La Marseillaise : Pourquoi vous tient-il à cœur de vous investir au plus près des quartiers avec La Marseillaise Breaking cup ?
Mofak : Ça peut être l’occasion de donner une étincelle à un jeune, de lui transmettre une passion, de lui donner envie de prendre des cours de danse, de DJing, de graff. Et parfois, tout simplement, cette rencontre peut déclencher quelque chose chez un jeune. Pour moi, c’est donc essentiel de pouvoir aller dans les quartiers et transmettre ce qu’on a nous-mêmes reçu des grands, qui étaient là avant nous. Ils nous ont donné leur temps, leur énergie, leur savoir et leur passion. Aujourd’hui, c’est à notre tour de redonner.
Vous disiez avoir beaucoup reçu
de vos aînés. Pouvez-vous nous raconter comment vous avez vécu votre enfance au quartier du Clos-la-Rose, dans le 13e arrondissement ?
M. : Nous, on était peut-être un peu plus autonomes, mais on a surtout eu la chance d’avoir des grands autour de nous. Des personnes comme DJ Djel de la Fonky Family, qui m’a un peu initié, ou Didier Dazoyam du groupe IAM, qui a pris le temps de me montrer, de transmettre. Je suis vraiment reconnaissant de tout ce que j’ai pu recevoir de ces grands-là. Et aujourd’hui, je pense que c’est à nous de donner à notre tour, notamment aux jeunes qui sont curieux, qui ont envie d’apprendre et qui veulent s’investir. Ça me fait plaisir de pouvoir le faire, parce que le temps passe et, à un moment, il faut aussi savoir laisser la place. Pour moi, c’est ça, l’héritage du hip-hop. C’est une culture de transmission, de partage et d’héritage. C’est important de ne pas garder pour soi ce qu’on a appris.
Qu’apportent les cultures urbaines à la jeunesse ?
M. : Les jeunes écoutent certaines musiques, mais ils ne connaissent pas forcément leur origine, ni toute l’histoire qui se trouve derrière. Les danseurs étaient avec les rappeurs, les rappeurs avec les DJs, les DJs avec les graffeurs… Tout le monde faisait partie du même mouvement. C’est l’histoire qui a fait qu’avec le temps, les disciplines se sont davantage séparées, mais à l’origine, elles étaient profondément liées. C’est un petit moment d’histoire qu’on leur transmet.
Cela permet également aux jeunes de se détacher des écrans, devenus omniprésents dans notre société…
M. : Beaucoup de personnes sont devenues esclaves des écrans, il faut le dire. C’est un véritable fléau et ça touche aussi bien les enfants que les adultes. C’est important de pouvoir préserver les jeunes le plus longtemps possible, de leur permettre de rester concentrés sur une activité, de leur donner quelque chose qui les passionne et qui les éloigne de certaines choses. Cette activité, ce n’est pas forcément le hip-hop. Ça peut être le foot, le basket, la danse, la musique… Peu importe. L’essentiel est de leur donner un cadre, une passion, quelque chose dans lequel ils peuvent s’investir et s’épanouir.
Quel message souhaitez-vous faire passer aux Marseillais ?
M. : Rendez-vous dimanche à l’Opéra de Marseille ! On va célébrer ça ensemble, parce que c’est historique : c’est la première fois qu’on est programmés à l’Opéra. On va fêter ça comme il se doit, parce qu’on marque une page de l’histoire. Je suis vraiment content et fier de pouvoir vivre ce moment avec La Marseillaise. Et en plus, c’est gratuit ! On s’est battus pour que cet événement soit accessible à tout le monde. Alors vraiment, il ne faut pas rater ça. On va célébrer les cultures urbaines comme il se doit.