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  • Génération.s repart avec la gauche unie

    Génération.s repart avec la gauche unie

    Après les communistes, les socialistes, MadMars et, cette fois, les Écologistes, c’est au tour des militants de Génération.s d’approuver l’union à gauche pour les municipales. Ce jeudi soir, une quarantaine de participants ont approuvé à l’unanimité la reconduction de leur participation au sein du Printemps marseillais. « Au regard du danger que représente le RN dans beaucoup de communes, nous avons dégagé une doctrine au niveau du département : le rassemblement partout où il est possible, et le plus large possible à gauche », explique William Leday, membre de la direction nationale. Et donc une alliance à Marseille avec Sébastien Delogu ? « À l’impossible nul n’est tenu, nous souhaiterions que les Insoumis convergent, répond le coresponsable départemental. Mais quand on passe son temps à taper sur le maire de Marseille plutôt que sur l’extrême droite, c’est problématique, avec des accusations gravissimes. »

    « J’ai au travers de la gorge l’accusation de corruption, ça a été une de nos batailles, la lutte contre le clientélisme », réagit vivement l’adjoint à l’éducation des 1-7, Julien Soret. Témoignant justement de la surprise d’habitants renvoyés vers les dispositifs réguliers lorsqu’ils venaient réclamer qui un logement, qui un emploi.

    Pour le parti qui compte quatre élus à Marseille dont le président du groupe Printemps marseillais Pierre Huguet, l’heure n’est pas encore à la campagne et les places sur les listes sont encore en discussion. « Nous avons des candidatures à faire valoir », reconnaît William Leday. Surtout, ils comptent peser sur les programmes, avec 70 propositions élaborées au niveau départemental, « le fruit d’un travail collectif fait par l’ensemble des militants, élus et des citoyens », met en avant Fabio Chikhoune, chef de file à Aubagne. Et en ligne de mire notamment, le « verrou métropolitain ». « Il y a un déséquilibre complet qui met Marseille en difficulté », déplore la coresponsable départementale Wassila Hamache.

  • Violences sexuelles : les avocats exigent des mesures

    Violences sexuelles : les avocats exigent des mesures

    Dans un courrier commun daté du 4 décembre et que La Marseillaise a pu consulter, le Syndicat des avocats de France (SAF) et l’Union des jeunes avocats alertent les membres du Conseil de l’Ordre sur les violences sexistes et sexuelles au sein de la profession, après « une plainte pour agression sexuelle et un témoignage similaire visant un de nos confrères ». En juin dernier en effet, l’ancien bâtonnier et adjoint au maire José Allegrini avait été visé par une plainte d’une greffière du tribunal judiciaire de Marseille, et il est désormais convoqué fin décembre à Aix-en-Provence dans le cadre d’une reconnaissance préalable de culpabilité, comme le révélait début novembre La Provence. Une juge d’instruction marseillaise avait également témoigné d’agressions subies.

    « Il ne paraît plus possible pour nos organisations professionnelles de ne pas adopter une action forte pour lutter contre ce fléau », écrivent les signataires du courrier. Ils demandent « à renforcer l’action de l’Ordre en la matière avec le double objectif de libérer la parole et protéger efficacement toute consœur ou confrère concerné ». Ainsi ils réclament une meilleure communication avec une adresse de signalement, une campagne de sensibilisation et une enquête de « victimation », ainsi que l’élaboration d’un protocole à respecter en cas de dénonciations de violences sexistes et sexuelles, s’étonnant qu’il n’y ait eu aucune enquête interne après la découverte des faits visant l’ancien bâtonnier. Ils espéraient aborder le sujet lors du conseil de l’Ordre le 9 décembre : cela n’a pu être le cas. La bâtonnière, sollicitée par La Marseillaise, n’a de son côté pas donné suite.

  • Martine Vassal concède des Assises de la protection de l’enfance

    Martine Vassal concède des Assises de la protection de l’enfance

    La demande est réitérée depuis près de cinq ans, lors de chaque séance publique, par le groupe communiste. Vendredi, Martine Vassal, la présidente (DVD) du Conseil départemental, y a enfin répondu favorablement. Des Assises de la protection de l’enfance seront organisées en 2026 dans les Bouches-du-Rhône.

    Le matin même dans nos colonnes, Gérard Frau, le président du groupe PCF, expliquait son intention de saisir le préfet si la nouvelle demande qui allait être formulée restait encore sans réponse. « Nous les demandons pour mettre autour de la table l’ensemble des acteurs : État, familles, structures associatives, syndicats, professionnels, ARS, justice… Martine Vassal ne peut pas y échapper. Ce n’est pas une posture politique », martelait l’élu de Martigues.

    En séance, c’est sa camarade Audrey Garino qui a pris la parole sur le sujet et exigé la tenue de ce rendez-vous, en se saisissant du rapport n°9. Il portait sur les actions en justice du Département, dont un grand nombre concernait des mineurs non accompagnés. Ces MNA face auxquels la collectivité a été plusieurs fois condamnée pour défaut de prise en charge.

    Il y a quelques jours, Audrey Garino avait reçu, avec son groupe, le collectif Alerte protection enfance 13, regroupant la plupart des associations du département travaillant dans ce secteur. Elles représentent 4 000 salariés et plus de 80% des enfants confiés.

    Ligne claire, méthode

    et stratégie à long terme

    « Des structures, pour certaines centenaires, qui se regroupent pour la première fois et prennent la parole pour alerter et dénoncer, et c’est leurs mots, une maltraitance institutionnelle systémique qui touchent les enfants, les familles et les professionnels », martèle l’élue marseillaise. Changements de tarification unilatéraux et rétroactifs fragilisant les structures, évolutions réglementaires, comme la fin du dispositif de placement à domicile, sans discussion ni concertation : « Ce constat, lourd, terrible, pèse évidemment sur la qualité de prise en charge que nous devons à ces enfants et conduit à des dérives inacceptables régulièrement dénoncées dans la presse. »

    « Trois ans après le rapport de l’IGAS, aucun redressement structurel n’a été engagé, aucune inflexion réelle… la situation s’est même détériorée », abonde Azad Kazadjian (PS). Pour le groupe communiste, l’objectif des Assises « est d’établir une ligne claire, une méthode et une stratégie à long terme au bénéfice des enfants suivis », rappelle un communiqué saluant la décision de Martine Vassal et assurant leur plein engagement dans l’organisation de cet événement. Le rendez-vous aura lieu en juin prochain.

    Un calendrier pensé pour enjamber les municipales et « ne pas faire du dossier un sujet de la campagne municipale », glisse l’entourage de la présidente. Son organisation sera confiée à Agnès Amiel, conseillère déléguée à l’enfance et la famille, Audrey Garino et Denis Rossi.

    « Il faut prendre le problème à bras le corps, nous avons créé la maison des discriminations, nous avons travaillé sur l’observatoire de l’enfance avec un petit livret qui va sortir, le 17 décembre a lieu l’observatoire de l’enfance, et nous aurons ces Assises en juin, conclut Martine Vassal. On en a besoin parce que nos enfants en valent la peine, parce qu’il faut qu’on soit exemplaires sur les Bouches-du-Rhône et parce que je veux qu’on le soit ensemble pour l’avenir de ces petits. » Mieux vaut tard que jamais.

  • La droite condamne la rupture du Mucem avec Digital Realty

    La droite condamne la rupture du Mucem avec Digital Realty

    Les présidents de deux des trois des institutions qui siègent au conseil d’administration du Mucem ont annoncé, ce jeudi 12 décembre, qu’ils interrompaient « toute forme ou perspective de coopération » de leurs collectivités avec le Mucem. « Nous refusons toute compromission avec l’antisémitisme et le racisme dans les structures que nous finançons, précisent de concert Martine Vassal et Renaud Muselier. Cette décision a été prise sous la pression d’activités d’extrême gauche qui veulent importer le conflit israélo-palestinien en France. »

    Dans un communiqué, la direction du Mucem justifie une décision commune qui visait « à ce que le musée poursuive ses missions de service public dans un contexte apaisé ». Le mécénat du géant des centres de données était en effet ciblé par des collectifs l’accusant d’être impliqué dans la colonisation en Cisjordanie, ce que contestait le Mucem lui-même dans nos colonnes, le 24 octobre dernier. Les collectifs impliqués célèbrent de leur côté « une grande première dans l’histoire des partenariats et mécénats culturels ».

    Un musée national

    Pour la Ville, qui siège également au conseil d’administration du Mucem, « la Région et le Département transforment les subventions en outil de chantage politique », a réagi Samia Ghali, première adjointe (DVG) au maire de Marseille. Rappelant : « Soupçon contre un collège ? financement suspendu », elle estime que « ce n’est plus de la gestion publique, c’est de la punition idéologique ».

    Quant à Audrey Gatian, élue (PS) en charge de la politique de la Ville, elle préférait ironiser sur « un gros potentiel comique de la droite marseillaise », qui oublie que « le Mucem est musée national et dépend du ministère de la Culture ».

  • Les profs remplaçants inquiets de la refonte de leur dispositif

    Les profs remplaçants inquiets de la refonte de leur dispositif

    Nous ne voulons pas de cette fusion, elle dégradera les conditions de travail et la qualité du service public de l’éducation. » Devant la direction des services départementaux de l’Éducation nationale des Bouches-du-Rhône (DSDEN 13) à Marseille ce vendredi à midi, les syndicats de l’Éducation (FSU-SNUipp, CGT Éduc’action, Snudi-FO et SUD Éducation) font du bruit contre une refonte du système de remplacement sur le département.

    Un système qui fonctionne actuellement par brigade d’instituteurs qui remplacent les absents selon les besoins. « Avec la fusion, nous serons amenés à nous déplacer de façon accrue avec des difficultés à assurer une continuité pédagogique », dénonce Florence Bourdin, pour la FSU-SNUipp. Même raisonnement pour Franck Neff, du Snudi-FO : « Avec la fusion et la mutualisation des brigades, on est dans une logique de dégradation des conditions de travail. » Et la CGT Éduc’action dénonce « des conséquences pour les élèves surtout les plus précaires ». Le tout, avant une instance entre direction et représentants des personnels lors de laquelle l’ensemble des syndicats a voté contre le projet.

    Contacté, Jean-Yves Bessol, directeur académique des services de l’Éducation nationale (Dasen), maintient sa position et dit ne pas comprendre les inquiétudes syndicales : « On acte une zone de remplacement à un niveau départemental et on reste sur la gestion qui est celle que nous connaissons jusqu’à maintenant. Il n’y aura pas de changement pour les personnels concernés. »

  • Quand les parents s’acharnent à pousser leurs enfants

    Quand les parents s’acharnent à pousser leurs enfants

    Beaucoup trop de gens voient leur enfant comme un jackpot qui servira plus tard à payer la maison, la voiture… Et les conséquences sont catastrophiques. » Ces deux phrases sont sorties de la bouche d’Omar Keddadouche, président de l’ASC Vivaux-Sauvagère (10e), à Marseille. À la tête de la Ligue Méditerranée, Éric Borghini appuie ce propos : « C’est très difficile de devenir un joueur professionnel et donc de gagner beaucoup d’argent, parce que les parents ne voient qu’une chose, l’argent. La valeur suprême aujourd’hui, c’est l’argent. » Une envie de parents appelée communément « projet Mbappé », alliant réussites financière et professionnelle.

    Keddadouche a vu les tensions s’accumuler le long des rectangles verts et les parents sont en grande partie responsables. Une anecdote lui revient : « Il y a quelques années, j’ai inscrit mes moins de 6 ans au tournoi d’Allauch. À midi, le coach m’appelle en panique car des parents d’Allauch et de Plan-de-Cuques étaient en train de se bagarrer sur le terrain. Vidéos à l’appui. »

    Ce changement de mentalité au sein du foot amateur, Florent Benidriss le constate également depuis le club de Luynes, où il s’occupe des catégories U6 et U11. L’éducateur se plaint de voir de jeunes enfants avec la crainte de l’échec. « Le discours du coach passe parfois après celui des parents. Un petit rate une passe, il va regarder son père dans les tribunes. Certains enfants ont juste trop de pression », raconte-t-il, presque dépité. Les deux spécialistes du football amateur sont raccords sur le fait que tous les clubs sont confrontés à ce type de problèmes. Ils sont aussi en adéquation sur le rôle des parents : « Encourager et accompagner. » C’est tout. Savoir garder une distance est déjà un premier pas solide pour conserver ce vivre-ensemble.

    Une meilleure formation des éducateurs

    Pour cela, les éducateurs sont adeptes de la prévention. Groupes WhatsApp où seul le coach peut parler ou encore réunions avec consignes pour pères et mères, des pratiques désormais courantes pour conserver le calme autour des équipes d’enfants. « Les parents peuvent être le pire poison, ça peut être une horreur », raconte Florent Benidriss.

    Le district de Provence a mis en place, depuis cette année, l’obligation d’avoir un diplôme d’éducateur pour toutes personnes voulant entraîner des footballeurs en herbe. Ce qui permet d’avoir un personnel qualifié pour gérer le côté pelouse, mais aussi être pédagogue avec l’entourage de l’équipe. Keddadouche pointe aussi du doigt que « certains parents ne sont pas réalistes avec le talent de leur enfant, mais ils les poussent quand même »… Pour rappel, en France, seuls 10% des joueurs passés par un centre de formation deviennent professionnels. Un sacré écrémage.

  • La violence gangrène le football amateur

    La violence gangrène le football amateur

    Agressions entre joueurs, bagarres entre supporters, menaces envers un arbitre… Les violences et les incivilités sont devenues monnaie courante dans le monde du football amateur.

    Pas plus tard que le 26 octobre dernier, où la rencontre du 6e tour de Coupe de France entre Aubagne Air Bel (National) et le FC Avignon (Régional 2) a été interrompue à la 72e minute après des incidents entre supporters en tribune. Une affiche qui devait déjà se disputer la veille, mais qui a été décalée au lendemain en raison de craintes liées à la sécurité, notamment concernant le déplacement des supporters vauclusiens. La mère d’un joueur avignonnais, touchée lors des affrontements entre supporters et forces de l’ordre, a porté plainte contre le Sporting club Aubagne Air-Bel et la Ligue Méditerranée pour manquement à la sécurité.

    Chaque année, plus de 10 000 actes de violences sont enregistrés sur les terrains amateurs, selon l’Observatoire des comportements de la Fédération française de football. La barre des 12 000 a même été franchie pour la première fois l’an passé, soit une moyenne de 230 incidents chaque week-end. Ces débordements peuvent conduire jusqu’au retrait de l’agrément d’un club, synonyme d’arrêt des activités de l’association, comme l’a vécu celui d’Orange FC, dans le Vaucluse, au mois de janvier.

    « Depuis la saison sportive 2022-2023 (…), de nombreuses rencontres impliquant le club, ses supporteurs ou ses encadrants ont conduit à des actes de violence contre des équipes adverses ou des officiels », précisait le communiqué du préfet. Depuis, des dizaines d’enfants, passionnés par le ballon rond, se retrouvent punis et privés de leur sport favori. Entre temps, la Ville d’Orange a permis au Rugby Club Orangeois de récupérer le stade Marcel-Clapier.

    Menacés de mort

    De nouveaux dispositifs pour lutter contre ce phénomène vont être proposés, a annoncé la Ligue Méditerranée, le week-end dernier (lire ci-dessous).

    Parmi les acteurs victimes de ces violences et de ces incivilités, les arbitres sont de plus en plus pris pour cible sur les terrains. Plus de 100 agressions – insultes, menaces, intimidations, voire violences physiques – ont été signalées, à l’échelle nationale, après un mois de compétition seulement en début de saison 2024-2025.

    « Au-delà de ce qu’ils peuvent subir sur les terrains, on constate que de plus en plus d’arbitres sont pris à partie sur les réseaux sociaux, où ils sont critiqués après un match, avec des insultes à tout va et jusqu’à même recevoir des menaces de mort », déplore Lionel D’Antonio, président de la Commission départementale de l’arbitrage au District de Provence.

    « ça n’a jamais été simple, mais c’est devenu très compliqué d’arbitrer, parce qu’au-delà de la petite indemnité que chacun perçoit, il y va quand même des fois de notre intégrité physique. Il faut être fort mentalement pour continuer. » D’où la nécessité d’un nouvel arsenal dissuasif et préventif.

    « Il y va quand même des fois de notre intégrité physique »

  • Les salariés de Pamar obtiennent gain de cause

    Les salariés de Pamar obtiennent gain de cause

    Vous ne pouvez pas savoir comme l’on se sent. Cette victoire, c’est celle de deux ans de lutte. On était confiants, mais on restait discrets, on a défendu depuis le début une vérité. On avait confiance en ce que l’on disait, on avait des preuves concrètes, malgré notre angoisse », lâchait, soulagée, Khalathoumi Ibouroi au téléphone.

    Ce vendredi, la déléguée syndicale CGT de la blanchisserie, sous le giron du GIE Sainte-Marguerite, apprenait, comme une dizaine d’autres collègues, son retour en poste au sein de la blanchisserie, reconfirmée par la cour d’appel. Le rappel des salaires du mois de mai 2024 a également été ordonné pour les salariés concernés. L’UD CGT 13, intervenue dans la procédure, est en revanche déboutée.

    En toile de fond de ce conflit judiciaire : des menaces de mort, des tensions internes majeures et une série de défaillances de l’employeur quant à la prévention des risques psychosociaux. « Après le conseil des prud’hommes de Marseille, c’est au tour de la cour d’appel d’Aix-en-Provence de s’opposer aux licenciements des salariés et d’ordonner la réintégration de chaque salarié au sein de l’entreprise, a rappelé Me Steve Doudet, représentant des salariés de la blanchisserie. Les salariés doivent pouvoir désormais retrouver leur emploi dans des conditions qui assurent la préservation de leur vie et de leur santé (…). C’est une grande victoire et un immense soulagement pour les salariés, leurs familles et le syndicat CGT qui les soutient depuis deux ans. »

    Soit depuis le 19 décembre 2023, jour où une « dizaine de salariés a été victime de menaces de mort et de violences explicites sur le parking de l’entreprise par le mari d’une chef d’équipe », a précisé Me Doudet.

    Célébration prévue

    Dans la foulée, les salariés ont fait valoir leur droit de retrait. « Un droit de retrait transformé en conflit social », a estimé Me Nicolas François, avocat de la blanchisserie, au cours de l’audience en appel, en octobre. Le 22 mai 2024, l’employeur décidait de licencier ces mêmes employés pour « refus abusif de reprendre le poste ». Une justification jugée irrecevable par les prud’hommes, qui demandent alors la réintégration des travailleurs de la blanchisserie, avant que le GIE ne fasse appel de la décision.

    Entre la première audience en appel et la décision rendue ce vendredi, la procédure aura été longue pour les salariés de Pamar. L’audience avait notamment été renvoyée, à la demande de Me Doudet, alors qu’une enquête interne permettant d’évaluer les risques psychosociaux au sein de l’entreprise n’avait pas été réalisée en temps voulu. En parallèle, les mobilisations et piquets se sont poursuivis. Un dernier rassemblement, festif celui-ci, sera organisé ce vendredi 19 décembre, avenue de Boisbaudran, avant le retour au travail des mains de Pamar.

  • [Vidéo] 2 847 Nîmois prennent leur avenir en main

    [Vidéo] 2 847 Nîmois prennent leur avenir en main

    Au fil d’une présentation dense, les organisateurs ont mis en lumière les priorités exprimées par les Nîmois : une ville plus unie, où l’insécurité recule, où les jeunes trouvent leur place, où le logement et le cadre de vie redeviennent accessibles. Ce moment de restitution a permis de poser les premières pierres du projet que Vincent Bouget et les forces de gauche entendent porter en 2026, revendiquant un principe simple : partir de la parole des habitants pour refonder l’avenir de la ville.

    Avant même d’entrer dans le détail des résultats, les organisateurs ont rappelé ce qui avait conduit à cette restitution très attendue : avec 110 entretiens vidéos menés auprès de Nîmoises et de Nîmois représentatifs de la ville, puis prolongé par 30 projections-débats ayant réuni plus de 2 000 personnes. Ce cycle avait révélé un besoin profond : renouer le dialogue dans une ville où beaucoup disent manquer d’écoute.

    C’est pour répondre à cette demande qu’un questionnaire inédit avait été conçu, puis diffusé dès septembre dans tous les quartiers. Pendant trois mois, plusieurs centaines de membres du collectif ont sillonné marchés, parcs, arrêts de bus, pieds d’immeubles et halls d’immeubles pour aller chercher la parole là où elle se trouve, au plus près des habitants.

    À l’arrivée, 2 847 réponses ont été analysées -1 931 questionnaires papier et 917 numériques- formant un matériau statistique suffisamment robuste pour tirer des conclusions fines. Le profil des répondants reflétait une ville diverse : 58% de femmes, une forte représentation des 35-75 ans, des répondants plutôt « cadres » et « employés », et aussi des artisans-commerçants dans les contributions issues des entreprises. Surtout, la carte des réponses montrait que tous les quartiers de Nîmes avaient participé, des plus centraux aux plus périphériques, ce qui a permis d’établir un diagnostic précis des attentes, secteur par secteur, en amont des municipales de 2026.

    Retrouvez les résultats de cette enquête inédite dans l’édition papier ou numérique de La Marseillaise Hebdo d’Occitanie du vendredi 12 décembre.

  • Le Département ferme la maison d’enfants Bois Fleuri

    Le Département ferme la maison d’enfants Bois Fleuri

    Deux unités doivent fermer le 22 décembre. « Un choc. Surtout à la veille de Noël. On est presque tous ressortis en pleurs, même si on se sent soulagés que ce gros problème de management qu’on a tous subi a enfin été épinglé », confie un membre du CSE de Bois Fleuri, où une réunion a été convoquée en urgence, ce jeudi. Si les personnels, en dehors d’une mise à pied pour violence qui a déjà eu lieu, restent en place durant tout le temps de l’enquête en cours, les éducateurs se montrent très inquiets pour les enfants.

    « Les postes ont été maintenus sur la Mecs car il y a eu énormément de démissions », précise un éducateur. Actuellement 7 postes sont à pourvoir. Parmi les enfants, 8 sont concernés par la fermeture dans le groupe Interlude, l’unité des tout-petits, et 18 autres, âgés de 16 à 21 ans, du service autonomie, doivent quitter les logements en diffus où ils étaient placés. « Pour tous, c’est extrêmement déstabilisant. Pour certains des grands, c’est dramatique. L’un d’eux, âgé de 20 ans, s’est entendu dire qu’il fallait qu’il se trouve une solution car l’administration n’en avait pas. Comment peut-on le laisser à la rue un 22 décembre, alors qu’il est sans emploi et fragile psychologiquement ? »

    « Depuis mercredi, on a des doutes, car d’autres établissements qui accueillent les enfants adressés par la Protection de l’enfance ont appelé pour le transfert des petits », explique une autre éducatrice. Des faits extrêmement graves ont conduit à cette décision de fermeture en urgence, pour un mois renouvelable, mais la situation, « dénoncée depuis un an et demi » s’est progressivement dégradée, « sans qu’aucune véritable aide nous soit apportée », déplorent les éducateurs. Ils étaient plusieurs à alerter leur direction, dès l’été dernier, sur « les allocations versées aux adolescents et jeunes adultes en hébergement d’autonomie qui ne tombaient jamais à temps. Ils se retrouvaient sans nourriture », décrit la jeune femme. L’alerte donnée par les jeunes à leur inspectrice a fini par faire effet.

    En avril, une inspection de trois jours avait été diligentée par le conseil départemental des Bouches-du-Rhône (CD 13) au sein de l’Association. Au-delà d’une gestion calamiteuse, de mésententes entre la direction et ses équipes, la collectivité pointe « la multiplicité de signalements d’agressions sexuelles concernant plus d’une dizaine de mineurs sans que des dispositions n’aient été prises pour éloigner et protéger les mineurs concernés ». L’enquête suit son cours, précise le CD 13 (lire notre article du 21 novembre 2025).

    Si cette décision paraît « sans appel » aux personnels, ils s’interrogent sur le fait qu’elle arrive « si tard et si brutalement ». Selon eux, « une première enquête n’avait pas abouti sur les révélations de violences alors que huit salariés avaient témoigné contre l’encadrant maltraitant ». Et de regretter : « On dirait qu’ils ferment pour dire “on a agi”. »

    Des solutions d’urgence

    « Plutôt que de chercher des solutions, on cherche des coupables, c’est une perte de temps et d’énergie colossale, alors qu’il y a urgence », avait par ailleurs déploré les directeurs des plus importantes structures partenaires de la Protection de l’enfance. Réunis au sein du Collectif Alerte 13, ils ont lancé un SOS à la collectivité, le 20 novembre dernier, dressant un état des lieux très précaire dans un contexte de malaise général. « Nous sortons de négociations budgétaires violentes assorties de baisses drastiques de nos financements », avait dénoncé un directeur d’association. Leur conseil d’administration évoquait des faits tragiques : un garçon de 9 ans qui avait tenté d’en étrangler un autre de 4 ans avec une corde. Sortis de l’hôpital ils sont renvoyés dans leur structure d’accueil. « Au CD 13, on nous répond “débrouillez-vous”, mais comment protéger les autres enfants et sa petite victime quand on nous refuse un transfert ? Et comment le protéger de lui-même, il n’a que 9 ans ?  »

    « Le fruit d’années d’errance »

    « C’est le fruit d’années d’errance, de ces décentralisations qui ont amené depuis 30 ans a laissé la Protection de l’enfance aux Départements, sans assiettes compensatrices. Il s’est passé ça, mais les professionnels de Bois Fleury font leur travail, essaient d’accompagner au mieux, sans budget, en mode hyper-dégradé, des gosses qui sont très abîmés », réagit Valérie Marque, secrétaire de la CGT au Département, suite à l’arrêté de suspension de la Mecs (Maison d’enfants à caractère social). « Tous les agents du social et du médico-social, au vu du gouffre dans lequel ils se trouvent, sont en demande. Mais il y a une responsabilité de l’état. Quand on regarde l’impact du PLFSS (projet de loi de financement de la Sécurité sociale), on peut craindre un impact majeur sur le budget des collectivités territoriales », reprend la déléguée syndicale. « Les conseils départementaux sont exsangues. Ils font des choix, mais j’observe quand même une idéologie sous-jacente au niveau du Gouvernement, une idéologie de droite qui dit qu’un enfant est un produit qu’ils aimeraient ouvrir au privé et faire des marchés publics pour les grandes boîtes. »

    Dans la foulée des 13e Rencontres nationales du travail social en lutte, tenues mi-octobre à Marseille, trois jours de grève sont programmés les 16, 17 et 18 décembre. Ch.C.

    Question écrite à la Ministre

    Le député (l’Après) de Marseille, Hendrik Davi, a interpellé, dans une question écrite, la ministre de la Santé face aux dysfonctionnements constatés sur la protection de l’enfance dans les Bouches-du-Rhône : « Quelles évaluations ont été réalisées par le ministère sur la situation dans le département, quelles actions correctrices sont envisagées à court et moyen terme, et quelles garanties peuvent être apportées pour assurer une sécurité aux agents et aux mineurs, conforme aux obligations légales et aux besoins ? » interroge le député. Ch.C.