Category: accueil-merge

  • Le goût des collines enchantera la 7e édition des Dîners insolites

    Le goût des collines enchantera la 7e édition des Dîners insolites

    « Rappelez-vous avant 2019, venait-on vraiment pour la gastronomie en Provence ? Aujourd’hui, c’est un levier, une fierté territoriale, un véritable vecteur touristique », lance en préambule la présidente de Provence Tourisme, Danielle Milon. Poursuivant : « Faire dîner 144 personnes par soir autour d’une seule et longue table, c’était pour nous raconter un peu l’histoire de la Provence, de la faire découvrir au plus près de ses paysages et de ses acteurs locaux. » Non sans humour, Danielle Milon, aussi maire de Cassis, rappelle que les places des dîners partent en environ une heure « aussi vite que les places pour la course Marseille-Cassis ! »

    Du temps suspendu

    « La colline assaisonne nos assiettes, elle était une évidence pour le thème de cette année », détaille Emmanuel Perrodin chef historien, et metteur en scène des Dîners. « C’est le goût des herbes sèches, du soleil, du brûlé et du fumé et puis le goût de l’eau sur ce territoire de sources, encensé depuis l’Antiquité, puis de Pétrarque à Pagnol. » En cette année internationale du pastoralisme, le thème du « goût des collines » était tout trouvé. Vingt nouveaux cuisiniers dont six femmes, du chef étoilé au chef émergeant relèveront le challenge. Au total, pas moins de 120 chefs se sont succédé avec un repas unique pour régaler 18 000 personnes. Et selon l’enquête de satisfaction réalisée en 2025, en fonction des territoires, la clientèle étrangère est plus ou moins représentée comme aux Baux-de-Provence. En revanche quand le dîner se fait sur la digue du large à Marseille, c’est l’inverse. Preuve s’il en faut, que l’envie d’une soirée hors du temps parle à tous, les Dîners sont recommandés par 4,5 utilisateurs sur 5.

    À l’essence de ce succès, des valeurs communes d’une équipe fidèle depuis la création qui, partage l’amour des paysages, des lieux et des histoires, mais aussi celui des gens qui fabriquent, qui cuisinent, et qui vinifient. « Finalement ce qui est très important dans ce projet, c’est le public avec cet engouement constant dès l’ouverture. Ils font partie du spectacle, de l’émotion de ce temps suspendu », rappelle enthousiaste Isabelle Brémond directrice de Provence Tourisme. Reste donc à se précipiter dès ce 1er juin pour acheter ses places en ligne à 11 heures. Cette année encore, la bourse aux billets permet d’échanger ou d’acheter des billets sur l’espace dédié de Marseille Provence Gastronomie.

  • L’APVF fait se rencontrer les maires des petites villes du Var

    L’APVF fait se rencontrer les maires des petites villes du Var

    Échanger pour préparer les villes de demain. C’était l’objectif de la première rencontre organisée mercredi à l’hôtel du Département par l’Association des petites villes de France (APVF) – dont font partie 11 communes varoises de 2 500 à 25 000 habitants –, et son représentant départemental, le maire (SE) du Val Jérémy Giuliano. Un lieu symbolique, tel que l’explique ce dernier, « le Département étant le principal financeur des communes ». « Le Département est aussi votre maison », lui a répondu Jean-Louis Masson, le président (LR) du conseil départemental. « Je souscris totalement aux propositions que vous portez pour préserver notre libre administration, rognée au fil de réformes écrasant les élus locaux sous le poids des normes. »

    Une douzaine de communes étaient de la partie, en plus du président de l’Association des maires du Var, l’édile brignolais Didier Brémond, et de Christophe Bouillon, président de l’APVF et de l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT).

    Des témoignages

    de femmes maires

    Deux séquences étaient au programme. La première abordait la question des moyens d’action des collectivités territoriales dans le cadre de la transition écologique. « Elle est en chemin, il faut réfléchir à comment rendre nos villes plus souveraines pour qu’elles soient plus habitables », explique Jérémy Giuliano, qui rappelle que « le climat du Var sera celui de Séville d’ici 2050, avec 2,5 °C de plus, sauf que la végétation et l’habitat n’auront pas eu le temps de s’adapter ». Et dans cette optique, si « les petites villes ont le foncier pour travailler sur la sobriété énergétique », il s’agit de penser à « l’électrification pour compenser les usages thermiques », et donc « à la production d’énergie ». Il a enfin été question, également, de l’augmentation effective des risques environnementaux, comme les incendies et les inondations.

    La deuxième séquence avait quant à elle trait au statut de l’élu local, créé par la loi Agatel du 22 décembre 2025. Une avancée qui doit permettre, pour le maire du Val, de « protéger l’élu, de cadrer les jeunes, les étudiants, ceux qui ont des enfants… Avec des dispositifs pour accompagner l’élu dans sa vie privée, on pourra créer des vocations ». À ce titre, les maires de La Garde et de Barjols, Hélène Arnaud-Bill et Cathy Venturino-Gabelle, se sont exprimées sur la conciliation entre vie publique et vie privée, et offert des témoignages de femmes élues, mères avant d’être maires.

  • Pour « casser le mythe » autour des data centers

    Pour « casser le mythe » autour des data centers

    Hautement protégé, le site n’ouvre que rarement ses portes. Ce jeudi, dirigeants d’entreprises et acteurs publics se sont retrouvés autour de TDF, qui les a exceptionnellement accueillis dans son data center du Réaltor à l’occasion de l’inauguration de son extension. Implanté sur un site historique classé, le lieu permettait dès 1933 l’émission d’ondes FM puis télévisuelles, avant que l’ère numérique ne le convertisse en data center. D’ici juillet, ces 300 mètres carrés supplémentaires seront entièrement dédiés au stockage de données pour un même client. « Un de nos enjeux est d’expliquer aux collectivités locales, démythifier les data centers, rassurer, sur le fait que nous faisons petit, que nous ne puisons pas de ressourcés, nous ne sommes pas énergivores… », résume Rémi de Montgolfier, directeur Edge Datacenter – TDF. Encore vide, cet espace se greffe au reste du site, qui prévoit déjà une seconde extension d’ici l’année 2027. Mais au rendez-vous de cette journée, ce sont surtout les enjeux de souveraineté et de résilience « des infrastructures » et la « performance industrielle » qui ont été débattues, au cours d’une table ronde et d’un échange entre acteurs. Concrètement, il « faut casser le mythe » autour des data centers, résumait Michaël Reffay, délégué général France Data Center, qui appelle à « faire de la France une terre d’accueil des data centers, qu’ils soient petits ou grands ». Celui du Réaltor, dit de proximité, reste la « spécialité » de TDF France. « Les data centers de proximité sont une réponse à un enjeu de résilience, estime Karim El Naggar, directeur général TDF. Quand les capacités sont concentrées à un seul endroit, le système est possiblement un peu plus fragile, là où les data centers de proximité peuvent prendre le relais des grands clouds ou des infrastructures. » Quand les acteurs publics locaux y voient une opportunité de créer de l’emploi, d’impulser l’attractivité économique. « Les data centers sont un pôle d’attractivité pour les entreprises (…), estime Bernard Kleynhoff, président de la commission développement économique et digital de la Région. Les principaux opposants de ce développement, qui voudraient qu’on revienne sur certains sujets, à l’âge de pierre, sont heureux lorsque nos entreprises embauchent leurs enfants. » Les data centers, qui connaissent des oppositions, venant notamment des riverains et militants écologistes, « sont nécessaires, si l’on veut poursuivre le développement économique de notre pays et des acteurs privés et publics qui en font partie. Pour nous la question n’est pas tant de savoir s’il faut arrêter de construire des data centers mais savoir comment l’on peut les construire de façon durable, écologiquement plus acceptable… », conclut Karim El Naggar.

  • La cité phocéenne devient la capitale du Made In France

    La cité phocéenne devient la capitale du Made In France

    « Le 11 juin, Marseille sera la capitale du Made In France. » Olivier Robert, fondateur de Sacré Français qui organise depuis trois ans les rencontres du Made in France, se réjouit que l’événement prenne place à Marseille, à la Friche de la Belle de Mai (3e). De 9h à 17h le 11 juin, des conférences et un village de plus de 40 exposants permettront de mettre à l’honneur le fameux « made in France ».

    Après the Camp à Aix-en-Provence et le Couvent à Marseille, c’est à la friche de la belle de mai que s’installeront les ambassadeurs de la fabrication française. Un nouveau lieu plus grand, pour accueillir un nombre croissant de participants et lourd de sens, puisque c’est dans une ancienne cartoucherie que les intervenants aborderont les thèmes de la réindustrialisation et des relocalisations.

    « Avec ces rencontres, c’est les victoires du made in France que nous voulons mettre en avant, explique le fondateur des Sacrés Français. Car on peut encore fabriquer en France et on peut en être fier », insiste-t-il. L’objectif de cet événement est de montrer que fabriquer en France est encore possible. Un rendez-vous pour mettre la lumière sur les entreprises qui font ce choix, donner des clés à celles qui voudraient le faire et permettre aux partenaires de se rencontrer.

    Région Sud bien présente

    Si c’est la France entière qui se retrouvera le 11 juin, la Région Sud est tout de même bien représentée, avec notamment le label « Fabriqué à Marseille », lancé par la municipalité il y a 3 ans. Pour l’organisateur, c’était une évidence de venir à Marseille. « D’abord pour montrer qu’il n’y a pas que Paris, et aussi parce que Marseille c’est la 2e ville de France, et c’est un lieu où ça bouge pas mal. »

    Un événement très soutenu par la Ville de Marseille qui y voit un moyen de faire rayonner la ville et le territoire avec. « Cela permet de faire de la ville un catalyseur pour mettre en avant les richesses françaises et marseillaises », se félicite Julien Harounyan, adjoint (Madmars) au maire en charge de l’attractivité économique. Pour l’élu, c’est également un moyen : « De faire en sorte de construire une économie d’attractivité économique pour les Marseillais et pas seulement au service du territoire national. »

    Une initiative également soutenue par la chambre de commerce et de l’industrie d’Aix Marseille. « Notre but c’est de soutenir les entreprises locales, mais aussi de pousser le consommateur à consommer local », insiste Jocelyn Meire, membre de la CCI.

    Plus d’informations sur sacré-français.com

  • [Entretien] Natacha Malet : « Le Parti communiste agit en “intellectuel collectif” »

    [Entretien] Natacha Malet : « Le Parti communiste agit en “intellectuel collectif” »

    La Marseillaise : Comment se déroule le congrès du PCF ?

    Natacha Malet : Les communistes ont produit des contributions. On a une commission nationale du texte qui a travaillé à l’élaboration d’un projet de base commune de discussion, qui a été envoyé aux membres du conseil national. Ils ont pu l’amender et l’ont adopté à 77%. Ce texte a ensuite été porté à la connaissance de l’ensemble des adhérents pendant cinq semaines. À l’issue de ce délai, la commission nationale de transparence des débats a validé trois textes alternatifs remplissant les conditions requises par nos statuts. Ces textes ont été ensuite portés à la connaissance de l’ensemble des adhérents par le PCF, même s’ils avaient déjà été publiés sur des sites Internet ou les réseaux sociaux par leurs signataires.

    Les 6 et 7 juin, les communistes sont appelés aux urnes dans leurs sections. En quoi consiste ce vote ?

    N.M. : Les communistes vont délibérer entre eux pour choisir parmi ces textes, lequel répond le mieux aux enjeux à relever pour le prochain mandat. Pour pouvoir voter, il faut être à jour de ses cotisations. Chaque communiste est appelé à se positionner sur l’un des quatre textes. Celui qui sera choisi majoritairement sera la base de discussion de tous les communistes qui pourront ensuite l’amender.

    De quelle manière ?

    C’est un grand exercice démocratique qui va permettre de faire évoluer le texte retenu à travers des amendements proposés et votés dans les congrès de section qui se tiendront les 13 et 14 juin, les congrès départementaux les 20 et 21 juin, et le congrès national prévu à Lille les 3, 4 et 5 juillet. On peut aussi faire des vœux et des contributions qui sont mises en ligne sur le site du congrès afin de participer à la réflexion collective.

    Le PCF est parfois considéré comme monolithique. Ce n’est plus le cas aujourd’hui ?

    N.M. : Ce processus de congrès montre qu’il y a du pluralisme dans le PCF. Je n’aime pas le mot « tendance » qui ne fait pas partie de nos règles de vie collective mais, en fonction des réalités vécues dans chaque territoire par chaque militant, il est possible d’appréhender différemment les enjeux à venir tout en ayant une boussole commune qui est le communisme.

    Qu’est-ce qui fait le plus débat ? La stratégie électorale, les alliances ?

    N.M. : Pas seulement, nos débats ne se structurent pas autour d’enjeux électoralistes. Le congrès est l’occasion de réfléchir à l’état du monde, aux moyens de le changer, au projet de société que nous portons pour la France, à la façon de faire reculer l’extrême droite et les logiques capitalistes… C’est ce qui nous fait dire que le PCF agit en « intellectuel collectif ».

  • Trois jours de rencontres pour lutter contre la xénophobie

    Trois jours de rencontres pour lutter contre la xénophobie

    Une première journée riche en information. Depuis ce mercredi matin, l’association Réseau Sanctuaire, et son fondateur Jean-Pierre Cavalié, ainsi que des bénévoles du collectif Marseille Hospitalités ont réuni des participants variés, travailleurs sociaux, étudiants, militants. La thématique : l’accueil des personnes étrangères à Marseille, qui est rentrée en 2020 dans le programme Anvita, l’Association nationale des villes et territoires accueillant. Le contexte : la montée de l’extrême droite et la recrudescence de la xénophobie en France et dans le monde. « On vit dans une culture de l’hostilité généralisée. Nous voulons enraciner une culture de l’hospitalité », explique Jean-Pierre Cavalié. En s’inspirant des « villes sanctuaires » américaines, dont les lois permettaient de protéger les personnes sans-papiers, le militant défend des pratiques de désobéissance civile douces. « Le droit à l’hébergement est un droit fondamental. C’est la base de tout. Il faut que les citoyens s’emparent de cette cause. »

    Le matin, plusieurs rencontres ont eu lieu, dont une avec des associations d’hébergement solidaire à la Friche Belle de Mai, comme le Collectif des habitants organisés du 3e (CHO3) mais aussi On le fait pour nous. « Ces associations sont le relais de la Cimade à l’échelle des quartiers », explique Bernadette, bénévole à l’accueil de la Cimade Marseille qui œuvre pour l’accès aux papiers.

    Trouver des solutions

    Une visite d’exposition au Musée d’Histoire de Marseille revenait sur son histoire postcoloniale. Cette visite était organisée par la doctorante Marie-Aude Salomon, dont la thèse dresse un parallèle entre l’accueil à Marseille et à Bristol, en Angleterre, qui fait partie du réseau des villes sanctuaires.

    Après un repas partagé sur la place de la Porte d’Aix, organisé par le collectif Les Anges du Bonheur 13, place à la réalisation d’une fresque collective sur la résistance active à Marseille. Durant deux jours, à l’Institut méditerranéen, auront lieu des tables rondes autour de la question de l’hospitalité, avec des chercheurs internationaux. En point d’orgue, une mise en commun et un bilan des trois jours de discussion se tiendront vendredi à partir de 14h.

    Au programme

    Ce jeudi 28 mai, à partir de 9h, rencontre avec des chercheurs. Repas partagé à midi.

    L’après-midi, deux tables rondes et une visio sur les réseaux sanctuaires aux États-Unis.

    Puis, vendredi 29 mai, à partir de 9h30, trois tables rondes, suivi d’un repas partagé, puis d’une mise en commun à partir de 14h et enfin un bilan de ces trois jours de rencontres.

    À l’IMVT (Porte d’Aix), programme complet sur www.marseille.archi.fr/agenda

  • [Entretien] Sauveur Cavataio : « On subit de plus en plus de faillites d’entreprises du BTP »

    [Entretien] Sauveur Cavataio : « On subit de plus en plus de faillites d’entreprises du BTP »

    La Marseillaise : Comment cette hausse des prix impacte votre activité ?

    Sauveur Cavataio : Le carburant, c’est un peu l’oxygène du BTP. Quand les prix s’envolent, ce sont nos chantiers, nos entreprises et nos territoires qui suffoquent. Le secteur dépend 100% du carburant pour les engins, les camions, les rotations de matériaux, les déplacements des équipes. Quand une entreprise consomme entre 5 000 et 20 000 litres de carburant par mois vous imaginez la hausse des coûts quand il y a une augmentation. Et puis ça impacte également certains matériaux dérivés du pétrole, comme l’asphalte ou pour l’étanchéité. Comment voulez-vous répondre au marché public quand vous savez que d’une semaine à l’autre les prix peuvent varier de 20 à 30 centimes ?

    Quelles en sont les conséquences ?

    S.C. : Les entreprises suffoquent. Car depuis 2021 [et la guerre en Ukraine], nous avons compensé ces augmentations, pour ne pas répercuter les prix sur nos clients. Mais aujourd’hui, on a des marges qui sont divisées par deux. Et la conséquence concrète, c’est des chantiers en retard ou même abandonnés.

    L’état a annoncé des aides pour le secteur. Est-ce suffisant ?

    S.C. : Le dispositif, auparavant réservé aux très petites structures, est élargi à des entreprises de jusqu’à 50 salariés. Ce qui est bien, mais largement insuffisant. Ce que l’on recherche, c’est la stabilité, pour savoir comment on se projette pour demain. Parce que malheureusement, aujourd’hui, on subit de plus en plus de faillites d’entreprises du BTP. Et le bâtiment est un poids lourd de l’économie avec entre 60 et 80 000 recrutements par an en France et le premier secteur économique des Bouches-du-Rhône. Et si on veut augmenter les salaires, ce qui est normal vu l’augmentation du coût de la vie, il faut bien que nos prix de base, soient augmentés.

    Propos recueillis par Eva Janus

  • [Prix des carburants] Dans les Alpes, les trajets siphonnent le porte-monnaie

    [Prix des carburants] Dans les Alpes, les trajets siphonnent le porte-monnaie

    « On ne se demande vraiment si c’est rentable d’aller bosser », soupire Julien, commercial. Ce mercredi matin, il vient faire son plein à la station-service Total du Relay de Puymaure. En ville, on remarque sans peine que l’affluence est plus importante dans les stations Total, les seules à maintenir le prix de l’essence à moins de 2 euros le litre.

    « Je fais La Saulce-Gap chaque jour, donc 20 km aller et retour, explique Julien. Jusque-là, j’en avais pour environ 150 euros par mois, maintenant c’est plus de 200. » Il n’est pas éligible aux aides de l’État, notamment la prime « grands rouleurs » pour les professionnels qui font plus de 30 km par jour, car il touche plus que le revenu fiscal annuel de référence, qui doit être inférieur ou égal à 16 880 euros. « J’ai le sentiment qu’on nous pousse vers l’électrique, déplore-t-il. Comme on nous a poussés vers le diesel pendant des années avant ça. » Pour les professionnels des Hautes-Alpes, un territoire enclavé où la voiture est souvent indispensable, la hausse du prix du carburant oblige à rogner sur d’autres dépenses. « Mon mari est métallurgiste, il part de La Bâtie-Montsaléon, dépose notre fille à Serres et va à La-Roche-des-Arnauds chaque matin, rapporte Julia. On n’est pas éligibles aux aides, on n’est pas les plus touchés, on gagne correctement notre vie, mais ça limite tout de même les trajets. Les week-ends chez ma famille à Lyon, qu’on faisait tous les mois, on a tiré un trait dessus. »

    Pour les agriculteurs, nombreux sur le département, certains mécanismes déjà mis en place soulagent l’effort financier à faire. « On peut se faire rembourser la TVA sur le carburant agricole l’année suivante, ce qui nous aide pas mal, explique Mathieu, éleveur bovin dans le Champsaur. Mais on fait plus attention quand même, on limite le plus possible les allers-retours entre nos différents terrains. »

    Beaucoup ne sont pas éligibles aux aides

    Toutefois, la plupart des professions intermédiaires, qui utilisent la voiture au quotidien, ne sont pas éligibles ou peu enthousiasmées par les aides proposées par l’État comme le chèque « grands rouleurs » ou les aides à l’achat d’un véhicule électrique. « Dans mon service, ceux qui ne viennent pas de Gap font de l’autopartage, sinon c’est trop cher, et le plafond de revenu pour bénéficier de l’aide est trop bas », atteste Laura, aide-soignante. Comme pour beaucoup de professionnels, elle dépend de la volonté de son employeur de mettre en place des aides. « Pas mal d’entre nous qui vivent à Gap ont bénéficié de l’aide de la Ville pour acquérir un vélo électrique, mais, pour les autres ça ne change rien », ajoute-t-elle.

    A.F.

  • Le collectif du lycée Nelson Mandela reçu en mairie

    Le collectif du lycée Nelson Mandela reçu en mairie

    « On demande au maire de Marseille de faire en sorte que ça ne soit pas une saignée pour les lycées de la ville. » Ce mercredi, devant la mairie de Marseille, les représentants du collectif qui rassemble une myriade d’organisations syndicales d’enseignants (CGT, FO, Sud et Snes-FSU) et d’associations de parents d’élèves (FCPE, PEEP et PER) du lycée Nelson Mandela sortent satisfaits de l’Hôtel de ville.

    Et pour cause, ils ont été reçus par un conseiller de l’adjointe en charge de l’éducation, Pascaline Lecorché (Place Publique), dans le cadre de leur combat au long cours contre la baisse d’heures à venir pour leur établissement. « On s’est adressés à la mairie de Marseille car ce sont les lycées marseillais qui sont ciblés. Dans le cadre des suppressions de moyens décidées au niveau national, l’académie perd 900 heures et sur celles-ci, 740 sont perdues dans les lycées marseillais », explique Alexis Avril, professeur de philosophie au lycée Nelson Mandela, qui s’exprime en tant que militant de Sud Éducation.

    Concrètement, dans le cadre d’une baisse des dotations horaires qui touchent les lycées pour la prochaine rentrée scolaire, leur établissement perdrait « 80 heures ». « 80 heures en moins, ça peut paraître abstrait mais concrètement c’est la fin des cours en demi-groupes pour les cours de français en 1ère, de philosophie en terminale et pour l’anglais en 1ère et terminale… Ce sont des années où il y a le bac, où ces heures comptent pour ce dernier. Ça veut dire faire des cours d’anglais à 30 cette année-là », poursuit Alexis Avril. Sébastien, professeur de philosophie et syndiqué au Snes-FSU abonde : « On a besoin de ces heures, c’est un moment de travail approfondi : elles servent à faire de la méthodologie, à aider les élèves en difficulté… »

    Un soutien de la mairie

    D’où la demande de soutien auprès de la mairie : « On les a sentis impliqués, à l’écoute. Et normalement, un courrier de la mairie devrait être envoyé en ce sens-là au rectorat », relate Nassima Cuvillier, pour la FCPE 13. Et justement, ils espèrent « que ça bouge » du côté du rectorat : « On devrait recevoir, début juin, une visite de personnels du rectorat pour une rencontre sur nos revendications. » Selon le collectif, la « décision définitive » à propos de la réduction d’heures serait prise le 19 juin prochain. Il reste donc du temps, et de l’espoir, pour faire infléchir la décision. « On a même écrit à Brigitte Macron qui nous a répondu ! », se félicite Vanessa Dorival, pour la PEEP (Fédération des parents d’élèves de l’enseignement public). Avant d’exhiber la réponse imprimée du directeur de cabinet de l’épouse d’Emmanuel Macron. De quoi faire revenir le rectorat à la raison ?

  • Actes fictifs pour escroquerie massive, le dentiste minimise

    Actes fictifs pour escroquerie massive, le dentiste minimise

    Jugé pour escroquerie aggravée et blanchiment au préjudice de la Sécurité sociale, le docteur Mohamed Cherif a expliqué mercredi avoir été « conciliant par naïveté pour satisfaire des patients » tout en voulant s’assurer un train de vie luxueux. La facilité à frauder sans contrôle a posteriori l’aurait entraîné « dans un engrenage, une fuite en avant » où il dit avoir « perdu pied ».

    « L’engrenage, c’est l’appât du gain »

    De septembre 2020 à février 2023, ce praticien de 37 ans installé dans les quartiers nord, a facturé 10 883 actes non réalisés, médicalement non justifiés ou en utilisant frauduleusement des cartes vitales dans le cadre du tiers payant intégral pour 100 patients ciblés par l’enquête. La CPAM a évalué son préjudice à 2 660 658 millions d’euros. « Je n’ai pas eu l’impression d’avoir des montants aussi importants qui transitaient sur mon compte. Je reconnais un manquement, une faute. Je n’ai pas perçu l’intérêt personnel quand j’étais dans la spirale, car j’avais des charges, des impôts et je courais derrière un train de vie », a-t-il dit dans des explications assez confuses.

    À son interpellation, le 7 février 2023, les enquêteurs ont saisi 94 objets de luxe évalués à 358 000 euros dans son appartement de standing à la Joliette acheté 705 000 euros et un autre à Montpellier. La totalité en valeur des saisies est de 1 140 765 euros. « L’engrenage, c’est l’appât du gain », résume la présidente Margaux Kennedy qui le ramène à la réalité du fonctionnement atypique de son cabinet, boulevard Labro dans le 16e. « Vous figuriez au premier rang des dentistes français en remboursement par patient. 53,49% des actes ont fait l’objet d’une facturation par télétransmission non sécurisée, car sans lecture de la carte Vitale du patient. 56% de vos patients sont à la CMU contre 8% en moyenne dans le référentiel région avec des remboursements de plus en disproportionnés chaque année. »

    La présidente évoque le cas exemplaire d’un patient qui a fait l’objet de « 202 facturations d’actes de prothèses fixes pour un versement indu de 49 683 euros alors que son état dentaire était parfait exception faite de 2 dents dont une dent de sagesse, présentant une atteinte carieuse ». Ici un même acte facturé neuf fois. Là 35 couronnes pour un patient de 36 ans dont deux couronnes sur 13 mêmes dents dans un délai proche. Ou ces 5 assurés facturés le même jour de plus de 67 000 euros alors que le dentiste est à Montpellier. « J’ai fait des soins ce jour-là au cabinet, peut-être pas sur la totalité. J’étais très négligent. Je surfacturais sachant que j’allais avoir une longue période d’absence. »

    « J’ai jamais mutilé des patients »

    Le rapport d’enquête de quatre dentistes conseils de la CPAM conclut à un ratio d’actes fictifs très majoritaires avec forte suspicion de partage de remboursements : 15 familles représentent 47 des 100 patients ciblés par les enquêteurs. Son compte professionnel montre en effet un fonctionnement « à flux inversé » : c’est le dentiste qui fait des chèques à ses patients ! « À partir du moment où j’étais impliqué dans des actes fictifs, il m’a été demandé par certains patients une rétribution et j’ai fait certains virements à certains patients », reconnaît le prévenu, « mais j’ai jamais mutilé des patients, je me suis toujours refusé à cela ».

    Le spécialiste avait recours à une intermédiaire rémunérée, Fella Cherif, 32 ans, qui a « industrialisé le processus » et qui répond de complicité d’escroquerie avec dix autres faux patients. La jeune femme a fourni au dentiste une trentaine de cartes vitales et des photos de bouches. Elle a reconnu à la barre qu’elle touchait 1 500 euros à chaque carte Vitale présentée et 10% sur les facturations fictives. En un an, elle a perçu 58 000 euros et 22 300 euros pour ses proches.

    Le réquisitoire est attendu aujourd’hui.