Author: tecnavia

  • Aurélie Richard décroche sa quatrième médaille milanaise

    Aurélie Richard décroche sa quatrième médaille milanaise

    Quoiqu’il advienne d’ici le 16 mars, le nom d’Aurélie Richard restera dans les mémoires paralympiques.

    Sur le slalom géant, la Française a conquis une quatrième médaille en quatre courses. Cette fois en bronze, après ses trois breloques d’argent en descente, Super-G et combiné. Quatre départs, quatre podiums. Une série remarquable, presque irréelle, qui impose déjà son nom comme l’un des grands visages de ces Jeux paralympiques.

    Ce nouveau podium n’a rien d’un éclair isolé. Depuis plusieurs jours, Aurélie trace sa route, avec une densité impressionnante, mêlant fraîcheur, audace et solidité. Elle qui raconte avoir découvert le para ski « un peu par hasard », lors d’une course près de chez elle, avait trouvé une ambiance, une famille, un monde qui lui avait immédiatement donné envie d’aller plus loin. Repérée très jeune, intégrée en équipe de France à 14 ans, elle avançait alors sans mesurer pleinement ce qui s’ouvrait devant elle. Aujourd’hui, ce chemin prend une dimension éclatante. En quatre courses, elle a installé sa signature sur la neige italienne.

    Tête brûlée assumée

    Son parcours donne encore plus de relief à cette moisson. Passée par deux ruptures des ligaments croisés, dont une l’ayant éloignée des pistes la saison dernière, Aurélie a appris à transformer les obstacles en moteur. « Tête brûlée » assumée, elle l’explique elle-même. Autrefois elle fonçait sans réfléchir. Aujourd’hui, elle a gardé l’instinct en y ajoutant la maîtrise. « C’est une très belle médaille de bronze et surtout une nouvelle médaille paralympique », a-t-elle confié, une fois passée sur le podium. Concernant sa course, elle confesse avoir été « un peu déçue de mon ski aujourd’hui, mais je suis très heureuse d’avoir pu me battre avec l’Allemande. Je suis fière d’avoir réussi à conserver cette troisième place ».

    Malgré la fatigue, la Briançonnaise conserve sa fraîcheur du premier jour : « Je suis toujours aussi heureuse de pouvoir partager tout ça avec tout le monde. Quatre médailles en quatre courses, je suis fière de ce que j’ai réussi à accomplir. »

    Dans le portillon, il y a toujours un peu de peur. Puis vient l’adrénaline, celle qui pousse à attaquer. Aurélie n’est pas seulement en train de réussir ses Jeux. Elle est en train d’en devenir l’une des grandes figures. Course après course, elle confirme sa constance au plus haut niveau et s’impose comme l’un des moteurs du camp français.

    Et la suite s’annonce dense. Après Aurélie Richard, place aux hommes sur le slalom géant. à suivre : Arthur Bauchet, Oscar Burnham, Jordan Broisin, Jules Segers, Lou Braz-Dagand, sans oublier l’entrée en piste de Victor Pierrel dans ces Jeux.

    En nordique, les récents médaillés, Benjamin Daviet et Karl Tabouret, seront au départ de la poursuite, accompagnés d’Anthony Chalençon et de son guide Florian Michelon. Enfin, en raison d’une météo qui se dégrade pour le week-end, le banked slalom de snowboard a été avancé à ce vendredi. On y retrouvera notamment Cécile Hernandez, tout juste sacrée en cross, ainsi que Maxime Montaggioni, champion paralympique en titre, déterminé à défendre sa couronne conquise à Pékin.

  • Le grand bleu pour la pivot Héléna Mathon

    Le grand bleu pour la pivot Héléna Mathon

    C’est le fruit de mon travail. » Mercredi après-midi, Héléna Mathon a eu le bonheur d’apprendre qu’elle était convoquée en équipe de France A. La pivot de Plan-de-Cuques, 22 ans, disputera les deux derniers matches des éliminatoires pour l’Euro, fin 2026. Les Bleues déjà qualifiées, le sélectionneur Sébastien Gardillou a décidé de faire tourner son effectif et de nouveaux visages vont découvrir le maillot tricolore. La joueuse du HBPC en fait partie. « Je l’ai découvert après l’entraînement, ce sont les coaches qui me l’ont annoncé. Au début, je ne comprends pas ce qu’il se passe. C’était mon objectif depuis longtemps et, de voir que c’est la réalité, j’étais hyper heureuse », décrit la principale intéressée.

    Héléna Mathon a connu, par le passé, les catégories de jeunes de l’équipe de France, dès les moins de 16 ans. Mais cette sélection marque un véritable tournant dans la carrière de la pivot passée par Nantes. Ce n’est que le début. « Quand j’étais plus jeune, c’était un rêve. Petit à petit, c’est devenu un réel objectif. Ce n’est pas un accomplissement, mais le début de ce que je peux faire au plus haut niveau. »

    Le staff français en test

    Plus que de la pression, la future internationale française évoque « le sentiment de vouloir bien faire ». Les Bleues joueront au Kosovo, le 9 avril, avant d’accueillir la Finlande, trois jours plus tard, à Poitiers. Deux rencontres sans enjeu majeur au classement, mais riches en apprentissage pour les joueuses, et une période intéressante pour le staff. Sébastien Gardillou justifie ce renouvellement : « Ce stage servira de tour d’observation pour les joueuses du championnat de France que nous regardons attentivement chaque semaine. Je souhaite profiter de cette fenêtre internationale un peu particulière pour observer de nouveaux profils et donner du temps de jeu à de jeunes joueuses qui ont connu leurs premières sélections récemment. »

    Mais, avant de rejoindre la maison du handball, début avril, Héléna Mathon et ses coéquipières de Plan-de-Cuques ont un match important, ce vendredi. Le promu havrais débarque aux Ambrosis. Une confrontation « pour en finir avec cette série noire », puisque le HBPC reste sur quatre défaites. Pour rappel, la rencontre aller avait tenu toutes ses promesses et s’était soldée sur un 35-33 pour le HBPC, face à la lanterne rouge.

    17e journée de Ligue Butagaz Energie

    Gymnase des Ambrosis (20h)

    HBPC : Novellan, Schüpbach – Mathon, Perrret, Antonissen, Loquay, Berrais, Kromoska, Garcia, Dembélé, Naal, Martel

    LE HAVRE : Boudekhane – Ayong, Boly, Diawara, Pin, Le Gardien, Guerrier, Goy, Legoff, Ribeiro, Nkindanda, Djiogap

  • L’OM attendu aux virages

    L’OM attendu aux virages

    En allant s’imposer à Toulouse, l’OM a effacé une partie de l’ardoise. Certes, il reste encore quelques bavures qui entretiennent une certaine défiance de la part des supporters, échaudés par la sortie de route au Vélodrome face à ces mêmes Toulousains, en quart de finale de Coupe de France. Mais avec la confiance engrangée grâce au succès en Haute-Garonne, les Olympiens se sentent prêts à relever le dernier défi qu’il leur reste : terminer sur le podium.

    Pour le moment, ils y sont. En enchaînant des victoires contre Lyon et le TéFéCé, les hommes de Habib Beye ont pu recoller, puis dépasser les Lyonnais grâce à une meilleure différence de buts. « Il nous reste maintenant neuf matches pour finir sur le podium », indique Gerónimo Rulli.

    Le gardien olympien, qui a rendu son premier clean shit de la nouvelle année, a conscience que cette quête, si elle est réussie, sera le minimum acceptable pour les supporters : « Nous avons raté beaucoup de choses, vécu beaucoup de désillusions dans les dernières secondes. Mais pour moi, dans cette série, il n’y a qu’un match de raté : à Bruges ! »

    L’échec en Ligue des champions doit désormais être définitivement digéré. Pour cela, rien ne vaut une belle série victorieuse en Ligue 1. Série lancée face à Lyon. Et qui, avec deux réceptions consécutives, Auxerre puis Lille, doit permettre à l’OM de s’ancrer plus solidement sur le podium.

    S’il est conscient de l’importance de cette dynamique, Habib Beye ne veut pas que ses joueurs s’y enferment : « Nous ne devons pas nous focaliser là-dessus. » Tout en reconnaissant qu’elle est très attendue par les supporters : « Nous l’avons enclenchée. Maintenant, nous devons la faire durer le plus longtemps possible. »

    Au-delà d’avoir engrangé trois points et doublé Lyon, le voyage à Toulouse a permis à son équipe de regonfler son moral collectif. Et certains de ses hoplites ont connu un regain de confiance, à l’image de Benjamin Pavard. « Il a traversé une période où il a été moins bien. Mais il a toujours eu ma confiance et, à Toulouse, il a fait ce que j’attendais de lui. Il a été à l’image de l’équipe », insiste Habib Beye.

    La confiance revenue, l’OM entend l’entretenir face à une équipe d’Auxerre qui n’a plus gagné depuis le 15 février contre Metz et n’a récolté que cinq points en neuf matches depuis le début de l’année. « Nous abordons ce rendez-vous dans une dynamique positive, reconnaît Habib Beye. Il nous faut l’alimenter par une victoire. » Gerónimo Rulli y voit « une option unique, aller droit au but et gagner. »

    « L’option
    est unique, aller droit au but et gagner »

  • Les Spartiates de Marseille débutentleurs play-offs sur la glace de Bordeaux

    Les Spartiates de Marseille débutentleurs play-offs sur la glace de Bordeaux

    Bordeaux – Marseille, comme on se retrouve ! Pour la troisième fois de leur histoire, les Spartiates se sont qualifiés en play-offs de Ligue Magnus, qui opposent les huit meilleures équipes de la saison régulière. Et pour la troisième fois, ils joueront Bordeaux au premier tour. Les Marseillais ont été éliminés lors des deux précédentes séries et comptent bien bouleverser les choses, ce vendredi soir, sur le glaçon bordelais. En 2024, les Phocéens sont passés à quatre minutes de franchir un tour, mais Bordeaux avait égalisé avant de l’emporter en prolongation.

    En phase finale, les deux formations se sont donc affrontées à treize reprises. Huit matches ont tourné en faveur des Boxers et cinq pour les Spartiates. Lors de ces différentes confrontations, les hommes de Luc Tardif Jr ne se sont imposés qu’une seule fois dans leur Palais omnisports, pourtant souvent entièrement acquis à leur cause. C’était il y a deux ans jour pour jour, lors d’un succès 3-1. Depuis, ils restent sur une série de quatre défaites à domicile.

    Trois buts par match encaissés cette saison

    La différence de buts est d’ailleurs nettement en faveur des Girondins. 13 matches, 37 buts marqués et 23 encaissés. Près de trois buts par rencontre concédés sur les deux séries, soit exactement le ratio des Spartiates, cette année, lors de la saison régulière. Il faudra sans doute resserrer les rangs pour espérer enfin dépasser ce premier tour des play-offs version 2025-2026. Les premiers éléments de réponse arriveront dans les prochaines 24 heures, avec deux face-à-face Bordeaux-Marseille, avant un retour dans les Bouches-du-Rhône, la semaine prochaine.

  • Ces lycées qui dénoncent la baisse des dotations

    Ces lycées qui dénoncent la baisse des dotations

    Grève, blocages, mobilisations… Depuis maintenant une semaine des lycées de Marseille protestent contre la baisse des dotations horaires globales (DHG) prévue pour la rentrée 2026. Ces enveloppes budgétaires, qui déterminent les heures d’enseignement hebdomadaires, se voient réduites dans de nombreux lycées.

    Au lycée Denis-Diderot (13e), qui perdrait 70 heures de sa DHG, les élèves ont bloqué l’établissement dès 7h30 ce jeudi 12 mars. Selon un professeur d’histoire-géographie présent sur place, plus de soixante lycéens étaient mobilisés, et une trentaine d’enseignants en grève.

    Grande journée

    de mobilisation mardi

    Dans un communiqué, Marthe Bonifay, enseignante au lycée Diderot et de la CGT Educ, rappelle les revendications du mouvement : « Nous ne voulons ni classes surchargées, ni options ou spécialités supprimées. » Le « personnel en lutte » du lycée déplore par ailleurs que « la seule réponse des autorités soit la police ». Présentes dès 7h, les forces de l’ordre auraient organisé un corridor pour laisser passer des élèves et des professeurs. Le lycée Antonin-Artaud (13e) est également « rentré dans la danse » ce jeudi matin, raconte Jean Cugier, professeur d’EPS et secrétaire académique Snep-FSU. Contre la baisse de 60 heures de sa DHG et les « économies faites sur le dos des jeunes » , les lycéens ont bloqué l’établissement. Au lycée Montgrand (1er), déjà mobilisé depuis mardi, un communiqué de presse indique que 70% des enseignants se sont mis en grève le même jour.

    Un appel à une mobilisation générale a été lancé pour mardi 17 mars. Un rassemblement doit se tenir aux Réformés à partir de 11h. Le mouvement devrait se poursuivre jusqu’à la semaine prochaine.

  • Des écoles du Front populaire protégées

    Des écoles du Front populaire protégées

    Treize édifices marseillais de plus enrichissent la base nationale Mérimée. Sur avis de la Commission régionale du Patrimoine et de l’Architecture, le préfet les a inscrits au titre des monuments historiques. Les arrêtés viennent d’être publiés. D’abord deux églises : celle de Saint-Lazare dans le 3e, œuvre de l’architecte Pascal-Xavier Coste (1838) et l’église de Saint-André dans le 16e, inaugurée en 1862.

    Sur la corniche Kennedy, le Monument des Rapatriés (1970) est protégé en tant que « témoignage d’une période douloureuse de l’histoire française et des relations franco-algériennes, d’un épisode exceptionnel de l’histoire de Marseille et de l’œuvre du sculpteur marseillais César ». La Villa Valmer (1865), demeure de l’industriel Charles Gounelle et propriété de la Ville de Marseille, est désormais inscrite « en totalité avec le pavillon de concierge, son parc et l’ensemble de ses parties constituantes, et le sol des parcelles ».

    Vient enfin la série remarquable de neuf écoles bâties dans les années 30 par les architectes municipaux Eugène Sénès, Marcel Peyridier et Félicien Dallest. Représentatives d’un Art déco parfois néoprovençal, elles témoignent de l’effort considérable porté par les municipalités successives pour résoudre la « question des écoles » et les faire entrer dans la modernité, une préoccupation constante de l’entre-deux-guerres et du Front populaire relayé dès mai 1935 par la municipalité socialiste d’Henri Tasso.

    Modernité pédagogique, triomphe de l’éducation

    Neuf d’entre elles sont donc inscrites : l’école Bois-Luzy, allée des Primevères (12e), l’école Châteaubriand à Saint-Lambert (7e), l’école Édouard-Vaillant (3e) près du Toursky avec l’ancienne école maternelle et la crèche Ceylan, l’école Malpassé-Grenier, rue du Docteur-Grenier (13e), l’école Michelet-Foch, boulevard du Maréchal Foch (4e), l’école Saint-Marcel, rue du Queylar (11e), l’école Saint-Pierre, boulevard Louis-Frangin (5e), l’école Verduron-Haut, boulevard Marius-Brémond (15e), l’école Château-Gombert-Village, boulevard Fernand-Durbec (13e).

    Outre l’intérêt architectural, c’est aussi la qualité des décors et parfois des œuvres d’art que certaines possèdent qui justifient cette protection. L’école Bois-Luzy inaugurée en décembre 1936 fait partie du programme des écoles décidées en 1933 et réalisées en 1935-1936 qui intègrent garçons et filles. C’est l’exemple de cette première série conçue dans le goût de la Troisième République avec ses coursives extérieures modernisées et qui s’inscrit dans le courant Art déco régionaliste.

    La seconde série de 1936-38 est une œuvre considérable. C’est déjà un Plan École pour faire disparaître des écoles indignes, aux locaux insuffisants et inadaptés. À la poussée démographique exceptionnelle – Marseille passe de 586 000 habitants en 1921 à 914 000 en 1936 – allait s’ajouter les effets immédiats de la loi d’août 1936 votée par le gouvernement du Front populaire porté par Léon Blum et son ministre de l’Éducation nationale Jean Zay, qui prolongeait la scolarité obligatoire de 13 à 14 ans.

    Les nouvelles écoles s’affirment dans le tissu urbain avec des entrées marquées, de grands portiques, un décor, un nom et le blason de la Ville. « Tout le “confort moderne” a été dispensé dans ces écoles : douches, eau chaude, sanitaires intérieurs, chauffage central pour toutes les écoles, horloges et sonnerie électriques, plus des innovations comme celles d’une salle de thérapie par UV dans la crèche du groupe Ceylan ou le solarium de la maternelle Ruffi », décrivent les historiens de l’art. L’architecture se met au service d’une modernité pédagogique. L’engagement considérable de la Ville de Marseille se traduit aussi dans l’attention portée aux enfants en dehors du temps scolaire.

  • Le centre social de l’Estaque en grève contre un plan de licenciement

    Le centre social de l’Estaque en grève contre un plan de licenciement

    Devant le centre social Estaque Bassin de Séon, une trentaine de personnes se sont réunies à l’appel de la CGT Uspaoc jeudi 12 mars au matin. Les salariés, soutenus par des habitants du quartier, s’indignent de l’annonce de la suppression du poste d’animatrice famille dans l’établissement. Le centre social est l’un des quatorze que gère la Ligue de l’enseignement-Fail 13 à Marseille. En poste depuis quinze ans et élue du personnel, Sabrina Mahfoud raconte avoir été « très surprise » d’apprendre « dans un mail de convocation à une réunion du CSE » le 7 février que son poste était sur la sellette.

    Le désarroi des salariés et des habitants du quartier

    « On ne peut pas faire les choses comme ça ! », déplore Nadia Timricht, déléguée syndicale CGT Uspaoc et agente-secrétaire à la Ligue de l’enseignement 13 depuis 18 ans. Elle ajoute : « C’est une fédération qui prône des valeurs de solidarité. Mais la solidarité doit aussi s’appliquer aux salariés. »

    Une habitante de l’Estaque, retraitée et fidèle du centre social, s’inquiète : « Si le poste d’animatrice disparaît, qui va s’occuper de nos ateliers ? » Inauguré en 2013, le centre social était l’aboutissement d’un long combat qui avait mobilisé les riverains pour répondre aux besoins des familles et des enfants.

    Après une première vague de suppression de postes en 2025, six autres emplois seraient concernés en 2026. Nadia Lacheter, coordinatrice famille au centre social de l’Estaque, explique « soutenir les collègues des autres structures » mais qu’il est « difficile pour eux de se mettre en grève car cela représente une grosse perte de salaire ». Les employés demandent l’abandon du plan de licenciement et à « retrouver du bien-être dans leur travail, où on ne vient plus avec le sourire ».

    Contactée, la Ligue de l’enseignement 13 annonce avoir reçu la déléguée syndicale le 11 mars et rester « pleinement attachée au dialogue social ». Elle précise que les postes supprimés « résultent d’un contexte économique et financier particulièrement contraint » et qu’elle « travaille à trouver des solutions de reclassement pour les salariés concernés ».

  • Le Kalliste reste à flot, pas la desserte du Maroc

    Le Kalliste reste à flot, pas la desserte du Maroc

    Son coût d’exploitation l’avait voué, selon La Méridionale, au démantèlement dans un chantier turc. Sauvé in extremis par son entrée dans la flotte de Corsica Linea, baptisé Capu di Muru, rhabillé de rouge, il reprendra du service le 20 avril sur la ligne de l’Île-Rousse, ce qui pousse le Monte Doro à la sortie. Un arrêt technique de trois semaines à Marseille permettra de l’armer pour la connexion électrique à quai et de moderniser ses aménagements passagers.

    L’annonce de sa mise au rebut par La Méridionale avait provoqué des remous à la CGT marins, déplorant une erreur stratégique. Sa cession officielle à Corsica Linea le 5 mars dernier, « est une bonne nouvelle », se félicite Frédéric Alpozzo. Mais rodé à la duplicité des annonces des directions, le secrétaire général de la CGT Marins de Marseille ajoute aussitôt : « C’est ce qui suit, la réorganisation de la flotte, le retrait de La Méridionale sur le Maroc, qui ne va pas.» Dans une note interne, transmise la veille de la cession aux membres du CSE de l’entreprise, la direction de La Méridionale explique que cette vente est couplée à la mise à disposition temporaire du navire Massalia à la Corsica Linea d’ici septembre pour les besoins de la desserte de Priopriano. Ce qui permet à Corsica Linea de maintenir son périmètre à neuf navires.

    Pour La Méridionale, en proie à de lourdes difficultés financières, la stratégie vire au repli sur la desserte Corse avec le Piana, le Girolata et le Massalia, et à l’abandon de la ligne déficitaire entre Marseille et le Maroc. Enfin, la commande à un chantier naval chinois de deux navires au GNL par son actionnaire CMA-CGM reste conditionnée à la rentabilité des opérations.

    Pas de stratégie commune

    Ce rachat stratégique inscrit dans une plus vaste redistribution des cartes par les deux armateurs n’offre pas vraiment de quoi rassurer les équipages des compagnies françaises. « Cette réorganisation de flotte cache mal le fait que nos compagnies ne s’organisent toujours pas ensemble sur l’Algérie et laissent faire les compagnies low-cost qui progressent sur Sète, craint Frédéric Alpozzo, ça sent la sortie de piste de la part de l’actionnaire CMA-CGM, avec en fond, toujours à l’œuvre, la discussion sur une compagnie territoriale à deux bateaux sur la Corse.»

  • [Entretien] « Le vote utile pour Toulon, c’est celui pour Josée Massi »

    [Entretien] « Le vote utile pour Toulon, c’est celui pour Josée Massi »

    La Marseillaise : Quelle politique comptez-vous mettre en place en direction des plus fragiles ?

    Julien Orlandini : Nous avons un axe dédié, dans notre projet, qui s’appelle Toulon solidaire. L’idée est de considérer qu’on doit d’abord améliorer le service public municipal pour l’ensemble des Toulonnais, mais qu’il y a des Toulonnais qui ont, en particulier, des difficultés de vie, des difficultés dans leur parcours et qu’il faut spécifiquement soutenir. Notamment les familles monoparentales, qui sont en fait surtout des mamans solos et qui sont beaucoup plus concernées par la pauvreté, avec beaucoup moins de possibilités de trouver un emploi. Donc, on propose de leur offrir un lieu qui s’appelle l’Escale des Femmes, qu’on installera au Pont du Las. Ce sera un lieu d’accueil, avec des professionnels du soutien psychologique et de l’accompagnement social. Pour ces femmes, d’ailleurs, on continuera l’effort qui a été fait sur les crèches à vocation d’insertion professionnelle, qui sont des structures créées par Josée Massi.

    Et en direction de la jeunesse ?

    J. O. : C’est d’ailleurs le deuxième public fragile, au sens de vulnérabilité, qu’on souhaite soutenir, et en particulier aussi les étudiants. On sait qu’ils sont confrontés à des enjeux d’accès au logement, de précarité alimentaire et à des problématiques de santé, aussi.

    Sur la précarité alimentaire, il y a des choses qui se font déjà avec la Fédération des étudiants toulonnais (Fedet) qu’on a rencontrée. L’idée, c’est de créer une cantine solidaire qui s’appellerait la Copine Toulonnaise. On s’est inspirés de ce qu’on a vu dans d’autres villes, en l’occurrence à Paris. C’est aussi un enjeu de santé et de prévention nutritionnelle.

    Pour leur favoriser l’accès au logement, on a le projet de résidence universitaire à La Rode, mais pas que. Nous allons également créer un espace d’écoute santé mentale, puisqu’on sait que les jeunes sont de plus en plus confrontés à cette problématique. On va beaucoup travailler avec l’assurance maladie notamment sur ces sujets.

    Ensuite viennent les seniors…

    J. O. : Bien entendu. C’est le troisième public auquel on pense quand on parle de fragilité. Nous devons continuer et accentuer les actions sur ce qu’on appelle le « bien vieillir ». Il y a beaucoup de choses qui sont faites aujourd’hui par la municipalité. Nous allons les renforcer et faire mieux connaître encore tous les ateliers sur la prévention de la perte d’autonomie mis en place par le CCAS et avoir une action particulière sur la prévention de l’isolement.

    Il y a beaucoup de personnes qui vieillissent seules aujourd’hui. L’idée est de les repérer et d’aller vers eux pour leur proposer des activités. Pour faciliter leur mobilité, nous allons mettre en place des diablines, ces minibus électriques comme on voit à Aix-en-Provence, afin de faciliter leurs déplacements vers le centre-ville.

    Concernant l’accès à la santé, qu’est-il prévu ?

    J. O. : On a beaucoup parlé jusqu’ici des maisons de santé, un peu moins des équipes mobiles de santé. Il en existe déjà avec des associations comme Promo soins. L’idée, évidemment, c’est de continuer à les soutenir. Il est important d’ailleurs de rappeler que Josée Massi a augmenté le soutien aux associations depuis qu’elle est arrivée, en 2023, de plus d’un million d’euros. Il faut qu’on intensifie encore cet « aller-vers ». C’est aussi un des enjeux du projet.

    C’est un projet que vous qualifieriez de social ?

    J. O. : C’est surtout un projet qui prend en compte les besoins de tous les Toulonnais, et en particulier des plus vulnérables, des plus fragiles. C’est un projet de prévention, d’égalité des chances pour toutes et tous. C’est un projet qui est ouvert à toutes les sensibilités et qui, effectivement, a pour but la protection.

    Je rappelle que la sécurité, ce n’est pas que la sécurité publique. Bien sûr qu’il faut de la police municipale, mais on appréhende la sécurité dans un cadre plus global. On doit protéger les Toulonnais dans leur parcours de vie, donc, effectivement, les plus fragiles.

    Qu’est-ce qui va se jouer dans ce scrutin ?

    J. O. : Les Toulonnais ont d’abord à choisir un maire. Ils ont un maire sortant et qui a fait ses preuves. Toulon ne doit pas être le trophée d’un parti. Nous, on doit pouvoir rassembler très large dès le premier tour. Et les électeurs qui n’auraient pas choisi Josée Massi au premier tour pourront, honnêtement, s’ils regardent bien notre programme, voter sans difficulté pour elle au second tour. En tout cas, on fera en sorte de les convaincre. Mais déjà, on veut les convaincre de le faire dès le premier tour. Josée Massi, c’est le vote utile pour Toulon.

  • Ces assos vauclusiennes qui rejettent l’extrême droite

    Ces assos vauclusiennes qui rejettent l’extrême droite

    Il faut arrêter de dire qu’on n’a jamais essayé alors qu’on voit que, localement, il y a plein de cas qui montrent que les municipalités d’extrême droite sont contre les associations », lance en ouverture d’une rencontre ce jeudi 12 mars avec des associations locales Thomas Renaux, représentant de VoxPublic. Cette structure basée à Paris accompagne les organisations qui le souhaitent dans leur démarche et vient de produire un bilan des gestions municipales des villes gérées par le Rassemblement national.

    Devant une trentaine de personnes sont évoquées les grandes lignes de ce rapport. Et comme La Marseillaise l’évoquait également dans notre dossier publié dans notre édition du 13 février, les associations sont les premières à pâtir d’une prise de pouvoir du parti de Jordan Bardella. « On constate des attaques très très fortes contre le tissu associatif et le secteur culturel. Et même des mairies qui arrêtent de mettre à disposition des locaux, ce qui a donc un très fort impact local », insiste Thomas Renaux. Dans le document, que nous avons pu consulter, VoxPublic pointe par exemple la suppression de la cantine et de la garderie gratuites au Pontet au début du mandat de Joris Hébrard. Ou encore le départ forcé de la compagnie Okkio de locaux mis à disposition par la mairie de Morières suite à une prise de position contre l’extrême droite. « Une note complète pour vraiment éclairer sur ce qu’est le Rassemblement national au niveau local », poursuit Thomas Renaux.

    Une gestion qui « a évolué depuis quelques années », pointe un responsable associatif. « Le Rassemblement national n’a pas la même politique que le Front national. C’est beaucoup plus insidieux », poursuit Nicolas*, membre d’une structure organisant des événements musicaux à travers la région. Il regrette que « cela nous engage à danser avec le diable, car c’est le diable qui mène la danse » et qu’il « faudra être très vigilant ». « On met des événements en suspens, car il est hors de question de travailler avec des collectivités de ce bord-là », poursuit-il, pointant notamment les listes déclarées à Carpentras.

    25 listes d’extrême droite

    Et il faut dire que le département de Vaucluse n’est pas en reste. Les villes du Pontet, de Morières-lès-Avignon et de Camaret-sur-Aigues sont sous pavillon RN. « Et on pourrait ajouter quelques villes de par leur proximité et leurs discours », glisse Philippe Jaffré, militant local. Il a comptabilisé 25 listes d’extrême droite en Vaucluse, contre 19 il y a 6 ans. « Et certaines intercommunalités risquent de glisser par la suite, ce qui serait catastrophique », ajoute Philippe Jaffré, citant le Grand Avignon, les Sorgues du Comtat ou la Cove.

    D’autres s’inquiètent également des sénatoriales à venir et de la présence de personnes proches ou passées par le parti d’extrême droite sur des listes qui ne sont pas étiquetées de ce bord-là. « On en voit plusieurs se mettre en position favorable pour être dans un conseil et être des grands électeurs pour le Sénat. C’est une vision développée par le RN. Ils ont ciblé 700 communes. Mais au-delà, ils placent des pions partout pour faire en sorte de faire basculer des agglos et autres », pointe, inquiet, Nicolas*. « La nouveauté, c’est qu’ils ont pu former des cadres. Et ceux-ci sont placés parfois en sous-marin », ajoute Philippe Jaffré.

    *Prénom modifié