Author: tecnavia

  • La Grèce invitée d’honneur du salon du livre métropolitain

    La Grèce invitée d’honneur du salon du livre métropolitain

    « Cet événement s’inscrit dans le cadre de Capital bleu qui entrevoit l’eau comme un récit métropolitain célébrant le lien entre l’homme et la mer », présente Daniel Gagnon délégué à la culture à la Métropole.

    Un salon dédié à l’économie du livre au sens large. « L’idée ici est de faire une fête du livre et pas un salon standard avec simplement de la vente de livres. Mais plutôt, un événement d’ampleur où de nombreuses rencontres ponctuent ces 3 jours, sans oublier des événements festifs », relaie Véronique Vassiliou chef de projet livre et lecture à la Métropole.

    Vingt-cinq conférences et rencontres sont prévues avec des traducteurs et auteurs venus d’Athènes, Thessalonique, Palerme… Un banquet littéraire offrira des causeries assorties de dégustations, animées par des spécialistes. À noter qu’il est gratuit et sur inscription physique sur site dès 14h, le samedi 18 septembre.

    La Grèce dans toute son ampleur sera mise à l’honneur : mer, archéologie, films, musiques, chants, danse, avec notamment la venue du grand cinéaste Costa Gavras.

    Trois expositions photographiques sont aussi à découvrir dont l’une dédiée à la BD autour des voyages d’Astérix célèbre explorateur du bassin méditerranéen.

    Synergie locale

    « On a aussi beaucoup travaillé avec les acteurs locaux, la communauté hellénique de Provence, de l’étang de Berre jusqu’à l’embouchure des Salin-de-Giraud », insiste Véronique Vassiliou. Sans oublier la mise en lumière de la traduction de la littérature grecque en France. « qui est assez peu traduite » regrette-t-elle. L’occasion de parler d’un dispositif tout à fait unique. « Depuis une 15e d’année, le CIPM a imaginé un atelier collectif et mutuel de traduction entre des poètes français et des poètes d’une autre langue » expose François Lespiau responsable de l’action culturelle au sein du Centre international de poésie Marseille (CIPM). « Cette année, 3 auteurs grecs sont invités en amont du salon et accueillis pour travailler avec 3 poètes français qui vont les traduire collectivement en temps réel jusqu’à parvenir à une forme qui correspond à un poème français qui est un décalque du Grec » détaille-t-il. Une belle aventure humaine publiée grâce à un acteur local Zoème, à la fois galerie, librairie et une maison d’édition indépendante. « Au moment du salon, des lectures bilingues ont aussi lieu. » Quelques mois plus tard ce sont les auteurs français, qui partiront à Athènes pour être traduits par les poètes grecs.

    ampmetropole.fr

  • Le penalty qui ne passe vraiment pas du côté olympien

    Le penalty qui ne passe vraiment pas du côté olympien

    C’est l’action de la soirée qui a entraîné bien des regrets et doutes.

    Lorsque Istvan Peljto, après consultation de l’assistance vidéo, offre un second penalty à Kylian Mbappé, l’arbitre voyant une faute de main sur la chute de Facundo Medina, bousculé par Vinicius. Pour Roberto De Zerbi, il n’y a pas à hésiter. « Je pense qu’il n’y a pas penalty, c’est honteux, je suis désolé de le dire. Je l’aurais dit même si c’était de mon côté. »

    Du côté des observateurs présents au stade, il y a une certitude. « Pas de penalty, mais peut-être une compensation pour le carton rouge donné à Carvajal » ont confessé plusieurs journalistes espagnols ainsi qu’Ivan Guti, ancien joueur du Real, du temps des Galactiques.

    « Je ne veux pas faire de connexion »

    Cette décision ravive les doutes sur le supposé privilège dont bénéficierait la « Maison blanche » auprès du corps arbitral. En championnat d’Espagne, chaque sortie du Real connaît au moins une décision contestable. Mais mardi, Roberto De Zerbi a tenu à tempérer son propos. « L’arbitre est Bosnien, je ne veux pas faire une connexion. »

    Néanmoins, le doute demeure dans les esprits marseillais. Comme l’a fait savoir Medhi Benatia. « Subir un tel penalty, c’est un peu dur. Le joueur est sur le ballon, et le sanctionner me semble très sévère. »

    Samir Nasri est quant à lui plus direct. « Pour n’importe quelle équipe, on serait en train de crier au scandale. J’aimerais bien écouter les explications de l’arbitre pour savoir pourquoi il siffle penalty ! » a commenté le consultant de Canal+, diffuseur de la rencontre.

    Du côté du Real Madrid, Xabi Alonso a botté en touche sur la question. « Je n’ai pas revu les images. Je ne peux donc pas me prononcer sur la question », a répondu l’entraîneur des Merengues.

  • L’OM a pris sa première leçon européenne au Real

    L’OM a pris sa première leçon européenne au Real

    « Nous les avons peut-être trop regardés et été victimes du syndrome Bernabéu » Medhi Benatia

    Entamer sa campagne de retour en Ligue des Champions, c’est un peu comme si un élève de CM2 passait directement au lycée.

    Les Olympiens appelés à disputer le match d’ouverture à Santiago Bernabéu sont apparus pleins de bonnes volontés. Ils ont même su se surpasser à certains moments de la soirée, poussés par l’important contingent de supporters qui avaient fait le voyage. Malheureusement, il y a eu quelques petits moments de déconcentration payés au prix fort.

    Comme un écolier qui débarque dans la cour des grands, les Phocéens ont eu besoin d’un gros quart d’heure pour prendre la mesure de ce qu’ils vivaient. « Nous avons peut-être trop regardé le Real à ce moment-là, en étant victime du syndrome de Bernabéu », a reconnu Medhi Benatia. Il a sans doute revu ses premiers pas au plus haut niveau, avant qu’il ne devienne un taulier au Bayern ou à la Juventus.

    De son côté, Roberto De Zerbi estime plutôt que ses joueurs « ont eu un peu d’appréhension lorsqu’ils sont entrés sur la pelouse ». Pour l’entraîneur marseillais, la bascule a été l’expulsion de Dani Carvajal. « C’était le moment de prendre plus de risques. Nous aurions pu gagner, c’est dommage. »

    Abonnement régulier

    L’OM, en tant qu’intermittent de la Ligue des Champions, est visiblement loin d’une équipe comme le Real, qui non seulement y participe chaque saison, mais qui est aussi une des rares à pouvoir prétendre à une victoire finale dès la première journée. Malgré des participations régulières aux autres compétitions européennes, une finale et deux demi-finales, perdues, ces dernières années, cette expérience n’est pas suffisante pour exister en Ligue des Champions.

    Les Olympiens ont pu s’en rendre compte lors de leurs dernières participations. S’ils sont restés une équipe de haut niveau, ils doivent désormais réapprendre le très haut niveau. Ce qui passe par un abonnement régulier à l’épreuve.

    Roberto De Zerbi s’interroge sur les progrès à réaliser. « Je ne sais pas ce qu’il nous a manqué », soupire-t-il. Il revoit la seconde période, durant laquelle son équipe aurait pu faire la bascule positive. « Après le rouge, j’aurais aimé voir quelque chose d’autre. Je ne sais plus combien de minutes se sont écoulées entre cette expulsion et le penalty, mais j’aurais aimé voir plus de fierté, d’ambitions. »

    Quant au fait d’être en mesure de hausser le rythme, de répondre à l’exigence du très haut niveau, il est franc. « Nous sommes conscients que ce type de match doit être notre normalité. Quand vous vous habituez à jouer ce type de match, vous affrontez les choses différemment. Je pense au PSG maintenant. »

    Le PSG qui sera le prochain adversaire, dimanche au Vélodrome. L’OM aura là l’occasion de disputer son second match de Ligue des Champions. Même de manière officieuse, ce sera une manière de voir si la première leçon de très haut niveau reçue à Madrid a été retenue. Avec une touche d’espoir chez Roberto De Zerbi. « J’ai une grande équipe, très forte. Nous avons joué à notre niveau maximal au Real. Maintenant, j’espère que nous pourrons continuer à travailler dans ce sens. »

    Il admet ne pas être devin. « J’ignore ce que nous allons faire dans le futur, mais j’espère que nous arriverons à un niveau très haut. Nous avons bien travaillé à Madrid, j’ai aimé la manière dont nous avons joué. Maintenant, il nous faut voir le niveau que nous pourrions atteindre. »

  • Coluche et les Restos du cœur à l’honneur de la 88e édition du Bol d’Or

    Coluche et les Restos du cœur à l’honneur de la 88e édition du Bol d’Or

    Le monde de la moto s’apprête à se réunir au circuit Paul-Ricard pour un grand week-end de compétitions. Le Bol d’Or, 88e du nom, se déroule du 18 au 21 septembre sur le tracé varois du Castellet. Une édition particulière qui verra Coluche et les Restos du cœur être mis à l’honneur par les organisateurs.

    Cinquante quatre équipes se sont inscrites pour ce nouveau Bol d’Or, soit un nouveau record. Hormis l’étape japonaise le mois dernier, jamais autant de motos n’ont été alignées pour une course comptant pour le championnat du monde d’endurance. Parmi les engagés cette année : Tom Pagès, multiple médaillé aux X-Games et spécialiste de la motocross freestyle. Dans le même équipage, celui de Moto Revue/Moto Journal, Vincent Philippe sera également présent. Il est lui, un nonuple vainqueur du Bol d’Or et figure historique de l’épreuve. L’ancien pilote Moto GP Mike di Meglio sera en lice pour être champion du monde EWC.

    Mise en avant de Coluche et des Restos du cœur

    En effet, le Castellet accueille la dernière étape de la saison 2025 et tous les titres seront décernés à l’issue du week-end. Une lutte à trois, voire quatre, se tiendra au circuit Paul-Ricard pour couronner le trio gagnant après une longue année où la bataille a été intense sur toutes les courses. Au classement, la Yamaha de l’écurie Yart occupe actuellement la tête avec seulement un point d’avance sur BMW Motorrad World Endurance Team. La Kawasaki de Mike di Meglio et la Suzuki d’Étienne Masson sont également toujours en course pour être sacrés.

    Avec l’opération Les Motards ont du cœur, le Bol d’Or va rendre hommage à Coluche tout au long du week-end. Il y a 40 ans, le célèbre humoriste battait le record du monde de vitesse à moto, au guidon d’une Yamaha TZ 750. La semaine suivante, il créait les Restos du cœur. Pour l’occasion, cette moto fera deux tours de démonstration, vendredi. D’autres actions sont menées par le Bol d’Or, en lien avec les Restos du cœur. Les spectateurs peuvent donner 1 euro en achetant leur billet. Les partenaires offriront un euro par tour réalisé par les trois motos de tête. Une exposition photo dédiée à Coluche se tiendra également alors qu’un casque sera à gagner parmi les donateurs. Michel Colucci – son vrai nom – sera donc au cœur des festivités de cette 88e édition de la mythique épreuve moto.

  • « L’Hérault est le 5e département en exploitations bio »

    « L’Hérault est le 5e département en exploitations bio »

    Toutes les semaines dans La Marseillaise, nous invitons une personnalité des départements du Gard ou de l’Hérault à répondre à nos questions. Ce vendredi, Magali Boisset, présidente du Centre d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural bio (Civam bio) de l’Hérault nous parle, entre autres, des missions de l’antenne héraultaise et de l’état de l’agriculture biologique.

    LM : Quel est le rôle du Civam bio ?

    M. B. : Le Civam bio a le rôle d’un GAB (Groupement d’agriculteurs biologiques). Il s’agit d’associations présentes dans la plupart des départements, qui s’occupent de défendre et promouvoir l’agriculture biologique. Nos missions sont de pérenniser les exploitations et les entreprises bio, ainsi que d’essayer d’augmenter les surfaces et le nombre d’exploitations en bio sur l’Hérault. L’antenne a été créée en 1986, nous allons donc fêter l’année prochaine les 40 ans du Civam bio de l’Hérault.

    Nous organisons plusieurs formations – qui vont de la vigne aux poules, en passant par les arbres fruitiers -, notamment pour les reconversions, quand on est déjà installé.

    Civam bio 34

    Agriculture biologique

    La Marseillaise : Quel est l’état de l’agriculture biologique dans l’Hérault ?

    Magali Boisset : D’une manière générale, l’Hérault est le cinquième département français en nombre d’exploitations bio, avec 1 575 fermes en 2024.

    L’agriculture biologique est en recul en France, comment l’expliquer ?

    M.B. : Au niveau national, l’agriculture biologique est un petit peu maltraitée, surtout par les politiques actuelles – on l’a vu dernièrement avec la loi Duplomb. Alors qu’en fait, au niveau local, c’est une force importante, ça parle aux élus locaux. N’importe quelle personne qui habite à côté d’un agriculteur préfère être à côté d’un agriculteur bio, ça paraît évident. Il n’empêche qu’il faut se battre pour continuer à avoir des subventions et promouvoir ce type d’agriculture. L’agriculture bio est le seul signe officiel de qualité, qui garantit par la loi 0 produit chimique de synthèse et le bien-être animal. C’est un beau signe de qualité qu’il faut absolument conserver, même si même si tout système peut être amélioré.

    Comment expliquer le décalage entre le bio, boudé, et l’agriculture traditionnelle qui utilise pesticides et insecticides ?

    M.B. : Pour moi, ce sont les intérêts économiques d’opérateurs qui pèsent très lourd dans la balance. Le poids qu’ils représentent par rapport à nous, petits agriculteurs bio, n’est pas le même. Il faut que le consommateur ait conscience de ça parce que quand il soutient un type d’agriculture, les politiques sont bien obligés de se ranger.

    Parcours

    La Marseillaise : Quel est votre parcours avant d’arriver au Civam bio ?

    Magali Boisset : Je me suis installée en poules pondeuses bio il y a 5 ans à Vacquières, dans l’Hérault. C’était une reconversion professionnelle, avant j’étais fonctionnaire du ministère de l’Agriculture dans différentes structures. Et au moment de mon installation, la Civam a été la seule structure qui a été à l’écoute de mes besoins et là pour moi. Par la suite, j’ai trouvé intéressant de m’engager auprès de cette structure. D’abord en tant qu’administratrice au sein du Conseil d’administration et depuis le mois de juin dernier en tant que présidente. Pour moi, c’est vraiment une structure précieuse, à l’écoute des petits agriculteurs biologiques, ce qui n’est pas toujours le cas d’autres structures. Ça nous permet de nous sentir moins seuls, de nous fédérer, d’échanger entre nous. La Civam organise beaucoup de formations qualitatives et adaptées aux petits agriculteurs bio. Elle organise aussi des groupes d’échange, des journées thématiques gratuites adaptées en fonction des besoins des agriculteurs. Ça nous permet de créer des réseaux entre nous, par exemple je fais partie d’un groupe technique où on se retrouve avec d’autres éleveurs de poules pondeuses bio, pour développer l’entraide, progresser sur nos pratiques.

    Avec la multiplication des labels biologiques dans
    les supermarchés, existe-t-il un risque de perdre
    le consommateur ?

    M.B. : Oui, je trouve ça vraiment dommage cette multiplicité de cahiers des charges privés, où la personne qui dépose cette marque peut mettre ce qu’elle veut dans son cahier des charges. Ça perd le consommateur par rapport au signe de l’Agriculture biologique, seul signe officiel de qualité reconnu au niveau européen, qui s’applique à tous les pays d’Europe.

    Certains s’apparentent à du greenwashing ?

    M.B. : C’est ça, alors que l’agriculture biologique est le seul signe officiel qui garantit vraiment aux consommateurs le respect de ce 0 produit chimique et de ce bien-être animal. C’est reconnu officiellement et contrôlé par des organismes certificateurs qui sont eux-mêmes contrôlés par l’État. On ne peut pas faire mieux.

    Comment lutter contre cette multiplication ?

    M.B. : On ne peut pas non plus l’interdire donc selon moi, il faut communiquer auprès des consommateurs pour qu’ils sachent que le seul signe est le label bio.

    Labels

    M.B. : Le 19 octobre, nous allons célébrer l’Hérault fête le bio [photo ci-contre, Ndlr], un événement en partenariat avec le Département de l’Hérault. Ça se passera à Restinclières, près de Montpellier. Ce sera sur le thème du jardin nourricier cette année – on essaie de trouver un nouveau thème chaque année – avec différents ateliers : découverte des plantes sauvages, atelier sur les plantes médicinales, conférences sur les atouts de la greffe des fruitiers sauvages. Il y aura aussi des stands de producteurs en bio, évidemment.

  • « Les agriculteurs ne m’insultent pas, ils me demandent de l’aide »

    « Les agriculteurs ne m’insultent pas, ils me demandent de l’aide »

    La Marseillaise : Vous êtes agroclimatologue. Pouvez-vous rappeler votre parcours et ce qui vous a conduit à ce métier ?

    Serge Zaka : Je suis docteur en agroclimatologie. Mon travail, c’est d’étudier l’impact du climat à long terme sur l’agriculture, mais aussi celui de la météo à court terme : la canicule de la semaine, le gel tardif, la grêle. Ce qui me passionne, c’est de rendre ces phénomènes compréhensibles pour tous. Sur les réseaux sociaux, je vulgarise avec des chiffres, des graphiques, sans exagération. C’est cette visibilité qui m’a fait connaître… mais qui m’expose aussi aux attaques.

    Depuis plusieurs années,
    vous êtes pris pour cible sur les réseaux sociaux. Comment vivez-vous ce harcèlement ?

    S.Z. : Il y a eu plusieurs étapes. Au début, ce n’était que des moqueries. Puis les canicules, l’élection de Donald Trump et, plus récemment, le rachat de Twitter, ont libéré une violence énorme. On parle de centaines, parfois de milliers de messages par jour. 99% relèvent d’insultes ou de dérision, mais 1% sont hors-la-loi : menaces de mort, de viol, racisme, incitations au suicide. Parfois, ce sont même des mails ou des messages que je reçois directement. Je travaille avec la gendarmerie et le ministère de l’Intérieur pour signaler ces contenus. Car au-delà du moral, il y a un risque physique : un jour, certains pourraient passer à l’acte.

    Pourquoi ces discours climatosceptiques trouvent-ils encore un écho ?

    S.Z. : En réalité, ils sont minoritaires dans la société. Beaucoup de comptes sont automatisés, des « bots » qui visent à décrédibiliser la parole scientifique. Derrière, on trouve des entreprises, parfois même des États. Ceux qui relayent ces contenus se voient comme des sauveurs de la vérité, mais n’apportent aucun argument scientifique. Ils sont très bruyants, très organisés, surtout à l’extrême droite, mais peu nombreux. Dans la vraie vie, la majorité des citoyens et des agriculteurs constatent bien les effets du changement climatique.

    Face à cette violence, avez-vous songé à vous taire ?

    S.Z. : Non. Leur objectif est de nous faire taire, je fais donc l’inverse. Je réponds rarement, mais toujours factuellement, avec des données locales, des graphiques, en ciblant des leaders d’opinion, comme les élus ou les personnalités médiatiques. Les insultes ne résistent pas aux faits. Cette méthode attire beaucoup de jeunes qui apprécient de voir un scientifique confronter un discours mensonger. Et chaque fois que je démonte une intox, je gagne en visibilité. C’est un moyen de retourner la situation à notre avantage. Cela dit, il faut distinguer : l’humour et la dérision sont utiles, mais les menaces graves, elles, ne doivent pas être banalisées.

    Vous êtes en contact direct avec le monde agricole. Que vous disent les agriculteurs ?

    S.Z. : Contrairement à ce que prétendent mes détracteurs, les agriculteurs ne me voient pas comme un ennemi. Bien au contraire. Une preuve de plus qu’ils n’agissent pas réellement dans l’intérêt de ceux qu’ils prétendent défendre. J’ai conseillé ou formé plus de 15 000 d’entre eux l’an dernier. Beaucoup m’écrivent, parfois désespérés, pour comprendre comment s’adapter. Certains envisagent même de quitter leur région pour continuer à produire ailleurs. Mon rôle, c’est de leur montrer qu’il existe des solutions : changer de variétés, modifier les dates de semis, investir dans des protections. Mais cela demande des moyens et une stratégie nationale. Nous avons besoin d’un véritable plan Marshall pour l’agriculture face au climat.

    Quel est, selon vous, le mot d’ordre pour l’avenir ?

    S.Z. : Anticiper. C’est le mot d’ordre. On peut s’adapter si on comprend les risques et si on investit dès maintenant. C’est tout le sens de mes travaux et des outils que je développe, comme agroclimatologie.fr, qui propose gratuitement des données précises aux agriculteurs. Plus on aura de données fiables, plus on coupera court à la désinformation. Je consacre ma vie à ça, par passion, pas pour l’argent. Et je crois qu’à terme, les faits l’emporteront sur les discours. Mais il faut que l’État, l’Europe et la société tout entière soutiennent réellement les agriculteurs dans cette transition.

    Propos recueillis par Axel Jolidon

  • Une soirée de solidarité pour les victimes du Prolé d’Alès

    Une soirée de solidarité pour les victimes du Prolé d’Alès

    Plus de trois mois après l’attaque du Prolé dans la nuit du 30 au 31 mai, le Parti communiste français a tenu à organiser une soirée de solidarité pour les victimes. L’objectif est de récolter des fonds pour une caisse de soutien qui permettra de les aider pour leurs frais d’avocat. « C’est une soirée pour financer les victimes mais aussi parce qu’il faut faire la fête, faire une fête antifa », explique Giovanni di Francesco, secrétaire de la section PCF d’Alès qui s’est également porté partie civile dans ce dossier. Vendredi 26 septembre (20h30), deux groupes (Paris-Brest et MC’s du Midi) viendront donc jouer bénévolement dans la cour du Prolé.

    L’objectif est également de rappeler les faits alors que l’enquête patine. En effet, malgré le dépôt par plusieurs victimes d’éléments prouvant l’implication des néofascistes du Bloc montpelliérain, aucune arrestation n’a encore eu lieu trois mois et demi après les faits. « Le parquet et la police ne se bousculent pas au portillon pour mener l’enquête. Va-t-on tirer un trait sur ce qu’il s’est passé ? Ces groupuscules peuvent-ils agir impunément dans notre pays ? Pour l’instant nous n’avons aucune nouvelle. Mais il y a tellement de complaisance au niveau national que la plupart de ces histoires ne sont pas instruites. Le Bloc Montpelliérain faisait partie des groupuscules d’extrême droite qui ont défilé à Paris le 10 mai sous la protection plus que bienveillante de la police », enrage Giovanni di Francesco.

    D’autant que les victimes, et notamment le cheminot qui avait eu le nez cassé, restent sous le choc. « Il va reprendre le travail cette semaine. Il s’est remis de ses blessures physiques mais il était complètement traumatisé parce que c’est un gars qui est un vrai pacifiste dans l’âme », explique le communiste.

  • Pont du Gard : quand l’espace surveille la forêt

    Pont du Gard : quand l’espace surveille la forêt

    Le Pont du Gard n’est plus seulement un monument emblématique : depuis le 31 juillet, il est devenu le théâtre d’une expérimentation technologique inédite pour lutter contre les incendies de forêt. Kinéis, opérateur spatial français basé à Toulouse, et l’Entente Valabre, centre d’expertise des Sdis du Sud de la France, y déploient un dispositif de détection précoce des feux de végétation par satellite.

    Sur une zone de 313 hectares particulièrement exposée aux risques, 120 capteurs Silvanet ont été fixés aux arbres. Autonomes grâce à un petit panneau solaire, ces boîtiers d’une trentaine de centimètres mesurent en continu la température, la pression atmosphérique, l’humidité et surtout la qualité de l’air. Un excès de monoxyde ou de dioxyde de carbone ? Le signal est immédiatement transmis à la constellation de 25 nanosatellites Kinéis, qui relaient l’alerte en temps réel aux services de sécurité civile. « L’intérêt majeur, c’est de capter les premiers signes de combustion, même dans les zones blanches où aucun réseau mobile ne passe », souligne Florian Hoorelbeke, responsable Sécurité civile chez Kinéis. Pour les pompiers, la promesse est simple : intervenir plus vite, avant que l’incendie ne prenne de l’ampleur.

    Le Minority Report du feu

    Au-delà de la détection des départs, le dispositif permet aussi une surveillance des ressources : niveaux des cuves d’eau isolées, réservoirs de retardant sur les pélicandromes où s’approvisionnent les bombardiers d’eau. « C’est le Minority Report du feu de forêt », résume le lieutenant-colonel Philippe Meresse, directeur du pôle innovation de l’Entente Valabre. « On peut dire qu’il va y avoir un feu dans les 12 heures, et envoyer les moyens en conséquence. » Car 90% des incendies sont liés à l’activité humaine : parkings, voies ferrées, autoroutes… Autant de zones sensibles où les capteurs pourront être déployés. Leur connexion directe à l’espace permet une implantation « n’importe où », rappelle Éric Nicolas, de Kinéis. Un premier bilan est attendu à l’automne 2025. L’ambition est claire : équiper rapidement le territoire national de 10 000 capteurs d’ici l’année prochaine. « L’innovation prend tout son sens lorsqu’elle a un impact concret », insiste Laurence Delpy, PDG de Kinéis. « Ce projet montre comment la technologie spatiale peut devenir un véritable allié face aux grands défis. »

  • La gauche resserre l’étau sur Matignon

    La gauche resserre l’étau sur Matignon

    Après avoir consulté les partis de son « socle commun », du centre macroniste à la droite LR, puis les syndicats et organisations patronales, Sébastien Lecornu reçoit les responsables des partis de gauche pour poursuivre les discussions budgétaires, exception faite de la France insoumise.

    Comme avec Bayrou, LFI a refusé l’invitation, a indiqué la cheffe des députés insoumis Mathilde Panot. « Monsieur Lecornu cherche dans le champ politique une forme de non-censure (…). Nous voterons la censure », a répété Manuel Bompard sur RTL. « L’attitude du Parti socialiste est consternante », déplore au passage le coordinateur insoumis, regrettant des propositions qui « envoient valdinguer le programme du Nouveau front populaire ».

    Le Parti socialiste

    Le Premier ministre « aura devant lui ni des partenaires, ni des soutiens, ni des supplétifs », mais « une opposition déterminée », a répondu le sénateur PS Patrick Kanner sur Public Sénat. Il sera reçu en matinée avec le premier secrétaire socialiste, Olivier Faure.

    « Nous répondons toujours aux invitations au dialogue ce qui ne préjuge pas de l’issue. En République, on se parle même en partant de points de vue opposés », assume ce dernier. « Le plan Bayrou est tombé avec Bayrou. Si la vision Lecornu est la même, notre réponse sera rapide : les mêmes causes produisent les mêmes effets, nous censurerons. »

    Le socialiste pose un « contre plan » réduisant le déficit de 22 milliards, et relançant l’activité, notamment dans des secteurs à décarboner (logement et transport), et en donnant les moyens aux services publics (hôpital, éducation, sécurité) de fonctionner. Le plan prévoit de « rendre 6 milliards de pouvoir d’achat », aux Français aux revenus inférieurs à 1 920 euros par un taux différencié de CSG : « Le gain serait de 900 euros par an pour une maman célibataire ou 1 500 euros pour un couple. »

    Les Écologistes

    Également « prêts à censurer le futur gouvernement avec un ministre de l’Intérieur comme Retailleau », les Écologistes, aussi, seront à Matignon dans l’après-midi. « Nous sommes respectueux des institutions de ce pays », assure Marine Tondelier, la secrétaire nationale, « ce sont des rendez-vous où on se dit les choses et on fait connaissance. Malgré tous nos désaccords, il n’y aurait rien de pire pour la démocratie que l’incommunicabilité ».

    Considérant que « Monsieur Lecornu est illégitime et qu’il ne doit pas rester Premier ministre », Marine Tondelier ne présage de rien : « Nous voterons la censure et si après ce vote il est encore Premier ministre, alors nous discuterons avec lui du budget comme nous avons discuté avec ses prédécesseurs. C’est le travail de nos parlementaires. On a notamment proposé un plan de sortie de crise écologique, proposé un contre-budget et aussi des propositions sur l’environnement, le social, la démocratie. On sera ravis de pouvoir présenter ces propositions. »

    Le Parti communiste

    Secrétaire national du PCF, Fabien Roussel rencontrera le Premier ministre non « pas pour négocier mais pour mettre sur son bureau quatre propositions simples et claires », et censurera « sans état d’âme » un budget qui fera mal au pouvoir d’achat des Français. Lui demande l’évacuation de toutes les mesures toxiques du budget Bayrou (deux jours fériés supprimés, doublement des franchises médicales, non-indexation des pensions…), une augmentation des salaires avec leur indexation sur l’inflation, et du Smic, l’abrogation de la réforme des retraites. Et enfin de la justice fiscale : « Nous sommes sérieux budgétairement, devant les dépenses nous mettons des recettes. Et elles doivent provenir des plus riches, du capital qui a bénéficié depuis huit ans de toutes les exemptions imaginables », martèle Fabien Roussel. « C’est fini, les travailleurs, les retraités, la jeunesse, nous avons assez donné… C’est même une question prioritaire pour l’économie. Nous avons besoin de relancer la consommation par le pouvoir d’achat. Il faut rompre avec la politique de l’offre. »

  • Mobilisation du 18 septembre : les rendez-vous dans l’Hérault et le Gard

    Mobilisation du 18 septembre : les rendez-vous dans l’Hérault et le Gard

    La mobilisation s’annonce d’ampleur. Une journée de grève nationale et de manifestation est organisée, ce jeudi 18 septembre, à l’appel de l’intersyndicale (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, UNSA, FSU et Solidaires), pour protester notamment contre les nombreuses mesures d’économies budgétaires du gouvernement et pour la justice sociale et fiscale. Plusieurs rendez-vous sont programmés dans l’Hérault et le Gard.

    Uzès, 9h45, départ devant la mairie.

    Un départ est organisé pour Nîmes à 13h30 de la Poste.

    Alès, 10h, rendez-vous devant la sous-préfecture.

    Bagnols-sur-Cèze, 10h, départ au Monument aux morts.

    Le Vigan, 10h30, rendez-vous devant la sous-préfecture.

    Nîmes, 14h30, rendez-vous Jardins de la Fontaine, allées Jean Jaurès.

    Montpellier, rendez-vous à 10h30, Place Albert-Ier.

    Sète, 10h30, départ Place de la mairie.

    Béziers, 10h30, au départ de la Bourse du Travail.

    Bédarieux, 10h30, rendez-vous devant la Maison des syndicats.

    Clermont l’Hérault, départ sur l’Allée Roger Salengro.

    Ganges, rendez-vous à 18h devant la mairie.