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  • [Témoignages] La fonction publique chevillée au corps

    [Témoignages] La fonction publique chevillée au corps

    De quoi remettre en avant le travail quotidien des agents des services publics qui œuvrent au quotidien, et parfois dans l’ombre, pour le bien commun. Et qui s’alarment du budget de l’État à venir qui risque bien de réduire encore leurs moyens. Des moyens dont ils manquent déjà cruellement à l’image des sapeurs-pompiers, en grève depuis début septembre et figures de proue du mouvement. En bref, les petites mains de l’État ne veulent pas subir à nouveau l’austérité.

    « Le gouvernement met école publique et fonctionnaires en porte-à-faux »
    Julien Saint-Roman professeur d’histoire-géo-EMC (FSU) à Toulon

    Être enseignant, de nos jours, c’est « faire face à des injonctions contradictoires ». Professeur d’histoire-géographie au collège des Pins d’Alep de Toulon, Julien Saint-Roman a la sensation d’être pris dans un étau, entre les difficultés « de permettre à tout le monde d’accéder aux mêmes chances » d’un côté, et « les attaques de la droite et de l’extrême droite, en des temps où tout n’est qu’opinion, avec des parents d’élèves, des politiques, voire des élèves qui remettent en question la vérité des faits, le travail scientifique » de l’autre. Ajoutez à cela « la concurrence féroce de l’enseignement privé sous contrat », autre entrave à l’égal accès à l’enseignement, et vous obtenez « séparatisme sociologique et politique », favorisé par « un gouvernement qui met l’école publique et ses fonctionnaires en porte-à-faux ».

    Les conditions matérielles d’exercice du métier sont elles aussi pointées du doigt, entre un pouvoir d’achat en berne provoqué par « une inflation qui augmente deux fois plus vite que le point d’indice depuis 2010 », « une charge de travail multipliée à cause du nombre croissant d’élèves, qui nécessiterait plus de 40 000 professeurs supplémentaires pour avoir le même taux d’encadrement qu’en 2007 », des profils qui « ne sont plus pris en charge correctement » et des « bâtiments vieillissants soumis à la canicule et au froid l’hiver ». Il y a « de multiples facteurs qui peuvent conduire à la mobilisation » pour le secrétaire adjoint de la FSU du Var.

    « Pendant le Covid, on était applaudi, aujourd’hui, la situation est pire »
    Ludivine Russo agent de service hospitalier (CFDT) à Avignon

    À l’hôpital d’Avignon, Ludivine Russo est « partie de tout en bas », assure-t-elle. Aujourd’hui agent de service hospitalier (ASH), elle a commencé par de la plomberie avant de monter des échelons et de prendre des responsabilités syndicales à la CFDT.

    Dans l’établissement hospitalier, le plus important de Vaucluse avec pas moins de 3 600 agents, « on galère », regrette-t-elle. « On tient grâce à notre engagement et notre sens du service public », explique-t-elle. Et prône la volonté de tous d’assister les patients et les familles, mais aussi entre collègues. « C’est la force des services de s’aider. Quand les services ne s’aident pas, la moitié se barre. Alors qu’un service super soudé, les filles se disent on est dans la mouise, mais on l’est ensemble », poursuit l’ASH. Au quotidien, des agents constatent un manque de reconnaissance. « Pendant le Covid, on était applaudi. On pensait que ça changerait dans le bon sens mais non, c’est encore pire ! On n’a jamais vu l’hôpital comme ça », illustre la responsable syndicale.

    Ce mardi, une mobilisation intersyndicale avec la CGT et FO est prévue sur le site pour sauver la crèche hospitalière qui va potentiellement être externalisée. « Cela permettait aux agents de travailler plus sereinement et ça illustre ce qu’il se passe au niveau national. On est en train de démanteler le service public », pointe-t-elle.

    « Nous sommes le dernier recours pour la population » Laurent Guilloteau sapeur-pompier (CGT) dans les Bouches- du-Rhône

    Le quotidien de Laurent Guilloteau, sapeur-pompier professionnel pour le service départemental d’incendie et de secours des Bouches-du-Rhône (Sdis 13) et secrétaire général de la CGT Sdis 13 est pour le moins chargé. « Une journée classique de pompiers débute par une prise de garde entre 7 et 8 heures, pour une garde de 12 ou 24 heures. Il y a ensuite un appel des présents, où l’on va savoir sur quel engin on va intervenir dans la journée. On a aussi une vérification des engins, pour être sûr qu’ils soient bien opérationnels. On enchaîne ensuite sur du sport ou alors sur des manœuvres et des entraînements pour nos futures missions… Ensuite, la journée est cadencée par les interventions », explique-t-il. Ces interventions justement « peuvent durer 10 minutes comme 12 heures, cet été, on a dépassé les 500 interventions par jour dans le département ». De quoi donner un aperçu de la charge de travail : « Fin juin, on a eu une très forte activité sur une journée, j’ai retrouvé des collègues arlésiens qui n’avaient pas eu le temps de manger le midi et qui n’avait toujours pas mangé à 2h du matin. »

    De quoi surtout remettre en perspective le rôle de ces fonctionnaires territoriaux : « On subit depuis des années la dégradation de l’ensemble des services publics : nous sommes le dernier recours pour la population. Si l’hôpital public ne peut pas prendre en charge la population, si elle n’a pas accès à de l’aide sociale, elle fait appel aux pompiers. »

  • Les Bosses de Provence font toujours un carton

    Les Bosses de Provence font toujours un carton

    Une forte participation, une météo idyllique et une organisation au cordeau. Tous les ingrédients étaient réunis, dimanche au départ du Campus de Luminy, pour faire de la 31e édition des Bosses de Provence une nouvelle réussite. Côté chiffres, la barre des 2 000 participants,
    venus des quatre coins de l’Hexagone, a été atteinte.

    « On a eu de très belles courses », se félicite Patrick Sorin, président du Vélo Club la Pomme Marseille, l’association organisatrice. Une satisfaction d’autant plus grande qu’Armand Robic, « un ancien jeune du club », a passé en premier la ligne d’arrivée sur le parcours de 50 kilomètres. Les « Pommiers » se sont également distingués en remportant le classement par club.

    Deux autres distances étaient proposées aux cyclistes lancés à l’assaut des routes de Provence. Comme chaque année, le 93 kilomètres a été le plus plébiscité, où plus de la moitié des inscrits ont choisi de se mesurer à ce parcours. Mais c’est bien le 150 kilomètres qui a offert le plus beau spectacle avec un groupe d’une trentaine de coureurs qui s’est disputé la victoire au sprint.

    Formule « rando » à succès

    Au-delà de l’aspect compétitif, les Bosses de Provence proposent également une formule « randonnée », sans chronomètre, pour les trois distances. « Je trouve que c’est un heureux mélange des genres avec à la fois des sportifs aguerris qui tournent à 38km/h quand il y a du dénivelé et ceux qui découvrent le vélo. Ils profitent de l’ambiance, de la sécurisation des parcours, des ravitaux et côtoient des vrais cyclistes. Ça leur donne des envies », souligne le président Patrick Sorin. Ce dernier a remarqué qu’une part importante des coureurs qui s’inscrivent pour la première fois en « rando » tentent l’année suivante en « chrono ». Mission accomplie.

  • S’il n’a pas pleinement convaincu, le RC Toulon s’est libéré d’un poids face à Vannes

    S’il n’a pas pleinement convaincu, le RC Toulon s’est libéré d’un poids face à Vannes

    Les poings rageurs et les sourires ne trompaient pas samedi, en fin d’après-midi, sur la pelouse de Mayol. Longtemps en difficulté face au promu vannetais, le RCT a, malgré tout, enfin enclenché la première, s’offrant un shot de soulagement qui lui évite une crise qui pointait le bout de son nez à la mi-temps.

    « Il ne faut pas galvauder l’adversité », appuyait Franck Azéma après la rencontre. « Vannes a été fidèle à ses trois premiers matches, on s’attendait à cette résistance. » Si celle-ci fut plus que vive dans un premier acte au cours duquel ses joueurs ont subi la domination bretonne, les trop nombreuses approximations, fautes de main et pénalités concédées (7) expliquent aussi, toutes ensemble, le fait que Toulon soit rentré au vestiaire avec trois points de retard. « On est tombé dans leur faux rythme. On a eu du déchet, on a dû défendre dans notre camp donc on a eu moins d’énergie », analyse Corentin Mézou. « On doit passer par ce déchet, mais on n’a pas le temps. Il faut aller plus vite dans l’apprentissage et les repères », avertit son entraîneur.

    « Un prisme différent

    pour le prochain match »

    Ce dernier se veut malgré tout positif : « Ce n’est pas un problème de concentration, il faut trouver le bon timing, les automatismes, faire les passes devant. On a fait tomber quatre ou cinq ballons sur des opportunités, mais ça va finir par aller mieux ». Du mieux, il y en a eu en deuxième mi-temps. Même si tout fut loin d’être parfait, et qu’un certain nombre d’erreurs techniques ont persisté, le ballon a changé de mains, et le score s’est inversé.

    D’abord grâce à Ribbans, dont le retour à la compétition va faire le plus grand bien aux Rouge et Noir. Puis grâce aux entrants, entre un Serin qui a apporté du dynamisme, un Ollivon percutant dans les rucks défensifs comme offensifs, et un Fickou qui a inscrit son premier essai sous le maillot de son club formateur. « Le coaching de Toulon nous fait très mal », déplore Jean-Noël Spitzer, l’entraîneur vannetais. « Ce sont des garçons de qualité, internationaux. Ils nous ont boosté, notamment dans la capacité à gagner les contacts qui nous mettent dans l’avancée », salue Franck Azéma. Ils ont contribué à la résistance du bloc varois dans une fin de match au cours de laquelle ce fameux bonus aurait aussi pu tomber dans l’escarcelle du promu. « J’ai aimé la qualité défensive près de la ligne, à résister, faire des turnovers, c’est ce qui permet d’aller chercher ce bonus. » Acquis grâce à Kpoku, servi par Serin, suite à « un choix couillu (sic) », dixit Azéma, de Thomas Albornoz, de jouer une pénalité à la main, alors que les visiteurs pilonnaient l’en-but toulonnais depuis de longues minutes. L’Argentin, auteur d’un essai solitaire de classe en première mi-temps, a bien mérité son titre d’homme du match. « Tommy est magique. C’est un facteur x », lâche, admiratif, Juan Ignacio Brex. « Il amène cette énergie, cette confiance autour de lui », abonde Franck Azéma. Une confiance nécessaire pour progresser, et une victoire qui permet, selon le coach du RCT, en plus de quitter la zone rouge, « d’avoir un prisme différent pour préparer le prochain match ». « Il y aura plus de sourires et d’énergie à l’entraînement, ces cinq points font du bien », appuie Corentin Mézou. Il faut désormais travailler à les confirmer.

    « Le coaching de Toulon nous a fait très mal »

  • La chanson française dans tous ses états à Miramas

    La chanson française dans tous ses états à Miramas

    Des « reprises bien senties de Brel ou Ferré » vont se transposer dans un univers blues, rock et folk vendredi 9 octobre à la Salle Colomb. De la « musique authentique » soufflant sur les cordes et les cuivres du guitariste et chanteur Alain Ortega, accompagné par un Modjo Band aux figures tutélaires comme « Bashung » ou « Léonard Cohen », à l’occasion de l’ouverture de la 8e édition du Festival de Poche Chansons. Portée par l’association Musikovent et la Ville de Miramas, une manifestation gratuite visant à mettre en lumière des artistes réunis autour de leur « passion commune » qu’est la chanson française.

    Répertoire chaleureux

    « Parce qu’il faut défendre une chanson libre, vivante et plurielle la programmation donne une pleine place à des artistes qui restent parfois loin des grands circuits médiatiques mais dont le talent mérite pleinement d’être découvert », plante l’équipe de ce festival qui invitera le lendemain la chanteuse Hélène Piris à déployer les sons de C’est moi ou il fait un peu chaud ?, son album énergique et taquin sur notre monde à la renverse. Une soirée qui permettra de découvrir ensuite Mathilde, auteur-interprète de ballades comme Mambo ou Moments comme ça. Autant d’« artisans des mots et des mélodies qui font vivre la langue française » à leur sauce, encore à l’instar du folkman Piotki, puis du trio vocal féminin Les Capsules qui se chargeront de la clôture du festival, le dimanche 11 octobre à partir de 15h.

    P.A.
  • Dans le Var, une légère baisse de la fréquentation touristique sur les huit premiers mois de 2026

    Dans le Var, une légère baisse de la fréquentation touristique sur les huit premiers mois de 2026

    La saison estivale touchant à sa fin, l’heure est au bilan des huit premiers mois de l’année pour le secteur du tourisme dans le Var. Avec un premier constat général : une légère baisse du nombre de nuitées touristiques, de l’ordre de 3% par rapport à 2025 (60 millions contre 61,9). « Ce n’est qu’un écart marginal », tempère le président (LR) du conseil départemental Jean-Louis Masson. « Ce sont de bons résultats, qui sont le fruit de nos efforts pour compenser les freins. »

    Le premier est, évidemment, celui de la conjoncture économique nationale défavorable, qui a poussé les Français à modifier leurs choix initiaux. Si trois Français sur quatre sont partis en vacances cet été, seuls 43% d’entre eux ont réalisé le séjour envisagé au printemps, avec, pour nombre d’entre eux, des baisses de budget. 60% ne sont partis qu’une semaine ou moins, pour des destinations plus proches (16% sont restés dans leur région). 37% ont par ailleurs réservé plus tard que d’habitude par inquiétude financière et 36% ont revu leurs plans sur l’hébergement. « Mais ce que nous perdons, nous le gagnons sur le luxe, qui progresse de 6%, le Var restant une destination de prestige », souligne Guillaume Décard, Guillaume Décard, président de Var Tourisme.

    Comme partout ailleurs, dans le Var, cela s’est surtout ressenti en août, après un mois de juillet positif (taux d’occupation en hausse pour le logement meublé, +7% pour l’hôtellerie, chiffres stables dans le plein air et les hébergements collectifs) et des mois de mai et juin quasiment au même niveau que l’année passée. On a été beaucoup plus sous pression en août, mais le retard a été un peu rattrapé grâce aux départs de dernière minute sur la deuxième quinzaine », détaille Guillaume Décard.

    Le tourisme 4 saisons face aux effets de la chaleur

    Autre constat relatif au pouvoir d’achat : une consommation en berne. « Il y a un réel souci qui se ressent dans la restauration, les activités… », observe Guillaume Décard. La hausse du prix du carburant a notamment eu une incidence importante. Pour contrer ces effets, plusieurs pistes sont creusées : le développement des modes de transports doux (pistes cyclables, transports en commun…), du ferroviaire (avec la ligne nouvelle)… et de l’avion, avec une ligne Paris – Hyères, bientôt opérée par une compagnie low coast (Transavia).

    Le tourisme étranger, en progression sur mai-juin (+8%), et stable en moyenne, est également un facteur de croissance car doté d’un pouvoir d’achat plus important. Les trois nationalités les plus représentées sont, dans l’ordre, les Allemands, les Italiens et les Belges. En ce sens, Var Tourisme veut poursuivre son ouverture aux pays européens, avec comme nouvelle cible la Scandinavie, ce qui pourrait, là aussi, être favorisé par l’ouverture d’une liaison aérienne avec Copenhague.

    Enfin, les effets de la chaleur se sont fait ressentir, poussant 57% des Français à modifier leurs habitudes sur place. Le Var des terres a ainsi été particulièrement touché, avec des activités annulées, notamment à cause des (risques) incendies. L’agritourisme, en plein développement, mais pour lequel « il n’y a pas encore de chiffres précis », précise Guillaume Décard, est une des solutions stratégique : « Nous menons un projet transfrontalier avec la Toscane à ce sujet. Il faut le lier aux activités de pleine nature. Ce tourisme durable doit se dessiner à l’année sur ces offres-là ».

    Un élément essentiel du « tourisme 4 saisons », objectif principal de la politique touristique. « Mais on est contre l’étalement », affirme toutefois le patron de Var Tourisme. « On gagne des parts de marché hors saison estivale, mais on doit limiter la baisse sur l’été. » Les quatre derniers mois de 2026 seront un indicateur des progrès en la matière, alors que 77% des responsables d’établissements varois se disent confiants à l’abord de cette période.

  • À Oraison, le photovoltaïque fait disjoncter la séance

    À Oraison, le photovoltaïque fait disjoncter la séance

    Jeudi, le maire d’Oraison, Benoît Gauvan (Ren.), évacuait la salle du conseil municipal de tout le public et les journalistes présents, sans aucune concertation avec les conseillers municipaux. Agacé par le bruit et l’agitation provoqués par la vingtaine de militants présents pour protester contre la construction d’une centrale photovoltaïque, il déclarait d’office le huis clos à la fin du conseil, avant la délibération en question. La mise au vote est pourtant obligatoire pour décider le huis clos, comme l’indique l’article L. 2121-18 du Code général des collectivités territoriales : le conseil municipal doit « décider (…) à la majorité absolue (…) qu’il se réunit à huis clos ». « Sans ce vote préalable, la séance est irrégulière », selon un arrêt du Conseil d’État du 18 janvier 1967.

    « Cette situation soulève la question sur la régularité des délibérations adoptées ensuite qui pourraient être contestées et annulées par le juge. Il est également possible de saisir le préfet pour examen de la légalité », a réagi Isabel Gamba, à la tête de l’opposition DVC, qui avait voté contre la délibération. Elle attend des précisions et des réponses du maire « avant de décider des suites à donner ».

    Le collectif contre les centrales photovoltaïques qui a appelé à manifester pendant le conseil, Elzéard Lure en Résistance, indique également être en train d’étudier « toutes les suites juridiques possibles ». Le chef de file de l’opposition RN, Jean-Michel Angelvin, qui s’était abstenu, indique de son côté compter « sur la bonne foi du maire » et ne pas initier de démarche. Contacté, Benoît Gauvan n’a pas souhaité s’exprimer avant la conférence de presse qu’il organise ce lundi soir.

  • Finances, taxes, subventions…les points chauds du conseil municipal d’Avignon

    Finances, taxes, subventions…les points chauds du conseil municipal d’Avignon

    Avant d’entrer dans le vif du contenu du conseil municipal, ce lundi soir (18h) à l’hôtel de ville, l’émotion prédominera. Il manquera en effet à l’appel Michel Adam, adjoint en charge de la propreté, décédé brutalement lundi soir dernier à la sortie du conseil communautaire. Après l’hommage, la vie politique reprendra ses droits avec 42 délibérations à adopter. La première dizaine d’entre elles s’inscrivent dans le fil rouge du précédent conseil municipal. Il y a trois mois, juste après avoir décrit une situation financière aux abois, la majorité d’Olivier Galzi (DVD) avait refusé de voter le compte administratif 2025 afin de ne pas cautionner l’héritage de Cécile Helle (PS).

    Conséquence, le budget supplémentaire n’avait pu être voté. Le voici inscrit à l’ordre du jour. « On s’attelle à trouver 6 millions d’euros, pas pour résoudre les problèmes financiers de la mairie mais pour avoir un budget à l’équilibre qui va nous éviter la tutelle par la préfecture », martelait fin août Olivier Galzi. Dans sa recherche de ressources tous azimuts pour signifier « que tout ne sera plus gratuit à Avignon », le premier magistrat évoquait la fiscalité. Si rien n’est encore acté quant à la politique tarifaire de location de salle municipale, la Ville va monter au plafond maximum deux taxes : celle sur la vacance des locaux d’habitation, qui entrera en vigueur au 1er janvier et se substituera à la taxe sur les logements vacants et la taxe d’habitation sur les logements vacants pour ne faire plus qu’une.

    Les adjoints ont toujours la même rémunération

    Le taux sera porté à 30% la première année puis 60% la seconde. Autre levier, celui sur la taxe d’habitation des résidences secondaires : son taux passera aussi, en 2027, à 60% contre 48,6% actuellement.

    En revanche, il n’y aura pas de dépenses en moins concernant les indemnités des adjoints. Après avoir, à l’entame du mandat, augmenté de 500 euros bruts par mois la rémunération des 20 adjoints, Olivier Galzi avait rétropédalé fin juin « face à la nécessité de faire d’immenses efforts collectifs ». Sauf qu’aucune délibération en ce sens n’est à l’ordre du jour… Les adjoints devraient donc continuer à percevoir 1 700 euros bruts mensuels. Par ailleurs, côté finances toujours, comme révélé dans nos colonnes (notre édition du 08/09), la Ville va acter en séance la création d’un fonds de dotation, baptisé « Avenio aeterna » ou « Avignon l’éternelle ». Un levier pour récolter de l’argent venu de mécènes privés, moyennant défiscalisation, autour de projets sur le patrimoine, la culture ou le sport.

    Enfin, autre sujet qui fera certainement débat, les subventions. Déjà fin juin, la baisse globale de subsides aux associations avait fait grincer. Un complément autour de deux structures culturelles à l’ordre du jour. Mais aussi à l’association Icipass dans le cadre d’une convention triennale (21 000 euros). Celle-ci a la charge de corbeilles solidaires à destination des seniors et des étudiants. « Le bilan de ce dispositif souligne le besoin actuel de ces publics : sur l’année 2025, 2 239 corbeilles ont été distribuées auprès des seniors et 1 798 corbeilles attribuées aux étudiants », peut-on lire dans le rapport soumis aux votes. Une délibération qui intervient alors que la Ville a arrêté son soutien à l’épicerie sociale et solidaire l’Agoraé qui venait en aide aux étudiants.

  • Un festival pour sensibiliser à la fragilité de la biodiversité

    Un festival pour sensibiliser à la fragilité de la biodiversité

    Après l’été qu’on vient de passer à cause de la chaleur et de la sécheresse, on s’aperçoit qu’il y a des biens qui sont indispensables à notre survie : l’eau et la biodiversité » : à travers la première édition de son festival Durance Nature, qui commence lundi, l’association la Cistude alerte sur la fragilité de la biodiversité de la vallée de la Durance. L’association environnementale née il y a 18 ans lance cette année ce rendez-vous, voué à se reproduire tous les deux ans.

    « On ne peut que se battre pour essayer de préserver » cette vallée de la Durance, lance Daniel Madeleine, le fondateur de la Cistude, qui travaillait pour la réserve naturelle géologique de Haute-Provence avant de prendre sa retraite et de laisser la main à l’actuel président de l’association, Marc Linares. « Depuis très longtemps, je suis convaincu que la nature et la biodiversité sont des atouts incontournables pour ce département », poursuit le fondateur.

    Au programme du festival, qui se poursuit jusqu’à dimanche, des sorties en nature à la découverte des castors, des conférences d’experts de l’environnement, des projections de films sur la biodiversité, ou encore des ateliers proposés à de très nombreux enfants qui seront accueillis, accompagnés de leurs professeurs.

    « Pas le poids face aux intérêts économiques »

    La cohabitation entre touristes et biodiversité est « de plus en plus difficile » pour les espèces animales et végétales, qui « ne font pas le poids face aux intérêts économiques », déplore Daniel Madeleine. Son association se bat depuis 18 ans pour « obtenir un classement en réserve naturelle régionale, pour impliquer la région et avoir des financements conséquents ». « Jusqu’à présent, on n’y est pas arrivé, parce qu’il y a des intérêts divergents là-dessus et que, malheureusement, on ne fait pas le poids », regrette le fondateur.

    « Le festival, c’est notre manière d’essayer de faire passer le message qu’on est face à un trésor qui devient incontournable pour le bien de l’humanité », explique Daniel Madeleine. « Est-ce qu’il vaut mieux avoir de l’eau et de la biodiversité, ou des pédalos et des chalets ? », lance-t-il, faisant référence à un projet de la municipalité
    de Château-Arnoux-Saint-Auban auquel l’association s’oppose. Ce projet prévoit l’installation de 160 chalets pour accueillir 900 touristes le long de la Durance, et constitue pour la Cistude l’une des menaces qui pèsent sur la biodiversité de la Durance. « Il y a des projets de développement écotouristique qui au fur et à mesure gagnent du terrain et qui, par la suite, vont être encore beaucoup plus destructeurs », avance le président de l’association, Marc Linares, qui espère être « associé » au projet d’implantation de chalets à Château-Arnoux-Saint-Auban.

  • Une gastronomie en partage pour mieux vivre ensemble

    Une gastronomie en partage pour mieux vivre ensemble

    Le Maroc, c’est l’accueil, c’est notre culture, et aujourd’hui est le meilleur moment pour le partager », assure Hiba El Haouate en même temps qu’elle sert une assiette de tajine. Sous les arbres de la place, une dizaine de tables sont installées toute la journée de dimanche. Les drapeaux marocain, grec et espagnol côtoient le lorrain et le picard, chacun accompagné de spécialités « maison ».

    Pour cette fête des peuples du centre social Fabien-Menot, Bernadette Morin a préparé de la quiche lorraine. Sa voisine Jocelyne Mioque, en costume traditionnel, sert de la tarte au Maroilles, des ficelles, ces crêpes au jambon fromage et champignons, et « de la tarte au chuc », comprendre au sucre. « C’est comme ça qu’on dit dans l’nord », explique-t-elle, « une terre de culture », dit-elle en montrant un petit panier garni de pommes de terre, de chicons (endives) et d’épis de blé.

    Fédérer par le goût

    De l’autre côté de la place et de la Méditerranée, la table sénégalaise du « Ndoye polyvalent art » offre bissap, bananes plantain et un peu de mafé. Logique, Aliou Ndoye, professeur de danse mandingue, investit le centre social Fabien-Menot les mardis après-midi pour de nouveaux cours de danse.

    Impossible à Port-de-Bouc de rater la table grecque. Devant sa marmite de feuilles de vigne farcies, Colette Dubrac le reconnaît : « Port-de-Bouc est un melting-pot. » « Mes grands-parents sont venus travailler ici dans les années 1920, mon grand-père était pécheur d’éponges à Kalymnos », explique-t-elle, d’où l’éponge marine sur la table. « Nos traditions et l’esprit de communauté s’effacent quand nos parents partent. C’est pour ça que c’est important pour moi de montrer tout ça aujourd’hui », confie Colette Dubrac. « Mon père était Italien et Espagnol. Quand les anciens sont arrivés pour le travail ou pour fuir Franco, tous les immigrés vivaient ensemble sans distinction », relate-t-elle. « Le mot raciste n’existait pas ! », interjette Christine Schitz, née Tsopanis, un kourabies à la main.

    C’est tout le concept de cette fête. « On a tous des origines, mais on vit tous au même endroit », illustre le directeur du centre social Maxime Tardivel. « Certains veulent nous monter les uns contre les autres et nous le refusons. La diversité des origines et une force et chaque culture fait une place importante à la gastronomie. Rien n’est plus fédérateur de partager ce qu’on mange », affirme-t-il. La participation en atteste : « Je connais pas tout le monde, ça veut dire qu’on attire au-delà de l’habituel », conclut le directeur.

    Le maire (PCF) Laurent Belsola et la conseillère départementale (PCF) Magali Giorgetti sont de passage. « J’habite à côté », confie l’élue, ravie de voir « tous ces gens qui se mélangent, contents de partager la culture de chacun ». « Malgré les travaux, le quartier revit, grâce aussi à la gestion communiste », note-t-elle. « Le Département, financeur des centres sociaux, doit continuer à les soutenir et nous y veillons », conclut Magali Giorgetti. Le bien vivre ensemble est un choix politique.

  • En action pour les services publics à Istres

    En action pour les services publics à Istres

    La réduction des horaires de la Poste est une atteinte aux plus faibles », lance Frédéric Boffi devant la quarantaine de participants au rassemblement organisé par le PCF d’Istres samedi matin.

    En cause, la fermeture tous les après-midi et le mercredi matin du bureau de poste de l’avenue Aristide-Briand depuis la mi-juin. Cela « s’inscrit dans le suivi de l’activité des bureaux afin d’ajuster les services aux usages constatés », justifie la Poste auprès de La Marseillaise. Un scénario connu des contestataires. « Réduire les horaires permet à la Poste de dire que la fréquentation baisse pour se justifier, c’est une politique », assène Stella Estaque, secrétaire du syndicat CGT des activités postales dans le département. Figure de la même lutte à Martigues, Francis Fournier insiste pour « fédérer tous les gens qui ont le même souci du service public pour montrer à la Poste la résistance est partout ».

    Fermeture totale en perspective ? C’est l’idée des communistes d’Istres : « On est là pour défendre la Poste et construire un comité de défense des services publics », indique Isabelle Ehlé, dans une ville qui a déjà vécu « la fermeture de la Sécu, de la CAF, du Nexus qui plaisait bien aux jeunes et où l’Afpa est en danger », résume Frédéric Boffi. En filigrane, les militants alertent sur une fermeture définitive. « Aucun autre projet d’évolution concernant les bureaux de Poste de la commune d’Istres n’est envisagé », affirme la Poste. Mais avec la multiplication des menaces, la vigilance est de mise.