Category: accueil-merge

  • Le Compost’Alpes reprend du service sur le territoire

    Le Compost’Alpes reprend du service sur le territoire

    Après une pause estivale, les bénévoles de la Société alpine de protection de la nature et France Nature Environnement (SAPN-FNE) à Gap reconduisent les collectes Compost’Alpes. Trois fois par semaine depuis six ans, un ou une bénévole enfourche un vélo électrique et fait la tournée de la dizaine de restaurateurs et boulangeries partenaires pour récupérer leurs déchets organiques. « Ils représentent environ un tiers des poubelles, explique Lucie Muller, en service civique auprès de l’association. Dans le département, on enfouit les déchets… On permet donc de les valoriser ! » Une fois récupérés, les épluchures, coquilles d’œufs et autres déchets organiques sont apportés sur des terrains mis à disposition de personnes volontaires. Il y en a deux actuellement, dont un dans les jardins partagés de Beauregard à Gap.

    La démarche est particulièrement pertinente à Gap, car la collecte des biodéchets par les services communaux n’est pas généralisée. Depuis 2024, les collectivités ont l’obligation de mettre à disposition des particuliers une solution pour trier leurs biodéchets. « L’agglomération propose bien aux habitants d’immeubles des composteurs, dit Lucie Muller. Mais dans les faits, cela ne cible qu’une partie de la population, il faut que les habitants se renseignent, que la co-propriété accepte, qu’il y ait une utilisation derrière… » En l’absence de véritable service de collecte de l’agglomération, FNE a choisi de cibler les gros producteurs : les professionnels. « On a régulièrement des habitants qui nous demandent s’il y a des collectes pour eux, poursuit Lucie Muller. Mais logistiquement, on a pas les moyens de faire évoluer le dispositif. Il nous faudrait plus de bénévoles et de terrains ! »

  • Le transport à la demande discuté avec des élus voisins

    Le transport à la demande discuté avec des élus voisins

    Le président de la communauté de communes Sud Luberon (Vaucluse) et cinq de ses vice-présidents se sont rendus lundi à Forcalquier pour découvrir le service de transport à la demande qui y est mis en place depuis le mois de février, à titre expérimental. Pensé pour les réalités d’un territoire rural, ce service contribue à préserver l’autonomie des personnes âgées ou à mobilité réduite et à lutter contre leur isolement. Il permet aux habitants concernés de rejoindre plus facilement les lieux de soins, les commerces et les services. En six mois, 150 personnes se sont inscrites et 611 réservations ont été effectuées, dont 454 pour des rendez-vous médicaux.

    Accueillie par David Gehant, président (DVD) de la communauté de communes Pays de Forcalquier Montagne de Lure, la délégation d’élus et de techniciens du Vaucluse a échangé sur le fonctionnement du service et les besoins auxquels il répond. Elle a ensuite emprunté le véhicule jusqu’au centre de soins Paul Nalin, que les élus ont également visité.

    Le service prend les usagers en charge à leur domicile et les conduit vers six points d’arrêt situés à Forcalquier et à Saint-Étienne-les-Orgues. Le tarif est de deux euros par trajet, quelle que soit la distance parcourue.

    Cette rencontre a permis de partager les premiers enseignements de l’expérimentation avec les élus de la communauté de communes vauclusienne, ainsi que les pistes étudiées pour faire évoluer le service.

    L’inscription et les réservations s’effectuent par téléphone
    au 04.72.93.36.18.

  • Des séniors aux minots, du sport pour tous à la Foire

    Des séniors aux minots, du sport pour tous à la Foire

    Le Village des Sports accueille, tout au long de la Foire, les visiteurs curieux de découvrir ou redécouvrir des sports comme le pickleball, le basket, ou du Handisport. Le tout est organisé et encadré par plusieurs associations sportives.

    Ce mardi est une journée dédiée aux femmes sur la Foire, pour qui l’entrée y est gratuite. À cette occasion, deux sportives de haut niveau seront présentes sur le Village. Une joueuse de flag football et prétendante à une sélection en équipe de France, et une joueuse de hockey sur glace, membre de l’équipe des Spartiates, répondront aux questions des visiteurs de 10h30 à 11h30, avant de passer à une démonstration de leur sport respectif. De plus, les joueurs du Marseille Provence Handball seront également présents ce mardi pour partager leur passion et leur expérience à travers divers ateliers et défis.

    Accueil des élèves

    en semaine

    « Pendant les jours de semaine on accueille surtout des classes d’école, et on leur fait découvrir les différents sports représentés sur le Village », précise Jean-Baptiste Bremond, responsable de la communication du Comité départemental olympique et sportif des Bouches-du-Rhône. Lundi après midi, c’est la classe de CM2 de l’école Pomme Sainte Madeleine, qui a pu en profiter. « Le Village est vraiment super cette année. L’an dernier on était dans un endroit bien moins adapté, mais cette année on nous a installés sur la grande esplanade rénovée », confie M. Guirado, leur enseignant. « Je trouve ça bien qu’ils découvrent d’autres sports. Y’a pas que le football dans la vie », poursuit-il avec le sourire. Au total, ce sont 28 élèves qui ont pu découvrir notamment le flag football et une déclinaison de hockey handisport pendant une après-midi. Malgré la quarantaine de minutes de transports en commun pour venir à la Foire et pour rentrer à l’école dans le 11e arrondissement en fin de journée, il trouve que ce déplacement « vaut le coup ».

    « C’est les encadrants du Comité olympique 13 qu’il faut saluer, c’est grâce à leur travail que tout ça a lieu », conclut-il avant de rejoindre ses élèves. Lui-même ravi de donner la possibilité aux minots d’avoir accès à ce type d’activités, et d’inciter ces collègues à faire de même : « Certains profs se plaignent que les élèves ne font pas assez de sport… mais il reste encore des créneaux libres pendant la Foire ! ».

    En plus de l’accueil des écoles, des activités douces liées au sport-santé étaient proposées, ce lundi, aux seniors, pour favoriser l’autonomie et profiter des bienfaits du mouvement.

  • Spectacle et culture font front commun

    Spectacle et culture font front commun

    Des financements publics en chute libre et un étau qui se resserre autour de la liberté d’expression. » À Marseille, à Avignon comme « partout où il y a des mobilisations », indique Ghislain Gauthier, secrétaire général de la CGT spectacle, les acteurs du monde culturel et du spectacle battront le pavé.

    De la lecture publique à l’audiovisuel, en passant par les écoles d’arts, les opéras, les musées ou les archives c’est un large secteur qui est soumis depuis plusieurs années à des attaques budgétaires. Et les annonces du gouvernement « sur des budgets encore en baisse dans la création et l’audiovisuel, nous font craindre le pire ». Après la crise Covid, après un été caniculaire où de nombreuses représentations ont été annulées, les emplois, notamment les plus précaires, sont à la peine et des structures mettent la clé sous la porte. « C’est sans compter les plans de licenciements invisibles dans le spectacle vivant en raison de créations qui ne se font pas », précise le syndicaliste.

    Face à des financements publics à la baisse, des collectivités se désengagent. « Les difficultés sont multiples. Dans ce contexte de crise budgétaire où nous sommes le premier secteur sur lequel on rogne, nous devons aussi faire face à des programmations annulées par certaines municipalités, d’extrême droite et autres, souligne le secrétaire général CGT spectacle. C’est la liberté de création que nous devons défendre. »

  • La fonction publique, ça se défend !

    La fonction publique, ça se défend !

    Une journée noire : c’est ce que promet l’intersyndicale CGT, FO, CFDT, Unsa, FSU, Solidaires, CFE-CGC, CFTC et FA-FP pour ce mardi 29 septembre. La grève nationale à laquelle ils appellent concerne les trois versants des services publics, soit la fonction publique d’État, territoriale et hospitalière. Et pour cause : pour la quatrième année consécutive, le gouvernement prépare un nouveau gel du point d’indice des fonctionnaires, visant une économie de 2 milliards d’euros sur le dos de ceux qui font fonctionner le pays. Un véritable coup de massue au moment où l’inflation ne cesse d’augmenter dans un contexte de hausse des prix des carburants. « Depuis 2017, les fonctionnaires ont déjà perdu plus de 16% de pouvoir d’achat », arguait la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet, au lendemain de l’annonce du Premier ministre. C’est ainsi que partout en France, une journée noire se profile. À l’heure où nous écrivons ces lignes, la CGT recense 174 rassemblements dans tout le pays.

    Preuve de la colère qui gronde, les dix syndicats de France Travail se joignent à la grève, une première depuis 2018. De leur côté, les sapeurs-pompiers, éreintés par une saison d’incendie inédite, poursuivent leur mobilisation. Les agents rejettent l’austérité promise par l’exécutif.

    54 milliards d’euros, l’austérité chiffrée

    Alors à deux jours de la présentation du budget, tous les yeux sont rivés sur le gouvernement. Dans l’entretien au Figaro du 18 septembre, le Premier ministre prépare les esprits : « Le projet de loi de finances que je propose contiendra un effort budgétaire d’environ 54 milliards d’euros, dans la stabilité fiscale. » Et ce, afin de ramener le déficit public à 5% du PIB. Pire que les annonces formulées moins d’une semaine plus tôt par le ministre de l’Économie Roland Lescure, qui, au journal le Parisien, tablait sur un « effort » d’« au moins 30 milliards d’euros ». Si la macronie s’en prend une nouvelle fois aux services publics et ses agents, il réduit le rendement de la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises de 8 à 5 milliards d’euros, et la limitant à celles qui réalisent plus de 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires par an.

    De plus, le gouvernement prévoit, dans la même copie, d’augmenter de 6,4 milliards d’euros l’enveloppe dédiée aux Armées et de 800 millions d’euros celle de l’Éducation nationale. À croire que pour les macronistes, tous les services publics ne se valent pas.

    Les Sages planchent sur les non-remplacements

    Les attaques fusent de toutes parts. Dans une note publiée le 21 septembre, la Cour des comptes appelle à un « effort sur la masse salariale », préconisant notamment de ne pas remplacer les départs en retraite estimés à 408 000 entre 2026 et 2032. Seraient exclus de ce calcul des ministères dont des créations d’emplois sont prévus à travers les lois de programmation à savoir : justice, intérieur, armée et recherche. Et puis, tant pis pour l’hôpital et l’école !

    Dans ce contexte, la rue doit s’exprimer et faire basculer le rapport de force. La dernière mobilisation d’ampleur de la fonction publique remonte au 5 décembre 2024, au lendemain de la chute par la censure du gouvernement de Michel Barnier. Quelque 200 000 personnes s’étaient rassemblées partout en France. Cette journée a valeur de test avant la mobilisation nationale prévue le 17 octobre. Les organisations syndicales veulent maintenir la pression à six mois de l’élection présidentielle, alors que certains des candidats déclarés continuent à taper sur les fonctionnaires, les piliers de notre pays.

  • [Entretien] « La construction des services publics est un projet politique »

    [Entretien] « La construction des services publics est un projet politique »

    La Marseillaise : Vous évoquez dans votre ouvrage le flou qui entoure
    la notion de fonctionnaire. Alors, concrètement, de qui parle-t-on ?

    Émilien Ruiz : L’usage du mot « fonctionnaire » est, dans le langage courant, souvent une simplification pour dire agents publics ou personnes dans la fonction publique. Or, cette dernière est composée de plusieurs catégories d’agents qui ne sont pas tous fonctionnaires puisque certains et certaines sont, par exemple, contractuels. Mais de la simplification à la manipulation il n’y a parfois qu’un petit pas. Affirmer, à chaque fois que des données officielles sont publiées, que l’État emploierait toujours plus de fonctionnaires, c’est aussi une façon de ne pas mentionner la tendance lourde de ces 5 à 10 dernières années : la croissance du nombre et de la proportion des contractuels… Si l’on s’en tient à une définition stricte du fonctionnaire comme titulaire du statut, leur nombre a plutôt tendance à stagner et leur proportion à baisser.

    Comment expliquer la perception stigmatisante dont souffrent parfois les fonctionnaires ?

    E.R. : Cela fait partie de stéréotypes très ancrés dans les imaginaires depuis très longtemps. Au XIXe siècle, des Employés de Balzac à Messieurs les ronds-de-cuir de Courteline, toute une littérature satirique a installé dans nos représentations l’idée du fonctionnaire gratte-papier, dont l’objectif est d’en faire le moins possible. Ces stéréotypes sont repris sans discontinuer jusqu’à nos jours, il suffit de penser aux Municipaux des Chevaliers du fiel pour s’en faire une idée plus récente. Mais pour que ces caricatures qui se veulent humoristiques participent de la persistance de stéréotypes peu fondés, il faut ajouter que la population connaît très mal la fonction publique. Quand on parle de la fonction publique territoriale par exemple, beaucoup imaginent que cela correspond principalement à une bureaucratie d’agents du si décrié « mille-feuilles » administratif. Or, l’essentiel des agents territoriaux, vous les croisez dans la vie de tous les jours sans toujours savoir qu’ils sont fonctionnaires : c’est par exemple le cas des Atsem qui assistent les enseignantes et enseignants des écoles primaires, qui sont des fonctionnaires territoriaux.

    Le plan de finance 2027 prévoit
    un gel du point d’indice des fonctionnaires. En parallèle,
    la Cour des comptes suggère de réduire leurs effectifs. Ces attaques contre la fonction publique
    sont assez classiques en France…

    E.R. : On se trouve quasiment dans un réflexe pavlovien : équilibre budgétaire implique réduction des dépenses implique diminuer le nombre de fonctionnaires. Ces dernières années, tout cela a surtout servi à éviter un débat démocratique sur la question des recettes et de la justice fiscale. En 2025, toutes les grandes déclarations, gouvernementales notamment, autour de la nécessaire réduction des effectifs, des suppressions d’agences ont opportunément été concomitantes des discussions autour de la taxe Zucman [proposition de loi de taxation des grandes fortunes, Ndlr].

    Pourtant, ces politiques se soldent souvent par un échec…

    E.R. : Effectivement, mais pas que selon moi : des observateurs contemporains des politiques de réduction des effectifs, dans des milieux plutôt très favorables à la rigueur budgétaire comme l’inspection des finances ou la direction du budget par exemple, l’ont dit avant moi. Pour le dire de façon un peu rapide : faire mieux ou plus avec moins, c’est un bon slogan politique, mais cela n’a jamais fonctionné. Après chaque période de réductions importantes dans les effectifs de l’État, on a pu constater une telle désorganisation qu’il a fallu recruter de nouveau pour tenter de compenser un peu. Pour le dire autrement, il est facile pour le monde politique de s’attirer la sympathie de la population en tapant sur les fonctionnaires, tant qu’on reste flou et qu’on ne dit pas, par exemple, qu’il y a beaucoup trop de profs, beaucoup trop d’infirmiers ou de policiers.

    Plus largement, vous défendez
    que les débats sur le nombre de fonctionnaires relève moins d’un enjeu comptable que démocratique…

    E.R. : Tous les enjeux que nous évoquons impliquent de nous interroger collectivement sur le type de société que nous voulons construire. Comme Arnaud Bontemps, le co-fondateur du collectif Nos services publics l’explique régulièrement depuis la publication de son livre Service public ou barbarie, la construction des services publics, c’est un projet politique. L’histoire longue lui donne plus que raison : s’il y a tant d’agents publics en France, c’est parce que collectivement des choix ont été faits, par les sociétés qui nous ont précédés, de rendre l’école publique, laïque et gratuite par exemple. Un tel choix a bien sûr des conséquences budgétaires ; la question est d’abord politique. Tout le jeu des politiques sur le « nombre des fonctionnaires » que l’on veut réduire sans jamais dire où, c’est justement de dépolitiser cette question. Cela évite d’endosser le coût politique d’une attaque frontale des services publics, cela évite de mettre sur la table tous les éléments de l’équation, et notamment la question des recettes et de la justice fiscale, qui est indissociable de celle des dépenses publiques.

  • Fonction publique : les rendez-vous pour la manif’ du 29 septembre

    Fonction publique : les rendez-vous pour la manif’ du 29 septembre

    Marseille

    10h30, aux Réformés.

    Martigues

    10h, rond-point de la mairie.

    Miramas

    10h30, devant la mairie.

    Arles

    10h, au kiosque à musique.

    Toulon

    10h30, place de la Liberté.

    Draguignan

    10h30, sous-préfecture.

    Avignon

    10h30, cours Jean-Jaurès.

    Digne-les-Bains

    11h, place du Général- de-Gaulle.

    Gap

    10h30, devant la préfecture.

  • Un atlas pour explorer l’histoire enfouie de Nîmes

    Un atlas pour explorer l’histoire enfouie de Nîmes

    À Nîmes, il suffit parfois de creuser quelques mètres pour changer de siècle. Sous une avenue, un parking ou un futur immeuble peuvent réapparaître une mosaïque, une tombe ou les murs d’une maison antique. Depuis près d’un demi-siècle, les transformations de la ville racontent ainsi, chantier après chantier, une autre histoire de Nîmes. Une histoire désormais réunie dans un Atlas archéologique numérique, présenté au musée de la Romanité.

    Dévoilé à l’occasion des Journées européennes du patrimoine, trois ans jour pour jour après l’inscription de la Maison Carrée au patrimoine mondial de l’Unesco, l’outil est le fruit d’un partenariat entre la Ville et l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap).

    Depuis les années 1980, plus de 400 diagnostics et quelque 140 fouilles préventives ont été menés sur la commune au gré des opérations immobilières et des grands aménagements. Une cinquantaine de chantiers emblématiques ont été retenus pour cette première version. Sur la carte, des points rouges jalonnent Nîmes. Un clic suffit pour retrouver photographies, plans, textes, vidéos et objets découverts sur place. L’avenue Jean-Jaurès y côtoie les Halles, Villa Roma ou le quartier Clérisseau. On y croise aussi la mosaïque de Penthée, la statue de Neptune ou encore le portrait d’un notable gaulois découvert en 2023 près du cadereau.

    Un outil qui manquait

    L’intérêt de l’atlas ne tient pourtant pas seulement à ses découvertes spectaculaires. Des dossiers thématiques permettent aussi de suivre l’évolution de Nîmes, de l’agglomération gauloise à la cité romaine puis médiévale, en passant par la vigne, les pratiques funéraires, l’aqueduc, les peintures murales ou les remparts. « Pour le public qui ne connaît pas Nîmes, cela permet d’avoir une belle idée de son passé. Et les Nîmois peuvent savoir exactement où ont été trouvés les vestiges », souligne Jean-Yves Breuil, chargé des relations avec les aménageurs à l’Inrap.

    Pour le musée, l’outil vient aussi combler un manque : « L’enjeu du contexte est compliqué à amener dans un musée. Ici, l’atlas sera complémentaire de la visite et des objets présentés en vitrine », explique son conservateur Nicolas de Larquier. Installé dans le hall, il est accessible librement, sans billet d’entrée, et peut également être consulté en ligne. L’atlas permet ainsi de replacer les objets exposés dans leur environnement d’origine et de montrer ce que l’archéologie préventive apporte à la connaissance de la ville.

    L’outil n’a d’ailleurs pas vocation à rester figé. « Ce travail est évolutif et sera enrichi au fur et à mesure des découvertes », insiste Nadia Goudard, conseillère municipale déléguée aux patrimoines culturels et à l’Unesco. Une nécessité dans une ville où, comme le résume Jean-Yves Breuil, « il y a encore toute la ville romaine en dessous ».

  • Refus de marier : Robert Ménard risque 5 ans de prison

    Refus de marier : Robert Ménard risque 5 ans de prison

    Sous prétexte que le droit lui semble aller à l’encontre du « bon sens », un maire peut-il s’autoriser à ne pas appliquer la loi ?

    C’est ce que prétend Robert Ménard qui comparaît mercredi 30 septembre devant le tribunal correctionnel de Montpellier pour avoir refusé, le 7 juillet 2023, de célébrer le mariage de la Française Eva Marty et de Mustapha Belkacemi (finalement mariés en Algérie le 7 juillet 2026). Alors sous le coup d’une Obligation de quitter le territoire français (OQTF), le jeune Algérien avait été arrêté 13 jours plus tard sur ordre du préfet « bulldozer » de l’époque, Hugues Moutouh, puis expulsé vers Oran.

    Un effet domino qui provoquera le dépôt d’une plainte par Eva Marty contre le maire de Béziers. Pour avoir laissé libre cours à son idéologie d’extrême droite, Robert Ménard encourt dans les textes 5 ans de prison, 75 000 euros d’amende et une peine d’inéligibilité. Car en droit français, le mariage est un droit fondamental, consacré notamment par l’article 12 de la Convention européenne des droits de l’Homme. Une procédure d’OQTF n’interdit en rien le mariage.

    Pas un mariage blanc

    Le seul cas dans pour lequel un édile est autorisé à refuser de célébrer une union est le mariage blanc. Un maire soupçonneux doit alors saisir le procureur de la République. Ce qui a été fait, ce dernier écartant la thèse d’un mariage blanc et accordant son feu vert à l’union (le 16 juin 2023) qui devait donc être célébrée par le maire en tant qu’officier d’état civil pour le compte de l’État.

    À 7 mois de la présidentielle dans un contexte de montée des idées d’extrême droite, cette décision de justice sera scrutée de près. Se sachant dans l’illégalité pour son refus d’appliquer la loi, Robert Ménard a depuis cherché à se victimiser en politisant le dossier. Tout en revendiquant son « acte de désobéissance », il évoque une législation « aberrante » et en a même appelé au soutien du président de la République, Emmanuel Macron. Devant son refus, le patron des Républicains, Bruno Retailleau, et David Lisnard (NE), président de l’Association des maires de France (AMF), sont cités à comparaître comme témoins en faveur de Ménard.

    Dans l’Hérault, plusieurs maires, dont certains non encartés, ont assuré leur soutien à Robert Ménard. Si celui-ci a refusé, le 18 février 2025, lors d’une procédure de plaider-coupable, la peine (inconnue) proposée par le procureur, c’est probablement pour s’offrir une nouvelle tribune politique au tribunal.

    Toute décision perçue comme favorable au maire de Béziers créerait un précédent et aurait des répercussions sociétales avec un risque de discriminations en raison de l’origine, la religion, l’orientation sexuelle… Jusqu’ici, en l’absence de mariage blanc, la jurisprudence est constante. Aucun maire récalcitrant (Hautmont, Bourg-lès-Valence…) n’a obtenu gain de cause. Ils ont été sommés de célébrer l’union. À Chessy, Olivier Bourgeot, condamné, a démissionné. Quant à la « clause de conscience » évoquée par d’autres (à Bollène, Arcangues…) contre le mariage homosexuel, elle a toujours été rejetée par la Justice.

  • Le 29 septembre pour faire converger toutes les colères ?

    Le 29 septembre pour faire converger toutes les colères ?

    Le 29 septembre ne sera pas seulement une bataille de fiches de paie. Dans le Gard et l’Hérault, comme partout dans l’Hexagone, les syndicats veulent faire de cette journée de grève un point de convergence des colères qui traversent les services publics et, au-delà, le monde du travail. Les huit organisations représentatives de la Fonction publique (CGT, FO, CFDT, Unsa, FSU, Solidaires, CFE-CGC et FA-FP, auxquels s’ajoute la CFTC) appellent ensemble à se mobiliser pour une journée interprofessionnelle. Une unité rare, renforcée après l’échec du rendez-vous salarial du 8 juillet et sur fond de nouvelles économies annoncées pour 2027.

    Au cœur des revendications : la revalorisation du point d’indice, gelé à 4,92 euros depuis juillet 2023, la refonte des grilles, le retour de la GIPA [garantie individuelle du pouvoir d’achat], l’abrogation du jour de carence et davantage de moyens humains. Depuis juin, 862 000 agents doivent même percevoir une indemnité différentielle pour que leur traitement indiciaire atteigne le Smic. Ambiance faste. « Ce n’est plus une histoire de pouvoir d’achat, mais de pouvoir de vivre », tranche Pascale Thoirey, de la FSU du Gard. Elle décrit des enseignants qui décrochent, des AESH maintenues dans la précarité et « une perte de sens du métier » jusque chez des personnels autrefois « avec le service public chevillé au corps ». « L’État organise la précarité de ses personnels », tout simplement.

    Même constat côté CFDT. Sylvia da Costa, secrétaire générale de l’UD du Gard et soignante, refuse de réduire la mobilisation à une défense corporatiste : « Le service public, c’est un bien commun. Tout le monde doit pouvoir y accéder dans de bonnes conditions. » La soignante pointe les urgences du CHU de Nîmes, où plus de 150 patients attendaient récemment une prise en charge, mais aussi les écoles et collectivités confrontées aux non-remplacements. « Sans nous, le pays ne fonctionne pas. »

    Du salaire au service rendu

    Dans le Gard, FO veut justement éviter que le 29 septembre ne soit qu’une date de plus sur le calendrier syndical. Gilles Besson, secrétaire général de l’UD, préfère partir des conflits déjà ouverts : à Carrefour Supply Chain Saint-Gilles, dans l’énergie, à la Sécurité sociale ou encore chez les marins-pêcheurs. « La convergence ne se décrète pas depuis une salle de réunion », insiste-t-il. Elle doit, selon lui, se construire sur les revendications concrètes des salariés : « Une journée de grève coûte cher : pour qu’un salarié accepte de perdre une journée de salaire, il faut construire un rapport de force qui ait du sens et des perspectives. »

    Pour Mathieu Guy, qui coordonne la journée pour la CGT dans l’Hérault, « le 29 septembre n’arrive pas de nulle part ». Santé, éducation, secours, action sociale : « Les besoins explosent », tandis que les syndicats redoutent de nouvelles restrictions budgétaires. La CGT oppose notamment ces économies aux 211 milliards d’euros d’aides publiques aux entreprises recensées en 2023, tandis que 54 milliards d’euros d’efforts sont annoncés pour 2027. Le sens des priorités. Derrière les salaires se joue enfin la capacité même des services publics à remplir leurs missions. « Nous ne voulons pas choisir entre de bons services publics et des agents correctement rémunérés : nous voulons les deux, parce que l’un ne va pas sans l’autre », résume Mathieu Guy. Tous ne promettent pourtant pas déjà un mouvement reconductible. Les suites dépendront du rapport de force construit sur le terrain, dans les ateliers, les hôpitaux, les écoles et dans la rue. La colère est là : reste à voir si, le 29 septembre, elle saura se transformer en rapport de force.

    « L’État organise la précarité de ses personnels »