Author: tecnavia

  • Khadija Aoudia : « Que 2026 soit l’année du réveil des consciences »

    Khadija Aoudia : « Que 2026 soit l’année du réveil des consciences »

    La Marseillaise : Quels sont vos vœux pour l’année qui s’ouvre ?

    Khadija Aoudia : Je souhaite que 2026 soit l’année du réveil des consciences. Qu’elle nous pousse à regarder sans détour les rapports de force qui structurent le monde, à comprendre que les crises, les guerres et les inégalités ne sont pas des accidents de l’Histoire, mais les symptômes d’un ordre fondé sur une domination économique oligarchique. Un ordre qui, pour servir ses propres intérêts, fragmente les nations, attise les peurs, détourne les colères légitimes et les oriente vers des ennemis désignés… pendant que, dans l’ombre, les mêmes concentrent toujours davantage les richesses et creusent sans relâche les inégalités sociales. Jamais une poignée d’oligarques n’a autant accaparé de richesses à l’échelle transnationale. Je fais le vœu d’un renversement des valeurs, où la dignité humaine deviendrait hiérarchiquement supérieure à la richesse économique. Je fais le vœu que le droit international soit réellement au service des peuples.

    Vous êtes engagée de longue date dans la défense des droits des détenus dans une ville, Nîmes, dont la maison d’arrêt souffre d’une surpopulation chronique parmi les plus élevées de France (+ de 200%)… Où en est ce combat ?

    K.A. : Lorsque j’étais bâtonnier en exercice, j’ai visité l’ensemble des lieux de privation de liberté, à l’issue de quoi j’ai rédigé un rapport. J’ai constaté une atteinte à la dignité et aux conditions de détention ou de rétention tant au niveau de la maison d’arrêt que du commissariat et des geôles du tribunal judiciaire de Nîmes.

    S’agissant des conditions de détention à la maison d’arrêt, nous avons obtenu, le 30 janvier 2020, une condamnation par la CEDH (Cour européenne des droits de l’Homme), qui n’a débouché sur aucune mesure pour éradiquer cette surpopulation et les conditions de détention insalubres qui en découlent. Nous avons donc saisi le tribunal administratif (TA) pour faire constater la persévérance de ces conditions indignes, lequel a rejeté notre demande. Décision confirmée par le Conseil d’État. J’ai donc saisi à l’automne, avec l’accord du bâtonnier en exercice et sur mes propres deniers, la CEDH. Nous sommes dans l’attente de sa décision.

    Concernant les conditions de détention au commissariat de Nîmes, le TA a fait droit à nos revendications et condamné l’État, en juillet 2023, à réaliser les travaux nécessaires à hauteur de 150 000 euros. Les cellules étaient dans un état de délabrement inimaginable, avec odeur nauséabonde, absence de luminosité, absence d’aération… En outre les geôles n’étaient pas dimensionnées pour accueillir plus de 10 personnes en garde à vue.

    Il est question de construire
    un nouvel établissement pénitentiaire à Nîmes.
    Qu’en pensez-vous
     ?

    K.A. : Ça fait plus de 10 ans qu’on nous l’annonce… On peut construire des centaines de prisons : si on ne change pas radicalement la politique pénale, on va les remplir. Non seulement c’est une fuite en avant, mais ça a un coût considérable. La moitié du budget du ministère de la Justice est affectée à l’administration pénitentiaire… Des peines alternatives à la prison sont possibles, et moins coûteuses. Il faut que l’incarcération soit l’exception, pas la règle. À mon sens, le seul critère qui vaille, c’est la dangerosité de la personne. Et fort heureusement le nombre des détenus concernés est relativement limité.

    Où en est la plainte pour provocation à la haine et discrimination que vous avez déposée en août dernier contre Bruno Retailleau devant la Cour de justice de la République (CJR) ?

    K.A. : Comme je l’avais annoncé, seules 0,24% des plaintes sont transmises à la commission d’instruction de la CJR… Donc sans surprise la plainte a été classée sans aucune motivation, si ce n’est de dire que je ne justifiais pas d’un préjudice.

    Comment cette plainte était-elle motivée ?

    K.A. : En septembre 2024, Bruno Retailleau arrive au ministère de l’Intérieur. Très rapidement et de façon crescendo, il n’a eu de cesse de distiller de la provocation à la haine et de la discrimination à l’endroit de la communauté musulmane, des immigrés en général et des ressortissants franco-algériens en particulier. En 2025, on a assisté à une augmentation massive des actes islamophobes, +200%, sans qu’il y ait eu d’événement traumatique qui l’explique, comme en 2015 après les attentats terroristes à Paris, par exemple. Je l’ai donc rattaché directement à cette politique menée par Bruno Retailleau.

    L’extrême droite est particulièrement implantée
    dans le Gard…

    K.A. : En effet… Quand j’ai déposé plainte contre Bruno Retailleau, j’ai subi un déferlement de propos sexistes, avec notamment des appels au viol, mais aussi de propos fascistes liés à ma couleur de peau. Nous assistons à une radicalisation de la pensée. La crise sociale est contenue dans la division. On amène nos concitoyens à rejeter leurs frustrations sur l’étranger… hélas il n’y a rien de nouveau. Ça permet de lutter contre la fraternité et d’empêcher que les colères ne se fédèrent sur les inégalités liées à l’enrichissement toujours massif de quelques oligarques.

  • [Santé, repenser son rapport à l’alcool 3/3] Le buveur occasionnel, un mythe qui n’est pas sans risques

    [Santé, repenser son rapport à l’alcool 3/3] Le buveur occasionnel, un mythe qui n’est pas sans risques

    Que l’on consomme une grande quantité d’alcool pendant longtemps ou que l’on soit un buveur occasionnel qui consomme peu mais régulièrement, la toxicité est la même. « Il faut être clair sur le fait que l’alcool est un toxique. C’est un poison pour les cellules, principalement saines et sensibles qui se renouvellent rapidement », souligne le docteur. « Au-delà de l’aspect physiologique immédiat de type sensation ébrieuse, la phase suivante de l’organisme est la détoxification de l’alcool par le foie. Ce dernier transforme l’alcool en un composé que l’on appelle le formaldéhyde qui est toxique et cancérigène. »Sans compter que l’alcool peut également avoir un effet mutagène sur l’ADN à cause de la toxicité directe avec des organes comme le colon ou le sein. « Plusieurs cancers sont connus pour être liés à une association de d’alcool et de tabac. L’alcool favorisant la solubilité d’un certain nombre de toxiques externes dans les tissus dont la fumée de tabac, le goudron etc. », poursuit-il. « Boire et fumer est donc une catastrophe pouvant engendrer des cancers des voies ORL ou des cancers du poumon sans négliger les cancers de l’estomac, de l’œsophage ou encore du pancréas provoqués par l’alcool. »

    Bière, vin et champagne, une tradition en France
  • Les 300 bougies de l’Académie de Marseille

    Les 300 bougies de l’Académie de Marseille

    Le nouveau président de l’Académie, l’architecte Didier Rogeon fut décoré de la médaille de la Ville de Marseille. Pour cette circonstance Benoît Payan confirma ses goûts de bon chineur : il offrait en guise de cadeau d’anniversaire un superbe plan ancien de Marseille, une gravure de l’allemand Johann Christian Leopold réalisée en 1727.

    Auparavant Didier Rogeon avait présenté la programmation culturelle que sa Compagnie orchestre dans le courant de l’année 2026. À côté de soirées musicales et de concerts imaginés par Jean-Robert Cain, il mentionnait un colloque les 24/26 avril à propos des « Coups de cœur » qu’on peut ressentir dans les musées de Marseille, une exposition de faïences anciennes qui se tiendra cet été à Notre-Dame de la Garde ainsi qu’en octobre une réunion qui fera dialoguer des représentants des 35 autres académies de nos provinces.

    À quoi s’ajoutent au musée d’Histoire l’exposition des photographies de la famille Detaille et la tenue dans l’auditorium de l’Alcazar d’une conférence chaque dernier mercredi de chaque mois. La première de ces conférences s’est déroulée le 25 janvier.

    Question cruciale, comment se renouveler ?

    En face d’une salle comble Élisabeth Mognetti et Régis Bertrand évoquèrent à compter de 1726 la succession de domiciles, le difficile nomadisme de leur Académie avant qu’elle n’obtienne, en 1904 suite à un don exceptionnel, sa demeure permanente, les maisons des 38 et 40 rue Thiers.

    L’Académie de Marseille n’est pas foncièrement conservatrice puisque sans parler des nombreux scientifiques et médecins qui figurent dans ses rangs, on y rencontre des historiens de qualité, Xavier Daumalin, Renée Dray-Bensoussan, Catherine Dureuil et Jean Guyon ainsi que des personnes liées à la modernité artistique, Jean-Noêl Bret, Marc Gensollen et Daniele Giraudy. Tricentenaire aidant, pour envisager l’avenir, on voudrait souhaiter à cette Compagnie une plus large ouverture, au niveau de ses prochaines recrues. Exceptions faites pour Marcel Brion, Pierre Barbizet et Marcel Maréchal qui occupèrent le fauteuil 35, les meilleurs noms du XX° siècle en furent trop souvent absents.

    Du côté des Lettres on n’a pas croisé rue Thierry des gens de théâtre comme Louis Ducreux et Antoine Bourseiller, les historiens Philippe Joutard et Émile Témime, les écrivains ou poètes Gabriel Audisio, Jean Ballard, Louis Brauquier et Jean-Claude Izzo. De même, liste trop longue, dans cet inventaire des morts ou bien des vivants qui n’ont rien demandé, manquent cruellement le promeneur Michéa Jacobi, le psychanalyste Roland Gori, les avocats Paul Lombard et Pierre Guerre, les cinéastes René Allio et Robert Guediguian, les architectes Fernand Pouillon et André Dunoyer de Segonzac. Parmi les récents aveuglements de l’Académie, on ajoutera, frondeur, savant et convivial, le linguiste Médéric Gasquet-Cyrus : sa candidature vient d’être par deux fois fâcheusement déboutée.

  • Valentin Ferron, le tenant du titre

    Valentin Ferron, le tenant du titre

    La Marseillaise : Vous avez remporté la dernière édition du Grand Prix cycliste de Marseille – La Marseillaise au terme d’un sprint final dantesque à Luminy. Comment avez-vous vécu cette victoire ?

    Valentin Ferron : C’est une course que j’affectionne. Je suis très content d’avoir remporté le Grand prix de La Marseillaise. C’est une course historique du calendrier français qui marque l’ouverture des courses en France. Je suis très fier d’avoir inscrit mon nom à ce palmarès. J’avais déjà fini deuxième en 2023. C’est un parcours qui me correspond bien, avec un final assez dur. Les années précédentes, c’était la route des Crêtes, donc il fallait faire un bel écrémage. En plus, je suis un coureur de début de saison, donc je suis souvent performant à La Marseillaise. Cela s’est confirmé l’année dernière, puisque j’arrive à m’imposer sur cette course-là. J’étais très fier de gagner cette course, qui est quand même une des courses prestigieuses en France de début de saison. C’était une très belle victoire.

    Vous venez d’évoquer la route des Crêtes, passage mythique du Grand prix qui ne sera pas présent sur le tracé de cette nouvelle édition. Comment analysez-vous ce nouveau parcours ?

    V.F. : La route des Crêtes était quand même une ascension assez dure qui permettait d’éliminer beaucoup de coureurs. Traditionnellement, on n’arrive pas à un gros sprint massif dans les rues de Marseille. C’est sûr que ça va être un scénario différent. Maintenant, ce sont les coureurs qui feront la course. Peut-être que la course va se décanter plus tôt. Peut-être pas. Peut-être qu’il y aura un gros peloton pour se disputer la victoire à Marseille. Ça va être une année un peu différente, avec un parcours qui varie un petit peu. Ça va être un autre scénario.

    Pour vous, quelle est la clé pour être performant au Grand prix cycliste de Marseille – La Marseillaise ?

    V.F. : C’est déjà d’arriver très en forme, avoir fait une bonne préparation hivernale, être quasiment à son top niveau. Les courses sont de plus en plus dures à gagner. Le niveau est de plus en plus dense. Les courses sont de plus en plus exigeantes. Donc déjà arriver avec une condition physique irréprochable. Et puis après, le jour de l’épreuve, mettre en place la stratégie adéquate qui nous permet d’avoir le plus de chances de l’autre côté pour s’imposer.

    En parlant de stratégie, quelle a été celle de votre équipe l’année passée ?

    V.F. : On avait une bonne équipe au départ. On n’avait pas de gros favoris dans l’équipe, donc on avait plusieurs coups à jouer. On avait plusieurs hommes en forme qui étaient capables de basculer la route des Crêtes dans le premier groupe. Il y avait Benjamin Thomas, Damien Touzé et Sam Maisonobe. Après, on s’est mis d’accord. Moi, j’ai dit que je me sentais bien de faire le sprint, j’avais encore de l’énergie. Et c’est là où ils ont fait un formidable travail d’équipe pour revenir sur la dernière échappée de 4 ou 5 coureurs dans les derniers hectomètres de l’épreuve. Derrière, j’ai pu produire mon effort pour aller m’imposer. C’est sûr que gagner d’entrée de jeu, ça m’a fait beaucoup de bien. Ça ramène de la confiance, du moral aussi, ça montre qu’ils ne se sont pas trompés dans le recrutement. Ça amène aussi de la sérénité, ça valide le travail hivernal qui a été fait. Après, pour ma part, j’ai connu une saison un peu plus compliquée après le Grand Prix de La Marseillaise. Mais il y avait d’autres facteurs, d’autres aléas à prendre en compte.

    Depuis votre sacre à Marseille, comment s’est déroulée la suite de votre saison ?

    V.F. : En fait, j’ai été opéré justement au mois d’octobre d’une endofibrose de l’artère iliaque. Et voilà, c’est un peu ce qui a contrarié la suite de ma saison. Physiquement, ça va bien. Après, comme je viens de le dire, j’ai été opéré au mois d’octobre. Et voilà, je suis encore un peu dans la période de reprise un peu progressive. Et je ne serai pas apte pour faire le début de saison. Moi, je dois reprendre justement mi-mars.

    L’Étoile de Bessèges a pour habitude de suivre le Grand prix cycliste de Marseille – La Marseillaise. En quoi l’épreuve gardoise est-elle différente de la course phocéenne ?

    V.F. : Déjà, c’est une course par étapes. Donc, ça se court différemment. Il y a plusieurs courses dans la course à Bessèges. Il y a des fois le gain de l’étape en jeu et parfois plus le gain du général. Chose qu’il n’y a pas au Grand prix de La Marseillaise. Après, il y a aussi beaucoup de points communs. Ce sont deux courses de début de saison qui peuvent parfois être un peu compliquées avec des conditions climatiques. Et aussi, les premières courses de la saison, chacun prend ses marques. Donc, c’est toujours une ambiance un peu particulière.

  • [Travailleur de demain] Capucine Cauchard, l’aéro dans la peau

    [Travailleur de demain] Capucine Cauchard, l’aéro dans la peau

    Après son bac, la Gardoise, qui s’imaginait pourtant faire des études de médecine, poursuit finalement dans la même voie. « J’avais peur de ne pas être suffisamment intelligente pour Paces et, dans le cadre de mon option au lycée, on était allés voir pas mal de métiers de l’armée, de la sécurité civile, tout ça s’était logé dans un coin de ma tête », explique-t-elle. Dès son premier cours de BTS aéronautique à Nîmes, elle sait qu’elle a pris la bonne décision. « C’est le coup de foudre, se rappelle-t-elle. C’est à ce moment-là que je sais que je serai mécanicienne. »

    Pourtant, rien ne prédestinait Capucine à ce métier. « Personne de ma famille ne travaille là-dedans et c’est vrai qu’il y a beaucoup de reproduction sociale, confie-t-elle. En classe, j’étais avec des gens qui connaissaient tous les termes techniques parce que leurs parents venaient de l’aéro. Ça m’a fait me poser des questions. » Passionnée, la jeune fille redouble d’efforts et excelle.

    Secret-défense

    Après une licence professionnelle, elle se lance en 2023 dans une mention complémentaire en apprentissage. C’est à ce moment-là qu’elle rejoint les rangs de Dassault Aviation, qu’elle n’a plus quitté depuis. Capucine explique : « Chaque site de la boîte a un peu sa spécialité. » Depuis 1950, l’établissement de Mérignac, à proximité de Bordeaux, réalise par exemple l’assemblage final et la mise en vol des avions d’affaires et militaires produits en série. Sur la base aérienne 125, les effectifs se concentrent sur le développement. « On est soumis au secret-défense, parce qu’on est sur la base militaire et qu’on travaille sur des technologies sensibles », révèle-t-elle.

    En deux mots, Capucine fait partie des équipes qui « testent les nouveautés, des choses qui vont être mises en place dans X années, lors d’essais en vol ». Elle, est spécialisée sur le Rafale. « J’aime les appareils qui ont une mission spécifique, explique-t-elle. Tous ceux qui font du transport de personnes, ça m’intéresse absolument pas. J’avais adoré travailler pour la sécurité civile, j’adore travailler pour l’armée, ça donne vraiment une autre dimension à ce que tu fais. »

    Travailler sur le même avion de combat n’a rien de rébarbatif. « Tu t’ennuies jamais, tu fais jamais deux fois la même chose et même pour les tâches qui sont récurrentes, tu peux la refaire 15 fois, ce sera jamais exactement pareil. T’es tout le temps en train d’apprendre. »

    Celle qui s’imaginait faire de grandes études se consacre désormais à sa licence PART 66, qu’elle obtiendra d’ici quelques années après avoir passé des examens écrits et accompli un certain nombre de tâches. « Après ça, j’aimerais aussi passer la qualification type de l’appareil sur lequel je travaille. Tout ça n’est pas obligatoire, mais je vois ça comme du plus, c’est pour avoir plus de compétences. » L’insatiabilité mène à l’excellence.

  • [Biodiversité] Ces forêts marines qui restent à cartographier

    [Biodiversité] Ces forêts marines qui restent à cartographier

    La zone mésophotique étant toute la partie sous-marine qui se trouve entre la surface directement touchée par la lumière du soleil et donc souffrant du réchauffement climatique et les grands fonds marins. « C’est une zone qui va de 30 à 150 mètres de profondeur mal connue, peu protégée et documentée où se trouve un monde marin exceptionnel dont le fonctionnement est semblable aux canopées des forêts terrestres. C’est un monde sous pression de par une mortalité importante des espèces notamment en 2022 à cause du réchauffement climatique sur la partie supérieure mais aussi avec un gros impact de l’homme à cause de la pêche professionnelle et de loisir mais aussi le mouillage qui n’est pas toujours respecté », poursuit-il.

    Un projet à 2 millions d’euros

    À travers ce projet qui durera 3 ans et grâce aux dotations, l’association et ses partenaires ambitionnent de cartographier la zone mésophotique et ses habitats, évaluer l’état de conservation de ces forêts animales marines (corail, gorgones, population de poissons etc.) mais aussi réaliser des analyses génétiques, rendre accessible au plus grand nombre ce monde marin avec des plongées en live, la réalisation de courts-métrages ou encore mettre en place des événements à destination du public pour le sensibiliser dans les villes étapes où se feront les plongées. « La zone mésophotique représente 5% de la surface des océans dont 99% se situent à l’intérieur des zones économiques exclusives (ZEE) et 10% sont incluses dans des aires marines protégées. D’ailleurs, en Méditerranée française, nous avons 60% d’aires marines protégées mais seulement 0,1% l’est réellement. C’est un point sur lequel nous souhaitons travailler également car ces zones ont un rôle crucial », ajoute le porteur de projet.

    En plus des 900 000 euros provenant de la Fondation Crédit Mutuel, l’association a reçu un soutien financier de 100 000 euros de l’Office français de la biodiversité pour un budget total estimé à plus de 2 millions d’euros.

  • « Documenter l’ascendance africaine de “sapiens” nécessite plus de fossiles »

    « Documenter l’ascendance africaine de “sapiens” nécessite plus de fossiles »

    David Lefèvre : Oui, certains avancent l’hypothèse d’une origine eurasiatique. Des fossiles découverts en Espagne et datés entre 950 000 et 780 000 ans ont été proposés comme pouvant être une population ancestrale d’Homo sapiens. Mais leurs traits dérivés présentent déjà des caractères qui seront observés plus tard chez Néandertal. Des travaux en Chine tentent aussi de démontrer qu’Homo sapiens y serait apparu avant de migrer en Afrique. Un fossile a été présenté l’an dernier comme étant un ancêtre vieux de 1,1 million d’années. Cette interprétation est largement rejetée par les paléoanthropologues. Pour ma part, je suis surtout très dubitatif sur la datation.

    Que faudrait-il pour être certain de l’origine africaine d’”Homo sapiens” ?

    D.L. : Il faudrait plus de fossiles bien datés entre environ 1 million d’années et 315 000 ans – âge du plus ancien représentant connu d’Homo sapiens.

    Ces fossiles humains marocains ont-ils encore
    des choses à nous dire ?

    D.L. : L’essentiel a été fait. Les fouilles continuent dans la grotte où ils ont été découverts, mais le site qui nous occupera à l’avenir se situe dans une grotte voisine : la « Grotte des rhinocéros ». C’est un site d’une richesse exceptionnelle où ont été découverts des dizaines de crânes de rhinocéros, d’innombrables fossiles de la faune –gazelles, girafes…-, des outils taillés et une dent humaine.

  • [Science] Au Maroc, des fossiles éclairent une période clé de notre évolution

    [Science] Au Maroc, des fossiles éclairent une période clé de notre évolution

    Mais quel âge ont-ils ? Le doute a longtemps subsisté. « Nous avons essayé plusieurs méthodes qui donnaient des résultats contradictoires », raconte le chercheur. Jusqu’à la parution d’un article qu’il a cosigné début janvier dans la revue Nature. « Cette fois le doute n’est plus permis », assure-t-il. Ils ont 773 000 ans.

    Ancêtre de « Sapiens »

    Pour parvenir à cette conclusion, l’équipe a fait appel à des géophysiciens de l’Université de Milan (Italie), experts en paléomagnétisme. C’est-à-dire l’histoire de l’orientation du champ magnétique terrestre qui change parfois d’orientation et laisse des traces dans les sédiments. « Il faut des conditions particulières pour pouvoir utiliser cette méthode », précise David Lefèvre. Notamment d’épaisses couches de sédiments qui couvrent de longues périodes pendant lesquelles ont eu lieu des inversions de polarité. « Ces conditions étaient réunies sur le site, ajoute le chercheur. Et la chance que nous avons eue est que les fossiles se situaient pile dans une couche qui a enregistré une inversion de polarité bien connue et bien datée. » L’inversion de « Matuyama-Brunhes » qui s’est produite il y a environ 773 000 ans.

    Et cet âge est particulièrement intéressant. « Nous avons très peu de fossiles entre 500 000 ans et 1 million d’années en Afrique. Or c’est dans cet intervalle que les paléogénéticiens estiment que la divergence entre la lignée africaine d’Homo sapiens et les lignés eurasiatiques de Néandertal et de Denisova aurait pu avoir lieu », indique David Lefèvre. Autrement dit, ces fossiles représentent une forme évoluée d’Homo erectus ancêtre de la lignée qui a conduit à Homo sapiens. « Ces résultats confortent l’hypothèse de l’origine africaine d’Homo sapiens », conclut le chercheur. Et ajoutent une pièce au puzzle de l’évolution humaine que les paléoanthropologues cherchent à compléter pour retracer l’histoire jusqu’au plus ancien représentant connu d’Homo sapiens, vieux de 315 000 ans et découvert, lui aussi, au Maroc.

    Xavier Boivinet

  • [Recette] Le carrot cake aux carottes purple haze et son glaçage

    [Recette] Le carrot cake aux carottes purple haze et son glaçage

    Il vous faudra :

    – 100 g de farine

    – 1 sachet de levure chimique

    – 60 g de noix de coco râpée

    – 100 g de beurre

    – 1 c.à c. de cannelle, gingembre et cardamome ou 2 c. à s. de mélange pour pain d’épices

    – 2 œufs

    – 170 g de carottes violettes

    – 100 g de sucre en poudre

    – Cream cheese, sucre glace et gousse de vanille ou arôme

    Une pâte compacte

    Pour commencer, épluchez vos carottes violettes ou purple haze. Râpez ensuite avec un robot spécial ou une mandoline. Si jamais vous achetez les carottes en grande quantité, Dzovig vous conseille de les conserver dans un tupperware avec de l’eau au frais pour ne pas qu’elles s’abîment. C’est valable pour tous les légumes qui poussent dans la terre.

    Mettez ensuite dans un saladier la farine, la noix de coco, le sachet de levure chimique, les épices que vous avez en fonction des deux possibilités, le sucre, les œufs et mélangez bien le tout. Vous obtenez une pâte un peu granuleuse ce qui est normal.

    Ajoutez ensuite le beurre que vous aurez fondu préalablement puis les carottes râpées. Mélangez de nouveau pour obtenir une pâte. Réservez. Beurrez le plat au pinceau si possible en utilisant les restes de beurre fondu que vous avez utilisé dans la recette.

    Versez la pâte dans le plat à la main, étalez bien pour mettre tout au même niveau. Faites préchauffer votre four et enfournez à 180° chaleur tournante, pendant 40 minutes.

    Un glaçage généreux

    Pendant que la cuisson est en train de se faire, vous pouvez réaliser un glaçage qui viendra ajouter de la gourmandise au gâteau. Pour cela pas de mesure exacte nécessaire. Vous pouvez l’adapter à la taille de votre gâteau. Pour cela, mélangez au batteur électrique du cream cheese type Philadelphia, du sucre glace et de la vanille soit en grattant une gousse soit avec de l’arôme en fonction de ce que vous avez sous la main. Réservez au frais.

    Une fois que le gâteau est cuit, attendez qu’il refroidisse un peu et étalez le glaçage par-dessus. Vous pouvez également y déposer des noix de pécan et saupoudrer de cannelle pour la déco et le croquant !

  • [Le grand entretien] Sanseverino : « Protégeons-nouset luttons »

    [Le grand entretien] Sanseverino : « Protégeons-nouset luttons »

    Sanseverino : Oui c’est un peu ça l’idée, même si on peut pas faire fermer leur gueule aux gens car ils ont la bouche un peu trop lourde. En tout cas, on essaie de leur dire que c’était pas mieux avant, mais c’est juste qu’ils ont perdu leur jeunesse, moi y compris. Après, c’est vrai que le monde actuel est critiquable. Regardez les horreurs qu’il se passe en ce moment aux États-Unis par exemple. Mais cet album, c’est aussi pour dire aux jeunes gens : « Courage, on va s’en sortir. »

    Dans votre album, vous dressez tout de même un tableau de la société peu reluisant à bien des égards. Quelles sont les lueurs d’espoir que vous décelez dans notre époque alors ?

    Sanseverino : C’est juste en y croyant qu’on va s’en sortir. Il faut chercher absolument à être heureux. Moi, je ne peux rien contre l’ICE. Que puis-je faire depuis chez moi en chaussettes, si ce n’est commenter des posts, contre cette milice ultra-violente, cocaïnée et défendue par un énorme pouvoir ? On ne peut pas se dire chacun dans son coin « tout est pourri » et se contenter de ça. Il faut faire des rencontres, des amis, des amours, consommer de l’art, être curieux de tout… C’est possible d’être heureux, sans oublier d’être solidaire avec les gens qui souffrent.

    Sur le titre éponyme de l’album, vous pointez « ceux qui disaient fuck off, rebelles de circonstance, se noient dans la Smirnoff et ont viré vieille France ». À qui pensez-vous en particulier ?

    Sanseverino : Pas à des gens connus, mais plutôt des copains qui ont quitté le perfecto pour, soit finir par devenir RN, soit baisser les bras. En vieillissant, on fatigue tous. Des gens votaient pour le Parti communiste il y a bien des années et votent RN aujourd’hui. Un truc par facilité qui les empêche de réfléchir. Après, la lutte est difficile. Les idées de gauche sont moins faciles à défendre parce qu’elles sont larges et contre le profit. Alors que celles de droite, sont plus simples et consistent à dire : « laisse-moi, je veux être tranquille et bourré de pognon ».

    Tentez-vous de ramener ces connaissances aux idées rances sur le chemin de la justice ?

    Sanseverino : Si je le fais, j’essaie de rester ouvert. Quand on a des amis, c’est pour la vie, même s’il a fait des conneries comme celles-là. Tant que les gens restent dans la discussion, moi, je veux continuer à parler avec les gens qui ne sont pas du même avis que moi. Ça me rappelle un peu les repas de fête où on se retrouve attablé avec le tonton facho. Après, avec ceux-là, faut éviter de parler de certains sujets car on sait comment ça va se finir et il ne changera pas d’avis.

    Sur le morceau « On n’est pas bien là ? », vous décrivez cette drôle d’époque où « on voit des flics courir derrière des pauvres geeks qui manifestent contre leur licenciement économique ». Qu’est-ce que vous inspire la situation sociale en France ?

    Sanseverino : La même chose qu’il se passe aux États-Unis, les morts en moins. Qu’est-ce qui va nous sortir de là ? Entre la gauche et la droite, je ne vois personne qui m’inspire, hormis des gens pas présidentiables, qui ont l’air d’être assez intelligents mais qui n’ont pas de personnalité assez forte. Moi qui suis né en 1961, je suis allé voter un paquet de fois. Même si j’estime que c’est utile, je suis déçu à chaque fois. Il faudrait peut-être que plus personne ne vote ou mettre en place un vote blanc généralisé pour qu’on s’aperçoive qu’il y a quelque chose à remettre en cause. Mais il n’y aura que mes copains qui m’écouteront. Regardez Macron aux dernières élections, il avait contre lui le RN. J’ai dû voter Macron la mort dans l’âme. Je le regrette mais je ne pouvais pas ne pas voter. Les gens dans la rue ne sont pas écoutés. Regardez, quand les pauvres infirmiers descendent dans la rue, tout le monde compatit. Mais pourtant, ils ont des conditions de travail ignobles dans les hôpitaux et continuent quand même à nous soigner, même fatigués et les yeux en vrac. Il y a toujours quelqu’un qui vous soigne, gratuitement avec une carte vitale. Même si la situation n’est pas géniale, on reste quand même dans un pays splendide avec des trucs qui ont été gagnés par des luttes. Aux États-Unis, ils en sont à demander des crédits parce qu’ils se sont cassés la jambe.

    Sur « Pas la guerre », vous évoquez les conflits sur le globe et de certains qui pensent : « La guerre est là-bas. Et c’est pas chez moi. Alors je ne dis rien, alors je ne fais rien. » Finalement, votre album dresse le constat d’une époque parfois effrayante, mais face à laquelle il ne faut pas se résigner…

    Sanseverino : Totalement. À quoi servent les manifestations par exemple ? D’abord, à se réunir, à parler ensemble. Au moins, on sait qu’on n’est pas seuls à se révolter contre une boucherie, quelle qu’elle soit. Si tout le monde continuait, ne serait-ce qu’à exprimer son désaccord, les choses pourraient quand même changer, même si la route est longue et dure. Les Américains, par exemple, se réunissent par milliers dans les rues depuis des mois. Même si des représentants du pouvoir continuent d’assassiner impunément, les manifestants ont réussi à faire virer l’espèce de nazi dont j’ai oublié le nom. Il sera peut-être remplacé par quelqu’un d’encore pire. Mais il faut bouger. Ne fermons pas les yeux. Les événements, aujourd’hui, chacun les voit depuis son téléphone. On est assailli par la violence. Donc, protégeons-nous et luttons.