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  • [Entretien] Gérard Frau : « Si Martine Vassal refuse les Assises, nous les demanderons au préfet »

    [Entretien] Gérard Frau : « Si Martine Vassal refuse les Assises, nous les demanderons au préfet »

    La Marseillaise : Que vous inspire cette suspension de la Mecs de Bois Fleuri ?

    Gérard Frau : C’est une nouvelle alerte sur la protection de l’enfance sur laquelle on ne met pas les moyens. Votre journal révélait, il y a un mois, qu’elle avait été mis sous tutelle. Mais pourquoi ? Parce que ces associations doivent avoir les financements adaptés à leur action. Et aujourd’hui, malheureusement, qu’elles gèrent des structures, qu’elles soient comme la Sauvegarde dans l’action éducative en Milieu Ouvert, elles voient leurs moyens se réduire. Si on ne donne pas les moyens à ceux qui sont au cœur des difficultés, d’accueillir les enfants et de les protéger, forcément ça se passe mal.

    Vous pointez évidemment les orientations du Département ?

    G.F. : C’est une question budgétaire, mais c’est surtout une volonté politique, car le budget d’une collectivité reflète sa politique. Il faut que la présidente du conseil départemental et son exécutif se rendent compte que la protection de l’enfance est au cœur de leur mission. Les associations se sont regroupées en collectif car elles ont reçu une lettre leur signifiant que, d’un coup, l’accueil d’enfant passait de 50 à 30 euros.

    Vous rappelez aussi le rôle de l’État ?

    G.F. : Oui, c’est à la fois une compétence du Département, mais aussi une action interministérielle. L’État ne peut pas se dédouaner de la question. Dans l’accompagnement des enfants en danger, il intervient avec les Agence régionales de santé (ARS) ou la justice, qui ordonne les placements. L’État doit renforcer l’ensemble de la politique de protection de l’enfance. Il n’y a pas que les Bouches-du-Rhône, partout en France, des éducateurs disent que parfois, il vaudrait mieux laisser l’enfant en danger dans sa famille plutôt que l’accueillir en foyer, tant ça s’y passe mal. Le constat est terrible. L’État est défaillant. Ils sont en danger partout.

    Vous avez rencontré récemment les associations. Elles disent quoi ?

    G.F. : Déjà, le collectif s’est créé parce que les associations sont si dépendantes du Département qu’elles ne voulaient pas apparaître individuellement. ça situe le rapports avec ces structures qu’il a labellisé. Il y avait des professionnels et des bénévoles qui nous ont dit qu’ils n’y arrivent plus, qu’il n’y a plus de sens, qu’ils sont à bout de souffle, avec des injonctions qui mettent fin à un travail mené depuis des mois…

    Vous continuez de réclamer des Assises de la protection de l’enfance ?

    G.F. : Nous interpellons la Présidente, pas depuis six mois et ces affaires de prostitution, mais depuis quatre – cinq ans pour ces Assises de la protection de l’enfance. Nous les demandons pour mettre autour de la table l’ensemble des acteurs : État, familles, structures associatives, syndicats, professionnels, ARS, justice… Martine Vassal ne peut pas y échapper. On ne peut pas nous dire « vous agitez le chiffon rouge », le constat est réel. Ce vendredi, en séance publique, nous les demanderons une dernière fois, ces Assises. Si Martine Vassale les refuse, nous demanderons au préfet de les organiser. Tout le monde a besoin de parler et peut avoir des solutions qui ne sont pas que financières. Il faut aller de l’avant. On ne peut pas laisser les enfants comme ça. Tous les trois jours, un enfant meurt sous les coups de ses parents ou d’une famille plus élargie.

  • Marcel Dib, un cœur partagé entre l’AS Monaco et l’OM

    Marcel Dib, un cœur partagé entre l’AS Monaco et l’OM

    L’affiche de la 16e journée de Ligue 1 entre l’OM et l’AS Monaco, dimanche soir, va lui rappeler de mémorables souvenirs. Marcel Dib, milieu de terrain relayeur, l’un des meilleurs de sa génération, fait partie des 66 joueurs à avoir évolué dans les deux camps.

    Le minot de Marseille, formé à l’US Michelis et à l’USL Premier Canton, a d’abord évolué au sein du club princier, à partir de 1985, après quatre saisons au Sporting Club Toulon. « Ce n’était pas forcément la joie mes premières années à Monaco », lance-t-il, sous les ordres de Lucien Muller, puis du légendaire entraîneur roumain Stefan Kovacs, avant de connaître le déclic avec l’arrivée du jeune Arsène Wenger à la tête de la formation monégasque.

    Le technicien alsacien, qui débarquait des Chardons de l’AS Nancy-Lorraine, avait déjà des principes bien à lui. « Il a toujours aimé jouer dans son 4-4-2 ou dans son 4-3-3, dans une défense à plat. Il aimait avoir de bons jeunes et les lancer avec des joueurs d’expérience. Il a toujours maîtrisé son groupe en entraînement. Il y avait de la discipline, mais il laissait de la liberté aux anciens. Il avait confiance en ses joueurs, sans mettre trop de pression », développe Marcel Dib, persuadé que la rigueur de Wenger a permis au club du Rocher de remporter le championnat de France 1988, puis la Coupe de France 1991, avant d’être finaliste de la Coupe d’Europe des vainqueurs de coupe face au Werder Brême, l’année suivante. « Il y a eu beaucoup de grands joueurs à cette époque-là », insiste le milieu marseillais, en pensant notamment à la puissance et au talent de buteur du Roi George, père de l’actuel latéral olympien Timothy Weah. « ça a permis de créer une rivalité entre nous et les joueurs de l’OM qui formaient l’ossature de l’équipe de France », ajoute l’homme aux six sélections en Bleus.

    Le sauveur du Boss

    En 1993, Marcel Dib a quitté le club princier afin de rejoindre les Girondins de Bordeaux. Après une saison aux côtés des jeunes Christophe Dugarry, Bixente Lizarazu et surtout Zinédine Zidane, le milieu de terrain a répondu favorablement à l’appel du « Boss », Bernard Tapie, pour tenter de réaliser « ce que beaucoup pensaient impossible » : remonter l’OM en Première division suite à la célèbre affaire VA-OM.

    « Franchement, j’ai hésité, avoue celui qui portera le brassard de capitaine. Je me suis demandé si je pouvais, à 34 ans, réaliser ce challenge. Je me suis impressionné moi-même d’avoir fait tous ces matches sans être blessé. Mais on y est parvenus, alors que le club était en plein dépôt de bilan au terme d’une affaire qui a secoué le monde du football et que les huissiers venaient dans les vestiaires », poursuit-il, avec le souvenir du dernier match de la saison 1995-1996 face à Sochaux. « Ce jour-là, j’ai sans doute vécu un rêve », glisse Dib. « Les Minots avaient réalisé quelque chose de grand, mais, nous, on a accompli un exploit que personne ne pouvait s’imaginer. »

    François Letexier au sifflet d’OM – Monaco

    Dernière ligne droite pour l’OM dans cette année civile 2025, avant de se déplacer à Bourg-en-Bresse pour disputer le 32e de finale de la Coupe de France, le 21 décembre. Les protégés de Roberto De Zerbi vont recevoir l’AS Monaco, dimanche (à 20h45), pour le compte de la 16e journée de Ligue 1. Ce match permettrait aux Olympiens, en cas de victoire ou si Lille craque à Auxerre, de conforter leur troisième place en Ligue 1. François Letexier, arbitre expérimenté du championnat de France, sera au sifflet de cette rencontre face aux Monégasques. Une décision qui fait débat, puisqu’il avait arbitré le Classico OM-PSG en octobre 2024 et avait expulsé l’international marocain Amine Harit pour un pied haut sur le défenseur brésilien Marquinhos.

  • Rugby : les Aixois veulent finir l’année en beauté à domicile

    Rugby : les Aixois veulent finir l’année en beauté à domicile

    Derniers moments de rugby, en 2025, à Aix-en-Provence. Provence Rugby reçoit dans son stade Maurice-David, Béziers, végétant aux portes de la zone de relégation depuis de nombreuses semaines. Face à un mal classé, ce vendredi à 19h30, les Aixois ont l’occasion de poursuivre leur série à domicile. Seule la défaite, début septembre, contre Valence-Romans, est venue entacher un bilan parfait sur l’année civile. Un seul revers face aux Drômois, mais l’antre d’environ 8 000 places est donc une forteresse imprenable, aussi car les joueurs provençaux se donnent les moyens de la protéger. « Si on n’est pas prêt, on peut se faire surprendre, donc on essaie de respecter tout le monde, on essaie de bien travailler avec les joueurs sur cet aspect psychologique. On respecte tout le monde, la Pro D2, elle est compliquée, elle est même ennuyeuse », appuie l’entraîneur des arrières, Julien Dupuy.

    Face aux Biterrois, Provence Rugby souhaite aussi retrouver rapidement le goût de la victoire. Si, sur le synthétique de Maurice-David, tout roule pour les hommes de Philippe Saint-André, ces derniers restent sur une défaite la semaine dernière. C’était à Agen, après des dernières minutes manquées, qui ont frustré le groupe (23-27). Avec Béziers, les Provençaux savent à quoi s’attendre. « Ça va être ultra-agressif, c’est une équipe qui est malgré tout très joueuse. Il n’y aura pas de surprise, si on n’est pas prêt, on va se faire bousculer, c’est clair. Il va falloir être entreprenant, qu’on maîtrise les choses », explique Dupuy.

    Piazzoli signe son retour

    Béziers adversaire joueur, agressif, dur sur l’homme, mais donc positionné en bas de classement. Le mal est encore plus profond à l’extérieur pour les Héraultais. Le bilan est simple : six matches joués, aucune victoire et aucun point de bonus défensif gratté en voyage. Les Aixois savent très bien qu’ils doivent garder leur humilité et leur sérieux pour faire le plein d’un point de vue comptable. Surtout qu’ils peuvent compter sur un retour, un absent de longue date. Guillaume Piazzoli a été exclu en fin de match contre Biarritz (le 13 septembre) et a été suspendu dix semaines par la commission de discipline. Le troisième ligne est titulaire, ce vendredi. Un renfort considérable, alors que le capitaine Teimana Harrison sera absent jusqu’au mois de janvier. Le Néo-Zélandais s’est déchiré le mollet contre Carcassonne et va passer les fêtes hors des terrains. Provence Rugby a donc l’objectif de soigner sa sortie et rester agrippé à la tête du tableau de Pro D2.

    PROVENCE – BÉZIERS

    14e journée de Pro D2

    Stade Maurice-David (19h30)

    Arbitre : Hugo Dutreuilh

    PROVENCE : Drouet – Lapegue, Lenoir, Colombet, Bituniyata – Muntz, Coville – Gambini, Jalagonia, Piazzoli – Rodda, Zafra – Hawkes, Pifeleti, Wegrzyn.

    ZIERS : Anon – Vassalo, Recor, Masiwini, Tuimaba – Aubry, Gomes – Ancely, Koen, Van Bost – Gayraud, Benoy – Judge, Boulassel, El Maslouhi.

  • Le Noël de la culture déploie ses bonnes feuilles à La Marseillaise

    Le Noël de la culture déploie ses bonnes feuilles à La Marseillaise

    Pour quiconque se dit « progressiste », c’est l’endroit idéal pour faire des cadeaux à l’approche de Noël. Au lieu d’acheter une bouteille d’alcool frelaté ou quelconque autre présent qui finira au fond du placard, pourquoi ne pas venir, vendredi et samedi, à l’espace des anciennes rotatives de La Marseillaise, 17 cours d’Estienne-d’Orves, afin d’y dénicher un beau livre ? Parmi la liste des nombreuses références en vente lors du Noël de la culture, initié par la fédération des Bouches-du-Rhône du PCF, des essais qui éclairent l’actualité à la lueur de l’histoire tels que Les irresponsables : qui a porté Hitler au pouvoir ? de Johann Chapoutot ou encore Gaza, génocide annoncé : un tournant dans l’histoire mondiale de Gilbert Achcar.

    Rendez-vous est donné au public vendredi 12 décembre dès 16h30 pour l’ouverture des portes du Noël de la culture. Avant tout, un marché aux livres, mais aussi un espace de rencontres et d’échanges avec certains auteurs. Ce jour-là, à 18h, l’historien Guillaume Roubaud-Quashie viendra présenter Haro sur les Jacobins ! Essai sur un mythe politique français : XVIIIe-XXIe siècle. Écrit avec Côme Simien, un ouvrage qui recontextualise l’histoire des Jacobins, qui « vaut mieux que les caricatures qui en sont faites. Les révolutionnaires d’aujourd’hui ont toujours intérêt à connaître les révolutionnaires d’hier », rappelait-il à La Marseillaise il y a quelques mois.

    « Cet enrichissement collectif est une façon de contrecarrer l’info nauséabonde dans les grands médias », estime Pierrette Forest, parmi les chevilles ouvrières du Noël de la culture. Avant que sa camarade Micheline Abours ne développe le menu de samedi, à partir de 10h30 : « L’après-midi, des auteurs sont invités à participer à une rencontre-débat autour du polar marseillais : Gilles Del Pappas, Maurice Gouiran, Florence Bremier, Jean-Paul Delfino ou Pierre Dharréville. » La présence d’autres auteurs comme Martine Gaertner, Bernard Ghirardi, Edmond Purguette, Robert Rossi, Marine Saint-Persan, Laetitia Vivaldi est également annoncée.

  • Un Grand Chœur va faire revivre cent ans du Comoedia

    Un Grand Chœur va faire revivre cent ans du Comoedia

    L’anniversaire du centenaire promet d’être haut en couleurs. Inauguré le 11 novembre 1925, cours Foch, ce théâtre d’abord privé, construit à l’initiative « de trois entrepreneurs », relate Jérôme Leleu, l’actuel directeur du Comoedia ; est ensuite devenu municipal. Parmi les particularités architecturales de ce théâtre à l’italienne tendu de velours rubis, « son plateau en forme de triangle. On y fait rentrer les décors au chausse-pied », s’amuse le directeur. Au-delà de l’aspect physique du centenaire, Le Grand Choeur*, à l’affiche les 13 et 14 décembre, va faire vivre au public ce que le Comoedia a vécu durant cent ans… Sur scène ce week-end, l’hommage à Félix Mayol, le chansonnier toulonnais, grande vedette des années vingt, va étonner le public avec ses chansons drôles. À ses côtés, un tourbillon de grands artistes, qui se sont produits sur cette scène, vont être incarnés par les comédiens : « Maurice Chevalier, Marcel Pagnol, Louis Jouvet, Marguerite Duras, Marcel Maréchal, Raymond Devos, Maxime Le Forestier, Galabru, Laurent Terzieff… », énumère Jérôme Leleu. En poste depuis fin 2022, le directeur du Comoedia lui-même va devenir un personnage du spectacle.

    Un public exigeant

    Metteur en scène, comédien et créateur de spectacles, le Marseillais Philippe Le Car, à la tête de l’Agence de Voyages Imaginaires « a écrit le spectacle sur la base de documents d’archives. Celles-ci ont été mises à disposition par Sandra Rouqueirol, directrice du service archives et patrimoine de la Ville d’Aubagne. Il a également recueilli les témoignages d’anciens membres des équipes du théâtre, questionnés sur leur façon de travailler, leurs souvenirs… », expose Jérôme Leleu. « Café-concert, musique, clown, burlesque, chanson, extraits de pièces classiques, d’œuvres de Marcel Pagnol… Le Grand Chœur va donner à vivre toutes les esthétiques du théâtre… », promet le directeur du Comoedia. À la question : « En cent ans, la manière de faire du théâtre a-t-elle changé ? », il répond : « On s’est orienté vers un jeu plus naturaliste, notamment dans la façon d’aborder les classiques. » On ne joue plus au théâtre comme la singulière Sarah Bernhardt… Mais sinon, l’objectif est toujours le même, soutient Jérôme Leleu. « Au théâtre, on veut toucher au cœur Créer l’émotion. Le théâtre est le miroir de l’humanité. Il a tout son sens dans ce qu’il nous renvoie de nous-même », poursuit-il. Quant au Comoedia lui-même, qui aujourd’hui travaille avec une équipe de dix personnes, propose 65 spectacles et 80 levers de rideau par saison (septembre à juin) pour 22 000 billets vendus, « les Aubagnais y sont très attachés », souligne le directeur. Il confie : « Quand j’ai rencontré son public pour la première fois, il m’a demandé avec insistance qu’il y ait de bons spectacles, et que je ne les déçoive pas… »

    * À 20h le 13, à 18h le 14.
    Tarifs
     : 4 à 15 euros. Réservations : 04.42.18.19.88.

  • Le Département de Vaucluse s’en tire à bon compte pour son budget

    Le Département de Vaucluse s’en tire à bon compte pour son budget

    Même le préfet applaudit. « Vous avez remarqué le changement de ton de la présidente [du Département] cette année ? Elle donne un bel exemple de la bonne gestion des finances publiques », félicite Thierry Suquet. Il y a une semaine, le préfet était interrogé sur les baisses de dotation de l’État aux collectivités et, tout en s’inscrivant en faux, n’a pas manqué de pointer l’évolution de Dominique Santoni (LR) d’une année sur l’autre. Quand l’an dernier, la présidente clamait « que l’État dans son rôle de partenaire financier, n’a pas su être fiable », cette fois-ci, au moment de voter ce vendredi en ouverture de la séance plénière le budget 2026, elle préfère retenir la bonne santé financière de la collectivité.

    « Nos indicateurs financiers restent globalement positifs et solides », soulignait Dominique Santoni il y a trois semaines au moment du rapport d’orientations budgétaires. Le budget primitif – à 791 millions d’euros, +3% sur un an – s’inscrit dans cette veine. Il prévoit 20 millions d’euros de recettes en plus, des dépenses de fonctionnement quasi stables (+1,3%), des investissements en hausse (132 millions d’euros, dont la moitié pour des chantiers de voirie) et une dette en retrait (-9,4% à 145 millions d’euros). Oubliés donc les 13 millions d’euros d’économies qu’il a fallu trouver en 2025.

    Si le Vaucluse parvient à garder ses grands équilibres, c’est au prix de deux sources d’économies : le personnel et l’insertion. Poste important de dépenses (154,2 millions d’euros par an), la ligne budgétaire des salaires des agents prévoit de rester stable. Et ce malgré toutes les évolutions mécaniques des salaires et cotisations. Ce qui induit une réduction du nombre de personnel. Autre forte dépense en recul, l’insertion
    (-7,2% à 95 millions d’euros) à savoir très majoritairement le RSA, dont le nombre d’allocataires diminue, passant sous la barre des 10 000. La majorité met ce résultat sur le compte de sa politique de retour à l’emploi, quand l’opposition de gauche émet de fortes réserves.

    À l’inverse, l’aide sociale progresse de 5% et demeure le plus gros chapitre budgétaire (258 millions d’euros). À destination notamment de l’aide sociale à l’enfance (ASE) – lire aussi pages 2 et 3 -, « une boussole collective », se défend Dominique Santoni, qui a récupéré la délégation de la protection de l’enfance alors que le Vaucluse voit le nombre d’enfants confiés augmenter.

  • Plus d’une tonne de légumes donnés à Avignon pour ne pas les jeter

    Plus d’une tonne de légumes donnés à Avignon pour ne pas les jeter

    Devant la préfecture de Vaucluse, ce mercredi 10 décembre en milieu de matinée, un long camion rempli de dizaines de cagettes de mâche est déchargé par une demi-douzaine de bénévoles d’associations diverses du territoire avignonnais. « On donne pour ne pas jeter », lâche avec dépit Sylvain Bernard, secrétaire général de la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles de Vaucluse (FDSEA 84).

    Au total, 500 kilos de mâche, 200 de céleri, de blettes et de butternuts ont ainsi été donnés aux Restos du Cœur de Sorgues et à l’épicerie solidaire de Châteaurenard.

    Car chaque semaine, « on en jette au moins dix fois plus par exploitation », assure un exploitant de Pernes-les-Fontaines, gilet sans manches des Jeunes agriculteurs sur les épaules. « On comprend que les gens achètent le moins cher, bien sûr. Surtout quand on voit que ça passe du simple au double. Mais de notre côté, on est obligés de tout broyer. C’est comme ça chez tout le monde. Qui peut travailler dans ces conditions ? », s’interroge son confrère dans la même tenue. « C’est de la belle marchandise, et au lieu de la jeter, c’est formidable de pouvoir en proposer à nos bénéficiaires. Car on en manque en ce moment », témoigne Claude, bénévole pour Les Paniers solidaires, épicerie sociale basée à Châteaurenard (Bouches-du-Rhône). « Il faudrait mettre un système en place pour pouvoir récupérer tout ça dès qu’ils doivent jeter quelque chose. Car on est très demandeurs de ces produits et on peut se déplacer sans aucun problème », insiste Vincent Rodrigue, bénévole « à la ramasse » des produits pour les Restos du Cœur de l’Isle-sur-la-Sorgue, tout en tentant de faire rentrer toutes les cagettes dans son camion tel un Tetris de verdure. D’autant qu’il affirme qu’il y a « de plus en plus d’inscrits » aux distributions alimentaires, avec aujourd’hui 210 familles accompagnées. « Surtout beaucoup de jeunes », ajoute-t-il tristement.

    Moins de consommation

    Une action qui a été organisée par la FDSEA de Vaucluse, car confrontés « à un surplus de production et à des difficultés de mise en marché », précise le syndicat dans un communiqué publié sur ses réseaux sociaux. « Les magasins nous disent qu’il n’y a plus de consommation. Et dans le même temps, ils mettent des produits étrangers moitié moins chers que les nôtres. Et ce alors que la différence quand eux les achètent est bien moindre. Ils profitent du fait que c’est produit en France pour se remplir les poches », poursuit Sylvain Bernard. « D’autant qu’avec la loi anti-gaspi, on est hors-la-loi avec tout ce que l’on jette. Déjà qu’on est assaillis par des normes sans commune mesure avec celles des autres pays », abonde Philippe Bon, vice-président de la FDSEA de Vaucluse.

  • À gauche, la méthode de l’unité fait des déçus qui veulent peser à Avignon

    À gauche, la méthode de l’unité fait des déçus qui veulent peser à Avignon

    Ils ne veulent surtout pas être considérés comme un nouveau caillou dans la chaussure gauche de l’union en vue des municipales (15 et 22 mars), mais plutôt comme une pierre supplémentaire à l’édifice du rassemblement. Après un premier galop d’essai il y a un bon mois sur l’éducation et la jeunesse, un autre mouvement se structure à gauche sous l’impulsion notamment de Génération.s, du PCF et de Zinèbe Haddaoui, adjointe (PS) aux sports et ex-candidate en interne à la primaire socialiste face à David Fournier. Baptisée depuis peu Avignon collectif, la structure organisait, ce jeudi soir à la maison commune Nord, une réunion publique sur les sécurités et le social, sous la forme d’ateliers.

    « On ne peut pas regarder cette gauche nous amener dans une ornière avec une politique à l’ancienne, guidée par des logiques d’appareil et de revanche », pose l’artiste Thomas Pitiot en introduction de la soirée, qui a réuni quelque 150 personnes. Manière de laisser entendre que David Fournier, candidat a priori le plus naturel, n’a pas adopté la meilleure stratégie pour rassembler en se dotant notamment de ralliements rapides de partis ou personnes qui ne sont pas actuellement dans la majorité (Les Écologistes, Farid Faryssy). Le tout au détriment du fond et du projet. « Les ponts ne sont coupés avec personne, mais on pense être un poids important et faire la bascule en apportant du renouveau », glisse un participant. Dans la salle, outre les représentants politiques et adjoints Éric Deshayes (Génération.s) et Julien De Benito (PCF), on y croise de nombreux militants associatifs et syndicaux. Pas de Mathilde Louvain, tête de liste LFI, cette fois. « On a besoin de vous ce soir en étant dans la consultation citoyenne », introduit Farida Mebarek (Génération.s).

    Un autre rendez-vous annoncé pour mi-janvier

    Loin d’un grand meeting vertical, la soirée se voulait participative et même artistique avec des pauses musicales ou du Victor Hugo déclamé. Un débat mouvant s’installe même. On demande aux gens de se placer côté pour ou contre aux questions suivantes : est-ce qu’il fait bon vivre à Avignon et est-ce que vous êtes assez écoutés ? Fort heureusement pour le bilan de 12 ans de Cécile Helle, une grande majorité de pour se manifeste. Mais avec des bémols. « Il faisait bon vivre il y a quelques années quand les jeunes ne mourraient pas sous les tirs de kalach’ », témoigne un homme âgé. « On est écouté, mais jamais entendus », déplore une maman.

    S’en suit des ateliers sur le logement, la santé, l’espace public, le social au sens large. Ça phosphore sur des papiers repositionnables. « On vous invitera à retravailler », promet Éric Deshayes. Ce n’est évidemment pas ce jeudi soir que la traduction politique des idées exposées est tranchée. Une troisième réunion devrait avoir lieu mi-janvier sur l’économie.

  • Aix-en-Provence : la contestation interne de LFI échoue devant le juge

    Aix-en-Provence : la contestation interne de LFI échoue devant le juge

    Quarante militants de LFI ont assigné en justice le mouvement de gauche, informait La Provence dans son édition de ce jeudi 11 décembre. En cause, selon eux, le non respect du règlement en vue de la désignation des candidats choisis pour représenter LFI aux élections municipales 2026, à Aix.

    Le 25 octobre dernier, lors d’une assemblée municipale tenue rue Voltaire, des militants de divers groupes d’actions rapportaient une « reprise » illégitime, à leurs yeux, de la réunion par le correspondant départemental de LFI pour les municipales, Axel Bruneau. Ce même jour, les militants, rapportaient des faits de violences et d’exclusions arbitraires présumées. Jour où, justement, les candidats du parti auraient du être désignés de manière unanime, sans vote obligatoire.

    Ces arguments ont été présentés au tribunal judiciaire d’Aix-en-Provence, le 1er décembre, quatre jours seulement avant la désignation de Julie Boronad et Guillaume Dalla Costa pour mener la liste du mouvement aux municipales.

    « On se réserve le droit

    de faire appel »

    Pourtant, les militants, représentés par Me Paul Le Gall, n’ont pas obtenu gain de cause, ce jeudi. « La décision ne nous a pas été favorable, le juge a rejeté notre demande. Mes clients se réservent le droit de former appel de cette décision. Ils sont quarante à cette heure-ci, nous n’avons pas de mandat et ils attendent de se compter pour savoir ce qu’ils font, explique Me Le Gall.

    « En deux mots, il y a un règlement intérieur du 11 août 2025 qui fixe les conditions d’élections. Nous estimions que ce règlement avait été violé, mais la décision n’en parle pas. Elle considère que les deux députés, au nom desquels la direction de LFI a indiqué reprendre l’organisation et la tenue de l’assemblée, sont fondés à intervenir dans le processus et reprendre la direction. Ces députés sont des Bouches-du-Rhône certes, mais de la 4e [Manuel Bompard, Ndlr.] et la 7e circonscription [Sébastien Delogu, Ndlr.] qui sont à Marseille et n’ont aucune compétence sur Aix-en-Provence. Elle a considéré que le comité électoral de LFI était compétent, or, il intervient pour valider les élections et régler les cas de conflit. Il y aurait conflit d’intérêt s’ils pouvaient à la fois faire l’élection, décider si elle est valable et trancher des conflits », ajoute l’avocat des militants.

    Concernant les exclusions, il n’y aurait « pas un mot sur les droits de la défense et la magistrate a considéré que la direction pouvait alors exclure comme elle souhaitait », poursuit Me Le Gall.

  • Nicolas Koukas en campagne pour « un mandat de la proximité » à Arles

    Nicolas Koukas en campagne pour « un mandat de la proximité » à Arles

    « On rentre dans le vif du sujet. » Baptiste Guéri, de l’équipe de campagne de Nicolas Koukas (PCF), ne croit pas si bien dire, alors que la tête de liste de l’Union pour Arles a lancé la campagne, jeudi soir, dans l’école André-Franck de Trinquetaille avec plus de 200 participants annoncés.

    La participation est justement l’un des enjeux majeurs développés par l’équipe de l’Union pour Arles. Le directeur de campagne, Jean-Frédéric Déjean, a introduit cette aventure comme « n’appartenant pas à une tête de liste, ni aux partis, ni à personne, mais à chaque participant ». Nicolas Koukas a répété que « les Arlésiens en ont assez que des décisions soient imposées sans concertation », à l’image du contournement autoroutier d’Arles, pour lequel il réitère sa proposition de consultation citoyenne.

    Même constat dans les quartiers. Comme à Barriol, où cet habitant conteste un programme immobilier : « On veut un square et du vert, plus de béton ni de grands immeubles qui nous ont été imposés sans concertation. » « On ne peut pas passer en force comme ça », lui répond le candidat.

    Une charte d’engagement

    Au-delà de la consultation, le candidat insiste sur la proximité et la démocratie participative. « Les gens veulent discuter, échanger, voir leurs élus en physique », insiste la tête de liste. C’est sur ce fondement que Nicolas Koukas annonce de premières mesures. « Nous réouvrirons des mairies annexes pour renforcer notre présence dans tous les quartiers, hameaux et villages » de même que « nous demanderons à nos élus d’être présents et de tenir une permanence chaque semaine ». Pour ce faire, le candidat souhaite également « une charte de déontologie et d’engagement des élus avec présence obligatoire dans les quartiers ».

    Un volet financier est prévu à ce sujet. Nicolas Koukas propose de construire « un budget participatif avec les habitants », dont la participation serait « organisée sous forme de conseil de quartier ». « Ce sont les quartiers les plus difficiles qui ont été abandonnés, il leur faut une enveloppe à la hauteur des enjeux », souligne le candidat, en réaction à une habitante évoquant la perte de subventions pour de nombreuses associations.

    Pour le financement, l’équipe vise notamment les fonds européens.