Author: tecnavia

  • Le Medef Sud monte au créneau contre la suspension de la réforme des retraites

    Le Medef Sud monte au créneau contre la suspension de la réforme des retraites

    Le Medef n’est visiblement pas ravi de la suspension de la réforme des retraites et de la tournure des débats autour du budget. Et le président du Medef Sud, déclinaison régionale de l’organisation patronale, Stéphane Benhamou, en premier lieu. « La notion de compétitivité du pays n’existe pas en France », tonne-t-il, en préambule de sa conférence de presse qui se tenait ce mardi, à Marseille. Avant de développer, sans forcer sur la caricature : « La réduction du déficit public n’est plus un sujet. La baisse des dépenses de l’État, n’est plus un sujet. Et travailler plus pour gagner plus, c’est passé aux oubliettes ! »

    In fine, c’est surtout la suspension de la réforme des retraites qu’il vise. Une suspension qui ne passe pas pour le patronat : « Au-delà du coût de cet abandon, c’est tout ce qu’il représente pour la dynamique entrepreneuriale qu’il faut nourrir dans ce pays. C’est un signe fort donné à des franges très minoritaires politiquement, puisqu’on parle de 69 députés dans l’hémicycle. » En clair, cette suspension serait pour lui « une décision à l’emporte-pièce visant à préserver des postures d’élus », en l’occurrence celle des députés du Parti socialiste. À l’inverse, évidemment, il rappelle que le Medef plaide pour un « rééquilibrage du système de retraite avec une introduction par capitalisation ». S’il note que « plus de 80% des Français demandent à ce que les entrepreneurs s’engagent dans le débat public », en citant un sondage Odoxa pour appuyer ses propos, il oublie bien de préciser que 70% d’entre eux rejettent le système de capitalisation et que 73% des salariés sont toujours opposés à la retraite à 64 ans, selon l’Ifop. Forcément, le patronat a la réponse à ce « paradoxe », jugeant que c’est « un rejet de la réalité d’un revers de main émotionnel ». Le patron des patrons de la région développe son raisonnement : « Le discours politique est de plus en plus clientéliste et populiste. Face au défaut d’argumentation, on parle au cœur et non à la tête. Et donc, ce qui passe très bien dans notre pays c’est : Il faut faire payer les riches, il faut faire payer les entreprises. » Et de ressortir les vieux mots d’ordre du Medef, dénonçant la « surenchère fiscale ».

    Mais le paritarisme

    a du bon

    Le patron des patrons régionaux explique tout de même que son organisation sera de la partie pour la conférence sociale proposée par Sébastien Lecornu. Une participation sous condition : « Nous y participerons, mais pas pour servir de caution à un processus politicien (…), on voit bien où le conclave a mené. Ces sujets relèvent des organisations patronales et syndicales, mais sur notre calendrier. » Il en profite pour vanter les bienfaits du paritarisme, et paradoxalement ses bonnes relations avec les organisations syndicales de salariés : « Je parle régulièrement avec les organisations syndicales, notre relation est franche, on débat sereinement. »

    Le versement mobilité dans le viseur

    Après le vote en assemblée plénière du conseil régional, vendredi dernier, de la baisse de la contribution des entreprises pour le financement des transports régionaux, alias le versement mobilité, qui passe de 0,15% à 0,08%, le Medef Sud ne saute pas de joie. « Cette réduction, nous en pensons du bien, nous l’avons soutenu, mais nous appelons de nos vœux la descente jusqu’à 0% », explique Stéphane Benhamou. Une opposition de principe visiblement : « Nous sommes naturellement contre tout impôt de production en général au Medef. » Rien de nouveau sous le soleil. A.B.

  • Les réflexions de Pinar Selek sublimées par Ariane Acaride

    Les réflexions de Pinar Selek sublimées par Ariane Acaride

    Acquittée à quatre reprises, Pinar Selek est poursuivie depuis 1998, d’abord pour ses travaux universitaires sur les Kurdes, puis pour un attentat dont elle est innocente. Installée en France depuis 2011, elle est aujourd’hui enseignante-chercheuse à l’Université Côte d’Azur (Nice). Ce mardi, la sociologue franco-turque a poursuivi son combat pour la liberté d’expression à Marseille, entourée de ses soutiens. À l’occasion de la 6e audience de son 5e procès qui se déroule à Istanbul, une nouvelle journée de solidarité a été organisée dans la cité phocéenne. Elle s’est clôturée dans la bibliothèque de l’Alcazar (1er).

    L’actrice marseillaise Ariane Ascaride a proposé la lecture de trois textes de Pinar Selek – « Savoirs nomades », « Acrobatie pour les libertés » et « Aimer ou construire » – où se racontent l’absurdité des frontières, des réflexions sur l’exil, le rapport des humains au reste du vivant, le racisme anti-kurde, et bien d’autres réflexions. « C’est un très grand cadeau pour moi, je n’avais jamais lu mes textes à voix haute. Ariane leur a donné encore un autre sens, car elle a pu ajouter les silences qu’on ne peut pas voir à la lecture », s’est émue Pinar Selek après la performance de la comédienne.

    « Je voudrais insister sur le fait que cette fille-là est vraiment étrange. Je n’ai jamais vu quelqu’un comme elle. C’est une guerrière. Elle se bat pour sa vie et arrive à intellectualiser tout son rapport au monde. Elle le fait pour que d’autres puissent comprendre par quoi on passe sans être simplement submergé par l’émotion, s’est enthousiasmé Ariane Acaride, quelques instants après ses lectures. Et après, cette intellectuelle s’en va dans le pays des fées pour raconter des histoires magiques. Vous avez beaucoup de chance de la connaître ».

    Pour la 6e fois consécutive, le 5e procès de Pinar Selek a, mardi, été reporté par la justice turque. « Il semble que les juges avaient déjà pris leur décision avant même d’échanger avec les avocats », a déclaré Seyda Selek, mathématicienne devenue avocate pour défendre sa sœur, présente lors de l’audience de mardi à Istanbul, aux côtés de la délégation internationale sur place pour soutenir la sociologue. La date du prochain procès est fixée au 2 avril 2026.

    Poursuivie depuis 27 ans par Ankara, Pinar Selek ne peut plus se rendre en Turquie, où elle risque d’être arrêtée. « Ils veulent nous épuiser, mais ils n’y arrivent pas. Nous continuons de résister et ça les énerve, c’est pour cela qu’ils ne font que reporter l’audience et qu’ils envoient des lettres de menace à Ariane », a constaté Pinar Selek, mardi soir. Et de poursuivre : « Aujourd’hui, j’ai vu tant de solidarité autour de moi, tant d’expériences, d’analyses, de formes d’expressions qui convergent… Ça me donne la pêche. Je peux encore courir longtemps sans m’arrêter ». Définitivement indomptable.

  • Rassemblement contre l’hommage d’Estrosi

    Rassemblement contre l’hommage d’Estrosi

    Ils étaient plusieurs dizaines à se réunir, mardi en fin d’après-midi, place Massena, pour dénoncer la volonté du maire de Nice, Christian Estrosi, de baptiser du nom de Nicolas Sarkozy le parvis du futur commissariat central de la ville, « un geste de reconnaissance », selon le maire, annoncé quelques jours après la condamnation de l’ancien président de la République. « Ce qu’a fait Sarkozy est d’une extrême gravité. C’est pour cela qu’il a été condamné. Lui rendre hommage est une honte », a tonné un manifestant.

    La veille, lundi, le Parquet national financier avait indiqué qu’une plainte visant les activités de conseil de Christian Estrosi et de son épouse Laura Tenoudji avait été déposée. Pour « abus de biens sociaux » et « recel d’abus de biens sociaux », a précisé l’avocat d’un employé de la société Smart Good Things Holding, qui revendique le statut de lanceur et veut garder l’anonymat.

  • [Entretien] Nathalie Roche : « Un non-événement qui éclipse l’important »

    [Entretien] Nathalie Roche : « Un non-événement qui éclipse l’important »

    L’arbre qui cache la forêt… La déferlante médiatique autour de l’ex-président de la République évite, selon la magistrate, d’évoquer les vrais problèmes comme le manque de moyens de la justice.

    La Marseillaise : Quelle analyse faites-vous de cette médiatique entrée en prison ?

    Nathalie Roche : C’est un peu désolant, il y a énormément de gens qui entrent en prison tous les jours, dont certains encore présumés innocents, d’autres lourdement condamnés. C’est un non-événement, on a déjà énormément commenté le fait que Nicolas Sarkozy aille à la Santé. Ces avocats ont déjà fait un recours, comme toute personne qui bénéficie de ses droits le fait. Ce qui peut être inquiétant en parallèle, c’est qu’on n’a toujours pas de budget figé pour la justice, en termes d’ambitions, aussi, pour l’aide aux victimes. Nous venons tous de recevoir une circulaire du ministère, qui s’adresse aussi et de plus en plus fréquemment aux juges du siège, pour des invectives à mieux faire, alors que les associations d’aide aux victimes ne peuvent dispenser toute l’aide [nécessaire] avec la baisse des subventions… Il y a un trouble à ce que les choses importantes, les réformes qui devraient être votées au Parlement, soient éclipsées par un non-événement.

    Que pensez-vous de l’attitude
    du président de la République
    et du ministre de la Justice
     ?

    N.R. : La question, c’est quelle pression met-on sur les gens amenés à rendre la justice pour qu’ils aillent dans une direction ou l’autre ? On peut considérer que les magistrats qui, dans les deux mois, en cours d’appel de Paris, devront statuer sur la mise en liberté de Nicolas Sarkozy, auront en tête qu’il y a une affection particulière de Monsieur Darmanin à titre personnel et politique. On pourrait attendre qu’en tant que ministre de la Justice, il préserve sa neutralité, mais ce n’est manifestement pas dans l’air du temps.

    Est-ce une remise en cause
    de l’indépendance des juges
     ?

    N.R. : Il y a un discours qui pourrait être mis en œuvre si certains politiques venaient aux affaires, il y a eu des invectives avec un pseudo-contrôle disciplinaire sur certains magistrats, la catégorisation d’autres en fonction de leur appartenance ou non syndicale, qui peut inquiéter. Ils pourraient se dire qu’ils auront tout bénéfice pour eux-mêmes, par la suite, à laisser les juges faire leur travail. Chacun a une mission dictée par les textes.

    Quels garde-fous existent-ils ? Faudrait-il en ajouter ?

    N.R. : Peut-être pourrait-on déjà réfléchir à la communication de certaines instances judiciaires. Il y a eu notamment de gros progrès avec un cadre légal fixé pour l’intervention du parquet dans certains dossiers. Le conseil supérieur de la magistrature (CSM) a sûrement aussi une voix à porter. Dans la Constitution, c’est le président de la République, garant de l’indépendance de la justice, qui devrait intervenir pour laisser les juges prendre leur décision en fonction de la loi et non du ressenti du grand public. Mais cet exercice-là n’est pas incarné. Et il y a évidemment cette réforme, de plus en plus lointaine malheureusement, sur l’indépendance du parquet. La pression mise sur les juges du siège est subjective, mais qu’en est-il de celle faite aux procureurs ? Celle plus insidieuse sur leur carrière par le ministère ? On touche là du doigt la très grande fragilité de l’institution judiciaire française, quand chacune des institutions ne remplit plus son rôle…

  • Des employés de Marie Blachère réclament de meilleures conditions

    Des employés de Marie Blachère réclament de meilleures conditions

    « En 21 ans d’existence, c’est la première fois qu’on manifeste devant le siège », confie Christine Tonarelli, secrétaire CGT du géant de la boulangerie Marie Blachère, ce mardi 21 octobre, aux environs de 13h, à Châteaurenard. Les NAO se tiennent l’après-midi même avec la direction du groupe.

    Le syndicat attend de nombreuses avancées lors de ces négociations, telles qu’une augmentation générale des salaires de 4%, une revalorisation de la prime d’ancienneté, une hausse de la prime salissure, une amélioration des conditions et de la charge de travail, des embauches pour compenser l’absentéisme ou encore le respect du droit à la déconnexion. Marie Blachère compte environ 800 boulangeries et plus de 12 000 employés à travers l’Hexagone.

    C’est devant le majestueux siège de la plus grande firme de boulangerie en France, aux immenses baies vitrées et construit pour plusieurs millions d’euros, que se sont rassemblés une quarantaine de militants de la CGT.

    « On est là pour montrer notre détermination. Il risque d’y avoir des actions plus importantes, à l’avenir, selon l’issue des négociations. Quand on voit les investissements, comme l’ouverture d’un magasin à New York, et de l’autre côté la grille de salaire des employés, ce n’est pas normal », confie Fabien Trujillo, animateur syndical de la Fédération nationale agroalimentaire et forestière (Fnaf) CGT.

    Une direction surprise

    À l’intérieur du siège, une quinzaine d’employés intrigués par la manifestation sont sortis. La direction ne peut que constater le rassemblement. « Nous sommes surpris de cette présence alors que la réunion a lieu cet après-midi (mardi NDLR) et que nous sommes en pleine négociation. Les désaccords avec les syndicats sont rares », assure ainsi Julie Poudret, directeur des relations sociales de l’entreprise, depuis le hall d’entrée du siège, pendant que les drapeaux rouges de la CGT flottent en arrière-plan. « Toute revendication est légitime. Cela dépend de la manière dont on les voit. Cela fait plusieurs années que l’on distribue des avantages sociaux lors des NAO », ajoute Marc Beridon, directeur du secteur boulangerie. Une prochaine réunion devrait se tenir en novembre.

  • L’OM pour enclencher la seconde à Lisbonne

    L’OM pour enclencher la seconde à Lisbonne

    C’est un OM leader de la Ligue 1 qui renoue avec l’Europe, ce mercredi soir.

    Le net succès aux dépens du Havre, où l’attaque a inscrit six buts, est un peu le reflet du festival qui avait emporté l’Ajax, le 30 octobre, lors du retour de la Ligue des Champions au Vélodrome. Depuis la défaite, sur fond d’injustice, à Santiago Bernabéu, les hommes de Roberto De Zerbi n’ont plus montré de signes de faiblesse.

    Malgré quelques petits trous d’air à Strasbourg et en début de match face au Havre, les Olympiens ont su se comporter en maîtres du jeu. Leur victoire contre le PSG en étant le plus beau des exemples.

    Il reste maintenant à concrétiser ces bonnes intentions sur la scène européenne. Si l’Ajax a été emporté par la tornade blanche marseillaise au Vélodrome, réaliser une prestation similaire en déplacement enverrait un signal fort dans la course à la qualification. Et démontrerait que cet OM-là dispose vraiment des moyens pour concrétiser ses ambitions.

    Le voyage à Lisbonne peut-il être ce vecteur positif ? « C’est une étape importante », admet Roberto De Zerbi. « Nous allons nous mesurer à une véritable institution, dans un stade qui a les mêmes caractéristiques que notre Vélodrome. Si nous voulons nous affirmer, nous devrons afficher notre volonté et réussir le match parfait. »

    à ce jour, le stade José-Alvalade est le seul qui a vu les Phocéens s’imposer au Portugal. C’était déjà en octobre (2022), dans l’ancienne formule de la Ligue des Champions, dans des conditions particulières puisque les Lisboètes avaient terminé la soirée à neuf.

    Cette fois, le contexte sera différent. Avec une opposition entre deux adversaires qui ont chacun gagné et perdu un match. Qui se suivent au classement et dont le vainqueur pourrait prendre une option intéressante. S’il sera encore trop tôt pour parler de qualification, ce serait un pas important de réalisé.

    Pour y parvenir, Roberto De Zerbi s’appuiera sur un collectif qui a trouvé ses repères. à l’image d’Igor Paixão. « Nous avons trouvé notre dynamique face à l’Ajax et la garderons », promet-il.

    Les retrouvailles avec Luis Suarez

    L’OM et le Sporting Clube de Portugal vont se retrouver au stade José-Alvalade, trois ans après leur premier face-à-face.

    Du côté Marseillais, seul Leo Balerdi, qui avait disputé les deux matches de groupes de Ligue des Champions en 2022, est toujours présent dans l’effectif olympien.

    Alors que du côté lisboètes, ils sont sept à avoir connu la double défaite (4-1 au Vélodrome, puis 2-0 à domicile). Cinq devraient figurer sur la feuille de match, ce mercredi soir. à savoir Matheus Reis, Gonçalo Inacio, Hidemasa Morita, Pedro Gonçalves et Francesco Trincão, buteur au Vélodrome. Deux autres, blessé (Nuno Santo) ou revenant de blessure (Jeremiah Saint-Juste) devraient quant à eux suivre depuis les tribunes ce troisième acte du duel entre les Lions lisboètes et les Phocéens.

    Quant à Luis Suarez, l’international Colombien était à l’OM, à cette époque, mais n’avait pas été utilisé par l’entraîneur Igor Tudor dans ces deux rencontres. Arrivé d’Almeria l’été dernier, il pourrait se retrouver en point de l’attaque du Sporting et espérer s’offrir une revanche.

  • Un chirurgien jugé pour une série d’escroqueries à la Sécu

    Un chirurgien jugé pour une série d’escroqueries à la Sécu

    « J’étais submergé, j’ai été dépassé, je le regrette. J’ignorais la séparation entre activités de secteur public et activités libérales », a expliqué, mardi à Marseille, le docteur Ikbel Farhat, 52 ans, dans des déclarations embrouillées mêlant l’erreur, l’ignorance et le complot. Il a in fine éludé la surfacturation à son profit et à grande échelle, entre janvier 2019 et le 21 octobre 2022, d’interventions opératoires d’activité libérale, le plus souvent fictives, puisqu’il détournait les données des patients opérés par plusieurs de ses confrères, ce qui aboutissait en outre à faire payer deux fois un même acte par la Sécurité sociale.

    Le praticien relevait les informations figurant sur les programmes opératoires établis par l’infirmière coordinatrice du bloc opératoire, notamment la date, les prénoms et noms des patients, le nom du chirurgien réellement en charge de l’intervention, ainsi que l’intitulé de l’acte programmé. Il récupérait ensuite, via le logiciel hospitalier, les numéros de sécurité sociale des patients concernés. Ces données lui permettaient de générer, à l’aide d’un logiciel de facturation installé sur un ordinateur portable, des feuilles de soins électroniques qu’il télétransmettait à l’assurance maladie.

    « C’est facturer plus pour gagner plus »

    Il est question de 883 interventions frauduleusement payées au titre de son activité libérale, alors que 768 relevaient du secteur public pour lesquelles il était salarié, percevant déjà 10 000 euros par mois. Il a dit ignorer l’existence du taux maximal de 20% d’activité libérales, lui qui en effectuait jusqu’à 113%. Ses transmissions informatiques, au rythme de 20 par mois, ont trompé neuf caisses primaires d’assurance maladie et la caisse nationale militaire de Sécurité sociale, se faisant créditer de 467 272 euros, dont plus de 400 000 euros rien que de la CPAM des Bouches-du-Rhône.

    Le prévenu s’est défaussé sur un confrère l’accusant de « vengeance », ce dernier ayant lancé l’alerte, d’abord en vain auprès de la direction de l’hôpital, avant de signaler les faits au parquet. « Ma vie a été pulvérisée quand j’ai fait le signalement, a dit ce dernier. J’ai été évincé de l’hôpital d’Aubagne car j’ai dénoncé le système. Il m’a fallu 7 mois pour comprendre ce système frauduleux où l’hôpital y gagne aussi », a ajouté ce chirurgien constitué partie civile.

    « C’est facturer plus pour gagner plus, grâce aussi à des défaillances et des facilités. On peut reprocher à la CPAM de ne pas avoir déclenché plus tôt le contrôle », a dit la procureure, qui a requis 30 mois de prison dont 6 mois ferme sous bracelet et 24 mois de sursis probatoire, ainsi que 50 000 euros d’amende, dont 30 000 avec sursis et interdiction d’exercer une activité libérale au sein d’un établissement public. Délibéré le 4 novembre.

  • Mise en scène indécente d’une incarcération

    Mise en scène indécente d’une incarcération

    À jamais le premier : Nicolas Sarkozy a dormi cette nuit dans une cellule, devenant ainsi le premier président de notre histoire récente a être emprisonné. « Oh, bienvenue Sarkozy ! », ont crié ses codétenus à l’arrivée de l’ancien chef de l’État à la prison de la Santé. Dès la levée du jour, les chaînes d’information étaient en boucle. Les proches de l’ex-président ont squatté les plateaux, exprimant leur peine, leur colère, leur indignation à l’idée de voir l’ancien champion de la droite derrière les barreaux. Ils s’étaient réunis tôt devant la luxueuse villa Montmorency, située dans le XVIe arrondissement de Paris. Une centaine de personnes, pour la plupart vêtues de noir, la mine déconfite. Un rassemblement organisé par Louis Sarkozy, fils de l’ancien chef de l’État et prétendant à la mairie de Menton. « Courage Nicolas, reviens vite », pouvait-on lire sur un drapeau français accroché à une des grilles de la demeure. La mise en scène est totale, retransmise jusqu’à la dernière minute par des médias complaisants. À noter que même condamné, Nicolas Sarkozy reste administrateur des groupes Lagardère – désormais dirigé par Vincent Bolloré, Accor et Lov.

    « Ce n’est pas un ancien président de la République que l’on enferme ce matin, c’est un innocent », poste-t-il avant son entrée dans le centre pénitentiaire, en se présentant, toujours, comme une victime. « J’éprouve une peine profonde pour la France qui se trouve humiliée par l’expression d’une vengeance qui a porté la haine à un niveau inégalé. Je n’ai pas de doute. La vérité triomphera. Mais que le prix à payer aura été écrasant », renchérit-il dans un relent populiste. Ses avocats ont immédiatement fait une demande de remise en liberté. La justice a deux mois pour trancher.

    Pour rappel, Nicolas Sarkozy a été condamné le 25 septembre dernier par le tribunal correctionnel de Paris à cinq ans de prison ferme avec mandat de dépôt à effet différé et exécution provisoire, aux côtés de ses affidés Claude Guéant et Brice Hortefeux. S’il a été relaxé des faits de corruption, il a été reconnu coupable d’association de malfaiteurs pour avoir sciemment laissé ses collaborateurs rencontrer, à Tripoli, un dignitaire du régime de Mouammar Kadhafi dans le but de financer illégalement sa campagne présidentielle de 2007. Ce pacte noué à l’automne 2005 aurait été négocié avec le numéro deux du régime libyen Abdallah Senoussi, chef des services militaires du pays. Ce dernier avait été condamné en France à la réclusion à perpétuité pour avoir commandité, en 1989, l’attentat contre l’avion DC-10 d’UTA, qui avait fait 170 morts, dont 54 Français. L’ancien chef d’État a fait appel et se dit innocent.

    La Justice remise en cause

    Il a été reçu il y a quelques jours par Emmanuel Macron, actuel locataire de l’Élysée et recevra bientôt la visite de Gérald Darmanin, garde des Sceaux. Cette annonce a fait bondir les magistrats. Pour Rémy Heitz, « il y a un risque qu’une telle visite soit ressentie par les magistrats et perçue par l’opinion comme une sorte d’obstacle à cette sérénité recherchée », avant les prochaines échéances judiciaires concernant ce dossier, avec « risque donc d’atteinte à l’indépendance des magistrats », a estimé le procureur général près la Cour de cassation sur franceinfo. Après l’annonce de la sentence, la droite et l’extrême droite s’en sont pris à la justice. Contre l’avis des Français, qui s’étaient dit à 72% choqués par les attaques contre la présidente du tribunal, selon un sondage Elabe pour BFMTV. Loin du « jugement politique » que les membres des LR évoquent à longueur de journée, pour 58% des Français, les juges ont rendu une décision de manière impartiale en appliquant le droit.

    Le personnel pénitentiaire a tenté, à l’aube, de profiter de la surmédiatisation de la séquence pour alerter sur leur condition d’exercice en organisant un rassemblement rue de la Santé. Car la réalité est celle-ci : le taux d’occupation s’y établit à 191 %, soit le double des 757 places prévues. Les cellules, de 9m2 environ, sont constamment doublées pour faire face à l’afflux.

    La droite locale au secours du soldat Sarkozy

    « Ce moment n’honore pas la France : la grandeur d’une nation se mesure aussi à la manière dont elle traite ses anciens chefs d’État. La France doit à Nicolas Sarkozy le respect dû à ceux qui l’ont servie », ose le sénateur LR Stéphane Le Rudulier, au micro de la chaîne d’extrême droite Cnews. Sur X, Martine Vassal vient, elle aussi, au secours du multicondamné : « Je veux redire mon soutien à mon ami Nicolas Sarkozy (…). Rien n’effacera ce qu’il a apporté à la France. L’Histoire saura en garder la juste mémoire », écrit la présidente DVD du département des Bouches-du-Rhône. La veille, une tribune publiée dans Le Figaro et cosignée, entre autres, par le président (Ren.) de la Région Sud, Renaud Muselier, dit « publiquement, que chez [nous], chiraquiens, l’amitié est gagée sur l’éternité ». Rien que ça.

    L’Histoire saura effectivement garder en mémoire que Nicolas Sarkozy, comme l’ont souligné nos confrères britanniques de The Economist, est le premier chef d’État français depuis Philippe Pétain et Louis XVII à être emprisonné. Il a, par ailleurs, été définitivement condamné à trois ans de prison, dont un ferme, dans l’affaire Paul Bismuth, dite des « écoutes ». Pour lequel, il a un temps, porté le bracelet électronique. Concernant l’affaire Bygmalion, sur le financement illégal de sa campagne de 2012, l’ancien chef de l’UMP a été condamné en instance et en appel, à un an d’emprisonnement, dont six mois ferme. La cour de cassation se prononcera le 26 novembre sur son pourvoi.

  • Quelle indignité

    Quelle indignité

    « Qui imagine le général De Gaulle mis en examen ? » La phrase, lancée à Nicolas Sarkozy par son ex-Premier ministre, François Fillon, à l’occasion de la primaire de la droite en 2016, avait fait réagir l’ex-président de la République. « Quelle indignité, quelle indignité », s’était-il récrié.

    Depuis, la justice est passée. Les deux représentants de la France des honnêtes gens ont été condamnés. Avec une singulière gravité pour Nicolas Sarkozy.

    Qui imagine le général De Gaulle en prison ? Sans doute personne.

    Et comme si la fonction présidentielle n’avait pas été suffisamment abîmée par la condamnation d’un ex-chef de l’État, l’hôte actuel de l’Élysée – de ce fait garant de l’indépendance de la justice – l’a reçu vendredi. Le ministre de la Justice, garde des Sceaux, a, quant à lui, promis de lui rendre visite.

    Graves attaques

    La mise en scène de l’incarcération de Nicolas Sarkozy, arraché à sa femme et ses enfants, sous l’œil de caméras complaisantes, n’en est pas moins sidérante.

    Que des militants et élus qui ont aimé, soutenu, côtoyé Nicolas Sarkozy, compatissent n’est pas un problème en soi. En revanche, qu’ils se permettent de mettre en cause l’autorité judiciaire et qu’ils y soient encouragés au sommet de l’État par des déclarations et attitudes irresponsables, est très grave.

    D’autant plus que ces mises en cause émanent d’un camp politique qui n’a de cesse de réclamer la tolérance zéro, la sévérité, le retour de l’autorité et qualifie volontiers les prisons de « club Med ».

    Dans la crise politique que nous connaissons, ces attaques contre la Justice et l’état de droit ont trouvé un renfort enthousiaste à l’extrême droite. Objectif : discréditer l’autorité judiciaire et expliquer que l’exécution provisoire des peines est illégitime pour mieux installer dans l’opinion la possibilité d’amnistier Marine Le Pen et ses complices.

    Quelle indignité. Quelle indignité !

  • [Rue de la République] Posez vos questions à notre invitée Isabelle Epaillard

    [Rue de la République] Posez vos questions à notre invitée Isabelle Epaillard

    Rénovation urbaine, copropriétés dégradées, fracture sociale, conditions de vie dans les quartiers populaires…

    À vous la parole ⤵️