Author: tecnavia

  • La maire de Toulon Josée Massi sera candidate à sa succession

    La maire de Toulon Josée Massi sera candidate à sa succession

    Dommage pour ceux qui annonçaient vendredi dans la presse que tout était plié. Dans un communiqué titré « Mon parti c’est Toulon », la maire de Toulon sans étiquette Josée Massi remet les pendules à l’heure, après avoir acté que la réunion avec la majorité qui s’est tenue jeudi soir en présence d’Hubert Falco et le sénateur LR Michel Bonnus, « n’a pas été conclusive ». Comme ne l’a pas été non plus l’échange qu’elle a eu avec ce dernier ce dimanche.

    « Je me considère légitime pour conduire la liste de la majorité aux prochaines élections municipales », affirme-t-elle donc à nouveau. Une légitimité qu’elle tire de l’action conduite depuis 2020 aux côtés d’Hubert Falco et avec la majorité, en tant que première adjointe, puis depuis 2023 en tant que maire. Avec une priorité, insiste Josée Massi, « celle de la transformation visible de Toulon et celle de l’amélioration du cadre de vie des Toulonnais ». C’est pourquoi, elle désire se concentrer aujourd’hui avant tout pleinement sur son action de maire.

    Et de poursuivre à l’attention d’Hubert Falco : « Je crois que je n’ai plus à prouver et rappeler ma loyauté, mon honnêteté et mon sens de l’intérêt général. » Lui laissant le soin de décider ce qu’il souhaite faire. En rappelant au passage qu’il l’a désignée lorsqu’il a été empêché en 2023 pour prendre les rênes de la ville et avait soutenu sa candidature dans un communiqué le 23 juin dernier.

    Et de poursuivre : « Je crois toutefois que les Toulonnais méritent mieux que des jeux de personnes, de places et de partis. » C’est dit. Elle estime pour sa part avoir tout fait pour que la majorité municipale reste unie. Il est temps donc de refermer la séquence des pourparlers stériles dont la finalité n’était au fond que de lui faire mettre genou à terre. « Je continuerai à prendre mes responsabilités comme je les ai toujours prises » , ajoute-t-elle. Aux autres d’en faire autant.

    Cela étant dit, en tant que maire sortante, elle n’est pas pressée d’officialiser sa candidature trop précocement : « Je poursuis le travail et je dirai ce que je ferai en temps voulu. Ce qui est certain c’est que beaucoup de Toulonnais me demandent de continuer et m’encouragent. C’est à eux que je pense. »

    Tant pis pour ceux qui la considèrent « trop à gauche pour être à droite ». « Les Toulonnais attendent de l’action, de l’écoute et de la proximité. Pas des promesses et des conciliabules en cercle fermé », assure la première magistrate du Port-du-Levant. Et de conclure : « J’ouvre ma porte à toutes et à tous pour continuer à agir pour Toulon maintenant et pour l’avenir. »

  • Pagnol et l’argile, valeurs sûres de l’attractivité touristique

    Pagnol et l’argile, valeurs sûres de l’attractivité touristique

    Malgré une période estivale contrastée, à cause de la canicule, des incendies, de la baisse du pouvoir d’achat, « l’été s’est plutôt bien passé en Pays d’Aubagne et de l’Étoile », constate Gérard Canavese, président de l’Office de tourisme. « Certaines destinations voisines, comme La Ciotat et Marseille, ont observé une baisse en juillet, alors que notre Office de tourisme intercommunal poursuit sa dynamique positive avec des fréquentations stables ou en hausse », relève-t-il.

    Parmi les « locomotives » de l’attractivité aubagnaise, Marcel Pagnol. Né en 1895 à Aubagne, l’académicien, écrivain, dramaturge et cinéaste est une « valeur sûre ». D’autant plus qu’avec la sortie mi-octobre du film d’animation de Sylvain Chomet, Marcel et Monsieur Pagnol, le sujet a une actualité. Cet été, 4 234 personnes ont visité la maison natale de Marcel Pagnol à Aubagne (+7% par rapport à 2024), 2 784 (+14%) le Petit monde de Marcel Pagnol. 1 382 Pass 2 musées ont été vendus (+17%).

    L’argile fait également office de moteur pour le tourisme. « La nouvelle visite guidée à la rencontre des maîtres de l’argile, à la poterie Ravel et chez Sicard, a été très appréciée en août », commente Gérard Canavese. Le petit train touristique a transporté 1 889 passagers, soit +16% par rapport à 2024 grâce à une opération de gratuité le dernier jour.

    Balades annulées

    Si le cinéma en plein air plaît toujours autant, à Aubagne, Auriol, Cuges-les-Pins, La Bouilladisse, St-Savournin, le vent a perturbé quelques séances. Le film a alors été diffusé dans une salle. Mais ce sont les balades théâtrales sur la thématique de Pagnol, dans le massif du Garlaban, qui ont payé le plus lourd tribut. « À cause du vent, et dans le cadre de la prévention des risques incendie dans les massifs, on a dû en annuler 4 sur 9, et rembourser 1 000 billets… Il faut trouver une alternative », observe Gérard Canavese. Le chiffre d’affaires de l’Office de tourisme a ainsi été amputé de 21% (il s’élève à 56 528 euros pour les prestations touristiques individuelles). Le marché de la céramique et des santons, Cours Foch, a souffert aussi de la chaleur. L’an prochain, des brumisateurs seront installés. Il a fait chaud aussi à Argilla, la biennale de l’argile, début août. Parmi les totales réussites, Gérard Canavese et Pascal Coudurier le directeur de l’Office de tourisme, mentionnent des soirées Chérie FM et Nostalgie. Sur l’Esplanade, à Aubagne, elles ont attiré en 4 soirées 12 500 personnes, et 1 850 en un soir à Auriol.

    Parmi les visiteurs de l’été, les étrangers augmentent de 12% (Belgique 36%, Allemagne 12%, Suisse 9%, Italie 9%, Canada 9%). Les Français qui visitent le pays aubagnais viennent pour 36% de Paca, 10% d’Île de France et 9% d’Auvergne Rhône-Alpes.

  • À six mois des municipales, le grand flou est largement en tête

    À six mois des municipales, le grand flou est largement en tête

    Les 15 et 22 mars prochains, Avignon va désigner son nouveau maire. À six mois du premier tour, le brouillard prédomine sur l’ensemble de l’échiquier politique. Le fait que Cécile Helle (PS) ait décidé de passer la main après deux mandats à l’Hôtel de ville ouvre le champ des possibles. Va-t-on vers une réduction du nombre de listes à l’heure où beaucoup de camps appellent à se rassembler ? Rien n’est moins sûr. Surtout à regarder les précédentes municipales, où les Avignonnais ont eu le choix entre 8 listes (2020 et 2008) ou 7 (2014).

    Six mois avant le scrutin, alors que l’élection est loin d’être la préoccupation actuelle des habitants, le temps est encore long pour sceller des alliances. Elles se concluent généralement avant la fin de l’année pour ensuite, en janvier, entamer réellement la campagne. Tour d’horizon des forces en présence.

    En annonçant, début février, sa volonté de ne pas briguer un 3e mandat, Cécile Helle laisse sa majorité dans l’inconnu.

    La gauche cherche un nouveau capitaine

    Sans désigner de dauphin, la maire voit aujourd’hui son équipe s’éparpiller « façon puzzle » comme elle le confiait il y a deux semaines. Rien n’est rédhibitoire à ce stade mais trois actuels élus entendent prendre le leadership : David Fournier (PS), Joël Peyre (PRG) et Paul-Roger Gontard (La Convention). En parallèle s’ajoute la candidature de Benoît Belvalette (Place publique), soutenue par le premier adjoint, Claude Nahoum.

    « L’union est un combat », disait déjà en février David Fournier. Elle l’est plus que jamais. Le choix des autres partis de gauche (PCF, Génération. s, les Écologistes…) devrait être déterminant pour faire pencher la balance. Quant à une alliance avec la France insoumise, la question reste entière, si tant est qu’elle soit partagée des deux côtés. Les insoumis ont voté, jeudi soir, en interne pour désigner une tête de liste, encore soumise à l’aval du national. Peyre, Gontard et Belvalette s’opposent fermement à un rapprochement. La porte est encore ouverte du côté de David Fournier.

    La droite et le centre à plusieurs voix

    Après trois mandats de Marie-Josée Roig jusqu’en 2014, la droite est quasi absente au conseil municipal. Seulement deux élus, dont Michel Bissière, conseiller régional, qui n’est plus LR mais divers droite. Il s’inscrit dans la démarche du bloc central présidentiel, baptisé Voix d’Avignon. Sous la férule de Julien Paudoie, élu à Rochefort-du-Gard, le collectif rassemble Renaissance, Horizons, le Modem et l’UDI. L’espace politique est assez ténu, certains regardent vers la gauche tendance Gontard-Peyre, d’autres vers la droite. Côté Les Républicains, l’ex-député Julien Aubert, qui a lancé il y a un an son club politique Avignon Passion, n’est pas encore officiellement candidat. Un profil très droitier, candidat en 2014 à… Carpentras, loin de séduire largement.

    Mais un autre homme pourrait faire la synthèse dans ce camp : Olivier Galzi. L’ex-présentateur du JT de France 2, qui a longtemps vécu et étudié à Avignon, se pose en « parti du bon sens ». S’il se laisse encore du temps avant d’acter ou non une candidature, il entretient des échanges poussés avec Julien Paudoie et Julien Aubert.

    Le RN s’embrouille les pistes

    À l’extrême droite, c’est aussi l’incertitude. Le RN, qui devrait communiquer dans cette dernière quinzaine de septembre, compte investir des candidats dans les villes de plus de 9 000 habitants, là où ses scores sont les plus élevés, espérant, après Le Pontet et Camaret en 2014 puis Morières en 2020, faire tomber dans son escarcelle d’autres petites ou villes moyennes. Quant à Avignon, malgré les ambitions affichées, le parti lepéniste perce moins : Marine Le Pen était arrivée 3e à la dernière présidentielle et n’a récolté que 37% des voix au second tour, et Catherine Jaouen a été délogée de son siège de députée par Raphaël Arnault (LFI-NFP).

    Cette dernière lorgne la tête de liste, tout comme la conseillère régionale et actuelle cheffe de file de l’opposition, Anne-Sophie Rigault. L’inimitié notoire entre les deux a un temps poussé le RN à réfléchir à un parachutage d’une personnalité nationale mais l’hypothèse a fait long feu. « Tout le monde sera très surpris », confiait à Vaucluse Matin la semaine dernière, Catherine Jaouen.

  • La fin du cuivre dans les réseaux numériques en 2030

    La fin du cuivre dans les réseaux numériques en 2030

    D’ici 2030, toutes les lignes téléphoniques et internet en cuivre du Vaucluse seront remplacées par un réseau en fibre optique.

    Le téléphone fixe et l’internet par communication ADSL, VDSL ou SDSL seront donc définitivement interrompus. Une nouvelle ère numérique, car l’ancien réseau ne « répond plus aux besoins actuels en matière de débit, de fiabilité et d’adaptabilité », précise dans un communiqué l’entreprise Orange, qui pilote l’opération, tout en invitant les usagers à anticiper le plus tôt possible la migration vers d’autres solutions technologiques (fibre, 4G/5G ou satellite). Cette technologie offre un débit qui est, d’après Orange, 60% supérieur, mais aussi plus robuste, quatre fois moins énergivore et moins sensible aux aléas climatiques que le cuivre.

    « Le réseau cuivre a aujourd’hui plus de 50 ans. Le besoin de connectivité des Français ne cesse d’augmenter et cela demande de la réactivité », précise ainsi Charles de Widerspach, directeur du programme d’arrêt du cuivre Grand Sud-Est. Ce remplacement a déjà été effectué dans 11 communes vauclusiennes, dont Valréas et Vaison-la-Romaine. D’ici 2030, la transition pour le reste des villes se fera en six autres phases.

    Population sensible

    « C’est surtout pour des territoires larges, où le signal doit traverser de longues distances, que cette technologie est bien plus efficace. À Avignon, par exemple, le cuivre fonctionne très bien car la population est dense », estime de son côté Florent Depasse, expert solutions chez Orange, tout en présentant les différences entre les deux réseaux dans l’un des trois répartiteurs de réseau d’Avignon ce vendredi 12 septembre. Devant lui, un mur immense constitué de dizaines de milliers de petits fils de cuivre. Puis, quelques mètres plus loin, son équivalent en fibre optique, au moins dix fois plus compact pour la même quantité d’informations transmises. « Cela fait quand même un petit pincement au cœur de démonter ce que les anciens ont monté avec passion. Mais ce sera bien plus fiable », confie le technicien.

    Une transition qui s’effectue aussi en lien avec les municipalités, notamment autour des populations sensibles, comme les personnes âgées. « On échange beaucoup avec les élus afin d’identifier ces personnes et proposer des offres spécifiques. Mais, bien souvent, il y a juste un téléphone fixe à remplacer, car vieux de plusieurs dizaines d’années », affirme Lionel Chambenoit, directeur territorial de Vaucluse chez Orange.

  • « Pour l’honneur de Gaza » sur l’écran du Gyptis

    « Pour l’honneur de Gaza » sur l’écran du Gyptis

    « Je me suis dit : chez moi plutôt qu’ailleurs. Au moins, ils trouveront mon corps dans ma maison. Mourir sur sa terre, c’est mieux que l’exode », témoigne l’un des nombreux protagonistes de Pour l’honneur de Gaza. Dans ce documentaire projeté vendredi 19 septembre au Gyptis, Iyad Alasttal raconte la survie mais aussi les espoirs des habitants de cette ville bombardée sans relâche par l’armée israélienne, à travers une galerie de personnages allant d’un pêcheur à un marionnettiste en passant par des musiciens.

    « Depuis le début de la guerre, on entend souvent qu’un seul narratif qui les décrit comme des animaux sauvages. On ne considère aussi les morts et les déplacés que comme des chiffres », a déploré sur France 24 le journaliste palestinien, qui sera présent au cinéma de la Belle de Mai pour échanger avec le public. Avec Pour l’honneur de Gaza, Iyad Alasttal remet leur humanité au centre, tandis que l’épuration, la colonisation et la famine organisée par Israël se poursuivent en toute impunité. « La plupart des médias ne montrent jamais la vie quotidienne : comment un enfant fait pour aller à l’école, comment un salarié fait pour se rendre au travail », précise-t-il. Comme le regrette une jeune fille dans le documentaire, « nous vivons dans un monde hypocrite qui prétend défendre les droits de l’homme et qui ignore les nôtres à Gaza ».

    Séance au Gyptis à 19h

  • Ardant, Dutronc ou Chedid seront sur la scène vauclusienne

    Ardant, Dutronc ou Chedid seront sur la scène vauclusienne

    Depuis plus de quatre décennies, le Conseil départemental de Vaucluse possède sa propre scène : l’auditorium Jean-Moulin au Thor, fort de près de 600 places.

    « L’épicentre culturel de Vaucluse », ose Élisabeth Amoros, vice-présidente LR déléguée à la culture. Une salle, il est vrai, centrale géographiquement, disposant de parkings, et de tarifs abordables entre 8 et 42 euros *. La saison 2025-2026, qui démarre le 11 octobre et présentée il y a 10 jours, se tient « dans un contexte budgétaire contraint », rappelle l’élue en soulignant que sa majorité « a fait le choix de préserver intégralement le budget de la culture ».

    L’auditorium, géré depuis trois ans par Sophie Duffaut, dispose d’un budget de 460 000 euros. Dont une partie est destinée à des spectacles pour les scolaires. Plus de 8 000 élèves issus de 105 établissements y ont été accueillis l’an dernier. La salle de spectacles a aussi pour ambition de renforcer les résidences d’artistes, à l’instar d’Agnès Jaoui, venue préparer et lancer en janvier dernier la tournée de son dernier album.

    Timsit et Demaison se donnent la réplique

    « Notre établissement continue d’ouvrir grand ses portes à la diversité des expressions artistiques et au plaisir du partage », se targue, dans l’édito de présentation, la présidente du Département, Dominique Santoni (LR). Humour, concert, magie, danse ou théâtre seront proposés aux spectateurs.

    Pour les trois coups, le 11 octobre, place à l’humour avec Yann Marguet, vu et entendu sur Quotidien et France Inter. Dans le même registre, Marine Leonardi le samedi 14 mars ou Blandine Lehout le jeudi 2 avril, seront sur scène pour faire rire. Alex Lutz, avec une touche sensible, revient pour la seconde année consécutive au Thor (7 mai) avec Sexe, grog et rocking-chair, qui parle d’un père absent. Patrick Timsit et François-Xavier Demaison misent sur l’humour noir dans la pièce La Famille (15 janvier).

    Fanny Ardant foulera pour la première fois les planches de l’auditorium, le 23 novembre, dans un seul en scène, intitulé La Blessure et la soif. La chanson française n’est pas oubliée avec des noms qui évoquent les filiations artistiques : Louis Chedid (16 octobre) ou Thomas Dutronc (5 décembre). Côté danse hip-hop, le chorégraphe Mourad Merzouki (2 décembre) présentera Cartes blanches.

  • Lecornu commence son opération séduction

    Lecornu commence son opération séduction

    « J‘ai décidé de retirer la suppression de deux jours fériés », a déclaré le nouveau chef de gouvernement, dans son premier entretien accordé à la presse quotidienne régionale, publié après un déplacement à Mâcon samedi.

    Quatre jours à peine après sa nomination, le nouveau Premier ministre, qui avait promis une « rupture » en arrivant à Matignon, a assuré aux quotidiens régionaux qu’il misait sur « le dialogue avec les partenaires sociaux » pour trouver « d’autres sources de financement » que l’abandon de deux jours fériés qui, selon François Bayrou, devait rapporter 4,2 milliards d’euros dans le budget 2026. En revanche, Sébastien Lecornu a coupé court aux spéculations sur une réouverture du conclave entre syndicats et patronats sur les retraites : « il n’en a jamais été question ».

    Interrogé sur l’éventuelle mise en place d’une taxe sur les très hauts patrimoines dite « Zucman » et le renoncement au 49.3, il est resté prudent. Pour la première, il s’est dit soucieux du « patrimoine professionnel » et pour le second, il préférerait ne pas l’utiliser mais ne veut pas se démunir d’emblée de cet outil constitutionnel pour faire adopter le budget.

    Tendant la main à la gauche pour une « discussion parlementaire moderne et franche, de très bon niveau » avec les socialistes, les Écologistes et le Parti communiste pour sortir de l’impasse budgétaire, il a aussi annoncé le lancement d’une nouvelle réforme de décentralisation, et plus symboliquement la suppression des avantages bénéficiant aux anciens ministres.

    « Envoyer le budget Bayrou aux oubliettes de l’histoire »

    Si le retrait de la suppression des jours fériés est qualifié de « première victoire » par Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT et une « première bonne nouvelle » pour Marylise Leon de la CFDT, l’heure reste à la grande mobilisation programmée pour jeudi. « Nous voulons battre le fer pendant qu’il est chaud, envoyer l’ensemble du musée des horreurs du budget Bayrou aux oubliettes de l’histoire », a encore résumé dimanche Sophie Binet.

    De son côté, le président de la FNSEA Arnaud Rousseau a annoncé dimanche qu’« une grande journée d’action » aura lieu le 26 septembre autour des questions des échanges internationaux pour les produits agricoles. Quant au patronat, il est monté au créneau par la voix du président du Médef Patrick Martin pour avertir que le gouvernement ferait face à « une grande mobilisation patronale » sous la forme de meetings de milliers de chefs d’entreprise si les impôts sur les sociétés augmentaient.

    Dans la sphère politique aussi, les réactions ne se sont pas fait attendre. « Tout le monde a compris la manœuvre : renoncer aux deux jours feriés pour maintenir toutes les autres mesures toxiques du budget Bayrou », tacle le sénateur communiste Ian Brossat, avant de conclure : « Si c’est ça, Lecornu finira censuré comme les autres ».

    « Si le Premier ministre souhaite demeurer en poste, il doit comprendre qu’il y a une soif de changement dans le pays. (…) La rupture, c’est suspendre la réforme des retraites, c’est permettre l’augmentation des salaires », a rappelé le député Philippe Brun sur Franceinfo. « Nous ne souhaitons pas, nous Écologistes, que M. Lecornu reste Premier ministre. Nous trouvons qu’il n’a rien à faire là », a pour sa part asséné Marine Tondelier dans l’émission Le Grand Jury RTL.

    À droite, le patron des LR Bruno Retailleau a posé ses conditions pour participer au gouvernement : la lutte contre l’immigration et « l’assistanat » et le refus de la taxe Zucman sur les hauts patrimoines.

  • 80 ans après sa création, le combat pour la Sécu continue

    80 ans après sa création, le combat pour la Sécu continue

    Constat sans appel pour les participants au débat « 80e anniversaire de la sécurité sociale et alternative à l’austérité » : notre système de soins et notre protection sociale vont mal. « La France a reculé au 23e rang sur 27 des pays de l’OCDE en matière de mortalité infantile », souligne Caroline Chevé de la FSU. « Par exemple, il y a 14 médecins aux urgences de Perpignan alors qu’il en faudrait 45 », surenchérit Laurent Brun (CGT).

    Pour Yannick Monnet, député communiste de l’Allier, c’est la conséquence des logiques qui éloignent la Sécu de ses principes fondateurs. « De 1945 jusqu’à maintenant l’évolution du rapport de force à modifier des choses, notamment sur la gouvernance », analyse-t-il, vivement opposé à la fiscalisation des ressources de la Sécu introduite par la CSG et à l’objectif national de dépenses de l’assurance maladie (Ondam). « Le pouvoir politique définit quelle va être l’enveloppe Ondam et ensuite on essaye de répartir selon les besoins, c’est le contraire qu’il faut faire : il faut partir des besoins pour ensuite définir les ressources », avance le député PCF.

    Selon Caroline Chevé, l’affaiblissement de la Sécu provoque l’explosion du secteur assurantiel et lucratif « où chacun cotise selon ses besoins : on paye plus cher si on est plus vieux, plus malade, et on reçoit selon ce qu’on a eu les moyens de se payer », résume-t-elle. Une logique totalement contraire à celle de la Sécu. De même, la dirigeante syndicale insiste sur le principe d’universalité de la Sécurité sociale qui « doit valoir pour tous » y compris les assurés sociaux aisés car « une Sécu réservée aux plus démunis, c’est la petite musique des libéraux pour ensuite développer tout un discours sur les “assistés” ».

    Constitutionnalisation

    Laurent Brun veut renouer avec la gestion démocratique de la Sécurité sociale : « La cotisation appartient aux salariés, c’est une part de leur salaire. On n’imagine pas que les employeurs nous disent comment on utilise notre salaire. On refuse la fiscalisation de la Sécu qui justifie que l’État s’en mêle. Est-ce que si on propose le paritarisme pour gérer les profits, les patrons réagiraient bien ? On entendrait parler de spoliation ». En attendant, la priorité de la CGT « c’est de dégager le lucratif ».

    Les trois intervenants s’accordent sur l’importance de porter avec force une ambition pour la Sécurité sociale du XXIe siècle à l’occasion des manifestations anti-austérité du 18 septembre.

    Sur le plan institutionnel, Yannick Monnet annonce pour conclure qu’il s’apprête à présenter une proposition de loi, travaillée avec Pierre Dharréville lorsqu’il était député, pour constitutionnaliser l’existence de la Sécu. Une manière de la sanctuariser mais aussi d’inscrire le principe de sa gestion par les premiers intéressés et de son financement par la cotisation.

  • Fabien Roussel aux riches : « Rendez l’argent ! »

    Fabien Roussel aux riches : « Rendez l’argent ! »

    À propos de la situation politique, il considère que « la chute du gouvernement Bayrou ne règle rien. Le fusible a sauté mais le tableau électrique est toujours en place ». Pour lui Bayrou ou Lecornu, c’est « chou vert et vert chou ».

    « Je voudrais dénoncer les provocations policières sur instruction de M. Retailleau », indique-t-il à propos du 10 septembre tout en considérant que c’est un premier succès. « Le bloqueur en chef, c’est le président de la République, place au peuple ! Le seul message que nous avons à faire passer : faire appel à l’intervention des salariés et de la jeunesse pour être très très nombreux le jeudi 18 septembre », martèle-t-il.

    « Cette colère immense qui monte porte en elle quelques germes d’espoir qu’il faut entretenir. Tous ces gouvernements nous ont fait les poches pour remplir celles des riches, c’est un fait et cette prise de conscience de classe progresse », affirme Fabien Roussel. En la matière, le communiste prévient : « nous serons intransigeants, irréductibles même : les sacrifices, c’est terminé, qu’ils prennent aux riches ! » Il rappelle qu’en 2017, à la prise de fonction d’Emmanuel Macron, « les 60 plus grandes fortunes cumulent 600 milliards aujourd’hui c’est 1 200 milliards d’euros, le double en 8 ans ! C’est un braquage des finances publiques, de nos poches vers leurs poches. Cet argent c’est celui de notre travail, de nos impôts. Rendez l’argent ! »

    Le maire de Saint-Amand-les-Eaux, insiste : « Que les choses soient claires : il y a besoin de ruptures claires et franches, sans quoi les mêmes causes produiront les mêmes effets et s’il le faut nous appuierons sur le bouton de la censure. Si le président de la République menace d’une dissolution, et bien dont acte, nous n’avons pas peur d’en revenir au peuple. Avant cela nous communistes, nous voulons l’intervention du monde du travail pour que les travailleurs et la jeunesse prennent la main. Notre priorité c’est de le mettre la pression la plus forte, la plus totale ».

    Dans cette période d’instabilité, le PCF porte quatre exigences : « 1, toutes les mesures toxiques et scandaleuses du budget Bayrou, dehors ! Niet, on n’en veut pas. 2, une augmentation générale des salaires. 3, abrogation de la réforme des retraites. 4, de la justice fiscale, que les gros payent gros et que les petits payent petit », énumère Fabien Roussel.

    Déterminé à incarner le « parti pris du travail et de la paix », il propose « de mettre 500 milliards d’euros sur la table en 5 ans. Ça peut vous paraître fou quand on dit partout qu’il faut faire des économies mais c’est le choix que la France doit faire : investir massivement. Nous devons retrouver la France des bâtisseurs. Une France unie, heureuse de se retrousser les manches pour réparer le présent et construire l’avenir, sans exploitation, sans gaver les actionnaires. Quand ils vous parlent de la dette, parlez-leur de vos enfants, nous avons besoin d’investir ».

    Fabien Roussel souligne l’importance d’agir sur le pouvoir d’achat avec une échelle mobile des salaires, un Smic à 2000 euros bruts, une augmentation des pensions et 10% de plus sur le point d’indice des fonctionnaires.

    Concernant la situation internationale, le secrétaire national du PCF affirme : « Le droit international, ils sont nombreux à vouloir le faire respecter en Ukraine, nous nous voulons le faire respecter partout et donc aussi pour les peuples cubain, sahraoui, kurde et, bien sûr, nous sommes au côté du peuple palestinien qui subit un génocide. Comme supporter l’inaction de tous ces gouvernements dont celui de la France quand 18 000 enfants sont morts sous les bombes ou sous les balles de l’armée israélienne ? Ce gouvernement d’extrême droite comme les dirigeants du Hamas devront rendre des comptes devant la justice internationale, à l’Humanité tout entière », estime-t-il. « La France doit agir vite. Il faut briser le blocus à Gaza et apporter l’aide humanitaire en urgence. Je demande solennellement au président de la République de mettre en place une flottille de solidarité officielle, encadrée par les marines nationales des pays volontaires », avance le communiste.

    Alors que la délégation de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) venue assister à son meeting est acclamée par la foule, Fabien Roussel, lance : « Comme Mandela en son temps, nous plaçons dans Marwan Barghouti qui doit être libéré et l’OLP tous nos espoirs pour une Palestine libre, démocratique et laïque, au côté du peuple israélien ».

    Très sévère à l’égard du RN dont les représentants « rendent l’étranger responsable de tous les maux de la terre », Fabien Roussel considère que « Nous avons besoin que la gauche soit au rendez-vous pour retrouver le chemin du peuple. C’est la condition pour construire les victoires de 2026 et 2027. Le rassemblement, nous n’avons que ce mot à la bouche », avance-t-il devant les responsables de toutes les formations de gauche venus l’entendre à l’exception de la France insoumise pourtant présente avec un stand sur la Fête de l’Humanité. Une volonté de rassemblement qui ne l’empêche pas de militer pour un regain d’influence du PCF, bien au contraire. « Nous avons besoin, pour que la gauche gagne, d’un Parti communiste plus fort dans les quartiers, les entreprises et les villages. Je suis fier d’être le secrétaire national du plus beau parti de France à l’initiative des plus belles conquêtes de notre pays. Franchissez le pas, rejoignez la famille, le Parti communiste français ! », conclut-il.

  • L’OM rêve de dépoussiérer sa belle étoile

    L’OM rêve de dépoussiérer sa belle étoile

    La nouvelle formule, testée la saison dernière, sera-t-elle la bonne ?

    Car depuis son sacre de Munich, en 1993, la Ligue des champions n’a pas toujours été tendre avec l’OM. En témoigne le fiasco face au Panathinaïkos, il y a deux ans. Les Olympiens disputaient face aux Grecs le troisième tour de qualification, duquel ils ont été incapables de sortir. Malgré un doublé de Pierre-Emerick Aubameyang au Vélodrome.

    Deux ans plus tôt, sous la houlette d’Igor Tudor, la malédiction s’est répétée. Mais cette fois, l’OM était qualifié pour la phase de groupes. Opposé à Tottenham, Francfort et au Sporting du Portugal, ses chances de qualification étaient réelles. Mais malgré deux succès contre les Portugais, le parcourt marseillais n’est pas allé plus loin, plombé par les défaites face aux Anglais et aux Allemands.

    La plus douloureuse étant celle au Vélodrome contre Tottenham. Où quelques secondes après que Sead Kolasinac a raté la balle du 2 – 1 pour son équipe, un contre anglais, ponctué par Pierre-Emile Höjbjerg, faisait voler en éclats les rêves olympiens.

    Ce match résume les difficultés phocéennes à renouer avec le passé prestigieux du club. En témoigne le triste record de treize défaites consécutives, établi entre le 13 mars 2012 à Milan contre l’Inter et le 25 novembre 2020 au Vélodrome face à Porto.

    Humilité et ambition

    Une série négative dont la première échéance avait pourtant permis à l’OM de qualifier pour les quarts de finale. Le but rocambolesque de Brandão restant ainsi le dernier fait d’armes olympien en C1.

    Les entraîneurs qui se sont succédé sur le banc ont répété que l’objectif était de qualifier le club pour la Ligue des champions chaque saison. Ce fut presque le cas puisque lorsqu’Albert Emon, Erik Gerets, Didier Deschamps et Elie Baup, les Olympiens ont participé à six phases de groupes, se qualifiant à deux reprises pour les huitièmes de finale.

    La campagne qui débute mardi à Madrid sourira-t-elle enfin aux Phocéens ? Roberto De Zerbi a annoncé la couleur, après la victoire contre Lorient. « Nous y allons avec humilité. Le Real, ce n’est pas n’importe qui. Mais aussi avec de l’ambition, car l’OM club a une histoire dans cette compétition, notre maillot pèse lourd en Ligue des champions. Le club, la ville, le public nous imposent de l’ambition. »