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  • Des actions pour sécuriser le site de Fibre Excellence

    Des actions pour sécuriser le site de Fibre Excellence

    En direction de l’usine Fibre Excellence de Tarascon, ce lundi 3 août au matin, la circulation était quasi bloquée depuis le centre-ville et à partir du pont au-dessus du Rhône, depuis Beaucaire. En cause, l’action d’une centaine d’employés de l’entreprise, placé en liquidation judiciaire, pour alerter sur les 275 licenciements directs. Mais aussi sur les dangers que peut représenter le site, classé Seveso, si rien n’est fait rapidement.

    Au lendemain de l’incendie dans un entrepôt de déchets à Gandrange, en Moselle, site également classé Seveso, l’inquiétude est palpable. L’intersyndicale CGT, CFDT et FO demande une « prise en charge intégrale et urgente de la sécurité chimique et de la protection du site ». Dès 7h30, une centaine de personnes ont ainsi bloqué la circulation de façon alternative pendant 5 minutes avant de laisser passer les véhicules les 5 minutes suivantes.

    « S’il y a le moindre problème, ça peut exploser. Ce n’est pas sécurisé », résume le délégué syndical FO, Florian Bertho. Un appel qui a fonctionné, vu qu’aux alentours de 10 heures, un rendez-vous a été trouvé avec le secrétaire général du préfet des Bouches-du-Rhône, à Marseille, dans l’après-midi, pour évoquer la problématique. Deux représentants par syndicat ont échangé avec le représentant de l’État. Un rendez-vous confirmé aux salariés lors d’une assemblée générale devant le site. « On veut des vraies réponses, pas des paroles en l’air. S’il faut remettre un bordel pour en avoir, on le fera », lance un manifestant aux représentants syndicaux. « Qu’ils viennent devant nous. Qu’ils sortent de leurs bureaux et voient un peu ce que c’est », abonde un autre. « La mobilisation marche, vu qu’en deux heures, on a pu obtenir un rendez-vous. Donc on va continuer et aller plus fort, car de la sécurité du site, on ne peut pas s’en occuper bénévolement. Le préfet doit nous apporter des réponses », répond Jean-Michel Bulinge, secrétaire général CGT Fibre Excellence Provence.

    Action attendue

    En sortie de cette réunion en préfecture, Frédéric Sanchez, secrétaire général CFDT, estime que la question de la sécurité va être traitée avec une « solution dans les deux prochains jours » après des échanges entre les mandataires et les services de l’État. Tout en ayant également abordé la question de la mutuelle, des primes supralégales et de la recherche d’un nouveau repreneur du site, quel que soit le secteur d’activité. Une nouvelle réunion se tiendra la semaine prochaine en sous-préfecture d’Arles.

    Un comité social et économique (CSE) s’était également tenu ce vendredi 31 juillet avec les mandataires et les liquidateurs. « Mais ils nous ont simplement dit qu’on aurait seulement droit au minimum », soufflent les responsables syndicaux.

    LES SALARIÉS RACONTENT LEUR POSTE DE TRAVAIL

    Floréal et Mohamed, grutiers

    « On décharge les péniches, les camions ou encore les trains. Mais on conduit aussi les tracteurs et autres véhicules. On était sous-traitants avant, mais il a été liquidé et on a été intégrés à l’entreprise en 2021. Et le deal à l’époque, c’était un peu un échange de savoir-faire entre les deux parties et on connaît parfaitement le procédé du parc à bois. Les rondins que l’on reçoit, il faut les mettre dans une chaîne qui les traite, puis dans une machine qui enlève les écorces et enfin dans une coupeuse pour avoir des copeaux à la dimension voulue. C’est ce produit qui part ensuite dans les différents procédés de traitement. Mais aujourd’hui, on se sent abandonnés et on n’a aucune nouvelle de personne. On a des crédits, des enfants qui arrivent, et retrouver du boulot alors qu’on maîtrisait notre sujet, ce n’est pas évident. »

    Louis-David, Logisiticien

    « Mon boulot était d’envoyer la matière première produite à différents clients à travers l’Europe. J’avais devant moi des blocs de papier de 250 kilos, de différentes catégories de qualité, que l’on devait expédier à droite ou à gauche selon les commandes. C’était mon rôle de décider ce qui devait aller à tel ou tel endroit. Cette matière était ensuite retravaillée. Il faut vraiment être papetier pour comprendre à quoi correspond chaque produit. Et ce n’est pas quelque chose pour lequel on se forme du jour au lendemain. Il faut un minimum de connaissances. Je suis ici depuis 11 ans, dont plus de cinq en intérim. »

  • Les sentinelles de la biodiversité sur le pont

    Les sentinelles de la biodiversité sur le pont

    Le vent se lève sur l’étang de Berre, mardi en début d’après-midi. Sur la plage de Champigny, à Berre-l’Étang, familles et habitués profitent d’une eau à 32 degrés. Ce couple et leur enfant venant d’arriver s’apprêtent à se mettre à l’eau. Mais juste avant… « Bonjour ! C’est la brigade littorale, est-ce qu’on peut vous poser quelques questions ? » demande Camille Moreti au couple. La volontaire en service civique du Gipreb, le syndicat mixte gestionnaire de l’étang, dispose d’un petit questionnaire. « C’est la première fois qu’on vient ici » avoue Issam Benabdelkrim, venu de Marseille. « On allait surtout au Jaï avant, mais on préfère ici car il y a plus de place et la plage est propre », remarque-t-il.

    Il n’y a pas que la baignade. « J’y pêche des loups grands comme ça ! », explique Didier Coulomb, en mimant la longueur d’un avant-bras. « Ça fait 20 ans que je suis parti dans les Alpes mais je reviens une semaine chaque été », explique le quinquagénaire. « J’ai connu l’étang pollué et sans poisson. C’est très bien ce que vous faites, il faut préserver et le montrer à nos petits-enfants ! », affirme-t-il.

    C’est justement la mission du Gipreb et de sa brigade, que les deux volontaires en service civique ont rejoint le premier mars dernier. « Sur les plages, on repère ceux qui ne respectent pas les règles : ceux qui amènent leurs chiens quand c’est interdit, ou qui ne mettent pas la laisse alors qu’il le faut quand c’est autorisé, ou le fait de fumer », détaille Martin de Fombelle, marseillais et étudiant l’aménagement du littoral à Toulon. Si la bonne entente est la règle, certains sont parfois réfractaires comme l’illustre Camille Moreti, venue des Alpilles et étudiante en bio-écologie à Montpellier. « Une fois, un mec pêchait la palourde un mardi, jour d’interdiction. On lui a expliqué que c’était interdit, qu’il fallait les relâcher, mais dans ce cas les gens se sentent vite lésés après avoir passé une heure ou plus à pécher, alors ils négocient, nous demandent de fermer les yeux… » Dans le pire des cas, c’est la police qui tranchera. « Notre travail s’arrête à la sensibilisation », reprend la volontaire. « Ceux qui veulent bien faire nous écoutent et changent, certains ne le feront pas, au détriment des autres », analyse son collègue.

    C’est la quatrième année d’existence de cette brigade. « Le dispositif découle de notre feuille de route. On ne pouvait pas créer de police spéciale pour l’étang alors on a embauché des saisonniers », retrace Raphaël Grisel, directeur du Gipreb. « Après deux ans, on s’est rendu compte que 90% des interventions ne nécessitaient pas d’être policier. On a étendu le service sur des périodes de six mois à partir de mars », complète le directeur. La brigade va aussi sur l’eau cet été. « La question se pose de créer une brigade sur l’eau supplémentaire », indique Raphaël Grisel. L’objectif est de protéger les zostères, une plante marine qui a repeuplé le milieu et atteint les 100 hectares. « Plus l’étang ira bien, plus il y aura de monde, plus il y aura de problème », anticipe Raphaël Grisel.

    LA BIODIVERSITÉ MÉDITERRANÉENNE EN CHIFFRES

    10%

    La Méditerranée abrite près de 10% des espèces marines connues dans le monde alors qu’elle représente 1% de la surface des océans. Parmi elles, le grand dauphin est inscrit sur la liste des mammifères marins protégés. Il peut mesurer jusqu’à trois mètres et vit proche des côtes.

    100 millions

    La posidonie, la plante à fleur de la Méditerranée, serait née il y a 70 à 100 millions d’années. Elle occupe entre 20 % et 50 % des fonds méditerranéens. La posidonie protège les animaux, stocke autant de CO2 qu’une forêt et protège de l’érosion côtière.

    80%

    En Méditerranée, les poissons sont surpêchés à 80% : 1,5 million de tonnes de poissons extraits des eaux. C’est la mer où la pêche excessive est la plus importante au monde. Les pêcheurs ont vu leurs prises reculer d’un tiers sur les cinquante dernières années.

  • Jean Mangion se range derrière Valérie Boyer pour les sénatoriales

    Jean Mangion se range derrière Valérie Boyer pour les sénatoriales

    Comme Stéphane Le Rudulier, un autre sénateur LR, elle est partie en solitaire, en se désolidarisant de la liste de droite du président de la région Sud, Renaud Muselier (REN), menée par Brigitte Devésa (UDI) et soutenue par la majorité sénatoriale de Gérard Larcher. Mais Valérie Boyer (LR) la sénatrice de Marseille, rapidement rejointe par le maire de Trets, Pascal Chauvin (DVD), affiche depuis 48 heures ses soutiens. Ce week-end, David Lisnard, le maire de Cannes et son parti Nouvelle Énergie ont annoncé se ranger derrière elle. Lundi, une autre personnalité, plus locale mais pas moins influente, a été confirmée sur sa liste.

    Libre et enracinée

    Il s’agit de Jean Mangion, le maire (LR) de Saint-Étienne-du-Grès, petite commune de 2500 habitants, située entre Rhône et Alpilles. Une surprise quelque part, puisque fin mai ce dernier avait apporté son soutien à Renaud Muselier dans la perspective d’une « liste d’union des personnalités de droite ». La personnalité, désormais, c’est lui ?

    Âgé de 76 ans, ce docteur en droit a été durant sa carrière, administrateur de l’École d’art et d’architecture de Marseille et directeur de l’Office régional de la culture, directeur général des affaires culturelles de la Ville de Marseille et président de la Cité de la Musique. Proche de Jean-Claude Gaudin dont il a dirigé la campagne électorale de 2001, il était devenu un fervent soutien de Martine Vassal.

    Réélu maire depuis 2014, il a progressivement étendu son influence au-delà de Saint-Étienne-du-Grès. Il préside aujourd’hui le Parc naturel régional des Alpilles et le Pôle d’équilibre territorial et rural du Pays d’Arles, deux structures stratégiques dans l’aménagement, l’environnement et le développement du territoire local.

    « Je refuse que la droite des Bouches-du-Rhône soit réduite à une force d’appoint. Avec Pascal Chauvin, Jean Mangion et les élus qui nous rejoignent, nous voulons construire une liste libre, enracinée et entièrement tournée vers la défense de nos communes », insiste Valérie Boyer, espérant rassembler « tous les grands électeurs attachés à une droite fidèle à son identité, à la sécurité, à la maîtrise des finances publiques, à la défense des libertés locales et au respect des communes ».

    Reste qu’en l’état actuel, avec quatre listes sur la ligne de départ, puisque s’ajoute celle formée par le maire (LR) de Gardanne Hervé Granier qui promet lui aussi de représenter les maires du territoire, la droite pourrait surtout perdre gros lors du scrutin programmé le 27 septembre.

  • Nuits magiques à Fontaine-de-Vaucluse

    Nuits magiques à Fontaine-de-Vaucluse

    C’est sur l’un de ses sites emblématiques et plus précisément sur celui qui a donné son nom au département que le Département de Vaucluse vous propose de découvrir un spectacle son et lumière unique pour vivre une expérience nocturne comme vous n’en avez jamais vu.

    Célébrer les mythes et légendes

    Dès ce samedi et jusqu’au 16 août les bords de la Sorgue qui traversent la commune de Fontaine-de-Vaucluse deviennent le décor d’un show unique à la croisée des chemins entre l’art numérique, la nature et l’émotion avec « Fontaine-de-Vaucluse, source de légendes ».

    Ce temps fort proposé durant la première quinzaine d’août raconte les mystères du gouffre d’où jaillit la rivière si célèbre et les mythes qui entourent ce site fascinant, à l’image de la nymphe gardienne des eaux ou du combat mémorable entre la terrible coulobre et saint Véran. L’occasion également de vivre de belles échappées à travers le département, en évoquant plusieurs sites emblématiques allant du Ventoux à la cité des papes en passant par les ocres du Luberon.

    Et pour ce vidéo-mapping, ni écran de projection ni façade n’ont été installés car il a été conçu par l’artiste Marie Jumelin et la société et la société de production vauclusienne Artcom diffusion installée à Pernes-les-Fontaines, dont la particularité est d’utiliser les frondaisons comme écran de projection. Ainsi, les images seront projetées directement sur la végétation, transformant les arbres du vallon de la Sorgue en support pour cette découverte visuelle qui respecte le site classé.

    Pour le son, la magie sera tout autant au rendez-vous puisque les visiteurs auront la chance de profiter d’une création spécialement pensée pour le site. Cette dernière dialoguera avec les bruits naturels de la Sorgue afin de plonger les spectateurs dans une expérience sensorielle et visuelle totale.

    Première projection à 21h30 puis trois autres par soirée. Accès libre et gratuit.

  • Cezanne et Monet : palette en main, ils ne concevaient la vie que devant une toile

    Cezanne et Monet : palette en main, ils ne concevaient la vie que devant une toile

    Il y a cent ans, Monet s’éteignait dans sa maison-jardin de Giverny. L’ancien journaliste, Philippe Simon, lui rend un hommage, ô combien mérité, dans Le miroir des eaux. Il y a cent vingt ans, Cezanne s’éteignait à Aix-en-Provence, sa ville natale. L’essayiste et romancier, Thierry Maugenest, fait apparaître son fantôme durant la Seconde Guerre mondiale, au sein de sa sublime fiction : Dans l’ombre de Cezanne. Autant dire que notre plume déborde de joie, puisque nous avons toujours mis la peinture au sommet de tous les arts – du naïf à l’expressionniste, en passant par le figuratif, l’abstrait, l’impressionniste, le symboliste, le cubiste, et le surréaliste. Un proverbe chinois ne dit-il pas que le pinceau laisse des traces, alors que les paroles sont vides ?… Surtout lorsqu’il est tenu par deux génies.

    Le miroir des eaux

    Qui dit Claude Monet, dit Octave Mirbeau, l’un des plus grands écrivains et critique d’art du XIXe siècle, amoureux, comme l’était le peintre, des arbres et des fleurs ; mais aussi Georges Clemenceau, ministre de l’Intérieur qui créa les Brigades mobiles, ancêtres de l’actuelle Police judiciaire. C’est à ce dernier, auteur d’un article sur les Nymphéas, que Philippe Simon donne une place de choix pour la collection : « Le roman d’un chef-d’œuvre ». Pourquoi ? Parce qu’une amitié, qui durera par-delà la mort de Monet, naquit entre l’artiste qui vivait loin des hommes, et un Tigre politique, passionné de culture. C’était en un temps où l’on croyait encore en la liberté de l’esprit, et au sentiment du beau. Merci à Clemenceau d’avoir retiré le voile noir qui recouvrait le cercueil de son ami, en disant « Jamais de noir pour Monet ! »

    Dans l’ombre de Cezanne

    Nous sommes en Provence, la Seconde Guerre mondiale fait rage, et des peintres, décidés à entrer en résistance contre le régime de Vichy, se retrouvent dans une bastide (Château Noir) où Cezanne travailla durant les quinze dernières années de sa vie. Comment alors ne pas être hantés par le spectre qui habita ce domaine posé au pied de la montagne Sainte-Victoire, et dont le maître des rouges, des jaunes, et des bleutés, aimait le silence si profond qu’il en devenait harmonie ? Aussi, malgré les bombardements, la Gestapo, les miliciens, et les blindés, trouvons-nous agréable de retrouver en cet inattendu revenant, le timide, l’indépendant, le solitaire, jamais satisfait de lui-même, et qu’une pneumonie terrassa, alors qu’il peignait sur le motif, sans lui laisser le temps de comprendre qu’il deviendrait un mythe.

    En guise de conclusion

    Que l’on s’appelle Claude Monet ou Paul Cezanne, les peintres ont vécu, vivent, et vivront pour le plaisir de nos yeux. Même les Anciens se plaisaient à dire que leurs divinités étaient mieux servies par eux que par les poètes. Nous ne craignons pas de l’écrire hautement, et les lecteurs de bonne foi se rangeront à notre avis, ces deux livres sont parmi les meilleurs de l’année 2026. Nous finirons par des citations. La première est de Monet, la seconde de Cezanne : « J’ai mis du temps à comprendre mes nymphéas… Je les cultivais sans songer à les peindre… Puis, tout d’un coup, j’ai pris ma palette. Depuis, je n’ai guère eu d’autre modèle. »… « Le Louvre est le livre où nous apprenons à lire. Nous ne devons pas nous contenter de retenir les belles formules de nos illustres devanciers. Sortons-en pour étudier la belle nature, tâchons d’en dégager l’esprit, cherchons à nous exprimer suivant notre tempérament personnel. »

  • Les forteresses du Languedoc inscrites à l’Unesco

    Les forteresses du Languedoc inscrites à l’Unesco

    C’est la reconnaissance de plus d’une décennie de préparation et de travaux historiques menés par l’association Mission patrimoine Mondial composée notamment des Départements de l’Aude et de l’Ariège. « Le système de forteresses de la sénéchaussée de Carcassonne (XIIIe-XIVe siècles) » a été classé, dimanche 26 août au patrimoine mondial de l’Unesco. La proclamation a été faite de Busan (Corée du Sud) où le comité de l’Unesco était réuni en session. Derrière l’intitulé un peu âpre le « bien culturel » désormais classé est constitué des remparts et du château de Carcassonne et d’une sélection de sept châteaux établis dans sa périphérie. Cette série de fortifications, contemporaines les unes des autres, témoigne de la conquête du Languedoc par le roi de France et ses vassaux, dans la première moitié du XIIIe siècle, et de son objectif : le contrôle d’un vaste ensemble territorial par l’affirmation du pouvoir royal. Au sein d’un ensemble de châteaux qui répondaient aux mêmes objectifs politiques et militaires et avaient les mêmes caractéristiques architecturales, la série sélectionnée présente les sites les mieux conservés et les plus authentiques. Elle reflète une homogénéité thématique et une cohérence historique, à l’échelle d’un large territoire.

    Chaque élément constitutif est porteur d’une partie spécifique de la valeur universelle exceptionnelle du bien. Les caractéristiques majeures de cet ensemble militaire, politique et symbolique du XIIIe et du début du XIVe siècles sont les suivantes : une approche territoriale d’ensemble du système défensif qui fut mis en place par le roi de France, à l’issue de la Croisade contre les Albigeois (1209-1229), et dont Carcassonne était le centre militaire, politique et administratif aux XIIIe et XIVe siècles ; un témoignage unique, par son homogénéité architecturale de ce que pouvait être un réseau fortifié capétien aux XIIIe et XIVe siècles ; un exemple remarquable d’importation et d’adaptation des principes de la fortification capétienne à des sites escarpés ; une situation paysagère exceptionnelle.

    Un « levier »

    de développement

    La présidente du Département de l’Aude, Hélène Sandragné, a salué le classement des Forteresses royales du Languedoc à l’Unesco, le qualifiant de « levier » pour le développement touristique et économique. « Il va accroître notre attractivité et l’Aude en a besoin », a-t-elle déclaré.

    Souvent perchées en haut de pitons rocheux escarpés, les huit forteresses, celles de Montségur en Ariège et celles de Peyrepertuse, Quéribus, d’Aguilar, de Lastours, de Peyrepertuse, de Puilaurens, de Termes et de Carcassonne dans l’Aude, ont été édifiées à l’issue de la croisade contre les Albigeois (1209-1229), lorsqu’une partie du Languedoc tombe dans le domaine royal. Certains de ces sites avaient servi auparavant de refuge aux Cathares accusés d’hérésie.

    Avec ces forteresses, le roi de France voulait garder un œil sur la population locale encore considérée comme dissidente et surveiller le royaume d’Aragon, situé à quelques dizaines de kilomètres à peine de Quéribus ou Peyrepertuse.

    Les forteresses étaient administrées par un sénéchal installé dans la Cité de Carcassonne, elle aussi reconstruite à la même époque et déjà inscrite au patrimoine mondial de l’humanité en 1997. Considérés comme un « élément central du système défensif », son château et ses remparts font aussi partie de ces huit monuments désormais sur la liste de l’Unesco. « Ces forteresses témoignent de l’adaptation exceptionnelle de l’architecture militaire aux contraintes topographiques et de l’émergence de nouvelles formes d’organisation du territoire par la monarchie française », a estimé l’Unesco.

    « Ironie de l’histoire, ces forteresses qui hier ont brisé la fougue rebelle du peuple languedocien lui donneront demain un nouvel élan », a encore déclaré Hélène Sandragné qui voit dans cette distinction un atout pour la « préservation et la restauration » de ces citadelles.

    Pour Fabrice Chambon, guide-conférencier au château de Montségur, où plus de 200 « hérétiques » ont été brûlés en 1244 avant la construction de la forteresse qu’on visite aujourd’hui, l’effacement du mot « cathare » a « ému pas mal de personnes ». Une pétition d’opposants à ce changement de dénomination a été signée par près de 9 400 personnes.

    Mais la polémique ne peut masquer l’immense atout que représente ce classement au patrimoine mondial de l’Unesco d’un ensemble unique. « L’Association mission patrimoine mondial est au cœur du dispositif de gestion. Composée de l’ensemble des collectivités propriétaires et autres gestionnaires territoriaux elle coordonne et anime le présent système de gouvernance, mobilisant instances et partenaires, et constitue l’interface de gestion principale du bien en série », précise le dossier soumis à l’Unesco. L’organisme de l’ONU a été convaincu.

  • Les syndicats dénoncent des défaillances structurelles

    Les syndicats dénoncent des défaillances structurelles

    En avril 2024, le ministère de l’Intérieur, alors dirigé par Gérald Darmanin, lançait le Beauvau de la sécurité civile, une large concertation nationale censée faire évoluer le modèle français « pour mieux l’adapter aux enjeux climatiques, technologiques et sociétaux ». Deux ans et quatre changements de gouvernement plus tard, ce modèle semble plus que jamais à bout de souffle.

    « Nous sommes au bout de ce système, que ce soit en termes de moyens humains ou matériels », affirme Mathieu Manetti, secrétaire départemental du syndicat Sud du Service départemental d’incendie et de secours du Gard (Sdis 30). Il rappelle qu’en France, ce sont les conseils départementaux et les communes qui financent en majorité les Sdis. « Nos conditions de travail sont donc différentes selon les territoires, puisqu’elles dépendent de la richesse des Départements, explique-t-il. Le Gard est un département pauvre, mais nous avons de la chance d’avoir une bonne volonté politique. » Il ajoute que le nombre d’interventions ne cesse d’augmenter, avec une hausse de 10% cette année dans le Gard. « Les interventions augmentent mais le financement ne suit pas, dans un contexte où le budget des collectivités ne cesse de diminuer. » Par ailleurs, certains sapeurs-pompiers professionnels ne sont pas payés durant l’intégralité de leurs heures de garde. « Dans le Gard, nous sommes rémunérés en heure pour heure dans presque toutes les casernes. En revanche, dans les Bouches-du-Rhône par exemple, beaucoup sont en 24h comptées 16 ou 17 heures », déplore le syndicaliste.

    Toujours dans le Gard, Sébastien Perrier, président départemental du Syndicat autonome SPP-PATS, attire l’attention sur une autre difficulté. « Avec l’actualité, nos confrères ont besoin de renfort en Gironde. Seulement, dans beaucoup de départements, les pompiers professionnels doivent obligatoirement avoir un contrat de volontaire pour partir en renfort. Cela revient à ce que certains d’entre eux posent des congés pour travailler, c’est absurde. » Une actualité qui pose aussi la question des risques pour la santé. « Depuis peu, l’état reconnaît deux types de maladies professionnelles pour les pompiers, explique Mathieu Manetti. Cependant, certains pays du Nord en reconnaissent une vingtaine. »

    La crise des pompiers volontaires

    En France, les sapeurs-pompiers volontaires (SPV) représentent environ 80% des effectifs de la sécurité civile. Selon Eric Bonijoly, secrétaire du syndicat Sud Sdis 34, « l’utilisation du volontariat à outrance est commune à tous les départements. Cependant, les SPV cumulent généralement une deuxième activité. Cela peut donc se ressentir dans la fatigue des agents et représenter, parfois, un danger pour eux et leurs collègues. »

    De son côté, Bernard Pedrotti est référent départemental du Syndicat des sapeurs-pompiers volontaires de France (SSPVF) dans l’Hérault. Il explique : « Il faut différencier deux sortes de SPV. Il y a des volontaires fixes, en caserne, qui sont en quelque sorte professionnalisés et qui effectuent des gardes de 24 heures. Et puis il y a le maillage des volontaires dans les villages, qui sont payés uniquement à l’heure d’intervention quand on les bipe. Ce sont eux qui sont la véritable puissance de la protection civile. Or, les SPV n’ont pas de dispositif de retraite sérieux. Ils bénéficient seulement de la Prestation de fidélisation et de reconnaissance, au bout de vingt ans de service. S’il y a moins de vocations, c’est parce qu’il faut donner beaucoup de sa personne contre trop peu de reconnaissance. »

    Selon Sébastien Perrier, l’accumulation de ces problèmes structurels se traduit dans l’actualité mais n’est pas nouvelle. « On va laisser passer la saison avant de donner rendez-vous aux pompiers dans la rue. Les troupes sont exaspérées, donc la rentrée sociale s’annonce bouillante », prévient-il.

  • [C’est l’été] Laurent Belorgey, oléiculteur : « S’adapter, c’est un défi »

    [C’est l’été] Laurent Belorgey, oléiculteur : « S’adapter, c’est un défi »

    « Après des études d’ingénieur, je suis parti dans une banque au Luxembourg. Pas vraiment destiné à faire un métier agricole. Au décès de mon père en 2002, je fais des allers-retours hebdomadaires sur l’exploitation pendant un an. Viens ensuite l’heure du choix » explique Laurent Belorgey. Et de préciser : « Je me souviens très bien, c’était au mois de mai à Marseille. J’ai pris la corniche pour me rendre à la Mutualité Sociale Agricole (MSA) et je me suis dit que c’était vraiment trop beau. Le Luxembourg y a que des banquiers et des assureurs. Faut être honnête, ce n’est pas la vraie vie ».

    En constante adaptation

    Au mois de septembre de l’année suivante, il rentre au pays avec sa petite famille. La Lieutenante est le nom de son exploitation à Saint-Martin-de-Crau près d’Arles qui doit son nom à la femme d’un lieutenant qui, sous le règne du roi Henri IV, à la suite des guerres de religion avait repris le domaine. « Mon histoire familiale commence là, sur cette propriété transmise depuis deux siècles. à l’origine, il y a avait du foin, des oliviers plantés en 1961 par mon grand-père Jean et puis un troupeau ovin IGP agneau de Sisteron label rouge » détaille Laurent. En 1963, Jean rachète avec quelques amis et voisins un moulin pour transformer les olives en huile et préparer des olives de bouche. « A partir de 1992, mon père Marc Bélorgey poursuit le développement de l’oliveraie familiale et participe au plan de relance de l’oléiculture française », retrace-t-il. En 2008, suite à une décision de l’ARS, une partie du troupeau doit être abattue, le reste est cédé à un berger.

    La passion pour moteur

    Une variété locale d’olivier est longue à produire, presque une dizaine d’année, Laurent le sait, alors il continue de planter des oliviers comme son grand-père et son père. « Si dans l’imaginaire, un olivier n’a pas besoin d’eau, il faut savoir que poussé à l’extrême, il ne produit plus. Il est hyper résiliant mais pour avoir des olives, il faut de l’eau et au bon moment » précise l’oléiculteur. Equipé de dendrométres pour mesurer la respiration de l’arbre, et les flux de sève et d’outils multispectraux… Il faut arroser juste.

    Son foin de Crau voit aussi de fait son système d’irrigation s’améliorer. Convaincu que « le tabouret tient mieux avec 3 pieds », Laurent avec un voisin s’intéresse aux amandiers à partir de 2017, et il commence à en planter. « La monoculture est trés compliqué dans l’agriculture. on est en première ligne du changement climatique. On le voit sur les dates de récoltes, de floraison. » L’olivier a besoin d’être pollinisé, un décalage sur la floraison impacte forcément la chaîne de l’écosystème. Aujourd’hui 80 hectares d’amandiers, 50 d’oliviers et 80 de foin composent le domaine. « La récolte est avancée de 15 jours actuellement. S’en rendre compte c’est une chose, s’adapter, c’est un défi. » Une seule certitude reste : il n’y a pas d’agriculture sans eau. Mais attention « Ce n’est pas du gaspillage, l’évapotranspiration des arbres, donne un climat plus frais dans la Crau. On doit être 5 degrés de moins que dans la Crau sèche, où il n’y a pas de foin. L’eau, c’est un cycle. »

    En agriculture, mieux vaut être passionné mais pas que. « La résiliance, le fait d’aller au bout des projets, de se donner tous les moyens pour y aller, c’est un travail de tous les jours » confie Laurent. Mais il ne faut pas oublier l’humilité. « On est face à la nature, on ne peut pas tout expliquer, tout maitriser. On est obligé de s’adapter en permanence. On doit faire avec le climat. » Laurent se pose quelques minutes puis poursuit « avec les fortes chaleurs de mai, on a fait du foin comme jamais au niveau qualité depuis 10 ans. » Ensuite vient l’interrogation : « Mais pour les oliviers ? Ils venaient juste de fleurir, je ne suis pas certain du coup de chaud sur les fleurs et sur les petites olives qui venaient à sortir. »

    Laurent garde en tête la nécessité de la polyculture et l’attachement à produire des beaux produits. « Voir les gens prendre du plaisir à consommer ce qu’on produit. C’est ma plus grande satisfaction. C’est concret. »

    Des huiles labellisées AOP

    Les quatre variétés d’oliviers, reconnues par l’appellation de la Vallée des Baux de Provence A.O.P sont cultivées au domaine de la Lieutenante : la Salonenque, la Béruguette, la Verdale des Bouches-du-Rhône et la Grossane.

    Grand cru noir ou vert ou encore huiles aromatisées sont proposées.

  • [C’est l’été] Le Château d’If, partagé entre Histoire et histoires

    [C’est l’été] Le Château d’If, partagé entre Histoire et histoires

    « Et voici le château d’If, rendu célèbre par le comte de Monte-Cristo […] Il était réputé impossible de s’en évader » scande un haut-parleur alors que le bateau s’approche de l’île. Après une vingtaine de minutes de traversée, du vieux port à l’ancienne prison politique, il ne reste qu’à débarquer et monter à l’entrée des fortifications. Une fois le billet d’entrée en poche, (7 euros pour les adultes, gratuit pour les moins de 18 ans), se trouve le château d’If.

    Construit au XVIe siècle sur ordre du roi François 1er pour protéger la côte des attaques, le lieu a ensuite été transformé en prison d’exception, aussi appelée prison politique. Entre histoire et fiction, l’édifice a abrité les plus célèbres des détenus de l’époque. Mais le plus connu reste sans doute Edmond Dantès du célèbre livre d’Alexandre Dumas. « J’ai lu le livre et vu le film, il fallait que je visite le château » déclare comme une évidence Laure, retraitée en visite avec son mari, avant de franchir la grande porte du lieu. Celle-ci débouche directement sur une petite cour carrée. En son centre un puits et tout autour s’articulent les cellules, sur deux étages. L’entrée de ces dernières est surmontée d’une plaque indiquant les noms des condamnés. Parmi lesquels l’Homme au masque de fer, l’Abbé Faria, codétenu du comte de Monte-Cristo, ou encore le comte de Mirabeau. Sur les murs, les ancêtres des graffitis actuels, réalisés par les prisonniers au marteau et au burin : date d’incarcération, nom, fonction.

    Imprégnés d’histoire et de légendes, ces lieux se découvrent aussi grâce aux guides, qui partagent avec passion anecdotes et récits pour en dévoiler les moindres détails. Une fois les deux premiers étages, leurs cachots et leurs expositions visités, le clou du spectacle reste à venir. Tout en haut des escaliers en colimaçon, le point culminant, une vue à 360° autour de l’île, depuis laquelle on peut voir le Frioul ou encore observer Marseille, de l’Estaque aux Goudes. « Ce que j’aime particulièrement ici, c’est la vue en haut, on connaît le château d’If vu de Marseille mais Marseille vu du château d’If est bien différent » retiennent Christelle et Océane, venues entre mère et fille.

  • L’autre Bonne Mère désormais visible gratuitement au fort Saint-Jean

    L’autre Bonne Mère désormais visible gratuitement au fort Saint-Jean

    « On est montés pour voir la statue, c’est la seule occasion qu’on aura de la voir aussi bien et d’aussi près », explique Hélène. Parisienne en vacances dans le Sud, elle est venue à Marseille pour la journée, et en a profité pour passer par le Mucem. « On avait réservé des places payantes et j’ai découvert à l’accueil toutes les activités gratuites que l’on pouvait y faire. C’est à ce moment-là qu’on en a entendu parler », poursuit-elle.

    Du 1er août au 30 septembre, la sentinelle qui surveille, depuis le mois de mars, l’entrée du Vieux-Port de Marseille du haut du fort Saint-Jean devient accessible gratuitement. Il s’agit d’une réplique de la statue de la Bonne Mère, s’inscrivant dans le prolongement de l’exposition du Mucem « Bonnes Mères ». Explorant la maternité méditerranéenne comme enjeu politique, de construction sociale, et de création artistique, cette nouvelle statue, réalisée par la Maison Christofle, donne à voir un nouvel aspect de la maternité à travers le symbole qu’elle représente. Au-delà de sa nature religieuse, la statue de Notre-Dame de la Garde est réputée pour veiller sur la ville et ses habitants.

    Profiter de la vue

    « Nous sommes montés en haut de la tour pour voir la vue sur la ville, et nous avons été agréablement surpris par cette statue ! » s’émerveille Martina, Hollandaise de passage à Marseille avec sa famille. La tour du Roi René offre une vue panoramique sur la cité phocéenne. Le Vieux-Port, le quartier du Panier, Notre-Dame de la Garde, ou encore le palais du Pharo, monter les 147 marches de son escalier vaut le détour. « À la base, je venais pour voir la vue, je ne savais pas qu’il y avait cette statue. C’est très beau ! » raconte Marine, originaire de Versailles.

    La statue de la Maison Christofle est tournée vers l’entrée du port, face à son originale, sur la colline de Notre-Dame. Offrant une remarquable symétrie, elles donnent presque l’impression de voir double. La réplique, gratuite et accessible depuis le Vieux-Port, permet aux visiteurs de l’admirer sous un angle inédit.