Author: tecnavia

  • L’extrême droite menace Agde

    L’extrême droite menace Agde

    À l’instar de Beaucaire depuis 2014 dans le Gard ou de Perpignan dans les P-O, Agde pourrait-elle devenir la première ville gérée par le RN dans l’Hérault où Robert Ménard (EXD) dirige déjà Béziers ?

    Le danger semble réel tant Agde, en perte de repères et convoitée par le parti de Marine Le Pen, semble au bord du précipice. Depuis 25 ans qu’elle est dirigée par la droite, la « Perle noire de la Méditerranée » n’a cessé de s’enfoncer dans la précarité. Si la dynamique démographique existe avec 29 939 habitants recensés en 2023 (31 431 estimés par l’Insee en 2026), son développement économique anarchique, guidé par les intérêts privés, est une catastrophe.

    Construit à l’entrée du Cap-d’Agde, le nouveau casino maintient à flot les finances de la 4e commune héraultaise. Mais les chiffres sont têtus. Avec un revenu annuel moyen faible (20 410 euros) et un taux de chômage record (17,6%), Agde est une ville pauvre. Au plan national, elle forme avec Béziers et Pézenas le triangle des Bermudes : la pire zone d’activité du pays.

    Agde est avant tout une ville de retraités (35%) : la moyenne d’âge s’élève à 49 ans (41% des habitants ont plus de 60 ans), à peine 35,8% de la population travaille. Le niveau de diplôme est particulièrement bas : seuls 21% des habitants ont un diplôme supérieur au Bac.

    Le poids de l’héritage

    Depuis que le PS de Régis Passérieux a perdu la ville en 2001, les promoteurs y ont fait leur beurre au détriment des habitants qui peinent à se loger avec des loyers élevés. La droite aux affaires a fini par se faire prendre par les radars de la Justice. En mars 2024 éclate la désormais célèbre affaire de la voyante ventriloque, Sophia Martinez. Le 31 mai 2024, Gilles d’Ettore est poussé à la démission. Le 24 juin 2024, celui qui présidait aussi l’Agglomération est mis en examen pour « prise illégale d’intérêts, détournement de fonds publics et corruption ». Il est incarcéré dans la foulée puis libéré et remis en détention provisoire le 21 janvier 2026 après avoir violé son contrôle judiciaire. Prétendant alors vouloir être à nouveau candidat en Agde où il a pourtant interdiction de paraître, il avait rencontré un témoin de l’affaire avec qui il avait interdiction de s’entretenir.

    Le mois dernier, sa mise en examen a été étendue pour corruption passive. Finalement, Gilles d’Ettore ne tentera pas d’improbable come-back politique. Mais sa chute place Agde dans l’inconnu. Son successeur, Sébastien Frey, cherche à se faire élire sur son nom. S’il a tout fait pour couper les ponts avec d’Ettore, les électeurs associeront-ils l’ancien adjoint aux affaires ? C’est ce qu’espère l’opposant Thierry Nadal (divers droite) étrangement soutenu par le PS. En 2020, le docteur avait obtenu un score honorable de 35,1%. Pour le chef d’entreprise Didier Irailles (DVD), ce sera une première.

    Même divisé avec la candidature dissidente de Fabienne Varesano (EXD), le RN espère rafler la mise. Ayant placé Agde sur sa liste des villes gagnables, le parti à la flamme a envoyé l’artillerie lourde. À savoir le député RN Aurélien Lopez-Liguori. En 2020, son homologue Jean-Louis Cousin était loin du compte (9,8%) mais le contexte a changé. Les Agathois ont aussi préféré deux fois Le Pen à Macron.

    Éviter le scénario du pire, c’est le pari difficile d’une gauche faible scrutin après scrutin. Il y a 6 ans, l’écologiste Bertrand de Pontual avait été éliminé au 1er tour (7,22%). Écœuré par les divisions, il a cette fois renoncé à se représenter. Les espoirs des progressistes reposent sur les épaules du jeune Arthur Labatut (PRG), soutenu par l’écolo Chloé Donate Estournet. Pour lutter contre la précarité, la création d’une « sécurité sociale alimentaire » fait partie de leurs propositions phares.

  • « Le Roi et l’Oiseau » déploie ses ailes à Aix-en-Provence

    « Le Roi et l’Oiseau » déploie ses ailes à Aix-en-Provence

    Toute une génération garde en mémoire Le roi et l’oiseau, pièce maîtresse de l’animation en France réalisée à la fin des années 1970 par Paul Grimault. Mais ce film tire aussi une grande partie de sa puissance du scénario de Jacques Prévert, adaptation du conte d’Andersen La bergère et le ramoneur. Autant de bijoux artistiques, mais pas que, ayant inspiré Emilie Lalande pour ce spectacle clair-obscur qui investit le Grand Théâtre de Provence, samedi.

    « Chaque période de l’histoire a connu son lot de dictateurs et la nôtre ne fait pas exception. J’ai souhaité aborder les thèmes de liberté, d’amour mais aussi d’oppression, en m’appuyant sur différentes sources d’inspiration, Jacques Prévert bien sûr, mais aussi Charlie Chaplin, William Shakespeare et bien d’autres », explique la chorégraphe et metteur en scène.

    « Fable antitotalitaire »

    Sur le plateau, six interprètes développent des gestes graciles, fidèles à la poésie de Jacques Prévert et au message du Roi et l’oiseau, dont les atours merveilleux propulsent pourtant un message politique, pour ne pas dire révolutionnaire. Face au roi tyrannique, l’oiseau veut s’émanciper. « Je cherche à retranscrire à travers le corps des danseurs la musicalité et l’esprit de Prévert. Une gestuelle plus saccadée et millimétrée est utilisée pour décrire le roi et son univers dictatorial », détaille Emilie Lalande qui cerne le corps « comme messager d’une fable antitotalitaire ».

    P.A.

    Le 14 mars à 15h, puis 20h.
    Entre 10 et 24
     euros

  • Montpellier : les mesures phares des candidats

    Montpellier : les mesures phares des candidats

    Il y a ceux qui croient dur comme fer qu’ils vont diriger Montpellier, ceux qui viennent régler des comptes, d’autres pour témoigner ou faire le pitre. Mais les 13 listes en course le 15 mars ont toutes un programme : plus ou moins crédible, audacieux, finançable. L’examen des mesures phares de chacun rappelle que si des passerelles existent, les gauches et les droites cultivent des visions différentes, parfois à l’opposé.

    Parmi les sujets consensuels, on peut citer la création d’emplois (30 000 pour Delafosse, Atrad…) ou la propreté de la ville. En déclarant son amour à Montpellier, l’ancien maire Philippe Saurel (mouvement Utiles) qui déplore une « brutalisation sans concertation » promet une « ville plus belle » en rénovant le patrimoine à l’instar de la place royale du Peyrou. De l’entretien des parcs et jardins d’Isabelle Perrein (DVD) ou de la « végétalisation » de l’Écologiste Jean-Louis Roumégas, chacun promet un « embellissement ». Y compris le maire Michaël Delafosse (PS) qui entend ralentir sur les grands travaux et se consacrer, quartier par quartier, à la rénovation des places et des trottoirs pour une « ville-parc marchable et respirable ».

    La gratuité quasi unanime

    D’autres thèmes sont plus clivants. À commencer par les mobilités. La plupart de ceux qui en 2020 prétendaient la gratuité des transports « impossible » semblent avoir changé d’avis face à la popularité de la mesure. Seuls Thierry Tsagalos (EXD) et Isabelle Perrein (DVD) y mettraient fin pour une « gratuité intelligente » circonscrite aux jeunes et retraités. Nathalie Oziol (LFI) qui dit incarner une « gauche de rupture » face à ce qu’elle nomme « l’incarnation du macronisme », veut accroître la fréquence des bus et tramways (toutes les 10 ou 5 minutes) jusqu’à 2h du matin. Comme Jean-Louis Roumégas, la députée Insoumise s’oppose aux « méga-projets routiers écocides » (COM, Lien). Michaël Delafosse, lui, promet de mener à bien les 4 lignes de bustram restantes, soutenir la LGV et concrétiser le Service express régional métropolitain (Serm).

    Pour le reste, si personne ne dit vouloir supprimer de pistes cyclables, nombreux promettent de revoir le plan de circulation en ville. Y compris Jean-Louis Roumégas qui promet de rouvrir l’avenue Albert Dubout pour une « circulation en pétales sur les 4 boulevards » embouteillés. Comme T. Tsagalos, F. Jamet (RN) irait jusqu’à rouvrir aux voitures le tunnel sous la Comédie pour « rompre avec la sclérose actuelle » et « libérer Montpellier de l’écologie punitive ». Quant à Isabelle Perrein, qui s’est fait connaître en répertoriant les nids-de-poule et veut redonner toute sa place à la voiture, la notaire imagine un tunnel sous le rond-point du grand M. Osé mais moins que le dôme végétalisé imaginé par l’IA pour Rémi Gaillard avenue de Toulouse.

    Côté urbanisme, le maire sortant, qui prévoit 10 000 logements à prix abordables dont 4 000 en bail réel solidaire, promet de préserver les deux tiers des terres agricoles grâce au Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi). Insuffisant pour Jean-Louis Roumégas qui prône le « zéro artificialisation nette » pour « arrêter l’étalement urbain sur les espaces naturels et terres agricoles ». Même logique chez Nathalie Oziol qui dit stop au « bétonnage ». À l’extrême gauche, Max Müller entend réquisitionner 13 000 logements vides pour loger les sans-abri. À droite, Mohed Altrad veut doubler le parc de logements sociaux et accession à la propriété dès 15 ans en HLM vu en « tremplin et non comme un enfermement ». Isabelle Perrein veut « rénover plutôt que construire ».

    Sur la sécurité, la droite et son extrême font comme toujours dans la surenchère. France Jamet rêve de doubler les effectifs de police municipale et les caméras, Thierry Tsagalos les tripler. Mohed Altrad veut instaurer un « couvre-feu » pour les mineurs non accompagnés de moins de 16 ans après 22h. Du Robert Ménard dans le texte. Même chose pour Isabelle Perrein qui ajoute « l’expulsion des logements sociaux pour fauteurs de troubles ». À noter que Philippe Saurel qui veut 100 à 200 policiers de plus, abandonnera le projet d’hôtel des sécurités jugé trop éloigné à Celleneuve. À gauche, Michaël Delafosse musclera les effectifs de police municipale (+100 agents) et les caméras (1 000 au total). Seul Max Müller veut « désarmer la police municipale, dissoudre les polices des transports et du logement ».

    Déchets : quelle option ?

    Sur le social, la gauche est de loin la mieux armée. Le maire promet de créer un « office du pouvoir d’achat et une agence municipale du logement ». Nathalie Oziol une « régie publique de l’énergie avec tarification sociale » et une « cantine bio à bas prix ». Avec Jean-Louis Roumégas, elle serait même « gratuite » (Altrad aussi) avec des « épiceries municipales à prix coûtant dans les quartiers populaires ». À droite, Isabelle Perrein imagine des maisons de santé et un handipass.

    Enfin, face au « fiasco historique » qui voit Montpellier exporter ses déchets, Michaël Delafosse propose un nouvel outil : une chaudière pour combustibles solides de récupération (CSR) à la place de l’usine Ametyst. Une technologie moderne mais méconnue dont quasiment tous ses adversaires dénoncent les dangers potentiels. « La santé des Montpelliérains n’est pas négociable », assène Mohed Altrad sans ne rien proposer d’autre. Isabelle Perrein préférerait un incinérateur, Thierry Tsagalos une nouvelle usine de traitement à bilan carbone neutre. À gauche, Jean-Louis Roumégas veut muscler le tri à la source et le compostage. Pareil pour Nathalie Oziol qui renvoie à une grande consultation. Un des sujets pour le fameux RIC que l’Insoumise, Jean-Louis Roumégas ou Max Müller promettent aux électeurs.

    « Nous créerons un office du pouvoir d’achat et une agence municipale du logement »

  • Les enfants plantent une micro-forêt dans le quartier des Comtes

    Les enfants plantent une micro-forêt dans le quartier des Comtes

    À peine la paille posée, une tourterelle atterrit. En face du bâtiment banane des Comtes, en lieu et place de l’ancien city-stade, une micro-forêt prend désormais racine. Depuis trois jours, l’entreprise OliviAnne, mandatée par Erilia, encadre des enfants et des collaborateurs du bailleur social dans l’opération de renaturation. Celle-ci s’inscrit dans la transformation globale du quartier prioritaire, menée dans le cadre du Nouveau programme national de renouvellement urbain. Ce jeudi 12 mars en milieu d’après-midi, 300 jeunes port-de-boucains et une soixantaine de salariés peuvent se féliciter d’avoir planté 2 445 arbres et buissons de trente espèces différentes sur une parcelle de 815 m2.

    « Ce sont les mêmes que la forêt du Castillon : il y a du pistachier, de l’olivier sauvage, du romarin, du chêne… », énumère Anne Desmaison, fondatrice de la société en charge du chantier. D’après l’oléicultrice, « deux ans et demi après plantation, les amandiers peuvent déjà mesurer plus de 2 mètres ».

    Biodiversité et fraîcheur

    Les bienfaits d’une telle micro-forêt sont nombreux : « Production d’oxygène, séquestration du carbone, désimperméabilisation des sols qui permet une meilleure infiltration des eaux en cas de pluie, création d’îlots de fraîcheur », cite Anne Desmaison. La spécialiste de la renaturation a effectué des relevés sur l’une des douze parcelles qu’elle a plantées à Salon-de-Provence : « À 20 mois, à l’extérieur, on avait 56 degrés au sol, à l’intérieur, on avait 36 degrés. On a gagné 20 degrés sur une forêt pas du tout arrivée au terme de sa maturité ! »

    Côté biodiversité, ces végétaux permettent le développement de pollinisateurs et apportent un habitat aux insectes et aux oiseaux. « L’intérêt d’avoir planté avec les enfants, c’est qu’on les a sensibilisés avec une activité ludo-pédagogique en rapprochant la nature d’eux, explique Julia Riccio, fondatrice des Créations du hérisson. Et la biodiversité ne s’arrête pas aux animaux et aux plantes, je leur ai expliqué que dans une poignée de terre, il y a autant de bactéries qu’il y a d’humains sur terre. C’est dingue ! On a aussi parlé des propriétés des plantes… Savoir tout ça leur donne envie de protéger ce nouvel endroit. »

  • [Entretien] « Il faut investir à Peyruis ou la commune meurt »

    [Entretien] « Il faut investir à Peyruis ou la commune meurt »

    La Marseillaise : Comment vous sentez-vous à trois jours du premier tour ? Êtes-vous confiante ou inquiète ?

    Lila Desjardins : C’est toujours difficile de le dire, mais je suis assez confiante. On a eu d’excellents retours tout au long de cette campagne. Il faut dire qu’on a fait le job, on s’est efforcés de faire une communication de qualité. On a distribué la présentation de la liste en décembre. Mi-février, on a fait un point d’étape sur les projets avancés. Début mars, on a distribué notre programme de huit pages.

    Comment s’est déroulée votre dernière réunion publique jeudi soir ?

    L.D. : J’ai présenté ma liste en développant les compétences que chacun va apporter à la commune, en partant de leur vécu et de leur expérience. Ensuite, j’ai détaillé une étude de la population. On a étudié les chiffres de l’Insee pour savoir qui était la population de Peyruis aujourd’hui, en termes d’âge, de profession, de catégorie socioprofessionnelle, d’habitat… Pour pouvoir construire et bien cibler notre programme, on pensait que c’était indispensable. Après, on a donné les résultats de notre consultation qu’on avait faite en ligne. On a eu 220 répondants, soit 10% des votants. On a présenté quelques axes prioritaires : les écoles, les équipements… Contrairement à ce que dit le RN, « 75% des gens se sentent en insécurité », nous on a complètement l’inverse. 80% des gens nous disent qu’ils sont en sécurité à Peyruis.

    Que répondez-vous aux habitants qui ont peur que vous augmentiez leurs impôts ?

    L.D. : On entend beaucoup « vous avez beaucoup de projets, vous allez augmenter nos impôts ». On veut rassurer les gens et leur dire qu’effectivement, le maire actuel a fait baisser la dette, c’est son grand leitmotiv, mais si on ne fait rien, on ne s’endette pas. La dette baisse automatiquement quand on n’investit pas. Une commune qui n’investit pas est une commune qui s’appauvrit et qui meurt. En passant par l’emprunt et le maximum de subventions, on n’augmentera pas les impôts. Certes, la dette par habitant va augmenter, mais ça c’est normal.

    Quelle est votre mesure phare ?

    L.D. : On insiste sur la santé et comment anticiper le départ des médecins si jamais ils devaient partir. L’idée est d’accompagner à l’installation et d’aller chercher des jeunes médecins dans les facultés de médecine, recevoir les internes et voir s’ils veulent s’installer ici.

  • [Tribune] Voter, une responsabilité collective face au danger

    [Tribune] Voter, une responsabilité collective face au danger

    À la veille des élections municipales, puis de l’élection présidentielle, notre pays se trouve à un moment décisif de son histoire démocratique. Jamais l’avenir de la République n’a été aussi fragile. Le passé revient au grand galop.

    Face à cette situation, voter n’est pas un simple droit : c’est une responsabilité collective.

    Méfiez-vous des discours mensongers et trompeurs portés par le Rassemblement national, Reconquête et Identité-Libertés. Leurs votes à l’Assemblée nationale comme au Parlement européen sont en contradiction avec leurs déclarations publiques. Refusez toute banalisation de ces discours.

    Ces candidatures n’ont pour effet que de diviser le pays et de promouvoir un projet politique inspiré des dérives populistes observées ailleurs, notamment aux États-Unis sous l’ère trumpiste.

    L’histoire nous l’enseigne avec force : lorsque les démocrates se divisent ou se taisent, les forces extrémistes avancent. Ce mécanisme est constant depuis les années 1930, des idées historiquement portées par l’extrême droite deviennent « acceptables », banalisées ou reprises par des forces politiques traditionnelles. Nous assistons actuellement, en France, à ce glissement progressif d’une partie de la droite républicaine vers les thèses de l’extrême droite.

    Nous rappelons que préserver la démocratie, c’est refuser toute complaisance avec ces extrêmes, c’est défendre l’universalisme contre le repli identitaire, la loi contre l’arbitraire, la vérité historique contre sa falsification.

    Il ne s’agit pas d’être d’accord sur tout, mais de se rassembler autour d’un socle commun essentiel : la démocratie, l’État de droit, l’égalité et la dignité humaine.

    Face au danger, notre histoire est sans ambiguïté. Dès 1943, au cœur de l’Occupation nazie, des femmes et des hommes de gauche, du centre et de droite ont su dépasser leurs divergences pour résister ensemble au nazisme.

    Beaucoup d’entre eux ont parrainé notre association. Ils s’appelaient Lucie Aubrac, Jacques Chaban-Delmas, Marie-Jo Chombard de Lauwe, Geneviève De Gaulle, Père Jean Cardonnel, Georges Guingouin, Jean Matteoli, Pierre Sudreau, Raymonde Tillon, et beaucoup d’autres.

    Ils ont sauvé l’essentiel : la République et ses valeurs démocratiques.

    Ils n’avaient pas les mêmes origines, ni les mêmes parcours, ni les mêmes convictions. Mais tous furent persécutés par un système totalitaire fondé sur la haine, la peur et la négation de l’humain.

    Rappeler cette histoire, ce n’est pas figer le passé. C’est honorer toutes les mémoires – résistante, politique, juive, tsigane, homosexuelle – sans jamais les opposer. C’est faire vivre une mémoire commune qui demeure une leçon universelle contre le racisme, l’antisémitisme, l’homophobie, le fascisme et toutes les formes d’exclusion.

    Aujourd’hui encore, la République a besoin de vigilance, de courage et d’unité. L’abstention, le vote blanc et la division sont toujours des alliées objectives des forces qui contestent les fondements mêmes de la démocratie.

    Réunis en Assemblée générale nous appelons solennellement l’ensemble des citoyennes et des citoyens à la mobilisation, au vote et à la défense de la démocratie.

    Ne laissez pas votre avenir être confisqué.

    Responsables et candidats, de gauche ou de droite, nous plaçons notre confiance en votre attachement aux valeurs de la République, aux valeurs défendues par le Conseil National De la Résistance et à votre responsabilité de les protéger.

    Françaises, français ne vous résignez ni à l’abstention, ni au vote blanc. Votez et faites voter pour un candidat républicain fidèle aux valeurs démocratiques.

    Marseille le 7 mars 2026.

  • Laurent Belsola combatif et fraternel à Port-de-Bouc

    Laurent Belsola combatif et fraternel à Port-de-Bouc

    À Port-de-Bouc, l’intelligence collective et l’amour doivent gagner », lance Laurent Belsola devant une salle Gagarine pleine à craquer. Le maire (PCF) de Port-de-Bouc, candidat à sa réélection, pèse ses mots en pensant au militant communiste Mathieu Nunez « qui a subi de plein fouet la violence de l’opposition » d’extrême droite, « rétabli et réengagé rapidement dans la campagne contre le camp de la haine, la division et l’agression », assène l’édile.

    Le candidat en tire son énergie. « Face aux violences et aux mensonges, nous répondons par la fraternité, la sincérité et la combativité », assure-t-il, retenant que « cette campagne a élargi nos rangs, nos équipes de collage sont toujours sur le terrain malgré les intimidations, les militants surmotivés chaque soir au porte-à-porte et les témoignages de soutien sont nombreux », relate Laurent Belsola.

    Ancrage local

    Le maire de l’année 2025 n’est pas seul. « Vos futurs élus sont des enfants de Port-de-Bouc : ils y vivent, y travaillent et s’y investissent, chaque jour, pour améliorer la vie de notre cité », affirme le candidat, parlant d’un « ancrage local primordial pour prendre les bonnes décisions » et perpétuer l’« esprit fraternel et solidaire » de la ville.

    L’édile s’appuie sur « la démocratie participative » et la proximité revendiquée au travers des « rendez-vous en mairie, réunions de quartier et temps de rencontre » que Laurent Belsola a déployé comme élu depuis 2008 et maire depuis 2020. « Nous voulons finaliser la rénovation urbaine, les réhabilitations des logements, le réseau de chaleur qui va permettre de réduire les factures des habitants », clame Laurent Belsola, déterminé à « pérenniser l’emploi, (…) protéger nos piliers du sport, de l’éducation populaire et de la culture ». Dimanche, pour de nouveaux jours heureux ?

  • Les insoumis défendent un vote de conviction et un front antifasciste

    Les insoumis défendent un vote de conviction et un front antifasciste

    Finalement la tête de liste LFI, Sébastien Delogu, ne s’est pas montré ce jeudi 12 mars pour le dernier point presse avant le premier tour mais ces colistiers ont largement martelé le message : dans cette campagne de niveau « caniveau », « le vote utile, c’est un vote de conviction » et qu’importe les sondages, ce qui compte, c’est le programme.

    « On a tenu tant bien que mal la barre avec nos 380 mesures » estime Hedi Bounouar, son directeur de campagne, dénonçant entre autres le dénigrement envers son candidat, « comparé à un narcotrafiquant », « les diffamations permanentes », une « campagne d’ingérence numérique de l’étranger par un lobby israélien d’extrême droite selon vos confrères du Monde », s’inquiète d’une potentielle triche électorale. Autant de raisons selon lui pour voter « Marseille fière et populaire » car si le RN progresse, « c’est qu’on ne s’attaque pas aux raisons de fond du fascisme, la crise politique, économique et sociale », complète Paola Hartpence, en lice dans les 2-3.

    Et à l’issue du second tour, la stratégie est claire : « Mettre en place les conditions d’un rassemblement » pour bâtir « un front antifasciste » précise Léa Bijaoui, candidate dans les 4-5, où la démocratie « fera le travail », chacun avec ses convictions mais agissant pour l’intérêt commun. « Si nous sommes qualifiés pour le second tour, nous y participerons d’une manière ou d’une autre, soit on se maintient, soit on participe à ce front », détaille Hedi Bounouar.

  • [Entretien] « Mettre mon expérience au service des Roquevairois »

    [Entretien] « Mettre mon expérience au service des Roquevairois »

    La Marseillaise : Comment s’est déroulée votre campagne ?

    Hélène Spinelli : Très bien, nous étions prêts. Nous avions un bilan de dix-huit ans, puisque je m’inscris dans la continuité d’Yves Mesnard. Nous connaissons notre territoire et ce qu’il faut poursuivre et mettre en place : la nouvelle école, un poste de police, un projet de maison du sport et de la santé. Nous avons formé les nouveaux colistiers sur l’urbanisme, les logements sociaux, les finances et les risques qui touchent notre commune concernant les inondations et les feux de forêts. Enfin, nous avons multiplié les rencontres sur le terrain, avec un meeting et des réunions à la demande des habitants.

    Vous êtes la seule liste de gauche ?

    H.S. : Oui, je suis divers gauche, mais qu’on soit de gauche ou de droite, lorsqu’on est maire, on est là pour tout le monde et pour régler les problématiques de nos concitoyens. Dans la gestion communale, il y a quand même une différence. Par exemple, nous savons que les candidats de droite délèguent plus facilement avec les délégations de service public (DSP). Nous, nous avons décidé de récupérer des agents municipaux pour notre centre culturel.

    Comment ça s’est passé avec les listes d’opposition ?

    H.S. : Nous sommes sereins et confiants par rapport à notre programme. Dès que nos opposants affirmaient des éléments faux, nous faisions des démentis avec des communiqués.

    Comment allez-vous utiliser votre expérience de première adjointe si vous êtes élue ?

    H.S. : Je vais utiliser mon expérience de première adjointe et adjointe à l’aménagement du territoire, parce que je suis au courant de tous les dossiers, je sais comment ça marche, j’ai beaucoup travaillé et appris, donc je suis prête. Mais je vais aussi me servir de mon expérience professionnelle : je suis géographe de formation et j’ai une maîtrise en aménagement du territoire. J’ai les compétences et la proximité avec les habitants, puisque je suis roquevairoise, depuis plus de 60 ans.

    Est-ce que vous êtes en rupture par rapport aux trois mandatures d’Yves Mesnard ?

    H.S. : Pas vraiment, mais je vais aller plus loin sur certaines choses, notamment sur le rôle de la police municipale. Parce que je pense, qu’aujourd’hui, face aux incivilités, nous avons besoin de prévention et de sanctions. Pour envoyer un signal fort, j’ai prévu de déplacer le poste de la police municipale au rez-de-chaussée du futur immeuble du Clos Castellan. Et évidemment, je vais embaucher également un peu plus.

  • François Bernardini se pose en rassembleur des Istréens

    François Bernardini se pose en rassembleur des Istréens

    Cette assemblée impressionnante rajoute à la pression, et confirme l’ambition de réussir une fois de plus avec et pour vous », lance François Bernardini, ému aux larmes face aux 1 613 participants annoncés à son meeting de jeudi soir en la Halle polyvalente. Le maire (DVG) et candidat pour un troisième mandat à la tête d’Istres a assuré avoir « le bénéfice de cette confiance qui dure, qui traverse le temps et permet de se projeter dans l’avenir ».

    Un avenir qui se fera avec une équipe et des soutiens renouvelés, dont celui de Martine Vassal, présidente (DVD) du Département et de la Métropole représentée par Martial Alvarez en vidéo, ainsi que de Renaud Muselier à la tête de la Région, par la voix de sa colistière Suzelle Ayot, conseillère régionale. « Les défis qui s’annoncent sont immenses notamment pour l’avenir de l’étang de Berre, dont il m’a donné la feuille de route » a-t-elle transmis, avant d’ajouter savoir la « capacité à rassembler » de son chef de file. « Il incarne une force de travail, du courage et la détermination nécessaire si vous voulez une ville qui avance créez des emplois et protège son environnement », a-t-elle complété.

    Génération Bernardini

    Soutien également d’Olivier Darrason, député (UDF) de 1993 à 1997, qui voit « la constance et la stratégie » du candidat pour « poursuivre l’investissement dans l’emploi et l’écologie » dont la restauration écologique de l’étang de Berre.

    Un prisme environnemental confirmé par la place prise par Céline Tramontin, présidente du syndicat mixte gestionnaire de la Crau (Symcrau) et adjointe de quartier à Entressen. « François Bernardini est l’homme de ma vie politique, mon mentor, qui m’a permis de devenir l’élue que je suis » a-t-elle retracé, forte de son mandat de représentation de la France au forum mondial de l’eau de 2021.

    « Trois priorités guident notre action : soutenir l’activité économique et l’emploi avec le pôle aéronautique, renforcer la solidarité et la proximité avec un service dédié aux familles monoparentales, et faire de la qualité de vie une réalité avec les trois nouveaux plateaux sportifs, l’aire de jeu, l’espace numérique nexus, la médiathèque et le théâtre », liste la candidate.

    François Bernardini y voit la réussite d’un « paternalisme politique » en celle « qui portera une immense responsabilité » de première adjointe avec qui il souhaite « gravir la dernière marche et lever avec vous le bras de la victoire » face à des concurrents longuement critiqués.