Author: tecnavia

  • Ces restaurateurs « dog friendly » qui accueillent les chiens dans l’Hérault

    Ces restaurateurs « dog friendly » qui accueillent les chiens dans l’Hérault

    La période estivale rime souvent avec abandon d’animaux. C’est pourquoi la Société protectrice des animaux (SPA) est particulièrement impliquée durant l’été. Dans l’Hérault, elle a signé un partenariat avec l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie 34 (Umih 34) et ACM Communication pour lancer un sticker « dog-friendly », ami des chiens en Français. Ainsi, les restaurateurs qui le souhaitent peuvent afficher ce sticker sur leur devanture pour indiquer aux propriétaires que leurs compagnons à quatre pattes sont les bienvenus dans l’établissement.

    « C’est toujours embêtant pour les propriétaires de rentrer dans les restaurants pour demander si les chiens sont acceptés. Nous avions eu des remarques sur ce sujet. Johnny, qui travaille avec nous, a eu l’idée d’un logo sur leur établissement pour signifier que les restaurateurs acceptent les chiens. On sait que dans ces endroits, les chiens seront bien accueillis et qu’on leur proposera une gamelle avec de l’eau. Les premiers retours que l’on a sont très positifs », explique Annie Benezech, directrice de la SPA de Montpellier.

    Favoriser les dons

    Pour l’instant, ce dispositif est en phase d’essai dans le département où plus de 40 restaurateurs ont rejoint le mouvement. « Nous avons des appels de restaurateurs qui veulent participer à l’opération. Pour l’instant, c’est l’Umih qui se charge d’envoyer les autocollants. Ça va faire boule de neige parce que j’ai aussi eu des appels de sandwicheries. Puis les cafés vont aussi vouloir le faire. C’est peut-être utopique mais on se dit qu’en facilitant la vie des propriétaires de chiens, il y aura moins d’abandons », prévient Annie Benezech.

    L’association, qui alerte tous les ans sur la hausse des abandons d’animaux et la baisse des adoptions, manque aussi de moyens pour s’occuper de tous ces animaux sans famille. C’est pourquoi les restaurateurs partenaires proposeront aussi à chaque client d’effectuer un don à la SPA en arrondissant les sommes de la note.

    « Ça permet aux gens de ne jamais oublier que plein d’animaux sont abandonnés. C’est bien que les gens qui aiment les animaux puissent participer au bien-être de ceux qui n’ont pas la chance d’avoir une famille », conclut Annie Benezech.

  • Vassal officialise sa candidature, à droite toute

    Vassal officialise sa candidature, à droite toute

    C’était un secret de polichinelle qu’elle a dissipé samedi 13 septembre : la présidente de la Métropole et du Département, Martine Vassal, est officiellement candidate à la Mairie de Marseille. « C’est un jour particulier. Il y a six ans, je me lançais dans la campagne des municipales. Mais les choses étaient bien différentes à l’époque. Car l’union, nous l’avons aujourd’hui », lance-t-elle, dans l’espace de restauration cossu et bondé des Halles de la Major, à la Joliette. Elle avait alors échoué et vu les voix de la droite se disperser façon puzzle entre sa candidature LR, la liste du dissident Bruno Gilles et celle des macronistes menée par Yvon Berland.

    Cette prise de parole destinée à solder la journée de discussions et meeting organisée par le collectif de « droite et du centre » Une génération pour Marseille, est également l’occasion d’ « apporter des propositions » à leurs travaux. Parmi celles-ci, « le rétablissement de l’arrêt anti mendicité, des peines plancher, de la vidéo protection. La ville est souillée par des gens qui ne respectent rien », vitupère Martine Vassal, l’actuel maire de Marseille soutenu par une coalition de gauche, Benoît Payan, constamment dans son viseur.

    À ses côtés, plusieurs figures politiques locales comme la sénatrice LR Valérie Boyer ou l’ancienne députée et secrétaire d’État macroniste Sabrina Agresti-Roubache. Et évidemment, le président de la Région Provence-Alpes-Côte d’azur et délégué régional de Renaissance, Renaud Muselier. « Si on veut gagner, il nous faut une incarnation », s’était-il réjoui quelques minutes avant l’annonce, visiblement soulagé d’un poids. « Nous avions la nécessité de fédérer et éviter les erreurs qu’on a pu commettre dans le passé. On ne peut gagner que si on additionne », annonce ce briscard de la politique, juste après avoir salué son « frère, Bruno Gilles », ajusté Benoît Payan, « un maire non élu » qu’il juge encore coupable de « féminicide politique » envers Michèle Rubirola.

    À six mois du premier tour des élections municipales, la droite tente de mobiliser ses troupes pour « reconquérir Marseille », « tous unis sous les mêmes couleurs », slogans gimmicks d’une soirée au cours de laquelle la secrétaire générale du collectif Une génération pour Marseille, Sandra Blanchard, éructe devant les militants : « on a une putain de rage de gagner, on va les massacrer ».

    Grand écart ou salto ?

    La défaite aux élections municipales 2020 reste un traumatisme pour la droite locale, ville dont la gestion lui avait été retirée par les habitants après un quart de siècle de règne de Jean-Claude Gaudin, ce mentor et matamore de plusieurs générations d’élus de son camp, dont une bonne partie dans la salle.

    Au milieu de ce nuancier des droites et de ses soutiens, auquel manque encore Frédéric Collart, conseiller départemental issu de la majorité de Martine Vassal et candidat déclaré à la Mairie, l’ancien député des quartiers Nord, Saïd Ahamada est dans le public. La marque d’un soutien à Martine Vassal ? « Je viens en tant que spectateur », expose celui qui fut élu dans les quartiers Nord sous la bannière du parti de Macron lors de son premier quinquennat. « Je suis quelqu’un d’assez ouvert. J’espère surtout un arc républicain qui permettra de faire barrage à LFI et au RN. Qu’est-ce qui oppose Benoît Payan et Martine Vassal, si ce n’est la méthode de gouverner ? », ose l’actuel chef de file de Territoires de progrès. Une trentaine de minutes plus tard, Ludovic Perney, quinzième vice-président de la Région, cible encore le maire actuel qui s’est « mis à distribuer des couscous pour convaincre. Quelle indignité ! », harangue cet éternel jeune loup qui avait rallié la candidature de Bruno Gilles au détriment de Martine Vassal en 2020. Pendant six mois encore, le grand écart entre la macronie et la droite extrême s’annonce périlleux.

  • [Grand entretien] Ismaël Khelifa : « Tout est parti d’une rencontre à Marseille »

    [Grand entretien] Ismaël Khelifa : « Tout est parti d’une rencontre à Marseille »

    La Marseillaise : Le 18 septembre, votre opération « Montagnes solidaires » va entrer dans le vif du sujet, en quoi cela va-t-il consister ?

    Ismaël Khelifa : Elle est née d’une volonté. À savoir répondre à l’urgence par l’action et le non-renoncement. Me dépasser pour transmettre de l’espoir tout en me confrontant au réel. Partager la grandeur des Alpes avec le grand public et embarquer chacun dans une action solidaire pour montrer aux enfants et aux adolescents démunis que nous nous tenons à leurs côtés. Voilà ce qui m’anime pour cette nouvelle expédition sportive et solidaire.

    Qu’allez-vous faire concrètement ?

    I.K. : Mon idée est de relier mes deux villes de cœur, à savoir Marseille et Annecy, en plusieurs étapes. Et varier les efforts, à savoir 44 kilomètres de nage en mer et dans trois lacs alpins, monter les cols mythiques des Alpes sur 846 kilomètres en vélo, et effectuer une randonnée de 110 kilomètres dans des paysages exceptionnels.

    Pourquoi un tel challenge ?

    I.K. : Tout est arrivé lors d’une rencontre, à Marseille. Celle avec une gamine que je vois partager son sandwich avec son frère. Je suis allé parler avec elle et elle m’a avoué que c’était en fait leur repas de midi. J’ai pris une énorme claque en constatant que dans mon pays, la France, des gosses vivaient dans une immense misère. Je n’en ai pas dormi de la nuit. J’ai ensuite appris qu’en France, aujourd’hui, un enfant sur cinq vit dans une extrême pauvreté. Ce que je ne peux pas admettre.

    Vous avez donc décidé d’agir ?

    I.K. : J’ai créé mon association, en 2018, et je me suis demandé comment mettre en place une initiative qui puisse toucher un maximum de personnes. J’ai songé au Secours populaire, car cette association est présente sur tout le territoire et j’y ai rencontré des gens qui ont la solidarité dans leur ADN. C’est d’ailleurs pour récolter des fonds pour leurs actions que je vais me lancer dans mes « Montagnes solidaires ».

    C’est aussi une victoire sur vous-même qui va se concrétiser ?

    I.K. : Disons que, lorsque j’ai eu cette idée, j’avais omis une chose. Je ne savais pas nager ! Ma priorité a donc été d’apprendre. Et c’est Théo Curin, alors que je venais de franchir le cap de la cinquantaine, qui m’a appris. Il a été un coach exceptionnel. Et maintenant, je suis prêt à défier les eaux de Marseille, entre le Frioul et les Catalans, et les lacs de Serre-Ponçon, Sainte-Croix et Annecy.

    Vous vous sentez comment à quelques jours du départ ?

    I.K. : Je me sens bien ! J’ai fait ce qu’il fallait pour être prêt le jour J. Je sais que le plus dur est à venir. Qu’il y aura des aléas, dans l’eau, mais aussi sur les routes. Néanmoins, l’idée de traverser des paysages époustouflants et des rencontres qui m’attendent sur le parcours seront mon carburant. Ce que je vis ces derniers jours est grisant.

    Comment va se passer cette traversée ?

    I.K. : Je vais partir des îles du Frioul jeudi, et une fois sur la plage des Catalans, ce sera le grand départ. Sur la terre ferme, les gens qui le souhaitent pourront faire un bout de chemin à mes côtés. À l’étape, des rencontres sont programmées avec les antennes locales du Secours populaire, qui récolteront les dons de ceux qui souhaitent contribuer à ces « Montagnes solidaires » en effectuant des dons qui seront au bénéfice des écoles, collèges et lycées de la région où nous serons. Au-delà de cette collecte, l’idée est que chaque rencontre soit une fête, placée sous le signe des échanges et du partage. Je vais traverser des sites magnifiques. Mais je souhaite aller au-delà de la carte postale. Faire prendre conscience du manque de solidarité et de fraternité dans notre société actuelle. Avec un rêve, que ceux qui vont me suivre lancent à leur tour une dynamique pour que ce défi transpire bien au-delà des mille kilomètres du parcours. Que des gens qui vont me croiser se disent : « Tiens si j’appelais mon centre du Secours populaire pour voir s’il est possible de faire quelque chose dans ce domaine ? » Cela afin que mon défi personnel dépasse son cadre.

    Pourquoi avoir choisi Marseille et Annecy comme point de départ et d’arrivée ?

    I.K. : Annecy, c’est ma ville de naissance. J’ai eu la chance d’y vivre une vie chouchoutée, d’avoir une famille aimante. Marseille, c’est ma ville de cœur. J’y ai découvert des gens qui ont appris à se débrouiller par eux-mêmes. Qui ont su mettre en place une solidarité formidable dans les quartiers, alors qu’ils ont des vies qui ne sont pas toujours simples. Je trouve à ce sujet que les Marseillais sont de vrais citoyens, qui savent ce que l’engagement personnel signifie. Ce sont eux qui m’inspirent au quotidien.

    À quelle date comptez-vous terminer votre défi ?

    I.K. : L’arrivée est prévue le 16 octobre, sur la plage de l’Albigny. Ce qui signifie que je terminerai le périple comme je l’ai débuté, par une épreuve de nage. Mais dans le lac d’Annecy, ce sera sans doute plus compliqué, car l’eau y sera beaucoup plus froide que lors de mon départ à Marseille. Je m’attends à des conditions terribles, en plein automne. Mais je le ferai. Le mental est là.

  • Une journée pour recruter des pompiers volontaires

    Une journée pour recruter des pompiers volontaires

    La caserne vit différemment ce jour de portes ouvertes. Pour les plus jeunes surtout, des ateliers de démonstration, des animations et les engins rouges sont de sortie. La journée porte d’abord une « envie de faire découvrir la vie de la caserne aux populations qui ont bien voulu se déplacer », selon Lionel Trivat, chef du centre de secours, et elle sort le grand jeu pour susciter des vocations.

    Parmi les étalages dépliés, le stand de recrutement est planté de façon visible. « On vise autant le recrutement de jeunes sapeurs pompiers [JSP] que celui de volontaires », explique Lionel Trivat. Ici, sur la caserne de Sénas, il faut compter 105 pompiers au total, pour 2 000 interventions au cours de l’année 2024. Dont dix professionnels et onze JSP. Le reste de la relève est assuré par les sapeurs-pompiers volontaires. « Le département des Bouches-du-Rhône, c’est environ 1 250 professionnels, sur environ 6 000 pompiers, ce qui fait 27 000 volontaires, souligne le chef de centre. Concernant les JSP, on ne recrute pas avant septembre 2026, mais pour les volontaires, c’est toute l’année. »

    Leur volontariat est « indispensable pour la caserne. Il faut rappeler qu’ils ne sont pas payés. Ils font un boulot incroyable, c’est une vocation, qui demande des sacrifices », souligne le Carole Stoufflet, adjointe au chef du centre de secours. Les volontaires, formés, posent des gardes sur leurs jours de « repos ». S’ils ne reçoivent pas de salaire, ils sont indemnisés au taux horaire (vacations). Sur un mois, Julien Grangier, pompier volontaire depuis 20 ans et employé chez Airbus Hélicoptères pose environ deux nuits par semaine. « Ma femme sait qu’en été, on ne part pas forcément », sourit Julien Grangier, pour qui la mobilisation s’intensifie en saison de feux de forêts. « On doit donner minimum 60h par mois, ne pas dépasser 1350 heures par an sans compter la période feux de forêts », détaille Ludo Brunat, volontaire depuis 34 ans avant d’ajouter : « Je dis aux jeunes que s’ils ont du temps à donner, il faut le consacrer aux autres. » « Je trouve mon équilibre entre mes deux boulots, estime Anthony Martinez, volontaire lui aussi, employé chez la SNCF. C’est un métier où l’on est responsable de l’habitat des gens, de leur sécurité. Il faut s’entraîner régulièrement, avoir l’esprit d’équipe, de cohésion, avoir l’esprit de caserne. Ça demande beaucoup de temps personnel, il faut l’avoir dans la peau. » « C’est notre deuxième facette, ajoute Laurie, pompier volontaire depuis près de 25 ans. Ce n’est pas un travail, même si ça prend énormément de temps. Malheureusement, on trouve moins de personnes qui veulent se priver de week-end ou de vacances. On est des passionnés. »

  • L’Ombrière : une saison entre grands noms et découvertes

    L’Ombrière : une saison entre grands noms et découvertes

    À l’Ombrière, la programmation est pensée pour refléter la diversité des arts de la scène. Cette saison encore, la salle d’Uzès propose aussi bien des spectacles à taille humaine que des rendez-vous plus ambitieux capables de rassembler un large public. « L’idée est de répondre toujours aux attentes d’un public varié, avec une programmation pluridisciplinaire qui permet d’atteindre différentes esthétiques », explique Virginie Jarrin, directrice de l’Ombrière.

    Cette diversité se traduit autant par l’accueil de grandes figures du théâtre et de la chanson que par la mise en avant de créations plus confidentielles. Car, rappelle la directrice, « la programmation de l’Ombrière, c’est aussi l’alternance entre des têtes d’affiche et des spectacles plus émergents ».

    Louis Bertignac, événement phare

    Parmi les temps forts de la saison, le concert de Louis Bertignac programmé vendredi 17 octobre à 20h30 est sans doute l’événement le plus attendu. Guitariste, chanteur et cofondateur du groupe mythique Téléphone, il a marqué l’histoire du rock français. Toujours aussi passionné, il enflamme les scènes avec ses classiques et ses créations personnelles. Pour l’occasion, l’Ombrière adaptera sa jauge : de 500 spectateurs en moyenne, elle pourra accueillir jusqu’à 1 200 personnes. « Louis Bertignac fait partie de ces artistes qui nous permettent de toucher un public très large », partage Virginie Jarrin.

    La directrice recommande deux autres rendez-vous majeurs. Le premier se tiendra le 13 mars, avec François Cluzet, l’un des comédiens les plus populaires du cinéma et du théâtre français. Dans une configuration intimiste, l’acteur se livrera à un grand moment de théâtre, intense et profond, qui s’éloigne volontairement de la légèreté comique. Sur scène, il incarne Robert, thérapeute et essayiste en pleine rupture avec ses méthodes traditionnelles. Fatigué de voir ses patients s’enliser dans l’introspection, il décide de tout bouleverser et d’agir autrement. Interné dans un hôpital psychiatrique, il raconte son ambition de changer le monde, entre conviction radicale et possible folie. Adapté du roman de Denis Michelis et mis en scène par Emmanuel Noblet, déjà récompensé d’un Molière pour Réparer les vivants, ce spectacle permet à François Cluzet de déployersa puissance d’interprétation et d’emmener le spectateur dans un récit chargé d’émotion.

    Autre temps fort : la pièce Les Marchands d’étoiles, couronnée aux Molières 2025, notamment du prix du meilleur comédien. Cette œuvre bouleversante plonge dans l’histoire de l’étoile jaune tout en explorant les rapports de filiation au sein d’une famille. Un spectacle qui conjugue mémoire collective et émotion intime, et qui s’annonce comme l’un des sommets de la saison. « C’est un très beau théâtre, profondément émouvant, parce qu’il traite d’un sujet que l’on connaît et qui reste d’une force incroyable », souligne Virginie Jarrin.

    Avec cette programmation, l’Ombrière réaffirme son ambition : être une maison ouverte à tous, où se croisent le théâtre de haut niveau, la musique populaire, les écritures contemporaines et les talents émergents. Une saison qui, à n’en pas douter, fera vibrer Uzès et son territoire bien au-delà de ses murs.

    * Toute la programmation sur www.lonbriere.fr

  • A Avignon, LFI a voté pour son binôme et patiente

    A Avignon, LFI a voté pour son binôme et patiente

    Trois mois après avoir désigné Mathilde Louvain et Farid Faryssy comme chefs de file de la France insoumise en vue des municipales de mars, les adhérents avignonnais se réunissaient, jeudi soir, en assemblée pour désigner cette fois leur tête de liste. Présent, le député Raphaël Arnault (LFI-NFP) avait indiqué qu’il ne serait pas candidat.

    Pour l’heure, LFI n’a officiellement pas encore validé le binôme paritaire candidat. « Le processus interne suit son cours », nous indique Mathilde Louvain, dans l’attente des « certifications du national ». Même son de cloche chez Farid Faryssy, qui attend que « Paris se prononce ». Mais, selon nos informations, l’assemblée de jeudi n’a pas été un long fleuve tranquille. « Cela a été tendu », confie un protagoniste. Les 48 votants, à bulletins secrets, avaient le choix entre des combinaisons de plusieurs binômes paritaires, alternant homme-femme et femme-homme.

    Mathilde Louvain et Farid Faryssy étaient sur les rangs, de même que Geneviève Lepage, Bruno Delaunay et Sylvain Nandan. In fine, le duo Farid Faryssy – Geneviève Lepage serait celui qui cumule le plus de voix. Notons que cette dernière est actuellement conseillère municipale à Villeneuve-lès-Avignon, commune gardoise du Grand Avignon. Mais devant l’étroitesse des résultats, rien ne dit que cela soit confirmé au national. Quoi qu’il en soit, cela n’empêche pas, selon Mathilde Louvain, « les échanges de se poursuivre avec les autres groupes » à gauche.

  • [Lecture] Cinquante ans de solitude

    [Lecture] Cinquante ans de solitude

    Henri Girard, devenu ensuite Georges Arnaud, dont Le Salaire de la peur n’a rien perdu, 75 ans après sa parution, de sa force ni de son originalité, était bien coupable. Coup de tonnerre dans l’univers des lettres et du fait divers, Catherine Girard, sa fille, livre, dans un récit bouleversant et à l’authenticité incontestable, n’en déplaise à une mise en cause médiatique aussi infâme que dérisoire, une triple histoire : celle de son père, d’une dynastie familiale, la sienne enfin. Si, depuis la tragédie d’Escoire, l’assassinat en 1941 du père d’Henri Girard, de sa tante et de la domestique de la famille, Louise, articles, documents et livres n’ont pas manqué, pour soutenir la thèse de l’innocence ou au contraire faire le procès de l’acquitté, c’est, enfin, une certitude que nous apporte Catherine Girard. Une certitude qu’elle a enfouie en elle pendant plus de cinquante ans, depuis que ce père adoré, adulé même, qui était aussi un ami, a répondu à ses interrogations. « On m’appelle la fille de l’assassin. Est-ce la vérité ? » Suivra un demi-siècle de déni.

    Famille, je vous hais !

    C’est le cri du Gide des Nourritures terrestres que Catherine Girard pourrait placer dans la bouche de son père. « Foyers clos, portes refermées, possessions jalouses du bonheur ! » Grande fortune, égoïsme de classe ébranlés un moment par l’arrivée d’une belle-fille émancipée, anarchisante, socialement inférieure. Valentine. On déshérite Georges Girard pour cette mésalliance. Henri naît. Valentine meurt alors qu’il n’a que neuf ans. Il ne s’en remettra jamais. Ce sont les Autres qui sont responsables, qui n’ont pas fait ce qu’il fallait pour la sauver. Et, avant tout, la grand-mère et la tante. Et Georges et Henri ont beau partager un amour réciproque sincère, leurs relations seront tendues, chaotiques parfois, violentes souvent. Nul ne guérit de son enfance, le ferment de la vengeance ne disparaîtra jamais. L’autrice analyse avec une précision presque clinique les processus qui vont peu à peu entraîner Henri à l’irrémédiable, nous faisant pénétrer les arcanes d’une famille calfeutrée dans sa richesse et ses habitudes, mais aussi dans les cœurs de Georges et d’Henri, ne cherchant jamais à excuser son père, simplement à le comprendre.

    « In violentia veritas »,

    Catherine Girard
    Grasset 352
    pages 22€

  • TER à 1€ : bénéfices et limites du dispositif

    TER à 1€ : bénéfices et limites du dispositif

    Quelles sont les forces et les faiblesses du TER à un euro ? Depuis que feu Christian Bourquin a concrétisé cette promesse de Georges Frêche, par la suite étendue à l’Occitanie par Carole Delga, c’est la première fois qu’un regard indépendant se pose sur cette mesure phare de la Région.

    Dans le cadre d’un audit flash (4 mois seulement), la Chambre régionale des comptes (CRC) a passé au crible ce choix politique fort et unique en France. « Seuls les Hauts-de-France ont une offre restreinte pour les 4-12 ans », renseigne Valérie Renet. Et la présidente de la CRC de préciser aussitôt : « Le but n’était pas d’évaluer la politique ferroviaire de la Région mais de poser des constats. »

    De quoi parle-t-on ? L’offre dite du TER à un euro est composée de 4 dispositifs. D’abord 5 lignes historiques proposent des billets à ce prix. Ensuite un million de billets à l’euro symbolique sont contingentés chaque année. S’ajoutent des promotions tous les premiers week-ends du mois ainsi qu’une remise estivale (14 juillet-15 août) pour les moins de 25 ans.

    Toutes mesures confondues, le TER à 1 euro représente 2,7 millions de billets annuels vendus (dont la moitié sur les dispositifs week-ends et jeunes), soit environ 13% du total des voyages des trains régionaux d’Occitanie. L’impact n’est donc pas négligeable pour un coût chiffré à 9 millions d’euros annuels, ce qui représente 2% montant total dédié à l’exploitation des TER (environ 3,4 euros par billet). « L’usager ne paye jamais la totalité du service. Ici 23% et 77% pour les contribuables », calcule Valérie Renet.

    +68% de fréquentation

    Quoi qu’il en soit, une statistique plaide en faveur du succès des politiques régionales. Entre 2019 et 2024, la fréquentation globale du réseau ferroviaire d’Occitanie a bondi de 68%. Et un quart de cette croissance provient des deux principaux dispositifs du TER à un euro. La Région comptait l’an passé 80 000 voyageurs et en vise 100 000 d’ici 2032. Autre indicateur favorable : le taux de remplissage des TER d’Occitanie, s’il peut paraître faible (39%), est nettement meilleur que la moyenne nationale (32%).

    L’idée de Carole Delga est à la fois de soulager le portefeuille des ménages et de favoriser le report modal vers le ferroviaire. Sur ce point, le bilan est plus contrasté, selon la CRC. Avec un ratio de 248 km voyageurs par habitant, notre région se classe toujours en avant-dernière position. Une étude de 2022 évaluait la part du report modal de l’ensemble des voyageurs vers le train à seulement 12% grâce au TER à 1 euro. Selon Valérie Renet, le prix du billet n’est pas le seul facteur de décision. « Les taux de fiabilité et de ponctualité des TER sont plus faibles en Occitanie (80-85%) », avance la présidente.

    Magistrat à la CRC, Fabrice Ribet précise que « dans les régions du Sud, il y a une habitude à davantage utiliser la voiture ». Il ajoute que « la situation dégradée de certaines infrastructures n’incite pas certains voyageurs à choisir le TER ». Lequel est parfois concurrencé par la route, par exemple sur la ligne de l’Aubrac (Béziers-Neussargues) qui longe l’A75. « Son taux de remplissage (10-12%) est le plus faible et la ligne nécessite 375 millions d’euros d’investissement d’ici 2027  ». Valérie Renet ne va « pas jusqu’à dire que des lignes historiques devraient être fermées » mais souligne que « leur impact environnemental est parfois limité lorsqu’elles ne sont pas électrifiées ». « Il y a besoin d’une étude comparative en fonction des besoins en investissements. » On peut aussi miser sur l’incitation au changement des comportements à long terme et se dire que le service public n’a pas pour vocation première d’être rentable.

    « Une habitude à davantage utiliser la voiture »

  • Un « comité salinité » pour sauver les cultures de la basse plaine de l’Orb

    Un « comité salinité » pour sauver les cultures de la basse plaine de l’Orb

    La nature a créé le meilleur désherbant au monde », s’amuse Paul Thomas, viticulteur et vice-président de la cave de Sérignan, dans le sud de l’Hérault. Mais s’il garde son humour, ce vigneron est en réalité très inquiet et il a de bonnes raisons : depuis plusieurs années, de l’eau salée s’infiltre en permanence sur ses parcelles et détruit une partie de ses vignes.

    Dans la région, il est loin d’être le seul à être touché par le phénomène : « Tous les viticulteurs sont impactés, mais aussi les céréaliers et même quatre éleveurs. Le débit de l’Orb n’est plus aussi important qu’avant et il est en dessous des minimums autorisés. C’est devenu un véritable bras de mer qui se diffuse sur les deux rives par capillarité. » Conséquence : du sel s’infiltre dans les cultures environnantes, rendant les sols complètement stériles en à peine un an.

    C’est ainsi qu’il y a deux ans, Paul Thomas et d’autres agriculteurs de la région ont décidé de créer une association réunissant 250 adhérents pour interpeller les institutions. Une initiative payante puisque depuis le 30 juin, le préfet a ordonné la mise en place d’un comité de pilotage « salinité » pour rassembler autour d’une même table tous les acteurs du dossier. Jérôme Despey est président de la chambre d’agriculture de l’Hérault et co-préside ce comité. Il raconte : « À la demande de l’association, nous avons travaillé par exemple avec l’Agglomération de Béziers, qui finance une étude du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) sur la faisabilité d’un barrage anti-sel. Il devrait rendre ses conclusions en mars 2026. » Selon Jérôme Despey, il y a urgence : 2 800 hectares de terres agricoles sont concernés, dont 500 sont déjà perdus. « Si on prend le seul exemple de la Cave de Sérignan, poursuit-il, celle-ci a perdu 190 hectares en à peine 30 ans. »

    Une menace existentielle

    Sur le terrain, de nombreuses actions sont déjà mises en place pour essayer de remédier au problème. L’Association syndicale autorisée en hydraulique agricole (ASA) a par exemple engagé bénévolement un nettoyage complet de son réseau. Cette initiative aurait déjà permis de faire baisser le taux de salinité de 21 à 12 grammes dans certains ruisseaux. « Sur les deux rives, il y a aussi des pratiques de submersion des terres en hiver, grâce au pompage de l’eau douce dans l’Orb », ajoute le président de la chambre d’agriculture. « Il est assuré sur la rive droite par la Cuma et sur la rive gauche par la BRL. Seulement, la submersion coûte 1 500 euros pour quatre hectares. » Par ailleurs, l’Établissement public territorial de bassin Orb et Libron a élaboré un plan de gestion du delta de l’Orb concernant tous les leviers d’action et d’adaptation au changement climatique. « C’est pour faire dialoguer et mettre en commun toutes ces initiatives que nous avons créé le comité », commente Jérôme Despey. « Nous ferons une nouvelle réunion le 27 octobre pour constater les avancements. »

    De son côté, Paul Thomas assure qu’il garde espoir et a envie de croire en l’initiative de la préfecture. Il en va de la survie de la cave de Sérignan : « Si on perd notre terroir situé dans la basse plaine, la cave fermera. Pourtant, nous sommes le premier caveau de l’Hérault. La salinité est notre seule bête noire. » Il déplore également que deux jeunes viticulteurs aient déjà été contraints d’arrêter leur activité « parce qu’ils étaient écœurés. » Il conclut : « Ça fait deux ans qu’on a pris nos bâtons de pèlerin. Nous nous sommes donné sept ans pour arriver à une solution pérenne. »

  • La Région met la main à la poche pour les associations

    La Région met la main à la poche pour les associations

    Le secteur associatif tire la langue. Premières victimes de la cure d’austérité ayant frappé les collectivités territoriales de plein fouet, les associations doivent maintenant se plier en quatre pour garder la tête hors de l’eau. Avec 160 000 structures en Occitanie, ces dernières représentent un pan non négligeable de l’économie régionale, avec pas moins de 5 milliards d’euros de budget cumulé. Dès lors, il devient nécessaire de sauver le secteur. « Les choix budgétaires 2025
    -que ce soit pour les associations ou les collectivités- ont entraîné l’aggravation des difficultés et posent des problèmes. Nous avons souhaité maintenir nos politiques publiques, bien qu’il y ait eu une baisse budgétaire de 5%. Mais nous avons amplifié nos relations politiques pour être le plus efficace possible avec les associations
     », soutient Pierre Lacaze, vice-président PCF de la Région, chargé de la vie associative. Comprendre, plus les associer sur le processus de décision. « Le réseau associatif a un rôle considérable dans la République, c’est un interlocuteur à part entière pour travailler les politiques publiques », poursuit le vice-président.

    Malgré cette baisse, l’Occitanie contribue à hauteur de 33 millions d’euros pour le secteur associatif. Et lance pour la seconde année un appel à projets « pour une Région Occitanie plus inclusive et solidaire » d’une enveloppe de 700 000 euros, qui bénéficiera à 134 lauréats.

    13 000 emplois menacés

    Parmi eux, l’Association d’entraide et de reclassement social (AERS), qui lutte contre l’exclusion – 40 000 personnes ont été aidées dans l’Hérault. « Nous avons créé un partenariat avec d’autres associations pour la collecte et la distribution des produits de première nécessité hors alimentation. Les petites et moyennes associations sont souvent confrontées à des problèmes de logistique et cette synergie a permis de distribuer 220 000 produits », détaille Charlotte Cedo, directrice générale de l’AERS. Grâce à ce dispositif, pas moins de 700 000 euros auraient été économisés.

    L’appel à projets bénéficie également au mouvement associatif de l’Occitanie, qui œuvre à accompagner les associations sur le territoire et représente près de la moitié des structures régionales. « Nous avons lancé plusieurs dispositifs, dont Prev’asso pour accompagner les associations au bord d’une procédure judiciaire. Dépendant des tribunaux judiciaires, les associations n’ont pas d’interlocuteur quand elles sont en mauvaise santé financière. L’idée était de proposer un espace avec des professionnels pour échanger afin de faciliter la prise de décision en ayant une meilleure visibilité sur leur modèle économique », développe Erwann Favre, délégué régional du mouvement. Une aubaine pour le secteur, car près de 13 000 emplois associatifs seraient menacés en Occitanie. Au vu de leur apport dans la société, il est primordial de les sauver.