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  • Une exploration hors du commun du Château d’If

    Une exploration hors du commun du Château d’If

    Deux personnages vous accompagneront dans votre découverte et mèneront une enquête où la science de l’imaginaire répond à des mystères… qui n’existent pas ! À la fois guides, détectives et conférenciers, ils sont quelque peu anachroniques et s’amusent à brouiller les repères temporels à travers une science appelée la pataphysique.

    Un mélange de vrai et de faux

    « La pataphysique est une science qui cherche des solutions à des problèmes qui a priori n’existent pas, souligne Lucie Bondoux. Pour autant, c’est un mouvement littéraire, une science de l’absurde reconnue dont fait partie le metteur en scène des explorations. » C’est donc une aventure à la croisée de l’histoire, de l’humour, du théâtre et du patrimoine qui vous attend. « Ce qui est intéressant avec ce lieu, au-delà du fait qu’il est magnifique, c’est qu’il est lui-même pataphysique puisque certains éléments qui le composent ne sont pas réels », poursuit Lucie Bondoux. C’est d’ailleurs le cas de la cellule d’Edmond Dantès par exemple, héros du roman Le Comte de Monte-Cristo d’Alexandre Dumas.

    Au fil de cette visite contée, les personnages vous feront revivre leur enquête, leurs questionnements et leurs déductions au cœur de ce lieu chargé d’histoire. « Le vrai et le faux sont mélangés dans l’exploration, mais ce sur quoi on va le plus s’attarder, ce sont les petits détails que l’on ne remarquerait pas de prime abord et c’est d’ailleurs ce qui tient les spectateurs en haleine tout au long de la visite. Ils vont à leur tour chercher et essayer d’enquêter pour voir ce qu’ils auraient pu rater », ajoute la comédienne.

    11 euros par personne,

    hors traversée maritime.
    chateau-if.fr.

  • [Quoi de neuf ?] « Notre objectif est de faire venir les filles vers le foot »

    [Quoi de neuf ?] « Notre objectif est de faire venir les filles vers le foot »

    Le Montpellier Football Club* est unique. Depuis juillet, il est le seul club indépendant 100% féminin à évoluer dans l’élite (l’Arkema Première Ligue) et entend faire grandir de jeunes joueuses au sein de son centre de formation dirigé par un grand nom du foot, Jean-Louis Zaez.

    À la direction sportive, Laura Agard, ancienne joueuse professionnelle, est viscéralement attachée au bien-être et au suivi des athlètes tandis que Ségolène Levelut (au centre sur la photo), responsable de la communication, entend ancrer le MFC dans la cité et au-delà et fédérer les « supporteur.ices ». Il et elles sont cette semaine au micro de Divergence-La Marseillaise.

    Françoise Verna : Comment est organisé le Montpellier Football Club notamment pour l’accueil des plus jeunes ?
    Jean-Louis Zaez : Nous avons une association qui gère les enfants, filles et garçons de 6-7 ans jusqu’à 15 ans, et après les deux sociétés sportives, Montpellier Hérault Sport Club s’occupe des garçons, et maintenant le Montpellier FC s’occupe des filles. Notre objectif est de faire venir les filles vers le foot et vers le sport en général. Je pense qu’il n’y a pas encore assez de filles qui arrivent dans le sport à l’âge de 6 à 8 ans, 10 ans, pour que l’on puisse les accueillir. Nous sommes prêts à le faire au Montpellier FC. Nous commençons des partenariats avec des clubs autour de la métropole. On sent que le foot féminin est en train de grandir même si depuis 4, 5 ans il y a une stagnation. Mais je sens que par la masse, on arrivera à sortir une élite.

    Olivier Nottale : Pour que le club s’installe, il faut que les petites filles viennent en nombre se former ?
    Jean-Louis Zaez : C’est tout à fait ça. Tous les clubs sportifs doivent être capables d’accueillir les filles comme on accueille les garçons. Forcément, les installations ne sont pas toujours accueillantes pour les filles mais depuis les années 2010, on sent une émulation. Pour tirer une bonne élite il faut que l’on ait plus de jeunes joueuses qui arrivent dans les clubs féminins.

    Françoise Verna : En quoi consiste le rôle de directrice sportive ?
    Laura Agard : Il y a déjà la relation entre le staff et les joueuses. Étant une ancienne joueuse je connais les difficultés rencontrées par les joueuses mais aussi par le staff, le médical. Il s’agit de gérer au quotidien et un peu dans tous les sens. C’est aussi un rôle qu’a tenu Jean-Louis pendant longtemps. Il y a aussi le suivi avec l’académie [le centre de formation] pour faire sortir les meilleures jeunes et les intégrer au groupe pro et leur faire signer leurs premiers contrats pro aussi. Depuis que Crux a repris la section féminine on a un directeur de la stratégie du football et quelqu’un au recrutement. Il y a aussi le côté après carrière. Je trouve important de travailler avec les universités, les formations, qu’elles n’aient pas que le foot. Parce que oui, c’est pro mais une carrière c’est 5 ans, 6 ans et ce n’est pas comme chez les garçons qui vont pouvoir en vivre après. Il est important qu’elles se forment à l’extérieur, qu’elles aient accès à des études. C’est important qu’elles se projettent. Il y a un gros travail sur l’après. C’est la grande différence entre foot féminin et masculin.

    Olivier Nottale : L’identité d’un club cela se travaille. Il y a l’héritage glorieux du MHSC et il faut aussi construire une indépendance. Comme travaillez-vous cela ?
    Ségolène Levelut : La volonté de Crux au moment du rachat c’était d’avoir un club indépendant, 100% féminin. Une indépendance qui soit visible. Il fallait qu’aux yeux du public on ait un nouveau nom, un nouveau logo, une identité visuelle qui évolue pour vraiment marquer aux yeux du monde cette indépendance-là. Donc, cet été on a dévoilé un nouveau logo, avec un magnifique flamant rose en son centre et on a aussi la chance d’avoir un magnifique maillot domicile et extérieur avec notre nouvel équipementier, Adidas. Cette identité, elle a été pensée, au sein du logo, pour aussi refléter l’héritage du club. On est un nouveau club mais on a un héritage qu’il faut souligner et qu’il est important de marquer parce que Montpellier reste pionnier au niveau du foot féminin en France. C’était le premier club à offrir un contrat pro à une joueuse en France. Donc, on a la date de fondation qui est 2001 et deux losanges qui était dans l’ancien logo. Cela souligne la transition. La particularité aussi avec ce nouveau nom, le Montpellier FC, on est le seul club 100% féminin dont le nom n’inclut pas le mot « féminine ». Par exemple si vous jouez contre le PSG, c’est « PSG féminine », contre l’OM, c’est « les Marseillaises ».

    Françoise Verna : Quels sont les projets du Montpellier Football Club côté liens avec le territoire ?
    Ségolène Levelut : On a pour objectif cette année de développer un tissu de partenariats avec les clubs amateurs qui ont des sections féminines à Montpellier et sur le territoire de la région (…) Il faut arriver à dégenrer le sport et les mentalités doivent évoluer. Sur le match à la Mosson le 19 septembre [le Montpellier FC reçoit Marseille], il va y avoir un tifo qui porte un message fort : « 14 ans, c’est pas un âge pour prendre sa retraite », porté par un nouveau partenaire de l’Arkema Première Ligue, la mutuelle MGEN. Aujourd’hui, une fille sur deux arrête le sport à l’adolescence.

    *La section féminine du MHSC a été rachetée en octobre 2025 par Crux Football. Le Montpellier Football Club.est né de cette acquisition en juillet 2026.

  • Monieux met les vautours à l’honneur

    Monieux met les vautours à l’honneur

    C’est au belvédère du Castelleras à Monieux, et plus particulièrement sur la route touristique des Gorges de la Nesque, face au rocher du Cire, que les naturalistes du groupe local Ventoux de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) Paca vous donnent rendez-vous ce samedi, de 9h à 17h.

    « Nous attendons le public sur ce belvédère face à une formation géologique extraordinaire que l’on ne soupçonne pas et qui surplombe les gorges de la Nesque dans un paysage à couper le souffle, précise Cécile Boule, bénévole du groupe local Ventoux de la LPO Paca. Cette journée de découverte que nous proposons s’inscrit dans le cadre des Journées mondiales des vautours. Le point de rendez-vous est parfait, car il abrite toute une faune de vautours fauves, qui sont des oiseaux sédentaires, revenus s’installer naturellement sur le site entre 2022 et 2023, alors que c’est une espèce qui a été réintroduite par l’homme dans d’autres endroits de la région. »

    Un animal indispensable

    à l’aide de jumelles et d’outils d’observation fournis par les bénévoles, les curieux, petits et grands, pourront admirer ces oiseaux sur les falaises ou en vol. « C’est un oiseau dont le plumage se confond avec la roche. Ainsi, les jumelles sont nécessaires pour les observer s’ils sont à l’arrêt, mais lorsqu’ils volent, le spectacle est magique. Et on peut les voir à l’œil nu car c’est une espèce majestueuse qui peut atteindre les 2,80 mètres d’envergure dans les airs », continue-t-elle.

    Au-delà des moments privilégiés d’observation proposés, vous pourrez en apprendre davantage sur ces rapaces à qui l’on peut parfois mener la vie dure à cause des préjugés qui leur collent au plumage. « Il y a beaucoup d’idées reçues sur les vautours, car ce sont des charognards, mais peu de gens savent à quel point ce sont des animaux au caractère pacifique. Nous voulons mettre à mal ces idées reçues pour que le grand public connaisse mieux ces oiseaux, précise Cécile Boule. Nous présenterons leur vie, leurs mœurs, leurs habitudes mais nous expliquerons aussi aux visiteurs à quel point ils sont utiles dans la nature et la biodiversité, car ils nous débarrassent des animaux morts et permettent ainsi d’éviter la propagation de maladies par exemple. »

    Vautours et passereaux

    Mais les vautours fauves ne seront pas les seuls oiseaux à observer. Des vautours percnoptères pourraient également être de la partie. « Les vautours percnoptères sont des oiseaux migrateurs, ils ne sont pas sur les falaises tout au long de l’année, mais si nous avons de la chance, le couple qui revient chaque année sera peut-être encore là. Cette espèce est quant à elle beaucoup plus rare et vulnérable. Les observer serait une chance », conclut la bénévole de la LPO Paca.

    Sans oublier les autres oiseaux et passereaux qui viendront se joindre à eux.

    Mail : ventoux@lpo.fr

  • Graffiti, DJ et breakdance pour les minots de la Gavotte-Peyret

    Graffiti, DJ et breakdance pour les minots de la Gavotte-Peyret

    Les premiers pas sur le lino, posé en plein cœur de la résidence de la Gavotte-Peyret à Septèmes-les-Vallons, sont un peu timides. Installé ce vendredi après-midi, l’objectif est de faire découvrir aux enfants mais aussi aux plus grands, la culture hip-hop. Au programme : initiations gratuites aux tags, au mixage et à la breakdance.

    Et pour chauffer tous les habitants, c’est Mofak, breaker, compositeur et directeur artistique de la Breaking Cup, qui est au micro. L’artiste participe à l’événement depuis 3 ans. Pour cet enfant de Marseille « c’est important de transmettre ce que l’on nous a appris. Ça fait partie des valeurs de ce milieu ». Alors, il n’hésite pas à motiver les plus timides à venir apprendre les bases de la danse avec Lina Félicité, danseuse de l’association Ac2n.

    Mais au début, le lino impressionne un peu, laissant la piste à la danseuse qui en profite pour faire une petite démonstration. C’est vers les bombes de peinture que les minots se précipitent d’abord. Organisés par le graffeur Ozas, les petits apprennent « les bases : comment utiliser la bombe, à quelle distance et avec quelle pression », explique le taggeur. Ce qu’ils testent en remplissant les lettres du nom de leur quartier, dessinées par Ozas. Une petite victoire pour Aziza, qui avec deux amies observe toute cette effervescence. « Je suis contente, mon petit-fils est là-bas, alors que normalement, il n’y a que le foot qui compte. »

    Passées les premières réticences, des petits groupes de curieux s’aventurent sur la scène centrale. Si les premiers gestes sont hésitants, les conseils de Lina semblent porter leurs fruits : Iden et ses amis s’essaient même à quelques figures. Des tentatives encouragées par Mofak au micro : « je vois que ça break un max ».

    Samia et Jasmine ont elles aussi, osé s’aventurer sur le lino. Après avoir appris quelques mouvements, elles se lancent dans une battle. Si Jasmine fait déjà de la danse, en étant pom-pom girl, c’est une première pour Samia : « j’ai trop aimé quand on a appris certains mouvements. Après la figure c’était un peu difficile », ajoute-t-elle.

    Une histoire

    de transmission

    Un savoir-faire que Lina Félicité est heureuse de transmettre. Si elle n’a fait que deux ans de cours de breaking, elle a déjà bien assimilé ses valeurs. « Je trouve ça cool de faire en sorte que les enfants s’intéressent à cet univers. Moi c’est à l’école primaire que je l’ai découvert, et j’ai tout de suite adoré », se rappelle-t-elle.

    Derrière DJ D.D, il y a foule aussi, curieux de voir comment l’artiste fait ses transitions et le fameux scratching [toucher les vinyles pour faire un effet éraflé et rythmé]. Parmi les bambins qui s’essayent aux platines, il y a le petit-fils de Shérazade, celle-ci félicite ce genre d’initiative : « c’est vraiment super ce genre d’événement, ça permet aux petits de découvrir plein d’activités et ça nous fait sortir », sourit-elle.

  • Bboys et bgirls fin prêts pour les battles… que le meilleur gagne !

    Bboys et bgirls fin prêts pour les battles… que le meilleur gagne !

    La Marseillaise Breaking Cup se déroule tout au long de la journée de dimanche, mais comment va se dérouler la compétition ? La discipline se dispute en battle, des face-à-face entre deux breakers. B-boy Wesna figurera dans le jury (toujours d’un chiffre impair) de cette 5e édition, il explique en détail le fonctionnement : « Dans un 1 contre 1, c’est tout simplement que les danseurs se mettent face à face, et ils vont donner leurs meilleurs moves pour pouvoir gagner », explique-t-il simplement. Tony Badman, le speaker de l’épreuve, détaille la meilleure manière de gagner. « La musicalité, le style, l’originalité, il y a énormément de choses qui sont prises en compte. On a aussi la propreté, l’exécution, la prise de risque aussi. Il y a une chose aussi qu’il ne faut pas faire, c’est ce qu’on appelle dans le jargon du hip-hop : “pomper“. C’est le fait de recopier le move d’un danseur. »

    La musique prend une place énorme dans la gestion d’une battle. Wesna dira que « sans musique, on ne peut pas danser, tout simplement ». L’adaptation au DJ est aussi importante pour les danseurs, peu importe la discipline, alors que le speaker, le « MC », pose un cadre pour que spectacle se fasse. « Il doit connaître l’univers du danseur, le milieu du break, pour pouvoir le présenter au mieux », renchérit Tony. Au final, deux passages doivent départager et désigner le vainqueur de chaque battle.

  • [Entretien] Mofak : « On va célébrer les cultures urbaines comme il se doit »

    [Entretien] Mofak : « On va célébrer les cultures urbaines comme il se doit »

    La Marseillaise : Pourquoi vous tient-il à cœur de vous investir au plus près des quartiers avec La Marseillaise Breaking cup ?

    Mofak : Ça peut être l’occasion de donner une étincelle à un jeune, de lui transmettre une passion, de lui donner envie de prendre des cours de danse, de DJing, de graff. Et parfois, tout simplement, cette rencontre peut déclencher quelque chose chez un jeune. Pour moi, c’est donc essentiel de pouvoir aller dans les quartiers et transmettre ce qu’on a nous-mêmes reçu des grands, qui étaient là avant nous. Ils nous ont donné leur temps, leur énergie, leur savoir et leur passion. Aujourd’hui, c’est à notre tour de redonner.

    Vous disiez avoir beaucoup reçu
    de vos aînés. Pouvez-vous nous raconter comment vous avez vécu votre enfance au quartier du Clos-la-Rose, dans le 13
    e arrondissement ?

    M. : Nous, on était peut-être un peu plus autonomes, mais on a surtout eu la chance d’avoir des grands autour de nous. Des personnes comme DJ Djel de la Fonky Family, qui m’a un peu initié, ou Didier Dazoyam du groupe IAM, qui a pris le temps de me montrer, de transmettre. Je suis vraiment reconnaissant de tout ce que j’ai pu recevoir de ces grands-là. Et aujourd’hui, je pense que c’est à nous de donner à notre tour, notamment aux jeunes qui sont curieux, qui ont envie d’apprendre et qui veulent s’investir. Ça me fait plaisir de pouvoir le faire, parce que le temps passe et, à un moment, il faut aussi savoir laisser la place. Pour moi, c’est ça, l’héritage du hip-hop. C’est une culture de transmission, de partage et d’héritage. C’est important de ne pas garder pour soi ce qu’on a appris.

    Qu’apportent les cultures urbaines à la jeunesse ?

    M. : Les jeunes écoutent certaines musiques, mais ils ne connaissent pas forcément leur origine, ni toute l’histoire qui se trouve derrière. Les danseurs étaient avec les rappeurs, les rappeurs avec les DJs, les DJs avec les graffeurs… Tout le monde faisait partie du même mouvement. C’est l’histoire qui a fait qu’avec le temps, les disciplines se sont davantage séparées, mais à l’origine, elles étaient profondément liées. C’est un petit moment d’histoire qu’on leur transmet.

    Cela permet également aux jeunes de se détacher des écrans, devenus omniprésents dans notre société…

    M. : Beaucoup de personnes sont devenues esclaves des écrans, il faut le dire. C’est un véritable fléau et ça touche aussi bien les enfants que les adultes. C’est important de pouvoir préserver les jeunes le plus longtemps possible, de leur permettre de rester concentrés sur une activité, de leur donner quelque chose qui les passionne et qui les éloigne de certaines choses. Cette activité, ce n’est pas forcément le hip-hop. Ça peut être le foot, le basket, la danse, la musique… Peu importe. L’essentiel est de leur donner un cadre, une passion, quelque chose dans lequel ils peuvent s’investir et s’épanouir.

    Quel message souhaitez-vous faire passer aux Marseillais ?

    M. : Rendez-vous dimanche à l’Opéra de Marseille ! On va célébrer ça ensemble, parce que c’est historique : c’est la première fois qu’on est programmés à l’Opéra. On va fêter ça comme il se doit, parce qu’on marque une page de l’histoire. Je suis vraiment content et fier de pouvoir vivre ce moment avec La Marseillaise. Et en plus, c’est gratuit ! On s’est battus pour que cet événement soit accessible à tout le monde. Alors vraiment, il ne faut pas rater ça. On va célébrer les cultures urbaines comme il se doit.

  • [Entretien] Ian Brossat : « La gauche doit recréer une conscience de classe »

    [Entretien] Ian Brossat : « La gauche doit recréer une conscience de classe »

    La Marseillaise : La Fête de l’Humanité arrive ce week-end, l’occasion de lancer officiellement la campagne présidentielle de Fabien Roussel (PCF). Quels messages allez-vous porter ?

    Ian Brossat : D’abord, c’est une rentrée qui se fait dans un climat particulier avec une question du pouvoir d’achat qui revient de manière très puissante. Différents éléments y contribuent : l’explosion du prix des carburants, une inflation galopante, l’augmentation du prix de l’alimentation et des difficultés accrues pour le monde du travail. Tout ça sur fond de salaires qui stagnent et une rémunération du travail qui ne permet pas du tout de faire face à l’augmentation des prix. Ça, c’est sur le plan social. Sur le plan environnemental, nous sortons d’un été qui a été meurtrier avec des incendies monstrueux, qui ont ravagé l’équivalent de 4 fois la surface de Marseille. La canicule a fait 8 000 morts, ce qui est absolument considérable. C’est l’équivalent de ce qui s’est passé lors de la canicule de 2003. Tout ça mis bout à bout, avec une crise écologique et une crise sociale qui prennent une dimension très forte, appelle une rupture majeure en matière de politique publique. Il y a besoin de changements radicaux par rapport à ce qu’on a connu au cours des dix dernières années avec Macron. C’est ce que nous voulons porter avec la candidature de Fabien Roussel.

    La lutte contre l’extrême droite doit aussi être abordée ce week-end. Comment la combattre ?

    I.B. : Je dirais de deux manières. Premièrement, en dénonçant les impostures de l’extrême droite. L’extrême droite veut nous faire croire qu’elle propose des solutions à ceux qui n’arrivent pas aujourd’hui à boucler leur fin de mois. La réalité, c’est que le RN, dans les institutions où il siège, est l’ennemi des travailleurs. L’extrême droite vote main dans la main avec la macronie contre l’augmentation du SMIC, contre le rétablissement de l’impôt de solidarité sur la fortune, contre les prélèvements sur les milliardaires. En réalité, il y a une grande duplicité de l’extrême droite qui veut nous faire croire qu’elle est l’amie des travailleurs et qui, dans les institutions, se comporte en pur valet du capital. Ça, c’est la première chose. La deuxième, c’est que pour faire reculer l’extrême droite, il faut que la gauche redonne espoir et surtout qu’elle recrée de la conscience de classe. La réalité, c’est que – et ce sera le message que Fabien Roussel portera tout au long de la campagne – pour gagner le monde du travail, la classe travailleuse doit être unie, par-delà les différences de couleur de peau ou de religion. Ce qui doit nous unir, ce sont nos intérêts communs. Et pour faire triompher nos intérêts communs, il ne faut pas laisser s’installer le venin de la division, ce que l’extrême droite fait matin, midi et soir.

    La candidature de Fabien Roussel a été pointée par certains comme pouvant entraîner une division des voix à gauche.

    Que répondez-vous ?

    I.B. : Dans la Ve République, la gauche n’a jamais gagné avec un candidat unique au premier tour. Elle a eu un candidat unique à deux reprises, en 1965 et en 1974. Dans les deux cas, cela s’est traduit par un échec. Lorsque la gauche a gagné, elle a pu s’appuyer sur des candidats divers au premier tour qui lui ont assuré la victoire au second tour grâce à un total des voix de gauche plus conséquent. Notre candidature n’est pas là pour affaiblir la gauche ou pour concurrencer d’autres candidats de gauche. Elle vise à élargir le socle de la gauche et à faire en sorte qu’on soit plus fort au second tour, pour battre la droite et l’extrême droite. Ensuite, parmi les différents candidats de gauche qui se présentent, il y a des propositions différentes qui sont faites. Ça ne serait pas honnête de les passer sous silence et de faire semblant qu’on est d’accord sur tout. Prenons l’exemple très concret du nucléaire. Si nous voulons diminuer notre empreinte carbone, ce qui est fondamental, il faut diminuer nos importations et donc réindustrialiser notre pays. Or, pour développer une industrie propre, une industrie verte, il faut qu’on puisse s’appuyer sur des énergies décarbonées. C’est la raison pour laquelle nous sommes favorables à un mix énergétique nucléaire renouvelable. Nous sommes d’ailleurs le seul parti politique à gauche à défendre le nucléaire, non pas comme une obsession, mais simplement parce que c’est une condition indispensable pour réindustrialiser notre pays.

  • Les communistes tournés vers une année présidentielle

    Les communistes tournés vers une année présidentielle

    Face aux militants rassemblés ce jeudi soir, à la Maison des communistes, dans le 15e arrondissement de Marseille, Natacha Malet, membre de la direction départementale et nationale du PCF, le répète : « Nous sommes tous dans une volonté de conquête, dans une volonté de nous mettre en action pour mettre fin à dix ans de macronisme destructeur. » En ce mois de septembre, face à un calendrier de mobilisations déjà bien fourni et à la veille d’une année d’élection présidentielle, l’assemblée de rentrée de la fédération du PCF dans les Bouches-du-Rhône prenait un sens particulier.

    Après les vacances estivales, « nous sommes tous conscients des inégalités face au véritable droit aux congés, à ces millions d’enfants qui ne partent pas en vacances », soulignait la cheminote. Un droit entamé par la cherté de la vie, d’autant plus dans un département où la pauvreté touche 18,5% de la population – bien plus que la moyenne nationale – et concerne plus de 200 000 Marseillais. « Sans nul doute, nombreux sont les patrons qui aimeraient voir disparaître cette conquête sociale », pointe-t-elle. Pourtant, alors même que 46% des étudiants se privent de repas, les moyens ne manquent pas, explique la responsable politique. « La commission d’enquête parlementaire menée par le sénateur communiste Fabien Gay mettait en avant la niche fiscale dont bénéficie le groupe CMA-CGM, plus de 5 milliards d’euros. Cela prouve une fois de plus que nous pourrions mettre les plus grandes fortunes à contribution », défend Natacha Malet.

    Mobilisations sociales

    Face à la « boule puante » lancée sur le salaire des enseignants, « une manipulation politique d’une bassesse incroyable », elle alerte sur la réalité des rémunérations basses, des difficultés de la rentrée. « Quels constats faisons-nous ? Manque de classes, de professeurs, d’AESH, des écoles qui sont de vrais fours en période de canicule. » Et de refuser l’épouvantail de la dette dressé au moment où sont entamées les discussions budgétaires. « On devrait accepter le gel des salaires, des pensions, du point d’indice, pour préserver l’intérêt des plus riches, leur permettre de poursuivre l’assèchement des richesses de la planète ? », interpelle la responsable politique. En insistant sur les moyens nécessaires, d’autant plus face aux évènements climatiques extrêmes de l’été. « L’inaction a un prix, ceux qui le payent sont ceux qui travaillent dehors, ceux qui vivent dans des passoires thermiques », accuse-t-elle en rappelant le plan climat proposé par le PCF, conjugué à un pacte d’avenir de 500 milliards d’euros sur cinq ans pour financer une transition juste. Et de s’en prendre aux discours libéraux : « Ceux qui disent vouloir réindustrialiser la France ne sont même pas capables de protéger l’industrie qui existe ! » Elle prend l’exemple de la fermeture de Fibre Excellence à Tarascon, qui conduit à des risques environnementaux, et salue les mobilisations des salariés de Haribo pour leur salaire, de la centrale de Gardanne pour l’avenir du site : « L’action politique n’est rien sans la pression exercée par les travailleurs ».

    Alors elle dénonce la banalisation des discours de l’extrême droite, « qui prospèrent sur la colère sociale, mais la retournent contre les travailleurs eux-mêmes », et énumère les mobilisations annoncées en septembre. « Les communistes ne désertent aucun terrain, qu’il soit local ou au-delà de nos frontières. C’est dans cet esprit que la candidature de Fabien Roussel a été validée lors de notre dernier congrès », appuie Natacha Malet. En appelant les militants à se prononcer dans leurs sections, d’ici à dimanche soir.

    LES MILITANTS MOBILISÉS

    Hugo Honde, portuaire

    « Nous devons mobiliser les travailleurs sur les questions de l’emploi et de l’industrie, défendre les salaires. Nous sommes à la veille d’une élection présidentielle où il est important d’élever le rapport de force face aux enjeux futurs, d’autant plus dans un département de moins en moins industrialisé. »

    Ghislaine Cotelle, retraitée

    « On entend beaucoup parler de réarmement, mais face à des répartitions de budget inégales, c’est sur l’éducation, la santé, la petite enfance que nous devons mettre des moyens. Nous avons besoin de plus de justice sociale et de moins de guerre, et pour cela, il faut nous renforcer, faire entendre notre parole. »

    Patrick Magro, retraité

    « Ce n’est plus le moment d’opposer le social et l’écologie. Nous avons vécu un moment de bascule cet été, je me demande comment il est possible de rester climatosceptique. Mais 80% des efforts dépendent des grandes décisions politiques, la première restant la paix dans le monde. »

    Chloé Barbey, lycéenne

    « Les lycées doivent se mobiliser. Nous avons été fouillés à la rentrée, même les policiers ne voulaient pas être là ! Nous serons présents le 29 septembre pour soutenir nos professeurs, mais aussi toute la fonction publique. Et nous voulons lutter contre Parcoursup et le manque de sécurité des stages. »

  • Avignon cesse de financer l’aide à l’apprentissage de la lecture

    Avignon cesse de financer l’aide à l’apprentissage de la lecture

    Devant une centaine d’élèves de l’école des Grands Cyprès, à l’occasion de la rentrée, le maire (DVD) Olivier Galzi se réjouissait de la chorale qui chantait « Je veux apprendre ! ». Mais en parallèle, la municipalité de la Cité des Papes a décidé de ne pas reconduire un financement qui permettait aux écoliers en CP qui sont en difficulté d’apprentissage d’avoir des aides en lecture et en écriture dans les quartiers prioritaires de la ville.

    Le dispositif « Coup de pouce » était piloté par la Ligue de l’Enseignement mais financé par la mairie à hauteur d’un peu plus de 56 310 euros pour l’année scolaire 2025-2026. Organisés sous forme de clubs, ces moments permettaient à 55 enfants, dispatchés en 11 groupes de 5, d’avoir trois séances d’une heure et demie par semaine. La plupart des directeurs d’école en auraient été informés ce lundi. Contactée par La Marseillaise, la Ville d’Avignon explique que la décision « s’inscrit dans un contexte d’évolution des politiques publiques de soutien aux apprentissages fondamentaux » avec notamment « un retrait progressif des financements ». Et explique que l’an dernier, alors qu’elle amenait plus de 50 000 euros, l’État n’en amenait que 4 000. « La Ville a considéré qu’elle ne pouvait plus porter seule une action qui reposait historiquement sur une logique de coconstruction et de cofinancement entre plusieurs partenaires », poursuit-elle. Tout en assurant qu’elle « continuera ainsi d’agir concrètement pour favoriser le goût de la lecture, l’accès à la culture au bénéfice des jeunes Avignonnais ».

    Lutte contre les inégalités

    Contactée, la Ligue de l’Enseignement confirme mais ne souhaite pour l’heure pas commenter cette décision dont elle a été informée pendant l’été. Le contrat d’une dizaine d’animatrices en périscolaire dédiées à ces temps n’a donc pas été prolongé d’après les premiers échos.

    « Le dispositif permettait de lutter contre les inégalités scolaires. C’est hyper important, d’autant plus que les difficultés scolaires sont souvent liées aux difficultés sociales que l’on rencontre dans ces quartiers », regrette de son côté Nicolas Flavier, secrétaire départemental FSU-Snuipp. « Encore une double peine pour les enfants des quartiers populaires. Maîtriser la lecture en CP, c’est primordial pour la suite », souffle Khalid El Yousoufi, conseiller municipal (LFI) et enseignant à l’école des Grands Cyprès qui est concernée par cet arrêt.

  • Redécouvrir le comte Mirabeau, son histoire et son héritage

    Redécouvrir le comte Mirabeau, son histoire et son héritage

    Nombre sont les qualificatifs qui décrivent le comte Mirabeau (1749-1791). À la fois un « élu des cœurs et des peuples » et une « icône dont l’Académie souhaite perpétuer la mémoire » pour Christian Dureuil, membre de l’académie d’Aix et commissaire de l’exposition.

    Un « révolutionnaire convaincu mais conseiller, tout de même, de la famille royale », et un « sacré personnage » décrit la maire d’Aix-en-Provence, Sophie Joissains, parmi les élus et figures locales présentes au lancement de l’exposition « Mirabeau à Aix », qui retrace l’histoire de ce comte. Et l’empreinte qu’il a laissée, à la fois politique, par de célèbres combats, notamment contre l’esclavagisme, mais aussi par son histoire sentimentale.

    L’exposition, marque l’anniversaire des 150 ans de la dénomination du Cours Mirabeau, nommé en 1876. Le nom, avait été proposé et poussé par le maire d’Aix-en-Provence de l’époque, Salomon Bédarrides. Une affaire politique complexe, puisqu’il fallait, en ces temps, un décret du président de la République pour faire approuver la décision de ce nom controversé, à la fois admiré et détesté. Il y a 150 ans également, la célèbre statue du comte, sculptée par Truphème, installée il y a un siècle seulement devant le Palais de Justice, après avoir été longtemps exposée dans la Cour de l’Hôtel de Ville, arrivait dans la capitale de Provence, elle aussi. « Nous avons la chance d’avoir une série de documents et le fonds le plus important de France de la famille Mirabeau. Ça nous a été donné par deux donateurs successifs (…) L’un, est la dernière petite nièce de Mirabeau, la dernière à porter le nom, qui nous a donné les tableaux. L’autre, est la famille Lucas de Montigny, dont le grand-père était le fils adoptif de Mirabeau. Il était d’ailleurs probablement son véritable fils », rappelle Jean-Yves Naudet, président de l’académie d’Aix. Le fonds, précieusement conservé par l’Académie, se compose de « milliers et de milliers de documents », présente-t-il.

    Des centaines

    de documents exposés

    Une petite partie, environ 300 documents seulement, est sortie pour le grand public, à l’académie d’Aix. Parmi les archives emblématiques, toutes les pièces autour des luttes de Mirabeau contre la « traite des noirs » et l’esclavagisme notamment. « Il y a le discours de Mirabeau sur l’esclavagisme et surtout, il était en contact avec un anglais qui était pour l’abolition de l’esclavage et on a les dessins originaux de ces horreurs qu’étaient les bateaux, ou les esclaves étaient entassés », précise Jean-Yves Naudet. L’exposition, est à voir dès ce jeudi 3 septembre et jusqu’au 27 mars pour (re)découvrir le parcours de ce personnage historique.