Category: accueil-merge

  • Le plus ancien ciné du monde en activité a son timbre

    Le plus ancien ciné du monde en activité a son timbre

    Maintenant un timbre va porter l’âme de La Ciotat partout dans le monde », se réjouit Michel Cornille, président de l’association Les lumières de l’Eden*.

    Gravé en taille-douce par Christophe Laborde-Balen, il représente la façade Art déco de l’Eden théâtre. À côté de l’entrée du cinéma, il fait une discrète allusion à L’entrée d’un train en gare de La Ciotat, un des premiers films tournés par Louis et Auguste Lumière (1895). Présentée par Michel Cornille comme « la dame du timbre », Agnès Rico, bénévole et administratrice des Lumières de l’Eden, a en effet eu l’idée « de monter un dossier pour faire une demande officielle à La Poste en vue de réaliser un timbre sur l’Eden ». L’aventure, débutée en 2021, a abouti « en décembre 2024, lorsque le projet est paru dans le programme philatélique officiel », explique-t-elle. Vendredi, le dévoilement officiel du timbre a eu lieu dans l’enceinte même du cinéma l’Eden Théâtre. Des agrandissements vont être visibles à l’Eden, dans les bureaux de poste. Une vente en avant-première est prévue le 13 février prochain à l’Eden, puis le 14 dans le bureau de poste de La Ciotat, avant que le timbre ne soit vendu partout en France à partir du 16 février, durant la seule année 2026.

    L’Eden sauvé du naufrage

    « Faites-en des réserves, pour être des passeurs d’images, d’histoire et de joie », a lancé Agnès Rico. Né théâtre en 1889, l’Eden Théâtre de La Ciotat, situé au 25 boulevard Clemenceau, a vu sa destinée basculer à l’automne 1895 avec des projections d’images animées par le Cinématographe de Louis Lumière. Le 21 mars 1899, la projection payante de 19 films Lumière devant 250 spectateurs enthousiastes signe la naissance officielle de l’Eden Théâtre dans le monde du cinéma, date retenue par le Livre Guinness des records pour en faire la salle de cinéma toujours en activité la plus ancienne au monde. « Racheté par la Ville en 1992, l’Eden Théâtre aurait pu mourir à l’automne 1995 lorsqu’une commission de sécurité ordonne sa fermeture. Mais l’Eden résiste. Le 12 février 1996, il est classé à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques, échappant ainsi à toute menace de disparition et de transformation », dit le commentaire d’un petit film projeté. Mais « miné par les infiltrations, l’Eden agonise… ». Jusqu’à ce que les associations La Ciotat Berceau du cinéma et Les lumières de l’Eden, les bénévoles, le monde artistique se mobilisent pour sa rénovation. Qui sera programmée dans le cadre de Marseille Provence capitale de la culture 2013 et grâce à cette manne financière providentielle.

    * L’asso gère l’Eden en délégation de service public pour la Ville

  • Jean-Pierre Meyer fixe les enjeux de la liste de gauche

    Jean-Pierre Meyer fixe les enjeux de la liste de gauche

    Candidat de la gauche aux élections de 2020, ce qui lui avait permis de glaner un poste au conseil municipal, Jean-Pierre Meyer ne va pas tout bouleverser en 2026, mais tout de même apporter quelques retouches à sa liste. Celle-ci, et les 33 colistiers, s’inscrivent dans la continuité de la précédente, tout en s’offrant un vent de fraîcheur nécessaire, et parfois contraint : « C’est une liste renouvelée à plus de 50%. Un certain nombre de personnes qui étaient avec nous en 2020 nous ont quittés, d’autres sont partis. Mais il était évident de prendre appui sur ceux qui, depuis 2020, m’accompagnent dans cette mission. Je ne sais pas s’il faut les citer, mais il y a un noyau dur très diversifié de citoyens encartés ou pas », décrit l’élu de 70 ans.

    Une continuité qui s’exprime également dans les orientations du projet politique, qui « s’appuie sur celui de 2020, qui n’a pas pris une ride. Il est en cours de finalisation. On se donne jusqu’au 19 février, date de la réunion de présentation du programme, pour l’affiner », explique-t-il. Avec une volonté affirmée de favoriser la démocratie de proximité : « Il s’inscrit dans une vision municipale qui associe les citoyens à la vie de la cité. On veut favoriser la participation citoyenne. Nous voulons réconcilier les gens avec la vraie politique, pas celle qui consiste en des intérêts personnels, mais celle qui agit pour concrétiser un slogan qui nous est cher : mieux vivre tous ensemble à Sanary. Il y a également toute une série de propositions qu’on va réactualiser, car certaines de 2020 se réalisent, comme le projet d’accession sociale à la propriété, un sujet sensible notamment pour la jeunesse qui a du mal à rester à Sanary eu égard aux prix des logements. »

    « Rééquilibrage générationnel »

    La jeunesse, un facteur important pour Jean-Pierre Meyer, pour qui ce sera la dernière campagne : « La campagne et le mandat seront ceux de la relève. On doit laisser notre place aux plus jeunes car ils constituent l’avenir. Nous aurons donc une représentation des 35-45 ans. Ce ne sont pas des tout jeunes, ils sont encore en nombre insuffisant, mais nous comptons sur eux pour gagner des personnes de leurs générations et de celles qui les précèdent. Il faut qu’ils soient en situation de prendre de plus en plus la parole pour porter leur vision de la place que doit avoir la jeunesse à Sanary. Ça fait partie de nos objectifs : créer les conditions du rééquilibrage générationnel. On a ce problème à Sanary comme dans beaucoup de stations balnéaires méditerranéennes, à cause des prix et l’insuffisance des infrastructures pour la petite enfance, le manque de transports en commun. L‘échelon municipal nous paraît être le plus évident pour permettre de renouer entre citoyens et politiques, car les communes ont encore assez de pouvoirs pour mettre en place des décisions proches de la volonté populaire », veut croire l’élu.

    Enfin, la liste revendique une vertu, sa transparence : « Comme en 2020, nous avons opté pour une liste de rassemblement de citoyens et de citoyennes adhérents ou pas à un parti politique, mais soutenus par le PCF, les Écologistes et le PS, et qui ont le même idéal progressiste et écologique. Et nous avons tous considéré qu’il était primordial de dire aux électeurs qui nous sommes et qui nous soutient. Contrairement aux six listes qui risquent de se présenter en face, qui sont soit DVD, soit sans étiquette. Nous, on fait le choix de marcher à visage découvert, c’est la moindre honnêteté qu’on doit aux électeurs », conclut la tête de liste de Renouveau pour Sanary.

  • Des personnalités marseillaises inaugurent le city stade rénové

    Des personnalités marseillaises inaugurent le city stade rénové

    Un nouveau city stade en plein cœur de Marseille, destiné à de nombreux enfants du quartier. Ce vendredi après-midi, le terrain jouxtant l’école Peyssonnel (3e) a été inauguré par de nombreuses personnalités locales. Le maire de Marseille (DVG) Benoît Payan était présent, tout comme le président de l’Olympique de Marseille, Pablo Longoria. La Ville, l’OM et la Fondation CMA CGM sont les instigateurs de ce projet de rénovation.

    Pour l’occasion, de nombreux élèves étaient invités. Au total, une bonne centaine de personnes ont pu fouler pour la première fois ce terrain peint de différentes teintes de bleu et d’orange. Tous ces enfants étaient habillés d’un t-shirt à l’effigie de leur city stade. Les sourires étaient présents sur les visages, alors que le speaker faisait grimper le volume en annonçant plusieurs surprises.

    Ces surprises se sont avérées être des joueurs et joueuses de l’Olympique de Marseille. Deux Marseillaises avec Ninon Blanchard et Tess Laplacette, ainsi que les grands blessés actuels, Amine Gouiri et l’Argentin Facundo Medina. Des invités d’honneur accueillis sous les cris de ce parterre de minots, tous âgés de 10 ans et moins. Ces derniers ont même pu rencontrer un Ballon d’Or, en la personne de Jean-Pierre Papin, « dieu vivant », d’après les dires de Benoît Payan. « C’est bien de voir tous ces sourires, c’est leur terrain maintenant », dit entre deux dédicaces l’ancien international français.

    Bain de foule pour

    les footballeurs de l’OM

    Ce city stade de Peyssonnel est le cinquième inauguré en l’espace de quelques mois dans la ville. L’OM et Pablo Longoria ne sont jamais bien loin. Le dirigeant espagnol évoque ce projet en faveur de la jeunesse : « Depuis que je suis au club, je cherche à augmenter la pratique du sport au sein de la ville. Vous savez, le football, ce n’est pas que des matches au stade Vélodrome, c’est aussi du partage et de la convivialité. »

    Sur les coups de 14h30, toutes ces personnalités ont dévoilé la plaque officialisant l’ouverture du lieu. Ensuite, c’était bain de foule pour les sportifs avec photos et dédicaces au milieu des jeunes. Un long moment de partage, avec des joueurs et joueuses ne sachant plus où donner de la tête. Les enfants ont pu ensuite tester ce nouveau bitume, situé juste en dessous d’une immense fresque avec l’inscription : Saint-Jean, terrain de passion.

    Ils ont pu tâter le ballon à un endroit où Ninon Blanchard espère voir « de nouvelles pépites éclore ». La défenseure arrivée durant l’été 2024 souligne aussi « l’initiative du club et de Treizième Homme ». L’après-midi ensoleillé s’est poursuivi avec un grand cookie au chocolat pour tous et un avis unanime sur le city stade. Les jeunes du 3e arrondissement de Marseille ont désormais une nouvelle aire de jeu pour se dépenser et pratiquer leur sport favori dans « la capitale du football », d’après Pablo Longoria.

  • Champions Cup : Bath, pas le meilleur adversaire pour rebondir pour le RCT

    Champions Cup : Bath, pas le meilleur adversaire pour rebondir pour le RCT

    Pour se relancer, le RCT aurait certainement préféré un autre adversaire. Car se coltiner Bath, auréolé d’un triplé coupe-championnat-Challenge Cup la saison dernière, et qui a débuté cet exercice sur les mêmes standards (leader du championnat avec 5 victoires en 6 matches, et vainqueur 40-14 face au Munster en Champions Cup) est tout sauf un cadeau.

    « Ils ont beaucoup d’expérience, avec des joueurs habitués à ce genre de matches. C’est un des favoris, donc ce sera un très gros match », annonce Pierre Mignoni, qui se fait une idée précise de son adversaire du week-end : « Ils te mettent beaucoup de pression chez toi, ils veulent te coincer dans un coin du terrain et attendre une faute. C’est une équipe qui ressemble beaucoup aux équipes françaises. Elle est très physique, elle attaque tous ses rucks, avec une défense qui ne te laisse pas beaucoup d’oxygène. »

    Parmi ses principaux atouts, l’ouvreur écossais Finn Russell, référence mondiale du poste : « C’est un grand joueur. Il faut lui laisser très peu de temps pour manœuvrer. Il faudra le mettre sous pression, monter un peu plus fort », prévient Jérémy Sinzelle, rejoint par son entraîneur : « Bath a beaucoup d’individualités, mais il les fait bien jouer. Il alterne énormément son jeu, il est capable d’animer à la main, de faire des passes au pied, de te mettre sous pression. On le connaît, il a joué en France, c’est un très grand joueur, mais ce week-end il ne faudra pas trop lui laisser le temps de choisir. » Les Rouge et Noir sont prévenus.

  • Champions Cup : Face à Bath, le RCT n’a déjà plus de marge d’erreur

    Champions Cup : Face à Bath, le RCT n’a déjà plus de marge d’erreur

    Quand il rate un match, cette saison, le RC Toulon le fait généralement dans les grandes largeurs. Ses premiers pas en Champions Cup, dimanche dernier, sur la pelouse d’Édimbourg (33-20), en ont malheureusement été une démonstration de plus, malgré un début de rencontre idéal, qui l’a vu mener 0-10 après six minutes. Mais la suite, entre défense friable, coups de pied à l’excès, et fautes de mains à répétition, s’est apparentée à un cauchemar, avec un second acte durant lequel les Varois n’auront passé qu’une petite pénalité.

    « On a très bien commencé pendant 25 minutes. Mais on n’a pas fait ce qu’il fallait dans la gestion, on s’est déréglé tout seuls, dans des conditions difficiles. L’équipe la plus précise et la meilleure sur le plan stratégique a gagné. On a perdu le fil. Édimbourg est une belle équipe, mais on aurait dû mieux faire », constate Pierre Mignoni, « frustré, énervé, comme nos supporters. On l’est toujours vis-à-vis de notre prestation ».

    « Dès qu’on loupe un truc, c’est la fin du monde »

    Oui, ce RCT aux deux visages frustre autant qu’il se frustre. Et doit trouver des réponses à ses questions : « On a fait beaucoup de rotations en début de saison. À Édimbourg, il y en avait peu, donc on n’a pas d’excuse. On a mal abordé ce match. Il faut arriver à switcher, se dire que c’est un match de rugby, que ce soit à domicile ou à l’extérieur, ce qu’on n’arrive pas à faire. Il faut gommer ça », analyse l’expérimenté Jérémy Sinzelle, qui fêtera sa centième en rouge et noir (lire ci-contre). « On manque par moments de connexion. Dès qu’on loupe un truc, on dirait que c’est la fin du monde. On doit garder une attitude positive, une concentration, une communication claire, des joueurs qui prennent leurs responsabilités, une qualité de jeu au pied, des choses de haut niveau. Quand tu n’as pas ça, surtout sur des matches de Champions Cup très serrés, encore plus avec ces conditions, tu passes à côté », pointe Pierre Mignoni.

    Après une journée, le RCT est donc déjà dos au mur, mais loin d’être enterré, à l’aube de la réception de Bath, champion d’Angleterre et vainqueur de la Challenge Cup l’an dernier. Mais il faudra jouer ce match comme le couperet qu’il est : « C’est une compétition avec un format très court, mais j’ai entendu que c’était cuit, et ce n’est pas vrai. C’est sûr qu’on ne pourra pas finir dans les meilleurs des meilleurs premiers, même si on bat cette équipe. On s’est loupé, on le sait, mais on a besoin de soutien face au champion d’Angleterre. C’est un test-match, de niveau international, on a besoin de tout le monde. Il y a des moments difficiles dans une année, on va voir comment on réagit », annonce l’entraîneur varois, qui en appelle au public avant ce qui pourrait être l’un des tournants de la saison.

  • L’OM s’attache à son podium

    L’OM s’attache à son podium

    Après avoir retrouvé le sourire en Ligue des Champions, mardi, avec sa victoire face à l’Union Saint-Gilloise, l’OM serait bien inspiré de prolonger les festivités ce dimanche (à 20h45), avec la réception de l’AS Monaco. Et par la même occasion de conserver sa troisième place en championnat, histoire de conclure en beauté l’exercice 2025, avant d’aller faire un petit saut à Bourg-en-Bresse, dimanche prochain pour les 32e de finale de la Coupe de France. « Il est essentiel qu’on oublie la Ligue des Champions et qu’on se concentre entièrement sur le championnat », insiste l’entraîneur marseillais Roberto De Zerbi. « Le match contre Monaco est crucial et on ne peut pas se permettre de penser à autre chose. On doit effacer le match de Ligue des champions et revenir avec une mentalité tournée vers le championnat, car nous avons perdu des points dans les derniers matches, notamment à Lille », poursuit le technicien italien, persuadé que d’autres équipes vont recopier le pressing très haut exercé par les Nordistes vendredi dernier.

    « Mais la clé, c’est de savoir comment réagir quand on est pressé. Si on joue bien, en étant dynamique et rapide dans nos passes, ce genre de stratégie devient beaucoup moins efficace », estime-t-il, malgré les forces en présence parmi les meilleures équipes du championnat, à l’instar de Monaco. « Ce ne sera pas un match facile. On connaît leurs qualités. C’est une équipe qui a montré de belles choses, comme ses victoires contre Paris ou Galatasaray », souligne Gerónimo Rulli. Taulier de la formation olympienne, qui a sauvé les siens à de nombreuses reprises depuis son arrivée au sein de la cité phocéenne, le gardien argentin reste sur une série de prestations contrastées. « C’est vrai que la fatigue se fait sentir après une période intense, avec des matches très difficiles. […] Aucun joueur, et encore moins un gardien, ne peut être au top tout le temps. Je travaille beaucoup chaque semaine pour aider mon équipe, pour être prêt et faire ce qu’il faut quand on me sollicite », ajoute l’ancien portier de la Real Sociedad, conscient que son entraîneur le pousse à donner le meilleur de lui-même. Quitte à accorder plus de temps de jeu à Jeffrey De Lange pour apporter plus de concurrence à son poste. « Cela me pousse à ne jamais me relâcher. En tant que gardien, si tu fais une erreur, il y a quelqu’un de très compétent derrière toi qui peut prendre ta place. Mais ce n’est pas quelque chose qui me stresse, au contraire, ça m’encourage à travailler encore plus dur », lance le dernier rempart olympien, toujours déterminé.

    « Aucun joueur, et encore moins un gardien, ne peut être au top tout le temps »

  • « Kast est très lié aux forces d’extrême droite mondiales »

    « Kast est très lié aux forces d’extrême droite mondiales »

    La Marseillaise : Comment abordez-vous le second tour de l’élection pour la présidence du Chili ?

    Carlos Ominami : La droite et l’extrême droite ont réussi à faire de cette élection une sorte de référendum pour ou contre le gouvernement sortant. Ce gouvernement, élu avec énormément d’espoirs, a rencontré de grandes difficultés et a rapidement déçu. Jeannette Jara, la candidate de gauche, a fait campagne tout en portant ce bilan, en tant que ministre du Travail sortante. Je ne veux pas faire de pronostic, mais il est évident que la droite risque de l’emporter car la campagne s’est jouée sur le thème de l’insécurité, un domaine où elle est plus forte. Leur campagne a suivi une espèce de recette traditionnelle, en mobilisant les peurs de l’insécurité et des immigrés. Du point de vue économique, ils ont une analyse très simpliste selon laquelle pour reprendre la croissance, il faut diminuer les impôts et les régulations. S’ils l’emportent, le Chili deviendra une espèce de champ d’expérimentation de l’extrême droite. José Antonio Kast est très lié aux forces d’extrême droite en Amérique latine et en Europe, c’est une pièce relativement importante de ce réseau. Il a visité la Hongrie d’Orbán, a des rapports très étroits avec Vox en Espagne ainsi qu’avec Meloni en Italie. Il est très proche du président Trump aux États-Unis, de celui du Salvador Nayib Bukele et voyageait beaucoup au Brésil quand Bolsonaro était président.

    Comment expliquer qu’un nostalgique de la dictature d’Augusto Pinochet puisse accéder au second tour ?

    C.O. : C’est une question qu’on se pose aussi. La plupart des gens qui vont voter dimanche n’étaient même pas nés au moment du coup d’État. Depuis 2019, le passage à un système de vote obligatoire, fait voter une masse de gens très peu politisée, pour laquelle l’Histoire, n’existe pas. Les générations les plus vieilles ont une mémoire historique qui fait défaut aux plus jeunes.

    Toute la droite s’est rangée derrière Kast ?

    C.O. : Ce que montre le processus actuel, c’est qu’on n’a pas véritablement une droite démocratique au Chili. Il y a quelques personnalités de droite qui sont démocratiques. Mais dans l’ensemble, de façon organique, on n’a pas une droite démocratique. La nuit du 16 novembre [le soir du premier tour, Ndlr.], les principales forces de droite, étaient avec Kast pour célébrer sa victoire, se mettre à sa disposition pour le second tour et faire partie du gouvernement. Selon moi, Kast est un péril. C’est quelqu’un qui a bâti toute sa trajectoire sur les désaccords, les ruptures, l’intransigeance à la façon de l’extrême droite. Les promesses qu’il a faites pendant la campagne d’en finir avec l’insécurité, avec la délinquance, l’immigration irrégulière, ne sont pas tenables.

    Jara pâtit du bilan du président sortant Gabriel Boric ? Est-il mauvais ?

    C.O. : Il a vraiment déçu. Gabriel Boric a remporté la présidentielle en décembre 2021, avec l’espoir de mettre en place des réformes structurelles profondes. Or, de ce point de vue-là, c’est un échec, il n’a pas réussi. Il avait une faible majorité parlementaire qu’il a perdue. En septembre 2022, six mois après l’installation du gouvernement, s’est tenu le référendum sur la nouvelle Constitution. Le futur de ce gouvernement s’est joué à ce moment-là. La Convention constitutionnelle a été élue dans des conditions très particulières, dominée par les groupes identitaires : les régionalistes, les animalistes, les indigènes, qui n’avaient pas un projet global. Le gouvernement a soutenu cette approche, pour un résultat catastrophique : 62% contre, 38% pour. Ce moment est très important parce qu’on est toujours, finalement, sur ces clivages : pour ou contre la nouvelle Constitution. Le niveau d’approbation du gouvernement dans les sondages ne dépasse pas les 30%. Il suffit d’avoir ça à l’esprit pour se rendre compte des difficultés qu’on a rencontrées pendant cette campagne.

    Le Chili est l’un des pays les plus inégalitaires au monde. Subit-il encore les réformes héritées de Pinochet ?

    C.O. : L’économie s’est assez bien portée pendant toute une période, avec une forte croissance lors des 15 premières années de la transition. Depuis 10 ans, on est à des taux de croissance aux environs de 2%. Cette baisse importante a réduit les possibilités de l’État d’avoir les ressources permettant de développer de façon plus profonde les politiques sociales. Le diagnostic de l’extrême droite est que le pays en crise est bon pour son électorat mais c’est faux. Pour l’année 2026, l’économie chilienne doit renouer avec une croissance aux environs de 3% avec une inflation de 3%. Ce n’est pas du tout le pays en ruine qui est décrit par l’extrême droite.

    Les Chiliens votent ce dimanche pour élire leur prochain dirigeant. Ce second tour voit s’affronter deux candidats que tout oppose : Jeannette Jara, militante communiste, ex-ministre du Travail du gouvernement sortant est à la tête d’une large coalition de gauche. Elle s’est imposée sur la scène nationale en réduisant la semaine de travail à 40 heures et en lançant une réforme du système privé de retraites. Arrivée en tête au premier tour avec 26,85%, ses réserves de voix sont faibles face à son adversaire José Antonio Kast, fils de nazi, admirateur du dictateur Augusto Pinochet, derrière lequel toute la droite s’est rangée…

  • Au Département, le budget c’est argent content

    Au Département, le budget c’est argent content

    On ne sait pas si Dominique Santoni avait commandé comme cadeau anticipé que le budget du Conseil départemental passe comme une lettre à la Poste du père Noël, mais la présidente LR avait le sourire ce vendredi midi. Excepté le RN qui a voté contre, le reste de l’opposition de gauche et d’extrême droite (Ligue du sud) s’est abstenue. « Il règne dans cette assemblée beaucoup de respect et de partenariats », remercie-t-elle. Il faut dire que Dominique Santoni est obligée de créer un consensus, étant à la tête d’une courte majorité baroque où les votes ne répondent guère à une logique partisane habituelle.

    Le fait que le budget soit adopté dans une sorte de concorde est bien aidé par une situation financière à faire pâlir n’importe quelle autre collectivité (lire notre édition de vendredi) : des hausses de recettes qui progressent plus vite que les dépenses, une dette en baisse avec une capacité de désendettement de 1,9 an et des investissements en hausse. « Dans un pays qui doute, le Vaucluse doit rester un pilier de stabilité », présente Dominique Santoni. Ouverture du pôle des patrimoines Memento, travaux sur le site de Fontaine-de-Vaucluse, poursuite des travaux à Bonpas ou études sur la requalification du collège Roumanille sont cités parmi les projets de l’année.

    Alors que beaucoup ont eu des mots de remerciements pour les agents de la collectivité et que la CGT se mobilisait de nouveau à l’extérieur (lire ci-contre), « ce qui nous anime, c’est la garantie d’un service public fort qui mène une politique de protection des plus fragiles », expose Sophie Rigaut (PS), présidente du groupe de gauche. Pas de critique dans son intervention mais plusieurs points de vigilance sur « la situation explosive des Ehpad où l’État nous laisse bien seul, et la protection de l’enfance où il faut tout faire pour améliorer les conditions d’accueil des enfants ». Ayant repris la délégation enfance et même la présidence du Centre départemental enfance famille, Dominique Santoni a promis des discussions transpartisanes sur le sujet. Le Département a aussi voté une hausse de 1% dans le financement des établissements sociaux et médico-sociaux.

    Samir Allel (EELV), en s’abstenant, « regrette les efforts insuffisants » sur des politiques sociales ou même non obligatoires comme le soutien aux centres sociaux « en situation de survie ». Comme lors du débat d’orientations budgétaires, au vu du système de financements, Anthony Zilio redoute « une suppression des Départements ». « Je vais essayer de m’investir davantage dans l’assemblée des Départements de France pour être au courant de tout et faire remonter les difficultés », conclut Dominique Santoni.

  • En hommage aux combats de Marcelle Landau

    En hommage aux combats de Marcelle Landau

    La Maison pour Tous Monclar (MPT), ancienne usine de traitement de l’eau au début du siècle dernier, est officiellement renommée en l’honneur de celle qui a créé le Collectif de l’eau du Grand Avignon, Marcelle Landau. « Un symbole fort », lance Cécile Helle, maire (PS) d’Avignon, lors de la cérémonie de dénomination qui s’est tenue ce mercredi 10 décembre. Une cérémonie forte en émotion pour de nombreuses personnes présentes ce soir-là. Car « en tant que militants citoyens ou politiques de gauche, on croisait forcément sa route », lâche la première magistrate de la Cité des Papes.

    « Pour une régie publique »

    Les membres du Collectif de l’eau étaient partagés entre fierté et tristesse quand on évoque son parcours et ses combats. « Son combat continue et nous sommes tous présents pour ça », confie fièrement son mari Daniel Landau, quelques minutes après avoir dévoilé la plaque sur la devanture de la Maison pour tous.

    Et c’est son combat pour l’eau qui a notamment été évoqué. L’occasion pour Cécile Helle de plaider en faveur du combat de toujours de Marcelle Landau, c’est-à-dire la régie publique de l’eau. Estimant que « c’est avec un service public qu’il faut faire face aux défis dans les années qui viennent ». « Alors que la campagne électorale a commencé, personne ne parle de l’eau », pique de son côté Mireille Dapon, alors que l’un des candidats déclarés, Joël Peyre (PRG), se tient à moins de deux mètres d’elle. « On continue le travail. Elle doit être heureuse même si je sais qu’elle n’avait pas du tout le culte de la personnalité », poursuit-elle avant de lire la dernière lettre envoyée par la défunte sur le sujet. « Rejoignez le combat, c’est mon vœu le plus cher » auront été les derniers mots qu’elle a transmis.

  • Le collectif Réfléchissons Vitrolles restitue ses idées

    Le collectif Réfléchissons Vitrolles restitue ses idées

    Ce moment de la fin de mandat permet de voir en arrière le chemin parcouru et en avant ce qu’il reste à faire » pour le maire (PS) de Vitrolles Loïc Gachon, entouré de participants à la soirée de restitution qui s’est déroulée, vendredi soir, à l’espace Mandela. Depuis septembre, plusieurs ateliers participatifs ont été organisés avec la population sur plusieurs thèmes.

    Les propositions fusent. Martine Miglior rapporte celles de « créer une mutuelle communale de proximité » ainsi qu’une « bourse au bénévolat pour aider les associations et les bonnes volontés qui se cherchent ». Anthony Moreau, militant PS, indique pour l’atelier vie de quartier qu’« il faut développer la communication et l’organisation dans les quartier » par l’intermédiaire de « gens qui s’impliquent et des comités d’intérêt de quartier ».

    « Un travail essentiel »

    Attentif aux propositions, le maire de Vitrolles salue la participation « entre 80 et 100 personnes par atelier », parlant d’« un travail collectif essentiel » qui doit « se mêler avec ce qui se fait déjà ou qui va se faire » notamment en réponse à une proposition d’aménagement du plateau qui est en cours de réflexion selon Loïc Gachon.

    Toutes ces propositions seront ensuite « chiffrées afin de les rendre réalistes », explique l’édile, « c’est le travail qui suit pour aboutir au projet de mandat 2026 ». Car si plusieurs candidats se sont déjà déclarés face au maire sortant, ce dernier l’affirme : « Il n’y a pas de suspens ni de doute me concernant », mais « le temps de la candidature et de la campagne électorale débutera après la trêve des confiseurs. » Loïc Gachon donne comme prochain rendez-vous le 18 janvier dans un lieu à déterminer.

    Aucun suspens, mais du temps pour cogiter.