visites du Camp des Milles et la mise en place de « référents antisémitisme ». Le référent laïcité n’a qu’à bien se tenir.

    Elle plaide aussi pour une « administration exemplaire » en proposant une sanction immédiate pour tous propos et soutiens à des actes terroristes, et le contrôle stricte des subventions. Martine Vassal met aussi sur la table la signature par chaque agent et élu municipal d’une charte contre l’antisémitisme. Et qu’importe si pour l’heure un tel document n’existe pas dans la collectivité départementale qu’elle préside.

    Côté sécurité, c’est « tolérance zéro » contre les « tagueurs antisémites » avec des travaux d’intérêt général pour leur apprendre l’histoire de la Shoah, et le renforcement des contrôles et de la police autour des écoles. Rayon culture, elle veut redonner un élan au Mémorial de la déportation, « délaissé par l’équipe municipale actuelle », pour en faire un lieu qui vive et fasse vivre la mémoire, et lancer un grand cycle culturel festif israélite, dans le cadre du jumelage avec Haïfa.

    « Il faut que la communauté juive retrouve sa place dans la 2e ville de France », martèle Martine Vassal. « Ce plan a un sens politique », glisse le macroniste Romain Simmarano arguant que le Printemps marseillais n’a pas acté qu’il ne ferait pas d’alliance avec LFI au 2e tour des municipales. Pour la droite locale, surtout, il a d’autant plus de sens que le vote RN n’a jamais autant séduit la communauté juive.