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  • À Aix, l’agresseur de Bilel réfute le mobile raciste

    À Aix, l’agresseur de Bilel réfute le mobile raciste

    Condamné en première instance, en mars 2023, par le tribunal correctionnel, à une peine d’un an de prison avec sursis et de 3 000 euros d’amende pour violence volontaire en réunion, Paul-Antoine Schmitt comparaissait, ce lundi devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence, pour faire tomber une circonstance aggravante : le caractère raciste de l’agression.

    Dans la soirée du 4 septembre 2022, lui et des militants de l’Action française (AF) avaient agressé en plein centre-ville, à la terrasse d’un bar à bière, le jeune Bilel. La rencontre avec la vingtaine de jeunes, pour beaucoup tout juste sortis d’une réunion du mouvement royaliste d’extrême droite, avait dégénéré dans une violence crasse après que ces derniers aient entonné des chants à la gloire de l’Algérie française.

    Les insultes et les coups pleuvent. Avec sa grande touffe de cheveux frisés, Bilel est ciblé. L’audience a replongé le jeune homme dans ces terribles instants : « C’est monté crescendo, on a d’abord nié ma nationalité, puis il y a eu une déshumanisation (…). Je suis devenu illégitime par mon origine algérienne et mes gros cheveux. » « Je réfute les faits racistes », a répondu l’ex-responsable de l’AF, arrivé au tribunal avec parapluie et lunettes de soleil.

    « Mon meilleur ami »

    Les coups, il les assume en réplique à ceux reçus. « Je présente mes excuses si un coup de pied a été donné » quand Bilel était au sol, se défend le jeune royaliste, qui argue de sa bonne foie en notant que c’est lui qui a « rendu son téléphone à Bilel » tombé au sol dans la cohue. « Il n’est pas votre copain, il est votre victime » réagira Me Julien Gautier, un des deux avocats de Bilel, devant cette « familiarité gênante ».

    « J’ai visité mon 25e pays, j’ai des amis partout dans le monde », explique celui qui a été « le seul blanc dans une école de noirs » et « mon meilleur ami est Bahaméen », juge-t-il encore bon de préciser. Quant au « Ici on est chez nous, c’est notre bar », la seule phrase qu’il reconnaît, Paul-Antoine Schmitt l’explique par ses habitudes dans ce lieu, quand le président du tribunal lui fait remarquer qu’il avait dans ce contexte « une résonance particulière ».

    Pour les juges, les entraves à la révélation de la justice lors de l’enquête ne passent pas. Le fait qu’il ait refusé de déverrouiller son téléphone ? « Il y a des discussions avec mes copines dedans », répond le prévenu. Le fait qu’il n’ait jamais donné les noms des personnes présentes avec lui ? « Je ne voulais pas passer pour une balance », explique celui qui évoque le « t-shirt blanc » et le « chauve » pour désigner ses camarades du soir.

    Une « omerta », note Jean-Louis Persico, l’avocat général, digne de ce « que l’on connaît bien ici, avec les grands voyous qui ont l’habitude de faire obstacle à la révélation de la vérité ». Me Claudie Hubert rappelle une jurisprudence sur « des propos racistes tenus par des co-auteurs qui n’ont pas été identifiés » et insiste lors de sa plaidoirie sur le fait que « la circonstance aggravante peut-être retenue dans la mesure où M. Schmitt a refusé de donner les noms des co-auteurs ».

    Jugeant « la coaction parfaitement acquise » et regrettant « l’attitude de délinquant chevronné » du prévenu tout au long de la procédure, l’avocat général s’interroge : « Vous parlez d’ordre et de sécurité mais cette défiance vis-à-vis de l’autorité policière et judiciaire est significative », glisse-t-il avant de demander au tribunal de « confirmer la culpabilité et la peine ». Décision le 3 juin.

  • Avignon-Monfavet : en grève, les facteurs croulent sous les plis qui s’entassent

    Avignon-Monfavet : en grève, les facteurs croulent sous les plis qui s’entassent

    Les pleurs comme élément déclencheur. « Lundi dernier [27 avril], une collègue de 20 ans est rentrée en pleurs de sa tournée car elle n’a pas réussi à la terminer avec 5 secteurs et 170 colis, c’est infaisable », déplore Bruno Verdi, secrétaire départemental SUD PTT 84. Cet épisode a entraîné d’abord un débrayage des agents d’Avignon-Montfavet puis une journée de grève, ce lundi, qui a concerné la moitié des 50 facteurs du secteur. « Ce n’est pas acceptable d’être en pleurs à son travail, le problème ce n’est pas elle, mais l’organisation, 5 secteurs c’est en gros la moitié de l’intra-muros, la norme acceptable c’est 100 colis », illustre le responsable syndical.

    Depuis un an et la mise en œuvre d’une réorganisation interne, « les dysfonctionnements s’aggravent », alerte le syndicat, déjà mobilisé pour les mêmes raisons il y a 3 mois (notre édition du 4 février) ou début juillet. « Malgré des préavis de grève déposés sur une période de plus de trois mois, la direction est restée sourde aux revendications, refusant d’ouvrir de véritables négociations », regrette Bruno Verdi alors que, ce samedi, seuls des « cadres de La Poste sans mandat nous ont reçus et que ce lundi le directeur a décliné une rencontre ». Ce mardi, une enquête du CSE (comité social et économique) sur la sécurité et santé au travail doit être menée.

    « C’est difficile d’ignorer les mécontentements »

    « Le manque de personnel, l’allongement des tournées et la surcharge d’activité entraînent une hausse des heures supplémentaires depuis plusieurs mois », décrit Bruno Verdi. Et, en bout de chaîne, pour les habitants des « dizaines de milliers de plis, ainsi que la presse, restent en souffrance ». « C’est difficile d’ignorer les mécontentements, il n’y a qu’à regarder les réseaux sociaux, il y a une baisse indéniable du courrier mais les colis et publicité augmentent, pointe Bruno Verdi. Cela pose la question de notre obligation légale de service public. » SUD PTT réclame le renfort pérenne de 10 agents.

    Contactée, la direction de La Poste botte en touche concernant la possibilité d’une rencontre et reste généraliste : « En matière de dialogue social, un travail est mené au quotidien avec les équipes. Des groupes de travail associant les agents sont régulièrement organisés afin d’améliorer en continu l’organisation et les conditions de travail. » Pas non plus de recrutement en vue, la direction « souligne que les équipes et l’organisation de l’établissement sont dimensionnées en adéquation avec le niveau d’activité » et ce après « neuf recrutements en CDI réalisés depuis l’an dernier ». « À ce jour, aucun poste n’est vacant sur le site. Les périodes de forte activité sont par ailleurs anticipées et donnent lieu, chaque fois que nécessaire, à la mise en place de renforts adaptés », assure La Poste. Un nouveau préavis de grève devrait être rapidement déposé par le syndicat.

  • La fuite en avant de David Bertin et son business plan frauduleux

    La fuite en avant de David Bertin et son business plan frauduleux

    Quatre ans d’emprisonnement dont trois avec sursis probatoire ont été requis hier au procès de David Bertin, un investisseur marseillais accusé d’avoir loué des meublés touristiques au 21, rue d’Anvers (1er) en péril, et de s’être constitué un « empire immobilier » dixit l’ordonnance de renvoi, bâti sur des crédits bancaires escroqués et l’usage frauduleux de subventions de l’ANAH, tout en dissimulant l’exploitation de femmes de ménages en situation irrégulière. Le parquet a requis l’interdiction définitive d’exercer toute activité commerciale, de gérer ou de contrôler une société.

    L’affaire avait éclaté six mois après le drame de la rue d’Aubagne grâce à un copropriétaire qui pour alerter les touristes du danger avait peint en lettre rouge « en péril » sur la façade de la rue d’Anvers. Constitué partie civile, Hadj Merabet avait revêtu hier un tee-shirt sur lequel était inscrit « Marchands de sommeil » avec la photo floquée du meublé loué avec 4 étais. « Ils ne sont animés que par la cupidité, l’argent », a-t-il dit de David Bertin, de l’ex-compagne de ce dernier contre qui un an avec sursis et 5 000 euros sont requis et d’un intermédiaire qui se voit réclamer 6 mois avec sursis et 5 000 euros.

    C’est un second signalement, celui du maire de secteur, qui a déclenché les investigations de la justice et le placement en novembre 2019 du prévenu en détention provisoire durant près de 4 mois. « C’est une sacrée fuite en avant comme on joue au casino pour faire de l’argent à tout prix » a lancé le vice-procureur Jean-Yves Lourgouilloux, estimant que ce prévenu de 42 ans « a mobilisé un seul moyen, la fraude, comme business plan sur les femmes de ménage comme petites mains et la captation des fonds publics ».

    « Depuis l’âge de 19 ans, j’achète, ça me plaît », a expliqué l’énigmatique prévenu qui a acquis jusqu’à 29 appartements, 3 greniers réunis en un appart et deux locaux commerciaux, ce qui selon le fisc représente une valeur brute locative de 1,836 million d’euros. Avec son ex-compagne, ils ont trompé les banques pour obtenir 5 crédits immobiliers pour un montant total de 507 000 euros et touché 243 680 euros de l’Agence nationale de l’habitat pour rénover 9 appartements tout en violant les règles qui imposaient 9 années de mise en location classique à loyer modéré. « Au lieu de cela, il les a exploités sans autorisation en locations saisonnières dégageant 428 000 euros en 2017 puis 740 273 euros en 2019 », a fustigé l’avocat de la Ville, Me Jorge Mendes pour qui « en dix ans, il a mis en place un système pour construire une fortune immobilière dans l’illégalité ». De rappeler le contexte lourd des faits : « On est six mois après le drame de la rue d’Aubagne, 1 333 immeubles sont sous arrêté de péril, 420 immeubles sont interdits d’occupation et 3 758 personnes sont évacuées. »

    Dans une défense souvent victimaire, le prévenu considère qu’il a fait « des travaux importants qui lui ont coûté très cher au-delà des subventions ». Quant à ses arrangements avec ses 8 femmes de ménages au black en échange d’un logement, c’est complètement caritatif de sa part : « Si demain je ne leur donne pas la possibilité de louer, je ne vois pas où ils peuvent aller ces gens. C’est vraiment du social. » ou encore « Si je commence à les déclarer, ces gens perdent leurs aides sociales ». In fine, il reconnaît la mise en danger, tout en contestant le péril. « J’ai compris la leçon, j’ai évolué grâce à vous », a-t-il dit.

    « Je travaillais toute la journée, des fois je rentrais à 1h du matin », a raconté Nadia qu’il savait sans papier. Il déduisait systématiquement 650 euros du loyer du 17 rue du musée. « Fin août 2020 j’arrête de travailler pour lui et c’est un intermédiaire qui vient toucher le loyer et qui m’a poussé dans les escaliers alors que j’étais enceinte. » Une autre témoigne : « J’ai jamais été rémunérée sauf une fois 20 euros de transport. Je gérais 11 appartements, je faisais les ménages et je remettais les clés des fois jusqu’à 2h ou 3h du matin à des touristes qui venaient du monde entier » a dit Karima qui dit aussi avoir subi la menace d’une expulsion sauvage. « C’est de l’esclavagisme moderne », a dénoncé son avocate Samantha Graas qui a obtenu la reconnaissance par les prud’hommes de sa qualité de salariée. Fatima que les enquêteurs ont trouvée au 21 rue d’Anvers touchait, elle, 10 euros par meublé nettoyé. Ce qui n’a pas empêché le prévenu
    – qui jonglait avec 16 comptes bancaires courants après en avoir clôturé 49 – de lancer au tribunal : « C’est très difficile à gérer les femmes de ménage, elles font ce qu’elles veulent. »

    Le procès s’achève ce mardi par les plaidoiries de la défense.

  • Les associations marseillaises s’unissent contre l’embargo sur Cuba

    Les associations marseillaises s’unissent contre l’embargo sur Cuba

    Installés entre les quelques bouquins de la librairie l’île aux mots (2e), les représentants de six associations marseillaises se sont réunis pour présenter leur plan d’action en soutien à Cuba. « Grâce à la mobilisation de médecins et infirmiers des 4e et 5e, nous avons commencé à collecter du matériel médical à envoyer mi-juin en direction de l’île. Il y a aussi des appareils d’échographie, des fauteuils roulants et même des déambulateurs, mais ce n’est pas suffisant. Afin de remplir le container, il nous faut davantage de fonds », insiste Jean-José Mesguen, représentant de l’association France Amérique Latine Marseille.

    Pour financer le projet, les collectifs appellent les citoyens à se mobiliser. à Toulouse, deux containers ont pu être financés dernièrement grâce au soutien des habitants.

    Plusieurs événements organisés

    C’est dans ce cadre qu’ils organisent une soirée le jeudi 28 mai. « Un concert du trio cubain Ahinamo suivi d’un buffet caribéen et d’une tombola », précise Nicole Giraudi, présidente de l’association France Cuba Marseille 13. D’autres événements sont prévus dans le mois de mai pour réunir les fonds nécessaires. Parmi eux, les films d’Alain Sabathier La Camargue et La Cinega de Zapata seront projetés dans une salle du PCF à Marseille, le 15 mai.

    Des actions que Nicole Giraudi estime « essentielles ». Avant de préciser : « Aujourd’hui, se payer une boîte de Doliprane à 10 euros, c’est impossible avec un salaire cubain, cela doit changer », déplore-t-elle. L’envoi de matériel médical n’est pas le seul dispositif mis en place par les organisations. « Nous avons mené une campagne lors du cortège du
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    er-Mai pour financer 1 000 panneaux solaires en direction de Cuba », ajoute Mireille Faure, membre du secrétariat du Secours populaire.

    Des installations qui pourraient faciliter l’accès au gaz, mais aussi aux transports et aux hôpitaux. « Lors de la mobilisation du 1er-Mai, nous avons réussi à récolter 1 000 euros. Nous avons l’attention des syndicats et brigades des énergéticiens qui nous aideront dans l’acheminement de ces panneaux photovoltaïques », se réjouit la membre du Secours populaire, qui s’inquiète malgré tout : « Un panneau solaire coûte 8 000 euros. Il faut les trouver… »

    « Le travail collectif

    sans soutien est difficile »

    « Les pouvoirs publics français doivent reconnaître leur dette envers Cuba, à savoir l’envoi de médecins durant la pandémie de Covid et la participation des Cubains durant la Première Guerre mondiale », souligne Jean-José Mesguen, représentant de l’association France Amérique Latine Marseille.

    Entre les entraves financières des États-Unis sur l’acheminement de l’aide humanitaire et l’absence de mobilisation des élus en Europe visés par la pétition portée par France Amérique Latine Marseille, les associations ne se sentent pas entendues par les pouvoirs publics. « Le travail collectif sans soutien est difficile », ajoute Nicole Giraudi, représentante de France Cuba Marseille 13.

    Les associations ont également rapporté les blocages de l’acheminement de l’aide humanitaire depuis le port de Marseille. Par conséquent, le conteneur financé par le Secours populaire devrait prendre le départ, à la mi-juin, depuis un port espagnol et non pas depuis Marseille.

    « La CMA CGM a subi des restrictions de la part de Donald Trump. On réalise à quel point les États-Unis contrôlent tout, jusqu’à ce qui part de nos ports, et ce n’est pas normal, il faut se mobiliser », estime Bernard Eynaud de la Ligue des droits de l’homme.

  • Les États-Unis lorgnent sur Cuba, asphyxiée

    Les États-Unis lorgnent sur Cuba, asphyxiée

    Le président cubain, Miguel Diaz-Canel, a dénoncé ce samedi 2 mai le « niveau dangereux » des menaces d’agression militaire de Donald Trump, se disant prêt à la riposte. Une énième escalade. Alors que l’embargo américain est en vigueur depuis 1962, qu’une crise économique profonde touche l’île et ses 9,6 millions d’habitants, que le renforcement des sanctions américaines sous le premier mandat Trump (2017-2021) a aggravé la situation, le président américain avait de nouveau serré la vis en janvier, n’autorisant depuis l’arrivée que d’un seul pétrolier russe. Et depuis l’intervention des États-Unis au Venezuela, principal allié de Cuba, l’économie de l’île a été encore plus durement touchée, privée du carburant nécessaire pour produire son électricité.

    Dans son allocution ce 1er mai depuis la Floride, le président américain menace de « prendre le contrôle » de Cuba, suggérant qu’un porte-avions américain pourrait s’y arrêter « sur le chemin du retour d’Iran ». Les nouvelles sanctions américaines, qui figurent dans un décret présidentiel, ciblent notamment les banques étrangères qui collaborent avec le gouvernement cubain, et imposent des restrictions en matière d’immigration. Dans ce décret, Trump impose des sanctions à l’encontre de personnalités et entités impliquées dans les secteurs de l’énergie, des mines et contre toute personne reconnue coupable de « violations graves des droits de l’homme ».

    « Ces actions témoignent d’une intention de réimposer, une fois de plus, une punition collective au peuple cubain » s’est insurgé le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez. Miguel Diaz-Canel a appelé la communauté internationale à « en prendre note » et à décider « aux côtés du peuple des États-Unis » s’il sera permis qu’« un acte criminel aussi radical soit commis ». Selon le chef de l’État cubain, une intervention militaire américaine viserait avant tout à « satisfaire » les intérêts de la communauté d’exilés cubains installés en Floride, « un groupe restreint mais riche et influent, animé par un désir de revanche et de domination ». Ce dernier a participé au défilé dénonçant ces menaces devant l’ambassade des États-Unis à La Havane, aux côtés du dirigeant révolutionnaire Raul Castro, 94 ans.

    De terribles conséquences

    Il peut compter sur le soutien du Mexique, du Brésil et de l’Espagne qui dans une déclaration commune le 18 avril, faisaient part de leur « énorme préoccupation pour la grave crise humanitaire que traverse le peuple cubain » et demandaient « que soient adoptées les mesures nécessaires pour soulager cette situation et que soient évitées les actions qui aggraveraient les conditions de vie de la population, ou celles qui sont contraires au Droit international ». Trois jours avant, la Chine avait réaffirmé qu’elle soutiendrait « résolument » La Havane par la voix d’un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Guo Jiakun.

    En France, Emmanuel Macron brille par son silence. Alors que se montent des opérations de solidarité comme celle commune de plusieurs associations depuis Marseille (lire par ailleurs), le PCF a opté pour l’envoi de conteneurs dans le cadre d’une campagne de collecte de médicaments et matériel médical. Le pays « aux meilleurs médecins du monde » rappelle le parti, se retrouve privé de paracétamol ou de médicaments contre les cancers infantiles. Selon le PCF, en un an, « le blocus aurait causé des dommages économiques conséquents estimés par les autorités à près de 5 milliards de dollars ». Avec des impacts forts dans plusieurs secteurs d’activité, pointe le parti : « un milliard de dollars de manque à gagner dans le tourisme, 3 milliards de préjudices pour le commerce extérieur, 467 millions pour l’industrie, 273 pour l’agriculture, 75,5 pour l’Éducation, 202 pour les transports, 143 pour les biotechnologies et l’industrie pharmaceutique (pourtant en pointe contre le Covid-19)… »

    Le groupe d’amitié France-Cuba à l’Assemblée nationale a aussi mis en place un pont aérien. « J’ai négocié avec la direction d’Air France pour envoyer à peu près 20 m3 de médicaments et de matériel médical » indiquait dans nos colonnes le 31 mars, André Chassaigne, son ex-président.

    À SAVOIR

    Un premier train de restrictions sous Trump I

    Après un bref espoir d’assouplissement et de normalisation des relations sous Barack Obama, Donald Trump a, dès son premier mandat, balayé ces timides avancées d’un revers de main. Plus de 240 restrictions sont imposées en 4 ans, comme sur le tourisme vers l’île et sur les transactions avec les entités liées à l’armée. Cuba est également placée sur la liste des pays soutenant le terrorisme. Le Covid-19 va accélérer la crise avec une cinquantaine d’autres mesures.

    Le Droit international bafoué

    Quelque 165 pays ont voté la levée des sanctions touchant Cuba sur les 193 que comptent les Nations unies, lors de l’Assemblée générale annuelle du 29 octobre 2025. Comme chaque année depuis 1992, date de la première résolution présentée par Cuba, les États-Unis et Israël s’y opposent. Cette fois-ci, l’Argentine, la Hongrie, le Paraguay, la Macédoine du Nord et l’Ukraine leur emboîtent le pas.

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    repas par jour. C’est le quotidien d’une majorité de Cubains. Une boîte d’œufs coûte l’équivalent d’un mois de salaire minimum, atteignant les 3 000 pesos. L’ONU a alerté en janvier sur le risque d’un « effondrement humanitaire » en raison des coupures d’électricité, de difficultés d’accès à l’eau, aux soins et à l’alimentation.

    60%

    de la population cubaine dépend de la diaspora. Depuis 2021, 2 millions de personnes supplémentaires se sont exilées sur 9,6 millions de Cubains, choisissant l’Amérique et, depuis le second mandat de Trump, l’Europe. Les exilés doivent ruser pour envoyer des subsides à leurs familles optant pour des colis de biens de première nécessité.

  • [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au boulevard Longchamp, le souvenir de Marie et d’Alexandre Labadié

    [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au boulevard Longchamp, le souvenir de Marie et d’Alexandre Labadié

    Ce marchand fut conseiller municipal, député et préfet des Bouches-du-Rhône. Sur la fresque de l’encoignure du 140 boulevard Longchamp, on aperçoit ses cheveux blancs et son nœud papillon. Il avait financé les plans d’un architecte néoclassique qui construisit pour son domicile un hôtel particulier capable de s’insérer finement dans la proximité du Palais Longchamp.

    Riche héritière, Marie se maria deux fois avec des hommes qui partageaient sa passion pour la musique, les meubles anciens, la peinture et les objets d’art. Son premier époux, un notable du Vaucluse, propriétaire de plusieurs châteaux, mourut en 1896. Lors de son second mariage, contracté avec le professeur de violon Louis Grobet, elle décida de maintenir son nom de jeune fille. Le couple Grobet-Labadié fréquentait assidûment les antiquaires et les salles de ventes à Marseille, en France et en Europe. Des éléments de leur collection figurent sur ce mural : entre autres, c’est plaisamment disparate, un violoncelle, une Vierge à l’enfant et le marbre d’une sculpture de cheminée.

    En 1917, la grippe espagnole tue Louis Grobet. Trois ans plus tard, sa veuve lègue son hôtel et sa collection à la ville de Marseille pour qu’elle en fasse un musée, actuellement fâcheusement fermé. En 1984, un jury coopté par Gaston Defferre et la conservatrice de Grobet-Labadie Daniele Maternati, décida qu’un autodidacte serait le fresquiste du trompe-l’œil du musée. Richard Campana a 36 ans, son atelier d’affichiste et de décorateur est en Îlot Thiars la boutique qu’il partage avec un encadreur.

    En décembre 1984, avant de grimper sur ses échafaudages, Campana devait casser la pellicule de glace qui recouvrait les seaux d’eau où il nettoyait ses pinceaux. Le succès du trompe-l’œil de Longchamp fut confirmé par les fresques diversifiées et savoureuses qu’il a réalisées par la suite, à la faveur de nombreuses commandes privées. C’est un esprit cocasse et frondeur. La partition qu’on aperçoit entre la fille et le père Labadié, ce n’est pas Mozart ou Vivaldi. C’est une chouette entourloupe, Richard Campana transcrit les notations d’un groupe de rock local.

  • Fraudes sociales : les professionnels dans le viseur

    Fraudes sociales : les professionnels dans le viseur

    « Plus on cherche et plus on trouve. C’est inquiétant. » Le directeur de la Caisse d’Assurance maladie de l’Hérault (CPAM 34) ne se réjouit pas vraiment de l’efficacité accrue de ses services de lutte contre les fraudes sociales (35 agents, task force nationale, système mieux sécurisé, pénalités accrues…). Car Philippe Trotabas sait bien ces 13,9 millions d’euros (ME) de fraudes* sociales détectées dans l’Hérault** en 2025 ont beau peser 3 fois plus lourd que les 4,93 ME de 2021, ils ne sont que la partie émergée d’un iceberg impossible à quantifier.

    Ce qui est sûr c’est que les fraudeurs démasqués représentent moins de 1% des cas. Si les assurés sociaux représentent quasiment la moitié (47%) des fraudeurs, leurs méfaits ne pèsent que 14,8% (soit 1,94 ME) du montant total dérobé au service public. Il s’agit le plus souvent d’arrêts de travail trafiqués (61% des cas) et de droits usurpés. « Les entreprises sont souvent des coquilles vides et les salaires disproportionnés. On a aussi des pensions d’invalidité (AME, CMU) falsifiées par des personnes non-résidentes sur le territoire », illustre Noémie Bonnet-Aldigier, directrice santé de l’Assurance maladie de l’Hérault.

    Contrairement aux idées reçues, les professionnels de santé voyous (35,2% des cas) causent donc l’essentiel du préjudice (76,4%). Les centres de santé sont les premiers fraudeurs (3,8 ME). Ce n’est pas toujours le professionnel de santé qui truande. Plus souvent « des financiers peu regardants qui fraudent sur de la facturation de soins non effectués ». On trouve aussi les taxis et transporteurs sanitaires (2,15 ME) peu scrupuleux. Quand leurs trajets ne sont pas fictifs, « sans permis ou sous emprise de stupéfiants, ils peuvent mettre en danger la vie des patients ».

    D’autres filous s’engouffrent dans la moindre faille. Pour limiter les arnaques aux fausses audioprothèses remboursées à 100% jusqu’en 2025, la carte vitale avec tiers payant est devenue obligatoire. Les 3 ME détournés en 2024 ont donné lieu à 116 pénalités, 72 signalements et 35 plaintes pénales. Malgré les « contrôles des pratiques dangereuses et de la qualité des soins » effectués, rappelle la directrice médicale régionale Hélène Azoury, personne n’est dupe. Si à l’avenir l’intelligence artificielle sera un atout, « il y a encore des trous dans la raquette. Des kits de fraudeurs sont disponibles sur internet », soupire Noémie Bonnet-Aldigier.

    * Lire aussi à ce sujet la chronique d’Annie Menras p. 19.

    ** 53 ME de fraudes en Occitanie et 723 ME en France en 2025.

  • Entre ébauche de programme et manifeste, le PS se cherche

    Entre ébauche de programme et manifeste, le PS se cherche

    Sitôt le sprint des municipales clos, le marathon de la présidentielle 2027 vient de débuter. Du moins au Parti socialiste qui ne veut pas perdre une minute, 4 ans après l’humiliation d’Anne Hidalgo (1,75%) en 2022.

    Ces derniers jours, l’aile gauche et l’aile droite du PS viennent d’avancer dans leur stratégie qui, pour l’heure, diffère. Proche du maire de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, Carole Delga vient de relayer l’appel à signer le manifeste « Construire 2027 ». Publiée par des personnalités de gauche et écologistes (Raphaël Glucksmann, Boris Vallaud, Yannick Jadot…), cette tribune vise à bâtir une offre politique de gauche (hors France Insoumise) capable de l’emporter dans un an. Le but affiché n’est pas juste de contrer la menace d’un RN aux portes de l’Élysée. La démarche ambitionne d’élaborer un « projet collectif et crédible » capable de changer la vie des gens. « Dans notre Histoire, il y a eu les commentateurs du déclin et il y a eu les acteurs du sursaut. Nous serons de ceux-là », affirment les signataires qui veulent couper court aux querelles internes à gauche.

    Problème : le texte est critiqué pour son rejet implicite de Jean-Luc Mélenchon (21,95% à la présidentielle 2022). À la lecture des grandes orientations (projet social, de transformation écologique et économique, un projet républicain qui refonde la démocratie), on constate aussi que la plupart des sujets majeurs (fiscalité, retraites, Europe…) ne sont pas encore tranchés. Une manière d’éviter les sujets qui fâchent ou de laisser sa place au débat ?

    De son côté, l’aile gauche du PS vient de publier une ébauche de programme (144 pages) au bout d’un tour de France d’un an de travail avec un millier d’auditions auquel a participé Chloé Ridel. « C’est un récit politique autour de la liberté. C’était la grande promesse lors de l’abolition des privilèges à la Révolution et on constate qu’elle n’est pas tenue », résume l’eurodéputée gardoise en pointant le fossé grandissant des inégalités dans ce « nouvel âge du capitalisme de prédation ».

    S’il énumère aussi quelques grands principes théoriques, cet essai programmatique voulu par le premier secrétaire Olivier Faure a le mérite de trancher certaines positions. Parmi les « partis pris », Chloé Ridel cite celui du pouvoir d’achat. « Il n’y a pas que la hausse des salaires, il faut des mesures pour baisser le prix du logement, de l’énergie, des transports. » Ou de la sécurité. « On ne veut pas parler que de narcotrafic et d’étrangers mais d’insécurité liée à la pollution, au réchauffement climatique… ». Au contraire de l’aile droite du PS, l’eurodéputée s’autorise la critique du mandat décevant de François Hollande (2012-2017) qui a conduit au macronisme. « Le monde a changé. Regardons ce que fait Pedro Sanchez en Espagne… »

    Tandis que Carole Delga refuse l’idée de la primaire à gauche du 11 octobre jugée peu sérieuse et trop tardive, Chloé Ridel précise que la présidente de Région a été auditionnée. « Elle a amené de bonnes idées sur le train, la laïcité… » Et d’assurer : « Même si nos stratégies électorales divergent (aller vers le centre ou vers les classes populaires perdues), notre état d’esprit est de tous se retrouver in fine. » Un chemin semé d’embûches.

  • Double assassinat de Bastia-Poretta : l’affaire rejugée à la Cour d’appel

    Double assassinat de Bastia-Poretta : l’affaire rejugée à la Cour d’appel

    Ils seront onze accusés dont neuf détenus à comparaître en appel, devant la Cour d’Assises des Bouches-du-Rhône. Contre quinze en première instance, dont une surveillante pénitentiaire. Son histoire avait en partie inspiré le film Borgo (Stéphane Demoustier, 2023). Treize d’entre eux avaient été reconnus coupables. Dès ce lundi, et jusqu’au vendredi 3 juillet selon le calendrier, les débats autour du double assassinat de l’aéroport Bastia Poretta, survenu le 5 décembre 2017, sont relancés. Ce jour-là, deux figures du grand banditisme corse, Jean-Luc Codacciono et Antoine Quilichini, dit « Tony le Boucher », sont ciblés par des tirs sur le parking de l’aéroport sur fond de « de guerre entre clans rivaux ». Le premier succombe à ses blessures à l’hôpital, quelques jours plus tard, le second décède sur le coup. En toile de fond de ces assassinats, une vendetta menée pour venger les fondateurs du gang de la « Brise de Mer ». À l’issue d’un chaotique procès en première instance, finalement arrivé à son terme sans personne dans le box, les peines prononcées à l’encontre des accusés allaient de 30 ans de réclusion criminelle (avec une période de sûreté de 20 ans) pour Christophe Guazzelli, considéré comme principal meneur du projet, à l’acquittement. Son frère, Richard Guazzelli, avait lui été condamné à 25 ans de réclusion criminelle avec une période de sûreté de 16 ans. E.B-G.

  • La 10e édition du concours photo Toulon forever ouverte

    La 10e édition du concours photo Toulon forever ouverte

    Le concours photo Toulon forever, invitant les habitants volontaires à poster sur Instagram des clichés représentatifs de « l’âme de [leur] ville », s’est ouvert vendredi 1er mai. Les photographes en herbe intéressés ont jusqu’à la fin du mois pour publier sur leurs réseaux, avec un maximum de deux photos par catégorie. Car, pour être sélectionnés, les clichés devront répondre à l’une des quatre thématiques proposées cette année : « Mon endroit préféré », « Côté mer », « Architecture et patrimoine » ou « Noir et blanc ». Un retour au format carré, traditionnel format d’Instagram, est également imposé. Un prix sera décerné au vainqueur de chaque catégorie, auxquels s’ajouteront trois autres récompenses, pour la photo la plus likée, le coup de cœur du jury et enfin pour « la photo de la décennie ». Pour participer : ne pas oublier, en dessous de sa publication sur un compte Instagram public, de préciser la catégorie dans laquelle on concoure et de taguer Toulonforever2026.

    Le concours se clôtura par une grande exposition en mairie d’honneur, du 17 juillet au 4 septembre. L’occasion, pour cette édition anniversaire, de présenter une rétrospective des gagnants des 10 dernières années. Le public pourra alors choisir, parmi les 65 lauréates, la fameuse « photo de la décennie ».