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  • À Montpellier, un comité éthique pour encadrer l’IA

    À Montpellier, un comité éthique pour encadrer l’IA

    C’était il y a deux ans, en avril 2024. Quarante citoyens rendaient leurs propositions concernant l’usage de l’intelligence artificielle (IA) au sein de la Métropole de Montpellier. Réunis au sein d’une convention, ces derniers ont donc auditionné plusieurs experts pendant un mois. « Ça leur a permis d’éclairer leurs décisions. C’est un peu un reflet de la société montpelliéraine, certes, mais au-delà française et européenne sur son avis à l’instant T. Finalement, à l’échelle de l’IA, deux ans, ça paraît loin, mais ça permet de poser des bases de réflexion et sur lesquelles les gens se sont accordés. Alors ce sont des grands principes, mais des principes dont on verra à l’épreuve du temps comment ils évoluent », détaille Manu Reynaud, adjoint au maire délégué à la ville numérique et à l’intelligence artificielle souveraine.

    Avancer pas à pas

    Maîtrise de l’impact environnemental de l’IA, garantie de la protection de la vie privée, transparence, démocratiser l’IA auprès du grand nombre, telles sont ces recommandations que l’on retrouve dans la convention. « Il est essentiel qu’en toutes circonstances l’IA reste sous contrôle humain, fait valoir la convention. […] Le développement de l’IA est très rapide. Les règles juridiques suivent mais doivent s’adapter et sont souvent en retard sur les avancées technologiques. C’est la raison pour laquelle des principes éthiques doivent encadrer, de façon volontaire, l’utilisation des IA. » Excepté une recommandation relative à la vidéosurveillance, toutes les autres ont été adoptées en Conseil de Métropole. « On a une feuille de route opérationnelle qui permet de décliner ces principes métier par métier parce que quand on parle d’IA aujourd’hui, il faut bien être clair que dans le langage commun, on parle du numérique », poursuit Manu Reynaud.

    Au-delà de cette convention citoyenne, la collectivité de gauche entend mettre en place un Comité métropolitain de l’IA et du numérique au mois de septembre prochain – une recommandation portée par la convention citoyenne. « C’est un organisme auquel on donne des rapports et qui permet à un moment donné une transparence sur l’utilisation d’un certain nombre de services. Tout l’intérêt résidera dans la gouvernance de ce comité pour en faire quelque chose qui puisse permettre aussi de solliciter des avis, notamment de personnes qualifiées, extérieures à la collectivité. L’idée est d’avoir une gouvernance globale par rapport aux usages qui sont faits dans la métropole, justement pour pouvoir confronter les points de vue sur les différents choix : des choix de logiciels ou encore des choix de stratégie », insiste l’élu écologiste.

    Car l’IA et le numérique plus largement prennent une place croissante dans la société. Encadrer ces pratiques et ces usages est plus que nécessaire. L’accaparement et le vol de données, question de souveraineté face aux géants de la tech, le risque d’uniformisation de l’information, la prolifération de fake news, autant de problématiques qui deviennent des défis pour les collectivités. « Les sujets du numérique en général passaient jusqu’à maintenant assez hors du radar, parce qu’ils étaient relégués à des questions purement techniques et parce qu’on fait confiance aux techniciens. On pense alors que le numérique c’est neutre. Et quand c’est neutre, c’est indolore, incolore, c’est bien ça qui est dangereux. On commence à voir apparaître une prise de conscience au niveau de la société, une certaine défiance vis-à-vis des technologies proposées et de leur but recherché. On en arrive quand même à une prise de conscience qui commence à émerger à travers l’IA, sur la question du numérique et sur le rapport à nos données », soutient Manu Reynaud.

    Le futur comité pourra donc répondre à certaines de ces problématiques afin d’aiguiller les élus dans la prise de décision. De plus, pas moins de 1 000 agents de la Métropole ont été formés à l’IA générative avec l’éditeur Delibia, plateforme française spécialisée pour les collectivités territoriales. Une manière de lutter face au ChatGPT et aux autres logiciels américains. « On essaie d’avancer au fur et à mesure pour intéresser les gens à la question, les acculturer à un certain nombre de questions et puis essayer de tracer des pistes », espère Manu Reynaud.

  • À Digne, la secrétaire du PS accuse un adhérent d’agression

    À Digne, la secrétaire du PS accuse un adhérent d’agression

    Soutenir ou pas la candidature de Francis Kuhn : cette question a été source de crispations et de tensions importantes pendant la campagne municipale au sein du PS. Alors que certains socialistes ont rejoint, puis quitté la liste de l’ancien premier adjoint, qui comportait également des cadres LR, d’autres, comme la secrétaire locale Sylvie Lyons, étaient vent debout contre cette alliance. Des tensions qui sont allées, selon elle, jusqu’à des agressions physiques. Elle a décidé de porter plainte suite à une agression qu’elle aurait subie d’un adhérent du parti en décembre, pendant le vote pour valider ou pas la présence de socialistes sur la liste de Francis Kuhn.

    « Cela a été extrêmement violent », témoigne Sylvie Lyons, qui parle « d’accès de violence », dit s’être fait « hurler dessus » et avoir pris « un coup sur le bras », ainsi qu’un « flot d’insultes » et « des pressions ». « Ils étaient dans une logique de toute puissance », affirme-t-elle, se disant « victime d’une banalisation croissante de la violence ». La secrétaire locale explique avoir saisi la commission des violences sexistes et sexuelles en décembre. « Ce que je dénonce, c’est le dérapage », avance-t-elle. Elle dit avoir écrit plusieurs fois à Olivier Faure à ce sujet, sans retour de sa part. « Quand j’ai vu qu’il n’y avait pas de retour, j’ai décidé de porter plainte », relate-t-elle. « Le silence, c’était une violence de plus », lance la secrétaire. Sa plainte fait état de « violences physiques, menaces, intimidations, harcèlement et pressions répétées », ainsi que des « tentatives d’éviction par la contrainte ».

    Dans une lettre, les membres du conseil fédéral relatent « un grave différend » et « la violence choquante des échanges, en particulier à l’encontre de la secrétaire de la section de Digne Sylvie Lyons dont nous avons tous été témoins ».

  • Penser différemment la ville pour faire face aux vagues de chaleur précoces

    Penser différemment la ville pour faire face aux vagues de chaleur précoces

    Chaque année, la Ville active son plan canicule. Mais cette année, les vagues de chaleur surviennent plus tôt. « On doit être beaucoup plus vigilant avec les vagues de chaleur précoces », souligne Peggy Pas, responsable sociale du CCAS d’Aubagne. Une à trois fois par semaine, selon le niveau de vigilance, le CCAS appelle les personnes vulnérables recensées, envoie des équipes de lutte contre l’isolement des personnes âgées et renforce ses actions de sensibilisation aux épisodes de canicule. Au-delà de ces actions essentielles de solidarité, ce sont les stratégies d’urbanisme qui permettent de s’adapter sur le long terme à la hausse des températures. « La nouvelle équipe municipale a cette volonté de créer des îlots de fraîcheur et de penser la ville différemment », précise Richard Guesnier, responsable du pôle numérique de la Ville.

    Objectif « ville basse température »

    Clémentine Fardoux, 1ère adjointe chargée de l’urbanisme, défend un plan global décliné sur trois temps – court, moyen et long – avec l’objectif d’une « ville basse température » dans laquelle la végétalisation de l’espace et l’eau seront la pierre angulaire. L’élue est convaincue qu’il est « essentiel de transformer la ville et ses usages ». Elle souhaite donner la priorité à la rénovation des logements sociaux et des logements du centre ancien, véritables passoires thermiques.

  • [Entretien] Philippe Sands : « Il y a un trou entre la définition publique et juridique du génocide »

    [Entretien] Philippe Sands : « Il y a un trou entre la définition publique et juridique du génocide »

    La Marseillaise : Hiérarchisez-vous le droit et l’histoire pour aider à la sauvegarde de la mémoire ?

    Philippe Sands : Non. Ce sont deux aspects différents, mais absolument liés. Par exemple, chaque procès auxquels j’ai participé comme avocat ou chaque livre que j’ai écrit comportent des aspects bien sûr fortement juridiques, mais il y a toujours des aspects historiques et intimes qui entrent en jeu. La question de la mémoire touche ces deux côtés.

    « 38, rue de Londres » se situe entre l’enquête historique
    et le thriller. Pourquoi
     ?

    P.S. : J’habite à Londres, dans le quartier d’Hampstead. Pendant 25 ans, mon voisin était John le Carré, un très grand écrivain de thrillers. Nous sommes devenus amis. Il a toujours été fasciné par les questions juridiques : sur la guerre en Irak, Guantanamo… Il me posait plein de questions. Il se trouve que, dans chacun de ses ouvrages, il y a un juriste épouvantable. Mon rôle auprès de lui était de vérifier que le juriste correspondait à la réalité. En lisant ses manuscrits, j’ai compris comment aider les lecteurs à entrer dans un sujet sérieux et complexe, comment les aider à continuer à lire.

    Votre récit s’échafaude autour des liens entre le criminel nazi Walter Rauff et le dictateur chilien Pinochet, qui ont tous deux bénéficié d’une certaine impunité. Quand on est victime ou descendant de victime, comment faire lorsque la justice échoue à préserver la mémoire ?

    P.S. : Après 1963, chaque jour qu’il vivait, Walter Rauff savait qu’il encourait des risques, qu’il avait la possibilité d’être attrapé, assassiné. Pinochet a, quant à lui, été arrêté à Londres en 1998. Il a passé 503 jours en détention, avant de rentrer chez lui et de perdre son immunité. Un procureur chilien, Juan Guzman, l’a poursuivi. À sa mort [en 2006], il était détenu chez lui, n’avait pas le droit de sortir. On peut donc parler d’impunité partielle. Mais, du point de vue des descendants des victimes, il n’y a pas de doute : il n’y a pas eu de jugement d’un tribunal disant que Pinochet était responsable de ses crimes. C’est peut-être, aussi, l’une des raisons pour lesquelles il reste une figure qui continue d’inspirer des gens comme on l’a récemment vu au Chili.

    Comment analysez-vous le retour au pouvoir ou en force d’héritiers de criminels de guerre, avec José Antonio Kast au Chili et l’AfD en Allemagne ? L’absence de reconnaissance juridique fait-elle bégayer l’histoire ?

    P.S. : L’histoire ne se répète pas exactement, mais il y a des points de comparaisons. Dans le contexte européen par exemple, la génération qui a vécu les années 1930 et 1940 a presque disparu. Aujourd’hui, la mémoire directe n’existe donc plus. Les gens oublient ce que nous sommes capables de faire contre d’autres êtres humains. De nos jours, les populismes et nationalismes sont de retour. Cela va certainement durer un moment et provoquer des désastres. Qu’apprend-on de l’histoire ? Finalement, peut-être pas grand-chose.

    Vos activités juridiques et littéraires trouvent leur épicentre dans le procès de Nuremberg en 1945-1946, notamment à travers la figure de Raphaël Lemkin et l’apparition du terme de génocide. Le trouvez-vous galvaudé de nos jours ?

    P.S. : On assiste à un grand débat. Autour du mot « génocide », il y a en fait une grande différence entre ce que pense le grand public et ce que décident les juges. Je viens par exemple de plaider une affaire de la Gambie, contre la Birmanie, sur la question du génocide des Rohingyas. Il y aura un jugement dans la deuxième partie de l’année. Les gens ne comprennent pas qu’il n’est pas toujours si simple de prouver un état d’esprit, l’intention de détruire un groupe partiellement ou totalement. Il existe ce trou entre la définition juridique et publique. Et, entre les deux, il y a forcément des interprétations différentes. Récemment, le New York Times m’a demandé si on pouvait considérer ce qu’il se passe à Gaza ou en Ukraine comme un génocide. Je ne peux pas, moi seul, répondre à cette question. La définition du génocide, inventée par Raphaël Lemkin en 1944, prend une approche beaucoup plus élargie du génocide, à tel point que s’il était encore parmi nous, il caractériserait ce qu’il se passe à Gaza actuellement, mais aussi le 7 octobre 2023 en Israël, comme génocide. Pour autant, cela ne veut pas dire que la Cour internationale de justice ou la Cour pénale internationale vont faire la même chose. Il faut juste attendre. En ce qui me concerne, je ne fais pas de hiérarchie entre crimes de guerres, contre l’humanité et génocide. C’est atroce dans tous les cas. À quoi sert donc d’avoir ce débat ?

  • Le projet de propreté collaborative lancé à Avignon

    Le projet de propreté collaborative lancé à Avignon

    Sur la place des Corps-Saints, dans le centre-ville d’Avignon, une vingtaine d’agents de la propreté de la Ville étaient en action à l’occasion du premier test de « l’opération quartiers propres », comme l’a nommée la municipalité. Objectif : « Montrer l’engagement sans faille de tous les services de la Ville au profit d’un cadre de vie agréable, tout en mobilisant et sensibilisant les citoyens au travers d’une démarche participative. »

    C’est aux alentours de 9h que le maire Olivier Galzi (DVD), qui avait porté comme l’une de ses priorités le sujet de la propreté lors de sa campagne, est arrivé sur place, troquant son costume contre un t-shirt blanc, un gilet jaune et une pince à déchets. « Tout ce qui était dégueulasse a été refait. Le but est de faire un choc de propreté. Si c’est propre, que le quartier est nickel, les habitants feront plus attention », assure-t-il, évoquant le décapage du sol, le remplacement d’un boîtier électrique dans un coin ou encore le nettoyage des tags et autres autocollants sur les poteaux. « L’extrême gauche nous fait la guerre », peste-t-il en retirant un sticker d’un collectif d’artistes opposés au système du Festival Off, bien que le rapport ne soit pas établi. Et d’évoquer de possibles poursuites contre les organisations dont on trouve plusieurs autocollants dans les rues, « type Jeune Garde », assure-t-il. Bien que des affichages de collectifs d’extrême droite soient également nombreux dans les rues de la Cité des Papes.

    Un peu plus loin, au square Perdiguier, un ramassage était aussi organisé avec les élèves de l’école Bouquerie. « Les enfants s’en rappelleront toute leur vie et en parleront autour d’eux », assure Olivier Galzi.

    Un quartier par mois

    Une opération qui a démarré à 5h du matin et qui devrait être la première d’une longue série. En juin, ce sera au tour du quartier du Pont-des-Deux-Eaux, en extra-muros. « On va en faire un par mois », assure Michel Adam, adjoint à la propreté. Le maire a, concernant la verbalisation de ceux qui participent aux dépôts sauvages, évoqué l’utilisation de la vidéosurveillance pour attraper les contrevenants.

    Outre ce projet, les élus ont aussi précisé d’autres actions, comme la mise en place d’une brigade d’intervention rapide. Constituée de six agents, celle-ci interviendrait dans la journée après le signalement d’un habitant via le numéro Allô mairie « afin de lutter contre les dépôts sauvages d’ordures », précise la municipalité. Une benne à encombrants a été mise en place pour la journée, comme c’est déjà arrivé lors de la précédente mandature.

    Et d’insister toujours sur une « remobilisation des agents du service », en rapport avec la visite de début de mandat du premier édile dans les services, alors que l’adjoint à la propreté, qui était anciennement chef des services de la propreté sous Marie-Josée Roig puis Cécile Helle, était ciblé. Une plainte pour diffamation contre l’élue d’opposition Marie-Anne Bertrand a été déposée après une question sur le sujet en conseil municipal. Celle-ci conteste.

  • Le téléphérique de la Grave, un danger pour le Gypaète

    Le téléphérique de la Grave, un danger pour le Gypaète

    Le bras de fer dure entre les défenseurs du gypaète et la Société d’aménagement touristique de La Grave, la SATG, et cette fois, c’est cette dernière qui y laisse des plumes. Le tribunal administratif de Marseille a jugé ce mardi que son projet de créer un troisième tronçon de téléphérique traversant le glacier de la Girose, dans le massif de la Meije, menace une espèce protégée, le Gypaète barbu. À ce titre, le chantier doit donc faire l’objet d’une demande de dérogation auprès des autorités. Une victoire pour les associations de protection de l’environnement, mais qui n’est pas définitive et ne condamne pas le projet en lui-même. Depuis 2019, La Grave et la SATG projettent de créer un téléphérique entre le col des Ruillans à 3 211 mètres au Dôme de La Lauze à 3 559 mètres, traversant ainsi une zone où le Gypaète Barbu est régulièrement observé.

    En octobre 2023, le site du chantier avait été occupé par des militants des Soulèvements de la Terre. Le 11 février dernier, le tribunal administratif de Marseille avait rejeté le recours contre le permis de construire. Trois mois plus tard, il fait cette fois droit aux demandes des associations, reconnaissant l’insuffisance de garantie de sécurité présentée par les porteurs de projets envers les gypaètes. Les juges estiment que les dispositifs anti-collision prévus sur les câbles du futur téléphérique ne présentent pas des garanties suffisantes pour éviter des impacts avec des gypaètes et des jeunes gypaètons inexpérimentés. Le tribunal a donc enjoint le préfet des Hautes-Alpes à mettre en demeure la SATG de déposer une demande de dérogation espèces protégées, et ordonné la suspension des travaux en cours.

    Les associations

    se réjouissent

    « Cette décision rappelle que les projets d’aménagement en haute montagne doivent respecter le droit de l’environnement et la protection des espèces menacées, a réagi France nature environnement via sa juriste Judith Sébert. Alors que les Alpes se réchauffent deux fois plus vite que le reste de la planète, il est urgent de préserver ces milieux déjà extrêmement fragilisés plutôt que de poursuivre une fuite en avant dans l’artificialisation touristique. » Les juges n’ont cependant pas reconnu le même besoin de protection concernant l’androsace du Dauphiné, une fleur très rare, découverte sur le site. De leur côté, commune et porteur de projet affirment qu’il s’agit d’une construction nécessaire pour l’avenir économique de La Grave, alors que les installations actuelles sont menacées par la fonte du glacier. Les services de la préfecture ont dit prendre acte de la décision et « procèdent actuellement à une analyse approfondie de ses conclusions afin de déterminer les suites à lui réserver ».

  • En Vaucluse, hommage aux résistants et aux victimes de bombardements

    En Vaucluse, hommage aux résistants et aux victimes de bombardements

    Double hommage ce mercredi 27 mai à Avignon. Comme partout en France, une cérémonie s’est tenue pour la commémoration de la Journée nationale de la Résistance. Mais c’est aussi la date à laquelle la ville, alors occupée par les troupes allemandes, a été bombardée par les forces alliées, en 1944.

    Les cérémonies en hommage à cette journée tragique se sont tenues ce mercredi. 525 Avignonnais ont perdu la vie ce jour-là. Des gerbes de fleurs ont ainsi été déposées par des enfants et des élus de la ville et du Département devant le monument aux morts, au croisement de l’avenue Pierre-Semard et du boulevard de la 1ère Division blindée.

    Porteurs de drapeaux, élus, personnel de mairie et de la préfecture ainsi qu’une poignée d’habitants ont ensuite marché quelques dizaines de mètres plus loin, jusqu’au monument aux morts de la place de la 1ère Armée d’Afrique. S’en est suivi un protocole similaire.

  • À Aubagne, une foule se dresse pour la gratuité des transports

    À Aubagne, une foule se dresse pour la gratuité des transports

    « Liberté, égalité, gratuité ». C’est le slogan qui sera retenu par l’assemblée générale d’habitants et d’élus du Pays d’Aubagne, réunis en masse mercredi dans la salle du Bras d’Or à Aubagne pour défendre un droit vieux de 17 ans. La gratuité des transports pour tous, en place depuis 2009 dans les 12 communes du Pays d’Aubagne et de l’Étoile*, pourrait en effet voir sa pérennité menacée par les finances serrées de la Métropole Aix-Marseille, en déficit de 123 millions d’euros. Un retour en arrière inenvisageable pour l’Association se déplacer en liberté (Asdel) qui appelait donc mercredi habitants et maires du secteur à se rassembler pour rappeler les effets positifs d’une mesure envisagée comme une « grande avancée sociale » par de nombreux élus locaux. « On ne parle pas d’une utopie mais bien d’un acquis social qui passera bientôt l’âge adulte, s’est ému Jean-Pierre Squillari, maire (DVG) d’Aubagne. La solidarité n’est pas une option, mais bien un devoir. Monsieur le préfet, vous ne toucherez pas à la gratuité [le maire s’adresse au préfet car la Métropole, refusant de voter un budget, est passée sous tutelle de la préfecture des Bouches-du-Rhône, Ndlr]. » Après un rapide rappel sur les modes de financements actuels de la gratuité en Pays aubagnais – permis grâce au versement mobilité, (notre édition du 26/05) –, de nombreux participants, citoyens comme élus, ont pu exprimer leur attachement à un service qu’ils considèrent comme répondant à un impératif de solidarité, de protection de l’environnement et de santé publique.

    Trois actions identifiées

    Surmotivés à conserver cet acquis, qui sonne plus qu’actuel au regard des conditions climatiques et de l’état du pouvoir d’achat français, les membres de l’assemblée ont identifié trois actions à venir. Parmi elles : une mobilisation le samedi 13 juin, au Pôle d’échanges d’Aubagne. L’Asdel est entre-temps chargée de rédiger une pétition qu’elle fera ensuite circuler dans toutes les communes concernées. Les mairies sont également invitées à manifester leur soutien à l’aide d’affichages prônant le message : « Liberté, égalité, gratuité ».

    * Aubagne, Auriol, Belcodène, Cadolive, Cuges-les-Pins, La Bouilladisse, La Destrousse, La Penne-sur-Huveaune, Peypin, Roquevaire, Saint-Savournin et Saint-Zacharie.

  • Philippe Maurizot enterre cinq projets d’urbanisme

    Philippe Maurizot enterre cinq projets d’urbanisme

    « Nous ne signerons aucun chèque en blanc pour des projets qui risquent de finir comme d’autres, soit bien plus chers qu’au départ. » Philippe Maurizot, maire d’extrême droite de Fos-sur-Mer, a présenté sa volonté de stopper net cinq projets d’aménagement confiés à la Société publique locale (SPL) Sens urbain, détenue par la Ville, lors du conseil municipal de mercredi soir.

    Les cinq mandats confiés à la SPL par la Ville lors du dernier mandat consistaient en la rénovation de la maison des Salins, de la Halle de basket avec augmentation de la jauge des tribunes, de la requalification et création de logements à la Maison du gardien de la Cartonnerie, du réaménagement de la cuisine du foyer pour seniors Farigoule et de la création de centrales photovoltaïques, pour un montant total de 11,2 millions d’euros.

    « Après réexamen, nous estimons que ces projets ne répondent plus aux objectifs et priorités que nous avons fixés » justifie l’édile. Le conseiller d’opposition Nicolas Féraud (PCF) pointe le fait que « les honoraires forfaitaires de plus de 500 000 euros resteront à payer après résiliation » et que « la note de synthèse reconnaît explicitement que les éléments permettant la résiliation ne sont pas réunis ».

    Un contre-projet solaire

    La note motivant la délibération stipule qu’à date, les éléments permettant de connaître les conséquences techniques, administratives et financières de cette décision ne sont pas finalisés, et qu’il s’agit d’un vote de principe. Ce qui est assumé par le maire : « Nous les arrêtons pour que ça coûte le moins cher possible. Le risque est de perdre plusieurs millions sur ces chantiers », selon Philippe Maurizot, arguant du « fiasco » d’un autre chantier de résidence senior confié à la SPL, à l’arrêt pour cause de liquidation judiciaire.

    Le plus gros projet stoppé est celui d’équiper les bâtiments publics de panneaux solaires pour autoconsommation, pour 7 millions d’euros. « Nous avons un autre projet plus économique et rentable », oppose l’édile. L’opposant (PS) Jean-Michel Leroy estime que le projet original « profitait au plus grand nombre, on voulait équiper les bâtiments publics de panneaux pour faire profiter les riverains. C’était une manière de leur ramener du pouvoir d’achat », plaide-t-il.

    « Notre projet est de ne pas perdre d’argent », objecte Philippe Maurizot, voulant « anticiper les baisses d’aides financières à l’énergie » des collectivités. Le contre-projet est déjà pensé : « On pourrait produire l’équivalent d’un quart de notre consommation électrique avec 3 ha d’ombrières solaires sur Parsemain » développe-t-il. L’opposition s’est abstenue et les résiliations sont adoptées à la majorité.

    Le contre-projet doit être présenté ultérieurement.

  • Le goût des collines enchantera la 7e édition des Dîners insolites

    Le goût des collines enchantera la 7e édition des Dîners insolites

    « Rappelez-vous avant 2019, venait-on vraiment pour la gastronomie en Provence ? Aujourd’hui, c’est un levier, une fierté territoriale, un véritable vecteur touristique », lance en préambule la présidente de Provence Tourisme, Danielle Milon. Poursuivant : « Faire dîner 144 personnes par soir autour d’une seule et longue table, c’était pour nous raconter un peu l’histoire de la Provence, de la faire découvrir au plus près de ses paysages et de ses acteurs locaux. » Non sans humour, Danielle Milon, aussi maire de Cassis, rappelle que les places des dîners partent en environ une heure « aussi vite que les places pour la course Marseille-Cassis ! »

    Du temps suspendu

    « La colline assaisonne nos assiettes, elle était une évidence pour le thème de cette année », détaille Emmanuel Perrodin chef historien, et metteur en scène des Dîners. « C’est le goût des herbes sèches, du soleil, du brûlé et du fumé et puis le goût de l’eau sur ce territoire de sources, encensé depuis l’Antiquité, puis de Pétrarque à Pagnol. » En cette année internationale du pastoralisme, le thème du « goût des collines » était tout trouvé. Vingt nouveaux cuisiniers dont six femmes, du chef étoilé au chef émergeant relèveront le challenge. Au total, pas moins de 120 chefs se sont succédé avec un repas unique pour régaler 18 000 personnes. Et selon l’enquête de satisfaction réalisée en 2025, en fonction des territoires, la clientèle étrangère est plus ou moins représentée comme aux Baux-de-Provence. En revanche quand le dîner se fait sur la digue du large à Marseille, c’est l’inverse. Preuve s’il en faut, que l’envie d’une soirée hors du temps parle à tous, les Dîners sont recommandés par 4,5 utilisateurs sur 5.

    À l’essence de ce succès, des valeurs communes d’une équipe fidèle depuis la création qui, partage l’amour des paysages, des lieux et des histoires, mais aussi celui des gens qui fabriquent, qui cuisinent, et qui vinifient. « Finalement ce qui est très important dans ce projet, c’est le public avec cet engouement constant dès l’ouverture. Ils font partie du spectacle, de l’émotion de ce temps suspendu », rappelle enthousiaste Isabelle Brémond directrice de Provence Tourisme. Reste donc à se précipiter dès ce 1er juin pour acheter ses places en ligne à 11 heures. Cette année encore, la bourse aux billets permet d’échanger ou d’acheter des billets sur l’espace dédié de Marseille Provence Gastronomie.